Tribune d'Information sur le Rwanda

Rwanda: La révolution démocratique est en marche

par le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi.

– Rwanda actuel: “une brutale autocratie aux allures de monarchie absolue qui tente maladroitement de se couvrir d’oripeaux démocratiques.”

– “La révolution démocratique est désormais en marche et rien ne peut plus l’arrêter. Le camp de la révolution ne cesse de se renforcer alors que la dictature ne cesse d’étaler au grand jour le mal qui la ronge et qu’elle creuse tous les jours sa propre tombe.”

– Les Forces Démocratiques Unies (FDU-Inkingi) demandent aux Rwandaises et aux Rwandais “de rester mobilisés pour défendre leurs droits jusqu’au triomphe de l’égalité sur l’exclusion, du droit sur la force et de la paix sur la guerre dans un Rwanda démocratique, prospère et solidaire.”

Dix huit mois après la déclaration de La Haye, par laquelle les FDU-Inkingi ont annoncé leur intention de participer aux élections présidentielles du 09 août 2010, ce 24 juin 2010, la Commission électorale a commencé à enregistrer les dossiers des Candidats. Pendant tout ce temps, rien n’a été épargné aux FDU-Inkingi ainsi qu’à leur Candidate, Mme Victoire INGABIRE Umuhoza pour empêcher notre participation.

Le régime de Paul Kagame a d’abord refusé d’accorder des documents de voyage aux dirigeants et aux cadres qui devaient être déployés dans le pays. Il a poussé le ridicule jusqu’à nier la nationalité rwandaise d’Eugène NDAHAYO, qui devait conduire le processus d’enregistrement des FDU-Inkingi et organiser et diriger la campagne de leur candidate.

En même temps, des menaces d’emprisonnement ont été régulièrement brandies contre ceux qui oseraient aller au Rwanda. Le régime est allé jusqu’à organiser un attentat à Bruxelles contre l’épouse d’un autre dirigeant, Jean-Baptiste MBERABAHIZI, dans l’espoir d’intimider les plus téméraires. Machiavéliquement, un document de voyage a été accordé à la seule Présidente des FDU-Inkingi dans l’espoir que l’organisation n’oserait pas l’envoyer sans ses camarades ou si elle était quand même déployée au Rwanda, elle serait une proie facile ou à défaut une candidate alibi.

Le 16 janvier 2010, bravant tous les dangers, la Présidente est quand même allée au Rwanda accompagnée de militants de base. Elle a immédiatement été l’objet d’un lynchage médiatique en règle. Elle a échappé de justesse à un passage à tabac dans les locaux de l’administration locale. Sa vie privée a été honteusement violée et sa famille roulée dans la boue avant d’être accusée de génocide.

Pour bloquer l’enregistrement des FDU-Inkingi, l’administration locale a refusé à cinq reprises d’autoriser la tenue de leur congrès constitutif. Et pour couronner le tout, le régime a fabriqué contre leur Présidente des accusations d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, d’idéologie du génocide, de divisionnisme et de révisionnisme et d’association avec un groupe terroriste et l’a arrêtée le 21 avril 2010 avant de la placer en résidence surveillée le lendemain, avec interdiction de quitter le pays ou la capitale Kigali et obligation de se présenter à d’innombrables interrogatoires de la police.

Le régime de Paul Kagame entendait ainsi rendre impossible tout travail politique. Le 28 mai 2010, son avocat américain Me Peter ERLINDER a été arrêté à son tour et placé en détention préventive pour « négation du génocide » et « propos portant atteinte à la sûreté de l’Etat » avant d’être remis en liberté provisoire pour « raisons médicales ».

Pendant ce temps, les autres partis d’opposition ont été également harcelés.
Le Parti démocratique des Verts, à plusieurs reprises, n’a pas non plus été autorisé à réunir son congrès constitutif.
Le Président du Parti Social Imberakuri a fait l’objet d’attaques ciblées et de menaces d’emprisonnement pour l’intimider et, en désespoir de cause, un putsch a été organisé contre lui à l’instigation du régime.
Un autre opposant, Déo Mushayidi, Président du Pacte de Défense du Peuple, été arrêté et placé en détention préventive.
Deux journaux indépendants « Umuseso » et « Umuvugizi » ont été suspendus et une activiste de « Human Rights Watch » a été expulsée du pays.

Les propriétaires de la résidence de la Présidente des FDU-Inkingi qui fait également office de siège du mouvement ont été intimidés jusqu’au point de les pousser à résilier le contrat de bail. Les gérants des hôtels de Kigali ont été discrètement dissuadés de louer aux FDU-Inkingi des salles de conférence.

Les forces de défense et de sécurité sont secouées par des dissensions qui ont poussé plusieurs généraux et autres officiers supérieurs à quitter le pays pendant que d’autres sont mis en résidence surveillée. Le désarroi du régime et sa fuite en avant l’ont poussé à tenter d’assassiner l’ancien chef d’Etat-major réfugié en Afrique du Sud, le Général Kayumba Nyamwasa.

Ce mardi 22 juin 2010, au cours d’une conférence de presse, le président de la commission électorale, Chrysologue KARANGWA a invité Mme Victoire INGABIRE UMUHOZA à présenter sa candidature confirmant ainsi qu’il agit sur instruction, allant jusqu’à susciter sa candidature, une tentative désespérée dont le but évident est d’essayer de donner un peu de crédit à un exercice dont le pouvoir est conscient qu’à défaut, il s’agit bien d’une farce électorale.

Il est évident que les FDU-Inkingi ne peuvent pas présenter de candidat aux prochaines élections présidentielles tant que le calendrier ne sera pas revu pour leur permettre d’être d’abord agréées comme parti politique dans les conditions prévues par la loi. Mais, le régime de Paul Kagame a montré au monde son vrai visage : une brutale autocratie aux allures de monarchie absolue qui tente maladroitement de se couvrir d’oripeaux démocratiques.

Le processus engagé le 28 septembre 2008 est un processus révolutionnaire. C’est une lutte de longue durée. Le pouvoir ne peut plus faire comme avant l’arrivée des FDU-Inkingi au Rwanda, le 16 janvier 2010. Et le peuple rwandais ne veut plus le laisser faire. La révolution démocratique est désormais en marche et rien ne peut plus l’arrêter. Le camp de la révolution ne cesse de se renforcer alors que la dictature ne cesse d’étaler au grand jour le mal qui la ronge et qu’elle creuse tous les jours sa propre tombe.

Dans les premières heures de la matinée du 24 juin, la police a encerclé le domicile de Me Bernard NTAGANDA, avant de défoncer les portes et de l’emmener dans un lieu jusqu’ici tenu secret. Un peu plus tard, au moins 500 manifestants ont été également arrêtés. En ce jour de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, ils voulaient exprimer leur indignation vis-à-vis du régime FPR qui a exclu de la compétition démocratique d’une part le Parti Démocratique des Verts et les FDU-Inkingi en leur refusant l’enregistrement, et, d’autre part, le PS-Imberakuri en organisant son implosion par un putsch contre Me Bernard Ntaganda son Président-fondateur.

Sylvain Sibomana et Alice Uwera, respectivement Secrétaire Général et Trésorière du Comité Exécutif Provisoire des FDU-Inkingi figurent parmi les personnes arrêtées. Ils ont été sérieusement tabassés avant d’être jetés en prison.

Sur la liste des arrestations figurent également l’un des avocats des FDU-Inkingi ainsi que des représentants de l’organisation dans les différents districts de la Ville de Kigali. Ils sont tous entassés dans la prison mouroir de Kimironko. Pendant ce temps, la résidence de la Présidente des FDU-Inkingi était encerclée par la police. Le Président du Parti Démocratique des Verts Frank Habineza et son Vice-président André Kagwa Rwisereka ont été interpellés par la police avant d’être relâchés.

Nous demandons aux familles des personnes qui ont fait l’objet d’arrestations de signaler leurs noms aux FDU-Inkingi ainsi qu’aux organismes des droits de l’homme tels que Human Rights Watch, Amnesty International et LIPRODHOR afin d’éviter que le régime de Paul Kagame ne les fasse disparaître dans l’anonymat.

Tout cela s’est passé à l’abri des médias car le matériel des journalistes qui ont tenté de couvrir cette manifestation qui se voulait pourtant pacifique a été réquisitionné. C’est le cas d’un des journalistes de l’Agence Reuters qui s’est vu arracher sa caméra. Plusieurs autres journalistes ont été vite chassés par la police qui était visiblement plus que jamais décidée à faire taire la voix des démocrates.

Nous venons d’apprendre que dans la nuit du 24 au 25 juin, le journaliste Jean Léonard Rugambage, rédacteur en chef du journal « UMUVUGIZI », l’un des deux journaux bannis au Rwanda par le pouvoir dictatorial de Kagame, est tombé dans une embuscade devant son domicile à Kigali alors qu’il rentrait chez lui et qu’il a été tué par balles par des éléments non encore identifiés.

Le Comité de Soutien des FDU-Inkingi condamne fermement ces actes barbares et exige la libération immédiate et inconditionnelle des personnes arrêtées. Nous demandons également qu’une enquête urgente et sérieuse soit menée pour identifier et traduire en justice les auteurs de cet ignoble assassinat.

Cette fuite en avant de la dictature montre une fois de plus que la peur a changé de camp et que le peuple a pris son destin en mains.

C’est pourquoi le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi demande aux Rwandaises et aux Rwandais de rester mobilisés pour défendre leurs droits jusqu’au triomphe de l’égalité sur l’exclusion, du droit sur la force et de la paix sur la guerre dans un Rwanda démocratique, prospère et solidaire.

Vive la démocratie ! A bas la dictature !

Fait à Bruxelles, le 25 juin 2010
à l’occasion des Sit-In organisés le 24 et 25 juin 2010 devant le siège de l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles.

Pour le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi
Eugène NDAHAYO
Président

Déclaration du Comité de Soutien aux FDU-Inkingi à l’occasion des Sit-In des 24 et 25 juin 2010 organisés devant le siège de l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles.

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