Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — mai 2013

Toute la vérité sur les combats entre l’armée Rwandais (M23) et les FARDC à 15 Km de Goma

Soldats

Des combats entre la rébellion du M23 et l’armée se poursuivaient mardi près de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, à la veille de la visite du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, mercredi à Kinshasa, première étape d’une tournée dans la région des Grands lacs.

Les combats à l’arme lourde se déroulent à une dizaine de kilomètres de Goma, capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu où Ban est attendu jeudi avec sa délégation. Selon le gouvernement congolais, les affrontements, qui ont éclaté lundi, ont déjà fait 19 morts et 27 blessés.

«Le bilan des combats de ce lundi 20 mai fait état de 15 éléments tués et 21 blessés lors des combats (…) parmi les pseudo-mutins du M23 tandis que les forces gouvernementales ont enregistré 4 morts et 6 blessés», a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, au cours d’une conférence de presse à Kinshasa.

Le M23 a démenti ce bilan. Lundi, «deux officiers» des Forces armées de la RDC ont été tués et «plusieurs» militaires blessés, tandis que le M23 a recensé dans ses rangs «deux blessés seulement», a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.

Lambert Mende a confirmé que les combats – qui avaient fait plusieurs centaines de déplacés lundi, selon l’ONU – se poursuivaient mardi dans la même zone. Comme lundi, l’armée et le M23 s’accusent mutuellement d’avoir lancé les hostilités.

Des experts de l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le M23, ce que ces deux voisins de la RDC réfutent. En vertu d’un accord-cadre de l’ONU signé fin février à Addis-Abeba, 11 pays africains, dont le Rwanda et l’Ouganda, s’engager à ne soutenir aucun groupe armé dans l’est congolais.

Mais M. Mende a affirmé que le M23 est soutenu par des «supplétifs étrangers» venus d’un pays qu’il n’a pas nommé, et que «des armes lourdes et plusieurs caisses de munitions en provenance de l’extérieur ont été récupérées dans deux positions avancées de l’ennemi passées sous contrôle des forces régulières».

Le M23 a aussi démenti ces accusations.

Dans sa tournée, le secrétaire-général de l’ONU sera accompagné par le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim, par Mary Robinson, envoyée spéciale des Nations Unies dans les Grands lacs et par Hervé Ladsous, chargé des opérations de maintien de la paix à l’ONU.

Cette visite dans la région des responsables des Nations unies et de la Banque mondiale intervient en plein déploiement à Goma de la brigade d’intervention de l’ONU, ayant pour mission de combattre et désarmer les groupes armés de l’est congolais – M23 en tête.

Cette brigade doit renforcer la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), forte de 17.000 hommes et chargée de la protection des civils. Dotée d’un mandat offensif, elle sera composée de 3.000 soldats tanzaniens, malawites et sud-africains.

«Vu ce qui se passe, je pense que nous devons accélérer le déploiement pour qu’ils soient pleinement à pied d’oeuvre le plus tôt possible», a déclaré mardi Ban Ki-Moon depuis le Mozambique.

Un test et un signal du M23

«C’est un test et un signal», a dit mardi à l’AFP un diplomate occidental. Le M23 veut ainsi éprouver l’armée gouvernementale et rappeler, avant que la brigade soit en place, qu’il a des capacités de nuisance, précise cette source.

Après Goma, Ban Ki-moon poursuivra sa tournée au Rwanda et en Ouganda. Ultime étape de son voyage: Addis-Abeba, siège de l’Union Africaine.

Présents depuis 1999 en RDC, les soldats des Nations Unies n’ont jamais réussi à imposer la paix dans l’est du pays, déstabilisé par les différents groupes armés qui y prolifèrent depuis les troubles qui ont suivi le génocide rwandais de 1994 et la chute du régime Mobutu en 1997.

Fin novembre 2012, le M23 avait occupé Goma une dizaine de jours, infligeant une humiliante défaite à l’armée gouvernementale soutenue par la Monusco. En février, Ban s’est personnellement investi dans la signature, difficile, de l’accord-cadre d’Addis Abeba.

Pour la RDC, cet accord est particulièrement contraignant et Ban qui doit rencontrer mercredi le président Joseph Kabila, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo et les présidents des deux assemblées devrait le leur rappeler.

Il prévoit une refonte des services de sécurité, une réorganisation de l’armée ou encore la décentralisation politique – sujet délicat dans l’est du pays, plus proche économiquement et sociologiquement des capitales voisines Kigali et Kampala que de Kinshasa.

Le président de la Banque Mondiale devrait, selon une source diplomatique, annoncer à l’occasion de cette visite un plan d’intégration régional de 1,2 milliard de dollars pour favoriser l’éradication des groupes armés – motivés essentiellement par le profit d’extractions minières artisanales, de coupes illégales de bois et de trafics en tous genres.

mai 26, 2013   No Comments

Déploiement de la Brigade d’intervention. Mende dévoile les contradictions de Kagame

Lambert Mbende

Lambert Mbende

Remarquable, percutant, clair et net…Lambert Mende Omalanga, ministre congolais en charge des Médias et de Nouvelle Citoyenneté l’a été lors de la conférence de presse qu’il a tenue hier en fin de matinée. Il était essentiellement question d’éclairer la lanterne de l’opinion tant nationale qu’internationale sur les dernières évolutions de la situation sécuritaire dans l’Est de la République.

* Il a fait remarquer qu’à la veille de l’arrivée de Ban Ki Moon à Kinshasa, les forces négatives ont attaqué à l’arme lourde certaines positions des FARDC. L’armée nationale congolaise a riposté avec véhémence obligeant les rebelles du M 23 de battre en retraite laissant derrière eux armes de guerre, cadavres, blessés et prisonniers de guerre.

* Le ministre congolais a mis en exergue, à la lecture des déclarations de Paul Kagame dans les colonnes de « Jeune Afrique », les contradictions flagrantes du président rwandais qui d’un côté encourage et félicite la présence de l’armée française venue au secours du Mali, et d’autre part s’insurge et qualifie d’ingérence la venue de la Brigade d’intervention des Nations Unies composée des militaires africains, en même temps qu’il propose son schéma dans le règlement par le gouvernement congolais de la crise de l’Est.

Pendant que Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Onu est arrivé en Rdc en compagnie du Président de la Banque mondiale, l’on signale dans les environs de la ville de Goma, capitale de la province du Nord Kivu, des coups de feu déstabilisant la situation, de la part des insurgés du M23 qui s’attaquaient aux positions des Fardc. Un fait, en tout cas hasardeux. Lambert Mende parle d’une dissuasion de la part de ceux qui ont lancé ces coups de feu, contre l’arrivée du Secrétaire général de l’Onu.

« L’arrivée du Secrétaire général de l’Onu coïncide avec des coups de feu qui aujourd’hui déstabilisent encore la situation dans la province du Nord-Kivu, est-ce-pour dissuader la visite du Secrétaire général de l’Onu ? C’est possible dans l’esprit de ceux qui se sont lancés dans cette énième provocation. Il s’agit soit d’empêcher à ce que M. Ban Ki-moon n’arrive à Goma, soit de monter une sorte de mise en scène, c’est-à-dire occuper Goma et accueillir M. Ban Ki- Moon et montrer qu’il existe deux Congo, c’est ça la balkanisation et préparer les esprits », a déploré Lambert Mende Omalanga, qualifiant cette stratégie de naïveté enfantine.

Il ne suffit pas de croire, a dit le ministre, d’être à Goma et d’accueillir Ban Ki-Moon pour effacer la volonté du peuple congolais ou encore pour remettre en cause tous les fondamentaux. La stratégie serait aussi pour les rebelles, a ajouté le porte-parole du gouvernement d’un ton monté, d’empêcher le déploiement de la Brigade spéciale d’intervention des Nations Unies, dont l’une des missions est de sécuriser les frontières à problème de la Rdc.

15 tués, 21 blessés et plusieurs capturés

15 tués, 21 blessés, ainsi que 6 capturés, tel est le bilan de l’attaque des positions des Forces armées de la République démocratique du Congo, survenue le lundi dernier dans la localité de Mutaho dans la province du Nord-Kivu. Des armes lourdes et plusieurs caisses de minutions en provenance de l’extérieur, notamment du Rwanda et de l’Ouganda ont été récupérées dans deux positions des rebelles par les Fardc.

« Les Fardc ont répondu au feu avec efficacité et ont mis en déroute les assaillants lourdement armés après trois heures d’intenses combats. Les éléments du M23 et leurs supplétifs étrangers ont été contraints de battre en retraite vers Kibati, plus au nord », a précisé Lambert Mende Omalanga.

Le porte-parole a fait savoir que les Fardc vont poursuivre avec la même détermination afin de protéger les frontières de la République à toutes sortes d’attaques. Cependant hier, de nouveaux combats ont été signalés durant la journée. Ce mouvement rebelle en dépit des forfaits enregistrés le lundi grâce à la bravoure des Fardc, a voulu se venger et répliquer. Malheureusement, la tentative a été de très courte durée et stoppée. Les Fardc continuent de trôner. Ce qui rassure les populations.

Pour Lambert Mende, cette attaque a été manifestement préparée de longue durée au regard des moyens humains et matériels projetés par les forces négatives. Soulignons ici, que la société civile du Nord Kivu avait déjà dénoncé la présence et l’entrée des militaires rwandais au côté des insurgés du M23. Pouvons-nous à ce jour dire que rien n’a été fait ? Peut-être que ce qui a été fait l’a été à moitié et n’est pas parvenu à dissuader les rebelles du M23.

L’Ouganda dans une position inconfortable et ridicule

Abordant pour la énième fois la stratégie édictée par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, le ministre des Médias a indiqué à la presse que son gouvernement exploite l’axe diplomatique, l’axe politique et l’axe militaire afin de gérer la crise dans l’Est. Les trois axes sont exploités à fond.

S’agissant de l’axe politique qui est actuellement exploité par les assises de Kampala, même si cela n’est pas dit, mais le fait que le M23 ait repris les armes en quittant volontairement la table de concertation, met la médiation mal à l’aise, si pas confuse et ridicule. Simplement, parce que les points de discussions ne sont pas épuisés et les rebelles préfèrent reprendre les armes. C’est manquer du respect envers l’Ouganda, qui a offert sa bonne foi en disponibilisant son ministre de la Défense comme médiateur.

Malheureusement, cette bonne foi est foulée aux pieds et discrédite même ces concertations, fruits de nobles efforts de la part de la Cirgl. Et donc, difficile d’y croire lorsqu’on sait maintenant que la volonté du M23 et de ses parrains est loin de ramener une paix durable dans la sous-région.

Cependant, pour d’aucuns, Kampala serait victime de sa propre turpitude. Il subirait là, le début du retour de la manivelle. Le temps détaillera certainement ce que sera la suite de ce mouvement rebelle, dont les jours se comptent désormais du bout des doigts d’une seule main.

Pour L. Mende, la détermination affichée par son gouvernement est de mettre en application la stratégie triptyque consistant à rechercher des solutions politiques et diplomatiques à la crise humanitaire et sécuritaire provoquée par l’agression. Et que la solution militaire comme d’aucuns l’auraient cru, a-t-il précisé, n’est pas exclusive.

Les contradictions de Paul Kagame

Au cours du même point de presse qui a été sanctionné d’une déclaration du Gouvernement sur l’attaque de Goma, le ministre congolais qui était remarquable, percutant, clair et net a mis en exergue, à la lecture des déclarations de Paul Kagame dans les colonnes de « Jeune Afrique », les contradictions flagrantes du président rwandais qui d’un côté encourage et félicite la présence de l’armée française venue au secours du Mali, et d’autre part s’insurge et qualifie d’ingérence la venue de la Brigade d’intervention des Nations Unies composées des militaires africains, en même temps qu’il propose son schéma dans le règlement par le gouvernement congolais de la crise de l’Est.

C’est donc un Paul Kagame qui souffle du chaud et du froid et qui oublie que si les Français ont été déployés au Mali, c’était pour combattre les terroristes islamiques et qu’en Rd Congo, le déploiement de la Brigade d’intervention se justifie par le simple fait qu’elle doit combattre les forces négatives qualifiées comme telles par toute la communauté internationale.

En plus, lorsque la Rd Congo pense que les conditions ne sont pas remplies pour rapatrier les réfugiés rwandais chez eux, Paul Kagame estime qu’il s’agit d’une ingérence. Il oublie que ce sont les réfugiés eux-mêmes qui l’ont déclaré et ne voudraient donc pas subir un deuxième génocide. La Rd Congo est victime d’une agression lui imposée par le Rwanda et l’Ouganda et ce sont les experts des Nations Unies qui ont donné des détails. Une preuve par excellence qui témoigne de l’ingérence du Rwanda dans les matières intérieures de la Rd Congo.

Ce qui est scandaleux, c’est le fait que ces déclarations pour le moins regrettables émanent du président d’un Etat qui est membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Kagame prouve noir sur blanc que son pays ne mérite nullement de faire partie de ce Conseil de Sécurité. C’est une honte pour l’humanité toute entière. Dans le futur, les pays membres de l’Assemblée générale devront réfléchir par deux fois ou plus sur les candidatures des pays non permanents qui doivent faire partie de cet organe chargé de faire imposer la sécurité (et non l’insécurité) à travers le monde.

Source: L’Avenir Quotidien

mai 24, 2013   1 Comment

Ban Ki-Moon arrive/ Goma : Kagame réactive le M23 !

Ban Ki-Moon

Ban Ki-Moon

Les Forces armées de la République Démocratique du Congo ont repoussé hier, lundi 20 mai 2013, dans la matinée, une attaque du M23. C’est ce qu’a indiqué le Colonel Hamuli cité par la radio onusienne. La Monusco qui confirme qu’il y a eu des tirs nourris à l’arme lourde depuis 4 heures du matin de ce lundi, se dit préoccupée par la situation et promet de tout faire, pour empêcher l’avancée du M23.

La mission onusienne aurait mis en branle son plan de protection maximale de la Ville de Goma. Parallèlement, Paul Kagame, véritable maître à penser du M23, dans une interview qu’il accordée à François Soudan de Jeune Afrique et relayée hier au Journal Afrique de TV5, critique la solution de la Brigade d’intervention de l’Onu. Pour lui, l’Onu n’a pas fait un bon diagnostic au sujet de la situation en RDC. Dans la mesure où, argumente-t-il, il s’agit d’un problème politique et il faut une solution politique. Selon lui, il est question de la citoyenneté. Paul Kagame regrette que le Rwanda soit marginalisé dans cette affaire. Et par, conséquent, ‘‘ils vont échouer’’, prédit-il.

C’est manifestement un message fort lancé à Ban Ki-moon, patron des Nations Unies, attendu à Kinshasa ce mercredi 22 mai 2013, avant de se rendre à Goma. Des tirs à l’arme lourde ont été entendus hier, lundi 20 mai 2013, dans la matinée, à moins de dix Kilomètres de la capitale provinciale du Nord-Kivu, à en croire plusieurs sources recoupées. Des affrontements auraient opposé, pour la première fois depuis six mois, les Forces armées de la République Démocratique du Congo et les rebelles du Mouvement du 23 mars. Des hélicoptères d’attaque auraient été appelés en renfort par l’armée régulière, pour maitriser la situation. Qu’est-ce qui a provoqué ces affrontements ? A cette question, les versions sont, comme d’habitude, contradictoires.

Le M23 qui ne cesse de faire le jeu du Rwanda, a immédiatement indexé les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) avec lesquelles ils se sont entrés dedans, poussant ainsi l’armée régulière rd-congolaise à réagir énergiquement. Côté des Fardc, l’on confirme une attaque du M23 qui, vraisemblablement, était attendue, compte tenu des différentes sonnettes d’alarme tirées par la société civile du Nord-Kivu. Le Colonel Hamuli, cité par la radio Okapi, affirme que l’armée loyaliste a repoussé une attaque rebelle. Depuis son retrait des pourparlers de Kampala, le M23 s’est fait remarqué par des mouvements incessants de ses hommes de troupes, menaçant à plusieurs reprises la Brigade d’intervention de la Monusco. Aussi, ce mouvement rebelle cherche-t-il à étendre sa zone d’influence, avant le déploiement de la brigade d’intervention de l’Onu.

Les Fardc qui tiennent à l’œil cette force négative, l’auraient empêchée de se déployer sur l’axe Goma-Sake. Confirmant les faits, la Monusco a mis en branle son plan de protection maximale de la Ville de Goma. La mission onusienne, préoccupée par la situation, promet de tout faire, pour empêcher l’avancée des éléments du M23. Réagissant à cette attaque, le Vice-Gouverneur du Nord-Kivu regrette le fait que le M23 n’ait pas respecté la distance de 20 kilomètres lui imposée par les Chefs d’Etats de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs. A Kinshasa, cependant, ce sont les postes à la CENI qui intéressent tout le monde : personnel politique et société civile. Visiblement trahis par une élite qui ne pense qu’à se caser, à se positionner, les habitants de cette partie de la ville de Goma, suffisamment échaudés, ont tout de suite quitté leurs domiciles, pour se refugier dans le camp de Mugunga. Quel contraste ?

Source: La Prospérité

mai 23, 2013   1 Comment

Paul Kagamé dénonce la force de l’ONU

Kagame avec l'armée

Le président rwandais Paul Kagamé estime que la force de maintien de la paix de l’ONU en République démocratique du Congo a “dans certains cas” empiré la situation dans la région.

Dans une interview à la BBC, il a déclaré que tout effort militaire pour apporter la paix en RDC devait être “correctement coordonné” avec des efforts politiques.

Il a rejeté les accusations de l’ONU selon lesquelles le Rwanda soutient la rébellion du M23 dans l’est de la RDC.

Interrogé sur l’efficacité de la MONUSCO, Paul Kagamé a estimé que la situation s’était dégradée: “Si vous regardez ce qui s’est passé l’an dernier, la résurgence des combats, le chaos, les déplacement de population et tout cela… en fait la situation s’est empirée.”

Selon lui, les échecs de la MONUSCO expliquent la formation d’une brigade d’intervention de l’ONU à vocation offensive, qui aura pour mission de combattre les groupes armés dans la region.

Le premier contingent de cette brigade, qui comptera au total 3.000 hommes, est arrivé en RDC la semaine dernière.

Source: Direct.cd

mai 23, 2013   No Comments

EXCLUSIF – Paul Kagamé : « J’encourage le débat sur ma succession » en 2017

kagame_jeune_afrique_mai_2013

Sa propre succession, ses rapports avec la RDC, la France, l’opposition, la Cour pénale internationale… Le chef de l’État rwandais a reçu Jeune Afrique et s’explique dans le numéro 2732, en kiosque du 19 au 25 mai.

S’il y a une chose sur laquelle les détracteurs et les admirateurs de Paul Kagamé s’accordent, c’est bien son flegme à toutes épreuves. Accusé depuis plusieurs mois de soutenir la rébellion armée du Mouvement du 23-Mars (M23) qui sévit dans l’Est de la RDC, le président rwandais n’en démord pas. « Ce n’est pas la première fois que le Rwanda rencontre ce genre d’incompréhension à propos de la situation dans l’est de la RDC », répond-t-il. Et de répéter : « Il appartient au gouvernement congolais et à la communauté internationale » de résoudre cette crise.

La communauté internationale, justement, semble souffler le chaud et le froid vis-à-vis du régime de Kagamé. Si l’expérience rwandaise fascine toujours autant ses visiteurs, le pays des Mille Collines est, avec autant de régularité, accusé d’être un « État garnison » à la politique agressive. Ce revers de la médaille a valu au Rwanda une suspension de l’aide internationale en 2012.

Pas de quoi ébranler l’homme fort de Kigali. S’il est conscient de l’importance de l’aide étrangère (qui représente 40% du budget rwandais), Kagamé refuse toutefois qu’elle soit utilisée « comme un moyen de contrôle politique ». Rien d’étonnant, donc, que l’indépendance économique soit l’une de ses priorités, comme le prouve le lancement d’un emprunt national.

Dans l’entretien qu’il nous a accordé et que vous pouvez lire dans son intégralité dans le numéro de Jeune Afrique en vente en kiosque du 19 au 25 mai, Paul Kagamé évoque également le défi démographique, la question des opposants en exil, sa vision de la Cour pénale internationale (CPI) et ses relations complexes avec la France.

Même si le président rwandais laisse en suspens la question de sa succession en 2017 (date à laquelle son dernier mandat doit prendre fin), il nous a avoué que « le Rwanda d’aujourd’hui n’a pas été fait pour [lui] » et qu’il souhaitait que le débat sur son possible maintien à la tete de l’État se poursuive. « Le changement est nécessaire (…) mais il doit obéir à deux conditions : la poursuite du progrès dans tous les domaines et la sécurité nationale. Que je reste ou pas, il s’agit là d’impératifs absolus. »Par La Rédaction

Source: Direct.cd

mai 22, 2013   No Comments

Rwanda: Le parti Ishema dévoile son programme à Bruxelles

Fondé il y a à peine trois mois par l’abbé Thomas Nahimana et ses amis, le parti Ishema est venu à Bruxelles  dimanche le 28 avril afin de présenter le cœur de son projet

Conference avec Nahimana Thomas

Conférence du parti Ishema à Bruxelles

 

 

 

 

 

 

 

Invité par l’Association internationale Paix et Démocratie (AIPAD), le parti Ishema a réuni une centaine de personnes dans le centre de Bruxelles pour présenter son projet politique. La conférence était animée par  l’Abbé Thomas Nahimana, Secrétaire général de ce nouveau parti, Basesayabo Déogratias, responsable du parti en Belgique, et  Nadine Claire Kasinge, porte parole du parti et responsable de la formation au Canada. L’intervention de l’abbé Thomas Nahimana au cours de cette conférence visait à répondre à six questions fondamentales : l’abbé Thomas est-il un vraiprêtre ou le patronyme « abbé » est juste un surnom ? Comment le parti Ishema a-t-il vu le jour (les coulisses) ? Comment interpréter la crise rwandaise ? Qui en est l’instigateur ? Quel est le chemin le plus juste pour éradiquer un pouvoir oligarchique? Si jamais le parti Ishema arrivait au pouvoir, quelles seraient ses priorités ?

Qui est abbé Thomas Nahimana

Connu pour être l’un des fondateurs du site d’information le « Prophete.fr »(Umuhanuzi en Kinyarwanda), très critique envers le régime de Paul Kagame, l’abbé Nahimana est revenu au cours de sa conférence sur ce qui l’a poussé, en plus d’être un homme d’église,  à endosser une posture d’opposant au régime de Paul Kagame.

L’abbé Thomas Nahimana a tenu à éclaircir la question que beaucoup de gens se posent, « Thomas Nahimana est-il prêtre ou pas ? ». Il a bien précisé qu’il était bel et bien prêtre. Il est revenu sur son parcours scolaire entamé en petit séminaire de Nyundo et 2 ans au grand séminaire de Kagbayi. Il a poursuivi le grand séminaire à Nyakibanda à cause de la guerre de 1994, et a été ordonné prêtre le 14 juillet 1999. Il a commencé son sacerdoce dans la paroisse de Nyamasheke, puis à Hanika, et afin à Muyange. Avant d’aller enseigner au petit séminaire de Nyundo, il a aussi dirigé pendant 6 ans la Commission justice et paix dans la paroisse de Nyamasheke, et ce dans le cadre national. Il dit d’ailleurs que c’est au cours de ses fonctions dans la commission « unité et réconciliation », mais aussi dans son église, qu’il a pris conscience de « l’ampleur de l’injustice que le régime de Paul Kagame fesait subir à la population rwandaise ».

L’abbé Nahimana est revenu sur un événement particulier qui l’a marqué et lui a ouvert les yeux quand il revenait d’un voyage au Congo en 2005. « En mars 2005 nous nous sommes rendus au Congo dans le cadre de la commission justice et paix, une association des femmes nous avait invités, j’accompagnais un groupe des femmes qui répondait à cette invitation. Arrivés au Congo nous avons eu des problèmes avec les Congolais qui nous accusaient de provoquer les troubles chez eux. C’était en 2005, période de la guerre à l’Est du pays, et le gouvernement accusait le Rwanda de soutenir la rébellion. Nous nous sommes défendus et avons soutenu le Rwanda en affirmant que le Rwanda est un pays souverain qui a besoin d’être respecté. Pourtant en arrivant à la frontière côté rwandais en rentrant de cette mission, on nous a mis en prison en nous accusant d’être allés rencontrer des Interahamwe  C’est à ce moment que j’ai compris que le Rwanda était une prison. Ils m’ont retiré immédiatement mon passeport, ils me l’ont restitué en septembre (6 mois plus tard NDRL) et j’ai quitté le pays en décembre (2005 : NDRL) », témoigne-t-il.

L’abbé Nahimana relate également l’injustice qu’il observa chaque dimanche au cours de la messe et qui lui a fait comprendre qu’il ne fallait pas seulement se contenter d’implorer le bon Dieu, mais agir.

« Quand j’ai été ordonné prêtre, je pensais que ma vie était de dire la messe, célébrer les sacrements, aider les pauvres, prier et c’est tout. Néanmoins je me suis rendu compte qu’à chaque dimanche, il arrivait fréquemment que certains fidèles assidus manquent à l’appel et personne ne pouvait dire où ils étaient. Quand je demandais les gens me disaient qu’ils ne savaient pas où ces personnes se sont volatilisées, néanmoins, quelquefois ils me disaient que certains sont à l’hôpital car ils avaient été frappés, d’autres en prisons. Je me suis rendu compte que même le fait de poser les questions sur les disparitions de mes fidèles me mettait en danger ».

L’abbé Nahimana déclare avoir compris à travers ces abus que subissait la population, qu’au Rwanda il y a des problèmes politiques qui ne peuvent pas être résolus par les prières, tout en avouant l’importance de la prière. « On priait tous les jours, mais là, on avait en face des problèmes politiques » dit-il avant d’ajouter, « je vous rappelle que les prières n’ont pas empêché la guerre ni le génocide de se produire, je ne veux pas dire que les prières n’ont pas de valeur, mais les prières n’empêcheront quand même pas Kagame de tuer les gens ».

« La démocratie de la Petite Cuillère » 

Le parti Ishema se dit être déterminé plus que jamais pour combattre ce qu’il appelle « la démocratie de la Petite Cuillère« . Cette démocratie de la Petite Cuillère évoquée par Basesayabo Déogratias, responsable du parti Ishema en Belgique, traduit « toute l’injustice à laquelle la population rwandaise est soumise par le régime en place » dit-il.

Un jour l’homme fort du Rwanda Paul Kagame déclara « Je peux vider un tonneau par une petite cuillère ». D’après Basesayabo, cette petite cuillère de Paul Kagame s’est petit à petit manifestée : « il s’agit d’envoyer des bombes dans les marchés, dans les villages pour massacrer les populations, il s’agit d’endormir la population par une éducation de mauvaise qualité, les juridictions populaires Gacaca dont l’objectif dissimulé est de juger tout Hutu,  la création des groupes criminels comme le M23 qui massacrent les populations, c’est ça la démocratie de la petite cuillère à laquelle a fait allusion Paul Kagame » déclare Basesayabo devant une assemblée gagnée par son discours.

« Au Rwanda un rescapé du génocide donne naissance à un rescapé, et ce nouveau rescapé à un autre, ainsi de suite, ce système permet à ces rescapés par hérédité de bénéficier de nombreux avantages, notamment une éducation gratuite ; tandis qu’ une grande partie de la population ne peut pas scolariser ses enfants faute de moyens » poursuit Basesayabo.

Comment le parti Ishema a vu le jour (les coulisses) ?

L’abbé Thomas Nahimana est longuement revenu sur les événements du 28 janvier dernier, date à laquelle le parti Ishema a été lancé par une douzaine de personnes venues de tous les horizons, toutes les religions, toutes les régions du Rwanda, Hutu et Tutsi. D’après le président fondateur du parti, il était primordial que toutes les composantes sociopolitiques, ethniques et régionales du pays soient représentées, même si l’abbé Nahimana dit ne pas croire à un seul instant que les problèmes du Rwanda soient ethniques ou régionaux. Les maux rwandais  « c’est l’ignorance, la pauvreté, c’est le pouvoir qui est monopolisé par un groupuscule qui s’en sert dans ses intérêts propres » dit-il.

Le parti Ishema a débuté par un journal en ligne «leprophète.fr ». En fondant le journal avec un autre prêtre, l’abbé Nahimana assure que l’objectif n’était pas de fonder un parti politique, mais de dire la vérité sur ce qui se passe au Rwanda pour donner l’occasion aux gens de dire au moins ce qu’ils pensent. Le Secrétaire général du parti Ishema trace les débuts difficiles du journal « le Prophète« . « Au début quand on a fondé ce journal en ligne, on recevait pas mal d’insultes, les commentaires sur les articles comportaient en grande partie  que des insultes. Au Rwanda, le gouvernement disait que ce qu’on écrivait dans ce journal est un venin plus dangereux qu’une charge propulsive d’une balle. Ils disent que le Prophète est un poison », témoigne t –il.

L’abbé est aussi revenu sur les menaces que sa famille aurait endurées à cause de ce qu’il écrit dans son journal.

« Ma famille a été menacée, on empêchait mes frères de me téléphoner et les obligeait à me dire que si le journal n’est pas stoppé ça va mal se passer pour eux. Nous avons refusé de suspendre le journal, le gouverneur (de la région NDRL) en personne est allé dans ma famille en grinçant les dents, seulement pour montrer à ceux qui l’observaient qu’ils devaient me transmettre le message que le journal devait s’arrêter pour leur épargner les ennuis » poursuit l’abbé Nahimana.

« Constatant qu’il n’arrivait pas à arrêter le site par ce genre de menaces, le régime a fait appel à mon évêque, qui m’a dit que si je n’arrêtais pas le site mon sacerdoce allait être compromis. Il s’en est suivi une longue tractation, je publiais en ligne les courriers qu’on échangeait. Moi je lui disais que « je ne fermerai pas la bouche, qu’au lieu de fermer la bouche, je quitterai ma fonction ecclésiastique«  ; je ne resterai ainsi qu’avec ma liberté de parole. Après avoir décidé que je ne pouvais pas me taire et faire taire les autres, j’ai décidé d’arrêter pendant une période d’un an mes activités ecclésiastiques, notamment de dire la messe, et je me suis mis à chercher les gens pour fonder un parti politique. Je ne voulais pas mélanger la politique et la religion. J’ai fait cela parce que je suis convaincu que les problèmes politiques ne peuvent pas être résolus par les prières ; c’est bien de prier je vous le conseille même, je ne veux pas dire que le ciel n’aide pas, mais le ciel aide celui qui s’aide lui-même » affirme-t-il.

«  C’est bien de prier, mais on doit savoir que Dieu n’a pas d’autres bras que les nôtres, il n’a pas d’autres têtes pour réfléchir que les nôtres, Dieu ne fera rien pour nous, si nous ne nous levons pas pour faire quelque chose. S’il y a une chaise renversée à côte de toi, c’est à toi de la relever pour la placer en bonne position, si tu ne le fais pas, demain tu la trouveras toujours renversée » poursuit le conférencier sous les applaudissements de la salle.

Pourquoi un nouveau parti d’opposition alors qu’il en existe des dizaines en exil ?

L’abbé Nahimana affirme n’avoir jamais eu auparavant l’intention de fonder un parti politique, ni se lancer en politique, parce qu’il voyait qu’il existait plusieurs partis d’opposition, et des opposants chevronnés, plus habiles à sortir la population dans la spirale d’injustice que les régimes qui se sont succédés au Rwanda l’a plongée.

« Quand j’étais au Rwanda, j’avais appris qu’il y avait pas mal des partis d’opposition en exil. Arrivé à l’extérieur du pays, j’envisageais de me consacrer à ma fonction sacerdotale car je pensais que les leaders de l’opposition en exil avaient les choses en main ». À son arrivée en exil en France, l’abbé Nahimana dit s’être rapproché d’abords de l’ancien premier ministre Faustin Twagiramungu et lui a interpellé en ces mots  «  je viens du Rwanda où la situation est chaotique, qu’envisagez vous de faire ? » « Rien, que veux tu que nous fassions ? Par contre toi qui es encore jeune, si tu veux faire quelque chose, je te soutiendrai » a rétorqué son correspondant. Le prêtre qui avait misé  sur l’opposition en exil pour faire bouger les choses, avoue avoir été déçu de voir que l’opposition politique en exil était inactive face à la situation socio politique très dure au Rwanda. « J’ai même discuté longuement avec Madame Ingabire Victoire, une dame courageuse qui avait des idées et une bonne volonté, et un programme solide.  Néanmoins ce qui m’a interpellé est que  je voyais une femme courageuse, mais qui était seule ; il y’avait bien sûr pas mal des gens autour d’elle, mais ça se voyait elle était seule quand même » affirme le prêtre.

L’abbé Nahimana admet même qu’après avoir été déçu par l’opposition non armée, s’être approché de la rébellion des Forces Démocratiques de la Libération du Rwanda (FDRL), car il trouvait que ce mouvement était la seule alternative vu qu’il avait une armée. Il avoue même avoir sollicité les responsables des FDRL pour l’ autoriser à s’installer dans le maquis avec eux, où il pouvait ainsi apporter sa pierre à l’édifice en disant la messe aux combattants, et en créant un fonds pour les soutenir. Néanmoins les FDRL n’ont pas voulu de lui, car ils disaient « qu’un prêtre n’a pas sa place dans le maquis« . Il y avait aussi la méfiance car l’abbé Nahimana venait de quitter le Rwanda, il pouvait facilement être vu comme un faux opposant à la solde du régime.

Déçu de toutes parts, c’est ainsi que le prêtre avoue avoir eu l’idée de fonder son propre parti « avec les gens ayant une bonne volonté ».

Le programme et la stratégie du parti Ishema.  

Le parti n’a pas divulgué un programme détaillé au cours de la conférence à Bruxelles. Néanmoins des pistes et méthodes d’action et leur vision ont brièvement été dévoilées. Les responsables du parti affirment vouloir que les choses aillent vite, surtout en ne suivant pas la même stratégie que celle empruntée par les partis de l’opposition qui ont fait tout leur possible pour changer les choses mais sans réussir à débloquer la situation.

"Les gens ne savent pas leur vrai pouvoir"

Pour résumer la stratégie de son parti, le Secrétaire général s’est appuyé sur cette Image.

Le parti annonce s’être donné 24 mois pour aboutir à quelque chose de concret. Pour cela ils ont annoncé qu’ils vont travailler partout en petites sections de 6 personnes, néanmoins au Rwanda, ces groupes vont au début travailler discrètement pour éviter les sabotages. Ainsi, dans les prochains jours des colloques de concertation avec différentes sections du parti vont-ils débuter afin d’élaborer un programme et une stratégie à suivre. Le parti cherche d’urgence à créer une radio pour pouvoir communiquer avec la population ; pas une radio qui diffuse sur Internet comme il en existe déjà, mais une vraie radio qui puisse toucher un paysan du bas fond de la campagne. Au niveau international, le parti Ishema dit vouloir montrer aux pays ayant des intérêts dans la région des Grands Lacs que leurs intérêts peuvent bien être garantis tout en préservant les intérêts de la population locale.

Les responsables du parti ont tenu à réaffirmer que la solution à la crise rwandaise n’était pas le partage du pouvoir comme nombreux l’envisagent. « Le pouvoir ne se partage pas » dit l’abbé Nahimana, « la solution est le chemin qui mène au pouvoir. La solution est de voir comment un citoyen qui veut accéder au pouvoir peut le faire, et le chemin qu’il peut emprunter. Si c’est par levote, faire campagne, annoncer un programme, respecter la limite de mandat » a-t-il conclu.

Source: Jambonews.net

mai 22, 2013   No Comments

Rwanda: Controverse autour de la visite de Paul Kagame à oxford

Ce samedi 18 mai 2013, Paul Kagame devrait se rendre à Oxford où il est invité par les étudiants de l’école de commerce de cette université pour y donner une conférence et recevoir une distinction d’honneur pour la « croissance économique africaine ».  En marge de cette cérémonie, une « Rwanda day » devrait avoir lieu à Londres. Cette visite suscite la controverse au sein même de l’université qui a invité le numéro un rwandais et une manifestation de protestation contre cette visite est d’ores et déjà annoncée.

Malaise au sein de l’Université d’Oxford

Plusieurs étudiants et professeurs de l’Université d’Oxford mènent depuis plusieurs jours une campagne visant à faire annuler la venue de Paul Kagame dans cette université « au regard des nombreuses allégations l’accusant de violations des droits de l’Homme »(1) peut-on lire sur le site internet des étudiants d’Oxford.

Salvatore Cusimano, le meneur de cette campagne explique  « l’Université donnera l’impression de fermer les yeux sur les actions de Monsieur Kagame au moment où même les gouvernements des Etats-Unis et de la Grande Bretagne – les plus proches alliés du Rwanda – ont pris leurs distances avec Monsieur Kagame et son gouvernement » avant d’ajouter « en tant que membre de la communauté d’Oxford, il est de notre devoir d’utiliser notre influence afin de renverser la grave erreur de jugement commise par l’école de commerce » et de conclure « nous avons une opportunité unique de promouvoir les droits de l’Homme et de défendre la réputation de notre université et par conséquent, nous devons agir ».

Mêlant le geste à la parole il a envoyé un courrier aux responsables de l’établissement et a lancé une pétition en ligne  laquelle, au moment où nous écrivons ces lignes a déjà recueilli 5029 signatures.

L’université prend ses distances mais n’annule pas

Interpellé par les membres de la communauté universitaire ainsi que par différentes organisations des droits de l’Homme et des membres des diasporas rwandaise et congolaise, l’Université a refusé d’annuler l’évènement en raison de  « la politique de liberté d’expression » qu’elle prône « Nous encourageons la discussion et au regard de la politique de liberté d’expression prônée par l’université, nous n’avons pas cherché à empêcher les étudiants de continuer cette invitation ».

L’université a toutefois  pris ses distances avec l’événement en précisant dans différents courriers envoyés aux protestataires que la conférence et la remise du prix étaient une initiative étudiante, organisée par une association étudiante  « c’est un prix des étudiants et non de l’école [de commerce] ou de l’université » a-t-elle notamment précisé dans ses différents courriers. S’exprimant au sujet des accusations de violations des droits de l’Homme dont fait l’objet Paul Kagame, l’Université a également  pris ses distances « nous sommes conscients que le Président Kagame est une figure controversée et sa présence n’implique pas que l’école ou l’université partagent ses positions ou actions».

 

Manifestation en vue

Affiche de la Rwanda day détournée par des opposants au Voyage

Affiche de la Rwanda day détournée par des opposants au Voyage

Comme ce fût le cas à Bruxelles, Paris, Perth (Australie), New York, Chicago  ou encore Boston, villes dans lesquelles Paul Kagame fût à chaque fois accueilli par des manifestants principalement issus des communautés rwandaise et congolaise, l’heure est à la mobilisation au sein des diasporas rwandaise et congolaise, essentiellement  d’Angleterre, Belgique et France et une nouvelle manifestation devrait avoir lieu ce samedi 18 mai 2013 à Londres pour protester contre cette venue.

Des partisans de Paul Kagame réagissent

En réaction à la pétition initiée contre la venue de Paul Kagame, une pétition de soutiena été initiée par « Joyce Lewell » afin de montrer que le « Président Kagame  est le bon choix pour le prix Oxford de la croissance  économique africaine ».  Pour l’initiatrice de la pétition  « Le leadership visionnaire de Paul Kagame et son travail infatigable pour transformer le Rwanda en une nation remplie de dignité n’est rien de moins qu’une source d’inspiration pour les Rwandais et les Africains » et elle ajoute, toujours dans le même texte, « l’économie a eu un taux de croissance de plus de 8% au cours des 10 dernières années, 9°% de la population a accès aux soins de santé, les enfants rwandais ont accès à l’éducation gratuite et plus d’un million de Rwandais sont sortis de la pauvreté au cours des 5 dernières années ».

A l’heure où nous écrivons ces lignes, la pétition a recueilli  2279 signatures, moins de la moitié de la pétition contre la venue de Paul Kagame en Angleterre.

Le « Dérapage » d’Igihe.com 

En parallèle à cette pétition plusieurs personnes lançant des appels à manifester ou à signer la pétition en prennent pour leur grade sur les réseaux sociaux et les noms d’oiseaux pleuvent  depuis une semaine contre elles afin de les dissuader de continuer leurs actions.

La réaction la plus virulente et la plus déplacée est venue du site pro-gouvernemental igihe.com, très populaire dans sa version rwandaise. Dans un article, du 10 mai 2013,  le journal s’en prend lourdement à la diaspora rwandaise dans son ensemble dont elle qualifie la plupart des membres de génocidaires  « Mais c’est plutôt les Rwandais de la diaspora qui ne décolèrent pas et qui, malgré l’enquête bien diligentée par les juges antiterroristes Trévidic et Poux, continuent à accuser Paul Kagame d’avoir descendu l’avion du Président Juvénal Habyarimana, élément qu’ils considèrent comme déclencheur du génocide des Tutsi », peut-on ainsi lire sous la plume du journaliste Jovin Ndayishimiye.

Et l’auteur continue « Cette diaspora rwandaise est sérieusement motivée à pourfendre Kagame car la plupart de ses membres a participé au dit génocide. N’étaient-ils pas des leaders d’opinion respectés dans leurs quartiers au moment du génocide ? Ils étaient la crème intellectuelle qui régnait en maître sur les petits esprits des citoyens rwandais incultes jusqu’à la moelle des os ».

 

Aura lieu n’aura pas lieu ?

Etrange question qui s’est invitée dans le débat au cours du week-end est celle d’une éventuelle annulation de l’événement. Un activiste rwandais basé en Angleterre qui avait sollicité une autorisation de manifester  a en effet reçu  en réponse ce courriel, consulté par Jambonews, d’un agent de la police métropolitaine britannique «nous venons juste de recevoir une information selon laquelle le  business design center  a refusé d’accepter la réservation du Rwanda Day, par conséquent cet évènement n’aura pas lieu, avec cette information en tête maintenez-vous votre manifestation ». Ceci a semé le doute au sujet de la tenue ou non de l’évènement.

Toutefois, sur le site internet officiel de l’événement et sur les réseaux sociaux, la mobilisation continue, laissant entendre que l’événement aura bel et bien lieu.

Au sein des manifestants les spéculations ont été bon train au sujet du de la police britannique et les hypothèses furent nombreuses. L’hypothèse la plus récurrente fut celle accusant la police britannique d’être « de mèche » avec les organisateurs du Rwanda Day et l’idée aurait été de faire propager la rumeur de l’annulation de l’évènement afin d’éviter qu’une manifestation puisse avoir lieu.

Toutefois, selon des informations recueillies par Jambonews auprès de différentes sources, la réservation du lieu initial ou l’évènement devait avoir lieu (le Business Design Center) a  bel et bien été annulée mais depuis lors, un nouvel endroit aurait été trouvé et l’événement devrait avoir lieu au Landmark London Hotel qui se trouve à proximité de l’Ambassade du Rwanda à Londres.

Rwanda Day dans l’ombre de Paul Kagame 

Comme à Bruxelles, Paris où Boston, l’imposante figure du Chef de l’Etat et les vives tensions qu’il cristallise autour de sa personne  font de l’ombre au reste de l’événement.

Pourtant, les objectifs annoncés  sur le site de l’événement sont nobles et louables à savoir  « Créer l’opportunité pour les  [Rwandais et amis du Rwanda vivant aux quatre coins du monde]  de se rencontrer, d’interagir et d’échanger leurs points de vue sur leur pays et sur la manière dont ils peuvent contribuer à la vision d’une nation moderne, unifiée et prospère ».  Un panel interactif avec de jeunes professionnels et entrepreneurs du Rwanda et de l’étranger est notamment annoncé afin de  « discuter des objectifs de développement du pays, de l’environnement économique et des opportunités présentes pour ceux qui veulent faire partie d’un pays en plein sur les rails ».

Malheureusement, au-delà des objectifs nobles annoncés,  la publicité des Rwanda Day ainsi que les couvertures médiatiques qui les précèdent et les suivent traduisent  le plus souvent une volonté dans le chef des organisateurs d’organiser un événement  visant à vouer un culte de la personnalité à Paul Kagame qu’à une véritable rencontre  entre les membres de la diaspora et une découverte du Rwanda et des différents aspects, notamment économiques par ces derniers. A titre d’illustration, sur la page de l’Ambassade du Rwanda en Belgique consacré à l’invitation à l’événement,  la « Rwanda day » est résumée à la seule rencontre entre Paul Kagame et « la communauté rwandaise d’Europe et les amis du Rwanda » l’invitation laconique étant formulée en ces termes « Le Président de la République du Rwanda, Son Excellence Monsieur Paul KAGAME, rencontrera la communauté rwandaise d’Europe et les Amis du Rwanda lors d’une nouvelle édition de RWANDA DAY qui aura lieu à Londres, Samedi , le 18/05/2013 ».

De même à la fin de chaque Rwanda Day, les médias tant nationaux qu’internationaux présentent souvent les participants comme étant des « partisans » du Chef de l’Etat rwandais venus spécialement, parfois de très loin, pour soutenir leur Président et au plus les participants sont nombreux, au plus on en déduit une popularité du dirigeant rwandais. (2)

Les jeunes ciblés

Pour cette 4ème édition de la Rwanda Day, l’accent a été mis sur les jeunes de la diaspora et une sensibilisation particulière à l’égard des jeunes est opérée depuis plusieurs semaines.

Comme lors des précédentes éditions  des artistes  en vogue auprès des jeunes de la diaspora seront au rendez-vous. Pour cette édition, la présence la plus notable est celle de King James, qui a le vent en poupe ces derniers mois auprès de  ces jeunes.

L’événement aura-t-il lieu ? N’aura-t-il pas lieu ? Qu’en sera-t-il de la participation ? Les jeunes seront-ils au rendez-vous comme espéré  par les organisateurs? La manifestation pourra-t-elle avoir lieu malgré l’incertitude qui plane autours  du lieu ? L’université d’Oxford maintiendra-t-elle jusqu’au bout l’événement organisé par ses étudiants malgré la pression qui s’intensifie pour l’annuler  et notamment la pétition qui reçoit chaque heure qui passe un nombre croissant de signatures?

Comme on dit sagement de l’autre côté de la manche : WAIT AND SEE.

1)      Pour en lire d’avantage au sujet des violations des droits de l’Homme dont est accusé Paul Kagame :

Rapport du Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU concernant les violations des droits de l’Homme commises sur le territoire de la RDC de 1993 à 2003.

Crimes de guerre perpétrés par le M23 et l’armée congolaise (HRW, février 2013)

Rwanda : le calvaire des Hutu

Un documentaire sur les crimes du FPR sorti du frigo

 

2)      Pour des illustrations de la sur-présence du Chef de l’Etat lors des « Rwanda day »

Article de RFI, consacré à la « rencontre entre le President Kagame et la diaspora »

Présentation par igihe.com de la « Rwanda day à Paris »

Reportage AFP sur la « Rwanda day à Boston » ou il n’est question presqu’exclusivement que la manifestation contre Paul Kagame et de la rencontre entre Paul Kagame et une partie de la diapora.

Reportage officiel sur la Rwanda Day à Chicago ou l’essentiel du reportage est consacré à Paul Kagame 

Source: Jambonews.net

mai 19, 2013   No Comments

Un immeuble en construction s’effondre au Rwanda

Ce mardi 14  mai 2013 un immeuble en construction s’est effondré à Nyagatare[Nord Est du Rwanda]  causant, la mort de 6 personnes a t’on appris de source policière.

Immeuble Effondré

Immeuble effondré à Nyagatare.

Les opérations de sauvetage se sont terminées aux alentours de 8h30 du matin, ce mercredi 15 mai et selon le dernier bilan de la police, 6 personnes ont trouvé la mort dans la tragédie, 18 autres sont toujours hospitalisées dont 3, incluant  Geoffrey Barigye le propriétaire de l’immeuble, qui ont été aéroportées vers l’hôpital  Fayçal de Kigali. 14 personnes ont d’ors et déjà quitté l’hôpital après avoir reçu les premiers soins.

Selon les premières informations relayées par les médias nationaux,  les victimes sont essentiellement des ouvriers  qui construisaient l’immeuble mais des passants ont également été touchés car l’immeuble était situé à proximité de la route.

A l’heure ou nous écrivons ces lignes, les circonstances exactes du drame ne sont  pas encore connues, elles « feront l’objet d’une enquête dès que les opérations de sauvetage seront terminées » indiqué la police.

Source: Jambonews.net

mai 16, 2013   No Comments

Disparition de deux jeunes rwandais en France et en Belgique

Les polices française et belge ont signalé ces derniers jours la disparition de Tony Niyonkuru  et Diane Uwacu Mirimo, deux jeunes d’origine rwandaise, dont on a plus de nouvelles depuis plusieurs jours.

Missing: Tony Niyonkuru

Missing: Tony Niyonkuru

Selon le journal 76actu (www.76actu.fr), le premier est un jeune homme âgé de 20 ans qui s’appelle Tony Niyonkuru. Il a disparu depuis le dimanche 28 avril, au Havre dans le nord-ouest de la France où il résidait dans le quartier de Caucriauville. Signalé comme fragile, Tony Niyonkuru est disparu dans la matinée du 28 avril, après une partie de football avec son père et son frère, sur un terrain situé à proximité du camping. La famille a alerté la police dans la soirée après avoir mené, en vain, des recherches dans la forêt de Montgeon située à proximité du terrain de football où le jeune homme était avant sa disparition. Sans nouvelles depuis quatre jours, la police havroise a lancé un appel à témoins.

Tony Niyonkuru mesure 1,75m environ et portait le jour de sa disparition un T-shirt blanc et un pantalon de survêtement ainsi qu’une paire de chaussures de football à crampons moulés, blanches également. Toute personne qui aurait des informations, ou aurait aperçu Tony, peut joindre la police au (0033)02 32 74 39 15.

Missing:  Diane Uwacu Mirimo

Missing: Diane Uwacu Mirimo

La deuxième personne disparue est une jeune femme d’une trentaine d’année, Diane Uwacu Mirimo. Depuis le 30 avril denier personne n’a de nouvelles de cette jeune femme d’origine rwandaise. Elle a disparue dans la ville Liège en Belgique où elle résidait. Depuis qu’elle a quitté son domicile situé rue Joseph Truffaut à Liège, elle n’a pas donné de ses nouvelles.

Diane Uwacu Mirimo mesure 1m68 et est de corpulence mince. Elle a les cheveux roux coiffés en tresse jusqu’aux épaules. Lors de sa disparition, elle était vêtue d’un pull noir, d’un jeans bleu foncé, d’un manteau de type fourrure léopard et des bottes avec fourrure sur le dessus, nous rapporte le journal lameuse (www.lameuse.be).

La police a lancé un appel à témoin, et demande à toute personne qui aurait vu Diane Uwacu Mirimo de prendre contact avec les enquêteurs de la Police Fédérale au (0032) 0800/30.300.

Source: Jambonews.net

mai 12, 2013   No Comments

Ce que les Rwandais disent du Congo-Brazzaville de Sassou Nguesso

Kagame and Denis Sassou Nguesso

Le premier cargo de marchandises made in Rwanda a quitté Kigali le 6 mai 2013 en direction de Brazzaville. C’est un fait qui doit marquer les annales des relations bilatérales entre la République du Congo et le Rwanda car les échanges commerciaux sont parmi les priorités de ces relations.

Le lancement officiel du commerce entre le Rwanda et le Congo Brazzaville a eu lieu sur le tarmac de l’aéroport international de Kigali et le ministre rwandais du commerce et de l’industrie M. François Kanimba a interpellé la communauté d’affaires du Rwanda de faire sienne cette initiative qui sans doute sera plus bénéfique « Nous sommes ici pour assister au premier chargement de marchandises destinées au marché du Congo Brazzaville. Il s’agit essentiellement de produits agricoles comme la viande, le haricot et de petits poissons séchés »

La Compagnie Rwandaise de navigation aérienne, la Rwandair Express a dernièrement ouvert une ligne Kigali-Brazzaville-Libreville et la clientèle est abondante. Par après, une délégation rwandaise s’est rendue a Brazzaville et à Libreville au Gabon pour tester la demande sur le marché local, le constat a été que les produits rwandais sont très appréciés d’où la décision d’exporter les produits agricoles du Rwanda car le pays est essentiellement agricole.

Selon le ministre Kanimba, les farines de manioc et de mais, les graines de haricot, la viande, les fruits, les légumes peuvent trouver d’acheteurs a Brazzaville. Il a demandé de produire davantage afin de satisfaire la demande sans doute qui va augmenter. Il a ajouté que la balance commerciale du Rwanda reste déficitaire et a insiste sur le fait que les opérateurs économiques rwandais doivent augmenter les produits d’exportation.

Chaque semaine, un cargo de 30 tonnes quittera désormais l’aéroport International de Kigali pour l’aéroport de Mayamaya – Brazzaville (vol de 2 heures) et l’on compte disponibiliser un cargo de 60 tonnes si les marchandises à exporter deviennent nombreuses.

Par un accord avec la compagnie Ethiopian Airlines, il y aura un avion cargo qui permettra aux commerçants rwandais d’exporter leurs marchandises sur les marchés des pays de la sous région.

Les produits rwandais vont faire le bonheur de ceux qui fréquentent les marchés de Potopoto, Mungali et des comptoirs de vente situés ici et là dans tout Brazzaville. La viande de bœufs du Rwanda va permettre aux Brazzavillois d’avoir une autre alternative à la viande de brousse, au poisson fumé ou salé (les maboke et les makayabu), la rare viande de bœuf a Brazzaville provenait du Tchad.

Les produits agricoles comme le haricot et les légumes proviennent du Cameroun, le riz est importe d’Indochine. La République du Congo fonde son économie essentiellement sur l’exploitation de ses ressources naturelles notamment le pétrole, le bois et les minerais dont les revenus constituent l’essentiel de son PIB. La population congolaise qui se concentre dans trois villes a savoir Brazzaville (capitale administrative), Pointe noire (capitale économique) et Dolisie.

Pour le Rwanda, le cargo, de retour, peut ramener les produits manufacturés tels que les serrures de Cabinda, la verrerie, les parures, les pagnes, les pierres de joierie (1)… qui feraient le bonheur de consommateurs rwandais.

(1) tous ces produits viennent d’ ailleurs.

Source: Mediapart

mai 11, 2013   1 Comment