2010 novembre — Rwandinfo_FR
Tribune d'Information sur le Rwanda

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Les arrestations de leaders des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) n’ont pas eu l’impact attendu

Considérées comme l’un des principaux fauteurs d’insécurité dans l’est de la RDC, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) n’ont pas été affaiblies par l’arrestation en Europe de leurs chefs, estiment les rapporteurs de l’ONU.

Ignace Murwanashyaka et Straton Musoni, président et vice-président des FDLR, ont été arrêtés en Allemagne en novembre 2009. Callixte Mbarushimana, nouveau vice-président, a été interpellé le 11 octobre dernier à Paris sur la base d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

Mais « l’impact de ces arrestations sur le moral des combattants et sur leurs chefs militaires a été plus limité que cela n’était attendu », écrivent les rapporteurs.

Laurent d’ERSU
[La Croix]

novembre 30, 2010   No Comments

Les enfants de l’ex-Président Rwandais Juvénal Habyarimana exigent la vérité sur l’assassinat de leur père

par Famille Habyarimana.

Nous, les enfants de l’ancien président de la République rwandaise Juvénal Habyarimana, avons appris récemment que plusieurs délégations rwandaises comprenant des parlementaires, des diplomates, des hommes d’affaires et des officiers de l’armée rwandaise ont été dépêchées dans des pays occidentaux avec entre autres missions de donner des explications sur le Mapping Report et de sensibiliser la diaspora rwandaise à rentrer au pays.

Nous aimerions rappeler que plus de 15 ans se sont écoulés depuis l’attentat terroriste qui a coûté la vie au président de la République, Juvénal Habyarimana, ainsi qu’à son homologue du Burundi Cyprien Ntaryamira et à leurs proches collaborateurs ; attentat dont les actuels dirigeants du Rwanda (le général Paul Kagame en tête) sont responsables. Cette thèse s’appuie notamment sur plusieurs témoignages fiables et de plus en plus nombreux ainsi que sur les enquêtes du juge français Bruguière et du juge espagnol Merelles, sans oublier celle de l’expert de l’ONU Michael Hourigan.

Jusqu’à aujourd’hui, les autorités de Kigali ont tout fait pour faire obstruction à toute tentative de faire la lumière sur cet attentat. Nous en appelons à la Communauté internationale de rompre avec son silence qui cautionne l’étouffement de la vérité sur ce tragique événement et met en sursis la réconciliation des Rwandais.

Cet attentat est reconnu comme étant l’événement qui a déclenché les massacres de nombreuses victimes innocentes Hutu, Tutsi et Twa dans notre pays. La déflagration s’est étendue sur les pays voisins, notamment la République Démocratique du Congo (RDC), où des centaines de milliers de nos compatriotes réfugiés et des millions de citoyens congolais ont été des victimes directes ou indirectes de la folie meurtrière des guerres d’agressions contre la RDC par les troupes de l’armée rwandaise et leurs alliés selon l’ONG International Rescue Committee.

Le Mapping Report, un rapport de l’ONU récemment rendu public sur les massacres et les violations des droits de l’homme dans la RDC, rend cette version encore plus crédible et montre clairement que le régime au pouvoir à Kigali porte une lourde responsabilité dans ces crimes.

Faut-il constater que les autorités de Kigali tentent encore une fois de détourner l’attention de la Communauté internationale sur leurs crimes par une offensive diplomatique d’envergure à travers les missions d’explications dans les pays occidentaux et des visites d’officiels rwandais dans les pays africains ?

Nous tenons à mettre en garde la Communauté internationale au sujet de cette nouvelle tentative d’étouffer la vérité sur ce drame et de couvrir les crimes contre l’humanité dont les autorités de Kigali sont accusées.

Nous demandons à l’ONU, auteur de ce rapport, de lui donner rapidement une suite judiciaire afin de ne pas perpétuer l’impunité qui semble s’installer dans le monde et plus particulièrement dans la région des Grands lacs.

Nous pensons en effet que la réconciliation du peuple rwandais passe par la vérité sur ce qui s’est passé au Rwanda et en RDC depuis le 1er octobre 1990 jusqu’à maintenant. Ce drame s’est aggravé par l’assassinat du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, et son élucidation reste plus qu’incontournable et nécessaire pour cette réconciliation.

Nous pensons que cette réconciliation passe par une justice dépolitisée, libre, compétente, équitable et impartiale, qui doit désigner les véritables responsables et coupables de cette tragédie, quels qu’ils soient, et pas seulement s’occuper d’une partie impliquée dans le conflit comme cela se passe au TPIR à Arusha.

Il est malheureux et regrettable de constater que, par toutes les manoeuvres de diversion possibles, les autorités de Kigali tentent de convaincre les citoyens rwandais de la diaspora de retourner dans leur pays, pendant que les opposants politiques ou ceux supposés comme tels, des journalistes et des anciens collaborateurs et proches du FPR sont victimes de harcèlement politique, d’emprisonnement arbitraire et d’assassinats.

Le cas de madame Victoire Ingabire Umuhoza est particulièrement préoccupant et illustre à suffisance l’atmosphère de terreur régnant au Rwanda. Nous faisons appel à la Communauté internationale pour qu’elle s’implique fortement afin de faire libérer cette citoyenne rwandaise maintenue injustement sous les verrous, alors qu’elle était rentrée volontairement de l’exil en prônant le dialogue.

De nombreux autres opposants politiques sont assassinés ou emprisonnés arbitrairement dans des conditions inhumaines et sur des accusations fabriquées de toutes pièces par le pouvoir. Plusieurs proches collaborateurs de Kagame et anciens piliers du régime du FPR sont eux aussi de plus en plus jetés en prison après une parodie de justice expéditive, contraints à l’exil ou assassinés. De même, les journalistes s’élevant ou dénonçant les injustices criantes et les abus du pouvoir ne sont pas épargnés par les geôliers du pouvoir ou les harcèlements et manoeuvres d’intimidation.

Ce climat de terreur et les nombreux cas de graves violation des droits de l’homme n’inspirent la confiance, ni aux citoyens rwandais vivant à l’intérieur du pays, encore moins ceux de la diaspora, contrairement à ce que semblent faire croire les autorités de Kigali. Nous demandons à la Communauté internationale de redoubler de vigilance et de faire pression sur le régime de Kigali afin de créer les conditions d’un retour à la dignité humaine au Rwanda.

En effet, comment convaincre les Rwandais de la diaspora de regagner le bercail sur base de critères établis unilatéralement par le pouvoir du FPR, pendant que les autorités de Kigali affichent un grand mépris des principes les plus élémentaires et fondamentaux des droits de l’homme tels que le droit à la vie, une justice équitable, la liberté d’expression, le rétablissement de la vérité; seules bases d’une véritable réconciliation entre les Rwandais ?

A ce sujet, nous saisissons cette occasion pour rappeler à l’opinion publique que la famille du président Juvénal Habyarimana est solidaire avec toutes les victimes de cette tragédie, tant rwandaises – toutes ethnies confondues – que congolaises, et compatit à leurs souffrances.
En situant notre point de vue dans le contexte actuel et pour taire certaines rumeurs sans équivoque, nous tenons à souligner que la famille Juvénal Habyarimana est seule responsable de ses choix et que personne d’autre n’est mandaté à quelque titre que ce soit, à parler en son nom. Aucune initiative tenue par une tierce personne ne peut être prêtée à notre famille alors que nous, enfants du président Habyarimana, avons toutes les facultés de parler en notre nom et en celui de notre mère si le besoin s’en faisait sentir.

Notre intérêt a toujours été motivé par le retour de la dignité humaine, le rétablissement de la vérité et d’une justice équitable et dépolitisée, indispensables à une réconciliation réelle et durable du peuple rwandais.

Fait à Paris, le 24 novembre 2010

Pour la famille Juvénal Habyarimana

Léon Habyarimana
Bernard Habyarimana
Jean-Luc Habyarimana

novembre 26, 2010   No Comments

Rwanda: l’ONG régionale des Droits de l’Homme LDGL dénonce le manque de pluralisme au Rwanda

Une organisation régionale de défense des droits de l’homme en Afrique centrale a dénoncé jeudi le manque de pluralisme au sein de la classe politique et de la société civile du Rwanda, jugeant “préoccupante” la situation des droits de l’homme dans ce pays.

La Ligue des droits de la personne dans la région des Grands lacs (LDGL), dont le siège se trouve à Kigali, la capitale rwandaise, regroupe plus d’une vingtaine d’associations du Rwanda, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi.

La Constitution rwandaise de 2003 “consacre le multipartisme en imposant aux formations politiques d’adhérer au forum des partis politiques où toutes les questions seraient débattues sans tabou”, explique la LDGL dans un communiqué publié jeudi sur son site internet.

“Mais ce forum est critiqué par l’opposition qui estime que le Front patriotique rwandais (FPR, parti au pouvoir) s’y impose, les autres partis ne jouant que le rôle de figurants”, écrit l’organisation.

“Révisée à plusieurs reprises”, la Constitution “garantit les libertés publiques mais elles ne sont pas effectives”, accuse la LDGL.

Pour l’organisation, “la loi sur la presse n’offre pas non plus de garantie à l’émergence d’une presse libre et indépendante”.

Le collectif dénonce par ailleurs une loi de 2008 “qui permet aux services de sécurité de mettre des citoyens sous écoute, ce qui entame le libre exercice des libertés d’opinion et d’information”.

“La justice (. . . ) est au service de l’exécutif pour réprimer les voix discordantes et même celles des défenseurs des droits de l’homme”, déclare encore la LDGL.

“La majorité des ONG de la société civile rwandaise font partie de +la plateforme de la société civile+ dont les animateurs sont (accusés) par leurs pairs d’être pro-gouvernementaux. Celles qui n’en font pas partie sont assimilées aux opposants au régime”, déclare le collectif.

“En l’absence d’une opposition classique, d’une justice et d’une société civile indépendantes au service des sans-voix, les défenseurs des droits de l’homme, du moins ceux qui sont indépendants, sont qualifiés de “ibipinga” ou opposants en Kinyarwanda”, déplore la LDGL.

Rappelant les arrestations d’opposants et de journalistes, de menaces d’arrestations contre des militants des droits de l’homme, la LDGL conclut que “la situation des droits de l’homme au Rwanda est préoccupante et mérite une attention particulière“.

novembre 20, 2010   No Comments

RwandAir Express: Vol direct Kigali-Brazzaville

RwandAir Express va lancer son premier vol direct vers Brazzaville
Le président rwandais, Paul Kagamé, qui effectue une visite officielle de deux jours au Congo, a annoncé lundi que la compagnie paraétatique de transport aérien RwandAir Express va lancer prochainement un vol direct entre Kigali et Brazzaville, rapporte radio Rwanda.

Ce sera la première fois qu’une compagnie aérienne effectuera un vol direct entre Brazzaville et Kigali, indique-t-on de source officielle à Kigali.

La coopération entre le Rwanda et le Congo-Brazzaville, qui date de 30 ans, avait été interrompue suite au génocide et aux conflits ayant prévalu dans la sous-région au cours de la décennie écoulée.

En 2007, le Rwanda a quitté la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEAC).

[Afrique en ligne]

novembre 18, 2010   No Comments

Le Congo (Brazzaville) et le Rwanda redynamisent leurs relations

Le Chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame est arrivé le 14 novembre à Brazzaville pour une visite de 48 heures. Il s’est entretenu en tête à tête au Palais du Peuple avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso.

Les relations diplomatiques entre le Congo et le Rwanda ont été établies en 1982. Elles sont régies par un accord général de coopération, instituant la grande commission mixte de coopération qui s’est réunie pour la dernière fois en 1984 à Kigali.

La visite d’Etat du Président rwandais augure de bonnes perspectives de relance de la coopération entre les deux pays

Une visite qui va permettre au Congo et au Rwanda de relancer leur coopération dans les domaines du commerce, du transport aérien, de l’éducation, de l’agriculture, de la culture et de la recherche scientifique.

A la faveur de la visite du Chef de l’Etat rwandais Paul Kagame à Brazzaville, les pays envisagent de donner une nouvelle impulsion à leurs relations bilatérales en élargissant leur coopération dans les domaines du transport aérien, du commerce, du tourisme, de l’énergie, de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement.

Ils ont également décidé de tenir leur deuxième session de la grande commission mixte de coopération entre avril et juin 2011, la première session ayant été tenue en 1984.

Une collaboration accrue entre la République du Congo et le Rwanda

En vue de faciliter les mouvements des populations, les deux parties ont convenu de l’ouverture d’une ligne aérienne entre Brazzaville et Kigali et d’accroître les échanges commerciaux en examinant la possibilité d’ouverture d’une ligne cargo entre Pointe-​Noire et Kigali.

Le Président Kagamé a indiqué au cours d’un point de presse organisé conjointement avec son homologue congolais Denis Sassou NGuesso que les bases de coopération existaient entre les deux pays.

Il a ajouté qu’avec la ligne aérienne qui sera établie, les deux Etats pourront développer leurs échanges commerciaux et partager des expériences dans le domaine de la gouvernance, de la santé et de l’agriculture. Le Chef de l’Etat rwandais a loué les progrès accomplis par le Congo en matière de développement économique et de consolidation de la paix tant au niveau national que continental.

Les deux présidents parlent d’une même voix au sujet de la situation des réfugiés Rwandais au Congo

La question des réfugiés rwandais en République du Congo à été abordée au cours des discussions des deux Chefs d’Etat. Selon le haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ces réfugiés sont estimés à 7852 personnes.

Les deux Chefs d’Etat ont estimé que «la solution idoine» était d’encourager le rapatriement volontaire à travers des campagnes de sensibilisation et la mise en œuvre des accords tripartites entre les deux Etats et le haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon les propos du Chef de l’Etat congolais les dispositions internationales prévoient que le réfugiés ne peuvent aller au Rwanda que de leur plein gré. Les autorités du Congo Brazzaville travaillent sur cette question en étroite collaboration avec le Gouvernement rwandais et le HCR.

Il a salué les efforts déployés par le Président Kagamé en faveur de la paix, de la stabilité, de l’unité et de la concorde au Rwanda, ainsi que la normalisation des relations diplomatiques entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC).

Par ailleurs, les deux Chefs d’Etat se sont réjouis de l’évolution de la situation politique et sécuritaire dans la région des Grands lacs. Ils ont salué la normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan et lancé un appel aux mouvements rebelles du Darfour de se joindre aux efforts en cours en vue de mettre un terme définitif à la crise.

18 novembre 2010.
[Afrique Avenir]

novembre 18, 2010   No Comments

Kagame a rendu Mme Ingabire à jamais célèbre

Même avec les pires humiliations, dignes d’un autre âge, Paul Kagame et sa clique ne peuvent pas faire fléchir la détermination de Victoire Ingabire, présidente du parti politique FDU-Inkingi, emprisonnée au Rwanda, pour son idéal démocratique.
Pour beaucoup de non-Rwandais qui suivent avec distance, l’acharnement du – puissant – régime de Kigali contre Mme Ingabire est inattendu, déplacé et incompréhensible.

Contrairement à Aung San Suu Kyi l’opposante birmane qui a récemment recouvré la liberté, Mme Ingabire n’a pas été placée en résidence surveillée aussi stricte mais elle n’a plus le droit aujourd’hui de comparaître avec plus de dignité qu’un(e) vulgaire criminel(le) de droit commun et un(e) génocidaire confirmé(e)s… malgré qu’elle est toujours présumée innocente ! Un peu comme le Christ crucifié entre deux bandits!

Après Paul Kagame, Paul Rusesabagina et peut-être Corneille (Nyungura), Victoire Ingabire est probablement l’enfant du Rwanda le plus connu au monde. Actuellement c’est même celui dont on parle le plus dans les médias.

Et ce n’est pas son arrestation à Kigali, le 14 octobre par la police rwandaise qui va atténuer son aura médiatique.

Pour beaucoup de non-Rwandais qui suivent avec distance, l’acharnement du – puissant – régime de Kigali contre Mme Ingabire est inattendu, déplacé et incompréhensible.

Pourquoi, un homme d’Etat de la trempe de Kagame à qui tout réussit perd son temps et celui de son administration à persécuter une femme qui n’a pas pas grand à lui opposer si ce n’est sa présence au Rwanda et la parole.

Ces non-Rwandais n’avaient jamais entendu parler de Mme Victoire et ils n’en auraient pratiquement pas entendu parler si le général l’avait ignorée et qu’il l’avait défait à la régulière dans les élections présidentielles d’août 2010.

Mais Kagame et le système qu’il gèrent depuis 1994 pouvaient-ils laisser parler celle qui avait été parachutée sur Kigali quelques mois avant les élections ?

Difficilement ! Parce qu’en quelques jours, elle a mis la main sur des endroits sensibles qui font extrêmement mal. L’un d’eux ce sont les crimes commis par le FPR avant pendant et après sa conquête du pouvoir. Le Front/Armée patriotique rwandaise entendent toujours que cette question ne soit pas traitée par personnes d’autres qu’eux-mêmes. Et si elle est doit l’être, il faut tenir compte du contexte de guerre et de génocide en 1994. Et pour ce qui s’est passé au Congo/Zaïre, il faut faire attention de ne pas le comparer au génocide des Tutsi ou que cela ne relativise celui-ci.

Depuis le retour spectaculaire de Mme Ingabire au Rwanda, en janvier les autorités n’ont épargné aucun effort pour contrecarrer son action politique et ce harcèlement a été couvert par les médias internationaux et les ONG des droits de l’homme qui ont dû y voir un test de l’ouverture (de la fermeture) du “modèle rwandais”.

«Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons.»

«A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, ma…is des silences de nos amis

[ Martin Luther King ]

Campagne anti-Ingabire dans les médias officiels et semi-officiels, arrestation d’un proche collaborateur fort opportunément accusé de génocide, blocage de la reconnaissance du parti de Mme Ingabire, entraves à des manifestations publiques, violences “spontanées” dans des lieux publics, interdiction de déplacement à l’étranger, difficulté d’accès à un logement, etc.

Cette guérilla menée contre qui est devenue entretemps l’opposante numéro un a été très largement médiatisée aussi bien dans les organes de presse qui s’intéressait habituellement au Rwanda – ceux de la Francophonie – que dans les grands médias audiovisuels mondiaux – anglosaxons – comme CNN et la BBC.

C’est peut-être pour cela qu’il a fallu plus de 9 mois avant que Mme Ingabire soit jetée dans une cellule d’un poste de police de Kigali et qu’elle soit accusé non plus des très controversés négationnisme, révisionnisme et autres idéologie génocidaire mais de constitution d’une milice et de trafic d’armes en vue de faire la guerre au Rwanda.

Pour parvenir à un procès et pour juger Mme Ingabire, cela prendra du temps et même si les la justice rwandaise avoue qu’elle n’a pas grand chose contre elle, l’objectif aura été atteint : Mme Ingabire ne pourra plus accorder d’interview pendant de longs mois et sa libération sera une preuve que la justice fonctionne au Rwanda !

[Nouvelles de Kigali a Bruxelles]

novembre 16, 2010   No Comments

Procès Victoire Ingabire: Le procureur du Rwanda admet l’usage de faux comme preuve devant la Haute Cour

AUDIENCE A LA HAUTE COUR: LA PREUVE DU PROCUREUR ETAIT UN FAUX

Kigali, le 8 novembre 2010.
Aujourd’hui, à son 26ème jour de prison, Madame Victoire INGABIRE UMUHOZA, Présidente des Forces démocratiques unifiées FDU-INKINGI, a comparu devant la Haute Cour pour une audience en appel en vue d’une liberté provisoire. Le Procureur a admis que les copies des mails invoquées comme des éléments de preuve avaient été imprimées et éditées plusieurs jours après l’arrestation. Il a été amené à reconnaître que le PV d’audition Pro Justitia du 14 octobre relatif à l’arrestation du témoin-clé ainsi que les éléments de preuve de l’accusation contenaient des détails inexacts et des incohérences troublantes. Dans ce cas, l’article 102 (al.1) de la Loi n°13/2004 du 17/05/2004 portant code de procédure pénale, Journal officiel, numéro spécial du 30/07/2004 devrait s’appliquer. Il stipule en effet:«Quand un magistrat ou un juge ne trouve pas d’éléments de preuve suffisants aux fins de poursuite, l’accusé doit être immédiatement remis en liberté».
La défense était composée des avocats suivants: bâtonnier GASHABANA GATERA (Kigali), maître Robert Alun JONES (Londres) et maître lain EDWARDS (Londres). Ils ont contesté l’argument du Procureur, en particulier le bien-fondé justifiant l’arrestation de la leader de l’opposition. L’interrogatoire du témoin clé était antidaté. L’information officielle selon laquelle l’arrestation de l’accusé avait été basée sur des allégations faites par le témoin clé lors de son arrestation est mensongère. L’affirmation selon laquelle le témoin clé avait été trouvé avec des copies de mails est aussi fausse. Ces copies ont été imprimées et éditées de connivence avec le témoin clé le 19 octobre 2010 alors que l’accusée était déjà en prison. Le procureur avait de la peine à convaincre la Cour, à la place il a produit de «nouveaux éléments de culpabilité» qui n’avaient jamais été mentionnés auparavant pendant la procédure. Cela ressemble à une volonté affichée par l’Etat de persécuter sans fin l’accusée. Il ne fait aucun doute que nous devons nous attendre désormais à ce que de nouveaux éléments de preuves soient fabriqués chaque semaine. Dans ce cas particulier, il n’existe point de chance d’avoir un procès équitable au Rwanda. Nous sommes en présence de violation flagrante des conventions internationales sur les droits de l’homme. La soumission d’une pétition auprès du Conseil de sécurité et de la Commissaire aux droits de l’homme doit être sérieusement envisagée.
Depuis février 2010, le gouvernement du Général Paul KAGAME instrumentalise l’appareil judiciaire pour contrecarrer l’opposition politique et maintenir en prison les leaders de l’opposition. Tous les partenaires bilatéraux du Rwanda ont récemment reçu un plaidoyer de 6 pages dont le but est de montrer la liaison de Madame Victoire INGABIRE avec une organisation terroriste sans que des éléments de preuve consistants soient étayés.

Le verdict sera prononcé ce vendredi 12 novembre à 15h00. Il n’y a point de doute sur la dimension politique de ce procès. Nous exigeons la libération immédiate de Madame Victoire INGABIRE ainsi que celle de tous les autres chefs de l’opposition.

Sylvain SIBOMANA

FDU-INKINGI
Secrétaire Général

novembre 9, 2010   1 Comment

“Ne baissez pas les bras, Kagame ne mettra jamais toute une nation en prison”, dit Ingabire

Aujourd’hui, seulement 20 personnes ont été autorisées à rendre visite à Mme Victoire Ingabire, présidente des FDU-INKINGI, dans la prison centrale de Kigali. Les visiteurs étaient pour la plupart des membres des partis d’opposition, à savoir, les FDU-INKINGI, le Parti Démocratique Vert du Rwanda et le Parti Social IMBERAKURI. Deux autres prisonniers politiques, Maître Bernard Ntaganda (PS-IMBERAKURI, Président fondateur) et Déogratias Mushayidi (PDP-IMANZI) ont été aussi vus par l’équipe. Mme Victoire INGABIRE a encouragé la foule en face de la prison: “Ne baissez pas les bras, le dictateur ne mettra jamais toute une nation en prison “.

Mme Victoire INGABIRE est en détention depuis le 14 Octobre 2010. Elle est accusée de crimes dont la motivation est politique. Considérant le rôle joué dans ce processus par le Président Paul KAGAME et les rouages de l’Etat en général, il n’y a aucune chance de s’attendre à un procès équitable. Alors que la Cour d’appel doit se prononcer le 8 novembre 2010 sur le recours déposé contre la détention préventive, des membres du parti au pouvoir sont en tournée dans les capitales occidentales pour présenter leur version de la démocratie, expliquer les mobiles de l’incarcération des dirigeants de l’opposition et faire le plaidoyer des crimes contre l’humanité commis au Congo par le régime actuel. Ils n’ont même pas daigné attendre l’issue du recours.

La tant vantée découverte d’un bunker que la police aurait trouvé dans la résidence de la victime est un mensonge flagrant qui fait montre d’une propagande haineuse. Il est en effet connu de tout le monde que la plupart des propriétés résidentielles dans la ville de Kigali sont équipées de systèmes de drainage des eaux pluviales. Depuis 2006, des milliers de ménages ne disposant pas de telles installations se sont vus infligés de lourdes amendes par le Ministère de l’environnement et de l’assainissement. Le spectacle brutal de la police, la campagne médiatique ainsi que l’arrestation et le harcèlement des cadres et du personnel des FDU-INKINGI ne constituent rien d’autre qu’une politique d’intimidation orchestrée par l’État. C’est une autre manière pour le régime de préparer l’opinion nationale et internationale à la décision attendue du tribunal. Depuis Février 2010, le gouvernement rwandais n’a cessé de mentir à l’opinion publique qu’il avait des preuves accablantes contre Mme Ingabire. A ce jour, les hommes du général Paul Kagame sont encore en train de fouiner dans les systèmes d’évacuation des eaux usées, espérant ainsi exhiber des preuves qui n’existent pas.

Le peuple rwandais attend la semaine prochaine le verdict du tribunal. C’est un autre grand défi pour l’indépendance de la justice. Mme Victoire INGABIRE sera assistée par un avocat rwandais et deux conseils internationaux en provenance du Royaume-Uni.

Sylvain SIBOMANA

FDU-INKINGI

Secrétaire général

novembre 7, 2010   No Comments

Un tribunal Français accorde un sursis à la veuve de l’ex-Président Rwandais Juvénal Habyarimana

PARIS — Le tribunal administratif de Versailles (Yvelines) a ordonné mardi à la préfecture de l’Essonne le réexamen de la demande de titre de séjour de la veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana qui lui avait été refusé cet été, a-t-on appris auprès de son avocat, Me Philippe Meilhac.

Le préfet de l’Essonne avait rejeté au nom du trouble à l’ordre public la demande de titre de séjour d’Agathe Habyarimana et lui avait enjoint de quitter le territoire français, a précisé Me Philippe Meilhac à l’Associated Press.

“C’est un camouflet pour le préfet de l’Essonne qui a traité le dossier de manière politique”, s’est félicité l’avocat. La préfecture de l’Essonne devra réexaminer la demande de Mme Habyarimana, qui vit en France depuis 1994, sans titre de séjour. L’avocat de savait pas si la préfecture avait un délai pour procéder à ce réexamen.

Juvénal Habyarimana a été assassiné le 6 avril 1994 dans un attentat considéré comme l’élément déclencheur du génocide au Rwanda. Son épouse, Agathe Habyarimana, a été exfiltrée du Rwanda par les militaires français.

Elle a ensuite vécu entre la France et la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), avant de s’établir définitivement en France, sans titre de séjour. Elle réside aujourd’hui chez l’un de ses enfants en région parisienne. Plusieurs d’entre eux ont acquis la nationalité française.

En 2007, la Commission des recours des réfugiés (aujourd’hui devenue la Cour nationale du droit d’asile), a rejeté sa demande d’asile en France en vertu des Conventions de Genève et pour son implication présumée dans la politique génocidaire du régime rwandais. Une décision confirmée en 2009 par le Conseil d’Etat.

Mme Habyarimana fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le Rwanda pour son rôle présumé dans le génocide. Elle a été brièvement interpellée en mars, quelques jours après la visite officielle du chef d’Etat français au Rwanda, mais la demande d’extradition n’a pas encore été examinée par la cour d’appel de Paris.

[Le Nouvel Observateur]

novembre 3, 2010   1 Comment

Le ministre congolais de la défense à Kigali sur fond de lutte contre les FDLR

Kigali – Deux semaines après la visite du ministre rwandais de la défense, le Général James Kabarebe à Kinshasa, capitale de la RDC, son homologue congolais Charles Mwando Nsimba est arrivé à Kigali accompagné de son chef d’Etat-major et de plusieurs autres officiers supérieurs de l’armée congolaise.

Dès son  arrivée ce lundi matin à l’aéroport international de Kigali où il a été accueilli par son homologue rwandais, le ministre congolais de la défense a expliqué qu’il vient pour l’évaluation des stratégies prises à Kinshasa en vue de renforcer la sécurité dans les deux pays et dans la région lors de la visite du Général James Kabarebe.

La rencontre de Kinshasa avait débouché sur la mise en place d’une stratégie de nature à venir à bout des rebelles rwandais des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) qui terrorisent encore et toujours les populations de la partie orientale de la RDC. Le Général Kabarebe avait alors fait remarquer : « Les menaces ont assez duré. Travailler ensemble est une manière de ramener la paix dans les deux pays ».

Le ministre Mwando Nsimba avait, pour sa part, invité le gouvernement rwandais à créer un écran de sécurité visant à étouffer les FDLR. Et d’ajouter : «  Des éléments négatifs, qui fuient des actions militaires chez nous ou qui sont mal intentionnés, cherchent à déstabiliser, à perturber la sécurité au niveau du Rwanda ».

Les FDLR, la plus active des rebellions qui essaiment l’est de la RDC, ont pendant longtemps entravé le retour à la normale des relations entre le Rwanda et la RDC. Ce n’est que récemment que les deux pays ont joint leurs forces pour lutter contre cette rébellion constituée en majorité des anciens militaires du régime déchu au Rwanda.

Les discussions qui débutent aujourd’hui entre les deux ministres de la défense s’étendront sur deux jours.  (Fin)

[ARI-RNA].

novembre 2, 2010   No Comments