Tribune d'Information sur le Rwanda

Situation Des Droits Humains au Rwanda – Liberté d’expression (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Liberté d’expression

Les autorités ont restreint encore davantage la liberté d’expression. Le FPR a réagi de plus en plus vivement aux critiques à mesure que l’élection présidentielle approchait.

Lois réprimant l’« idéologie du génocide » et le « sectarisme »

Les autorités ont, cette année encore, recouru à des dispositions législatives générales, rédigées en termes vagues, réprimant l’« idéologie du génocide » et le « sectarisme ». Ces textes interdisent les discours de haine mais érigent aussi en infraction toute critique du gouvernement, fût-elle légitime.

En avril, les pouvoirs publics ont annoncé que la loi réprimant l’« idéologie du génocide » serait réexaminée, comme peut-être celle relative au « sectarisme ». Les dispositions existantes ont toutefois continué d’être appliquées, et l’on ignorait sous quel délai elles seraient révisées.

  • Bernard Ntaganda, président du Parti social Imberakuri (PS-Imberakuri, opposition), a été arrêté en juin et se trouvait toujours en détention en décembre. Parmi les chefs d’inculpation formulés contre cet homme figurait l’incitation à la division ethnique, une accusation liée à des déclarations critiques envers les politiques gouvernementales.
  • Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi, un parti d’opposition qui tentait de se faire enregistrer), a été arrêtée en avril, puis de nouveau en octobre. Elle était accusée notamment d’« idéologie du génocide », en raison, entre autres, d’une déclaration dans laquelle elle demandait que des poursuites soient engagées pour les crimes de guerre commis par le FPR.

Journalistes

Cherchant à fermer des médias qui s’étaient montrés critiques à leur égard, les autorités ont fait usage de sanctions réglementaires, de lois restrictives et de procès au pénal pour diffamation. En juillet, elles ont commencé à appliquer certains volets de la loi de 2009 relative aux médias, qui considérait toujours la diffamation comme une infraction pénale. Certains rédacteurs en chef et journalistes de renom ont fui le pays après avoir reçu des menaces et subi des manœuvres de harcèlement.

  • Le Haut Conseil des médias, instance de régulation proche du parti au pouvoir, a interdit de parution entre avril et octobre Umuseso et Umuvugizi, deux journaux privés en langue kinyarwanda, au prétexte que ces publications avaient insulté le chef de l’État et semé la discorde au sein de l’armée.
  • Jean-Léonard Rugambage a été abattu le 24 juin devant son domicile, à Kigali. Ce journaliste d’Umuvugizi enquêtait sur le meurtre par balles de Kayumba Nyamwasa en Afrique du Sud, et le journal avait publié un article suggérant l’implication des services du renseignement rwandais dans cet assassinat. En octobre, deux hommes ont été condamnés à la réclusion à perpétuité pour le meurtre de Jean-Léonard Rugambage. Ils ont affirmé que le journaliste avait tué un de leurs proches durant le génocide de 1994. Jean-Léonard Rugambage avait toutefois été acquitté à l’issue du procès dans cette affaire, jugée par un tribunal gacaca.
  • Jean-Bosco Gasasira, rédacteur en chef d’Umuvugizi, et Didas Gasana, rédacteur en chef d’Umuseso, ont quitté le Rwanda respectivement en avril et en mai, après avoir fait l’objet de menaces.

Défenseurs des droits humains

Cette année encore, les défenseurs des droits humains ont reçu des menaces, notamment de la part de représentants du gouvernement. Ils pratiquaient l’autocensure pour éviter la confrontation avec les autorités.

Les autorités ont expulsé du pays un membre du personnel de l’organisation Human Rights Watch. D’autres ONG internationales ont fait état d’un durcissement des restrictions exercées sur leurs actions. Des organisations internationales de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont été prises à partie dans des discours de hauts responsables du gouvernement.

En mai, un représentant de l’État rwandais a critiqué les organisations nationales de défense des droits humains lors de la session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

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[Amnistie Internationale]

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1 Situation des Droits Humains au Rwanda – Justice internationale (Rapport Amnistie Internationale 2011) | Rwandinfo_FR { 05.16.11 at 12:24 }

[…] – Rapport 2011. Rapport d’Amnistie Internationale 2011: Rwanda ● Contexte ● Liberté d’expression ● Liberté d’association ● Prisonnier d’opinion ● Justice nationale ● Disparitions […]

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