Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — October 2010

Les autorités rwandaises accusées de génocide des Hutu accusent le héros de ‘Hotel Rwanda’, de terrorisme

Les autorités rwandaises, accusées de genocide des Hutus par le Rapport de l’ONU publié le 1er Octobre, accusent Paul Rusesabagina, dont l’histoire durant le génocide a inspiré le film « Hôtel Rwanda », de « terrorisme » et de soutenir le mouvement rebelle hutu FDLR basé en RDC. M. Rusesabagina, qui vit aux Etats-Unis, gérait en 1994, à Kigali, l’Hôtel des Mille Collines où un millier de Tutsi avaient trouvé refuge.

Paul Rusesabagina

Paul Rusesabagina, President de ‘Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation (HRRF)’.
“Ceux qui m’accusent de terrorisme ne sont que des criminels et génocidaires présumés qui sont dans l’impasse” – déclare Rusesabagina.

Le procureur général, Martin Ngoga, a affirmé disposer de preuves de transferts d’argent par M. Rusesabagina, avec l’aide de Victoire Ingabire – actuellement détenue sous l’accusation de participation à la création d’une organisation terroriste – à destination des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Paul Rusesabagina, actuellement hospitalisé à Bruxelles, a rejeté ces accusations. Dans une interview à la VOA à partir de Bruxelles, il a dit n’avoir pas envoyé d’argent au Rwanda depuis au moins sept ans. Il a accusé le gouvernement rwandais de mener une campagne en vue de le salir. « Il y avait une campagne de dénigrement qui avait été commencé par le président Kagame lui-même par des insultes à ma personne, et puis des menaces d’élimination physique par des accidents de voiture », a déclaré Rusesabagina.

L’ancien directeur de l’Hôtel des Mille Collines a dit que sa fondation « Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation, a toujours été l’avocat de la solution par le dialogue. » Il a cité notamment les conférences organisées par cette fondation basée à Chicago.

« Les dirigeants du Rwanda sont des gens qui sont aussi accusés d’avoir commis un génocide contre les Hutus au Congo ; ce sont des criminels et génocidaires présumés, comme tant d’autres génocidaires présumés qui sont dans l’impasse, et qui voudraient se défouler sur la population », a déclaré Paul Rusesabagina.

[Afrique Actu]

October 29, 2010   No Comments

L’amiral américain Losey en visite au Rwanda

Kigali – Le commandant de la Force militaire conjointe américaine dans la Corne de l’Afrique (CJTF- HOA), Brian L. Losey, se trouve actuellement au Rwanda dans le cadre d’une visite officielle de trois jours destinée à renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine militaire, a déclaré mercredi à Xinhua une source officielle à Kigali.

Le porte-parole de la Défense du Rwanda, le lieutenant-colonel Jill Rutaremara, a déclaré que les missions de la CJTF-HOA, dont le siège est situé à Djibouti, consistaient principalement à mener des opérations dans la région de l’Afrique de l’Est pour renforcer les capacités afin de promouvoir la sécurité et la stabilité régionale, de prévenir les conflits, et de protéger les intérêts des États-Unis et de leur coalition.

Au cours de sa visite, l’amiral Losey doit rencontrer des hauts responsables militaires dont le chef d’état-major général des Forces de défenses rwandaises, le lieutenant-général Charles Kayonga, et s’entretenir avec des responsables du gouvernement, selon cette même source.

L’amiral Losey doit également assister à un exercice militaire dans l’une des académies militaires rwandaises à Gako, dans le sud- est du Rwanda, où les troupes de ce pays sont formées avant de participer à des missions de maintien de la paix de l’ONU, a révélé une source militaire à Kigali. (Xinhua)
[AFRISCOOP]

October 28, 2010   No Comments

Radio France Internationale de nouveau diffusée au Rwanda

Nicolas Sarkozy encadré par Kagame et ses Officiers, tous recherchés par la Justice Française pour crimes contre l'humanité (fév. 2010)

“Réchauffement des relations bilatérales franco-rwandaises”

La radio RFI (Radio France Internationale) est de nouveau diffusée au Rwanda, après quatre ans d’interruption, a fait savoir mercredi un communiqué de la station.

” La radio internationale est à présent à nouveau disponible en français et en swahili sur une nouvelle fréquence à Kigali 91.9 FM”, précise RFI.

La directrice déléguée de la radio, Geneviève Goëtzinger, s’est réjouie de cette reprise, qui, précise le communiqué, “s’inscrit dans un réchauffement des relations bilatérales franco-rwandaises”. ” C’est avec un immense plaisir que RFI retrouve ses auditeurs rwandais avec désormais une nouvelle offre enrichie de deux heures quotidiennes en swahili aux côtés des programmes en français”, a-t-elle ainsi réagi.

October 28, 2010   1 Comment

Le héros du film “Hotel Rwanda”, Paul Rusesabagina, sur le banc des accusés

Mandat d’arrêt international contre Paul Rusesabagina

Paul Rusesabagina, President of Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation (HRRF).
“Paul Rusesabagina is next after Ingabire” – says Rwandan prosecutor

Kigali –  La justice rwandaise s’apprête à délivrer un mandat d’arrêt international contre un Rwandais ayant inspiré la réalisation du film “Hôtel Rwanda”, Paul Rusesabagina, actuellement en exil aux Etats-Unis, accusé de collaboration avec des groupes “terroristes” pour déstabiliser le Rwanda, rapporte mercredi Radio Rwanda (publique), citant le procureur général de la République à Kigali, Martin Ngoga.

On rappelle que dans le film “Hôtel Rwanda”, un Hutu, ancien gérant de l’hôtel des Mille Collines, situé en plein centre de Kigali, interprète la manière dont il a sauvé des centaines de Tutsis réfugiés dans cet établissement durant le génocide.

Paul Rusesabagina est accusé de collaboration avec des groupes terroristes pour renverser les “institutions républicaines”, selon les responsables de l’organe de poursuite judiciaire au Rwanda dont les propos ont été rapportés mercredi par Radio Rwanda.

Parmi ces groupes “terroristes”, selon le parquet rwandais, figurent notamment le mouvement rebelle hutu des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) opérant à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que la Coalition des forces démocratiques (CFD), une branche armée des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), un parti politique d’opposition non encore agrée, dirigé par Mme Victoire Ingabire Umuhoza, actuellement en détention pour les mêmes accusations.

“Nous avons établi lors des investigations que M. Rusesabagira aurait des accointances avec ces groupes terroristes”, a déclaré le procureur Ngoga au cours d’une conférence de presse à Kigali.

[ARI-RNA]

October 27, 2010   1 Comment

Rwanda : L’espace politique est déjà rempli, pas les prisons

par Olivier Nyirubugara.

[youtube]mtSLaYGUC80[/youtube]

Quand elle est rentrée des Pays Bas en janvier 2010, Victoire Ingabire espérait pouvoir occuper une place dans l’ espace politique de son pays le Rwanda. Elle envisageait même de se présenter à l’ élection présidentielle contre le président Paul Kagame, qui a finalement récolté plus de 93 pourcent des soufrages.

Ingabire n’ a pu ni faire inscrire son parti ni présenter sa candidature. Elle a été plutôt accusée de disséminer l’idéologie génocidaire. Son avocat, Peter Erlinder a été également arrêté et emprisonné pour le même crime, mais a été libéré in extremis grâce à une puissante pression venant surtout de son pays, les Etats Unis, mais aussi des quatre coins du globe.

Visiblement, ces allégations se sont avérées non fondées. Il fallait trouver quelque chose de plus effrayant : Ingabire est une terroriste sur le point de mener des attaques sur le Rwanda. Un témoin clé qui achetait armes et munitions [au Rwanda ???] pour elle a été arrêté. Et, comme à l’ accoutumée, il a tout de suite avoué et promis de coopérer. L’ affaire Ingabire devient un secret d’ Etat, et donc pas de visite, pas de soins médicaux, pas de nourriture.

Donc, du statut de femme politique ambitieuse opérant depuis son exile européen, Ingabire se retrouve isolée dans sa geôle, accusée de terrorisme, un des crimes les plus graves dans le droit rwandais post-génocide pour lequel plusieurs hommes politiques ont écopé des peines lourdes d’ emprisonnement

Il convient de noter que son arrestation a suivi de quelques jours le discours historique du président Kagame, le 7 octobre 2010, lequel discours est considéré par plusieurs observateurs comme le début du déclin du kagamisme. Le président Kagame publiquement humilié ses [anciens] soutiens occidentaux ‘qui ne m’écoutent plus’, en se moquant d’ eux et de leurs systèmes politiques. A la même occasion, il a annoncé, triomphalement, que ‘l’ espace politique est bien et complètement occupé par le Peuple’ qui a parlé ‘librement’ [ qu’est-ce que la liberté ?] en ‘en grand nombre’.

Maintenant que Ingabire se trouve en prison, entre les mains de ceux qu’ elle a constamment critiqués, trois scénarios sont possibles dans les mois et années à venir.

Premièrement, il est clair que Ingabire a très peu de chances d’ être acquittée par des tribunaux rwandais, car les crimes dont on l’ accuse sont d’ une gravité sans précédent. Donc, elle fera très probablement un séjour à la 1930, la fameuse prison centrale de Kigali, où elle ne peut qu’ être isolée d’ autres êtres vivants de peur qu’ elle ne les contamine avec son idéologie. Dans ce cas, elle serait invitée ou forcée à se repentir et à demander une grâce présidentielle. Ça c’ est le scénario Pasteur Bizimungu, qui consiste en une mort psychologique suivie d’ une mort politique. C’ est le même scénario pour Bernard Ntaganda.

Le deuxième scénario serait celui d’ une mascarade judiciaire qui provoquerait la colère des soutiens occidentaux et, du même coup, ferait monter la pression venant de leur côté. Dans ce cas, les juges recevraient les instructions de libérer Ingabire avec ou sans conditions. C’ est le scénario Augustin Misago, du nom de l’évêque de Gikongoro, qui s’ est également appliqué récemment dans le procès contre le professeur Peter Erlinder, l’avocat d’Ingabire. Ce scénario aurait comme effet l’ouverture de l’ espace politique déjà rempli et complètement occupé.

Le troisième scénario serait, vu les mauvais traitements lui infligés, celui de la mort physique d’ Ingabire pendant son séjour en prison. De toutes les façons, le vice président du parti écologiste a été décapité, et rien ne s’est passé. Le raisonnement pourrait être celui de lui infliger une mort douce, maquillée et assistée, qui apparaîtrait naturelle.

October 25, 2010   No Comments

“Monsieur Kagame, réfléchissez !”… “Ingabire ne veut que la réconciliation” plaide sa fille Raissa

”C’est facile à faire”, dit Rémy, le fils aîné (18 ans), tandis qu’il verse du poisson et des frites surgelés dans la friture. ”Parfois je fais aussi des pâtes”. Depuis que sa mère n’est plus là, Rémy fait plus souvent la cuisine. Il suit actuellement une formation dans la restauration.

Après le repas, Rémy et son petit frère Rist (8 ans) se mettent devant l’ordinateur : football et autres jeux. Le calme est revenu dans la salle de séjour. Lin Muyizere, leur père, soupire : ”Autrefois, quand Victoire était encore là, il y avait toujours du monde qui venait nous rendre visite.”

Dans une cellule

La femme de Lin, Victoire Ingabire, chef du parti d’opposition rwandais UDF, a brigué la présidentielle l’été dernier au Rwanda. En janvier 2010, elle est retournée dans son pays natal pour se préparer à l’élection présidentielle. Au lieu de pouvoir se présenter, Victoire Ingabire est placée en garde à vue. Et depuis le 14 octobre dernier elle se trouve dans une cellule au bureau de police de Kigali.

Entre-temps Paul Kagame (FPR) a été réélu président. Quant à Victoire Ingabire, elle est accusée de former une organisation terroriste. Un moyen de l’évincer, dit sa famille. Elle risque une lourde peine de prison.

Son mari, qui vit à Zevenhuizen, dans l’ouest des Pays-Bas, essaie de comprendre. Mais Lin se sent impuissant. ”Tous les jours, on apprend qu’elle ne va pas bien. Cela détermine notre vie. Victoire ne mange pas bien. Elle a peur d’être empoisonnée. Elle est affaiblie et mange mal.”

Lin téléphonait trois fois par jour à sa femme : le matin, l’après-midi et le soir. Elle allait relativement bien, dit-il. Actuellement, il appelle quotidiennement son avocat. Lui-même reçoit sans cesse des coups de fil d’amis et de connaissances désireux d’avoir des nouvelles de Victoire Ingabire. Depuis qu’elle se trouve dans une cellule du bureau de police de Kigali, Lin ne peut plus la joindre directement. ”Elle me manque terriblement, dit-il. Je voudrais savoir comment elle se porte réellement.”

Aide financière

Raissa, 21 ans, sa fille, qui vit ailleurs, est en visite. Elle ressemble à sa mère. Raissa a rendu visite à l’ambassadeur du Rwanda. ”Je veux parler à ma mère, mais on ne m’a encore rien dit. Ils ne peuvent quand même pas la laisser mourir de faim. Je veux un procès humain !”

Elle espère ardemment que le nouveau gouvernement néerlandais pourra faire quelque chose. ”Pourquoi est-ce que les Pays-Bas soutiendraient un pays où la démocratie n’est pas possible ? Les Pays-Bas doivent contraindre le Rwanda à introduire la démocratie en mettant un terme à l’aide financière. Ou en menaçant de le faire. Le Rwanda a besoin d’aide. Sans argent, le Rwanda a un problème.”

Question à Kagame

Lin a un message à adresser au président rwandais : ”J’aimerais dire au président Paul Kagame que Victoire n’est pas retournée au Rwanda pour faire la guerre ou pour être l’ennemie de Kagame. Tout le monde veut la liberté, pas seulement Victoire. Tout le monde veut ça en Afrique, non ?”

Raissa aimerait demander au président rwandais de réfléchir à la situation : ”Ma mère veut la réconciliation. Elle veut donner la liberté aux gens dans leur propre pays. Si Kagame est vraiment un dirigeant juste, il devrait quand même soutenir cela, non ? Si Kagame réfléchit à cela, la situation peut changer. Je pense. Du moins je l ’espère…”

[Radio Nederland Wereldomroep]

October 25, 2010   No Comments

Jambo asbl appelle à la lutte pour le rétablissement de la démocratie au Rwanda

par Ruhumuza Mbonyumutwa,
Asbl Jambo.

A l’occasion de la marche de protestation des Rwandais contre l’emprisonnement et les tortures infligées à Mme Victoire Ingabire par les autorités rwandaises, Mr. Ruhumuza Mbonyumutwa de l’ASBL Jambo rappelle à tous qu’il est impératif de lutter pour le rétablissement de la démocratie au Rwanda:
[youtube]QgLoRDdKMMA[/youtube]

October 24, 2010   No Comments

Message inspirateur de Raissa, la fille de Victoire Ingabire

by Ruhumuza  Mbonyumutwa

Raïssa et sa mère Victoire Ingabire

Raïssa et sa mère Victoire Ingabire

Ce jeudi 21 octobre à la Haye, aux alentours de 20h, Jambonews a rencontré  Raïssa, la fille ainée de Victoire Ingabire.

Grande, mince, élancée ;  du haut de ces 21 ans,  c’est une fille souriante que nous avons rencontré. Lorsque nous lui faisons part de notre étonnement sur la façon positive dont elle a l’air de vivre la situation, sa réponse fuse « j’essaye de mettre mes sentiments de côté afin d’aider ma mère comme je peux. J’essaye de rester forte, de m’occuper de mes petits frères parce que je sais que c’est la meilleure manière dont je peux aider ma mère. »

La dernière fois qu’elle a parlé à sa mère c’était la veille de l’arrestation de cette dernière « on a parlé normalement, on était cool, on rigolait. Avec ma mère on a toujours été complices,   on parlait de tout et pour moi  c’est difficile de l’imaginer en tant que politicienne. » Jusqu’à présent c’est la dernière fois que j’ai pu lui parler.

« L’ambassadrice m’a parlée et entendue comme une mère mais a réagi comme une ambassadrice »

Vendredi dernier, l’ambassade du Rwanda aux Pays-Bas lui avait pourtant promis qu’endéans les 48h elle pourrait parler à sa mère. « J’ai dit à l’ambassadrice que pour moi,  je ne devrais pas être considérée comme une politicienne, si je parle à ma mère,  je ne lui demanderais pas comment est la situation au Rwanda ou ce qu’a dit tel ou tel témoin, mais simplement, Maman comment vas-tu ? »  Tout ce que je souhaite en ce moment c’est juste entendre ma mère me dire qu’elle va bien.

L’ambassadrice m’a écouté attentivement, elle comprenait ma position, elle avait l’air de vouloir m’aider au point que je l’ai cru, mais lorsqu’on ferme la porte au nez d’une personne, c’est qu’on ne veut pas l’aider. Elle entamait différentes démarches pour nous aider mais dès le moment où elle a décidé qu’on devait partir, c’était fini, son attitude a radicalement changée et elle m’a laissé dans l’ombre concernant la situation de ma mère. « L’ambassadrice m’a parlée et entendue comme une mère, mais a réagi comme une ambassadrice. »

Ce lundi on y est retourné, on nous a refusé l’entrée et l’ambassade a appelé la police qui nous a évacués.

Depuis ce jour là, ses journées sont pleines, à gauche à droite, elle informe, elle sensibilise car elle croit aux vertues du bouche à oreille. « Beaucoup de gens ne sont pas au courant de la situation, ils sont surpris, choqués d’entendre la situation, les hollandais ne comprennent pas comment leur gouvernement ne fait rien, mais je pense que c’est déjà important qu’ils se posent des questions.»

Agir ainsi est la seule manière que j’ai de cesser de me sentir impuissante.

« Ce que je souhaite, ce serait que les personnes imaginent qu’une femme innocente est en prison, que cette femme pourrait être leur sœur, leur mère, leur fille. »

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle attend de la communauté rwandaise, elle nous répond qu’elle désire avant tout qu’ils prennent conscience de la situation,  qu’ils sachent que sa mère, avait une famille, un travail, une vie confortable en Hollande et qu’elle a tout laissé pour mener un combat pour le Rwanda. Elle s’est battue pour les rwandais et maintenant qu’elle est en prison, plus que jamais elle a besoin des rwandais.

Et elle ajoute avec émotion « Ce que je souhaite, ce serait que les personnes imaginent qu’une femme innocente est en prison, que cette femme pourrait être leur sœur, leur mère, leur fille. »

Ce qui vaut pour sa mère, vaut selon elle pour les autres prisonniers politiques, elle souhaite que plus de personnes comprennent leur combat et se battent contre l’injustice qui les frappe.

« Aujourd’hui  je parle pour ma mère, mais je sais qu’il ‘y a d’autres prisonniers politiques, qui méritent le soutien dont ma mère a besoin. »

« Dans l’immédiat, rendez-vous ce samedi 23 octobre à 11h30 à la gare centrale de Den Haag »

Dans l’immédiat, ce que je demande à la communauté rwandaise des Pays Bas et des pays environnants, c’est de venir ce samedi 23 octobre à 11h30 à  la gare centrale de Den Haag, en face du ministère d’affaires étrangères.

On veut que le gouvernement hollandais qui finance le Rwanda use de son influence, utilise ce levier pour faire pression sur le Rwanda pour un changement nous dit elle.

« La Hollande est un pays qui prône, les Droits de l’Homme, la liberté d’expression, la démocratie,  et j’ai du mal à comprendre qu’ils supportent un régime qui emprisonne des personnes qui émettent des opinions différentes de celles du gouvernement. »

« Au plus de gens viennent, au plus ça aura du poids. Alors s’il vous plait, venez nombreux.

C’est un long voyage, chaque étape compte, et samedi c’est une étape parmi d’autres, et j’espère qu’on en fera à beaucoup d’autres et de plus en plus nombreux. »

Lorsqu’on lui demande si c’était à refaire, elle n’hésite pas une seconde « même si pour moi c’est difficile, je la laisserais repartir, car ma mère fait ce qu’elle pense être juste. L’empêcher de faire la politique, de se battre pour un Rwanda plus juste  serait détruire une partie de ma mère.  Certains ont des mères chanteuses, qui chantent pour eux, d’autres des mères infirmières qui les soignent moi j’ai une mère politicienne qui m’inspire, donc si c’était à refaire, je l’encouragerais à nouveau car la politique est une partie d’elle. »

Même maintenant, malgré la tournure des événements, je suis fière d’elle car elle s’est battue pour ce en quoi  elle a toujours cru.

Ma mère m’a appris à vivre ma vie comme je veux à ne jamais laisser un quelconque obstacle se dresser sur ma route, à ne jamais laisser un quelconque obstacle m’empêcher de faire ce que je veux, c’est la une des grandes leçons de vie que je tire de ma mère.

« Je veux qu’elle retrouve sa liberté, celle de pouvoir venir nous voir mais aussi, celle de continuer son combat politique ; celle de pouvoir continuer à se battre pour ce en quoi elle a toujours cru » conclut elle.

Ruhumuza  Mbonyumutwa

[JamboNews]

October 22, 2010   8 Comments

Reportes Sans Frontieres classe le Rwanda parmi les trois pays africains les plus répressifs

Le classement mondial 2010 est là.  Voici ce que publie Reporters Sans Frontières sur le Rwanda:

Le Rwanda (169e), où le chef de l’Etat Paul Kagame a été réélu dans des conditions de transparence fort contestables, perd quant à lui douze places et est désormais le troisième pays africain le moins bien classé. La suspension des principales publications indépendantes, le climat de terreur entourant l’élection présidentielle et l’assassinat, à Kigali, du rédacteur en chef adjoint d’Umuvugizi, Jean-Léonard Rugambage, sont à l’origine de cette chute. Dans des proportions presque comparables à la Somalie, le Rwanda se vide de ses journalistes, lesquels fuient par peur de la répression.

“A l’autre bout du classement, nous sommes préoccupés par le raidissement de certains gouvernements. Le Rwanda, le Yémen et la Syrie ont rejoint la Birmanie et la Corée du Nord dans le carré des pays les plus répressifs de la planète envers les journalistes. Cette tendance n’augure rien de bon pour l’année 2011. La tendance n’est malheureusement pas à l’amélioration dans les pays les plus autoritaires”, a ajouté Jean-François Julliard.”

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October 21, 2010   No Comments

Profondes inquiétudes suite au mauvais état de santé de Mme Victoire Ingabire dans la prison rwandaise

par Ndahayo Eugène.

PROFONDES INQUIETUDES SUITE AU MAUVAIS ETAT DE SANTE DE MADAME VICTOIRE INGABIRE

5EME JOUR EN PRISON

La santé de Mme Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des FDU-INKINGI aujourd’hui incarcérée, suscite de réelles craintes après qu’une fuite de source policière a confirmé que la chef de l’opposition est souffrante, en raison de mauvais traitements. La même source a révélé qu’en pleine nuit, les geôliers ont précipitamment introduit un médecin dans sa cellule pour vérifier son pouls et l’examiner. Le médecin a immédiatement fait la prescription et lui a administré quelques médicaments. Cela a été confirmé aujourd’hui par nos autres sources d’information dignes de foi. Nous demandons sa libération conditionnelle sur base médicale. La patiente devrait être transférée d’urgence à l’hôpital et avoir le droit d’être examinée par un médecin indépendant désigné par son avocat. Nous appelons le Général Paul KAGAME à donner son accord sans délai ainsi qu’à libérer ses opposants.

Tôt le matin, lorsque les membres de l’équipe locale des FDU-INKINGI ont apporté le petit-déjeuner, ils ont remarqué des comportements contradictoires de la part des geôliers, un de ces derniers prétendant que la détenue avait besoin de pain supplémentaire tandis que l’autre geôlier disait qu’elle dormait encore. Ces geôliers n’ont jamais autorisé les membres de l’équipe à la voir. A 10heures, elle n’a pas été emmenée à la Cour de Rusororo comme cela avait été annoncé la veille par le Procureur. Elle a été emmenée à Rusororo fin d’après-midi, menottée, malgré son état de santé et à l’abri des regards de ses partisans. Aucun interrogatoire, aucune enquête sur le cautionnement. Elle a ensuite été ramenée au cachot. Un autre incident troublant est que certains agents du renseignement militaire prétendant travailler pour le Comité international de la Croix-Rouge ont été vus plusieurs fois aux alentours. L’incident a été signalé au CICR pour l’enquête.

Mme INGABIRE est persécutée et poursuivie pour des motifs politiques. Elle et son organisation, les FDU-INKINGI, ont choisi la voie de la démocratie et de la non-violence. Le régime est en train d’utiliser les FDLR et les groupes rebelles ou terroristes inexistants pour n’importe quel but. La poursuite des FDLR en RDC a été utilisée pour justifier l’invasion de la RDC, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les crimes pouvant être qualifiés de « crimes de génocide », selon le rapport Mapping de l’ONU et le pillage des minéraux. Le même prétexte qui a permis au régime de provoquer le chaos en RDC, est maintenant utilisé pour contrecarrer l’opposition.

Lier les FDU-INKINGI ou l’un de ses dirigeants aux FDLR et aux soi-disant groupes rebelles CDF n’a d’autre but que de pouvoir continuer à revendiquer le statut de victime, après la sortie du rapport accablant de l’ONU qui a accusé le régime de crimes atroces contre des réfugiés en RDC.

Mme Victoire INGABIRE ne croit ni à la violence ni à la guerre, c’est la raison pour laquelle elle a fait de la non-violence, sa devise. C’est la raison pour laquelle elle s’est sacrifiée pour la démocratie, la justice et la dignité de tous les Rwandais.

Il est temps que les bailleurs de fonds internationaux et les lobbies du général Paul KAGAME lui rappellent de se conformer aux normes minimales des Nations Unies en ce qui concerne le traitement des prisonniers et qu’ils soulignent en même temps, que le fait d’infliger une douleur émotionnelle ou physique aux suspects ou aux détenus, constitue une infraction pénale.

Bruxelles, le 19 octobre 2010

Pour le Comité de soutien aux FDU-INKINGI

Ndahayo Eugène,
Président.

October 20, 2010   No Comments