Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — June 2010

Rwanda: La révolution démocratique est en marche

par le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi.

– Rwanda actuel: “une brutale autocratie aux allures de monarchie absolue qui tente maladroitement de se couvrir d’oripeaux démocratiques.”

– “La révolution démocratique est désormais en marche et rien ne peut plus l’arrêter. Le camp de la révolution ne cesse de se renforcer alors que la dictature ne cesse d’étaler au grand jour le mal qui la ronge et qu’elle creuse tous les jours sa propre tombe.”

– Les Forces Démocratiques Unies (FDU-Inkingi) demandent aux Rwandaises et aux Rwandais “de rester mobilisés pour défendre leurs droits jusqu’au triomphe de l’égalité sur l’exclusion, du droit sur la force et de la paix sur la guerre dans un Rwanda démocratique, prospère et solidaire.”

Dix huit mois après la déclaration de La Haye, par laquelle les FDU-Inkingi ont annoncé leur intention de participer aux élections présidentielles du 09 août 2010, ce 24 juin 2010, la Commission électorale a commencé à enregistrer les dossiers des Candidats. Pendant tout ce temps, rien n’a été épargné aux FDU-Inkingi ainsi qu’à leur Candidate, Mme Victoire INGABIRE Umuhoza pour empêcher notre participation.

Le régime de Paul Kagame a d’abord refusé d’accorder des documents de voyage aux dirigeants et aux cadres qui devaient être déployés dans le pays. Il a poussé le ridicule jusqu’à nier la nationalité rwandaise d’Eugène NDAHAYO, qui devait conduire le processus d’enregistrement des FDU-Inkingi et organiser et diriger la campagne de leur candidate.

En même temps, des menaces d’emprisonnement ont été régulièrement brandies contre ceux qui oseraient aller au Rwanda. Le régime est allé jusqu’à organiser un attentat à Bruxelles contre l’épouse d’un autre dirigeant, Jean-Baptiste MBERABAHIZI, dans l’espoir d’intimider les plus téméraires. Machiavéliquement, un document de voyage a été accordé à la seule Présidente des FDU-Inkingi dans l’espoir que l’organisation n’oserait pas l’envoyer sans ses camarades ou si elle était quand même déployée au Rwanda, elle serait une proie facile ou à défaut une candidate alibi.

Le 16 janvier 2010, bravant tous les dangers, la Présidente est quand même allée au Rwanda accompagnée de militants de base. Elle a immédiatement été l’objet d’un lynchage médiatique en règle. Elle a échappé de justesse à un passage à tabac dans les locaux de l’administration locale. Sa vie privée a été honteusement violée et sa famille roulée dans la boue avant d’être accusée de génocide.

Pour bloquer l’enregistrement des FDU-Inkingi, l’administration locale a refusé à cinq reprises d’autoriser la tenue de leur congrès constitutif. Et pour couronner le tout, le régime a fabriqué contre leur Présidente des accusations d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, d’idéologie du génocide, de divisionnisme et de révisionnisme et d’association avec un groupe terroriste et l’a arrêtée le 21 avril 2010 avant de la placer en résidence surveillée le lendemain, avec interdiction de quitter le pays ou la capitale Kigali et obligation de se présenter à d’innombrables interrogatoires de la police.

Le régime de Paul Kagame entendait ainsi rendre impossible tout travail politique. Le 28 mai 2010, son avocat américain Me Peter ERLINDER a été arrêté à son tour et placé en détention préventive pour « négation du génocide » et « propos portant atteinte à la sûreté de l’Etat » avant d’être remis en liberté provisoire pour « raisons médicales ».

Pendant ce temps, les autres partis d’opposition ont été également harcelés.
Le Parti démocratique des Verts, à plusieurs reprises, n’a pas non plus été autorisé à réunir son congrès constitutif.
Le Président du Parti Social Imberakuri a fait l’objet d’attaques ciblées et de menaces d’emprisonnement pour l’intimider et, en désespoir de cause, un putsch a été organisé contre lui à l’instigation du régime.
Un autre opposant, Déo Mushayidi, Président du Pacte de Défense du Peuple, été arrêté et placé en détention préventive.
Deux journaux indépendants « Umuseso » et « Umuvugizi » ont été suspendus et une activiste de « Human Rights Watch » a été expulsée du pays.

Les propriétaires de la résidence de la Présidente des FDU-Inkingi qui fait également office de siège du mouvement ont été intimidés jusqu’au point de les pousser à résilier le contrat de bail. Les gérants des hôtels de Kigali ont été discrètement dissuadés de louer aux FDU-Inkingi des salles de conférence.

Les forces de défense et de sécurité sont secouées par des dissensions qui ont poussé plusieurs généraux et autres officiers supérieurs à quitter le pays pendant que d’autres sont mis en résidence surveillée. Le désarroi du régime et sa fuite en avant l’ont poussé à tenter d’assassiner l’ancien chef d’Etat-major réfugié en Afrique du Sud, le Général Kayumba Nyamwasa.

Ce mardi 22 juin 2010, au cours d’une conférence de presse, le président de la commission électorale, Chrysologue KARANGWA a invité Mme Victoire INGABIRE UMUHOZA à présenter sa candidature confirmant ainsi qu’il agit sur instruction, allant jusqu’à susciter sa candidature, une tentative désespérée dont le but évident est d’essayer de donner un peu de crédit à un exercice dont le pouvoir est conscient qu’à défaut, il s’agit bien d’une farce électorale.

Il est évident que les FDU-Inkingi ne peuvent pas présenter de candidat aux prochaines élections présidentielles tant que le calendrier ne sera pas revu pour leur permettre d’être d’abord agréées comme parti politique dans les conditions prévues par la loi. Mais, le régime de Paul Kagame a montré au monde son vrai visage : une brutale autocratie aux allures de monarchie absolue qui tente maladroitement de se couvrir d’oripeaux démocratiques.

Le processus engagé le 28 septembre 2008 est un processus révolutionnaire. C’est une lutte de longue durée. Le pouvoir ne peut plus faire comme avant l’arrivée des FDU-Inkingi au Rwanda, le 16 janvier 2010. Et le peuple rwandais ne veut plus le laisser faire. La révolution démocratique est désormais en marche et rien ne peut plus l’arrêter. Le camp de la révolution ne cesse de se renforcer alors que la dictature ne cesse d’étaler au grand jour le mal qui la ronge et qu’elle creuse tous les jours sa propre tombe.

Dans les premières heures de la matinée du 24 juin, la police a encerclé le domicile de Me Bernard NTAGANDA, avant de défoncer les portes et de l’emmener dans un lieu jusqu’ici tenu secret. Un peu plus tard, au moins 500 manifestants ont été également arrêtés. En ce jour de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, ils voulaient exprimer leur indignation vis-à-vis du régime FPR qui a exclu de la compétition démocratique d’une part le Parti Démocratique des Verts et les FDU-Inkingi en leur refusant l’enregistrement, et, d’autre part, le PS-Imberakuri en organisant son implosion par un putsch contre Me Bernard Ntaganda son Président-fondateur.

Sylvain Sibomana et Alice Uwera, respectivement Secrétaire Général et Trésorière du Comité Exécutif Provisoire des FDU-Inkingi figurent parmi les personnes arrêtées. Ils ont été sérieusement tabassés avant d’être jetés en prison.

Sur la liste des arrestations figurent également l’un des avocats des FDU-Inkingi ainsi que des représentants de l’organisation dans les différents districts de la Ville de Kigali. Ils sont tous entassés dans la prison mouroir de Kimironko. Pendant ce temps, la résidence de la Présidente des FDU-Inkingi était encerclée par la police. Le Président du Parti Démocratique des Verts Frank Habineza et son Vice-président André Kagwa Rwisereka ont été interpellés par la police avant d’être relâchés.

Nous demandons aux familles des personnes qui ont fait l’objet d’arrestations de signaler leurs noms aux FDU-Inkingi ainsi qu’aux organismes des droits de l’homme tels que Human Rights Watch, Amnesty International et LIPRODHOR afin d’éviter que le régime de Paul Kagame ne les fasse disparaître dans l’anonymat.

Tout cela s’est passé à l’abri des médias car le matériel des journalistes qui ont tenté de couvrir cette manifestation qui se voulait pourtant pacifique a été réquisitionné. C’est le cas d’un des journalistes de l’Agence Reuters qui s’est vu arracher sa caméra. Plusieurs autres journalistes ont été vite chassés par la police qui était visiblement plus que jamais décidée à faire taire la voix des démocrates.

Nous venons d’apprendre que dans la nuit du 24 au 25 juin, le journaliste Jean Léonard Rugambage, rédacteur en chef du journal « UMUVUGIZI », l’un des deux journaux bannis au Rwanda par le pouvoir dictatorial de Kagame, est tombé dans une embuscade devant son domicile à Kigali alors qu’il rentrait chez lui et qu’il a été tué par balles par des éléments non encore identifiés.

Le Comité de Soutien des FDU-Inkingi condamne fermement ces actes barbares et exige la libération immédiate et inconditionnelle des personnes arrêtées. Nous demandons également qu’une enquête urgente et sérieuse soit menée pour identifier et traduire en justice les auteurs de cet ignoble assassinat.

Cette fuite en avant de la dictature montre une fois de plus que la peur a changé de camp et que le peuple a pris son destin en mains.

C’est pourquoi le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi demande aux Rwandaises et aux Rwandais de rester mobilisés pour défendre leurs droits jusqu’au triomphe de l’égalité sur l’exclusion, du droit sur la force et de la paix sur la guerre dans un Rwanda démocratique, prospère et solidaire.

Vive la démocratie ! A bas la dictature !

Fait à Bruxelles, le 25 juin 2010
à l’occasion des Sit-In organisés le 24 et 25 juin 2010 devant le siège de l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles.

Pour le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi
Eugène NDAHAYO
Président

Déclaration du Comité de Soutien aux FDU-Inkingi à l’occasion des Sit-In des 24 et 25 juin 2010 organisés devant le siège de l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles.

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June 30, 2010   No Comments

Rwanda: Il faut mettre fin aux attaques contre les journalistes et les opposants

par Human Rights Watch.

Le Rwanda connaît actuellement une hausse de l’insécurité et de la répression politique à l’approche de l’élection présidentielle prévue en août 2010 : tel est l’avertissement lancé aujourd’hui par Human Rights Watch. Ces deux derniers jours, un journaliste indépendant a été tué, le dirigeant d’un parti d’opposition a été mis en garde en vue, et d’autres membres de partis d’opposition ont été arrêtés.

« La situation sécuritaire se détériore rapidement », a déclaré Rona Peligal, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch. « Alors que l’on n’en est plus qu’à 45 jours de l’élection, le gouvernement se démène pour faire taire ses opposants et ses détracteurs. »

Le gouvernement rwandais devrait ouvrir des enquêtes sur tous les incidents de violence et s’assurer que les militants de l’opposition et les journalistes sont en mesure de vaquer sans crainte à leurs occupations légitimes, a déclaré Human Rights Watch.

Meurtre de Jean-Léonard Rugambage

Jean-Léonard Rugambage, journaliste à l’hebdomadaire Umuvugizi, a été tué par balles le 24 juin, peu après 22 heures, devant son domicile dans le quartier de Nyamirambo, à Kigali, la capitale rwandaise. Ses collègues et d’autres sources au Rwanda ont confié à Human Rights Watch que l’assaillant semblait attendre que le journaliste rentre chez lui.

Au moment où le véhicule de Rugambage s’approchait de son portail, un homme s’est avancé et a tiré plusieurs coups à bout portant, qui ont atteint Rugambage à la tête et à la poitrine. Il est mort sur le coup. L’agresseur s’est ensuite enfui en voiture. La police est arrivée et a emmené le corps de Rugambage à l’hôpital de la police à Kacyiru pour pratiquer une autopsie. Le 25 juin, elle a déclaré avoir ouvert une enquête sur la mort de Rugambage.

Le matin du meurtre de Rugambage, Umuvugizi, un journal indépendant souvent critique à l’égard du gouvernement, avait publié un article en ligne soutenant que le gouvernement rwandais se trouverait derrière la tentative d’assassinat d’un ancien général rwandais, Faustin Kayumba Nyamwasa, en Afrique du Sud le 19 juin, et impliquant des hautes autorités. Depuis qu’il a fui en Afrique du Sud en février 2010, le général Kayumba, autrefois proche allié du Président Paul Kagame et ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, est devenu un détracteur de plus en plus véhément du gouvernement. Le rédacteur en chef d’Umuvugizi a expliqué que Rugambage enquêtait sur la tentative d’assassinat de Kayumba et qu’il avait affirmé faire l’objet d’une surveillance accrue dans les jours précédant son décès.

« Nous sommes choqués et peinés par la mort de ce journaliste courageux », a déclaré Rona Peligal. « La liberté d’expression est déjà sévèrement limitée au Rwanda, mais le meurtre de Rugambage assène un nouveau coup au journalisme d’investigation et, d’une manière plus générale, à la liberté d’expression dans ce pays. »

Human Rights Watch a exhorté les autorités rwandaises à s’assurer que les responsables de l’assassinat de Rugambage soient traduits en justice sans plus tarder et à veiller à la sécurité et à la protection des autres journalistes.

Arrestations de membres de partis de l’opposition

Tôt le 24 juin, la police s’est introduite chez Bernard Ntaganda, dirigeant du parti d’opposition PS-Imberakuri, et l’a embarqué afin de l’interroger. En garde à vue depuis deux jours, il serait détenu au poste de police de Kicukiro. Les accusations exactes qui sont portées contre lui n’ont pas été confirmées, mais il semblerait que la police l’ait notamment interrogé sur son implication présumée dans une tentative d’incendie criminel perpétrée contre le domicile de l’ancienne vice-présidente du parti, Christine Mukabunani, et pour incitation à la division ethnique.

Des membres du PS-Imberakuri ont signalé que la police avait fait une descente au domicile de Ntaganda et dans le bureau du parti, emportant des documents et d’autres effets. Le 25 juin, le bureau n’arborait plus ni le drapeau ni l’effigie du parti.

Quelques heures plus tard dans la matinée du 24 juin, plusieurs membres du PS-Imberakuri ont été rassemblés par la police et mis en garde à vue après s’être réunis devant l’ambassade des États-Unis où ils s’étaient rendus pour demander de l’aide suite à l’arrestation de Ntaganda. Certains ont été relâchés, mais plusieurs, dont le secrétaire général du parti, Théobald Mutarambirwa, sont restés en garde en vue dans différents lieux de Kigali le 25 juin.

Toujours dans la matinée du 24 juin, la police a arrêté plusieurs membres du FDU-Inkingi, autre parti d’opposition, qui s’étaient rassemblés devant le ministère de la Justice pour protester contre un procès intenté contre la présidente de leur parti, Victoire Ingabire. La plupart d’entre eux ont été relâchés le 25 juin, mais le secrétaire général du parti, Sylvain Sibomana, sa trésorière, Alice Muhirwa, et son représentant à Kigali, Théoneste Sibomana, étaient toujours détenus au poste de police de Kicukiro le 26 juin. Des membres du FDU-Inkingi ont déclaré qu’en dispersant leur rassemblement, la police leur a dit de cesser d’être membres du parti. La police a également encerclé la maison d’Ingabire vers 6 heures du matin le 24 juin, y restant pendant une bonne partie de la journée.

Des membres des deux partis ont signalé avoir été battus par la police.

Le 25 juin, le commissaire général de la police a émis une déclaration selon laquelle environ 40 individus avaient tenté d’organiser une manifestation sans autorisation, dont 22 avaient été arrêtés et interrogés, 14 avaient été relâchés et huit autres étaient toujours détenus pour d’autres interrogatoires.

« Ces incidents se produisent précisément au moment où les partis présentent leurs candidats à l’élection présidentielle », a conclu Rona Peligal. « Le gouvernement cherche visiblement à s’assurer que les partis d’opposition ne sont pas opérationnels et sont exclus du processus politique. »

Intimidation des médias indépendants

L’assassinat de Rugambage n’est pas le premier acte de violence perpétré contre les journalistes. En effet, en février 2007, le rédacteur en chef d’Umuvugizi, Jean-Bosco Gasasira a été attaqué devant son domicile par un groupe d’agresseurs, lors d’un incident qui a failli lui coûter la vie, après qu’il était intervenu sur la question du harcèlement des journalistes lors d’une conférence de presse présidentielle.

En juillet 2009, le ministre de l’Information a déclaré publiquement que « les jours de la presse destructrice sont comptés », faisant allusion à Umuvugizi et à un second journal indépendant, Umuseso. Moins de 24 heures plus tard, le parquet convoquait Gasasira pour qu’il réponde à des allégations de diffamation, délit pénal passible d’emprisonnement. Gasasira a été déclaré coupable et condamné à verser une amende conséquente. Umuseso a fait l’objet de chefs d’inculpation similaires pour diffamation pour avoir exposé des scandales impliquant de hautes personnalités. En février, un tribunal a condamné son ancien rédacteur en chef, Charles Kabonero, à un an de prison, ainsi que le rédacteur en chef actuel, Didas Gasana, et un reporter, Richard Kayigamba, à six mois chacun. Les rédacteurs en chef des deux journaux ont fui le pays après avoir reçu des menaces à plusieurs reprises.

Le 13 avril, le Haut-Conseil des médias, organe gouvernemental de réglementation des médias, a suspendu Umuseso et Umuvuzigi pour une durée de six mois, pour ensuite demander leur fermeture définitive. Le Haut-Conseil a allégué, entre autres, que certains des articles des deux journaux constituaient une menace pour la sécurité nationale. L’appel lancé par les journaux contre cette suspension est toujours en instance. La suspension a de fait entraîné l’interruption de tout journalisme indépendant à l’approche des élections, étant donné qu’Umuseso et Umuvugizi faisaient partie des très rares journaux indépendants encore actifs au Rwanda. Depuis, Umuvugizi publie une version électronique de son journal, mais l’accès à son site Internet a été bloqué à l’intérieur du Rwanda.

Entrave aux partis de l’opposition

Les membres des partis de l’opposition sont la proie d’un nombre croissant d’actes de harcèlement et d’intimidation à l’approche de l’élection prévue pour le mois d’août. Ont plus spécifiquement été ciblés Ntaganda et Ingabire, ainsi que les membres de leurs partis. Si la situation ne change pas dans un très proche avenir, aucun des trois principaux partis d’opposition (PS-Imberakuri, FDU-Inkingi et le Parti démocrate vert du Rwanda) ne pourra participer aux élections. Les partis et les candidats indépendants doivent en effet déposer leur candidature devant la Commission électorale nationale avant le 2 juillet.

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June 28, 2010   1 Comment

Rwanda: Les arrestations d’opposants se multiplient

Alors que l’élection présidentielle du 9 août se rapproche, le climat est de plus en plus pesant au Rwanda. Des dizaines d’opposants manifestant pacifiquement ont été arrêtés, jeudi 25 juin, et un nouveau rival du président Paul Kagamé risque d’être poursuivi pour de lourds chefs d’inculpation, dont l’homicide.

Des dizaines de manifestants de l’opposition ont été arrêtés par la police rwandaise, jeudi 25 juin, au moment où le président Paul Kagamé déposait son dossier devant la Commission électorale nationale pour pouvoir briguer un second mandat le 9 août.

Selon un porte-parole de la police, étrangement peu précis, de 20 à 30 personnes ont été arrêtées pour avoir provoqué des « troubles » à Kigali. Il a confirmé que le candidat à l’élection présidentielle du Parti social Imberakuri (PS-Imberakuri), Bernard Ntaganda, avait été mis en garde à vue, jeudi dans la matinée.

Celui-ci risque d’être poursuivi pour « divisionnisme fondé sur l’ethnicité, rassemblement sans autorisation, constitution de groupes de personnes soupçonnées d’être des criminels et tentative de meurtre ». Il serait soupçonné d’être l’instigateur d’un complot visant à assassiner, en début d’année, Christine Mukabunani, chef de file d’un groupe dissident de son parti PS Imberakuri. « Il (Ntaganda) n’a pas encore été inculpé, nous continuons à l’interroger et à rassembler des preuves », a déclaré le porte-parole de la police.

« Idéologie génocidaire »

Une autre candidate de l’opposition, Victoire Ingabire (elle-même inculpée de promotion de l’idéologie génocidaire et d’appartenance supposée à une organisation terroriste), a déclaré que des membres de son parti, les Forces démocratiques unies, avaient été arrêtés alors qu’ils participaient à une manifestation pacifique à Kigali, devant le ministère de la Justice. « Je pense que plus de 100 personnes ont été arrêtées », a-t-elle affirmé à l’agence Reuters.

Les Forces démocratiques unies, ainsi que le Parti démocratique vert, ont appelé à un report de l’élection présidentielle du 9 août afin de pouvoir satisfaire aux conditions techniques requises pour enregistrer leur participation au scrutin. Ce sont les deux seules formations à n’avoir pas pas pu s’enregistrer jusqu’à présent.

Source: Jeune Afrique.

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June 26, 2010   No Comments

Rwanda: Kagame perd son sang-froid face à ses opposants

Rwanda. Soupçons après l’agression de l’ex-chef d’état-major du Président.

Le général rwandais Faustin Kayumba Nyamwasa, qui a échappé samedi à une attaque armée en Afrique du Sud, pourrait être extradé vers Kigali. Une demande a été faite en ce sens par les autorités rwandaises et le ministère sud-africain de la Justice a indiqué hier «examiner» cette possibilité. Le fait que l’asile ait été accordé en février à Kayumba, ancien proche et ex-chef d’état-major de Paul Kagame, l’actuel président rwandais, pourrait cependant empêcher l’extradition.

L’attaque contre Kayumba, devant sa résidence de Johannesburg, a été le fait de six hommes parlant le swahili qui ont par la suite été arrêtés. L’agression a été qualifiée de «tentative d’assassinat» par son principal témoin, Rosette Kayumba, la femme du général, qui a déclaré par ailleurs que «Kagame a dit au Parlement qu’il tuerait son mari».

Kayumba, qui s’en est tiré avec une balle dans l’estomac, est accusé par le chef de l’Etat rwandais de vouloir «déstabiliser le pays». Avec ce dernier, il avait été l’un des fondateurs du Front patriotique rwandais (FPR), rébellion tutsie d’abord basée en Ouganda, qui avait ensuite pris le pouvoir à Kigali après le génocide de 1994. Aujourd’hui, Kagame accuse Kayumba d’être impliqué dans les attaques à la grenade commises en février dans la capitale. Irrité par ces accusations, Kayumba, chef des renseignements de 2002 à 2004, s’en est pris au chef de l’Etat rwandais. Il l’a accusé de corruption avec force détails, le 30 mai, dans le Monitor, un journal ougandais.

Signe de nervosité grandissante au Rwanda, où le Président vise une réélection, lors du scrutin du 9 août, les arrestations se sont multipliées ces dernières semaines. Deux généraux, Emmanuel Karenzi Karake et Charles Muhire, ont été suspendus et arrêtés le 20 avril, l’un pour corruption, l’autre pour «conduite immorale». Un jour plus tard, c’était au tour de l’opposante Victoire Ingabire, 42 ans, candidate à la présidentielle, d’être arrêtée pour «collaboration avec une organisation terroriste» et «négation du génocide». Son avocat américain, Peter Erlinder, a été arrêté le 28 mai puis relâché le 19 juin.

Un troisième général, Jean Bosco Kazura, président de la Fédération rwandaise de football, a été cueilli le 10 juin à son retour d’Afrique du Sud, où il n’aurait pas eu «l’autorisation» de se rendre. Beaucoup s’interrogent sur les craintes du pouvoir de Kigali, au sujet d’une éventuelle rencontre à Johannesburg entre Kazura, Kayumba et un autre dissident du FPR, le colonel Patrick Karegeya, ex-chef des renseignements extérieurs, qui a fui le pays en 2007 alors qu’il était assigné à résidence. Les deux hommes ont en commun d’en savoir trop long sur Paul Kagame.

Source: Sabine Cessou – Liberation.

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June 25, 2010   No Comments

Rwanda : le rédacteur en chef du journal indépendant ‘Umuvuguzi’ abattu

En avril dernier, les autorités rwandaises ont suspendu pour six mois Umuvuguzi ainsi qu’Umuseso, autre journal indépendant, pour publication de fausses informations.

La police rwandaise affirme le rédacteur en chef par intérim du journal indépendant rwandais Umuvugizi, Jean Léonard Rugambage, a été abattu devant son domicile. Une enquête été ouverte, a déclaré un porte-parole de la police, ajoutant qu’on ignore, pour l’heure, qui a tué le journaliste, ni pourquoi.

En avril dernier, les autorités rwandaises ont suspendu pour six mois Umuvuguzi ainsi qu’Umuseso, autre journal indépendant, pour publication de fausses informations. Cette mesure signifie que les deux journaux ne pourront pas couvrir la présidentielle rwandaise du mois d’août. Il s’agit là d’une tentative de censure à peine voilée, qui privera les électeurs de voix alternatives lors de ce scrutin, a fait savoir le Comité pour la protection des journalistes.

Reporters sans frontières a, de son côté, inclus, en mai, le président rwandais Paul Kagame dans sa liste annuelle des « Prédateurs de la liberté de la presse. » L’ONG accuse M. Kagame de mettre à profit le processus de réconciliation nationale pour renforcer son autorité et neutraliser l’opposition. Elle a rappelé la suspension de la retransmission des émissions de la BBC au Rwanda l’année dernière suite à une émission sur le génocide de 1994 qui ne s’alignait pas sur la position officielle du Rwanda.

Source: VOA – La Voix de l’Amérique.

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June 25, 2010   No Comments

Kidnapping et disparition au Rwanda d’un membre du Parti Social Imberakuri

par Joseph Matata.
COMMUNIQUE n° 123/2010.

Kidnappé le 20/06/2010, M. Aimable SIBOMANA Rusanganwa, opposant du Parti Social Imberakuri, reste introuvable.

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) dénonce et condamne le kidnapping et la disparition de Monsieur Aimable SIBOMANA Rusanganwa.

Monsieur Aimable SIBOMANA Rusanganwa est le Secrétaire Particulier de Maître Bernard NTAGANDA, président du Parti Social IMBERAKURI (PSI). Un parti d’opposition dont les membres sont régulièrement persécutés, emprisonnés, chassés de leur boulot ou portés disparus.

Monsieur SIBOMANA est porté disparu à Kigali dans la capitale du Rwanda depuis dimanche le 20 juin 2010 vers 20h. Il rentrait chez lui dans le quartier de Nyamirambo à Kigali situé entre les locaux d’Electrogaz et les bâtiments du Collège Saint André. Il venait de participer à une réunion très importante dans laquelle son parti préparait la manifestation pacifique prévue à Kigali ce jeudi le 24 juin 2010. Il n’est pas arrivé chez lui. Le PSI a fait une demande d’autorisation qui est encore restée sans réponse jusqu’à ce jour.

Le président du Parti Social IMBERAKURI, Maître Bernard NTAGANDA, a contacté le chef de la police qui a promis de rechercher le disparu mais jusqu’à présent personne ne semble vouloir indiquer dans quel endroit M. SIBOMANA serait séquestré et dans quel état.

Notre Centre lance un appel à toutes les organisations de défense des droits humains, à tous les gouvernements occidentaux qui soutiennent aveuglement le régime du président rwandais Paul KAGAME, à tous les autres partis politiques présents au Rwanda ainsi qu’à toutes les personnes de bonne volonté, pour obliger les autorités rwandaises à se mobiliser pour retrouver vivant et en bonne santé Monsieur Aimable SIBOMANA Rusanganwa le plus tôt possible.

Dans le cadre de fabriquer de fausses accusations contre les adhérents du Parti Social IMBERAKURI, le domicile de Madame Christine MUKABUNANE, ancienne vice-présidente de ce parti et actuelle présidente intérimaire de l’aile dissidente du PSI, a fait l’objet d’une attaque à la grenade dans la nuit du samedi 19/06/10 au dimanche 20/06/10 par des malfaiteurs non encore identifiés. Nous apprenons que cette grenade n’a pas fait de victimes, car elle a été lancée dans une chambre où il n’y avait personne pendant l’attaque. Rappelons que Mme Christine Mukabunane a été contrainte par le Front Patriotique Rwandais (FPR) à détruire son parti dans le but d’évincer le président fondateur, Maître Bernard NTAGANDA. Cette opération n’a pas encore réussi parce que les adhérents du PSI sont déterminés à protéger les bureaux de leur parti et ont réussi à empêcher plusieurs expéditions chargées par le FPR de venir installer de force l’aile dissidente du PSI dans les bureaux loués et occupés par les dirigeants légaux du parti.

Antécédents :
Le CLIIR rappelle que les enlèvements suivis des disparitions forcées sont monnaie courante au Rwanda. La plupart du temps, les personnes enlevées et portés disparus pendant plusieurs jours ont été retrouvées dans les cachots et autres lieux de détentions secrètes de la police rwandaise ou de la DMI (Directorate of Military Intelligence). D’autres ont disparu sans laisser des traces comme l’évêque catholique du Diocèse de Ruhengeri, Monseigneur Phocas NIKWIGIZE, un prélat catholique Hutu enlevé par les militaires rwandais le 30 novembre 1996 à la frontière rwando-congolaise de Goma et porté disparu jusqu’à ce jour. Aucune enquête n’a été menée pour le retrouver où connaître son sort. Trois autres évêques catholiques Hutus ont été assassinés par les soldats de Paul KAGAME le 5 juin 1994 à Gakurazo non loin de l’évêché de Kabgayi à Gitarama (district de Muhanga).

Plusieurs personnes été arrêtées et portées disparues au cours de nombreuses rafles policières opérées dans la capitale Kigali depuis les années 1996, après le rapatriement forcé des réfugiés Hutus rescapés des massacres commis par les troupes du général Paul KAGAME dans l’ex-Zaïre, actuel République Démocratique du Congo (RDC). En effet des milliers de professeurs, d’instituteurs, d’agronomes, de médecins, d’anciens fonctionnaires et anciens responsables administratifs ont été emprisonnés depuis juillet 1994 non pas pour les crimes qu’ils auraient commis, mais parce qu’ils sont nés Hutus. C’est le cas du Docteur Laurent RUBONEZA qui fut enlevé à Kigali le l6 novembre 2008 dans la matinée et porté disparu pendant plusieurs semaines avant d’apparaître dans une prison militaire le 06/12/2008. Il reste en prison suite à de nombreuses fausses accusations.

Recommandations :
Le Centre recommande instamment :

– Que les autorités rwandaises recherchent activement Monsieur Aimable SIBOMANA Rusanganwa.

– Que les autorités rwandaises et particulièrement le chef de l’Etat, le général Paul KAGAME, cessent immédiatement toutes les persécutions et les tracasseries dirigées contre les adhérents et le président fondateur du Parti Social IMBERAKURI.

– Que le parti au pouvoir, le Front Patriotique Rwandais, cesse toutes les stratégies de diviser le PSI et les autres partis politiques se réclamant de l’opposition démocratique.

– Que le peuple rwandais résiste à toutes les campagnes de manipulation, d’intimidation et de terrorisme d’Etat. Que tous les rwandais se serrent les coudes pour résister à l’oppression d’une dictature impitoyable qui les oppriment, les déstabilisent, les appauvrissent et les affament par d’incessantes extorsions d’argent sous divers prétextes.

Bruxelles, le 21 juin 2010

Joseph MATATA , Coordinateur.
CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE ET L’INJUSTICE AU RWANDA (CLIIR)
Boulevard Léopold II, N°227
1080 BRUXELLES
Tél/Fax : 32.81.60.11.13
GSM: 32.476.70.15.69
Mail : cliir2004@yahoo.fr

CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.

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June 24, 2010   No Comments

Victoire Ingabire à tous ceux qui ont lutté pour la libération de son avocat Peter Erlinder

Peter Erlinder, une icône des droits de la personne et de la liberté, est enfin sorti des mains du geôlier.

Nous faisons appel à toutes les voix qui se sont élevées pour exiger la libération du professeur Peter Erlinder de continuer à soutenir le peuple rwandais et la cause pour laquelle il a risqué sa vie.
Ensemble nous avons le devoir d’éradiquer les racines de la crise rwandaise : le déficit de démocratie et de justice.

Victoire Ingabire.

Nous sommes très heureux qu’une personne innocente, qui s’est engagé pour la défense des droits de la personne et le respect de la justice au péril de sa propre vie, soit enfin libérée des conditions inhumaines de la prison rwandaise. Cette libération est le résultat d’une pression politique constante et inlassable sur le régime de Kigali. Nous sommes impressionnés par la lutte pour sa liberté déployée par sa famille, des citoyens ordinaires, amis, collègues, professeurs, journalistes, militants des droits de la personne, députés et sénateurs. Nous exprimons nos sincères remerciements et notre gratitude à sa famille pour avoir courageusement enduré cette épreuve et avoir fait tout son possible pour porter la question à l’attention du gouvernement américain et de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Ce ne qu’un secret de polichinelle d’affirmer que son arrestation était contraire aux procédures judiciaires universellement reconnues. Un avocat ne peut être tenu responsable des points de vue exprimés oralement ou par écrit pour la défense de ses clients. Une fois de plus le système judiciaire rwandais a clairement démontré ce que l’opinion internationale n’avait pas voulu croire pendant longtemps, à savoir que le Rwanda n’est pas un Etat de droit.

L’ONU et le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont établi que l’arrestation et la détention de Peter Erlinder étaient en violation de son immunité de juridiction que lui confère son statut de conseil de défense au Tribunal pénal international pour le Rwanda. Cela soulève à nouveau de sérieuses interrogations sur l’éventualité du régime actuel quant à sa capacité à traiter des affaires pendantes devant le TPIR et à sa capacité de rendre une justice équitable pour de nombreux suspects Rwandais détenus dans plusieurs pays différents.

L’arrestation du professeur Peter Erlinder, un citoyen américain dont le gouvernement est un allié majeur du régime de Kigali, de surcroît une personne dont l’expertise et les accréditations sont couvertes par des conventions internationales, montre clairement combien il est difficile, voire impossible pour un Rwandais de bénéficier d’un procès et d’une justice équitable au Rwanda. Cela est particulièrement ardu pour une opposante, en concurrence politique avec le Président Paul Kagame. L’arrestation de mon avocat est également un outil de dissuasion contre toute personne qui tenterait de défendre mon cas devant les juridictions rwandaises.

Les déclarations contradictoires du gouvernement, du procureur général et de la police pendant la détention de Peter Erlinder ont également mis en évidence la façon dont la justice est rendue au Rwanda. Ont été étalées au grand jour : la fabrication de preuves, l’intrigue, les manipulations politiciennes, l’ingérence du pouvoir et la mauvaise foi.

Nous faisons appel à toutes les voix qui se sont élevées pour exiger la libération du professeur Peter Erlinder de continuer à soutenir le peuple rwandais et la cause pour laquelle il a risqué sa vie. Ensemble nous avons le devoir d’éradiquer les racines de la crise rwandaise : le déficit de démocratie et de justice.

Madame Victoire Ingabire Umuhoza
FDU-Inkingi, présidente.

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June 21, 2010   No Comments

Tentative d’assassinat contre le général Rwandais Kayumba Nyamwasa en Afrique du Sud

Fugitive Gen Kayumba Nyamwasa, accused of crimes against humanityGen Kayumba Nyamwasa; échappe à une tentative d’assassinat en Afrique du Sud.

Kigali – Le gouvernement rwandais a rejeté, dimanche, toute implication dans la tentative de meurtre du général Faustin Kayumba Nyamwasa. Cet ancien chef d’état-major rwandais, réfugié depuis mars en Afrique du Sud, a été la cible de balles à Johannesburg.

Cet ancien proche du président Paul Kagame, aujourd’hui un critique virulent du président rwandais poursuivi pour “actes terroristes” par Kigali, a été blessé samedi 19 juin par balle à l’estomac par un inconnu devant son domicile, selon le témoignage de son épouse Rosette Nyamwasa. La police sud-africaine a ouvert une enquête pour tentative de meurtre.

Mme Nyamwasa a indiqué dimanche que son époux, hospitalisé aux soins intensifs dans la clinique privée Morningside, était dans un état stable. Mme Nyamwasa a accusé le régime du président Kagame d’être derrière ce qu’elle estime être une tentative d’assassinat.

Ces accusations “sont bien sûr ridicules”, a réagi la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, interrogée par téléphone. “Nous ne sommes pas un gouvernement, et le président Kagame encore moins, qui ait recours à l’assassinat de ses propres concitoyens”. “Ce gouvernement n’a rien à voir avec ce genre d’activité”, a insisté la ministre, jugeant “très prématuré” à ce stade toute spéculation sur les mobiles de l’agression contre le général Nyamwasa.

Dérive autoritaire

Tout en exprimant sa peine à l’égard de la famille du général Nyamwasa, Mme Mushikiwabo a estimé que les accusations de l’épouse de l’ex responsable militaire “étaient une façon de faire en sorte que les autorités (sud-africaines) prennent au sérieux sa demande d’asile”.

L’ex-chef d’état-major rwandais, et ancien ambassadeur du Rwanda en Inde, avait fui son pays pour l’Afrique du Sud en mars après avoir été accusé par les autorités d’être responsable d’actes terroristes, dont des attaques à la grenade qui avaient fait deux morts le mois précédent à Kigali.

Il a depuis mis en cause le président Kagame en l’accusant de dérive autoritaire et en le soupçonnant de corruption. Au chef de l’État rwandais qui le mettait au défi de s’expliquer devant la justice de son pays, le général Nyamwasa avait répondu, dans une tribune publiée le 30 mai par le quotidien ougandais Daily Monitor : “Dans une démocratie, les gens s’adressent à la justice pour résoudre un conflit, mais dans une dictature, les gens s’enfuient pour mettre leur vie à l’abri. Si un dirigeant ne sait pas pourquoi ses concitoyens s’enfuient, alors il est incapable de gouverner.”

Arrestation

Outre M. Nyamwasa, les autorités rwandaises recherchent également pour “actes terroristes” un autre ex-responsable clé du régime, le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs lui aussi réfugié en Afrique du Sud.

Kigali a par ailleurs annoncé en avril dernier l’arrestation et la suspension de deux importants généraux accusés de “corruption” et de “mauvaise conduite”, le général Emmanuel Karenzi Karake et le général Charles Muhire. Tous deux sont également d’anciens membres du cercle très restreint des chefs militaires de haut rang de l’ex-guérilla du Front patriotique rwandais (FPR), dirigée par Paul Kagame jusqu’à son arrivée au pouvoir.

Source: Jeune Afrique

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June 21, 2010   2 Comments

Sous la pression internationale le Rwanda libère l’avocat américain Peter Erlinder

Kigali – Peter Erlinder, l’avocat américain accusé de négation de génocide au Rwanda a été libéré, jeudi 17 juin pour raisons de santé. Il était retenu depuis le 28 mai dernier à Kigali, où il était venu défendre l’opposante Victoire Ingabire. Il est désormais libre de rentrer aux Etats-Unis, à la seule condition de laisser une adresse au Rwanda afin que la justice puisse le contacter, si nécessaire.

Les pressions s’étaient accentuées au fil des jours et elles ont manifestement convaincu le régime de Kigali de faire machine arrière. A Washington les partenaires américains ont réclamé expressément la libération de Peter Erlinder. Mercredi 16 juin, c’est le Tribunal pénal international pour le Rwanda, sur conseil des Nations unies, qui demandait à ce que l’avocat américain soit relâché. Le TPIR A fait valoir que M. Erlinder bénéficiait, en tant qu’ avocat auprès du tribunal, d’une immunité.

Certains observateurs voient en fait derrière cette affaire une tactique politique de Kigali. Le président Kagamé aurait cherché à tester au sein de l’administration américaine le rapport de force entre ceux qui continuent de le soutenir et ceux qui critiquent de plus en plus durement son régime jugé autocratique.

Des éléments appuient cette thèse. Pourquoi en effet avoir arrêté Peter Erlinder cinq jours après son arrivée à Kigali ? Une expulsion dès son entrée au Rwanda aurait permis d’éviter les turbulences et surtout la mobilisation que suscite ce type d’affaire. Le gouvernement rwandais a voulu s’attaquer à un avocat qui lui est très hostile. En avril dernier Peter Erlinder a porté plainte aux Etats-Unis contre Paul Kagamé, l’accusant d’avoir ordonné la destruction de l’avion à bord duquel se trouvaient le président Habyarimana et son homologue burundais. Aujourd’hui Kigali a choisi de libérer quasiment sans condition l’avocat américain.

[RFI]

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June 18, 2010   No Comments

“La détention au Rwanda de Me Peter Erlinder relève d’une prise d’otage”, PDP-Imanzi

par PDP-Imanzi.

Malgré une campagne de plus en plus importante réclamant la libération de l’avocat américain Peter Erlinder arrêté et incarcéré par le régime de Kigali, celui-ci s’entête à vouloir le juger sans aucune base légale crédible, les charges retenues contre le détenu n’étant pas des crimes reconnus par les normes internationales et le Rwanda ne jouissant pas de la compétence internationale.

Le Général Paul Kagame a encore une fois utilisé l’Etat Rwandais dans une pathétique prise d’otage supposée servir ses propres intérêts en convaincuant les Etats-Unis et la communauté Internationale de lui assurer l’impunité par rapport à des faits de plus en plus avérés.

L’affaire Erlinder vient en tout cas corroborer les positions de l’opposition au régime de Kigali selon lesquelles le Rwanda ploie sous une dictature implacable, un régime policier pareil à celui de la Corée du Nord ou de la Birmanie.

Dans ce contexte, l’élection présidentielle prévue en août n’a aucun sens tant que l’opposition se voit toujours refuser l’autorisation de participer à la compétition. A cet égard, la fabrication de candidats factices ne trompera personne.

Le PDP-IMANZI demande une fois de plus la libération immédiate et sans condition, de Me Peter Erlinder , celle de son Président Mr Déo Mushayidi ainsi que des autres politiciens entre autres Mr Charles Ntakirutinka et le Dr Théoneste Niyitegeka et demande l’abandon de toute poursuite contre Madame Victoire Ingabire.

Le PDP-IMANZI demande par ailleurs l’arrêt du harcèlement dont font l’objet le leader et membres du parti politique PS-IMBERAKURI .

Le PDP-IMANZI condamne le harcèlement et les manipulations que subit le Président du parti Démocratique Vert du Rwanda, Mr Frank Habineza et s’insurge contre le jeu auquel le FPR, à l’aide de ses cadres zélés, s’adonnent en montant les partis politiques de l’opposition intérieure les uns contre les autres et les force à publier de faux aveux contre leur partenaires dans le but de les discréditer et faciliter leur arrestation le moment venu.

Le PDP-IMANZI appelle tous les Rwandais à se mobiliser et refuser ces pratiques du FPR qui n’ont d’autres objectifs que de les maintenir sous son joug. Le PDP-IMANZI conseille le gouvernement de Kigali de se tenir prêt pour participer au Dialogue Inter Rwandais Hautement Inclusif, seul cadre susceptible d’offrir aux Rwandais une alternative

Le Dialogue Inter Rwandais Hautement Inclusif est la seule voie capable de désamorcer la tension de plus en plus grandissante et créer un environnement propice à la réconciliation effective des Rwandais, à la paix et au développement durable dans le pays et dans la région des Grands Lacs.

Fait à Den Haag, le 15 Juin 2010.

Jean Damascène Ntaganzwa
Secrétaire Général du PDP-IMANZI

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June 18, 2010   No Comments