2010 avril — Rwandinfo_FR
Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — avril 2010

Faustin Twagiramungu révèle ceux qui ont planifié le génocide rwandais

Faustin Twagiramungu. "Le TPIR ( Le tribunal pénal international pour le Rwanda ) lui-même a démontré dernièrement que le hutus n’ont pas fait cette planification"

Faustin Twagiramungu. "Le TPIR lui-même a démontré dernièrement que les hutus n’ont pas fait cette planification"

Dans un interview exclusif qu’il a accordé au Dr Eugène Rwamucyo le 25 avril à Bruxelles, Mr Faustin Twagiramungu, ex-Premier Ministre du Gouvernement FPR et candidat aux élections présidentielles de 2003,  ne mâche pas ses mots et désigne ceux qui ont planifié le génocide rwandais.
Pour Faustin Twagiramungu, l’homme qui connait très bien Paul Kagame, les choses sont claires: ce sont les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994 contre le président Habyarimana qui ont planifié le génocide rwandais.

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Dr Rwamucyo Eugène : Faustin Twagiramungu, bonjour.

Faustin Twagiramungu : Bonjour

R.E : Alors, il semblerait que vous avez témoigné à Arusha et que vous auriez nié la planification du génocide.

F.T : oui, oui.

R.E. : alors, quelle est votre position là-dessus ?

F.T : voilà: en très peu de mots, je suis allé à Arusha effectivement je faisais un témoignage en faveur d’un pasteur Ntakirutimana Elizaphan. Et j’ai bien précisé que, les hutu, comme les experts le disent, les hutu n’ont pas planifié le génocide au Rwanda.

R.E : Et qui aurait alors planifié le génocide ?

F.T : écoutez, ceux qui ont planifié le génocide sont ceux qui ont assassiné le Président Habyarimana puisque le TPIR ( Le tribunal Pénal International pour le Rwanda ) lui-même a démontré dernièrement que les hutus n’ont pas fait cette planification. Celui qui a assassiné le Président Habyarimana, et comme son assassinat a effectivement déclenché les génocide rwandais, ce sont eux qui sont responsable de tout le chaos, de tout le drame, de toute la tragédie, de tout le génocide au Rwanda.

R.E. : mais entre-temps on dit que c’est l’AKAZU qui l’a assassiné ?

F.T : écoutez, ça je pense qu’il le font tout simplement pour amuser la galerie ou alors faire la tristesse aux rwandais si je puis dire.
Les hutus et l’AKAZU ne peuvent pas planifier…, notamment l’AKAZU ; arrêtons nous à l’AKAZU. Je ne vois pas comment Madame Habyarimana qui fait partie de l’AKAZU, peut réellement s’asseoir quelque part et planifier l’assassinat de son mari et de son cousin qui était le secrétaire particulier du Président, planifier l’assassinat du Président Burundais.
Ce n’est pas possible quand même.

Deuxièmement j’ajoute ceci: c’est que son frère qui était emprisonné à ARUSHA, a été relâché. Qu’il soit relâché pour le fond, qu’il soit relâché pour la forme, ça n’a pas beaucoup d’importance, mais de toutes façons, il est en liberté alors qu’il faisait partie de l’AKAZU. Est-ce qu’il peut encore être arrêté ? La réponse est non. S’il ne peut pas être arrêté, je ne vois pas pourquoi on devrait continuellement harceler sa sœur qui est Madame Habyarimana.

Source: www.rwamucyo.com.

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avril 30, 2010   6 Comments

Gouverneure Générale du Canada – Paroles vides au Rwanda

par Pierre Jury

Le Président Kagame avec la Gouverneure Générale du Canada Michaëlle Jean 21 Avril 2010

Le Président Kagame avec la Gouverneure Générale du Canada Michaëlle Jean 21 Avril 2010

La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, est revenue en fin de semaine d’une tournée de 10 jours en Afrique.
Elle a profité de l’occasion pour faire une sortie remarquée au Sénégal, où elle a dénoncé l’esclavage sous toutes ses formes.
Au Rwanda, elle a appelé à l’érection d’une presse libre et a prononcé des excuses pour l’inaction du Canada à l’occasion du génocide de 1994. Ces paroles avaient du poids, certes, mais dans ce dernier pays, il y a eu un trou béant au programme de la visite de Mme Jean: une rencontre avec des représentants de l’opposition au régime de Paul Kagame.

Au Sénégal, la gouverneure générale n’a pas hésité à définir l’esclavage dans sa compréhension la plus large. La traite des hommes et des femmes, ce n’est plus l’image stéréotypée du marché aux esclaves où des «acheteurs» misent entre eux pour mettre la main sur les plus beaux «spécimens» à vendre. Aujourd’hui, l’esclavage prend la forme de rapts de personnes démunies ou piégées qui nourrissent les industries de la prostitution, par exemple, ou qui sont les otages d’employeurs sans scrupule qui exploitent des travailleurs sans papier, sans statut et sans recours à besogner sur des fermes, à faire des ménages, à suer dans des abattoirs,etc. Au Sénégal, une forme d’esclavage moderne cible des jeunes garçons enrôlés dans des écoles musulmanes, et forcés de demander l’aumône sur la rue pour apporter vivres et argent au bénéfice de l’institution qui les a «recrutés».

Vu ainsi, l’esclavage existe toujours bel et bien, et il était significatif que Michaëlle Jean le décrive ainsi dans un lieu profondément historique comme l’île de Gorée.

Quelques jours plus tard, elle s’est retrouvée au Rwanda où l’on peine encore à tourner la page du génocide, si jamais cela était possible avant quelques générations.
Une partie du problème tient au fait que le génocide s’est produit avec comme toile de fond un changement de régime au profit de Paul Kagame, qui est toujours au pouvoir aujourd’hui.
Plusieurs l’accusent d’avoir joué un rôle dans la disparition de son prédécesseur, Juvénal Habyarimana, décédé dans un écrasement d’avion abattu par des tirs de roquette alors qu’il approchait de la piste d’atterrissage de Kigali, la capitale du Rwanda, le 6avril 1994.
Jamais la lumière n’a pu être faite sur les responsables de cet attentat et plusieurs soupçons pèsent sur M. Kagame, qui a pris le pouvoir par la suite, et a été élu président en 2000.

Nous savons que le régime Kagame dirige le Rwanda d’une main de fer. Au nom de la lutte à l’ethnisme, les autorités rwandaises ont le beau jeu pour museler les voix discordantes du message présidentiel.

C’est dans ce sens que la gouverneure générale a fait sa sortie sur la liberté souhaitée de la presse au Rwanda. Cette cause est évidemment chère à Mme Jean, qui était journaliste à Radio-Canada avant d’être nommée représentante de la reine à Ottawa.

Comme la majorité des gouvernements totalitaires, le président Kagame ne comprend pas pourquoi certains – comme Mme Jean et l’organisme humanitaire Human Rights Watch – s’acharnent sur le sort de quelques entreprises de presse qui sont la cible des autorités sous prétexte de fomenter des troubles ethniques.
Dans les pays qui pensent ainsi, les voix discordantes ont le dos large. Et elles ont rarement l’occasion de verbaliser leur message sur la place publique.

Plutôt que de simplement souhaiter le respect de la liberté de la presse, la visite de Michaëlle Jean aurait pu être une merveilleuse occasion de rencontrer directement des voies d’opposition comme celle d’Ingabire Victoire, une des candidates à l’élection présidentielle prévue en août prochain.
Que la gouverneure générale du Canada rencontre publiquement une telle figure d’opposition aurait été une image bien plus significative qu’un seul appel à respecter les libertés civiles. Le seul pouvoir de cette image aurait été porteur, et Mme Jean n’aurait pas eu à en dire davantage (car c’est au premier ministre Stephen Harper et au ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, d’élaborer les politiques officielles du Canada).

Mais le Canada sous les conservateurs ne s’intéresse pas aux questions africaines, au-delà des grands principes qui sonnent creux au ventre de ceux qui ont faim, au coeur de ceux qui souhaitent une Afrique solide.
Le Canada s’est borné à prononcer de belles paroles, ce qui ne suffira pas à convaincre le régime Kagame que la démocratie ne rime pas avec génocide, comme il le soutient, mais avec progrès.

[Pierre Jury – Le Droit – cyberpresse.ca]

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avril 30, 2010   1 Comment

Rwanda: Un aéroport moderne au Bugesera en 2012

Kigali : Le Rwanda vient d’achever la première phase d’étude pour la construction d’un aéroport civil à Bugesera, un district du sud-est du pays, qui aura une capacité d’accueil d’un million de passagers et quelque 15,500 tonnes de cargaisons par an.

L’étude de faisabilité pour la construction de cet aéroport est déjà accomplie à 90% et les travaux seront mis en chantier d’ici l’an 2012, a indiqué un communiqué officiel rendu public à Kigali par le ministère rwandais des Infrastructures.

Une firme internationale de consultance, le “TSS-Consult” et son partenaire GIBB Africa viennent de signer un contrat d’exécution de ce projet, poursuit le communiqué.

En dehors d’un vaste terminal pour transit, le nouvel aéroport sera composé d’une dizaine de pistes larges dimensions et sera équipé d’un système électronique sophistiqué, la première au Rwanda dans le chargement de bagages, précise la même source.

L’aéroport de Bugesera sera relié par un train via la capitale tanzanienne, Dar-es-Salaam, à Kigali en passant par Gitega, une autre ville située au centre du Burundi, indique le communiqué.

L’Aéroport Kigali International (AKI) est pour le moment le plus grand aéroport du Rwanda.

[ARI-RNA]

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avril 30, 2010   3 Comments

Arrêtez l’assassin Kagame

Kagame, assassin…. Kagame, assassin… Kagame, assassin…
Tels sont les slogans scandés par les nombreux manifestants qui s’étaient rassemblés à Bruxelles le 23 Avril 2010 pour éveiller la conscience internationale sur le record macabre (7 millions de morts) du Général Paul Kagame dans la Région des Grands Lacs.

“Nous souhaitons absolument la libération de tous les prisonniers politiques.

Nous souhaitons aussi que l’Union Européenne cesse toute hypocrisie et qu’ils soutiennent la démocratie comme ils ne cessent de le prétendre, la démocratie étant une valeur universelle, des pays européens, des pays dits civilisés.
Il est inacceptable de financer un assassin, pire que Hitler, dans la mesure où il vient de faire 7 millions de morts dans la Région des Grands-Lacs.
Je suppose qu’un être noir, un homme, une femme, les enfants noirs du Rwanda, du Congo sont des êtres humains au même titre que les blancs d’Europe. Je ne comprends pas comment on ne peut pas s’émouvoir de leur disparition.”

Joseph Matata – CLIIR – Comité de Lutte contre l’Injustice et l’Impunité au Rwanda.
[youtube]U2LqyLPuZwk[/youtube]

avril 29, 2010   4 Comments

A qui incombe la tâche d’enquêter sur l’attentat criminel qui a déclenché le génocide au Rwanda?

Kigali : Seize ans après l’attentant qui a coûté la vie à aux Présidents Rwandais et Burundais Juvénal Habyarimana Cyprien Ntaryamira, l’enquête française est relancée juste deux mois après le rapprochement entre la France et le Rwanda. Elle suit deux autres enquêtes : la 1ère est du juge Jean-Louis Bruguière, un français, et la 2ème est du juge Jean Mutsinzi, un rwandais.

En France, comme l’a révélé mardi 27 avril le journal français « Le Parisien », le juge Trevidic, qui a repris il y a trois ans l’instruction sur cet attentat à la suite du juge Bruguière, s’entoure de scientifiques pour préparer une visite de terrain, au Rwanda.

Marc Trevidic, qui a demandé la semaine dernière la création d’un comité d’experts qui auront pour mission de reconstituer le crash, s’entoure de spécialistes en balistique, explosifs, aéronautique, ou géométrie. Avec ces cinq experts, le juge parisien compte se rendre à Kigali d’ici un an.

Leur mission : tenter d’établir la trajectoire du Falcon 50 de Juvénal Habyarimana, la nature des projectiles, et l’emplacement présumé des tireurs qui l’ont abattu. Il s’agira en fait de reconstituer le crash afin de rendre un rapport en mars 2011. L’objectif serait de trancher la controverse sur les auteurs de cet événement.

Deux thèses s’opposent en effet depuis des années. Celle du prédécesseur du juge Trevidic, Jean-Louis Bruguière, qui désignait l’actuel président rwandais Paul Kagame et son entourage. Une enquête dénoncée par le Rwanda, qui, en 2006, avait du coup rompu ses relations diplomatiques avec la France. Un comité mis en place par la suite par le gouvernement rwandais et dirigé par le juge Mutsinzi accusera en 2009 les militaires des Forces Armées Rwandaises d’avoir abattu l’avion de leur chef Habyarimana.

Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, la réconciliation est en cours entre Paris et Kigali, comme l’atteste le récente visite du Président Français au Rwanda. C’est ce qui permet à Marc Trevidic d’envisager une visite au Rwanda.

Dans le même temps, en proposant de mener un travail scientifique, et pour la première fois de terrain, le juge parisien pourrait bien pallier les lacunes reprochées à l’enquête Bruguière.

La plupart des Rwandais et des observateurs estiment pourtant que la vérité sur cet évènement clé considéré comme l’élément déclencheur du génocide de 1994 ne pourra être définitivement établie que si l’Organisation des Nations Unies se détermine à désigner une commission officielle d’experts internationaux et impartiaux chargée de lever le voile une fois pour toutes sur les auteurs de cet attentat. Une enquête menée par une quelconque partie considérée comme partie prenante au conflit peut toujours être rejetée et accusée de manque de partialité.

L’ONU doit prendre ses responsabilités d’autant plus que cet attentat, qui a coûté la vie à deux chefs d’Etat Hutus en fonction et entraîné la mort de millions de personnes, a eu lieu dans un périmètre où la sécurité était assurée par ses propres casques bleus.

Tout le monde s’étonne que, seize ans après, l’ONU s’est toujours refusé à désigner une commission d’enquête pour mettre fin aux spéculations. La question fondamentale reste: qui des trois suspects (l’Armée de Habyarimana, l’Armée du Front Patriotique Rwandais ou les Casques Bleus de l’ONU) veut-on couvrir et pourquoi?

avril 28, 2010   5 Comments

L’enseignement du déroulement du génocide pose problème

Kigali : Seize ans près le génocide rwandais, les universitaires rwandais recherchent encore la méthodologie la mieux appropriée pour apprendre aux nouvelles générations l’histoire et le déroulement de ces massacres.

Un tel enseignement est déjà dispensé à l’université, mais pour le primaire et le secondaire, les spécialistes discutent encore des approches, des outils et du contenu. «Le problème est de savoir comment nous nous y prenons. Avons-nous des spécialistes, avons-nous suffisamment de matériel didactique, sommes-nous guéris des conséquences du génocide ?», s’interroge Paul Rutayisire, professeur d’Histoire à l’Université nationale du Rwanda (UNR).

Pour lui, le génocide de 1994 reste partiellement incompréhensible. Il s’explique : «Vous ne pouvez pas comprendre comment votre voisin peut devenir subitement votre tueur».

De son point de vue, «toute l’information en rapport avec le génocide ne peut pas être montrée à la jeune génération». La complexité et le caractère sensible du sujet exigent une démarche multidisciplinaire qui n’implique pas le seul historien. «J’aurais besoin de l’aide de pédagogues, de psychologues et de sociologues qui savent comment aborder un sujet aussi complexe. Moi seul, en tant qu’historien, je peux blesser. Mais avec ces collègues, nous pouvons atteindre les objectifs», dit-il.

A priori, «la méthode participative» qui incite les élèves à parler du génocide, pourrait mieux faire comprendre ce qui s’est passé, pense-t-il. «Si vous en parlez, vous vous sentez soulagé et le processus de guérison (du trauma) peut commencer».

Les idéologies négatives du genre «tous les Hutus sont des tueurs» ou « tous les Tutsis sont des rescapés » que l’on retrouve sur certains sites internet doivent être combattues, poursuit-il.

Mais combien de temps attendra le Rwanda pour enseigner l’histoire et le déroulement du génocide dans ses écoles primaires et secondaires ?

«Nous n’avons pas de réponses toutes faites à de tels problèmes. Ca prendra du temps», prévient le professeur Rutayisire.

Même avis de la part d’Augustin Ngabirame, secrétaire général académique de l’Institut supérieur de l’enseignement pédagogique de Kigali (KIE). «Nous avons besoin d’harmoniser nos idées avant de décider ce que nous devons enseigner à nos enfants. Nous avons besoin d’un consensus».

«Enseigner l’histoire du génocide maintenant sans d’abord enseigner correctement notre histoire est mauvais. Nous devons enseigner à nos enfants nos valeurs, ce que nous acceptons et ce que nous rejetons en tant que Rwandais», conclut-il.

[ARI-RNA]

avril 26, 2010   1 Comment

Décès au Bénin de Jean Bosco Barayagwiza, rwandais condamné par le TPIR

Jean Bosco Barayagwiza

Jean Bosco Barayagwiza

Arusha, Tanzania — Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a été informé par le Gouvernement béninois du décès de Jean Bosco Barayagwiza, survenu le dimanche 25 avril 2010 à 6h22, heure locale, au Centre Hospitalier Départemental de l’Ouémé à Porto-Novo en République du Bénin où il était hospitalisé depuis le 5 mars 2010.

Jean-Bosco Barayagwiza est né en 1950 dans la commune de Mutura, préfecture de Gisenyi (Rwanda). Juriste de formation, il était membre fondateur de la Coalition pour la Défense de la République (CDR), fondée en 1992. Il était aussi membre du Comité d’initiative qui pilotait la constitution de la Radio Télévision Libre de Mille Collines (RTLM) ainsi que Directeur des affaires politiques au Ministère des affaires étrangères du Rwanda.

Le 28 Novembre 2007, la Chambre d’Appel du TPIR a confirmé la culpabilité de Jean Bosco Barayagwiza pour des faits qualifiés de génocide et de crimes contre l’humanité. Barayagwiza avait été par la suite condamné à une peine réduite de 32 années d’emprisonnement qu’il purgeait à la prison d’Akpro-Missérété au Bénin depuis le 27 juin 2009.

Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda ainsi que le Gouvernement du Bénin présentent leurs sincères condoléances à la famille éplorée.

African Press Organization (APO)

avril 26, 2010   2 Comments

Les récents propos injurieux du Président Kagame envers les réfugiés sont à condamner

REACTION AUX PROPOS DU PRESIDENT RWANDAIS SUR SES EXILÉS POLITIQUES ET LES MASSACRES DES REFUGIES RWANDAIS COMMIS EN RDC DEPUIS 1996.

Terre de Paix Agakiza étant actuellement engagée dans la défense des droits des réfugiés, nous suivons attentivement depuis un certain temps les discours successifs du Président et de certaines grandes personnalités rwandais, ainsi que la dégradation des conditions de vie et de sécurité dans lesquels vivent les réfugiés. Dernièrement nous sommes restés ébahis et coupés de souffle quand le Président Rwandais compara des réfugiés de «déchets humains» et quand il se vanta une fois de plus d’avoir massacré des réfugiés rwandais installés en RDC. Ces propos lui vaudraient une démission pure et simple s’il était dans un pays démocratique où les habitants, débarrassés de toute peur, sont prêts à défendre leurs droits au prix de leur vie.

En effet, parlant des cadres politiques qui fuient son régime, il a déclaré : «Those fleeing are like [the waste] being excreted. It means the country has sieved”. (…) But for the waste, the country throws them out”. (Rwanda News Agency, 13.4.10) et pendant l’investiture du 18.4.2010 des nouveaux cadres militaires dont le Ministre de la Défense et le Chef d’Etat Major Général, parlant toujours des réfugiés qui se font massacrés par son armée en RDC depuis 1996, il déclara « Twacyuye bamwe, abandi turabarasa » ce qui pourrait se traduire : «Nous les avons rapatriés quelques –uns de force, les autres nous les avons exécutés sur place».
Malheureusement cette dernière affirmation est une réalité non seulement près de 600 000 réfugiés rwandais viennent de perdre la vie en RDC mais aussi il faut y ajouter plus de 6 millions de Congolais.

C’est abominablement ahurissant. Pour un chrétien comme lui, le Président Paul Kagame, la prophétie d’Abdias ne manquera pas de s’appliquer s’il ne soigne pas son langage, ainsi que sa conduite.

Mieux encore, il devrait penser à céder sa place à un autre rwandais qui apprécie non seulement sa vie mais aussi celle de ses concitoyens.

Jouissant des pouvoirs de vie et de mort sur les Rwandais, sur tout au moins une certaine catégorie de Rwandais, le Président rwandais commence à se gonfler d’orgueil et d’arrogance malgré lui.

Il est de notoriété publique qu’il jouit d’une grande protection internationale sous le patronage des grandes puissances économiques, politiques et militaires mais ceci ne devrait pas lui conférer une licence de tuer les innocents.

D’aucun n’est informé que cette protection fût négociée à travers un chantage ingénieux bâti autour de l”immobilisme des uns et des autres pendant la guerre dite d’octobre 1990 et surtout pendant le génocide rwandais de 1994 qui a laissé des morts allant de 200 000 à 3.5 millions suivant les sources d’informations disponibles.

Compte tenu du mépris qu’il manifeste actuellement à l’encontre de ses sujets, il est temps que ses protecteurs qui, sans aucun doute sont toujours animés de bonnes intentions, retirent ladite protection sinon en revoient les conditions.

Excellence Mr le Secrétaire Général, le Président rwandais , d’ailleurs comme tous ses services de renseignements, de défense et de police martyrisent la population en les maintenant dans un climat de peur et de trauma psychologique permanent au moyen d’un discours alarmiste, un esclavagisme ethnique sous le sigle de TIG ou Travaux d’Intérêt Général, des arrestations et emprisonnements arbitraires, des systèmes judiciaires déshumanisants, des interdictions de pleurer et d’enterrer leurs morts dans la dignité, la transgression des valeurs et des traditions rwandaises quant aux rites funéraires, etc.

Ses interventions publiques devraient agir dans le sens qui est en harmonie avec le respect des droits de l’homme, de la loi et de la culture ainsi que des traditions de son pays, quitte à satisfaire son soif de vengeance loin des yeux et des oreilles si réellement il entretient ce péché.

En maintenant une partie de la population sous une exclusion sociale et répression politique aujourd’hui évidentes, les autorités rwandaises doivent s’attendre à un exode massif de ses habitants.

En déshumanisant des réfugiés tout en lançant sur eux des expéditions punitives, elles n’ont qu’à s’attendre à une guerre sur le sol rwandais –même.

Ceci est dans la logique des choses, car, en effet, la plupart des membres de l’équipe dirigeante actuelle ont eux-mêmes été réfugiés et avec leurs abus actuels, elles doivent être conscientes que le pays est en train de basculer vertigineusement dans la période d’avant Octobre 1990.

Nous osons espérer que ce n’est pas cela que le Rwanda recherche actuellement.

Le Président rwandais ne doit pas continuer à nous faire le coup de l’émotion en rappelant à longueur de journée la perte des siens perdus pendant les guerres qu’il a préparées, provoquées et dirigées avec succès si on fie à ses nombreux discours.

Il ne devrait plus continuer à brandir comme une arme les 30 années qu’il a passées en exil pour justifier ses méfaits. Beaucoup de familles rwandaises ont perdu la plupart des leurs et /ou elles ont passé bien plus de 30 ans en exil sans qu’ils nourrissent une haine aussi destructive et inappropriée pour un chef de l’Etat.

Le Président rwandais doit avoir un cœur d’un Chef d’Etat. Ce n’est pas suffisant de créer un ministère chargé des réfugiés, ni de mettre en place des services chargés de la réconciliation nationale ni d’instaurer des systèmes judiciaires alléchants pour croire que l’on guérit la population des ses « maux ».

Qui croira que ces services font réellement leurs devoirs si leur garant suprême foule aux pieds les principes sur lesquels ils sont bâtis?

Le Rwanda a plus besoin de faiseurs de paix que de seigneurs de guerre.
Le Rwanda, étant un pays qui connaît des événements sanglants depuis des décennies, il a besoin d’un Président qui se soucie de tous ses habitants et de tous les enfants du Pays disséminés de par le Monde pour une raison ou une autre.

Le Pays a besoin d’un Président qui panse les plaies au lieu de les ouvrir encore plus. Malheureusement c’est le contraire auquel on assiste. Au vu de ce constant inquiétant, nous demandons à tous les pays, surtout ceux de la Région des Grands Lacs, d’accorder tout au minimum un statut de réfugiés à tous Rwandais, aujourd’hui pourchassés.

Nous en appelons, Mr le Secrétaire des Nations Unies, étant que garant de la sécurité mondiale et du respect des droits de l’homme, à votre jugement et autorité en vue de protéger la population rwandaise contre les violences verbales de la part de leurs dirigeants.

Nous comptons beaucoup sur votre compassion

Emmanuel Munyaruguru
Terre de Paix
e-mail : e-mun@terrampacis.com

19/04/2010

avril 25, 2010   1 Comment

Rwanda: Kagame, un président hanté par la dictature

Paul Kagame, un président aux abois!

Paul Kagame, un président aux abois!

Paul Kagame est connu pour être intransigeant, voire carré dans ses convictions.

Après les douloureux événements de 1994, l’ex-chef de la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) a pu se hisser au pouvoir et au fil des années, il a réussi à imposer à certains l’image d’un chef d’Etat éclairé, qui affiche clairement ce qu’il veut pour son peuple. Mais plus le temps passe, plus il donne l’impression de vouloir régner sans partage.

Du moins, l’arrestation de son opposante Victoire Ingabire pousse à croire que Kagame ne supporte pas la contradiction, encore moins la moindre opposition à son pouvoir.

En accusant l’opposante de «collaboration avec une organisation terroriste» et «négation du génocide», le président rwandais ne s’inscrit-il pas dans la lignée de ces dictateurs africains qui avaient tous les moyens d’inventer des complots fictifs pour se maintenir éternellement au pouvoir?

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette histoire n’est pas à l’honneur de Kagame qui doit, en principe, remettre son mandat en jeu en août prochain.

Embastiller une opposante à la veille d’une élection présidentielle est un signe qui ne trompe pas les observateurs avisés de la mare politique africaine. Affaire donc à suivre.

[d’après commentaire de Bark Biiga – AllAfrica]

avril 22, 2010   3 Comments

Rwanda: Le Tribunal de Gasabo accorde la liberté provisoire à Victoire Ingabire

Victoire Ingabire imbere y'abacamanzaVictoire Ingabire devant le juge de Gasabo

Kigali – Victoire Ingabire, Présidente du parti FDU-Inkingi non encore agréé au Rwanda, a comparu aujourd’hui devant le vice-président du Tribunal de Gasabo, Maurice Mbishibishi qui, comme promis hier, devait lui signifier sa décision sur une détention provisoire ou pas.

Le juge Mbishimbishi a décidé qu’Ingabire pouvait comparaître tout en rentrant chez elle.
Son passeport a été confisqué jusqu’à nouvel ordre.
Il lui est interdit désormais de dépasser le périmètre de la capitale Kigali.
Ingabire doit se présenter au dit tribunal deux fois par mois.
Victoire Ingabire a 5 jours pour interjeter appel si elle veut.

«Je suis satisfaite, » a-t-elle dit à la sortie du tribunal, escortée par un policier qui l’emmenait au lieu de détention à Kicukiro, en attendant qu’on lui remette ses biens.

Le procureur, Richard Muhumuza, qui représentait le ministère public a de son côté dit: «Je ne suis pas satisfait de la décision du juge.»

Et d’ajouter : «Mais, est-il que malgré la gravité des faits qui sont reprochés à l’accusée, le juge a le droit de prendre une décision quelle qu’elle soit ; et ceci en conformité au droit pénal rwandais.»

Et d’ajouter que le juge s’était auparavant concerté avec Ingabire et son avocat Protais Mutembe sur les conditionnalités de sa liberté provisoire. Ce qui, selon le procureur, aurait influencé la décision du juge.

Muhumuza, qui n’était pas content de la décision du juge, a tenu à préciser que le ministère public avait également cinq jours pour interjeter appel : «Nous allons y réfléchir», a-t-il dit.

avril 22, 2010   No Comments