Tribune d'Information sur le Rwanda

Le Rwanda de Paul Kagame: modèle pour l’Afrique!

Voici comment Francois Soudan de Jeune Afrique décrit le Rwanda dirigé par le Général Paul Kagame qu’elle nomme l’« Iron man » de Kigali.

Paul Kagame: l'« Iron man » de Kigali.

Rwanda – Décidément, c’est une autre Afrique que celle-là. Une Afrique où il n’y a ni toits de chaume, ni sachets en plastique, ni mendiants, ni sandales aux pieds, où les cyclomotoristes portent le casque et le gilet fluo, où les rendez-vous s’honorent à l’heure, où les policiers n’exigent rien d’autre que vos papiers, où l’environnement est protégé comme un trésor national, où fumer est mal vu, où il n’y a ni décharges publiques ni trous béants dans l’asphalte, où l’on se promène en toute sécurité au cœur de la nuit, où l’on se couche tôt pour se lever tôt, où les journées au travail sont des journées de travail, où les délestages d’électricité sont aussi rares dans la capitale que les accidents de la circulation.

Cette fourmilière austère de dix millions d’âmes qu’est le petit Rwanda a pour chef un homme au visage émacié, dont la vie quotidienne est réglée comme une horloge suisse et qui rêve d’en faire un Singapour africain: Paul Kagame, 53 ans, réélu en août 2010 pour ce qui devrait être son dernier septennat.

Cet ami du couple Clinton, de Tony Blair et de Bill Gates, chouchou du Forum de Davos, fan de Twitter et de Facebook, parvenu au pouvoir il y a dix-sept ans, après que le Rwanda des mille collines est devenu celui des mille fosses communes, n’a jamais fait preuve de mansuétude envers ceux qui entravent sa marche forcée sur la voie du progrès.

Modèle

Envers les corrompus, mais aussi les opposants, promptement accusés de divisionnisme ethnique dans un pays où toute mention de l’appartenance aux communautés hutue ou tutsie est officiellement bannie, Paul Kagame peut se montrer impitoyable.

Résultat: des rapports d’ONG souvent très critiques quant au respect de la liberté d’expression et une impression d’unanimisme parfois pesante. Le régime, lui, met en avant d’autres acquis, évidemment incontestables. Un taux de croissance de 8 %, une autosuffisance alimentaire désormais assurée et une attractivité certaine pour les investisseurs.

Aujourd’hui relié par des vols quotidiens vers l’Europe, Kigali connaît un impressionnant boom immobilier et ambitionne de devenir une ville de congrès. Après Serena, Hilton, Marriott et Radisson s’apprêtent à ouvrir des hôtels à la rentabilité quasi assurée depuis que le dernier rapport « Doing Business » de la Banque mondiale a classé le Rwanda à la cinquième place des pays du continent.

Si l’on ajoute à cela les étonnantes perspectives énergétiques ouvertes par l’exploitation du gaz méthane du lac Kivu et le rôle de hub technologique joué par le Rwanda dans le cadre de la Communauté de l’Afrique de l’Est, on comprend mieux pourquoi, du Gabon, du Togo, du Bénin, du Burundi, du Burkina ou d’ailleurs, les délégations d’officiels venus étudier le « modèle » rwandais se succèdent à Kigali.

C’est dire aussi si l’on a parfois du mal à distinguer Paul Kagame le chef de l’État du PDG de Rwanda Inc. Ce dernier ayant décrété que son pays serait désormais anglophone – une directive appliquée à la lettre. Cela fait longtemps, il est vrai, que Paul Kagame a renoncé à apprendre le français. « Faute de temps », dit-il. Mais aussi de motivation: « Le chinois me serait sans doute plus utile »…

[Jeune Afrique – 11/05/2011]

1 comment

1 U { 06.04.11 at 05:33 }

JE L`AIME TROP CET HOMME!

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