Declaration de Paris sur l’Attentant du 06 Avril 1994
DÉCLARATION DE PARIS
Dimanche 12 février 2012
Le 17 novembre 2006, le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière a lancé des mandats d’arrêt internationaux contre des officiers du haut commandement de l’Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR (Front Patriotique rwandais) pour leur responsabilité dans l’attentat de Kigali contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, dans la soirée du 6 avril 1994. Cet acte criminel a coûté la vie aux présidents Habyarimana du Rwanda et Ntaryamira du Burundi, à plusieurs ministres et membres de leurs suites, ainsi qu’à l’équipage français du Falcon 50. L’actuel président du Rwanda, le général Paul Kagame est nommément accusé par plusieurs de ses anciens proches collaborateurs d’être le commanditaire principal de cet attentat terroriste considéré comme l’élément déclencheur du génocide de 1994 et de tous les massacres ayant fait des millions de victimes au Rwanda et en République Démocratique du Congo.
Poursuivant leurs investigations, les successeurs du juge Bruguière dans cette affaire, les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux, ont ordonné une expertise technique pluridisciplinaire, notamment balistique, dont les conclusions ont été communiquées aux parties à Paris, le 10 janvier 2012.
Ce rapport qui n’avait pas pour objet de déterminer les auteurs ou leurs complices, s’intéresse principalement à l’arme utilisée et au lieu des tirs, et a confirmé les résultats des investigations réalisées par le juge Bruguière quant au type (SA16 soviétiques) et à l’origine (Ouganda) desdits missiles.
Alors même que la rencontre entre le juge et les parties venait à peine de se terminer, le gouvernement rwandais, par la voix de son ministre des affaires étrangères, publiait un communiqué dans lequel Madame Mushikiwabo Louise déclarait que le rapport d’expertise désignait les extrémistes hutu comme les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994. Cette affirmation totalement fausse et dénuée de tout fondement ne figure nulle part dans ledit rapport.
L’on est en droit de se demander par quelle magie le gouvernement de Paul Kagame aurait pu connaître les résultats non encore communiqués d’une expertise jusque là confidentielle. A moins qu’il n’en ait eu préalablement connaissance par un artifice que l’on serait en droit de questionner.
Au même moment à Paris, les avocats des officiers du FPR présumés auteurs de l’attentat paradaient devant la presse parisienne et internationale, répétant les mêmes affirmations infondées sorties de leur imagination.
Dans la foulée, les dépêches d’agence et les unes des journaux français et belges titraient sur le même sujet en affirmant que les juges Trévidic et Poux avaient infirmé l’ordonnance du juge Bruguière du 17 novembre 2006, que l’attentat avait été commandité par les « extrémistes hutu », – sans plus les désigner -, et que le dossier étant désormais clos, le non-lieu restait la seule option qui s’imposait aux juges.
Un tel déchaînement médiatique visiblement préparé longtemps à l’avance et coordonné par les services de presse du gouvernement rwandais à Kigali, Bruxelles et Paris, avait comme objectif de manipuler l’opinion publique nationale et internationale, afin de blanchir le président Paul Kagame qui reste le commanditaire principal de cet attentat.
Les organisations de la société civile et politiques rwandaises réunies à Paris le 12 février 2012,
Après avoir passé en revue les différentes publications de presse sur le rapport d’expertise technique communiqué aux parties le 10 janvier 2012,
Gardant à l’esprit que l’attentat du 6 avril 1994 a provoqué le génocide rwandais dont les conséquences continuent d’entretenir la haine et les tensions au Rwanda et dans les autres pays de la région des grands lacs,
Solidaires avec les familles des victimes de cet attentat et de toutes les victimes du génocide qui en a résulté,
Rappelant qu’après le génocide rwandais, d’autres massacres de populations du Rwanda, du Burundi et de la RDC ont été commis par l’armée du Front Patriotique Rwandais, et que ces crimes ont été considérés par le rapport d’enquête Mapping rendu public le 1er octobre 2010 par la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, comme des crimes contre l’humanité, voire des actes de génocide,
Considérant que le résultat des enquêtes des juges français aura des conséquences déterminantes sur l’avenir du Rwanda et des droits de l’homme dans ce pays,
Rappelant que le respect de l’indépendance de la magistrature est un principe républicain et constitutionnel devant être tenu à l’écart des intérêts stratégiques, politiques ou de quelque autre nature que ce soit,
Constatant avec regret qu’en l’espèce, au lendemain de la sortie du rapport d’expertise du 10 janvier 2012, le gouvernement rwandais, les avocats de la défense et quelques représentants de la presse française et belge notamment, ont publié des articles mensongers destinés à faire pression sur la justice française et à falsifier le contenu de ce rapport pour tromper et manipuler l’opinion française, rwandaise et internationale,
Prenant à témoin le peuple rwandais et tous les peuples de la région des grands lacs qui ont eu à déplorer la perte de plusieurs millions de ressortissants suite aux crimes de masse commis dans cette région,
Tenant compte du contexte ci-avant rappelé,
Les associations de la société civile et les organisations politiques signataires de la présente déclaration,
- Renouvellent leur soutien sans faille aux familles des victimes françaises, rwandaises et burundaises de l’attentat du 6 avril 1994,
- Réitèrent leur confiance à l’indépendance des juges chargés de faire éclater la vérité dans cette affaire
- Exigent que les gouvernements concernés par cette enquête s’abstiennent de s’immiscer dans la procédure, ni dans un sens ni dans l’autre
- Dénoncent et condamnent les manœuvres du gouvernement rwandais tendant à falsifier et à manipuler, par voie médiatique, le contenu du rapport d’expertise technique du 10 janvier 2012
- Dénoncent l’utilisation de ce rapport à des fins de propagande politique
- Recommandent aux juges et aux enquêteurs de faire preuve de sagesse et de patience, afin que tous les témoins qui se sont manifestés puissent être entendus
- Dénoncent la ligne éditoriale de nombreux medias, français et belges notamment, qui refusent systématiquement de donner la parole aux témoins crédibles et aux victimes, se rendant ainsi complices des manœuvres d’étouffement de la vérité orchestrées par le gouvernement de Kigali
- Dénoncent le harcèlement et la terreur exercée par les lobbies pro-FPR sur toutes personnes ne partageant pas leur lecture de l’histoire récente du Rwanda.
- Appellent le peuple rwandais, la communauté rwandaise de la diaspora ainsi que les amis du Rwanda, à se mobiliser massivement pour réclamer une justice impartiale fondée sur la vérité,et pour appuyerd’autres actions envisagées par les organisations signataires de la présente déclaration en vue de soutenir les familles des victimes de l’attentat du 6 avril 1994, d’honorer leur mémoire ainsi que celle de toutes les victimes des autres crimes de masse qui en ont résulté.
Fait à Paris le 12 février 2012
Liste des signataires
Collectif des victimes des crimes de masse commis
dans la région des grands lacs africains – COVIGLA
et
Fédération Internationale des Associations Rwandaises – FEIDAR
M. Ndagijimana Jean-Marie Vianney, président (sé)
Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda – CLIIR
M. Matata Joseph, porte-parole du CLIIR et Vice-président COVIGLA (sé)
Communauté des Ressortissants Rwandais en Belgique - CORWABEL
M. Komeza Marius, président (sé)
Association pour la Promotion Culturelle Rwandaise - APCR
M. Kabanda Jean-Baptiste, Président APCR et Premier vice-président du COVIGLA (sé)
Association des Rwandais de Toulouse – ART
M. Kanyamibwa Jacques, représentant (sé)
Réseau International pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Rwanda – RIPRODHOR
M. Rutihunza Théobald, président (sé)
Rwanda Dream Initiative – RDI – Rwanda Rwiza
M. Twagiramungu Faustin, président (sé)
Parti social – PS Imberakuri
M. Ryumugabe Jean-Baptiste, représentant au Benelux et dans l’Union européenne (sé)
Convention Nationale Républicaine – CNR – INTWARI
M. Hakizimana Emmanuel, Secrétaire général (sé)
Mouvement Républicain pour la Paix et le Progrès – MRP
M. Rukerantare Albert, président (sé)
avril 5, 2012 No Comments
Perpétuité pour Déo Mushayidi: Un aiguillon à la conscience collective
by Ismaïl Mbonigaba
Mon confrère et ami Déo Mushayidi vient d’être condamné à la réclusion à perpétuité par le régime du général Kagame. Ce n’est pas une surprise. Je ne m’attendais pas au mieux.
Le juge de la Cour suprême a retenu contre M. Mushayidi trois crimes : atteinte à la sureté de l’Etat, usage de faux et incitation à la désobéissance civile. Un autre crime que le juge a eu honte de retenir contre M. Mushayidi, c’est le négationnisme, vu que l’incrimination pour génocide ne pouvait pas s’appliquer à ce rescapé lui-même du génocide.
Bien qu’elle ait l’air du déjà vu, cette condamnation à perpétuité pour Déo Mushayidi crée sans doute un précédent qui mérite une attention toute particulière quant au sort des ennemis « héréditaires » du général Kagame.
Prompt à accuser tous les politiciens hutu de crimes liés au génocide, le général Kagame a sciemment condamné le leader du parti PDP-Imanzi à la réclusion pour préparer l’opinion au sort similaire qui attend Mme Victoire Ingabire Umuhoza et maître Bernard Ntaganda, respectivement leader des FDU-Inkingi et PS-Imberakuri. Et tous les autres opposants sur qui le général Kagame pourra mettre la main dans l’avenir.
La condamnation de Déo Mushayidi saurait-elle aiguillonner notre conscience collective devant un danger sacrément connu ?
De sa cellule, Déo Mushayidi a lancé cet appel : « Lève-toi mon people! … Je n’ai pas pêché. Je suis innocent… Si le pouvoir estime que ma mort ou mon emprisonnement est une solution à ses problèmes, il se trompe… Ils me garderont en prison mais ils n’auront jamais ma conscience, même après ma mort s’ils décident de mettre fin à ma vie sur terre. » Déo Mushayidi est convaincu qu’un jour ou l’autre le peuple rwandais obtiendra le changement.
En collaborant avec Déo Mushayidi en 1998-2000, alors qu’il était mon rédacteur-en-chef au journal L’Ère de Liberté, j’ai découvert en cette personne un illustre leader, un patriote convaincu. Un homme civilisé, qui sait opposer « un désaccord poli », quel que soit l’interlocuteur, quel que soit le rang et l’estime qu’il a pour son vis-à-vis.
Déo Mushayidi est un martyr. Mais il reste qui il est depuis toujours: un homme LIBRE.
Général Kagame, moi aussi je plaide coupable du seul crime de Déo Mushayidi : J’appelle mon peuple à se lever.
Ismaïl Mbonigaba
The Rwandan Dream Initiative
Commissaire
février 27, 2012 1 Comment
L’ancien chef de cabinet de Kagame reagit au Rapport Technique du Juge Français Marc Trévidic
WASHINGTON DC, LE 10 JANVIER 2012
Réponse au Rapport Technique du Juge Français Marc Trévidic
Washington DC, 10 janvier 2012 – Le 1er octobre 2011, j’ai communiqué au public une confession dans laquelle j’ai indiqué que Paul Kagame était responsable de la destruction le 6 avril 1994, de l’avion à bord duquel se trouvaient les Présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda, Cyprien Ntaryamira du Burundi, ainsi que Messieurs Déogratias Nsabimana, Elie Sagatwa, Thaddée Bagaragaza, Emmanuel Akingeneye, Bernard Ciza, Cyriaque Simbizi, Jacky Hérault, Jean-Pierre Minaberry, et Jean-Michel qui furent tous tués. J’ai indiqué que Paul Kagame en personne m’avait dit qu’il était responsable des tirs qui ont abattu l’avion.
J’ai dit que Paul Kagame devait répondre de son rôle dans ce crime terroriste qui est l’élément qui a déclenché le génocide de 1994 au Rwanda. J’ai également déclaré que moi-même, ainsi que d’autres témoins étions disposés, capables et prêts pour fournir des informations supplémentaires aux juridictions nationales et/ou internationales qui seraient intéressées pour contribuer à la vérité, à la justice, à la réconciliation et au processus de guérison au Rwanda.
Ni moi-même, ni aucun autre des nouveaux témoins capables et disposés n’avons pu rencontrer le Juge Marc Trévidic, ou tout autre Tribunal international pour leur donner les vraies informations sur les évènements relatifs aux tirs qui ont abattu l’avion.
Aujourd’hui, le 10 janvier 2012, le Juge français marc Trévidic chargé de l’enquête sur le crime terroriste de 1994, a rendu publiques les conclusions du rapport technique fournies par des experts en balistique. Le rapport affirme notamment que a) les experts penchent plus vers la version des fait selon laquelle le missile qui a abattu l’avion serait parti de plusieurs endroits et en particulier des environs de Kanombe a Kigali ; que b) les missiles étaient de fabrication russe et avaient été livrés par l’Ancienne Union Soviétique ; et que c) les avocats et les autres parties intéressées ont jusqu’à trois mois pour contester tout éléments relatif au rapport.
A cet égard, je voudrais souligner ce qui suit :
1. Le fait que les missiles aient été tiré des environs de la zone de Kanombe ne signifie nullement que Kagame n’a pas commis le crime ;
2. Le fait que les missiles étaient d’origine soviétique constitue un élément technique essentiel pour déterminer le véritable coupable ; et
3. Nous avons encore le temps, (moi-même et les autres témoins intéressés et nouveaux) pour répondre intégralement au rapport technique et donner des témoignages crédibles au juge Marc Trévidic ou à toute autre juridiction internationale, pour démontrer avec précision que Kagame est l’auteur de ce crime terroriste.
Je confirme avec force l’esprit et la lettre de ma confession du 1er octobre 2011. Le rapport du Juge Marc Trévidic n’a en rien démenti ce que j’ai dit. Pas plus qu’il n’a lavé Paul Kagame de son crime même si Kigali est en train de sortir l’affaire de son contexte pour célébrer ce qu’ils appellent une « victoire ». Dans les tous prochains moins et années, moi-même, les autres témoins, les rwandais ainsi que d’autres personnes de la communauté internationale qui entendent l’appel, allons continuer à faire en sorte que Kagame réponde de son rôle dans ce crime et dans plusieurs autres actes criminels.
Je tiens à souligner à l’attention de tous les rwandais et de la communauté internationale que ce rapport ne constitue pas un jugement sans appel du juge Marc Trévidic sur cette affaire. Par ailleurs, pour les rwandais, les questions relatives à la vérité et à la justice seront réglées en premier lieu par nous, les rwandais. Même confrontés au fait que la communauté internationale et les étrangers en général se sont illustrés en décevant les rwandais, nous devons avoir foi dans notre lutte pour la vérité, la justice, la réconciliation et le processus de guérison.
Nous devons nous mobiliser et nous organiser, car la vérité et la justice finiront par prévaloir. Nous vaincrons !
Dr. Théogène Rudasingwa
E-mail: ngombwa@gmail.com
janvier 11, 2012 4 Comments
Susan Rice est folle! affirme le Président Rwandais Paul Kagame
Susan Rice est folle!: Faut-il un cours d’éducation civique pour le Président Kagame?
Susan Rice est malade: ce sont les paroles de Paul Kagame, fustigeant les déclarations de Susan Rice, qui avait déclaré, lors de sa dernière visite au Rwanda, que le Rwanda avait encore des progrès à faire en matière de démocratie et des droits de l’homme, que la démocratie viendrait renforcer les progrès économiques indéniables. Paul Kagame s’était rendu, le 26 novembre 2011, aux travaux de l’Umuganda (travaux communautaires) à Nduba dans le district de Gasabo, à la fin desquels il a déclaré:
“Concernant la bonne gouvernance, la démocratie ou les droits de l’homme, quand il y a l’équité, et que vous êtes le premier à promouvoir l’égalité par exemple le statut des femmes qui n’avaient pas cette possibilité, si vous me dites que ce n’est pas ça la démocratie, si vous me dites que cela n’est pas en phase avec les droits de l’homme, vous devez sans doute être malade”
Le Président a certainement trouvé là un échappatoire pour ne pas établir une démocratie concrète, car même la promotion de la femme est décidée en haut lieu, de manière anti-démocratique: les femmes-députées, ou sénatrices n’ont pas été élues par le peuple. C’est lui-même, Paul Kagame, qui nomme qui doit être députée, qui doit être sénatrice. Il faudra un cours d’éducation civique sur la démocratie pour le Président. Démocratie: pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple! Ce n’est pas le pouvoir de Kagame, par Kagame, et pour Kagame!
Dans le même discours, il n’a pas hésité à nouveau à menacer ses concitoyens qui ne pensent pas comme lui:
“Il s’agit de 100 ou 150 personnes sur dix millions! Parmi eux il y en a qui disent des inepties, il y en a qui ont des idées destructives. Pendant que nous sommes en train de construire le Rwanda et que tu veux démolir, nous te détruirons. Et on ne peut pas s’excuser pour cela! C’est la même chose pour ceux qui veulent la démocratie!”
Comment Kagame peut-il penser qu’il y a seulement une centaine d’opposants à son régime sur dix millions de rwandais? Parce que jusqu’à présent les dix millions sont silencieux, croit-il qu’ils sont derrière lui! En voilà un qui n’a rien appris du printemps arabe! C’est la mégalomanie du personnage! Mais c’est le genre de dictateurs qui pensent que le monde leur appartient. On se dirait en plein cinéma dans une séquence du film de Charlie Chaplin “Le dictateur”! Il rêve non seulement de conquérir le monde, mais aussi d’écraser ses opposants! Ces paroles sont peut-être adressées à Victoire Ingabire et tous les opposants qui gisent en prison. En tous cas toute l’opposition est prévenue. Le dictateur ne reculera devant rien!
Lire le discours intégral du Président Kagame en kinyarwanda
novembre 28, 2011 3 Comments
Susan Rice fustige le déficit démocratique au Rwanda
Susan Rice fustige le déficit démocratique au Rwanda
Source: RNA
Kigali : Dans un discours à Kigali, Susan Rice qui représente les États-Unis à l’ONU, a fustigé le déficit démocratique au Rwanda depuis que Paul Kagame est aux affaires.
Susan Rice affirme que la culture politique avait été étouffée, que la liberté de presse était minimale dans le pays et que les journalistes, les militants des droits de l’homme et les opposants politiques n’avaient pas le droit de se rassembler pacifiquement.
«Certains ont tout simplement disparu», a-t-elle dit sèchement, estimant que le prochain défi du Rwanda serait de renforcer sa démocratie.
L’Ambassadrice américaine s’exprimait devant un auditoire rwandais à l’Institut des Sciences et Technologies de Kigali (KIST, sigle en Anglais). Susan Rice est arrivée au Rwanda en provenance de Tripoli en Lybie.
Elle en a profité pour dire que les États-Unis avaient craint que la répression du soulèvement en Libye ne mène à un massacre à grande échelle semblable au génocide de 1994 au Rwanda.
« Le Président Barack Obama était déterminé à empêcher «une autre horreur prévisible», a dit l’ambassadrice Susan Rice aux étudiants et autorités du pays présents au KIST.
Il y avait «de forts échos de 1994» quand l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi a affirmé que ses forces tueraient les rebelles de Benghazi comme des «rats», a dit Mme Rice.
«Permettre à ce massacre annoncé de se produire aurait été un feu vert donné aux autres dictateurs du monde arabe afin qu’ils écrasent leur population», a-t-elle ajouté.
Elle s’est réjouie que le Conseil de Sécurité de l’ONU ait approuvé un mandat pour protéger les civils en Libye.
«Cette fois-ci, le Conseil de Sécurité a agi. Et il a agi à temps. Le Conseil a échoué au Rwanda et au Darfour, mais il n’a pas échoué en Libye », a-t-elle dit. (Fin)
novembre 28, 2011 No Comments
Rwanda: La ministre rwandaise Monique Mukaruliza annonce l’adhésion du Sud-Soudan à la Communauté est-africaine
Sud-Soudan: Vers l’adhésion à la Communauté est-africaine
Afrique de l’Est – Sud SoudanKigali, Rwanda – La Haute Commission mixte regroupant des responsables des cinq pays membres de la Communauté est-africaine (CEA) devrait se prononcer mercredi à Bujumbura en faveur de l’adhésion du Sud-Soudan à ce bloc sous-régional, a appris la PANA lundi de source officielle rwandaise.
Le Sud-Soudan va signer cette semaine le traité d’adhésion à la CEA, devenant ainsi le sixième Etat à rejoindre ce bloc sous-régional, selon la ministre rwandaise à la Communauté est-africaine, Mme Monique Mukaruliza.
Bien que le Sud-Soudan se trouve dans une région géographiquement éloignée des autres pays membres de la CEA, pour permettre le partage des services et pour promouvoir la libre circulation des personnes et biens, il y aura d’autres aspects à considérer pour approuver son adhésion définitive.
Avec une superficie de 700.000 kilomètres carrés, le Sud-Soudan a été officiellement proclamé en juillet 2011 54ème Etat africain et 153ème nation du monde.
Pana 28/11/2011
via Sud-Soudan: Vers l’adhésion à la Communauté est-africaine.
novembre 28, 2011 1 Comment
Kigali rejette les critiques de Susan Rice
APA-Kigali (Rwanda) Le gouvernement rwandais a rejeté jeudi les critiques formulées la veille à Kigali, par la représentante des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, qui a dénoncé des restrictions sur l’activité des opposants et des journalistes. …
via APAnews.net
novembre 24, 2011 No Comments
Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis, dénonce l’oppression politique au Rwanda
Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis, dénonce l’oppression politique au Rwanda
Par Jean-bernard Gervais le jeu, 11/24/2011.“Le Rwanda doit mettre un terme au harcèlement des opposants politiques, afin de permettre au pays d’assurer son développement”, a déclaré Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis à l’Onu, en voyage officiel au Rwanda mercredi.”La société civile, les journalistes et les opposants politiques ont peur d’organiser des rassemblements pacifiques, de s’exprimer”, a-t-elle ajouté.
“Certains d’entre eux ont été harcelés, d’autres ont été intimidés. Certains ont tout simplement disparu”. La culture politique sous Paul Kagamé est oppressive, a jugé Susan Rice. Dans son discours, Susan Rice a également salué les progrès extraordinaires accomplis par le Rwanda, et a assuré le pays du soutien des Etats-Unis.
“La démocratisation du pays sera le prochain grand chantier de ce grand pays et de ce peuple extraordinaire”. “Au Rwanda, les avancées économiques doivent aller de pair avec l’ouverture démocratique”.
Le Rwanda fait l’objet de critiques récurrentes de la part des associations de défense des droits de l’homme. Amnesty International a publié en juin dernier un rapport dénonçant la répression contre tout opposant, y compris des journalistes.Susan Rice devrait visiter aujourd’hui le mémorial de Gisozi, dédié au génocide, en compagnie de familles de rescapés. Elle effectue une visite de quatre jours au Rwanda.
via Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis, dénonce l’oppression politique au Rwanda | GRANDSLACS.INFO.
novembre 24, 2011 No Comments
Marche de Soutien à Mme Victoire Ingabire: Bruxelles 19 Novembre
Ce Samedi 19 Novembre: de 13H30 à 16H30 à Bruxelles
MARCHONS TOUS POUR DENONCER LE PROCES POLITIQUE DE VICTOIRE INGABIRE UMUHOZA EN COURS AU RWANDA
Venez nombreux – adultes, jeunes, enfants -, pour manifester votre indignation et dénoncer le caractère politique du procès de Victoire Ingabire Umuhoza en cours au Rwanda:
- Révision en cours d’audience, de l’acte d’accusation
- Collision fragrante entre le ministère public et les juges,
- Menaces contre les avocats de la défense,
- Refus par les juges de contre-interroger les témoins de l’accusation,
- Rejet intempestif des pièces de la défense;
- Usage de lois non rétroactives pour des faits supposés avoir eu lieu avant la promulgation desdites lois, etc.
Rendez-vous ce Samedi 19 Novembre à Bruxelles:
13h30 : Rassemblement au Rond point Montgomery (Metro Montgomery)
14h-16h00 : Marche vers l’ambassade du Rwanda avenue des fleurs, 1 à 1150 Bruxelles
Par la même occasion nous allons exiger aussi la libération de tous les prisonniers politiques au Rwanda; condamner la destruction des cultures vivrières des paysans par les autorités rwandaises, le rapatriement forcé des réfugiés rwandais et exiger la fin de l’impunité au Rwanda.
Les associations Les organisations politiques
AVICA FDU INKINGI
CLIIR RNC
CORWABEL
RIFP
novembre 18, 2011 1 Comment
Rwanda: Témoignage du Journaliste Thomas Kamirindi sur Paul Rusesabagina à l’Hotel des Mille Collines durant le génocide 1994
by Thomas Kamilindi,
Journaliste rwandais réfugié à l’Hotel des Milles Collines en 1994.
Soyons Honnêtes: Disons la Vérité.
Mon témoignage sur Paul Rusesabagina et ses actes humanitaires à l’Hotel des Milles Collines durant le génocide de 1994.
Je lis ces derniers jours beaucoup de choses sur Paul Rusesabagina et l’Hôtel des Mille Collines. J’apprécie les gens qui recherchent la vérité sur ce qui s’est réellement passé en 1994. Mais il me semble n’avoir vu aucun témoignage direct de quelqu’un qui a vécu dans cet hôtel durant cette période sombre de notre histoire personnelle, individuelle, familiale et nationale. C’est à ce titre que je voudrais apporter ma modeste contribution à l’éclairage des faits.
Je me bornerai uniquement aux choses que j’ai vécues avec les autres réfugiés, parce que, en toute honnêteté, je me sentirais très mal à l’aise pour dire ou commenter ce que je ne connais pas ou que je connais mal.
Je suis arrivé, après trente six mille et une péripéties, à « atterrir » à l’hôtel des Mille Collines le 14 avril 1994 dans l’après-midi. Aussitôt arrivé dans la chambre 211 qu’on m’a attribuée, j’ai pris le téléphone, j’ai appelé la rédaction de RFI à Paris. Dieu a fait qu’au moment de mon appel Madeleine Mukamabano, par bonheur, était là dans la salle de rédaction à Paris. Elle m’a demandé qui était réfugié à l’hôtel ? J’ai répondu que je ne savais pas parce que je venais à peine d’arriver. Elle m’a cité quelques noms. Mais je ne savais vraiment pas qui était à l’hôtel.
Elle m’a alors dit : « Est-ce que tu peux essayer de faire une liste de ces réfugiés et me la faxer ? Les confrères et moi ici à Paris allons sensibiliser le gouvernement français, et à travers lui et avec lui sensibiliser l’ONU et les gouvernements des autres puissances, pour une éventuelle évacuation des réfugiés de l’hôtel des Mille Collines ». Les étrangers venaient alors d’être évacués quasi-totalement de Kigali et on refusait de prendre des fugitifs rwandais sur les convois. J’ai accepté la mission.
Je suis allé taper à diverses portes, comme ça au hasard, ne sachant même pas comment j’allais être accueilli. J’ai expliqué ma démarche et proposé qu’on tienne une réunion. Parmi les sept premières personnes avec lesquelles j’ai tenu la première réunion dans ma chambre et qui m’ont aidé à mettre les idées au clair sur ce projet, je citerais l’ancien président d’Ibuka, Jean-Bosco Rutagengwa. Ces personnes m’ont ensuite aidé à faire circuler l’information parmi les réfugiés de l’hôtel et à mettre Paul Rusesabagina au courant.
Tout l’après-midi et toute la nuit de ce jeudi 14 avril 1994, nous avons travaillé sans une seule seconde de repos, sans même être sûr que nous allions avoir la chance d’être évacués. Paul Rusesabagina nous a ouvert la ligne fax qui était dans le bureau de la direction au rez-de-chaussée. Nous avons faxé les listes à RFI. La dernière est partie le lendemain, vendredi 15 avril 1994, à 7h15 du matin, avec des centaines de noms des réfugiés et nos familles, ainsi que les adresses et autres contacts possibles de parents, amis ou connaissances qui pouvaient être à même de nous accueillir chez eux une fois à l’étranger.
J’étais très très fatigué même pour me réjouir de l’arrivée de ma famille ce jour-là, évacuée de chez nous par le major Cyiza Augustin, ce brave homme, intègre, franc, honnête, courageux, dévoué, intelligent … que les méchants ont ignominieusement enlevé et assassiné récemment.
A RFI à Paris, Madeleine elle-même et ses collègues de travail s’étaient organisés de façon que le contact est resté régulier et permanent par téléphone et par fax. Une jeune fille du nom d’Inès, du reste que je n’avais jamais vue auparavant, m’a été envoyée par ses parents et m’a apporté une assistance inestimable à mettre de l’ordre dans les listes.
A partir de cet instant, les réfugiés de l’hôtel devaient téléphoner et envoyer des fax à ces parents, amis ou connaissances et les mettre au courant de ce que nous étions en train d’envisager. Personnellement, je n’ai payé aucun franc pour ce travail, et à ma connaissance, personne n’a payé pour les téléphones et les fax que nous avons envoyés, ou pour les fax que nous avons reçus. A la suite de ces actions, l’hôtel des Milles Collines a été appelé par RTLM « Indili y’Inyenzi », c’est- à -dire « Nid de Cafards ».
Dans la suite, nous avons tenu beaucoup d’autres réunions informelles, dans ma chambre ou dans d’autres différentes chambres, pour rédiger des fax, notamment à l’intention des grands de ce monde. Mr François-Xavier Nsanzuwera, parce qu’il réfléchissait beaucoup plus rapidement que nous les autres, est devenu, de facto, notre rédacteur. Au moment où nous nous en étions encore aux salamalecs, lui avait déjà accouché des paragraphes sur le papier et généralement nous ne faisions qu’apporter quelques petits plus à son travail. Pour les nombreux fax que nous avons envoyés, nous n’avons payé aucun franc. Chaque fois, le bureau de Paul Rusesabagina était ouvert pour nous, lui-même était toujours là, disponible pour nous.
Durant près de deux semaines après mon arrivée à l’hôtel des Mille Collines, j’ai tous les jours utilisé le téléphone de ma chambre pour appeler des confrères journalistes que je connaissais à l’étranger. Je n’ai payé aucun franc. Puis les Télécoms rwandais ont coupé les téléphones de l’hôtel. Nous ne pouvions communiquer qu’entre chambres, mais pas avec l’extérieur.
Le 26 avril 1994, les lignes ont été rétablies. Je l’ai su quand de nombreux réfugiés m’ont appelé dans ma chambre pour, excités, me dire : « Thomas, les téléphones fonctionnent à nouveau. Rappelles tes amis de RFI ». Je l’ai fait. De ma chambre. Pour dire que nous étions encore en vie, mais hypothétiquement. Puis les journalistes m’ont dit : « Est-ce qu’on peut faire une interview avec toi ? Parce qu’on ne sait pas ce qui se passe au Rwanda. Est-ce que les massacres continuent ? Est-ce que la guerre continue ? ».
En effet, les seuls journalistes qui travaillaient à Kigali et qui pouvaient le faire, c’était uniquement ceux de RTLM, de Radio Rwanda et des autres média reconnus aujourd’hui comme ayant été les « média de la haine ». Il n’y avait aucun journaliste international à Kigali.
J’ai alors mesuré quelles pouvaient être les conséquences de cette interview. Avant d’accepter de la faire, j’ai pris quelques temps pour en discuter avec ma femme, et ensuite avec d’autres réfugiés. L’avis général a été : « Fais-là. De toute façon, au point où nous en sommes, nous n’avons rien à perdre ! ». J’ai rappelé à Paris et j’ai donné l’interview. La journaliste qui l’a prise est Corinne Manjou. L’interview est passée sur les antennes non seulement de RFI mais aussi de plusieurs autres radios.
A partir de cet instant, je suis devenu l’homme le plus recherché de l’hôtel des Mille Collines. Pour la simple raison que j’avais, en particulier, décrit comment les FAR perdaient du terrain, comment le FPR gagnait, et ce que le FPR occupait déjà dans la capitale comme terrain, et parce que dans cette interview j’ai regretté que le FPR n’avançait pas assez rapidement pour mettre fin au cauchemar de quelques rares survivants encore en vie. Dace Des tueurs ont été envoyés pour m’exécuter. Ca n’a pas marché. Paul ne m’a pas jeté à la porte. L’armée a alors réellement décidé de bombarder l’hôtel.
La situation était telle que certains de mes amis d’infortune, réfugiés comme moi, en sont arrivés à m’appeler dans ma chambre pour m’insulter, me qualifiant d’irresponsable. Mais Paul Rusesabagina m’a appelé dans sa suite et m’a intimé l’ordre de ne pas bouger de l’hôtel. Il m’a dit qu’il était en contact avec le général Dallaire sur cette menace. Le capitaine sénégalais Mbaye Diagne, ce brave mort en héros, m’a tenu le même discours. Ils m’ont dit d’enlever le numéro de ma chambre. Par la suite, le lieutenant-colonel Laurent Munyakazi est venu en personne dire à Paul Rusesabagina : « Nje gushaka iyo mbwa Kamilindi », autrement dit « je viens chercher ce chien de Kamilindi ». Paul Rusesabagina ne m’a pas livré. Il a négocié avec lui deux heures durant. Il lui a offert des choses. Pourtant, ce Paul Rusesabagina qui m’a ainsi acheté, je ne l’ai vu pour la première fois qu’à l’hôtel des Mille Collines une fois que j’y ai pris refuge. Je ne l’ai jamais connu avant. Lui non plus ne me connaissais pas avant Mille Collines. Et je crois que je serais resté anonyme pour lui si je n’avais pas donné autant de tournmants à autant de monde. Mais il m’a acheté, et acheté sans savoir qui réellement j’étais, sinon qu’un jeune homme, un tout jeune journaliste.
A la suite de toutes ces menaces, qui se sont conclues par le tir d’un boulet de canon sur l’hôtel, heureusement sans faire de victime ni de blessé, Mille Collines a été déclaré propriété des Nations-Unies. Un drapeau de l’ONU a été hissé au sommet de l’hôtel et deux véhicules blindés de la MINUAR ont commencé à y stationner.
Quand l’eau a été coupée dans la capitale, nous avons bu l’eau de la piscine de l’hôtel des Mille Collines. Quand nous l’avons épuisée, je ne sais pas comment Paul a pu avoir un camion citerne, et chaque jour il est allé nous chercher de l’eau. Je ne sais pas où il la puisait, mais le fait est que le camion nous a approvisionnés tous les jours.
Quand l’électricité est elle-même devenue un grand problème à Kigali, les génératrices (groupes électrogènes) de l’hôtel ont toujours fonctionné pour nous. Nous avons pu faire la cuisine. Nous avons pu suivre à la télévision la cérémonie d’installation du président Nelson Mandela. Nous n’avons payé aucun franc pour l’électricité de l’hôtel que nous avons consommée ni pour le carburant des génératrices. Et durant tout le temps que j’ai été réfugié aux Mille Collines, je n’ai vu personne parmi les réfugiés faire la cuisine au charbon comme de coutume dans de nombreuses familles dans la capitale.
Le 3 mai 1994, en fin de matinée, deux Casques Bleus ont tapé violemment à la porte de ma chambre. Ils nous ont dit de descendre en catastrophe avec nos effets. Quand nous sommes arrivés dans le lobby ma famille et moi, il y avait foule et d’autres soldats de la MINUAR étaient en train de lire des noms sur une liste, dont les miens, ceux de ma femme et de notre petite fille. Ils nous ont fait monter sur des camions de l’ONU, et nous sommes partis. Paul Rusesabagina ne nous a jamais retenus pour nous faire payer quoi que ce soit avant de quitter l’hôtel. A la fin de la journée, nous sommes revenus à l’hôtel dans les circonstances que plus d’un connaissent.
Durant tout le temps que ma famille et moi avons été réfugiés à l’hôtel des Mille Collines, nous n’avons payé rien du tout. Ni pour la chambre, ni pour la nourriture, ni pour l’eau, ni pour l’électricité, ni pour les téléphones et les fax que j’ai continué à utiliser jusqu’à mon évacuation le 29 mai 1994 sur Kabuga dans la zone du FPR. Il est vrai qu’au milieu de ce mois de mai 1994, un des employés de l’hôtel m’a apporté une facture dans ma chambre. La somme était colossale. Il m’a expliqué qu’il s’agissait simplement d’une reconnaissance de dette. Mais j’étais très préoccupé par la question de savoir comment j’allais, si je survivais, travailler éternellement pour payer cette dette. Nous en avons discuté entre refugiés et nous avons su par la suite que « Sabena ou l’ONU allaient tout prendre en charge ». A la fin, et ça avant même notre retour dans la capitale, j’ai effectivement appris comme tous les autres que Sabena avait payé tous nos frais de l’hôtel des Mille Collines : des millions.
Voilà mon humble témoignage.
Je reste à la disposition de quiconque voudra des éclaircissements. Mais de grâce, n’entrons pas dans les polémiques inutiles. Les faits parlant d’eux-mêmes, je propose que nous nous en tenions uniquement aux faits. Cela nous évitera de galvauder la vérité.
D’autre part, n’ayant pas la qualité d’ubiquité, j’invite les autres réfugiés de l’hôtel des Mille Collines qui le veulent à faire leurs propres témoignages. C’est d’ailleurs une façon de restituer l’histoire, mieux la mémoire. Qui oublie revit ce qu’il a vécu.
En conclusion, les réfugiés de l’hôtel des Mille Collines étions tous vivants quand le FPR a mis fin au génocide des Tutsis du Rwanda. Personne n’a été tué, blessé, battu, torturé, expulsé ou extrait de l’hôtel tout le temps que nous y étions réfugiés. Paul Rusesabagina est parvenu à faire l’impossible pour préserver nos vies au moment où d’autres étaient en train de massacrer leurs propres enfants, leurs propres femmes, et que sais-je encore. Qu’est-ce que nous étions pour Paul Rusesabagina ? Bien peu d’entre nous étaient peut-être ses amis ou proches parents. Mais nous ne l’étions pas tous, tous les 1.200 et plus qui sommes passés par l’hôtel des Mille Collines au moment où il en avait les rennes en main.
Enfin, si l’hôtel des Mille Collines est devenu mondialement connu, je dirais meme célébrissime, et si nous tous ses réfugiés avons été préservés, beaucoup de personnes y ont absolument contribué. Paul Rusesabagina n’était heureusement pas seul. Justement, que dire du rôle de Madeleine Mukamabano ? Une très très petite poignée de gens le savent et l’apprécient. Nous étions tous vivants à la fin du cauchemar, c’est le plus grand essentiel. Et merci infiniment pour tous ces anonymes qui y ont contribué de pres ou de loin. Que Paul Rusesabagina soit leur porte-drapeau, ce n’est que le commencement d’un processus qui les fera connaître. Ca aussi ça compte, non !
Thomas Kamilindi
novembre 18, 2011 2 Comments



