Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — décembre 2010

Kagame et “Carnages” au Congo par Pierre Pean

par Pascal Boniface.

Pierre PEAN, à contre-courant sur l’Afrique.

On se rappelle que suite à son livre Noires Fureurs, Blancs Menteurs, Rwanda 1990-1994, Pierre Péan avait été traîné en justice, de façon difficilement compréhensible, pour complicité de provocation à la haine raciale par SOS-Racisme. Il a gagné ses deux procès tant en première instance qu’en appel. Il avait été profondément meurtri par ces accusations aux antipodes de son parcours et de ses convictions. Fort heureusement, loin de l’avoir abattu, ce mauvais procès lui a donné l’énergie pour poursuivre son travail d’investigation. Cela donne un livre fort : Carnages, (Fayard) un gros pavé de 570 pages qui vient apporter un éclairage tout à fait nouveau sur la tragédie que subit, dans une relative indifférence, la République Démocratique du Congo, les différents crimes contre l’humanité et guerres civiles dont les populations africaines sont les victimes et le jeu des grandes puissances. Son livre fera date et sera très utile pour les historiens et tous ceux qui voudront écrire de façon dépassionnée sur les événements gravissimes qui se sont déroulés dans cette partie du monde. Le silence relatif qui accompagne son livre laisse dubitatif.

Pierre Péan reprend et développe la thèse qu’il avait commencé à développer dans son premier livre. Paul Kagame, l’homme célébré dans le monde occidental comme ayant mis fin au génocide du Rwanda, a commis par la suite de nombreux crimes contre l’humanité. Sans que l’on puisse déterminer de façon certaine s’il a lui-même organisé l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, il savait qu’il ne pouvait parvenir au pouvoir que par un conflit armé, qu’il préparait de longue date et non pas par la voie démocratique. Il a par la suite étendu la guerre à la République Démocratique du Congo, se livrant de nouveaux à de nombreuses exactions pour pouvoir tirer profit des multiples richesses de ce pays. Les accusations de complicité de génocide portées contre la France, qui ne sont ni fondées et sans le moindre début de preuve, participent à une stratégie visant à réduire l’influence de la France en Afrique et à tétaniser son action. Pour Péan « la Françafrique est le faux nez dissimulant les menées de divers intérêts surtout anglosaxons. » (p41) Il estime que si la politique africaine de la France doit susciter examen critique, elle ne mérite pas d’être critiquée en bloc alors que le silence demeure sur la politique dans le continent des autres grandes puissances (USA, Royaume-Uni, Israël, Chine, etc).

La partie la plus novatrice du livre de Pierre Péan concerne la politique israélienne en Afrique en général, et plus particulièrement les liens établis entre Paul Kagame et Israël.

Il développe également de longs passages sur le Soudan. Selon lui, les accusations de génocide portées contre ce pays ou les appels à la solidarité pour la cause du Darfour, sont en fait une stratégie menée par Israël et les États-Unis pour affaiblir un État africain et musulman qui pourrait faire contrepoids à leur propre influence dans le continent africain. Il démontre que pour Israël, le Soudan fait partie d’une certaine vision de sa profondeur stratégique. Si le passage qui consacra ce pays à l’encontre de la présentation très négative qui en est souvent faite, est convaincant d’un point de vue stratégique, il ne faut pas oublier néanmoins que le président du Soudan a été inculpé de crimes de guerre par la cour pénale internationale.

À l’automne 2010, le secrétaire général de l’ONU publiait un rapport sur les exactions de l’armée de Kagame en RDC. Il évolue à 4 millions le nombre de morts de ce conflit.

Jusqu’ici quelques voix éparses s’étaient élevées contre Kagame. S’il s’agissait de Français, on les accusait de vouloir dissimuler la responsabilité de Paris dans le génocide. Il était plus problématique de faire ce reproche à la justice espagnole qui lance les mêmes accusations, à Carla Del Ponte, Emma Bonino ou Boutros Boutros Ghali, qui ont depuis longtemps souligné la responsabilité de Kagame. Il devient plus difficile aujourd’hui pour Kagame d’évoquer le génocide de 1994 pour masquer sa responsabilité dans la suite des évènements.

On peut reprocher à Péan d’être parfois trop systématique, sa démonstration est néanmoins impressionnante et ne peut être balayée d’un revers de main.

[Le Nouvel Observateur]

décembre 28, 2010   1 Comment

Nord-Kivu : trafic lucratif de drogue vers le Rwanda

par Agence Syfia.

(Syfia Grands Lacs/RD Congo) Deux drogues, le khat et le cannabis, dont la production est contrôlée par les FDLR, remplacent peu à peu le thé dans le territoire de Rutshuru au Nord Kivu. Très rentables, elles alimentent un trafic croissant vers le Rwanda, soutenu par certaines autorités.

Les agriculteurs du territoire de Rutshuru au Nord Kivu, au nord de la RD Congo, préfèrent rester discrets. Pour éviter les agents des forces de l’ordre ou d’être épinglés par certaines organisations étrangères, ils cachent soigneusement leurs plants de khat ou de cannabis entre leurs rangs de maïs ou de sorgho. Dans les localités congolaises sous contrôle des rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) – la “zone rouge” de l’ONU – ces deux plantes narcotiques, considérées comme des drogues dans de nombreux pays européens et américains, remplacent de plus en plus le thé. Coupés de leurs sources de revenus depuis deux ans qu’ils sont traqués au Nord et au Sud-Kivu, les FDLR ont poussé les producteurs de thé à se reconvertir dans ces cultures rentables. Un des moyens pour eux, qui contrôlent l’activité, de s’approvisionner en armes et munitions pour combattre l’armée congolaise.

Le thé ne rapportait plus guère dans ce territoire en proie à l’insécurité où les acheteurs ne se bousculent pas. Depuis quelques années, ils avaient commencé à produire ces drogues recherchées. Aujourd’hui, ils sont encouragés à faire plus. Selon un agent de l’ANR (service de renseignements congolais), les revenus provenant de ces plantes narcotiques ont doublé en un an, atteignant des milliers de dollars. Même s’ils n’en touchent qu’une maigre partie, les paysans en sont satisfaits.

Fraudes quotidiennes

A Mpati, un de ces villages, le khat est officiellement produit pour l’alimentation des vaches, un moyen de les stimuler à brouter davantage. Pourtant, le khat comme le cannabis, qui demandent moins de travail que le thé, prennent plutôt le chemin de Kigali. Un sac de 20 kg, le cannabis se vend à 50 $ à Mpati et se négocie à 120 $ à Nyanzale, un centre commercial de la région. Il se vendrait 600 $ dans la capitale rwandaise, d’après les sources de Rutshuru confirmées par un chef coutumier.

Selon les douanes de la RD Congo et du Rwanda, des handicapés, des femmes et des enfants s’emploient activement à camoufler la drogue pour lui faire passer la frontière, surtout au niveau des “antennes”, la périphérie nord de Goma. “Ils disent toujours la même chose quand ils sont arrêtés : je ne savais pas ce qui était dans mon sac”, constate une policière rwandaise commise à la douane. Au Rwanda, le trafic de drogues est puni d’une peine d’emprisonnement qui va jusqu’à 5 ans et de 500 000 Frw (900 $) d’amende. Selon le ministère de la Santé du Rwanda, les jeunes de 15 à 24 ans, qui mènent une vie précaire et ne se voient pas d’avenir, en consomment de plus en plus pour oublier leurs difficultés quotidiennes. Des sources douanières affirment que des véhicules transportant des matériaux de construction ou des caisses de boissons entre Goma et Gisenyi participent aussi à ce rentable commerce transfrontalier. Celui-ci a pris de l’ampleur encouragé par l’absence d’autorité de l’État et le dédoublement du pouvoir coutumier dans la région de Mpati.

Depuis la deuxième guerre du Congo (1998-2003), les conflits ethniques ont, en effet, causé un schisme au sein de la chefferie de Bashali, située en territoires de Masisi et de Rutshuru. Le pouvoir coutumier (territoire de Masisi), étant coupé des “insurgés” de Mpati (territoire de Rutshuru), n’a plus d’autorité dans cette région. Là tout agriculteur a droit à une kalachnikov distribuée officiellement par le chef coutumier “autoproclamé” afin de protéger son champ de narcotiques. Selon l’agent de l’ANR précité, ces cultures ont encore de beaux jours devant elles. D’autant que certaines autorités politiques et militaires en tirent des revenus substantiels…et n’ont aucune raison d’y mettre fin.

[Syfia Grands Lacs/RD Congo]

décembre 27, 2010   No Comments

Assassinat de Habyarimana: six proches de Kagame inculpés par des juges français

Six proches du président rwandais Paul Kagame ont été inculpés par des juges français dans l’enquête sur l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana en 1994, mais ces actes révélés jeudi pourraient paradoxalement attester d’une détente dans une procédure très sensible.

Ces six personnes, dont l’actuel ministre rwandais de la Défense, James Kabarebe, faisaient partie des neuf proches du dirigeant rwandais déjà visés par des mandats d’arrêt émis en 2006 par l’ancien juge Jean-Louis Bruguière. Leur inculpation devrait entraîner rapidement la levée de ces mandats.

Les six personnalités ont été mises en examen (inculpées) entre les 5 et 15 décembre au Burundi par les juges d’instruction antiterroriste Marc Trevidic et Nathalie Poux pour “complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste”.

Ils ont été laissés en liberté sans aucun contrôle judiciaire, selon leurs avocats, Léon-Lef Forster et Bernard Maingain.

L’imposition de ces mandats d’arrêt en 2006 avait entraîné une rupture diplomatique entre Paris et Kigali. Il avait fallu trois ans pour que les deux pays parviennent fin 2009 à une reprise de leurs relations.

Les inculpations permettent aussi à ces six personnes d’avoir accès à l’enquête judiciaire et d’éventuellement faire des demandes d’actes.

Le soir du 6 avril 1994, l’avion transportant le président Habyarimana, un Hutu, et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, avait été abattu en phase d’atterrissage à Kigali par au moins un missile antiaérien.

Cet attentat est considéré comme le signal déclencheur du génocide qui fit 800.000 morts selon l’ONU, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Deux thèses s’affrontent dans cette enquête: la justice française – compétente dans ce dossier en raison de la nationalité française de l’équipage de l’avion – soupçonne un commando du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd’hui au pouvoir) de s’être infiltré à travers le dispositif des Forces armées rwandaises (FAR), pour abattre l’avion depuis la colline de Massaka, qui surplombe l’aéroport.

Une commission d’enquête rwandaise a au contraire imputé la responsabilité de l’attentat aux extrémistes “Hutu Power” des FAR qui auraient voulu se débarrasser du président Habyarimana, jugé trop modéré, pour faciliter un coup d’Etat.

Outre James Kabarebe, figurent parmi les inculpés mentionnés jeudi le général Jack Nziza, le lieutenant-colonel Charles Kayonga, l’ancien militaire Jacob Tumwine, Franck Nziza, soupçonné d’être un des tireurs qui ont abattu l’avion, ainsi que Samuel Kanyemera.

L’ancienne chef du protocole de M. Kagame, Rose Kabuye, elle aussi visée par un mandat d’arrêt, avait pour sa part été inculpée fin 2008. Deux autres Rwandais restent visés par les mandats délivrés par M. Bruguière: Faustin Nyamwasa-Kayumba serait réfugié en Afrique du Sud, selon plusieurs sources. Eric Hakizimana serait pour sa part décédé.

“Les explications fournies par les personnes ont donné un tout autre éclairage à ce dossier et des éléments de faits précis ont été portés à la connaissance des autorités judiciaires en vue de démontrer que la première partie de la procédure était plus le produit d’une manipulation qu’une instruction à charge et à décharge”, ont indiqué dans un communiqué les avocats des mis en examen, Mes Lev Forster et Bernard Maingain.

L’avocat de la veuve de M. Habyarimana, Me Philippe Meilhac, a pour sa part salué une “avancée attendue depuis longtemps”. “Ces mises en examen auraient dû intervenir plus tôt mais elles montrent qu’on approche de la fin de l’enquête”, a-t-il ajouté.

Les deux magistrats avaient effectué un déplacement au Rwanda en septembre au cours duquel ils avaient notamment effectué une reconstitution de l’attentat. Une expertise, dont les résultats sont attendus en mars, doit notamment déterminer d’où provenaient les tirs.
[Belga]

décembre 17, 2010   1 Comment

Une sénatrice belge appelle pour l’isolement du criminel Paul Kagame

Comment est-ce possible…?

Comment est-ce possible que notre pays, l’actuel président de l’UE, reçoive l’un des plus grands criminels de guerre depuis la Deuxième Guerre Mondiale?

Paul Kagame, président du Rwanda est à Bruxelles. Le 6 et 7 décembre, il participera à la cinquième édition des ‘Journées Européennes du Développement’, organisées par la Commission Européenne en collaboration avec la présidence belge.

Paul Kagame et le développement!

Quel développement ? Le développement social favorisant une minorité de la population rwandaise ? Le développement démocratique comme façade d’un régime autoritaire empêchant par répression, intimidation et élimination des adversaires toute culture démocratique ? Le développement économique se réalisant avec les recettes des ressources naturelles congolaises pillées de façon éhontée?

Le développement au Rwanda n’est rien d’autre qu’un ordre oppressant, organisé par un criminel de guerre, un homme portant une coresponsabilité indéniable pour le génocide en 1994 au Rwanda et au Congo, depuis 1996. Un ordre organisé par un homme honoré déjà trop longtemps pour avoir arrêté un génocide que lui-même a commencé. Un ordre organisé par un homme responsable du chaos actuel à l’Est du Congo.

Le rapport « Mapping » des Nations Unies, publié en octobre dernier, sur la République Démocratique du Congo durant la période 1993-2003, démontre la responsabilité énorme de Paul Kagame et son Front Patriotique Rwandais (FPR) dans le génocide des réfugiés Hutu et de la population congolaise. Cela n’empêche pas que Kagame vienne discuter sans honte du développement. Assisté par son ‘grand ami’ et initiateur du groupe informel de l’Union Européenne ‘Les amis du Rwanda’. Il s’agit de l’ancien Ministre belge des Affaires étrangères, l’ancien Commissaire européen à la Coopération au Développement et l’Aide Humanitaire et l’actuel député européen Louis Michel.

Lors d’une émission à la radio VRT ‘De Ochtend’ Louis Michel appelait le rapport « Mapping » une honte pour les Nations Unies. Il nommait « peu fiables » les centaines de témoignages des personnes et organisations ayant vécu les atrocités des milices et groupes armés lors des années de guerre. « Le rapport est une insulte pour l’histoire’, se moquait-il.

Mais le rapport n’a rien évoqué de nouveau et la vérité a ses droits

En 1996, le Ministre belge de la Coopération au Développement de l’époque, Reginald Moreels, a déclaré sur base des messages des humanitaires et des missionnaires, qu’un génocide contre les réfugiés Hutu et les expatriés congolais avait lieu à l’Est du Zaïre. Mohammed Shanooun, le Représentant des Nations Unies de l’époque, mettait l’ampleur des atrocités au même niveau que le génocide du 1994. Le Secrétaire Général Kofi Annan avouait être choqué par la cruauté des rebelles du FPR. Il parlait d’une ‘lente éradication’ des civils. UNHCR, UNICEF, WFP, Amnesty International, le Commissaire européen aux Affaires Humanitaires de l’époque Emma Bonino, des organisations humanitaires (Médecins Sans Frontières, Oxfam, Care), tous ont témoigné que le FPR chassait et tuait les réfugiés. Ils sont massacrés, battus, brûlés, coupés en morceaux, enterrés vivants. Kagame était le dirigeant de l’armée.

Maintenant, il est encore président, et a récemment obtenu un deuxième mandat. Un Chef d’Etat siégeant ne peut être inculpé par la Cour Pénal International pour des crimes commis avant juillet 2002. Kagame échappe – pour l’instant- à la justice.

Mais cessons au moins de faire semblant

Cessons de contribuer par les programmes de développements et de l’aide budgétaire – et donc d’être coresponsable !- à la construction d’un état totalitaire violant systématiquement les droits de l’homme. C’est un état bafouant les droits de l’opposition et accordant le pouvoir à une petite élite. Cessons de soutenir un système judiciaire et la construction des prisons dans lesquelles des leaders d’opposition comme Victoire Ingabire sont détenus sur base des fausses accusations et sans aucune perspective d’un procès équitable.

Cessons de serrer la main à Paul Kagame

Le temps de l’hypocrisie est passé. Et la carte « génocide » qui a permis Kagame durant des années, surtout grâce aux Etats-Unis et au Royaume Uni, de déstabiliser le Congo et de bombarder les camps des réfugiés, peut enfin être déjouée.

Els Schelfhout
Ancienne sénatrice

[paru sur Beni-Lubero Online]

décembre 13, 2010   2 Comments

Projet de déclaration constitutive de “Rwandan Dream Initiative”

Projet de déclaration constitutive de Rwandan Dream Initiative

(Initiative du Rêve Rwandais ; Umugambi Rwanda Rwiza)

Nous, rwandaises et rwandais signataires de la présente déclaration,

Préoccupés au plus haut point par l’évolution récente de la situation sociopolitique du Rwanda marquée notamment par :

  1. le nombre sans cesse croissant des réfugiés rwandais éparpillés dans le monde et dont le souci majeur demeure le retour rapide dans le pays de leurs ancêtres,
  2. le déni des libertés fondamentales du citoyen, et en particulier l’étouffement de la liberté d’expression et du choix des dirigeants ;
  3. le climat d’incertitude sur l’avenir du processus démocratique au Rwanda, ainsi qu’en témoigne la deuxième mascarade électorale du 9 août 2010, au terme de laquelle le président Kagame a obtenu un second mandat de 7 ans avec un score stalinien de 93% ;
  4. la violation du droit à la vie et des droits reconnus par la Constitution aux associations et à la presse, ainsi que le déni de justice aux formations politiques tel qu’en témoignent, entre autres, des actes d’assassinat, d’emprisonnement et d’intimidation qui se sont intensifiés à l’encontre des opposants politiques et des journalistes indépendants durant les mois qui ont précédé ladite mascarade électorale d’août 2010 ;
  5. l’étouffement de la vérité, la falsification de l’histoire de notre pays et de notre identité, ainsi que l’imposition des coutumes étranges et de mépris à l’égard de nos morts ;
  6. l’arrogance, l’hypocrisie et la violence de langage du président Kagame,
  7. les tentatives d’assassinat et les assassinats effectifs des opposants au régime de Kagame, au Rwanda comme dans des pays d’accueil des réfugiés rwandais ;
  8. la publication par l’Organisation des Nations Unies en date du 1er octobre 2010, d’un rapport accablant mettant en cause l’armée rwandaise quant aux atrocités commises, sur ordre du président Kagame, en République Démocratique du Congo en 1996-1998, à l’endroit des réfugiés rwandais hutu, et qui pourraient être qualifiées de crimes de génocide;
  9. la stratégie à peine voilée du régime de Kagame visant à long terme à affamer la population rwandaise en très grande majorité paysanne, notamment par la spoliation de ses terres, et à la maintenir dans la misère, la contraignant par ricochet à ne pas se préoccuper des droits politiques dont elle est privée;
  10. le pillage systématique des ressources du pays et le détournement de l’aide internationale par une clique de privilégiés qui continue de s’enrichir scandaleusement pendant que la majorité des paysans, des artisans, des fonctionnaires et d’autres salariés sont pratiquement sans revenu et ont de la peine à satisfaire leurs besoins vitaux ;

Dénonçant, d’une part, le multipartisme de façade en vigueur au Rwanda où seules sont tolérées les formations politiques qui se soumettent au diktat du président Kagame et du FPR et, d’autre part, les obstacles de toutes sortes érigés par le pouvoir en place en vue d’empêcher les véritables partis d’opposition d’émerger et d’exercer leurs activités dans le pays ;

Profondément déçus par l’attitude de certaines puissances occidentales qui ne cessent d’apporter leur soutien au régime dictatorial et criminel de Kagame, au mépris des multiples mises en garde émanant de l’opposition rwandaise, de la société civile et des organisations de défense des droits de la personne;

Sensibles à la profonde détresse du peuple rwandais face à un pouvoir dictatorial et criminel qui continue d’ignorer ses aspirations légitimes, n’agissant qu’en fonction des intérêts égoïstes du président Kagame et de sa clique ;

Condamnant sans réserve l’exploitation politicienne du génocide instrumentalisé comme une arme de destruction morale contre les Bahutu par les autorités de Kigali qui ont pris la fâcheuse habitude de qualifier de « révisionniste-négationniste » ou de « divisionniste » toute personne qui ose exprimer une quelconque opposition à la ligne politique du FPR ;

Rejetant la violence, l’exclusion d’une partie de la population et la discrimination sous toutes leurs formes comme moyens d’accéder au pouvoir politique ou de s’y maintenir ;

Fustigeant l’hypocrisie du régime actuel qui, ayant décrété la suppression des ethnies, entretient un favoritisme flagrant à l’endroit de quelques tutsis membres de la clique du président Kagame et un déni de droits tout aussi manifeste envers une grande majorité de hutu, rappelant étrangement un système d’apartheid à peine déguisé;

Convaincus que l’éradication de l’impunité des crimes commis au Rwanda et à l’extérieur du pays par les acteurs politiques et militaires rwandais, quels qu’ils soient, est un facteur de réconciliation nationale et un préalable indispensable à la mise en place et à la consolidation de l’état de droit tant souhaité ;

Conscients qu’une véritable réconciliation nationale et une lutte efficace contre l’impunité exigent que les militaires du FPR ayant commis des crimes de guerre et des massacres de populations hutu au Rwanda du 1er Janvier 1994 au 31 décembre 1994 et en RDC depuis 1996 soient eux aussi jugés par une juridiction internationale, à l’instar des dignitaires du régime Habyarimana accusés de génocide des tutsi;

Réclamant haut et fort que la vérité soit établie sans plus tarder sur l’assassinat du président Habyarimana Juvénal et de son homologue burundais Ntaryamira Cyprien, et que les coupables soient traduits en justice internationale ;

Rendant hommage à tous ceux qui ont résisté contre l’idéologie négative coloniale, notamment le roi Musinga Yuhi IV, à ceux qui ont combattu l’ubuhake dont le mwami Rudahigwa Mutara III ainsi qu’à ceux qui ont combattu l’uburetwa et l’inégalité sociopolitique dans notre pays dont le président Grégoire Kayibanda et tous ceux qui ont contribué positivement à la révolution sociale de 1959 qui a donné naissance à la République du Rwanda,

Honorant également la mémoire des distingués martyrs qui ont payé le prix fort pour leur identité, leurs idées ou leurs actions militantes en faveur de la consolidation de la démocratie au Rwanda, notamment après l’instauration du multipartisme en 1991 ;

Conscients de l’urgence et de l’impérieuse nécessité de trouver une solution définitive au problème des réfugiés rwandais, dont certains viennent de passer plus de 50 ans en exil ;

Engagés à tout mettre en œuvre pour rétablir et consolider la fraternité entre les composantes du peuple rwandais et celle des peuples de la région des Grands Lacs africains ;

Considérant l’intérêt pour le peuple rwandais d’une solidarité agissante entre le Rwanda et les pays africains, spécialement ceux qui, comme l’Afrique du Sud, pourraient servir de modèle en vue de la résolution définitive du conflit hutu-tutsi par la voie d’une commission vérité ;

Considérant l’impérieuse nécessité de réformer l’armée rwandaise dite les Forces Rwandaises de Défense et de la débarrasser d’éléments véreux accusés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, pour qu’elle puisse répondre à sa mission de sauvegarder la souveraineté nationale conformément aux aspirations légitimes de toutes les composantes de la société rwandaise,

Considérant que la responsabilité du président Kagame est engagée quant à des actes de terrorisme international, des massacres de populations innocentes et des crimes de génocide commis à l’intérieur du Rwanda et en République Démocratique du Congo et que, pour ces raisons, sa légitimité à la tête de l’Etat rwandais est sérieusement compromise ;

Décidés à éradiquer par tous les moyens pacifiques la dictature comme mode de gouvernement et à œuvrer en faveur de l’instauration au Rwanda d’un régime politique fondé sur l’état de droit et visant le bien-être de tous les rwandais sans distinction aucune ;

Nous inscrivant dans la lignée des différentes initiatives de personnalités et d’organisations qui encouragent les acteurs potentiels du changement politique rwandais à faire abstraction de leurs différends de quelque nature que ce soit et à mettre en avant l’intérêt supérieur du peuple ;

Répondant en particulier à l’appel de Bruxelles en date du 10 août 2010 émanant de Monsieur Faustin Twagiramungu, ancien Premier Ministre du Rwanda ;

Nous annonçons aux Rwandais, aux amis du Rwanda et à l’ensemble de la communauté internationale, ce qui suit :

Article 1er

Il est créé en cette date du  ……, une organisation politique dénommée Initiative du Rêve Rwandais(en abrégé RDI, de l’anglais Rwanda Dream Initiative ; Umugambi Rwanda Rwiza en kinyarwanda). Elle sera nommée RDI-Rwanda Rwiza dans les articles suivants.

Article 2

Le RDI-Rwanda Rwiza est un espace de concertation et de débat sur l’histoire et l’avenir de notre pays, et sur ses problèmes politiques importants.

Il est librement ouvert aux personnes physiques et morales désireuses d’unir leurs efforts en vue d’un changement politique au Rwanda, apte à instaurer sur des bases solides et durables, un système politique stable axé sur des valeurs fondamentales que sont la liberté, la vérité et la justice, seules garantes d’un véritable état de droit, d’une démocratie solidement établie et d’une paix durable.

Article 3

L’adhésion au RDI-Rwanda Rwiza est subordonnée au respect de la lettre et de l’esprit de la présente déclaration, ainsi que d’autres textes à caractère statutaire ou réglementaire qui seront élaborés en temps utiles.

Plus particulièrement, tout adhérent s’engage à faire siens les sept principes ci-après et à œuvrer à leur diffusion et à leur mise en application au sein de la société rwandaise :

  1. Il est garanti à tout citoyen rwandais, à travers une Constitution démocratique dûment approuvée par le peuple, les libertés et les droits fondamentaux prévus par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et d’autres conventions internationales ad hoc. En particulier, le droit à la vie, le droit à la dignité et le droit à l’intégrité de la personne humaine sont inviolables, de même que sont garanties, sans possibilité de restriction, la liberté d’expression et la liberté d’association.
  2. Le pouvoir politique est exercé dans le cadre d’un état de droit par des représentants choisis au suffrage universel par le peuple, à travers des élections libres, transparentes et régulières. Tout criminel avéré est disqualifié de la compétition politique et de l’exercice d’une quelconque charge publique. Des mécanismes démocratiquement convenus garantissent un partage du pouvoir entre les différentes composantes de la société rwandaise et assurent une saine gouvernance marquée notamment par la compétence et l’intégrité des leaders et d’autres personnalités publiques.
  1. L’Etat a le devoir de garantir la sécurité et la justice pour tous en vue d’une coexistence harmonieuse des différentes composantes de la population, fondée notamment sur le respect mutuel et la tolérance des différences. Tout rwandais, hutu, tutsi ou twa doit être reconnu et respecté pour ce qu’il est, donc pour son identité. L’Etat et la société civile veillent à ce que les différences identitaires, plutôt que d’être source de conflits, soient un facteur de complémentarité, de diversité et de richesse, notamment sur le plan culturel. Les discriminations à base ethnique, régionale ou autre sont bannies à jamais, de même que doivent cesser les tentatives visant à « réécrire » l’histoire du Rwanda et son patrimoine culturel en vue d’en effacer les traces identitaires des trois composantes de la population.
  2. L’Etat met en place des mécanismes appropriés à l’éradication de l’impunité des crimes et à la restauration de l’unité du peuple rwandais, en veillant d’abord à ce que la vérité et les responsabilités soient objectivement établies sur les crimes de sang et les crimes économiques perpétrés au Rwanda et à l’étranger par les différents régimes qui se sont succédés au pouvoir depuis l’accession à l’indépendance en 1962.
  3. L’Etat met tout en œuvre pour créer les conditions favorables au règlement définitif de la question des réfugiés rwandais. Il veille notamment à ce que le rapatriement des exilés se fasse sur des bases volontaires et dans des conditions de dignité et de sécurité, et à ce que tout rapatrié rentre en possession de ses biens au Rwanda, tout en recouvrant tous ses droits civiques et politiques.
  4. Un nouvel ordre économique et socioculturel doit être mis en place pour garantir l’amélioration des conditions de vie de la population rwandaise. De façon particulière, il est impératif d’endiguer les famines endémiques qui sévissent dans certaines régions du pays, de veiller à une juste redistribution des ressources nationales, au recouvrement par l’Etat du patrimoine national spolié par certains citoyens avec la complicité du pouvoir, et de favoriser un développement harmonieux des secteurs économiques public et privé. L’Etat garantit le droit à la propriété des terres et d’autres biens, et instaure un ordre économique axé non seulement sur une croissance soutenue, mais aussi et surtout sur la lutte contre la pauvreté, le développement de l’éducation, de la santé et de l’emploi.
  5. L’Etat garantit l’intégrité du territoire et la souveraineté nationale, notamment grâce à une armée véritablement nationale. Il veille à la promotion des relations diplomatiques et de coopération basées sur le respect et la défense des intérêts réciproques, avec tous les pays et les organismes internationaux dont le partenariat est justifié.

Article 4

Pour instaurer au Rwanda une paix durable et améliorer sensiblement les conditions de vie de ses habitants, le RDI-Rwanda Rwiza, dans le strict respect des principes ci-dessus, s’engage à tout mettre en œuvre pour trouver des solutions pertinentes aux problèmes ci-après :

  1. le conflit de pouvoir rwandais et ses implications néfastes dans la région des Grands Lacs
  2. la dictature comme mode de gouvernement et ses dégâts en matière des droits fondamentaux de la personne et du citoyen
  3. l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques en tant que frein à une véritable réconciliation nationale
  4. la confiscation des ressources du pays par une clique soutenue par le pouvoir pendant qu’une grande majorité de la population vit dans la précarité
  5. la falsification de l’histoire rwandaise, la destruction des symboles érigés en l’honneur des pères de la république et le manque d’égards envers les anciens Chefs d’Etat
  6. la « déculturation » des rwandais à travers la perte des valeurs traditionnelles fondamentales telles que l’intégrité (kwanga umugayo), l’audace (ubutwari), l’humanisme (ubuntu), la solidarité avec ses semblables (umubano mu bantu).
  7. les questions du partage du pouvoir, de la réforme de l’armée nationale et du retour de tous les exilés rwandais dans leur pays d’origine.

Article 5

Le RDI-Umugambi Rwanda Rwiza a son siège à …….. Il est doté d’une cellule de coordination internationale formée des initiateurs de la présente déclaration et par des membres désignés par les adhérents. L’organisation est composée de clubs locaux constitués de membres adhérents ou sympathisants implantés au Rwanda et partout à l’étranger dans des régions ou des agglomérations où vivent des Rwandais. Chaque club local jouit d’une autonomie d’action et est coordonné par un responsable désigné par les membres adhérents. Celui-ci rend compte à la cellule internationale qui veille au respect de la ligne directrice de l’organisation.

Article 6

Chaque club local choisit le type d’activités et le calendrier adaptés à son milieu. Il a le choix entre les conférences-débats, l’élaboration et la publication de documents, les manifestations, les pétitions et d’autres moyens de lutte pacifique. Des clubs voisins ou ceux se trouvant dans une même région géographique peuvent collaborer à la réalisation de certaines activités.

Fait à …. Le …..

décembre 13, 2010   No Comments

Initiative du Rêve Rwandais – Rwandan Dream Initiative – Umugambi Rwanda Rwiza

RWANDAN DREAM INITIATIVE

INITIATIVE DU RÊVE RWANDAIS

UMUGAMBI RWANDA RWIZA

Par Faustin Twagiramungu,

ancien Premier Ministre du Rwanda.

Bruxelles, novembre 2010.

SOMMAIRE

1. Introduction

2. Un défi de taille

3. Le rêve

4. La liberté

5. La vérité

6. L’histoire réelle, base de la vérité

7. Sans liberté, pas de vérité

8. La liberté et le développement

9. La liberté et la démocratie

10. Hommage et mémoire

11. Eradication de la guerre fratricide

12. L’Etat de droit et le combat contre l’impunité

13. La question des réfugiés rwandais

14. Conclusion

Annexe :

PROJET DE Déclaration constitutive de l’organisation “RWANDAN DREAM INITIATIVE”

Introduction

Le présent document fait suite aux multiples sollicitations dont nous avons été l’objet de la part de nos compatriotes rwandais après la diffusion de l’appel que nous avons lancé en date du 10 août 2010. En effet, il ressort des messages reçus que de nombreuses personnes ont accueilli positivement cette invitation à soutenir le nouveau courant politique qu’est «l’Initiative du Rêve Rwandais» et qu’elles souhaitent en savoir plus sur le contenu de ce principe révolutionnaire, notamment en ce qui concerne les objectifs visés. Certains ont même fait preuve de leur ardent désir de connaître au plus vite les modalités d’adhésion à cette initiative qu’ils qualifient de salutaire en ces temps de crise où le Rwanda a cruellement besoin d’un leadership compétent et expérimenté, apte à imprimer un nouveau souffle au processus de changement politique tant attendu, et à mettre un terme définitif au régime dictatorial du président Kagame et du Front Patriotique Rwandais (FPR). D’autres nous ont fait part d’avis et de considérations hautement constructifs, avec le vœu qu’une structure organisationnelle soit rapidement mise en place, en vue de canaliser efficacement toutes les idées et les actions de nature à faire avancer la lutte politique contre le régime sanguinaire qui sévit au Rwanda depuis juillet 1994.

Il a donc fallu répondre aux attentes des uns et des autres, en précisant, dans ces quelques pages, notre vision du «Rêve Rwandais» dont les valeurs de liberté, de vérité et de justice constituent les principaux axes. Ce rêve est celui d’un peuple uni, décidé à vivre harmonieusement dans son beau et petit pays. Sa réalisation procurera des bienfaits inestimables au peuple rwandais, qui sera alors fière de retrouver sa dignité et surtout de jouir à nouveau des droits fondamentaux dont il est privé depuis plus de 15 ans par un régime liberticide et criminel.

Par ailleurs, le document est assorti d’une déclaration à laquelle voudront adhérer tous ceux qui partagent cette vision d’un Rwanda nouveau et qui sont décidés à œuvrer à sa concrétisation, dans le cadre d’une organisation politique dénommée Initiative du Rêve Rwandais(en abrégé RDI, de l’anglais Rwandan Dream Initiative; Umugambi Rwanda Rwiza en kinyarwanda).

2. Un défi de taille

Il n’est pas facile qu’après tant de moments sombres de notre histoire jalonnée de tant de crises et de violences ayant contribué au chaos et surtout à la perte de vies humaines par millions, nous puissions réaliser ce rêve d’un Rwanda uni et réconcilié. Cependant, nous sommes déterminés à le faire et nous devons à tout prix réussir ce pari. Aussi, atteindre ce but de vivre en parfaite harmonie suppose-t-il qu’il faille éliminer préalablement les obstacles devenus tradition dans la politique rwandaise.

L’un des défis majeurs n’est autre que le conflit dit «ethnique», à savoir le conflit présenté erronément dans les médias, par les chercheurs et par les organisations internationales comme un confit plutôt «tribal», car il se passe malheureusement entre ceux qu’il est convenu d’appeler les Bahutu et les Batutsi.

Il est vrai que ce conflit entre les deux principales composantes de la société rwandaise est une réalité historique et sociologique de notre peuple, mais il est loin d’être tribal. Aussi, devrions-nous reconnaître honnêtement qu’en un certain moment de notre histoire récente, il a cessé d’être un conflit entre les Bahutu et les Batutsi pour devenir un instrument de conquête du pouvoir rwandais tout court !

La question fondamentale qui se pose est de savoir si nous avons la force, mais aussi la volonté et les moyens de résoudre ce conflit. La réponse est tout simplement affirmative. Il nous faut ce courage de nous regarder les yeux dans les yeux, d’oser nous dire la vérité et d’affirmer avec conviction en guise de conclusion que nous sommes un même peuple, un peuple uni par notre langue et nos coutumes. Nous mettrons un terme définitif au conflit hutu-tutsi, non seulement en nous disant la vérité, mais aussi en confirmant avec fierté notre identité.

Pour mettre en place un Rwanda de notre rêve, Rwanda rwiza, et le léguer aux générations futures, nous avons le devoir de convenir dans un proche avenir des mécanismes appropriés pour consigner dans une nouvelle constitution la ferme volonté des Rwandais de vivre ensemble dans un pays où ses composantes résolvent pacifiquement les conflits pouvant surgir entre elles.

Nous ne pouvons prétendre établir un système démocratique fiable dans notre pays, sans avoir préalablement mis en place un espace de liberté pour tous, et sans avoir affirmé solennellement que notre avenir ne sera garanti que par une coexistence pacifique entre les Rwandais.

Il est important de faire remarquer que si le conflit hutu-tutsi n’était pas résolu, les violences récurrentes seraient toujours menaçantes et les mouvements de réfugiés rwandais inévitables, avec leur cortège de malheurs dans les pays d’accueil, surtout africains. Il est tout aussi impératif de résoudre définitivement la question des réfugiés rwandais, non seulement en créant un espace de liberté dans notre pays, mais aussi en faisant de la vérité une valeur citoyenne pour construire le Rwanda sur des bases solides. En particulier, un véritable état de droit doit être instauré en vue de combattre l’impunité, de faire régner la démocratie et la justice pour tous, et de garantir à chaque fille et à chaque fils du Rwanda le bien-être quotidien et des lendemains meilleurs.

Tel est le «Rwandan dream».

3. Le rêve

Le rêve est insaisissable. Souvent, il nous échappe et disparaît avec notre sommeil, sans pouvoir le décrypter convenablement dans tous ses aspects, nous laissant pourtant le désir de le réaliser ou de l’éviter par tous les moyens, selon qu’il est beau ou cauchemardesque.

Le rêve de tout Rwandais n’est pas celui qui envahit son esprit dans son sommeil. Il est permanent et correspond grosso modo à la préoccupation quotidienne, traduite par ce que nous appelions naguère: «Ejo nzamera nte?» (Incertitude du lendemain). Ce rêve nous assaillit tous avec force dans tout notre être, et chaque jour davantage dans la recherche du bonheur de vivre tranquillement et librement dans le pays de nos ancêtres.

Le Rêve rwandais, c’est tout ce sursaut d’envie de vivre en parfaite harmonie avec nos familles, nos voisins, et d’avoir des dirigeants dont le premier devoir est de veiller à notre sécurité et non celui de nous massacrer. Les Banyarwanda (Abenegihugu), rêvent tous de vivre ensemble, débarrassés de la peur d’être des victimes de luttes politiques entretenues par des leaders au sommet de l’Etat pour le contrôle du pouvoir. Ces luttes attribuées faussement au conflit ethnique entre les Bahutu et les Batutsi, incitent les autorités à instrumentaliser les citoyens innocents dans des combats atroces qu’ils payent chèrement de leur vie. Le conflit devrait connaître une fin heureuse et définitive si le Rêve rwandais devenait réalité.

Le Rwandais veut travailler en toute liberté pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille, dont l’éducation convenable de ses enfants. Il désire ardemment vivre dans un pays qui se développe en mettant l’accent sur les moyens susceptibles de lui assurer, ainsi qu’aux siens, non seulement la bonne santé, mais aussi le travail, sinon la terre pour assurer sa subsistance. Il veut être sûr de sa liberté d’étudier, s’épanouir dans son pays et être soutenu, si possible, pour réussir. Il rêve d’entreprendre en créant les moyens de production de sa propre richesse, en étant soutenu ou pas, et à défaut travailler avec sa force physique ou sa capacité intellectuelle en vue d’une autonomie financière. Il a envie de vivre librement dans son pays, d’en sortir ou d’y revenir sans crainte d’y être humilié, d’y disposer si possible d’un lopin de terre de ce qui fut la propriété terrienne et traditionnelle de ses ancêtres, et de jouir pleinement de ses biens sans crainte d’en être dépossédé par les tenants du pouvoir.

Tous comptes faits, le rêve basique du Rwandais est celui de tout homme normal, à savoir: vivre en paix et libre partout, tout le temps.

4. La liberté

Vivre libre dans notre pays, ce doit être notre devise, car, que nous soyons pauvres ou riches sur cette terre, et au Rwanda en particulier, la liberté est le plus grand bonheur que nous devrions partager dès notre naissance jusqu’à l’âge où nous prenons conscience qu’il faut la défendre. Malheureusement, nous, les Rwandais, ne l’avons pas pour le moment. Nous devons nous battre pour obtenir la liberté et la défendre. Car si nous ne la défendons pas, elle nous sera arrachée par des prédateurs violents et avides de pouvoir personnel, susceptibles de soumettre le peuple à l’esclavage sans le moindre scrupule et ce, à des fins d’intérêts égoïstes.

La liberté constitue donc la base fondamentale pour gérer notre vie, nous épanouir et construire notre nation. Elle nous permet de croire à notre égalité devant la loi; car, à notre avis, c’est elle qui donne un sens réel à notre existence, à notre espérance. Vivre libre pour faire du bien à soi-même et aux autres, c’est cela le bonheur de chacun de nous.

Tous les observateurs avisés savent que le peuple rwandais n’est pas libre. Il est résigné, et chaque citoyen mériterait de porter le nom de Nsekambabaye [je ris dans la souffrance]. Il est temps de briser la chaîne de la soumission forcée et de mettre fin à l’avidité du culte de personnalité de quiconque se croirait être l’homme fort du Rwanda. Ensemble, nous devons combattre avec force et détermination la dictature rwandaise sous toutes ses formes ainsi que toutes tendances à vouloir imposer un régime familial ou dynastique.

Il est temps que les Rwandais comprennent que c’est un mensonge de parler d’un système politique démocratique et de faire croire qu’il peut être établi dans un pays comme le nôtre où la liberté n’est pas garantie et où le parti unique s’impose par force.

Il est temps de changer le système dictatorial violent et arrogant, soutenu par les apôtres d’un néocolonialisme déguisé, intronisés dans notre pays sous le pseudonyme de conseillers de la bonne gouvernance. Les étrangers qui soutiennent le dictateur rwandais, tout puissant qu’ils sont, ne méritent aucune considération de la part des citoyens rwandais, car ils sont à l’origine de leurs malheurs, tantôt par leur silence de complicité pour la prise du pouvoir par la violence et tantôt par le mensonge et l’hypocrisie pour couvrir le criminel au pouvoir dans le seul but de protéger leurs intérêts.

5. La vérité

Pour réaliser notre rêve, la liberté seule ne suffira pas. Il faudra son corollaire: la vérité.

Il est temps d’arrêter de nous mentir et de nous dire la vérité sur nos identités que nous devons garder avec fierté tout en nous débarrassant des comportements racistes empruntés à l’apartheid d’un autre âge. Nous avons le devoir de nous regarder face à face et de dire la vérité sur ce qui nous unit ou ce qui nous sépare par rapport à notre état identitaire. Les Rwandais doivent se comporter en citoyens responsables de leur pays et solidaires de leurs voisins d’Afrique et des autres continents. En africains responsables, et non en tribalistes africains obligatoirement, le fait d’être noirs africains constitue un dénominateur commun qui nous soumet aux mêmes défis que nous sommes appelés à relever en vue de partager notre sort commun. Cela requiert une solidarité sans faille. Il est donc plus que temps d’assumer notre identité nationale et notre histoire.

Sans se dire la vérité entre nous, il n’y aura pas de confiance mutuelle et il sera difficile, voire impossible, de réaliser notre rêve. Faute de «confidence-building», le rêve rwandais serait sérieusement compromis, et par conséquent l’entente harmonieuse entre Rwandais ne serait qu’un vœu pieux.

Les Rwandais doivent avoir le courage d’assumer leurs erreurs du passé, mais aussi en assumer les responsabilités, de regretter avec franchise les crimes d’Etat commis sur les citoyens, afin de signer, consolider et respecter pour toujours leur pacte d’unité nationale, caractérisé par leur langue, leur histoire commune et leurs coutumes.

Dans notre pays qui a connu tant de violences, où la soumission et l’obéissance à l’autorité forte se sont imposées comme une culture rwandaise imprégnée de violence, de mensonge et de malveillance, et où les mythes sont pris pour des réalités, il est temps de se libérer d’une telle mentalité qui nous pousse souvent à courber l’échine, à obéir aveuglément à ceux qui nous font peur et qui nous poussent à l’extermination de nos prochains.

Il est temps de rêver certes, mais il est plus que temps de réaliser notre rêve.

La solution réside dans la résistance contre la violation de nos droits et dans la défense de la liberté de dire la vérité. La vérité est nécessaire dans notre vie personnelle et dans notre vie publique. Elle est non seulement le fondement de la bonne gouvernance, mais aussi de la coexistence pacifique.

La liberté et la vérité sont toutes les deux des valeurs génératrices de la démocratie, et non l’inverse. LIBERTE et VERITE sont la matière première de la démocratie. Les institutions que nous mettrons en place jailliront de la vérité, de la libre expression et de la participation directe des citoyens et seront en conséquence le socle de la démocratie, que nous construirons et renforcerons par la justice.

C’est en étant libres que les citoyens rwandais éliront leurs dirigeants. Le choix libre des leaders incitera ces derniers à être respectueux de leurs électeurs pour pouvoir mériter leur confiance et à agir en tant que leurs humbles serviteurs et représentants. Des dirigeants élus librement auront l’obligation de rendre compte aux électeurs et de mettre en place des mécanismes aptes à contribuer à l’amélioration des conditions de vie de leurs délégants.

Nous devrons aussi dire la vérité et rien que la vérité sur notre histoire.

Notre pays a connu des rois claniques puissants, avant que ceux-ci ne s’effondrent sous la puissance d’un seul clan qui a établi un pouvoir central entouré de mythes faisant office d’une assurance vie pour la pérennité de la dynastie des Banyiginya dont les ambitions ne furent jamais d’unir les Rwandais ni de défendre les intérêts de leurs sujets, mais de dominer tous les autres clans de la région des Grands Lacs.

Ainsi, un problème de pouvoir et d’autorité d’une dynastie est devenu, peu à peu, un conflit de «race» selon les anthropologues occidentaux, alors qu’en réalité l’enjeu était la violation des droits du menu peuple et l’accaparement du pouvoir et des richesses du pays par la classe dominante.

En effet, les violences successives entre les Batutsi et les Batutsi d’une part (coup d’Etat de Rucunshu en 1894 et assassinat du Roi Rutalindwa Mibambwe IV et ses lieutenants), et les violences entre les Bahutu et les Bahutu d’autre part (coup d’Etat de 1973 et assassinat du président Kayibanda et ses collaborateurs), prouvent éloquemment la complexité de l’histoire du Rwanda, qui est l’une des plus controversées du continent africain quant à la gestion du pouvoir. Il va sans dire que cela donne du Rwanda l’image d’un pays dont l’histoire se distingue par des moments les plus tragiques du continent. Il est donc de notre devoir de tout mettre en œuvre pour redresser la situation et garantir à nos compatriotes un pays digne de considération, non seulement sur le continent africain, mais aussi dans le concert de toutes les nations.

6. L’histoire réelle, base de la vérité

Il est important mais aussi très utile de connaître et de maitriser l’histoire de notre pays. Et il est temps que l’histoire du Rwanda soit racontée, écrite et interprétée par les Rwandais eux-mêmes. Une histoire écrite et interprétée par les étrangers ne contient pas toute la vérité sur notre pays, capable de nous aider à réaliser notre rêve. Et cette vérité ne jaillira de notre histoire des mythes plutôt confuse que lorsque nous serons courageux de l’écrire nous-mêmes, sans en faire uniquement une historie des chefs claniques, des monarques et autres dirigeants ou des régimes républicains qui se sont succédés, mais en creusant au plus profond de notre passé.

La vérité sur notre histoire authentique et sur notre identité sociale, ou nationale, ainsi que sur le comportement de nos dirigeants monarques et nos présidents de la république, depuis le 19e siècle jusqu’aujourd’hui, nous donneront quelques indications sur les causes et les débuts du conflit. Il n’y a rien qui puisse nous inspirer une forte confiance en nous-mêmes que la connaissance de notre passé que nous devons assumer courageusement.

C’est en acceptant notre historie, avec fierté ou regret, que nous serons en mesure de tracer la plus belle avenue qui nous conduira au bonheur, à la paix, à la justice équitable, à la fraternité et à la solidarité.

Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Nier notre histoire, bonne ou mauvaise, serait un crime de falsification des faits et des évènements devant servir de référence aux générations futures, générations déterminées à suivre, ou non, les traces de leurs aînés, au mieux de leurs ancêtres, et de faire leur propre histoire par rapport aux transformations sociales qui se seront succédé au fil du temps de leur vivant. A cet effet, retenons cette parole pleine de bon sens: «un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre». (Winston Churchill).

Ceux qui lisent notre histoire sauront au moins que le combat pour le pouvoir ne commence pas avec la révolution de 1959 et l’abolition de la monarchie suivie de la proclamation de la république en 1961. Ce combat a bien commencé avec le coup d’Etat sanglant de Rucunshu à l’été de 1894 lorsque le roi du Rwanda, Rutalindwa Mibambwe IV, du clan des Banyiginya sera vaincu et brulé vif dans sa hutte. Mort dans des conditions sanglantes et douloureuses, il sera remplacé par son demi-frère, Musinga Yuhi IV, intronisé par son oncle maternel, le redoutable Kabare du clan des Bega qui avait commandité la mort de son prédécesseur.

Le conflit de pouvoir au Rwanda fait apparaître un chapelet de changements dont les plus importants sont la proclamation de la république en 1961, mais aussi le coup d’Etat du 5 juillet 1973 par le Général Habyarimana, suivi du lent assassinat du président Kayibanda, jusqu’à l’assassinat du président Habyarimana par le FPR, le 6 avril 1994, suivi lui-même par le génocide des Tutsi commis par les extrémistes hutu et les crimes de génocide contre les Hutus aussi bien à l’intérieur du Rwanda qu’en RDC par les soldats du FPR sur l’ordre de l’actuel président du Rwanda, tutsi, le Général Paul Kagame.

La pratique de la violence physique et verbale qui a marqué le Rwanda ancien et qui est abondamment reflétée par les ibyivugo ou la louange des atrocités infligées à l’adversaire, n’a jamais disparu de l’inconscient collectif. Elle a été relayée par l’histoire récente de notre pays, manifestement entachée du recours aux violences sanglantes pour la prise du pouvoir ou pour sa conservation. Il faut que cela cesse à jamais.

7. Sans liberté, pas de vérité

Le peuple rwandais doit être libre et cesser de vivre sous la dépendance d’un leadership qui le brime, le maltraite, l’injurie et le maintient sous la menace permanente de le «moudre». Il doit se libérer de ce leadership criminel qui en extermine une partie par «les machettes en les coupant en morceaux, en les fracassant les cotes et les cranes par les marteaux et les houes usées ou en les massacrant par balles» dans leurs habitations ou dans leurs camps de fortune comme cela s’est passé à Kibeho en avril 1995 et en République démocratique du Congo en 1996-1997.

Aujourd’hui, les Rwandais sont fatigués de vivre dans l’incertitude du lendemain et dans la crainte des souffrances atroces récurrentes, qui les attendent à un moment inconnu. D’autres vivent des humiliations quotidiennes. Quand ils ne sont pas traités de génocidaires, ils sont étiquetés de vecteurs ou de porteurs de l’idéologie assassine, qualifiée officiellement d’«idéologie génocidaire».

Les Rwandais refusent également d’être instrumentalisés en servant de caution politique à un régime qui se sert de souvenirs tragiques pour bénéficier d’un crédit international de sympathie, avec un rituel traumatisant, qui risque de devenir une religion nationale imposée par le pouvoir en place. Nous rendrons toujours hommage aux victimes du génocide et aux autres victimes du conflit rwandais. Par contre, il nous semble inapproprié d’en imposer des cérémonies périodiques à caractère politique qui ne font que raviver le conflit d’hier et alimenter la fureur et la haine. Il appartient à tous ceux qui ressentent la peine du génocide de 1994 et d’autres crimes de déterminer en toute liberté la façon, moins traumatisante, d’honorer la mémoire des leurs.

Jamais personne, dirigeant ou pas, n’aura le droit d’enterrer l’histoire de notre pays. Bonne ou mauvaise, c’est notre histoire. Qu’elle plaise ou pas, nous devons l’assumer, ainsi que toutes nos responsabilités dans les drames ayant marqué notre peuple au cours de ces dernières années.

Nous devons nous libérer des rites, des mythes et des idéologies autour d’un «homme fort», le seul responsable et maître de tout, propriétaire du patrimoine national, planificateur de l’avenir de tout un chacun dans notre pays. Le développement économique de tout un pays, si développement il y a, la transformation sociale et la lutte contre la pauvreté, ne peuvent en aucune circonstance être une entreprise d’un seul homme qui se permet sous ce prétexte de priver le peuple de ses libertés fondamentales. Un leader n’est pas un homme seul. Il ne doit pas non plus être un «homme fort du pays» devant tout accomplir. Dans notre entendement, un leader c’est un capitaine d’une équipe. C’est aussi un homme de consensus. Le leadership n’est pas une tyrannie, ni une autocratie dont la pérennité risquerait de provoquer la colère du peuple.

Le Rwandais doit être libre de toute contrainte des prédateurs politiciens et de tous ceux qui ont du sang sur les mains. Ces derniers devront être traduits devant les tribunaux compétents en vue de jugements basés sur la vérité et l’impartialité.

8. La liberté et le développement

Il ne peut y avoir de développement harmonieux sans liberté. Les exemples sont nombreux, surtout en Afrique. D’autres expériences instructives peuvent aussi être trouvées dans l’histoire des pays communistes qui, après 75 ans, ont réalisé que la liberté est fondamentale pour le développement économique. En effet, les pays qui restent communistes comme la Corée du Nord et Cuba ne peuvent pas nous servir de bon exemple, pas plus que le régime fort de Birmanie ne saurait être une référence pour le Rwanda. Quant à la Chine, ce pays reste communiste politiquement mais il a fait un choix capitaliste économiquement, et sa croissance économique est exemplaire de nos jours. Mais la Chine dispose d’un atout de taille dont le Rwanda ne pourrait se prévaloir, à savoir: la liberté accordée aux opérateurs économiques chinois d’investir dans les domaines de leur choix. En outre, en Chine le parti communiste n’accapare pas tout le patrimoine national comme le FPR au Rwanda, et le président chinois n’est ni criminel ni prédateur d’aucune richesse de pays voisins du sien.

Au Rwanda, il n’y a pas d’alternance politique et le régime est autocratique, ayant à sa tête un dirigeant avide de s’enrichir sans limite et qui ne cherche à se faire remplacer que par quelqu’un de son propre choix. Il voudrait pour sa succession, non pas un dirigeant du pays, mais un héritier de son immense fortune mal acquise.

Le développement économique auquel le dictateur rwandais fait référence de manière abusive, chaque fois qu’il est interpellé pour ses crimes, n’est pas une panacée. Il s’agit plutôt d’un leurre destiné à tromper les bailleurs de fonds étrangers.

Depuis la prise du pouvoir par le FPR en 1994, la ville de Kigali fait l’objet d’un embellissement remarquable certes, mais au détriment d’un développement économique et social absent des milieux ruraux qui sont pratiquement abandonnés à eux-mêmes. En effet, aujourd’hui, sous le régime du président Kagame, rien n’est comparable ni avec les initiatives ni avec le bonheur et la joie qui prévalaient dans les milieux ruraux sous le régime du président Habyarimana assassiné en avril 1994. Jamais sous les régimes républicains qui se sont succédé, la paupérisation du peuple rwandais ne s’était autant généralisée et accélérée dans l’indifférence des autorités qui, elles, s’enrichissent de plus en plus. Actuellement, il n’y a pas de redistribution équitable des richesses. Cela se traduit par des disparités sans cesse croissantes entre une minorité riche et la population qui s’appauvrit de plus en plus. Ces nouveaux riches confondent le développement économique d’un pays avec l’envol de la modernisation du secteur urbain de la ville de Kigali où les bâtiments et les maisons résidentielles sont à la dimension du blanchiment de l’argent tiré des richesses volées en RDC pendant la guerre de 1996 à 1998.

Malgré ses quartiers huppés, Kigali est loin de devenir le Singapour africain, et le Rwanda ne sera pas pour bientôt la Corée du Sud ni l’un des Emirats arabes unis.

Les considérations précédentes mettent en évidence l’impérieuse nécessité de mettre un terme au modèle économique du dictateur de Kigali. Dans le cadre du «Rêve rwandais», nous veillerons à la mise en œuvre d’un développement harmonieux axé sur la libre entreprise et dont le peuple rwandais soit le véritable bénéficiaire, y compris dans le milieu rural.

9. La liberté et la démocratie

Il est de notre avis qu’il serait pratiquement impossible de penser à la démocratie avant de penser à la liberté. Nous devons pratiquer le débat libre à tous les niveaux sur l’avenir de nos familles d’abord, de nos régions et pour finir de notre pays d’une manière générale. C’est pourquoi, la création de clubs de discussion sur les problèmes de notre pays avec le souci de les résoudre est vivement encouragée.

La liberté d’expression et d’association, la liberté de mouvement, la liberté d’investir au Rwanda et ce dans le respect des lois pertinentes, ainsi que la liberté de choix de nos dirigeants, comme la liberté à la vie, sont des libertés fondamentales. Elles devraient ainsi être protégées.

La liberté nous servira de socle pour construire solidement la démocratie dans notre pays. A notre avis, c’est liberté d’abord, et la démocratie ensuite. La liberté ne s’acquiert pas sans combat. Nous combattrons par tous les moyens pacifiques pour l’obtenir et la conserver dans notre pays.

10. Hommage et mémoire

La réalisation du Rêve rwandais passe impérativement par le souvenir judicieusement entretenu des millions de Rwandais qui sont morts, victimes des prédateurs de tout genre. Quels que soient l’époque ou le lieu des différentes atrocités, il n’y a aucune justification au massacre des hommes non armés, qu’ils soient Hutu, Tutsi ou Twa.

Nous nous inclinons et rendons hommage à tous nos concitoyens victimes de la haine et de la folie des grandeurs de ceux qui ont pris les armes pour s’engager dans des luttes fratricides avec l’objectif soit de prendre le pouvoir, soit de s’y maintenir dans notre pays, sans se soucier le moins du monde de l’éradication du conflit qui est à l’origine de nos différends depuis plus de 50 ans.

Nous plongeons dans l’univers du Rêve rwandais, avec comme priorité absolue le souci majeur de nous pencher, aussi longtemps qu’il faudra, sur la résolution du conflit interne à notre pays, qui persiste encore aujourd’hui à l’aube de ce 21e siècle, et ce après des massacres des millions de personnes tant au Rwanda qu’en RDC. Notre engagement est que ce conflit soit résolu, non pas par les armes, mais par la voie politique à travers un débat large et sincère, et surtout par la mise en place des institutions consensuelles qui seront plus efficaces et plus respectables que le verbiage d’hommes forts au pouvoir.

Tous, sans exception, des Batwa, des Bahutu comme des Batutsi, de loin ou de près, ce conflit nous affecte. Nous en avons tous souffert, chacun à sa façon et la douleur récurrente nous rongera tout au long de notre vie. Des solutions durables doivent être trouvées à ce conflit qui est à l’origine des luttes cruelles ayant abouti au génocide de 1994 et des crimes de génocide au Rwanda et au Congo en 1996-1997 lors de la destruction des camps des réfugiés par l’APR. Ces atrocités que la communauté internationale a observées en spectatrice, sont indignes d’un monde civilisé. Elles ne sont pas à l’avantage de ceux qui les ont initiées, car leur comportement inhumain n’a rien d’honorable, et ne s’inscrivent non plus dans aucune perspective qui augure de la résolution dudit conflit. Au contraire, ces violences sont dans l’intérêt des prédateurs qui veulent dominer le Rwanda, non seulement avec l’intention à peine cachée de continuer le pillage du peu de ressources dont il dispose, mais aussi et surtout avec la détermination d’affaiblir la RDC afin qu’ils pillent en toute impunité, avec la complicité de leurs supporteurs, des richesses de ce pays aux dimensions continentales. A cause du conflit rwando-rwandais, ces criminels en ont profité pour créer le chaos en RDC, provoquant l’instabilité et l’insécurité permanentes, avec, entre autres conséquences dramatiques, des violences dont les femmes congolaises sont devenues des victimes innocentes, essentiellement dans les provinces du Sud et du Nord Kivu.

Il nous incombe de redonner l’espoir aux plus jeunes en mettant un terme définitif à ce conflit, et ce le plus rapidement possible. Certes, des cicatrices, des souvenirs des pertes irréparables des nôtres, ces êtres qui nous sont chers et irremplaçables, nos enfants, nos frères et sœurs, nos cousins et cousines, nos neveux et nièces, nos épouses, nos parents et nos voisins, ne disparaîtront jamais, mais le conflit, lui, devra cesser pour de bon.

En ce qui concerne la mémoire des victimes du conflit rwandais, il sied de rejeter la falsification de notre histoire, notamment en résistant à toute tentative de destruction des symboles qui ont été érigés au nom du peuple et pour le peuple, aussi bien du temps de la monarchie que du temps de la république. En particulier, il est de notre devoir de rendre hommage aux rois et aux présidents de la république ayant contribué aux changements mémorables et hautement remarquables de la vie politique rwandaise.

Nous nous opposerons avec force à toute culture politique de violence militaire aux fins d’une consolidation dans notre pays d’un pouvoir dictatorial, à l’image de celui établi actuellement par le régime du président Paul Kagame. Nous condamnerons également tout langage injurieux et méprisant, ainsi que le traitement humiliant d’anciennes personnalités politiques, hommes d’Etat et chefs d’Etat, notamment ceux dont la contribution à notre histoire a été déterminante.

Dans cet ordre d’idées, la résistance du roi Musinga contre la colonisation de son pays, les tentatives du roi Rudahigwa pour mettre un terme à l’ubuhake, ainsi que l’audace des fondateurs de la République dont le président Kayibanda, méritent d’être évoqués publiquement et des symboles d’être élevés en leur honneur. En effet, leur courage et leur détermination restent des faits marquants de notre histoire récente. Tout devra donc être mis en œuvre pour que leur valeureuse contribution et leur mémoire ne tombent pas dans l’oubli, n’en déplaise aux «iconoclastes» destructeurs et falsificateurs de l’histoire rwandaise.

11. Eradication de la guerre fratricide

Force est de constater que sur le terrain de l’unité et de la réconciliation nationales, le président Kagame a échoué lamentablement. Pour le grand malheur des Rwandais et de nos voisins congolais, le dictateur de Kigali a opté pour des guerres hégémoniques et des assassinats de ses opposants, sans s’inquiéter le moins du monde de la résolution définitive du conflit rwandais. Malheureusement, une certaine opinion internationale non avisée continue de tomber dans le piège du mensonge et de la manipulation savamment entretenu par le régime de Kagame qui prétend avoir réconcilié les Rwandais, alors que les faits prouvent tout le contraire. En effet, aux yeux d’observateurs avertis, la réconciliation tant vantée par le pouvoir de Kigali n’est qu’un subterfuge destiné à redorer l’image de marque du dictateur et, en définitive, une farce dommageable au peuple rwandais.

Dès à présent, nous rejetons des guerres internes et sauvages qui mettent en danger la vie de nos concitoyens en permanence depuis 1959 jusqu’à aujourd’hui. Nous avons le devoir de mettre fin à la culture de la haine, de la violence, de la vengeance, du mépris mutuel et de l’exclusion, par des moyens adéquats dont une éducation saine de nos enfants, le Rwanda de demain. Nous encouragerons le débat sur ce sujet entre les Rwandais, partout où ils seront, qu’ils aient eu la chance de faire des études ou non.

Nous sommes tous affectés par un même mal, et il est temps de nous en défaire une bonne fois pour toutes. Son traitement ne peut venir que de nous, par la contribution de nos réflexions profondes, nos idées constructives à la préparation de l’avenir des générations futures. Nous, les Rwandais, sommes tous condamnés à vivre ensemble à tout prix et à jamais, et pour cette raison, nous devons nous engager à signer un nouveau «contrat social», celui d’avoir pignon sur rue dans un Rwanda meilleur, un Rwanda de notre rêve.: «Rwanda rwiza, Rwanda rw’amahoro».

Nous condamnerons et combattrons toute tentative de prise du pouvoir par la force et toute manœuvre visant à se maintenir au pouvoir par la main mise sur la puissance publique, le recours à la violence, les manigances et autres méthodes policières contraires au choix libre des dirigeants par les citoyens eux-mêmes. Personne n’a le droit de prendre le peuple en otage en le maintenant dans un état de situation conflictuelle, de peur ou de répression à des fins d’un pouvoir personnel ou pour quelque autre raison que ce soit.

En mémoire de toutes nos victimes et aux fins de garantir un meilleur avenir aux générations futures, nous mettrons tout en œuvre afin de trouver un terrain d’entente susceptible d’unir les Rwandais et éviter ainsi, à jamais, tout ce qui pourrait les diviser. L’unité retrouvée du peuple rwandais sera, à n’en pas douter, le garant d’une paix durable, non seulement dans notre pays, mais aussi dans toute la région des Grands Lacs.

12. L’état de droit et le combat contre l’impunité

Notre rêve est de vivre dans un pays où l’état de droit est le moteur du développement tant politique, économique, que social. La justice équitable pour tous donnera confiance à tout citoyen et le rassurera de ne plus être soumis à une justice des tribunaux de la haine. Dans le Rwanda de notre rêve, personne, peu importe son rang social ou ses fonctions politiques, y compris celles du chef de l’Etat, ne pourra être au dessus de la loi. Nous nous engageons à faire de la loi de notre pays l’espoir de tous pour un avenir prometteur.

Tous, nous respecterons la loi du pays qui, en aucune façon ne pourra plus être supplantée par le dictat des dirigeants. Nous sommes certains que le respect de la loi changera la mentalité des citoyens et exorcisera la peur qu’ils éprouvent à l’égard des dirigeants dont certains leur font subir des humiliations et des traitements dégradants. C’est donc en respectant la loi que nous serons en mesure de défendre nos droits de citoyens.

Au cours de ces dernières années depuis 1990, les citoyens rwandais ont été victimes des violences provoquées par ceux qui devaient veiller à leur sécurité et à leur protection contre tout danger extérieur. Aujourd’hui encore, nous sommes exposés au même danger d’être des victimes des violences provenant de ceux qui s’accrochent au pouvoir sans partage.

Il est de notre devoir de bons citoyens de nous engager avec force et détermination pour faire entendre nos voix, en manifestant notre volonté de vivre dans un pays d’état de droit, lequel pourra nous garantir la coexistence pacifique et durable dans notre pays. Nous mènerons un combat d’avant garde pour barrer l’accès au pouvoir à tout dirigeant arrogant, prédateur, assassin, criminel ou terroriste et pour empêcher qu’un tel dirigeant puisse s’accrocher au pouvoir par la force ou par tout autre moyen anti-démocratique.

Tous ceux qui rêvent de vivre au Rwanda et d’y rendre leur dernier soupir, n’ont qu’un seul souhait, celui de léguer à nos enfants un «Rwanda où coule le lait et le miel», une terre d’espoir durablement pacifique. Dès maintenant, notre devoir est d’unir nos forces pour combattre énergiquement la répression politique infligée aux citoyens rwandais et conjurer les forces négatives extérieures et intérieures qui pourraient provoquer dans notre pays d’autres drames humains.

A cet effet, nous ne ménagerons aucun effort pour que les militaires du FPR ayant commis les crimes de guerre au Rwanda du 1er Janvier 1994 au 31 décembre 1994 soient eux aussi jugés par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, TPIR, et que les Nations Unies mettent en place sans plus tarder un Tribunal Spécial pour juger les crimes commis en RDC par l’APR, en particulier, et par des armées des autres pays.

13. La question des réfugiés rwandais

Tout homme aimerait vivre dans son pays ou de le visiter, en toute liberté. L’homme rwandais ne fait pas exception. Chaque exilé rwandais rêve chaque jour de son retour dans son pays d’origine.

Notre souhait le plus ardent est que le conflit entre les Rwandais ne perdure, car plus il s’étend dans le temps, plus il donne lieu aux violences qui provoquent les massacres dans notre pays et forcent une partie des Rwandais à se refugier dans les pays étrangers. Il n’y a donc pas moyen de résoudre la question des réfugiés rwandais sans trouver une solution à la question du conflit de pouvoir et sans mettre fin au cycle de la violence fondée sur la culture de la vengeance.

En vue d’une résolution définitive de ce conflit, il est fort judicieux de nous référer à l’Accord de paix d’Arusha, signé le 4 août 1993 entre le FPR et l’Etat rwandais, un accord qui peut encore servir de base pour solutionner quelques uns de nos problèmes, notamment en ce qui concerne l’instauration d’un état de droit et le partage du pouvoir. Il convient de rappeler que si le conflit de pouvoir a été entre les Batutsi et les Bahutu en un certain moment de l’histoire, il a aussi existé et il existe encore entre les Bahutu et les Bahutu. En témoignent, entre autres, le coup d’Etat de 1973 et la question des «Banyenduga»massacrés par le régime hutu du président Habyarimana, dont on ne connaît pas encore aujourd’hui la trace de leurs fosses communes depuis 1973. Ainsi, la théorie de certains Bahutu qui consisterait à «gushira ou gushyira hamwe» (conjuguer nos efforts sans autre?) et de «kuvuga rumwe» (gommer nos divergences de vues sans autre?) pour combattre «l’ennemi commun» n’a pratiquement plus de sens. Nous ne pouvons nous unir que pour un objectif commun, à savoir celui d’éradiquer le conflit de pouvoir entre toutes les composantes de la société rwandaise.

En acceptant les négociations de paix sur fond de partage du pouvoir avec le FPR en 1992-1993, les démocrates rwandais se sont faits rouler par ce mouvement politico-militaire, qui s’engagea dans des pourparlers de paix tout en ayant un agenda caché, lequel nous sera révélé par l’une des plus terribles tragédies du siècle passé: le génocide de 1994, provoqué par l’assassinat du président Habyarimana. Le retour de réfugiés tutsi au Rwanda et leur participation au pouvoir, qui était le point central des négociations jusqu’à la signature de l’accord de paix d’Arusha, n’a pu être exécuté comme prévu par cet accord.

Après le génocide de 1994, dans un climat de deuil pour les uns et de triomphalisme pour les autres, le rapatriement des réfugiés tutsi sera limité, précipité, désordonné, et composé surtout des chômeurs et de peu d’intellectuels. Tous comptes faits, la question des réfugiés tutsi n’a pas été résolue, alors que le FPR en avait fait son casus belli; elle est restée entière alors que le prix payé en termes de vies humaines pour leur rapatriement violent, dépasse les limites du raisonnable. Bien plus, le FPR a compromis l’image du peuple rwandais entraîné dans les violences de ceux qui combattaient en réalité pour le pouvoir (et tout le pouvoir!) et non pour le retour des réfugiés rwandais.

La prise du pouvoir par le FPR, après le génocide de 1994, a provoqué une vague de réfugiés hutu dont certains seront rapatriés par la force, deux ans après; d’autres seront massacrés par centaines de milliers en RDC, alors que ceux qui ont échappé à ces massacres seront éparpillés dans les pays africains, ainsi que dans d’autres pays, notamment d’Europe et d’Amérique.

Aujourd’hui, c’est un fait de notre histoire, il y a encore des réfugiés tutsi et des réfugiés hutu à travers le monde, et leur nombre ne cesse de croître. Cela est dû à ce que beaucoup de citoyens rwandais sont chaque fois contraints par le régime dictatorial à quitter leur pays, tout simplement pour mettre en sécurité leur vie.

Les conséquences de toutes ces violences issues du conflit rwandais sont douloureuses et insupportables, tant pour les présentes que pour les futures générations. Elles se manifestent surtout par un sentiment d’exclusion, et par des massacres à l’origine des mouvements de Rwandais contraints de renoncer à leurs biens, à leur terre, leur seule richesse, et à leurs racines.

Le FPR n’a pas été capable de trouver la solution attendue de lui à ce problème des réfugiés, pour lequel il avait pourtant pris les armes en 1990 pour envahir le Rwanda. A l’époque, il promettait aussi d’y établir un système démocratique, qui ne verra jamais le jour, puisque une dictature militaire de la pire espèce a pris racine au sommet du pouvoir jusqu’à aujourd’hui.

Dès lors, l’échec du régime FPR est double: d’une part, les réfugiés tutsi et hutu ne sont pas tous rentrés et certains ont même été tués par centaines de milliers par l’APR en RDC; d’autre part, la démocratie dans notre pays ne reste qu’au niveau du rêve qu’il faudra réaliser à travers un combat politique de longue haleine dirigé pour le moment contre le régime dictatorial et criminel du FPR.

Si aucun de ces deux objectifs n’a pu être atteint, malgré la peine et les souffrances endurées par les Rwandais, y compris le sang versé de millions de nos concitoyens innocents, il est de notre devoir de citoyens déterminés et conscients de l’intérêt supérieur de la nation rwandaise, de nous mettre debout comme un seul homme pour chercher rapidement des moyens efficaces et concertés, aptes à assainir la situation politique et sociale de notre pays, pour que tout Rwandais qui le désire puisse y retourner sans condition et y vivre paisiblement.

Conclusion

Nous réaffirmons solennellement notre ferme conviction que le Rwanda a besoin de toute urgence d’un changement politique profond axé sur des valeurs fondamentales que sont la liberté, la vérité et la justice, seules garantes d’un véritable état de droit, d’une démocratie solidement établie et d’une paix durable. Nous sommes également conscients de l’extrême importance de l’éradication de l’impunité et du retour des exilés rwandais dans leur pays, ces deux facteurs étant indispensables à la création de conditions favorables à une réconciliation effective entre toutes les composantes de la société rwandaise et à leur coexistence harmonieuse.

Les Rwandais, hutu, tutsi et twa, doivent toujours avoir à l’esprit qu’ils forment un seul peuple et que, tout en restant fidèles à leur identité, il est dans l’intérêt des uns et des autres de bâtir une nation rwandaise cimentée par des valeurs traditionnelles communes que sont: l’intégrité (ubupfura, kwanga umugayo), l’audace (ubutwari), l’humanisme (ubuntu), la solidarité avec ses semblables (umubano mu bantu).

Toutes ces valeurs cadrent bien avec le «Rêve rwandais» tel que présenté dans ce document et sont manifestement incompatibles avec un état de dictature civile ou militaire. C’est pourquoi, tous les Rwandais épris de paix et de liberté ont le devoir de combattre avec vigueur le régime autocratique et criminel qui sévit présentement au Rwanda sous la houlette du président Kagame. C’est d’autant plus urgent que ce régime, s’il devait rester en place quelques années de plus, il entraînerait encore plus de dégâts irréparables, aussi bien en termes de vies humaines que de libertés fondamentales.

C’est donc l’avenir de notre pays et la stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs qui sont menacés. Pour cette raison et compte tenu de la gravité de la situation, nous lançons à nouveau un appel pressant aux Rwandais et aux amis du Rwanda pour qu’ils rejoignent ou soutiennent résolument le «Rêve rwandais».

Ensemble, forts de notre sens des responsabilités et de l’amour pour notre mère patrie, nous trouverons une solution définitive au conflit de pouvoir qui est à l’origine de toutes les violences récurrentes ayant frappé la vie des Rwandais depuis plus d’un demi-siècle et qui reste un frein de taille à tout développement politique, social, intellectuel et économique dans notre pays et dans notre région.

Ce n’est qu’après l’éradication de ce conflit que la fraternité, la solidarité, la justice et la démocratie triompheront dans le pays de nos ancêtres, en même temps que l’éducation, le travail et la libre entreprise seront la mesure de la valeur de chacun. De plus, dans ce «Rwanda nouveau», celui de notre rêve, où la liberté, la vérité et la démocratie règneront en maîtres, rien ne s’opposera plus au retour inconditionnel et pacifique de nos concitoyens qui sont en exil et à une coexistence pacifique des Rwandais dans leur pays.

Les compatriotes qui se reconnaissent dans ce «Rêve rwandais» sont cordialement invités à adhérer au texte ci-annexé, qui tient lieu de déclaration constitutive de l’organisation politique dénommée Rwandan Dream Initiative (Initiative du Rêve Rwandais; Umugambi Rwanda Rwiza).

Vive le peuple rwandais!

Voir: Projet de déclaration constitutive de Rwandan Dream Initiative.

décembre 13, 2010   2 Comments

Manifestations contre Kagame à Bruxelles – Déc 2010

[youtube]mA4G-xVgK44[/youtube]

[youtube]-dhEcYsfRMw[/youtube]

[youtube]GFYIoRaFu-w[/youtube]

décembre 8, 2010   No Comments

Le Général génocidaire rwandais Paul Kagame vient d’essuyer un fiasco diplomatique à Bruxelles

par Jérôme Nayigiziki.
Secrétaire Général, PDR-Ihumure.

Ce Lundi 6 décembre 2010, le président rwandais Paul Kagame vient d’écoper d’un camouflet cinglant de la part des poids lourds de la diplomatie belge et européenne, en plein milieu de l’évenement du jour, les Journées Européennes de Développement. Le président Kagame était justement venu à Bruxelles pour participer à ce forum, qui en est à sa cinquième édition, où il devait d’ailleurs prononcer une allocution sur l’égalité des sexes.

Selon nos sources proches des milieux diplomatiques à Bruxelles, Kagame s’est vu dramatiquement retirer la fourchette de son allocution en faveur d’une jeune ghanéenne de 15 ans. Mais ceci n’était qu’en prélude au gros de l’humiliation qui l’attendait en fin d’après-midi. En effet, notre cher président n’a pas été reçu aujoud’hui comme prévu par le premier ministre Yves Leterme, qui a évoqué un calendrier surchargé. Les entrevues avec Steven Vanackere, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères, et Charles Michel, ministre de la Coopération au développement, ont également été annulées unilatéralement et sans préavis. Plus révélateur encore, un autre poids lourd du gouvernement belge se serait indigné en privé en ces termes, “Qu’est-ce que ce voyou de président est venu faire ici?”, avant de faire remarquer que notre chef de l’Etat est désormais à placer dans la colonne du “passif”.

Sur le front médiatique, les manifestations populaires organisées par les membres de la diaspora ont repris ce Lundi, avec en particulier Paul Rusesabagina, connu pour avoir inspiré le film “Hotel Rwanda”. Il était en compagnie des membres de son équipe de sa Fondation “Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation” venus de Chicago, aux Etats-Unis, lesquels ont été dernièrement pris à partie par notre président qui les accuse de couvrir M. Rusesabagina contre des poursuites judiciaires dans un supposé complot de terrorisme contre le Rwanda.

L’homme fort de notre pays qui d’ordinnaire se comporte en maître intouchable vient donc d’apprendre à ses dépens que les choses ont peut-être changé. Responsabilité morale oblige, en face des crimes les plus ignobles au Rwanda comme en RDC voisine dont le général président est aujourd’hui accusé par le rapport Mapping des Nations unies. Réputé sournois, colérique, revanchard, et d’une brutalité hors pair, il est à craindre que Kagame ne rentre précipitamment sur Kigali pour couper la tête à tous ses “enemis”, lesquels d’ailleurs il ne manquera pas de voir comme la source de sa déconfiture à Bruxelles.

décembre 7, 2010   No Comments

Absence remarquée du Général génocidaire rwandais Paul Kagame lors de la conférence ‘Journées Européennes de Développement’ à Bruxelles

Paul Kagame : le grand absent de la conférence à laquelle il était invité

Les manifestants attendaient le général génocidaire Paul Kagame.

Alors que le président Paul Kagame avait fait un déplacement à Bruxelles pour prononcer un discours aux Journées Européennes de développement, il a brillé par son absence à l’heure fixée. Il a été remplacé par son ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo.

Selon des observateurs, cette absence de Kagame ce 06/12/2010 est due au fait que son accueil à Bruxelles a été des plus controversé. D’abord le 04/12/2010, alors qu’il devait rencontrer les Rwandais de la diaspora, il n’a pas supporté les propos tenus par le représentant de la diaspora rwandaise en Belgique qui a exposé au grand jour les problèmes auxquels le pays fait face : justice politisée, enseignement au rabais, réformes administratives improvisées, imposition de l’anglais comme langue d’enseignement dans un pays francophone, … L’intervention du président Paul Kagame fut une sorte de justification, s’en prenant de temps à autre à celui qui avait évoqué publiquement ces problèmes du pays. Alors qu’il devait arriver dans cette rencontre à 13h, le président ne s’est présenté qu’à 18h, le temps que les manifestants, qui fustigeaient ses crimes, se retirent.

Le 06/12/2010, les manifestants anti-Kagame avaient également pris rendez-vous devant la salle de conférence au Mont des Arts à Bruxelles. Le temps des intervenants dans cette conférence étant compté, le président Paul Kagame a déclaré forfait au lieu d’affronter ces manifestants avec des banderoles qui mettaient au grand jour sa politique criminelle dans la région des Grands Lacs.

Bien plus, ses tentatives de rencontrer les autorités belges se sont soldées par un échec. Le Premier ministre belge sollicité pour une entrevue n’a pas accédé à la demande suite à un agenda chargé.

Une question se pose : les dépenses engagées pour ce déplacement se justifient-elles ? Il s’agit ni plus ni moins de la gabegie. La délégation présidentielle était forte de plus de 15 personnes. Celles-ci logeaient à l’hôtel Conrad à Bruxelles où une chambre simple coûte autour de 500€ (1 €=700 francs rwandais ; le salaire moyen d’un enseignant est de 40000 FRW soit près de 58 € par mois) et une suite présidentielle à 4500 par nuit, sans compter le boire et le manger. Qu’a gagné le peuple rwandais pour qui tous ces politiciens sont censés venus représenter? Quelle était la raison fondée de leur déplacement puisque le président n’a pas exécuté la mission pour laquelle il s’était déplacé ? Et pourtant le maigre budget du pays a été fortement ponctionné à cette occasion!

[Musabyimana.be]

décembre 7, 2010   No Comments

Rwandais et Congolais manifestent à Bruxelles contre le président rwandais Paul Kagame

BRUXELLES – Une centaine de personnes ont manifesté lundi à Bruxelles contre la présence dans la capitale belge du président rwandais Paul Kagame, à l’occasion des cinquièmes Journées européennes du développement (JED), a constaté un journaliste de l’AFP.

[daily]xfz72b[/daily]

Les manifestants se sont rassemblés au coeur de la capitale belge, à une centaine de mètres en contrebas du centre de congrès où se déroule la réunion internationale, à laquelle participe également le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.

Les opposants au président rwandais tapaient sur des tambours, sous la surveillance des forces de l’ordre. Ils ont distribué des tracts dans lesquels ils accusent Paul Kagame d’être le “principal responsable” de graves violations aux droits de l’homme dans son pays et dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

La police a procédé à l’interpellation de trois manifestants qui tentaient de décrocher un drapeau de son mât à proximité du centre de conférence, selon l’agence Belga.

M. Kagame était présent à Bruxelles en marge des JED lundi, où il a eu à la mi-journée un entretien avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a-t-on appris auprès de la Commission.

Il a en revanche annulé son intervention publique prévue en fin d’après-midi, pour une raison inconnue, a-t-on précisé de même source. Il a été remplacé au pied levé par sa ministre des Affaires étrangères Louise Mushikawabo.

Un entretien prévu lundi entre le Premier ministre belge Yves Leterme et M. Kagame a également été annulé, “pour des raisons d’agenda”, selon les services de M. Leterme.

Samedi, une première manifestation anti-Kagame avait rassemblé des Rwandais et Congolais dans le centre de Bruxelles.

L’ONU a publié début octobre un rapport controversé énumérant une longue liste d’atrocités commises en RDC de 1993 à 2003 par les forces armées de plusieurs pays africains, dont le Rwanda, et accusant l’armée rwandaise d’avoir commis des crimes qui pourraient être qualifiés de “génocide”.

Le gouvernement rwandais, dominé par la minorité tutsi, a rejeté ce rapport, estimant qu’il s’agissait d’une “tentative de réécrire l’histoire du génocide” des Tutsi, perpétré en 1994 à l’instigation d’extrémistes au sein de la majorité hutu alors au pouvoir et qui a fait quelque 800.000 morts.

Paul Kagame a été réélu en août pour un deuxième septennat. Des organisations de défense des droits telles que Human Rights Watch (HRW) dénoncent régulièrement les atteintes aux droits de l’homme dans son pays, les restrictions imposées à l’opposition et l’arrestation de certains de ses leaders.

[Romandie.com]
(©AFP / 06 décembre 2010 17h51)

décembre 7, 2010   No Comments