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Rwanda: Victoire Ingabire prouve encore son courage et sa détermination

Ce qui restera dans les annales comme un des gestes les plus beaux d’une prisonnière politique, c’est quand elle a levé ses deux bras encore menottées, les deux pouces en l’air comme pour dire à la foule : « Nous défendons la bonne cause et nous vaincrons ».

Victoire Ingabire en menottes, exhortant au courage

Victoire Ingabire en menottes, exhortant au courage devant le Tribunal le 20/06/2011
(Photo Umuvugizi.com)

Le lundi 20 juin 2011, l’opposante rwandaise Madame Victoire Ingabire détenue à Kigali depuis octobre 2010 pour avoir voulu faire enregistrer son parti FDU et se présenter contre le dictateur Paul Kagame à l’élection présidentielle d’août 2010, devait comparaître devant la Haute Cour de Kigali pour le début de ce procès politique.

A son arrivée au tribunal où était massée une foule de sympathisants et d’admirateurs, elle a étonné par son assurance et la détermination affichées sur son visage malgré plusieurs mois passés dans la sinistre prison connue sous l’appellation de « 1930 » allusion à l’année de sa construction.

Mais ce qui restera dans les annales comme un des gestes les plus beaux d’une prisonnière politique, c’est quand elle a levé ses deux bras encore menottées, les deux pouces en l’air comme pour dire à la foule : « Nous défendons la bonne cause et nous vaincrons ». Ses geôliers déployés en masse n’en croyaient pas leurs yeux.

Finalement, la Haute Cour a accédé à la demande de la défense qui, lors de sa comparution en mai dernier, avait demandé en vain, que le procès soit reporté au moins en septembre 2011. La défense demandait en effet un délai raisonnable pour pouvoir étudier le dossier d’accusation qui contient pas moins de 2500 pages rédigées pour l’essentiel en kinyarwanda alors que deux des avocats de Victoire Ingabire, de nationalité anglaise, ne maîtrisent pas cette langue.

[wpaudio url=”http://webdoccenter.com/audio/2011/20110620-ingabire-avugira-mu-rukiko.mp3″ text=”Ecoutez Victoire Ingabire plaidant pour le report du procès pour permettre à son équipe de se préparer” dl=”0″]

S’adressant à la cour, la présidente du parti FDU-Inkingi s’est dite prête à se défendre contre les témoins de l’accusation que sont Vital Uwumuremyi, Tharcisse Nditurende, Noel Habiyaremye et Karuta, des anciens rebelles des Forces de Libération du Rwanda (FDRL) selon le Parquet. Ils ont déjà plaidé coupables et souhaitent un procès immédiat. Poursuivant son intervention, Victoire Ingabire a fait savoir que certains de ses droits sont bafoués notamment le fait de ne pas lui permettre de communiquer avec sa famille, ni par écrit, ni par téléphone ou le fait de la maintenir dans des menottes au sein du Tribunal. Les juges ont estimé qu’effectivement devant les juges, l’accusé ne doit pas être menotté mais ils n’ont pas pris une décision à ce sujet.

Vu les vacances judiciaires qui approchent, le procès a été reporté au 5 septembre 2011. Les juges ont fait savoir qu’à cette date, aucune autre raison ne pourra plus être évoquée pour reporter le procès.

Jane Mugeni
[Echos d’Afrique]

Sur le même sujet:
Rwanda: Procès contre l’opposante politique Victoire Ingabire

juin 21, 2011   1 Comment

Rwanda: Procès contre l’opposante politique Victoire Ingabire

par Dr Emmanuel Mwiseneza

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire Umuhoza

Tout le monde attend le procès intenté contre Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente des FDU-Inkingi, parti d’opposition que les autorités rwandaises refusent toujours de reconnaître. Officiellement, elle est accusée : d’idéologie du génocide, de collaboration avec un groupe terroriste, de divisionnisme, de propagation des rumeurs visant à soulever la population contre le pouvoir, de création d’une armée rebelle, de vouloir renverser le pouvoir par la force. Mais derrière ce maquillage judiciaire, se cachent en réalité des motifs politiques de la dictature du FPR comme nous allons le démontrer.

a. Motifs politiques :

Depuis l’installation du pouvoir dirigé par le FPR-Inkontanyi, ses responsables ont instauré une tradition d’organiser des procès judiciaires dans le but d’écarter des opposants réels ou supposés. Dès l’entrée en fonction, le régime de Paul Kagame a jeté en prison des centaines des milliers de personnes accusées à tort ou à raison de participation au génocide. Si parmi ces prisonniers il y avait des personnes qui auraient pu participer au génocide, petit à petit, des personnes furent faussement accusées de ce crime dans le but de les exproprier de leurs biens ou pour les mettre hors jeu politiquement. C’est aussi ce que dit en substance le dernier communiqué de l’organisation Amnesty International[1].

Toutes les personnes qui ont, à un moment ou un autre, essayé de contredire les tenants du pouvoir, ont été poursuivies soit pour génocide, soit pour idéologie du génocide et ce, même après plusieurs années de bons et loyaux services envers ce régime. Les exemples ne manquent pas : l’ex-premier ministre Pierre Célestin Rwigema, l’ex-président du parlement Alfred Mukezamfura ou encore l’ancien sénateur Safari Stanley furent poursuivis et condamnés pour génocide, alors qu’ils avaient occupé ces hautes fonctions pendant plusieurs années. Tous ceux qui ont voulu se montrer critiques ou qui ont voulu quitter le FPR officiellement pour créer un parti d’opposition tels que l’ancien Président Pasteur Bizimungu, l’ancien ministre Charles Ntakirutinka, l’ex-candidat à l’élection présidentielle de 2003, le docteur Théoneste Niyitegeka, ont été poursuivis pour des crimes fabriqués de toutes pièces. La réalité est pourtant tout autre : les motifs politiques sont les principales raisons de ces procès.

Lorsque Mme Victoire Ingabire arrive au Rwanda le 16 janvier 2010, le régime est décontenancé devant la détermination de cette dame qui ne mâche pas les mots pour dénoncer le musèlement de la presse, les injustices sociales, des procès inéquitables et un deuil discriminatoire. Défier le général Paul Kagame et aspirer à être son challenger aux élections présidentielles, ne pouvait qu’attirer les foudres contre la Présidente des FDU-Inkingi. Le régime du FPR n’a pas lésiné de moyens pour trainer Mme Ingabire dans la boue tout en se cachant derrière les motifs judiciaires.

i. Persécution de Mme Victoire Ingabire Umuhoza dès son arrivée au Rwanda

Lorsque les FDU-Inkingi annoncèrent leur intention d’aller s’implanter au Rwanda en vue de participer aux élections présidentielles d’août 2010, les actes d’intimidation et autres menaces commencèrent pour dissuader les FDU-Inkingi de rentrer au Rwanda. Les premières tentatives furent évidemment le refus d’octroi des passeports aux candidats potentiels au retour au Rwanda en vue d’y implanter le parti. Ce refus n’entama en rien la détermination des FDU-Inkingi à rentrer au Rwanda pour y exercer les droits politiques reconnus par la Constitution en vigueur au Rwanda. Le gouvernement rwandais recourut alors aux médias qu’il contrôle pour diaboliser Mme Victoire Ingabire Umuhoza et au lobbying pour l’accuser d’avoir osé participer, avec des représentants des FDLR, à une réunion sur la réconciliation des Rwandais. Comble de l’ironie, le FPR avait été aussi convié et était représenté à cette réunion organisée à Barcelone par une ONG espagnole. Pourtant, tout le monde reconnaît que les FDLR font parti de l’équation à résoudre pour garantir une paix durable à la région des Grands Lacs en général et au Rwanda en particulier.

Les appels au lynchage de la Présidente des FDU-Inkingi furent lancés par les plus hautes autorités de l’Etat. L’unique quotidien rwandais, le pro-gouvernemental The New Times (TNT), se consacra à une série d’éditoriaux et d’articles, qui chaque jour, déformèrent, transformèrent les discours de Mme Ingabire, la dénigrèrent, la traitèrent de tous les noms d’oiseaux, l’accusèrent de défendre la thèse du double génocide, de propager l’idéologie génocidaire, de prêcher le divisionnisme, de porter atteinte à l’unité nationale, de collaborer avec les FDLR, etc. Les autres médias de l’Etat ou qui sont proches du pouvoir emboîtèrent le pas à TNT et relayèrent les appels au lynchage à son encontre. Son seul crime : avoir osé évoquer les poursuites contre les personnes responsables des massacres, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis contre les Hutus à l’instar des responsables du génocide contre les Tutsis. Elle est « coupable » d’avoir appelé à lutter contre l’impunité en pointant du doigt des crimes commis par l’armée du FPR. Or ces crimes ont été confirmés par ailleurs par le rapport de l’ONU « Mapping exercice » publié le 1 octobre 2010.

Le 3 février 2010, elle sera agressée dans l’enceinte du bureau administratif du Secteur Kinyinya. Comme cela ne suffisait pas pour décourager la présidente des FDU-Inkingi, la police prit le relais et commença à la convoquer quasi-quotidiennement pour des interrogatoires qui dureront des fois jusqu’à 10 heures par jour. L’épreuve d’usure psychologique entre alors en marche. Lorsqu’elle voulut prendre l’avion pour aller rendre visite à sa famille, la police l’en empêcha alors qu’aucun ordre de quitter le territoire ne lui avait été intimé précédemment. Le 22 avril 2010, elle est placée en résidence surveillée. En réalité, les torts majeurs reprochés à Madame Victoire Ingabire Umuhoza et son parti sont ceux d’avoir osé créer un parti d’opposition et d’avoir demandé que les personnalités politiques et militaires au sein du régime coupables présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité soient déférés devant la justice.

ii. Persécution des autres membres des FDU-Inkingi

En même temps que la campagne de diabolisation et d’agression contre Mme Ingabire s’intensifiait, les autres membres du parti qui ont osé s’affirmer comme tels ou soupçonnés de l’être, furent à leur tour persécutés, renvoyés de leur travail, battus et certains furent emprisonnés ou portés disparus. Alors qu’ils se préparaient à participer à une manifestation organisée par l’opposition[2] en date du 24 juin 2010, des centaines de membres des FDU- Inkingi ont été interpellés et battus par des policiers à Gishushu (Remera) ainsi que devant le ministère de la Justice à Kimihurura. Ils se rendaient à une manifestation pacifique devant le ministère pour demander au gouvernement de lever : le refus d’enregistrement des FDU-Inkingi ; les mesures restrictives et les fausses accusations contre leur présidente Mme Victoire Ingabire Umuhoza placé en résidence surveillée depuis le 22 avril 2010 et privée de ses droits publics élémentaires.

Deux membres du comité exécutif provisoire des FDU-Inkingi, M. SylvainSibomana, Secrétaire général, et Mme Alice Muhirwa, furent arrêtés et torturés par les éléments de la police nationale. Mme Alice Muhirwa sera hospitalisée plusieurs jours suite à ces maltraitances. D’autres responsables des FDU-Inkingi notamment ceux de la Ville de Kigali furent également battus, arrêtés et mis en cachot avec des membres du PS-Imberakuri dont leur président Me Bernard Ntaganda. Derrière les accusations criminelles portées à l’encontre de tous ces membres, se cachent des motifs politiques : aucun citoyen n’a le droit de manifester pacifiquement contre le régime et les lois liberticides taillées sur mesure afin de se maintenir indéfiniment au pouvoir.

iii. Refus d’enregistrement du parti FDU-Inkingi

Les FDU-Inkingi sont un parti d’opposition fondé en exil et qui a pris la décision de rentrer au Rwanda, y exercer ses droits politiques reconnus par la Constitution rwandaise et ce d’autant plus que les autorités rwandaises n’arrêtent pas de crier au monde entier que les portes sont ouvertes pour tous les réfugiés qui souhaitent rentrer dans leur pays. Lorsqu’elle arrive au Rwanda, Mme Ingabire entame directement les démarches administratives en vue de faire enregistrer les FDU-Inkingi, qui entre-temps avaient pu recruter les membres à l’intérieur du pays. Comme le prévoit la loi rwandaise sur les partis politiques[3], pour être agréé, chaque formation politique doit tenir une Assemblée Constituante, réunissant les représentants du parti de chaque district, selon une répartition imposée par cette loi.

Les FDU-Inkingi ont demandé à plusieurs reprises l’autorisation de tenir la Constituante, mais chaque fois cela leur fut refusé. Dans un premier temps, les autorités locales prétendirent qu’il fallait d’abord la permission de la police, ce que cette dernière rejeta, avant de se rabattre comme toujours sur des crimes supposés de Mme Ingabire, alors même que lors des premières demandes, elle ne faisait jusqu’alors l’objet d’aucune inculpation. Lorsque l’autorisation fut demandée par le premier vice-président du Comité Exécutif Provisoire, ce fut la même rengaine, alors que lui non plus, ne faisait l’objet d’aucune poursuite. L’évidence finit par s’imposer, le régime en place ne voulait d’aucune manière la reconnaissance d’un véritable parti d’opposition, mais pour tromper l’opinion, ce fut toujours les motifs criminels supposés de la présidente de Mme Ingabire qui furent mis en exergue.

b. Transformations des motifs politiques en raisons criminelles

Ce que tout le monde redoutait depuis un certain temps, notamment depuis l’entrée en scène du Président Kagame, arriva. Répondant à une énième convocation de la police anti-criminelle (CID), Mme Ingabire fût arrêtée le 21 avril 2010 vers 9 h GMT. Stupeur et consternation s’installèrent parmi ceux qui luttent pour la démocratie et qui rêvaient d’une amorce d’un changement démocratique et pacifique. Le même jour, elle fut présentée au parquet pour lui signifier qu’elle était inculpée pour idéologie du génocide, divisionnisme et collaboration avec un mouvement terroriste, les FDLR. Sa maison fut fouillée de fond en comble, ses ordinateurs, téléphones portables, flashs disc, SIM cards, CD’s, documents divers furent emportés par la police et elle fut emmenée au cachot où elle passa la nuit. Par ces documents la police a pu se procurer tout le fonctionnement des FDU-Inkingi, les noms de leurs membres qu’elle a commencé à intimider et à harceler. Le 22 avril 2010, Mme Ingabire sera mise en liberté sous contrôle judiciaire. Les harcèlements vont cependant continuer jusqu’à sa seconde arrestation le 14 octobre 2010 après une semaine de siège. Elle fut d’abord détenue à la station de police de Kicukiro avant d’être transférée à la prison centrale de Kigali, appelée « 1930 », où elle est détenue jusqu’aujourd’hui.

c. Les chefs d’accusation :

i. L’idéologie du génocide :

« Moi et ma formation politique FDU-Inkingi, fondée en 2006, reconnaissons qu’en 1994 il y a eu au Rwanda un génocide contre les Tutsi. Nous reconnaissons aussi qu’avant 1994, en 1994 et après 1994, il y a eu au Rwanda des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ayant visé les autres composantes de la population rwandaise. Ce sont des faits concrets auxquels nous avons assisté et qui ont été reconnus par l’Organisation des Nations Unies dans sa Résolution 955 du 08 novembre 1994. Nous affirmons aussi sans ambages que toute personne ayant une responsabilité dans ces crimes, qu’elle ait fait partie de l’ancien régime ou qu’elle fasse partie du régime actuel, doive répondre de ses actes devant la justice. Tous ces deux crimes sont graves et sont imprescriptibles mais nous n’avons jamais cherché à les comparer ni à exonérer les responsabilités des uns par les responsabilités des autres. Nous reconnaissons aussi que le crime de génocide est le degré le plus haut de l’inhumanité. Nous militons pour que la souffrance de tous les rescapés soit suffisamment reconnue et qu’une indemnisation spéciale leur soit accordée », Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Communiqué des FDU-Inkingi du 03 mai 2010.

Cette déclaration est on ne peut plus claire et reprend ce que les FDU-Inkingi et sa présidente ont toujours dit publiquement. Il n’y a aucun doute sur la reconnaissance du génocide par les FDU-Inkingi et par sa présidente. Elle est donc victime de la délation mensongère du FPR qui veut liquider tout leader d’opinion en se servant de la loi n°18/2008 du 23/07/2008 sur l’idéologie génocidaire. Cette loi a été conçue d’une façon voulue vague et ambigüe comme outil de chantage, pour la faire peser comme l’épée de Damoclès, sur toute personne qui ne partage pas la pensée unique du FPR ou qui se hasarde à affirmer que le FPR a commis des crimes contre l’humanité, voire même des actes qui pourraient être qualifiés de génocide contre les hutus (Procès Peter Erlinder, V. Ingabire Umuhoza, Deo Mushayidi, Paul Rusesabagina, Ntaganda Bernard, etc. ).

Toute différence de point de vue sur les faits avérés de notre histoire récente, toute évocation des crimes et des victimes du FPR pendant le conflit de 1990 à 1994 et après, peut être assimilé à l’idéologie du génocide. Le ministre rwandais de la justice Tharcisse Kagarurama avait lui-même reconnu que cette loi posait problème, cela après que les organisations de défense des droits de l’homme telle que l’organisation Amnesty International avaient émis des réserves fortes dans ce sens, mais depuis lors rien n’a changé[4].

ii. Divisionnisme :

Les FDU-Inkingi sont une formation d’opposition. Cela n’est nullement un mystère que sur le plan de la gouvernance du pays et de la cohésion nationale les FDU-Inkingi sont en opposition totale avec le régime. Notre formation ne peut pas accepter de se ranger derrière le parti qui dirige actuellement le pays sous prétexte que ne pas avoir la même vision que le FPR est volontairement assimilé à du divisionnisme. La Constitution de notre pays, que le régime du FPR a mise en place lui-même, reconnaît le multipartisme, les citoyens ont en principe le droit d’avoir des projets politiques concurrents de ceux du parti au pouvoir. Dire au monde entier que les Rwandais sont sous le joug de la peur et d’un totalitarisme politique d’un autre âge, dénoncer une justice qui est sous la coupole de l’exécutif et des tribunaux populaires “gacaca“ qui ne permettent pas l’assistance par un conseil, dénoncer la famine criante dans les campagnes rwandaises et les bidonvilles, regretter que les soins de santé de base fassent défaut malgré l’affiliation obligatoire à une mutuelle de santé, et que l’accès aux écoles secondaires et supérieures soit soumis à des critères discriminatoires, condamner les violations graves du droit humanitaire et le pillage massif des ressources naturelles du Congo et demander que les auteurs de tels crimes soient poursuivis; c‘est cela que le régime appelle le divisionnisme et qui est reproché à la présidente des FDU-Inkingi.

iii. Collaboration avec un groupe terroriste :

La décision de rentrer pacifiquement faire la politique au Rwanda et contre un régime que nous savions dictatorial et irrespectueux des droits fondamentaux des citoyens n’a pas été simple et n’a pas été prise à la légère. Tous les scenarii pour résoudre les problèmes politiques du Rwanda ont été examinés avec leurs conséquences, et bien que nous trouvions la voie pacifique semée de beaucoup d’embûches, elle nous est parue la meilleure solution à long terme, car elle est la seule capable de garantir une alternance sans nouvelle effusion de sang et en préservant le tissu social rwandais.

En tant que politique, Mme Ingabire a effectivement rencontré un délégué des FDLR, à Barcelone en Espagne ; la rencontre était facilitée par des Organisations Non-Gouvernementales de ce pays. Beaucoup de participants ont pris part à cette rencontre, parmi lesquels une délégation venue du Rwanda dont un parmi eux s’est déclaré ouvertement d’appartenance FPR[5]. Les FDLR sont des Rwandais comme les autres, elles ont besoin d’être rassurées pour regagner le bercail sans avoir peur d’être accusées arbitrairement, et il n’y a rien d’anormal à ce qu’ils participent à une réunion ayant pour objet la réconciliation.

Les FDU-Inkingi sont en désaccord total avec la politique du gouvernement de « débauchage » de quelques dirigeants des FDLR, tout en privilégiant l’usage de la force contre tous les autres, comme si le gouvernement n’avait aucun intérêt à ce que le problème des FDLR soit résolu une fois pour toutes. Nous savons par expérience, que jamais le seul usage de la force n’a contribué à résoudre les problèmes ayant des origines politiques. C’est cette position politique qui vaut à la présidente des FDU-Inkingi d’être accusée de collaboration avec un mouvement « terroriste ».

iv. Propagation des rumeurs visant à soulever la population contre le pouvoir :

Les FDU-Inkingi sont une formation qui s’intéresse d’abord à la population. Lorsqu’ elles montrent tous les problèmes auxquels la population est confrontée, ce n’est pas elles qui doivent être accusées de soulever la population contre le pouvoir. C’est au contraire ce même pouvoir qui est à l’origine du mécontentement de la population, qui doit être dénoncé, à cause de sa politique qui privilégie les intérêts d’un groupe d’individus au détriment du reste de la population, exerce une justice politique qui fait la chasse aux sorcières, développe la délation pour semer la haine et les rancœurs entre les citoyens pour continuer à régner sur les divisions, ravage les cultures des agriculteurs pour les affamer et les maintenir dans la dépendance. Ce n’est donc pas un crime pour une formation d’opposition de pointer du doigt les problèmes majeurs auxquels la population fait face et auxquels le parti veut proposer des solutions alternatives.

v. Création d’une armée rebelle pour renverser le pouvoir par la force :

Connaissant les antécédents qu’il a créés lui-même, contrairement à l’assertion prétendant qu’il se soucie de l’intérêt de la sécurité du peuple rwandais, le FPR cherche à protéger à tout prix son système, et crie au loup chaque fois qu’un opposant ose se déclarer ouvertement contre son totalitarisme. En effet, ce régime, parce qu’il ne croit pas du tout en l’alternance politique par des voies pacifiques et démocratiques, a peur qu’une autre organisation ne cherche à rééditer ses exploits de conquête du pouvoir par les armes. Le Général Paul Kagame, à cause de sa gouvernance dictatoriale et des graves crimes contre l’humanité qu’il est soupçonné d’avoir personnellement ou par délégation commis, sait pertinemment qu’il ne peut pas gagner des élections libres et transparentes.

Les accusations selon lesquelles la présidente des FDU-Inkingi serait impliquée dans des actions militaires et dans la formation de groupes terroristes sont mensongères et des pures affabulations. Le procureur de la République appuie toute son accusation sur les déclarations d’un autre accusé devenu témoin clé, un certain Vital Uwumuremyi, qui affirme qu’il aurait proposé à madame Victoire Ingabire la création d’un mouvement rebelle CDF, et qu’elle aurait accepté le plan, et payé quelques milliers de dollars pour une étude de faisabilité. Personne dans la région n’est au courant de ce mouvement. Le même témoin clé a fourni une liste de complices, eux aussi ex-membres des FDLR, qui par hasard étaient déjà en prison avant le retour de l’accusée principale au Rwanda.

Autour des déclarations de ces accusés-témoins, le ministère public a construit une double accusation de création d’une rébellion, d’actes terroristes pour tenter de renverser le régime par la force. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Le parquet rwandais a même prétendu que le puits perdu de sa maison de location destiné à collecter des eaux de pluies serait une tranchée militaire. Aussi, ces délations soutenues par des prisonniers qui se rachètent ou sont payés aux gros sous par les services secrets, sont-elles dénuées de tout fondement et sont devenues monnaies courantes pour neutraliser ou emprisonner tous les opposants au régime du Général Kagame[6]. C’est ainsi que Déo Mushayidi, Bernard Ntaganda, Paul Rusesabagina, et caetera font tous l’objet du même chef d’accusation que Mme Victoire Ingabire Umuhoza.

vi.Complicité dans les actes visant à renverser le pouvoir par la force :

Toute formation d’opposition s’inscrit dans la ligne de remplacement du pouvoir auquel il est opposé. En choisissant de rentrer au Rwanda pour y faire la politique, les FDU-Inkingi ont annoncé clairement leur intention de remplacer le pouvoir du FPR par un pouvoir issu des urnes, c’est-à-dire issu du choix du peuple. Pour des raisons que nous avons expliquées, les FDU-Inkingi ont cependant exclu l’usage de la force et ont choisi la voie pacifique, la seule nous semble être la meilleure solution à long terme. Les FDU-Inkingi n’ont donc rien avoir avec ceux qui prépareraient le renversement du pouvoir par la force. C’est de nouveau un crime fabriqué de toutes pièces pour empêcher les FDU-Inkingi d’être en compétition pour le pouvoir.

d. Ingérences de l’exécutif et des autorités politiques dans le dossier judiciaire

Dans un Etat de droit digne de ce nom, le système exécutif est garant du respect de la Constitution. La Constitution rwandaise reconnaît l’indépendance du système judiciaire et l’égalité de tous les citoyens devant la loi. La présomption d’innocence est par ailleurs reconnue par la loi aussi longtemps qu’il n’y a pas eu de condamnation par un tribunal compétent.

Même si l’indépendance de la justice rwandaise est sujette à caution, les plus hautes autorités rwandaises, à commencer par la première d’entre-elles, le Président de la République, le Général Paul Kagame, n’ont pas attendu que la justice se prononce dans le dossier de Mme Ingabire pour l’accuser sans nuance aucune des crimes inventés de toutes pièces.

Le ballet des attaques fut initié dès le lendemain de son arrivée au Rwanda par le ministre de la sécurité intérieure et président du Parti Démocratique Idéal, un parti-satellite du FPR, Sheikh Mussa Fazil Harerimana. Dans son interview dans le quotidien indépendant pro-gouvernemental, The New Times[7], le ministre Harerimana charge Mme Ingabire et l’accusa de révisionniste et de négationniste et la menaça de poursuites pour la simple raison qu’elle avait osé dire que les victimes hutues du conflit rwandais devaient elles aussi à l’instar des victimes du génocide des Tutsis, être honorées dignement. Voilà la dialectique du FPR , évoquer les victimes hutues est assimilée à nier le génocide des Tutsis!

Dans le même ordre d’idées, le Secrétaire Exécutif de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG), Jean de Dieu Mucyo s’en est pris violemment à Mme Ingabire qu’il accusa de divisionniste et en appela aux autorités pour trouver une suite appropriée. Le même discours fut poursuivi ensuite les partis satellites du FPR. M. Jean Damascène Ntawukuriryayo, président du Parti Social Démocratique (PSD) et porte-parole du Sénat d’alors, qui insinua que Mme Ingabire semait le doute sur l’existence du génocide commis contre les Tutsis., Ensuite M. Protais Mitali, président du Parti Libéral, qui accusa Mme Ingabire de jouer la carte ethnique[8].

A tout seigneur tout honneur, la palme d’or revient enfin au Président Paul Kagame lui-même. Dans un discours très remonté prononcé le 07 avril 2010, à l’occasion de la commémoration du génocide, le président Paul Kagame traita publiquement Mme Victoire Ingabire Umuhoza de « hooligan que les Occidentaux veulent placer à la tête du pays »[9].

Dans plusieurs sorties publiques, le président de la République se prit à elle, allant jusqu’à déclarer que Mme Ingabire allait se heurter à un « mur de lois » qui l’empêchera de se présenter à l’élection présidentielle. Il n’hésita pas à déclarer que « nous nous sommes battus et ce que nous [le FPR, ndlr] avons obtenu par les armes, ils ne nous le prendront pas par les urnes ». Dans un autre discours, il déclara que l’espace politique au Rwanda était pleine. Dès lors que le Président de la République parle en ces termes, on comprend aisément le lien entre la politique et la justice ainsi que la marge de manœuvre qui reste à cette dernière, qui désormais peut se mettre au travail pour exécuter les ordres venus de la présidence de la République.

e. Conclusion

Comme nous venons de le montrer tout au long de ce document, le procès intenté à Mme Victoire Ingabire Umuhoza est un procès politique destiné à écarter un concurrent politique dans le but de pérenniser la dictature du parti-Etat, le FPR. Dès que les FDU-Inkingi ont annoncé leur intention de rentrer faire la politique au Rwanda, les attaques de toutes sortes ont commencé et aucune initiative n’a été laissée de côté pour dissuader les FDU-Inkingi de rentrer au Rwanda. Du refus des passeports aux membres du parti qui souhaitaient rentrer au Rwanda avec la présidente pour implanter le parti, aux accusations sans fondement de collaboration avec les rebelles des FDLR opérant à l’Est de la République Démocratique du Congo, rien n’a été laissé au hasard. Voyant la détermination toujours intacte de la Présidente des FDU-Inkingi, les stratèges du régime ont opté pour la transformation sournoise des motifs politiques en raisons criminelles pour barrer la route aux FDU-Inkingi et à Mme Ingabire, leur présidente. La transformation de son discours au mémorial de Gisozi, la campagne médiatique haineuse menée par une presse du régime partisane, l’ingérence des autorités dans le dossier judiciaire, les attaques physiques dirigées contre Mme Ingabire dans les locaux administratifs du secteur Kinyinya, alors qu’elle y avait été invitée par les autorités pour des démarches administratives, le changement permanent des charges portées contre elles, la fabrication des témoins et des preuves par le procureur et les services secrets, le refus de laisser Mme Ingabire s’entretenir avec ses avocats en toute liberté, etc. sont autant d’éléments qui nous permettent de conclure que ce procès est politique et que sa solution ne peut être que politique.

Comme l’a dit le professeur Filip Reyntjens (chronique politique du Rwanda 2009-2010, Anvers, mai 2010), Mme Ingabire est en fin de compte victime d’avoir publiquement mis en cause les fondements même du pouvoir en s’attaquant à trois monopoles du FPR: a) le statut du FPR comme “autorité morale”, b) le statut des Tutsis comme “seuls victimes” du génocide rwandais, c) le statut des Hutus comme “criminels”. Ces trois piliers constituent en fait la base de la légitimité interne et internationale du FPR. Son régime a donc vu l’émergence d’une réelle opposition à l’intérieur du pays, qui revendique l’ouverture de l’espace politique, comme une menace d’une situation que le FPR considérait comme acquise, à savoir : le contrôle total de la politique et de la société rwandaise.

Mais alors, un pouvoir qui s’est imposée par la force et par conséquent illégitime, peut-il rendre justice ? Un pouvoir totalitaire usé, présumé criminel, népotiste, clientéliste, incapable de résoudre l’épineux problème de la réconciliation nationale et la plupart des problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens, ne mérite-t-il pas plutôt d’être remplacé par un pouvoir choisi par le peuple ? Nous tenterons prochainement d’apporter une esquisse de réponse à toutes ces interrogations

Pour le Comité de coordination FDU-Inkingi
Dr Emmanuel Mwiseneza
Délégué à l’Information et à la Communication


[1] Amnesty International on Saturday called on Rwanda to stop using a law aimed preventing « genocide ideology » to stifle dissent and charge critics and journalists, in http://news.yahoo.com/s/afp/20110618/wl_africa_afp/rwandapoliticsrightsmedia_20110618152919

[2] Cette manifestation dont l’autorisation avait été demandée par le Parti PS-Imberakuri fondé par Me Bernard Ntaganda, aujourd’hui lui-même en prison, fut réprimée sauvagement par la police avant même qu’elle n’ait lieu.

[3] Loi organique n° 19/2007 du 04/05/2007, complétant la loi organique n° 16/2003 du 27/06/2003 : même si cette loi est conçue sur mesure pour dissuader les autres partis politiques de voir le jour, les FDU-Inkingi avaient décidé de la respecter et avaient réussi à remplir les conditions draconiennes imposée par cette loi.

[4] « Réagissant à ce texte, le ministre rwandais de la Justice Tharcisse Karugarama a estimé que ces lois ont été votées dans l’intérêt du Rwanda pour éviter la réédition du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. « Comme d’autres pays à travers le monde, le Rwanda a des lois sur l’idéologie du génocide pour que nous ne retournions jamais à la haine et au divisionnisme du passé », a expliqué M. Karugarama, dans un communiqué officiel dénonçant un rapport « inexact et partisan ». « Toutefois, dans le processus de reconstruction de notre pays et de développement de notre système de justice, nous sommes en train d’amender tous nos textes de loi », a-t-il expliqué. « Ainsi, les lois sur l’idéologie du génocide et le divisionnisme sont actuellement en cours de révision et nous les amenderons dans l’intérêt du Rwanda », a ajouté ce responsable, sans préciser la nature de cette révision. », (Rwanda: Amnesty demande la révision des lois sur “l’idéologie du génocide”)

[5] http://www.veritasrwandaforum.org/dialeg/COMMUNIQUE_FINAL_DIALOGUE_INTRA.pdf

[6] Rwanda: Stop Attacks on Journalists, Opponents

[7] The New Times, Monday 18th January 2010

[8] Idem

[9] http://www.rnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3115:qforeigners-imposing-hooligans-like-ingabire-on-rwandaq&catid=17:politics&Itemid=36

juin 21, 2011   1 Comment

La veuve Habyarimana et deux autres Rwandais portent plainte contre la “Grande traque”, un documentaire programmé sur France 2

Trois Rwandais ont porté plainte en référé  au tribunal de Paris contre le documentaire “Génocide au Rwanda : des  tueurs parmis nous ?”, dont la diffusion est programmée pour mardi 28  juin par la chaîne de télévision publique France 2.

La veuve du président Habyarimana, Agathe Kanziga, a déposé la  première une plainte contre la société France Télévisions et la  société de production Tony Comiti. Elle a été rejointe par les deux  autres Rwandais interviewés par le réalisateur Manolo d’Arthuis, dans le cadre d’un documentaire télévisé produit pour l’émission La Grande Traque.

“Notre objectif n’est pas de faire condamner ou d’empêcher la diffusion de ce documentaire, assure l’avocat d’Agathe Habyarimana,  Me Philippe Meilhac. Tout ce que l’on demande aujourd’hui c’est de le visionner, afin de pouvoir voir s’il y a violation ou non de la  présomption d’innocence. Malgré plusieurs demandes, on nous le refuse.”

“Il nous a fallu six mois d’enquête pour réaliser ce documentaire et filmer, bien sûr avec leur accord, trois présumés génocidaires vivant  sur le sol français”, explique Manolo d’Arthuys.

Agathe Habyarimana a été filmée “en présence de son avocat et de deux  membres de sa famille”, tandis que le médecin Charles Twagira était “chez lui et sans avocat”, et l’ex-officier de l’armée rwandaise  Marcel Bivugabagabo “dans un presbytère et sans avocat”, précise le  réalisateur.

“J’ai reçu M. d’Arthuys il y a presque un an, je lui ai permis de  voir ma cliente, poursuit Me Meilhac. Ce qui m’inquiète profondément  c’est que l’on est sur un sujet grave, qu’en terme de procédure on  est au tout début, et je suis un peu surpris de la façon dont on  présente l’émission. On a l’impression que c’est totalement à charge.”

Un communiqué de France Télévisions, cité par les plaignants, annonce  en effet : “Seize ans après les faits, la justice rwandaise et la  justice internationale ont jugé et condamné de nombreux responsables.  Mais combien sont encore en liberté ? Alors que certains se cachent  en Afrique, d’autres vivent en toute impunité en Europe, notamment en  France où Manolo d’Arthuys les a retrouvés.”

Un autre communiqué présente l’émission La Grande Traque, composée  d’un documentaire et d’un débat animé par le journaliste Nicolas  Poincaré, comme “une collection de cinq documentaires d’investigation  consacrés aux hommes qui sont, ou qui ont été, les plus recherchés de  la planète”.

Sur le plateau de l’émission du 28 juin, quatre invités sont à ce  jour programmés pour le débat : James Kabale, l’ambassadeur du  Rwanda ; Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles  pour le Rwanda (CPCR) ; Filip Reyntjens, professeur de droit à  l’université d’Anvers et une journaliste, Maria Malagardis.

Dans leurs référés, les trois plaignants font chacun valoir qu’aucun d’entre eux ne fait actuellement l’objet d’une mise en examen devant  la justice française ou d’une accusation devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Seules des procédures préliminaires  sont engagées.

La plus célèbre d’entre eux, Agathe Habyarimana, est sous le coup  d’une demande d’extradition émise par le Rwanda, qui sera entendue le  29 juin à Paris. Elle fait aussi l’objet d’une information judiciaire  ouverte en mars 2008, à la suite d’une plainte du CPCR, dans laquelle  elle est entendue comme témoin simple.

L’ancien lieutenant-colonel Marcel Bivugabagabo a également fait  l’objet d’une demande d’extradition rwandaise, rejetée par le  tribunal de Toulouse en 2008. La même année, le CPCR a déposé une  plainte contre l’ex-officier. Celui-ci indique, dans sa requête en  référé, n’avoir depuis “jamais été entendu par un enquêteur”.

L’agence Hirondelle a toutefois appris, en janvier 2010, que Marcel Bivugabagabo faisait l’objet d’une “enquête préliminaire” lors de la  visite au Rwanda de deux juges d’instruction français, Nicolas  Aubertin et Brigitte Jolivet.

Charles Twagira a pour sa part obtenu en 2007 le statut de réfugié  politique en France. Il fait lui aussi l’objet d’une plainte du CPCR,  déposée devant le tribunal de Rouen et transmise début 2010 au  tribunal de Paris, où une information judiciaire a été ouverte. Il  exerce la profession de médecin.

Programmée dans un premier temps le 31 mai, la diffusion de ce  documentaire a été reportée au 28 juin, l’arrestation le 26 mai de  l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, ayant  alors fait l’objet d’un numéro spécial du magazine La Grande Traque.

Les trois plaintes en référé déposées devant le tribunal de grande  instance de Paris seront entendues de façon groupée, lundi 20 juin.

Dix-huit dossiers judiciaires concernant des présumés génocidaires  rwandais résidant sur le sol français sont actuellement instruits devant le tribunal de grande instance de Paris.

[FH]

juin 21, 2011   No Comments

Le procès de Victoire Ingabire est reporté

Victoire Ingabire Umuhoza

Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente du parti FDU-Inkingi

Le procès de Victoire Ingabire, la présidente du parti d’opposition rwandais Forces démocratiques unies (FDU) accusée de négationnisme et de divisionnisme, a été reporté au 5 septembre prochain. C’est ce que nous signale notre envoyé spécial à Kigal, Thijs Bouwknegt.

Le procès s’était ouvert ce lundi matin au tribunal de Kigali, oú s’etaient rassemblées une centaine de personnes. Aux environs de 8 heures 30 (heure locale), Victoire Ingabire est entrée au tribunal, saluant de la main ses sympathisants qui étaient venus l’accueillir.

Plus de temps

Aussitôt après, son avocat a demandé au tribunal le report du procès de sa cliente au mois de septembre prochain. Victoire Ingabire affirme avoir besoin de plus de temps pour étudier son dossier d’environ 2.500 pages rédigé en kinyarwanda. Le dossier doit également être traduit en anglais. Les témoignages en provenance du Burundi, de Belgique et des Pays-Bas doivent encore être étudiés.

Selon notre correspondant, l’accusée était souriante. Le crâne rasé et portant des lunettes, Victoire Ingabire avait un air assuré et semblait être en bonne santé.

Divisionnisme

Victoire Ingabire est accusée de divisionnisme, de liens avec une organisation terroriste et de collaboration avec des rebelles hutus dans l’est de la République démocratique du Congo.

En janvier 2010, elle était rentrée dans son pays après un long exil aux Pays-Bas, dans le but de participer à l’élection présidentielle d’août 2010. Elle a été arrêtée en octobre dernier et attend, depuis, son procès en prison. Son mari et ses enfants vivent, quant à eux, aux Pays-Bas.

[Radio Netherlands Worldwide]

juin 20, 2011   No Comments

Transfert au TPIR de l’Interahamwe Bernard Munyagishari accusé de participation au génocide rwandais

Monsieur Bernard Munyagishari, un des principaux suspects du génocide rwandais, récemment arrêté dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), a été transféré par avion mercredi au centre de détention du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) situé à Arusha en Tanzanie.

Bernard Munyagishari, agé de 52 ans, est l’ancien chef des “Interahamwe” dans la préfecture de Gisenyi (nord-ouest du Rwanda).

Il était considéré comme l’un des suspects du génocide les plus recherchés faisant l’objet d’un mandat d’arrêt du TPIR. Il est soupçonné d’avoir recruté, formé et dirigé des miliciens Interahamwe dans les massacres des Tutsi et les viols des femmes en préfecture de Gisenyi en 1994.

juin 17, 2011   No Comments

Le vent de la démocratie au Rwanda et le sort de Kagame

Par Rene C Mugenzi.

Un article intéressant de René Claudel Mugenzi paru dans JamboNews.

Le vent de la démocratie en Afrique, le tour du Rwanda et le sort de Kagame

Manifestation à la Place Tahrir en Egypte le 8 avril 2011

Manifestation à la place Tahrir en Egypte

Au cours des derniers mois, nous avons observé des soulèvements inattendus de populations opprimées au nord de l’Afrique et au Moyen-Orient. Des foules de gens sont sorties dans les rues contre leurs gouvernements pour réclamer plus de liberté et de démocratie.

Cela a rappelé au monde que c’est dans la nature humaine d’être libre et que lorsque ce droit fondamentale est limité ou dénié par la force, la situation aboutit souvent à un point où l’être humain utilise tous les moyens possibles pour acquérir cette liberté.

Des réactions fortes, souvent brutales, utilisées par les populations pour réclamer leur liberté démontrent aussi que celle-ci est une condition essentielle pour assurer l’épanouissement de l’être humain en valorisant son potentiel pour son bien-être individuel et collectif.

Nous avons vu que la croissance économique et durable des pays ne peut pas freiner la révolution des populations lorsque la liberté leur est déniée.

Dans son article récent publié dans le journal syndical ‘’Project syndicate’’, le président de la Banque Africaine de Développement et ancien ministre des finances du Rwanda, M. Donald Kaberuka a écrit : ‘‘ Comme un volcan longtemps en sommeil profond qui soudainement entre en éruption , les révolutions qui ont balayées l’Afrique du Nord – dans un contexte de forte performance économique – a surpris tout le monde  ». Il a ensuite ajouté  » La leçon des soulèvements en Afrique du Nord est claire: il ne s’agissait pas d’une révolution idéologique, mais de liberté, d’inclusion sociale, de voix politique et de responsabilisation du gouvernement  »

Ces révoltes et révolutions des populations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont déclenché en moi une nouvelle façon de voir et d’analyser ce qui peut potentiellement se produire au Rwanda : à savoir Qu’un jourla population rwandaise pourra agir de la même manière pour réclamer sa liberté, étant donné que les populations des pays qui ont changé de pouvoir récemment par des soulèvements populaires avaient des griefs identiques ou similaires à ceux de la population rwandaise.

Paul Kagame:  dictateur sans conscience

Kagame: quel sera son sort!

Ceci m’amène à me demander quel sera le sort de l’actuel président rwandais Kagame. Y a-t-il encore une chance de changer son régime dictatorial ou il est déjà trop tard ?

Les signes montrent que le vent de la démocratie est entré au Rwanda et qu’il est dans sa phase initiale. Il y a un nombre croissant d’opposants politiques dans le pays et en exil, de plus en plus de membres du parti au pouvoir qui quittent ce dernier ainsi que leurs fonctions au sein du gouvernement pour protester contre les méthodes de gouvernance dictatoriales du président. On remarque une augmentation du nombre de plates-formes médias qui sont de plus en plus critiques au régime actuel, un nombre croissant de jeunes qui utilisent internet et des sites de réseaux sociaux pour exprimer leur malaise avec l’actuel régime, tous sont des signes très significatifs de changement. Il est actuellement évident que des voix de plus en plus nombreuses appellent à plus de liberté et de démocratie au Rwanda.

Malheureusement pour le régime actuel, plus il fait tout son possible pour supprimer ce vent de changement, plus ce vent se renforce. Je préférerais que ce vent de liberté n’atteigne pas la phase forte de la tornade malgré qu’à cette phase il peut amener la liberté et la démocratie réclamées. A ce moment-là les dommages collatéraux qui peuvent être causés par ce vent de seraient sans aucun  doute déplorables.

Je crois fermement que seul Kagame a la clé qui peut empêcher l’irréparable en prenant des mesures nobles qui ouvrent aux Rwandais le chemin de la liberté, de la démocratie et de la réconciliation véritables.

Les plus importantes de ces mesures nécessaires seraient les suivantes :

– La libération de tous les prisonniers politiques, militants des droits de l’homme et journalistes

– L’ouverture de l’espace politique

– L’organisation d’un véritable dialogue inter-rwandais hautement inclusif afin de favoriser la vraie réconciliation nationale et ouvrir la voie à la liberté et à la démocratie.

Les manifestations anti-Kagame se multiplient...
Les manifestations anti-Kagame se multiplient…

Chaque jour qui passe, le vent de la liberté se renforce et diminue rapidement les chances de Kagame et son régime de rester au pouvoir pour longtemps. Si Kagame considère ces mesures simples et importantes, il entrera sans aucun doute dans l’histoire du Rwanda comme un dirigeant politique qui, au courant de son régime dictatorial et d’oppression, a modifié le cours de son parcours politique et idéologique afin de mettre son pays sur le chemin de la liberté et de la démocratie avec une paix durable, soutenue par une population réconciliée.

Ces actions éviteraient finalement à Kagame d’être capturé de la même façon que Saddam ou Gbagbo ou contraint à l’exil au même titre que Ben Ali et autres. Je ne souhaiterais pas que cela lui arrive.

Il est largement documenté et connu que le régime de Kagame a commis beaucoup d’atrocités aussi bien au Rwanda que dans des pays limitrophes particulièrement en République démocratique du Congo et en Ouganda. Par l’observation et l’analyse de ses actions actuelles, il est évident et clair qu’elles sont inspirées et influencées par une grande peur de perdre le pouvoir dans le cas où la démocratie et la liberté atteindraient son pays et de finir par être jugé et puni pour sa responsabilité dans toutes ses exactions criminelles passées et actuelles.Afin de contrecarrer le vent du changement et ainsi conserver le pouvoir, Kagame et son régime utilisent diverses méthodes qui combinent l’oppression des opposants et les attaques contre les critiques. En outre, il met tout en œuvre pour peaufiner son image internationale de héro de son peuple et de célèbre leader visionnaire.

L’oppression des opposants et les attaques contre les critiques consistent en des assassinats et des tentatives d’assassinats d’opposants, l’oppression de la liberté d’expression et des médias, l’emprisonnements des dissidents, l’entrave ou l’interdiction des actions des organisations internationales des droits de l’homme au Rwanda, etc. …

La promotion de son image inclut l’utilisation d’entreprises européennes et africaines de relations publiques pour l’aider à embellir son image à l’échelle internationale comme un chef qui a obtenu des résultats économiques exceptionnels, qui a instauré la stabilité et mis un accent particulier sur la promotion de la femme. Cette belle image est véhiculée à travers des articles dans les journaux, des documentaires pour les chaînes de télévision, des discours organisées dans les universités de part le monde, etc …

Malheureusement pour lui, ces méthodes ne peuvent pas triompher contre la détermination du peuple qui aspire à la liberté. L’histoire du monde à travers le temps nous enseigne que la volonté du peuple de se libérer a toujours triomphé contre toute forme de répression.

Dans le cas où il décide de ne pas prendre la voie du changement voulu par le peuple, il sera capturé dans un sens ou dans l’autre et entrera dans l’histoire comme l’un des pires leaders que son pays et la région aient connus, qui a apporté la souffrance et la mort à son peuple. Sa période de gouvernance sera considérée comme la pire période de l’histoire de son pays.

Un ancien membre du Front Patriotique Rwandais vivant actuellement en exil à Londres estime que, compte tenu de la personnalité de Kagame, il est peu probable qu’il se plie à la volonté du peuple en acceptant d’initier des changements appropriés et nécessaires au Rwanda.

Mr Bitwayiki, qui est psycho-analyste spécialisé dans le comportement humain à la suite d’une forte crainte et l’instinct de l’autoprotection à l’Université de Dublin, pense que Kagame pourrait changer et entreprendre la bonne démarche après avoir réalisé que c’est la meilleure façon qui a le potentiel de lui garantir une bonne sortie du pouvoir et une vie libre après son régime.

Mais Bitwayiki stipule que cela peut se produire uniquement s’il y a suffisamment de pression exercée sur lui, générant ainsi un grand affolement qui l’entraînerait a prendre conscience que ses méthodes de diriger lui apporteront un grand danger bientôt. Cette prise de conscience l’amènerait aussi à constater que ceux qu’il considère comme ses protecteurs ou protecteurs potentiels le lâcheraient si son régime venait à tomber.

Au cours des dix dernières années, la démocratie et la liberté ont été solidement installées dans de nombreux pays africains et leurs populations en profitent actuellement. La liberté des médias, l’espace politique et la participation à la gérance du bien public, les élections libres et justes ainsi que le transfert pacifique du pouvoir sont devenus dans ces pays une normalité quotidienne. Parmi ces pays on peut citer le Bénin, le Ghana, la Zambie, le Botswana, la Namibie, le Malawi, l’Afrique du Sud, etc …

Le Rwanda ne sera pas laissé pour longtemps, coincé dans les années 1970-1980 quand la plupart des pays africains étaient dirigés par les commandants militaires que se succédaient et qui dirigeaient leurs pays au bout des fusils et canons et en terrorisant leurs peuples.

Les expériences du génocide et des massacres des populations, la crise des réfugiés et les graves abus de droits humains devraient avoir déjà transformé le Rwanda en un pays modèle de liberté, de démocratie et de l’inclusion sociale parce son peuple a beaucoup souffert à cause du manque de ces valeurs. Les leaders et politiciens rwandais devraient actuellement être déjà devenues des experts et des modèles de la promotion de ces valeurs pace qu’ils ont connu le pire des conséquences causées par le manque de ces valeurs.

Les Rwandais n’ont pas besoin de beaucoup de choses et ne demandent pas l’impossible à Kagame ou à tout autre politicien. Ils ont juste besoin d’un état de droit, de liberté et du respect de leurs droits en tant qu’humains. Ils ont besoin d’un pays où les institutions ont plus d’importance que les individus et leur apportent protection, cohésion sociale, développement,…

Je ne doute pas que bientôt la liberté et la démocratie arriveront certainement au Rwanda. Ce dont je ne suis pas certain c’est comment elles y atterriront. Cela dépendra uniquement de la nature des mesures et décisions relatives à la gouvernance que le président Kagame prendra dans les prochains mois. C’est cela qui déterminera également le sort de ce dernier.

[Jambonews.net]

juin 17, 2011   No Comments

Rwanda:Pierre Célestin Rwigema de nouveau dans le giron du FPR

Pierre Célestin Rwigema

Pierre-Célestin Rwigema

Du 10 au 11 juin 2011, le régime rwandais avait mobilisé l’Amérique entière et spécialement la ville de Chicago pour accueillir en grande pompe Paul Kagame. A coût de millions de dollars, rien ne fut épargné : recours aux lobbyistes bien connus aux Etats Unis, contrats de communication avec les organes de presse, transport et hébergement des Rwandais vivant aux Etats Unis, au Canada, en Europe et même…au Rwanda. Tout cela pour promouvoir l’image du dictateur dont les services redoutaient d’être ternie par la campagne des opposants qui étaient déterminés à dénoncer publiquement et pour la première fois en Amérique même, les crimes du dictateur Paul Kagame. Résultats des courses : quelques centaines de personnes se sont retrouvés dans la flamboyante salle de l’Hotel Hyiatt et ont comme convenu et sur un claquement de doigts acclamé à tout rompre le dictateur Kagame même quand il lançait des propos décousus et dignes d’un psychopathe. Dehors, une centaine d’opposants chantaient et brandissaient des pancartes sur lesquels on pouvait lire la vraie nature de l’homme qui règne sur le Rwanda depuis 1994. La presse locale n’en revenait pas, elle qui gobait le mensonge présentant Paul Kagame comme un « héros » qui a arrêté le « génocide » et un « visionnaire » qui a propulsé le Rwanda au rang de pays modèle en Afrique. Les organisateurs de la manifestation, notamment Dr Théogène Rudasingwa et Paul Rusesabagina, n’ont pas eu beaucoup de peine à démontrer que l’homme que Chicago avait accueilli dans ses mûrs ce week-end était l’un des pires dictateurs que le monde ait connu.

Mais ceux qui se trouvaient dans la salle ont observé un fait insolite. L’ancien Premier ministre de Paul Kagame de 1995 à 2000, Monsieur Pierre Célestin Rwigema, a littéralement fait un « chemin de croix à genoux » pour parvenir à s’incliner et à serrer la main de Paul Kagame.

L’on se souviendra qu’il y a quelques semaines, plus exactement le 20 mai dernier, nous nous étions étonné de l’annonce par le Procureur général de Kigali de l’abandon des poursuites pour génocide qui étaient intentées contre P.C Rwigema depuis son exil en 2001.Nous avions alors parlé de « deal politique » et que sa concrétisation ne saurait tarder. Le rendez-vous de Chicago constitue donc un premier pas de P.C.Rwigema vers son berceau initial, le FPR, dans ce marché de dupes.

Pour rappel, PC Rwigema fut nommé Premier ministre en remplacement de Faustin Twagiramungu et après avoir trahi ses collègues du parti MDR qui avaient décidé de démissionner collectivement en 1995. Il sera à la base de la dissolution du même parti MDR dont pourtant il se réclamait. Plus grave, il se distinguera par ses discours haineux et incendiaires contre les populations du Nord du Rwanda (Ruhengeri et Gisenyi) qui étaient alors l’objet d’une répression aveugle de l’Armée du FPR (APR) sous prétexte que les « infiltrés » étaient leurs fils. Il a notamment déclaré que ces paysans du Nord devaient être exterminés car « on ne peut pas soigner une taupe de la myopie » autrement dit qu’ils étaient irrécupérables pour vivre avec d’autres Rwandais. Ensemble avec ses collègues Stanley Safari et Anastase Gasana (qui, en tant que le plus perfide de politiciens rwandais, était aussi venu acclamer Kagame à Chicago), il fut à la base des lois liberticides et des termes stigmatisant tout Hutu à volonté comme «  ingengabitekerezo… ». Il est allé jusqu’à affirmer que tous les Hutu devaient demander pardon aux Tutsi !

Pour réussir son show à Chicago, le régime a donc fait un marché avec P.C. Rwigema en lui accordant « l’amnistie » et en retour en lui demandant de venir faire publiquement allégeance à Paul Kagame. Toute la presse du régime ne parle que de cela ! Parions que dans les jours à venir, il va retourner à Kigali pour occuper l’un ou l’autre des postes symboliques réservés aux Hutu de service. Mais parions aussi que aussitôt retourné au Rwanda, les accusateurs retrouveront des éléments nouveaux qui le feront arrêter pour « génocide », ce crime étant imprescriptible. Et l’accord passé avec le Procureur général n’ayant pas force de loi, il sera arrêté, jugé et condamné. Bon voyage monsieur le Premier ministre, mais à bon entendeur, Salut !

[Echos d’Afrique]

juin 16, 2011   3 Comments

Le dictateur Rwandais Kagame à Chicago

Manif. à Chicago contre le Criminel et Dictateur Paul Kagame - Juin 2011

Manif contre criminel et dictateur Kagame – Chicago – Juin 2011

Le week-end dernier, Paul Kagame, Président du Rwanda, était à Chicago pour une journée destinée à promouvoir la culture du pays et des investissements en son sein. Alors qu’il était l’objet de manifestations hors de l’hôtel dans lequel se passaient l’évènement, le même homme politique faisait figure de véritable héros pour ses convives.

Encore une fois, la piètre situation des Droits de l’Homme au Rwanda est reprochée à son homme fort. Aussi, le président a eu droit à tous les qualificatifs : « Kagame, criminel de guerre » ou « Kagame, terroriste » pouvait-on lire sur certaines pancartes brandies par 300 à 400 manifestants. Du nombre de ceux-ci étaient d’anciens collaborateurs de Kagame, aujourd’hui en exil, dont, Théogène Rudasingwa, son chef de cabinet d’antan et Gérald Gahima, ex-Procureur Général, tous deux réunis dans un parti d’opposition créé aux USA en 2010, le Congrès National Rwandais. En gros, cette opposition réclamait l’arrêt des violations des Droits de l’Homme au Rwanda ainsi que des violences perpétrées par les forces rwandaises au Congo Démocratique, plus de liberté d’expression et justice concernant les crimes commis lors du génocide de 1994 et aussi dans la suite.

Rudasingwa - Manif. à Chicago contre le Criminel et Dictateur Paul Kagame - Juin 2011

Rudasingwa lors de la manif. à Chicago contre le Criminel et Dictateur Paul Kagame – Juin 2011

Dans l’hôtel abritant la journée rwandaise, l’ambiance était tout autre : la diaspora rwandaise d’Amérique du Nord favorable au pouvoir, des ministres et des businessmen étaient présents autour de Kagame. Comme un symbole, le pasteur Jesse Jackson, défenseur des droits civiques, a rendu hommage à Kagame, « un grand dirigeant qui a sorti sa nation de la tombe pour qu’elle vive à nouveau ». Après cela, alors que la presse internationale a retenu les manifestations contre Kagame comme faits principaux, les journaux rwandais n’y ont même pas fait allusion. D’où, quelque part, les opposants militaient avec raison. Mais, parmi eux, figuraient des amis d’hier de Kagame. Ceux-là se sont tus tant qu’ils bénéficiaient des faveurs du chef. Comme ceux qui étaient confortablement assis à l’intérieur de l’hôtel. Bref, l’intérêt majeur des nations est souvent sacrifié sur l’autel de profits égoïstes. Nous en avons ici une parfaite illustration.

[Afrique 7]

juin 16, 2011   No Comments

Kagame dictateur et criminel de guerre

Kagame: dictateur, genocidaire et criminel de guerre

Kagame: dictateur, genocidaire et criminel de guerre

Des dirigeants de l’opposition rwandaise en exil ont protesté contre la venue du président rwandais Paul Kagame à Chicago, le qualifiant de dictateur et de criminel de guerre lors d’une manifestation près de l’hôtel où il s’adressait à des Rwandais vivant aux Etats-Unis.

Paul Kagame se trouve ce week-end à Chicago pour y animer une journée du Rwanda que ses anciens compagnons d’armes, aujourd’hui en exil, ont promis de perturber.

Des manifestants, qui se sont rassemblés dans la nuit de samedi à dimanche, ont scandé Kagame, criminel de guerre devant l’hôtel où se tenait la conférence.

Théogene Rudasingwa, ancien chef de cabinet de M. Kagame et aujourd’hui coordinateur du Congrès national rwandais (Rwanda national congres), un parti en exil, a déclaré: Kagame est le pire dictateur que vous puissiez imaginer car la totalité de l’espace politique rwandais a été fermé à double tour

Si vous tentiez de l’écrire aujourd’hui au Rwanda, vous seriez mort. Des dirigeants de l’opposition ont été tués, des journalistes ont été tués, a-t-il dit à l’AFP.

Le Congrès national rwandais a été fondé en 2010 par Rudasingwa et d’autres anciens proches de Kagame, parmi lesquels l’ancien chef d’état-major de l’armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa exilé en Afrique du Sud, l’ancien chef des renseignements militaires le colonel Patrick Karegeya également exilé en Afrique du Sud et l’ancien procureur général Gerald Gahima qui vit, comme Rudasingwa, aux Etats-Unis.

Les violations des droits de l’Homme résultant de la main mise de Kagame sur le Rwanda et la guerre en République Démocratique du Congo sont établis, a affirmé M. Rudasingwa.

Nous sommes ici pour demander que ceux qui les ont commis rendent compte de leurs actes et pour qu’ils cessent (leurs actes) car ces crimes continuent, a encore dit M. Rudasingwa.

De manière plus positive, les messages d’espoir que nous lançons aux Rwandais et à la communauté internationale est que les Hutu et les Tutsi et les Twa (pygmés) veulent la vérité, la réconciliation et l’oubli, a précisé l’opposant rwandais.

M. Rudasingwa a indiqué qu’il avait été inspiré par les révolutions arabes et qu’il avait l’espoir de voir le Rwanda trouver une voix pacifique vers la démocratie, même si, selon lui, M. Kagame ne va pas aisément renoncer au pouvoir.

Paul Rusesabagina, l’homme qui a inspiré le film Hôtel Rwanda en sauvant 1.268 personnes durant le génocide de 1994, a participé à l’organisation de cette manifestation.

Ce qui s’est passé au Rwanda en 1994 n’est pas terminé, a-t-il dit. Cela a continué au Congo (République Démocratique du Congo) sous la direction de ceux qui ont pillé les +minerais du sang+ et tué des Congolais

En revanche, le président Kagame a reçu un accueil très chaleureux à l’intérieur de l’hôtel où des milliers d’émigrants rwandais l’ont salué et applaudi.

Le défenseur des droits civiques, le pasteur Jesse Jackson, l’a présenté comme un grand dirigeant qui a sorti sa nation de la tombe pour qu’elle puisse vivre à nouveau.

Paul Kagame lui-même a rejeté les critiques des manifestants et déclaré qu’il était concentré sur une nouvelle politique basée sur l’économie et le développement social.

Nous avons baigné dans la douleur mais nos coeurs ne sont pas morts. C’est la raison pour laquelle notre politique donne le bien être et un bon niveau de vie à chaque rwandais, a-t-il dit.

Combattons pour la paix et le développement, pour reconstruire et transformer notre nation, a-t-il ajouté dans un long discours.

[AFP]

juin 15, 2011   No Comments

Campagne Amnistie Internationale: Les limites de la liberté d’expression au Rwanda

par Amnistie Internationale

QUAND S’EXPRIMER N’EST PAS SANS DANGER : LES LIMITES DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION AU RWANDA

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(In English: Amnesty International campaign “Unsafe to Speak Out: Restrictions on Freedom of Expression in Rwanda”)
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Campagne Amnistie Internationale: Les limites de la liberté d'expression au Rwanda

Campagne Amnistie Internationale: Les limites de la liberté d’expression au Rwanda

La liberté d’expression au Rwanda est restreinte sans raison depuis de nombreuses années. Les mois qui ont précédé le scrutin présidentiel d’août 2010, que le président Paul Kagame a remporté avec 93 % des voix, ont été marqués par la mise en œuvre de mesures restreignant la liberté d’expression. Le gouvernement rwandais a fait part de son engagement à réviser les lois pénalisant la critique, mais les récents procès de journalistes et d’hommes politiques de l’opposition semblent au contraire indiquer que la politique de répression des opinions dissidentes se poursuit dans le pays.

Le Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir depuis le génocide de 1994, exerce un contrôle étroit sur la vie politique, la société civile et les médias, au motif que cela est nécessaire pour prévenir de nouveaux accès de violence. Les défenseurs des droits humains, les journalistes et les opposants politiques ne peuvent pas critiquer ouvertement ni publiquement les autorités. Ceux qui se risquent à parler encourent des poursuites judiciaires, voire des emprisonnements.

Les restrictions sur la liberté d’association et d’expression ont empêché les nouveaux partis d’opposition de participer aux élections d’août 2010. Pendant cette période, les journalistes étaient passibles de sanctions pénales pour diffamation. Au lieu de prendre en compte les critiques, le gouvernement rwandais a essayé de les étouffer.

LA PÉNALISATION DES CRITIQUES

AGISSEZ MAINTENANT

 

Écrivez aux autorités rwandaises, en leur demandant de :

– permettre aux hommes politiques de l’opposition, aux journalistes, aux défenseurs des droits humains et à tout un chacun d’exprimer ses opinions, notamment les critiques légitimes des politiques gouvernementales, sans avoir à craindre pour sa sécurité.

– accélérer le réexamen de la loi sur l’« idéologie de génocide » et de la loi de 2009 régissant les médias afin de les rendre compatibles avec les obligations du Rwanda en matière de droit international relatif aux droits humains.

– réviser les lois relatives au « sectarisme » et à « l’insulte envers le président » afin de les rendre compatibles avec les obligations du Rwanda en matière de droit international relatif aux droits humains.

Envoyez vos appels à :

Président Paul Kagame
Présidence de la République
BP 15
Kigali
Rwanda
Fax : + 250 58 43 90

M. Tharcisse Karugarama
Ministre de la Justice
BP 160
Kigali
Rwanda
Fax : + 250 58 586 509

Des lois générales, rédigées en termes vagues, réprimant l’« idéologie du génocide » et le « divisionnisme » ont été introduites dans la décennie suivant le génocide de 1994. Quelque 800 000 Rwandais ont été tués au cours de cette période ; les victimes étaient pour la plupart des Tutsis, ainsi que des Hutus qui s’étaient opposés à ce massacre organisé. Ces textes interdisent les discours de haine mais sont rédigés en termes si généraux qu’ils érigent aussi en infraction l’expression d’opinions ne s’apparentant pas à des discours de haine, et notamment toute critique du gouvernement, fût-elle légitime. Ces lois vont à l’encontre des obligations régionales et internationales en matière de droits humains du Rwanda, ainsi que des engagements en faveur de la liberté d’expression pris par l’État rwandais ; en outre, leur formulation vague est délibérément exploitée pour violer les droits humains.

Dans son rapport d’août 2010, Il est plus prudent de garder le silence : Les conséquences effrayantes des lois rwandaises sur l « idéologie du génocide » et le « sectarisme » (index AI : AFR 47/005/2010), Amnesty International a montré comment la formulation vague de ces textes était utilisée pour faire tomber sous le coup de la loi la critique à l’encontre du gouvernement, ainsi que les opinions dissidentes légitimes d’hommes politiques, de défenseurs des droits humains ou de journalistes.

Les enquêteurs d’Amnesty International se sont rendu compte que de nombreux Rwandais, y compris ceux qui avaient une connaissance approfondie du droit de leur pays, notamment des avocats ou des défenseurs des droits humains, étaient incapables de définir avec précision « l’idéologie du génocide ». Même des juges, pourtant chargés de l’application de la loi, ont reconnu qu’elle était rédigée en termes vagues et abstraits.

Il semble également que, dans les communautés locales, l’accusation d’« idéologie du génocide » soit utilisée pour régler les différends personnels. Cette disposition législative prévoit des sanctions pénales à l’encontre d’enfants de moins de 12 ans, ainsi que de leurs parents, tuteurs ou enseignants, s’il est établi qu’ils ont « inoculé » à un enfant l’« idéologie du génocide ». Les adultes reconnus coupables encourent des peines de prison comprises entre 10 et 25 ans.

LES ENGAGEMENTS DU GOUVERNEMENT EN FAVEUR D’UNE RÉFORME LÉGISLATIVE

En avril 2010, les autorités rwandaises ont annoncé qu’elles s’engageaient à réexaminer la législation sur l’« idéologie du génocide ». Au cours de l’Examen Périodique Universel du Rwanda effectué par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en janvier 2011, le gouvernement rwandais a réitéré cet engagement, indiquant également que la loi de 2009 régissant les médias, qui restreint abusivement la liberté d’expression, allait être réexaminée.

Même s’il reconnaît les insuffisances de la loi sur « l’idéologie du génocide », le gouvernement continue de l’utiliser afin de poursuivre des personnes exprimant pourtant des critiques légitimes. Par ailleurs, aucun engagement clair n’a été pris relativement à une éventuelle révision de la loi sur le « divisionnisme », elle aussi utilisée pour étouffer les critiques. Depuis les élections, plusieurs personnes ont été déclarées coupables d’atteinte à la sécurité de l’État pour avoir mis en cause le gouvernement ; cette inculpation est passible d’une lourde peine de prison.

LES MESURES RESTRICTIVES À L’ENCONTRE DES MÉDIAS AVANT LES ÉLECTIONS

Avant le scrutin présidentiel d’août 2010, le gouvernement a pris des mesures très fermes à l’encontre des critiques. Il a eu recours à des sanctions réglementaires, à des lois restrictives et à des procès en diffamation pour faire interdire des organes de presse critiquant le gouvernement.

Le Haut Conseil des médias rwandais, une instance de régulation proche du parti au pouvoir, a suspendu d’avril à octobre 2010 la publication de deux journaux en langue kinyarwanda, Umuseso et Umuvugizi. Il a ensuite demandé leur interdiction définitive, au motif que certains de leurs articles constituaient une menace pour la sécurité nationale.

Après avoir reçu des menaces, le rédacteur en chef d’Umuvugizi, Jean-Bosco Gasasira, ainsi que celui d’Umuseso, Didas Gasana, ont fui le Rwanda, respectivement en avril et en mai 2010.

UN MEMBRE DE L’OPPOSITION EMPRISONNÉ

Bernard Ntaganda, le chef de file de l’opposition, président et fondateur du Parti social Imberakuri (PS-Imberakuri), a été emprisonné le 11 février 2011, sur des chefs d’accusation politiques. Il a été condamné à une peine de quatre ans d’emprisonnement après avoir été déclaré coupable d’atteintes à la sécurité du pays, de « divisionnisme » – pour avoir prononcé en public des discours critiquant la politique du gouvernement en amont des élections de l’an dernier –, et de tentative d’organisation d’une manifestation « non autorisée ». Bernard Ntaganda a fait appel de sa condamnation.

Les poursuites à l’encontre de Bernard Ntaganda s’inscrivent dans une tendance plus générale et inquiétante, visant à museler les critiques à l’égard du gouvernement au motif qu’elles constitueraient des menaces pour la sécurité nationale. Les poursuites pour atteinte à la sécurité de l’État et « divisionnisme » engagées à l’encontre du leader du Parti social Imberakuri s’appuient uniquement sur le fait qu’il a critiqué les politiques gouvernementales dans ses discours. Le procureur a requis une peine de prison de 10 ans fondée sur ces deux chefs d’accusation, en affirmant que : « donner une image négative des autorités du pays » pourrait pousser la population à se révolter et donner lieu à des troubles.

Bernard Ntaganda a été arrêté à l’aube le 24 juin 2010 – premier jour de la période d’enregistrement des candidats à l’élection présidentielle –, quelques heures seulement avant une manifestation prévue par son parti dans la capitale, Kigali. Le chef du Parti social Imberakuri avait bien demandé l’autorisation d’organiser la manifestation ; d’après le procureur, les autorités ont essayé de lui signifier qu’elle était interdite seulement la veille de l’événement. Sa défense a cependant déclaré que les manifestants n’étaient pas au courant de cette décision.

Le PS-Imberakuri était le seul nouveau parti parvenu à se faire enregistrer. Il a par la suite été infiltré par des dissidents qui ont décidé de ne pas présenter de candidat.

Bernard Ntaganda a été convoqué devant le Sénat fin 2009 pour répondre d’accusations d’« idéologie du génocide ». La commission politique du Sénat a considéré, en avril 2010, que les accusations étaient fondées.

Le gouvernement doit immédiatement et sans condition relâcher Bernard Ntaganda, emprisonné pour avoir exprimé son opinion sans avoir prôné le recours à la violence.

DES JOURNALISTES EMPRISONNÉS

Agnes Nkusi Uwimana, directrice de publication du tabloïde indépendant Umurabyo, en langue kinyarwanda, et sa rédactrice en chef adjointe Saidati Mukakibibi, ont été condamnées vendredi 4 février 2011 à dix-sept et sept ans d’emprisonnement respectivement, pour les articles d’opinion qu’elles ont écrits avant l’élection présidentielle d’août 2010. Les deux femmes ont fait appel de leur condamnation.

Agnes Nkusi Uwimana a été déclarée coupable de menace à la sûreté de l’État, d’« idéologie du génocide », de divisionnisme et de diffamation, tandis que Saidati Mukakibibi a été reconnue coupable de menace à la sûreté de l’État. Toutes deux ont été poursuivies en lien avec plusieurs articles dans lesquelles elles critiquaient la politique mise en œuvre par le gouvernement et accusaient de corruption de hauts responsables du pays, dont le président Paul Kagame. Dans leurs articles, elles faisaient également allusion au sentiment d’insécurité qui régnait durant la période préélectorale en 2010 et à la division croissante au sein des forces de sécurité.

Avant de faire l’objet de poursuites, Agnes Nkusi Uwimana a été convoquée devant le Haut Conseil des médias pour répondre d’accusations selon lesquelles ses articles étaient diffamatoires.

Le gouvernement doit immédiatement et sans condition relâcher Agnes Nkusi Uwimana et Saidati Mukakibibi, emprisonnées pour avoir exercé leur liberté d’expression sans avoir prôné le recours à la violence.

UN JOURNALISTE TUÉ

Jean-Léonard Rugambage, rédacteur en chef adjoint d’un journal rwandais en langue kinyarwanda, Umuvugizi, a été abattu le 24 juin 2010 devant chez lui, près de Kigali. C’est le premier journaliste rwandais tué depuis plusieurs années.

Jean-Léonard Rugambage menait des investigations sur l’homicide par arme à feu de l’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, Kayumba Nyamwasa, commis à Johannesburg (Afrique du Sud) le 19 juin 2010. Umuvugizi avait publié un article en ligne le 24 juin 2010 affirmant que des agents des services de renseignement rwandais étaient mêlés à cette affaire. Dans les jours précédant sa mort, Jean-Léonard Rugambage avait indiqué à ses collègues qu’il avait l’impression que la surveillance dont il faisait l’objet s’était intensifiée.

Le rédacteur en chef adjoint d’Umuvugizi a été tué en juin 2010. Le Haut Conseil rwandais des médias a suspendu les journaux Umuseso et Umuvugizi d’avril à octobre 2010, après qu’ils eurent publié des articles mettant en cause le gouvernement.

Rien ne permet d’affirmer que la police rwandaise ait enquêté sur les pistes semblant indiquer que le meurtre de Jean-Leonard Rugambage avait des motivations politiques. Deux suspects ont été arrêtés seulement quelques jours après le meurtre. Au mois d’octobre, ils ont été déclarés coupables de l’homicide et condamnés à purger une peine de prison à perpétuité. Ils ont affirmé que Jean-Leonard Rugambage avait tué l’un des membres de leur famille lors du génocide de 1994. Jean-Leonard Rugambage a en effet eu à répondre de ces accusations devant une juridiction gacaca en 2005 (les gacaca sont des tribunaux communautaires villageois qui jugent à la hâte la majorité des personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide), après avoir publié un article dans lequel il critiquait la justice rendue par les gacaca. Les poursuites ont été abandonnées par manque de preuves.

Amnesty International pense que le gouvernement devrait rouvrir l’enquête sur le meurtre de Jean-Leonard Rugambage, en établissant une commission d’investigation indépendante ayant pour mandat d’explorer toutes les pistes possibles.

UN MEMBRE DE L’OPPOSITION TUÉ

Le 14 juillet, André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti démocratique vert du Rwanda, parti d’opposition, a été retrouvé mort à Butare, dans le sud du Rwanda. Il a été décapité.

Selon certaines informations, André Kagwa Rwisereka, qui avait quitté le FPR pour créer le Parti démocratique vert, était inquiet pour sa sécurité depuis plusieurs semaines. D’autres membres du Parti démocratique vert ont indiqué avoir eux aussi reçu des menaces.

Personne n’a été traduit en justice pour le meurtre d’André Kagwa Rwisereka. La police a ouvert une enquête, mais selon le ministère public il n’existe pas assez d’éléments de preuve pour engager des poursuites. Amnesty International exhorte le gouvernement à constituer une commission indépendante pour enquêter sur la mort d’André Kagwa Rwisereka.

[Amnistie Internationale]

juin 7, 2011   No Comments