Tribune d'Information sur le Rwanda

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France-Rwanda: Le casse-tête de la veuve Habyarimana

Agathe Habyarimana, veuve du président rwandais pendant le génocide, vit en France. Un titre de séjour vient de lui être de nouveau refusé mais elle ne peut quitter le pays. Le Rwanda a fait une demande d’extradition qui sera examinée fin juin 2011.

Président Juvénal Habyarimana et son épouse Agathe Kanziga

Président Habyarimana et son épouse Agathe Kanziga

C’est peut-être la plus célèbre sans-papiers de France, même si beaucoup de gens ignorent encore son existence et son étrange situation juridico-administrative: Agathe Habyarimana, veuve du président rwandais Juvénal Habyarimana, est en effet aujourd’hui à la fois menacée de reconduite à la frontière et… interdite de quitter le territoire français.

Théoriquement, la menace d’une reconduite à la frontière est devenue un peu plus concrète mardi 24 mai quand la préfecture de l’Essonne a fait savoir qu’elle avait rejeté deux semaines plus tôt la demande d’Agathe Habyarimana. Depuis décembre 2009, elle sollicitait un titre de séjour, au titre de la “vie privée et familiale” (plusieurs de ses enfants sont désormais Français).

Pas question, a répondu la préfecture, qui avait assimilé sa présence dans le département à «une menace pour l’ordre public». Si elle n’avait pas demandé elle-même ce titre de séjour, elle aurait d’ailleurs peut-être évité ce camouflet, et les risques qu’il enclenche.

Car, depuis treize ans, elle vit de manière permanente en France, sans aucun papier l’y autorisant. Or tout le monde sait où elle habite, tout le monde sait qu’elle n’a jamais obtenu la régularisation de sa situation. Il est vrai qu’à chaque fois qu’elle a essayé, on l’a renvoyée aux fantômes de son passé.

Car ce n’est pas la première fois que l’ancienne première dame du Rwanda se heurte à l’administration française. A chaque fois, elle exploite tous les recours possibles, pour l’instant sans succès. Bien au contraire…

Un «rôle central» dans le génocide

Pour son titre de séjour, son avocat Maitre Philippe Meilhac a bataillé pendant dix mois contre la préfecture de l’Essonne. Laquelle avait déjà rejeté une première fois cette demande en juillet 2010. Cinq mois plus tard, en décembre 2010, le tribunal administratif de Versailles semble donner raison à l’avocat, en demandant à la préfecture de réexaminer sa décision. Mais, finalement, celle-ci persiste et signe: pas de carte de séjour pour cette grand-mère de près de 69 ans, qui vit dans une grande maison, au cœur d’un quartier résidentiel de Courcouronnes.

Ce rejet en rappelle un autre: il y a quatre ans, en 2007, la veuve du président Habyarimana tente un recours pour obtenir l’asile politique en France. Malgré une demande en 2004, l’Office français des réfugiés et apatrides (Ofpra) ne lui avait jamais répondu! La Cour nationale du droit d’asile va donc prendre le relais. Et lui opposer un refus cinglant. Ultime tentative, le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat sera aussi inutile que contre-productif. Car la plus haute administration française confirmera, en octobre 2009, la décision de la Cour nationale du droit d’asile. En des termes qui ne laissent aucun doute sur les raisons de ce rejet, confirmant les soupçons selon lesquels «Mme Habyarimana avait joué un rôle central au sein du premier cercle du pouvoir rwandais et pris part à ce titre à la préparation et à la planification du génocide».

Déjà à ce stade la situation peut paraître incroyable: voilà une femme ouvertement soupçonnée d’avoir joué un rôle majeur («préparation et planification» affirme le Conseil d’Etat) dans le dernier génocide du XXe siècle, celui qui en 1994 a exterminé la minorité Tutsi du Rwanda, ainsi que tous ceux parmi les Hutu, l’ethnie majoritaire, qui s’opposaient à la solution finale.

Or, malgré ces soupçons d’une gravité exceptionnelle, elle reste en liberté. Mais… sans papiers, puisque l’administration française prend visiblement très au sérieux ses accusations et réagit en conséquence, là où la justice et la police semblent tétanisées.

Pourtant Agathe Habyarimana, qu’on appelle aussi Agathe Kanziga (au Rwanda, non seulement le prénom, mais aussi le nom, sont individuels), intéresse aussi la justice. Ce qui lui vaut d’ailleurs aujourd’hui cette interdiction de quitter le territoire.

Un cas complexe pour la France

En France, la curiosité des juges a pu sembler tardive et lente. A leur décharge, il faut rappeler qu’Agathe Habyarimana quitte définitivement le Rwanda dans un avion militaire français, le 9 avril 1994. Après un transit à Bangui (République centrafricaine), elle débarque quelques jours plus tard à Paris où les autorités françaises lui déroulent le tapis rouge. N’est-elle pas la veuve d’un Président qui vient d’être assassiné et qui était depuis longtemps l’allié de Paris?

C’est bien le problème. Car la dérive ethniste du régime Habyarimana était dénoncée bien avant le génocide. Mais à Paris, on fait la sourde oreille et l’on «sous-estime le caractère autoritaire, ethnique et raciste» du pouvoir en place, comme le reconnaîtra timidement en 1998 une Commission parlementaire dirigée par Paul Quilès.

Cet aveuglement sera lourd de conséquences. Il explique aussi la difficulté de la France à gérer le cas d’Agathe Habyarimana.

Or bien avant le génocide, dès le début des années 1990, le rôle occulte de la femme du Président et de ses proches sera plusieurs fois dénoncé. C’est à cette époque qu’on commence à parler de l’Akazu: «la petite maison». Un groupe formé autour d’Agathe Kanziga, aussi affairiste que mafieux voire, selon certains, quasi mystique. La veuve du Président a toujours nié l’existence de cette cellule mystérieuse, mais certains proches du pouvoir en confirmeront l’existence, jusque devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, en Tanzanie.

Un ancien haut fonctionnaire rwandais préférera, lui, l’appellation de «réseau zéro», en référence à l’un des frères d’Agathe, le fameux «Monsieur Z». Tout en évoquant les mêmes pratiques: corruption, assassinats, discours violemment anti-tutsi. Mais Christophe Mfizi, l’auteur du rapport sur ce réseau pour le TPIR, dépeint aussi une structure informelle, où les ordres ne sont jamais écrits, plutôt «murmurés» à l’oreille, lors de réunions de famille.

La charge de la preuve

Et c’est bien là le problème: que peut-on prouver dans ce contexte? Agathe Habyarimana arrive à Paris au début des massacres. Elle n’était donc pas sur place quand le génocide a lieu au pays des Mille Collines. Mais que s’est-il passé avant?

Devant la Cour nationale du droit d’asile en 2007, elle affirme ne s’être jamais intéressée à la politique, ne jamais avoir écouté la radio, préférant s’occuper de ses poules et de ses enfants. Le Tribunal d’Arusha, qui avait entamé une enquête sur elle, semble avoir finalement jeté l’éponge en 2004.

Pourtant, devant la Commission du droit d’asile, le rapporteur dresse un réquisitoire implacable, à tel point que les journalistes présents eurent l’impression d’assister à un procès avant l’heure!

Un mois plus tard, une association basée à Reims, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), porte plainte contre Agathe Kanziga. Plainte acceptée par la justice française qui récupère cet encombrant dossier.

Il faudra encore attendre la normalisation des relations franco-rwandaises, très tendues depuis la fin du génocide, pour que les deux juges parisiennes en charge de l’enquête amorcent des investigations difficiles.

Fabienne Pouss et Michèle Ganascia comptent notamment sur l’aide du Tribunal d’Arusha qui a jugé le frère aîné d’Agathe Habyarimana: le fameux «Monsieur Z», de son vrai nom Protais Zigiraniyrazo. Condamné à vingt ans de réclusion en première instance, il sera, à la surprise générale, acquitté en appel. Mais, depuis novembre 2009, il est toujours à Arusha: aucun pays n’accepte de l’accueillir.

Est-ce le sort qui attend aussi sa sœur Agathe, en cas de reconduite à la frontière? Il y a bien un pays qui souhaite sa présence: son pays natal, le Rwanda. Très vite après le génocide, elle y figure en tête de liste des suspects les plus recherchés. Pourtant Kigali attendra l’automne 2009 pour demander son extradition de France.

Là encore, la réconciliation entre les deux pays a joué et c’est la diplomatie qui impose le timing de la justice. Nicolas Sarkozy est, en février 2010, le premier chef d’Etat français à se rendre au Rwanda depuis le génocide. Quelques jours après son retour, le 2 mars 2010, Agathe Habyarimana est pour la première fois brièvement arrêtée et placée sous contrôle judiciaire.

La demande d’extradition vers le Rwanda sera finalement examinée le 29 juin 2011 devant la cour d’appel de Paris. Sera-t-elle encore en France? Théoriquement, la décision de la préfecture de l’Essonne aurait pu conduire à l’expulser avant cette audience. Mais outre les recours posés par ses avocats, il faudrait d’abord lui trouver un pays d’accueil… Et même le retour au Rwanda semble compromis, la France n’ayant jamais extradé jusqu’à présent un ressortissant rwandais vers ce pays malgré plusieurs demandes.

L’imbroglio juridico-administratif risque donc de durer, suscitant polémiques et… curiosité: Un documentaire sera diffusé prochainement France2 dans la série La Grande Traque : il arrive à point pour rappeler les zones d’ombre qui entourent la vieille dame de Courcouronnes… On y voit Madame Agathe, interviewée chez son avocat. Très souvent, elle rit et hausse les épaules. Mais l’enquête au Rwanda dévoile des regards plus sombres… Grand-mère martyr ou «menace pour l’ordre public»? A chacun de juger.

Maria Malagardis
[Africatime]

mai 31, 2011   No Comments

France-Rwanda: la demande d’extradition de la veuve Habyarimana sera entendue le 29 juin

Émise fin 2009 par Kigali à la faveur du réchauffement diplomatique avec Paris, la demande d’extradition d’Agathe Habyarimana vers le Rwanda sera entendue le 29 juin, lui a notifié  la Cour d’appel de Paris.

Les juges ont maintenu Mme Habyarimana en liberté sous contrôle judiciaire.

Vêtue d’un élégant boubou rose pâle, l’ancienne première dame du Rwanda, âgée de 69 ans, a assisté ce mercredi 18 mai à l’audience de notification de la Cour d’appel de Paris, entourée comme à chacune de ses sorties publiques par une douzaine de ses proches. Elle s’est refusée à tout commentaire, dans cette affaire éminemment politique.

Dans le cadre de cette demande d’extradition, Mme Habyarimana a été brièvement interpellée le 2 mars 2010, cinq jours après la visite rendue à Kigali par le président français Nicolas Sarkozy pour marquer la réconciliation entre les deux pays. Sans nommer la veuve de l’ancien chef de l’État rwandais, M. Sarkozy avait signalé lors de sa visite à Kigali que Paris “a refusé l’asile politique à une des personnes concernées” et qu’une procédure judiciaire était engagée à son encontre.

Le lendemain de l’interpellation, le président rwandais Paul Kagame avait demandé à ce qu’elle soit jugée, au Rwanda ou ailleurs, lors d’une conférence de presse.

La requête d’extradition est fondée sur un mandat d’arrêt international lancé tardivement par le Rwanda, le 19 octobre 2009, pour des faits allégués de génocide et de crimes contre l’humanité « commis entre le 1er octobre 1990 et le 9 avril 1994 ». Les forces françaises avaient évacué Agathe Kanziga (son nom de jeune fille) de Kigali trois jours après la mort, le 6 avril, du président Juvénal Habyarimana dans un attentat.

Après un bref séjour en France, la veuve était retournée sur le continent africain, avant de revenir s’installer en 1998 à Paris, puis chez un de ses fils à Courcouronnes (Essonne) où elle réside toujours aujourd’hui sans statut légal. Après cinq années de procédure, sa demande d’asile a été définitivement rejetée par le Conseil d’Etat en octobre 2009.

Outre le mandat d’arrêt rwandais, Mme Habyarimana est visée par une plainte déposée le 13 février 2007 pour “complicité de génocide” par une association de défense des victimes, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Dans le cadre de cette plainte, elle a été entendue pour la première fois par la section de recherche criminelle de la gendarmerie de Paris, comme simple témoin, le 9 mars 2010.

Jusqu’à présent, les tribunaux français ont systématiquement rejeté les demandes d’extradition émanant du Rwanda, estimant que les garanties d’un procès équitable n’y étaient pas réunies.

L’audience du 29 juin sera très observée à Paris comme à Kigali. Du fait des vacances judiciaires, les juges de la Cour d’appel ont indiqué mercredi que leur décision sur l’audience du 29 juin pourrait n’intervenir qu’en septembre.

La date d’une première visite officielle du président rwandais Paul Kagame en France a été envisagée « pour juillet », indique une source diplomatique, « mais rien n’a encore été arrêté ».

18 mai 2011
[Hirondelle]

mai 31, 2011   No Comments

Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) formulent leurs exigences

COMMUNIQUE DE PRESSE N°01/PP/MAI/2011 DES FDLR

OBSTACLES AU RETOUR COLLECTIF DES FORCES DEMOCRATIQUES DE LIBERATION DU RWANDA (FDLR) ET DES REFUGIES AU RWANDA.

Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et les réfugiés rwandais en général ne parviennent pas à rentrer au pays natal suite aux obstacles relevant du contexte sécuritaire, judiciaire et politique.

1. La situation sécuritaire.

Au Rwanda, le régime en place est responsable d’assassinats sélectifs et de massacres collectifs réguliers, de disparitions, d’arrestations arbitraires, d’emprisonnements sans dossiers. Bref, c’est un Etat policier à la soviétique. Rappelons, sur ce chapitre, les fameux assassinats des officiers ex – FAR et leurs familles, les massacres de Kibeho,  Kanama, . . .

2. Le côté judiciaire

Côté judiciaire, le Rwanda est caractérisé par une justice partielle et partiale, refusant d’établir la responsabilité des membres du FPR dans le drame rwandais. Les tribunaux “gacaca” servent d’outil de répression comme c’est le cas pour la notion d’idéologie génocidaire. Le génocide servant par ailleurs d’alibi pour couvrir la dictature de Kigali et ses forfaits.

3. Le contexte politique

Côté politique, le régime de Kigali est caractérisé par une dictature à la soviétique. Le pouvoir et les biens du pays sont monopolisé par une poignée de gens. De plus, il convient de noter la discrimination dans plusieurs domaines.

A titre illustratif:

– Tous les camps militaires sont commandés par les tutsi.

– Tous les responsables des services de renseignement sont tutsi. Cela en est de même dans les écoles superieures, écoles militaires, associations de la société civile etc. En bref, sur 100 hauts fonctionnaires de l’Etat, 80 sont tutsi; 15 sont hutu alors que paradoxalement ces derniers sont 85% de la population totale rwandaise!

4. Le problème des hutu rapatriés

Pour ce qui est des hutu rapatriés de la Rdc, ceux- ci sont frappés d’ostracisme dans tous les domaines, accent mis dans celui de l’emploi. Ils ne constituent qu’une main d’oeuvre presque servile.
Sur 100 FDLR rapatriés, moins de 1% dispose d’un emploi avec un salaire décent, le reste étant abandonné à eux- mêmes et servant occasionnellement dans les opérations de pillage et chasse aux réfugiés rwandais en Rdc. Le secteur des affaires est hermétiquement fermé à eux.

5. Solutions

Face à cet état de choses, les Fdlr exigent ce qui suit:
– Ouverture de l’espace politique et démocratisation intégrale

– Justice équitable et impartiale pour tous sans distinction ethnique.

– Dialogue inter- rwandais hautement inclusif pour résoudre tous les problèmes épineux du Rwanda après avoir établi les responsabilités des uns et des autres dans le drame rwandais;ce dit dialogue devant aboutir  à la VERITE qui à son tour, sera la base de la RECONCILIATION VERITABLE.

Fait à Masisi le 26/05/2011

La Forge Fils Bazeye
Commissaire à l’information et Porte- parole des FDLR.

mai 30, 2011   1 Comment

Refus de séjour en France pour Agathe Habyarimana, veuve du président rwandais Habyarimana assassiné en 1994

Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président rwandais dont l’assassinat a été l’élément déclencheur du génocide de 1994, s’est vu notifier un refus de séjour en France, où elle réside depuis plus d’une décennie, a indiqué mardi la préfecture de l’Essonne (France).

Ce refus de séjour a été notifié le 4 mai par la préfecture de l’Essonne (près de Paris) et le ministère de l’Intérieur après un avis défavorable émis par la commission du titre de séjour.

Mme Habyarimana, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en octobre 2009 par les autorités rwandaises pour génocide et crimes contre l’humanité et dont Kigali demande l’extradition, “pourrait être reconduite à la frontière des pays dans lesquels elle établit être admise légalement, sauf le Rwanda”, a précisé la préfecture.

Son avocat Me Philippe Meilhac a annoncé à l’AFP qu’il allait déposer, mardi ou mercredi, un recours devant le tribunal administratif de Versailles (près de Paris), cette décision relevant, selon lui, d’une “volonté politique de la France, compte tenu du rapprochement récent avec le Rwanda, de ne pas froisser ce nouvel allié”.

La veuve de l’ancien président avait obtenu du tribunal administratif de Versailles, en décembre 2010, un nouvel examen de sa demande de titre de séjour. Ce titre lui avait été refusé en juillet par la préfecture de l’Essonne qui avait estimé qu’elle constituait une “menace à l’ordre public”.

Placée sous contrôle judiciaire, elle doit comparaître le 29 juin devant la cour d’appel de Paris qui statuera sur la demande d’extradition du Rwanda.

En octobre 2009, le Conseil d’Etat (plus haute juridiction administrative française) avait refusé une demande d’asile de Mme Habyarimana présentée cinq ans plus tôt, arguant qu’il y avait des “raisons sérieuses de penser” qu’elle était impliquée “en tant qu’instigatrice ou complice” dans le génocide rwandais.

Agathe Habyarimana fait par ailleurs l’objet depuis 2008 d’une enquête à Paris à la suite d’une plainte d’une association française, pour complicité de génocide.

L’attentat contre le président hutu Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, est considéré comme l’élément déclencheur du génocide qui a fait plus de 800.000 morts selon l’ONU.

[AFP]

mai 30, 2011   1 Comment

Rwanda: Hargne du FPR contre l’Eglise Catholique

par Jane Mugeni

Eglise

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Le FPR est-il anti-catholique?

La mort atroce de Mgr Phocas Nikwigize révélée par le site leprophete.fr relance l’hypothèse que le Front Patriotique Rwandais (FPR), au pouvoir à Kigali,  a, dans ses plans, l’anéantissement de l’Eglise catholique.

Genèse

Le FPR est une émanation des anciens féodaux qui avaient instauré le servage au Rwanda. En 1957, l’Eglise catholique au Rwanda fut avant-gardiste pour dénoncer haut et fort cette situation indigne pour les humains créés par Dieu dans l’égalité. Les évêques André Perraudin et Aloys Bigirumwami ont alors signé une lettre pastorale demandant la justice sociale dans la gestion des rapports hutu/tutsi. Pour ces prélats, l’injustice compliquait les relations sociales entre les divers groupes de la population rwandaise. Cette dénonciation contre le système oppressant la majorité de la population et la maintenant sous le joug de la féodalité ne fut jamais pardonnée à l’Eglise catholique par les tenants du pouvoir d’alors. En exil, les féodaux n’ont cessé d’inculquer à leurs enfants cette haine contre l’Eglise catholique, qu’ils rendent en partie responsable de leur situation de réfugiés.

Sous le nom du FPR-Inkotanyi, les descendants des féodaux déchus ont pris la relève après l’échec de l’attaque des Inyenzi. Ils ont attaqué le Rwanda en octobre 1990 et ont pris le pouvoir après 4 ans de guerre atroce. Sur leur chemin de conquête du pays, ils s’en sont pris aux religieux. L’Eglise catholique en a payé un lourd tribut.

Les faits

Tout au début de la guerre, le FPR assassina une religieuse française, Renée Popin et une aspirante rwandaise dans la paroisse de Rushaki, tout près de la frontière ougandaise. Le 10 février 1992, à Rukomo (Byumba), seize prêtres des quatre paroisses du Mutara, dans leur lettre, dénoncèrent un terrorisme à l’encontre de la population civile par le FPR. L’un des signataires de cet appel, le père Vallmajo, un prêtre espagnol, sera assassiné par le FPR en 1994 à Kageyo, dans la préfecture de Byumba.

L’assassinat à Kabgayi en juin 1994 de trois évêques ainsi que de neuf prêtres ne fut donc pas une surprise. Loin d’être une affaire de quelque « jeunes soldats indisciplinés », ce fut un ordre venu d’en haut, d’après des sources dignes de foi. L’Abbé Vénuste Linguyeneza était à Byimana là où les évêques ont été assassinés par les militaires du FPR. Son témoignage est poignant. Que le FPR ait annoncé lui-même cet incident et qu’il ait même envoyé un message de condoléances au Pape ne change pas grand-chose. Un simulacre de procès a eu lieu sur pression du TPIR et les assassins, en tête le général Wilson Gumisiliza, ont reçu des peines symboliques.

En avril 1994, le FPR avait déjà assassiné à 9 abbés au Petit séminaire de Rwesero. Le 17 octobre, il a assassiné le père canadien Guy Simard, curé de Ruyenzi à Butare ; le 1er août 1995, il a tué l’Abbé Pie Ntahobari, curé de Kamonyi à Gitarama. En 1996, il a fait disparaître Monseigneur Phocas Nikwigize, Evêque de Ruhengeri, de retour des camps de l’ex-Zaïre. C’est dans le cadre de cette politique qu’il a précipité la mort de Monseigneur André Sibomana, en lui refusant un document de voyage à temps pour aller se faire soigner à l’étranger.

Au cours d’une homélie religieuse, un militaire du FPR tira sur le père Guy Pinard, curé de Kampanga-Ruhengeri le 02/02/97. Le 25 du même mois, huit prêtres catholiques et trois religieuses rwandais réfugiés à Kalima dans l’Est de la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre) furent tués atrocement par les militaires de l’APR. Le 11 mai 1997, deux prêtres de la paroisse catholique de Cyahinda (Butare) furent mis à mort. Début août 1997, il y a eu l’assassinat de l’Abbé Ignace Mubashankwaya de la paroisse de Mushaka en préfecture Cyangugu. Le 31/01/1998, le père Croate, Vijeko Curic, a été assassiné par un militaire du FPR à Kigali. Le 28 avril 1998, ce fut l’assassinat du Curé de la paroisse Ruhengeri, l’Abbé Boniface Kagabo, un grand ami de Mgr Phocas Nikwigize. Dans la nuit du 7 au 8 janvier 1998, 6 sœurs de la Résurrection du Christ furent assassinées à Busasamana. La liste peut être allongée.

Dans sa hargne contre l’Eglise catholique, le FPR a favorisé l’émergence des sectes encadrées par ses soins. Il voulait noyauter les fidèles de l’Eglise catholique et répandre son idéologie à travers les sermons faits par des pasteurs de son obédience. Là où il était sûr que les fidèles étaient en dehors de ses structures religieuses, le FPR sévissait. Ainsi fin mai 1997, ses militaires ont massacré, au cours de leur office religieux, environ 300 fidèles d’une Eglise protestante dans le secteur Nanga et plus de 200 fidèles d’une Eglise adventiste dans le secteur Mwiyanike, deux localités au Nord du pays.

L’acharnement contre l’Eglise catholique s’est traduit encore par l’emprisonnement de Mgr Misago de Gikongoro qui a eu la chance de gagner son procès après des années de prison.

Le plan final du FPR, selon des observateurs, est de fonder une « Eglise patriotique rwandaise » calquée sur le modèle chinois.

[Echos d’Afrique]

mai 19, 2011   1 Comment

L’enseignement au Rwanda au bord de l’effondrement

par FDU-Inkingi

1. Situation actuelle: Le fiasco de l’enseignement au Rwanda.

Selon «The Rwandan Statistician», le dernier bulletin de Recherche de l’Institut National des Statistiques du Rwanda, qui se fait l’écho des résultats de la récente enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages, près de 80% des jeunes Rwandais âgés de 13 à 18 ans ont accès à l’enseignement secondaire.

Ce chiffre, qu’il faut prendre avec des pincettes, prouverait un progrès remarquable par rapport à la situation d’avant 1994 où à peine 3% de cette tranche d’âge fréquentait l’école secondaire. Malheureusement cette progression n’aurait pas été accompagnée par l’amélioration de la qualité. Ceci a été déploré par le rapport d’une commission spéciale des députés sur la situation de l’enseignement discuté au parlement  déjà depuis le 24 mars 2010.

Le niveau est tellement bas que les étudiants rwandais qui arrivent en Europe pour poursuivre et/ou parachever leurs études, éprouvent de sérieuses difficultés à suivre et sont souvent rétrogradés d’un à deux ans selon les orientations pour des remises à niveau.

Cette baisse de niveau est due à plusieurs facteurs:

– la formation et les conditions de vie des enseignants

– la langue d’enseignement

– les conditions d’études

– l’enseignement est devenu une sorte de business

  • La formation et les conditions de vie des enseignants

Au lieu d’utiliser les enseignants formés et qualifiés se trouvant au Rwanda avant la prise du pouvoir par le FPR, celui-ci les a mis de côté, marginalisés ou emprisonnés en les accusant d’idéologie génocidaire et s’est contenté de les remplacer par des rapatriés qui ne remplissaient pas les conditions requises : pas de formation appropriée, pas de titre requis, ou qui ne maîtrisaient même pas la langue d’enseignement de l’époque, en l’occurrence le français.

Les autorités du FPR ont créé Kigali Institute of Education qui tente, tant bien que mal, de remédier à la situation, mais le rapport cité plus haut de la Commission Sociale du Parlement qui déplore tant la médiocrité de formation des enseignants que des étudiants, montre bien qu’il y a encore d’énormes progrès à accomplir; ce rapport affirme notamment que les lauréats des universités rwandaises sont incapables de rédiger convenablement une lettre de demande d’emploi, beaucoup sont incapables de faire des rédactions des brochures de fin de cycle ( mémoires) et recourent des fois à des intellectuels prisonniers et à d’autres corvéables en échange de l’argent ou d’autres avantages.

Le remplacement inopiné et brutal, du jour au lendemain, du français parlé par 80% de la population scolarisée, par l’anglais, a compliqué la situation. L’abolition de la langue parlée par l’écrasante majorité du corps enseignant a mis au chômage des professeurs francophones remplacés par des anglophones sans matériels didactiques adéquats et sans formations appropriées.

Par ailleurs, le maigre salaire des enseignants, accompagné de la dégradation de leur considération sociale tant de la part des élèves, des parents que de leurs autorités hiérarchiques, a un impact négatif sur l’image de l’enseignement.

Le manque de discipline des élèves et de plusieurs membres du corps professoral  a instauré une situation chaotique dans beaucoup d’établissements scolaires.

Les promotions automatiques où les élèves ne font pas d’effort afin de passer dans la classe supérieure, a eu comme conséquence directe d’avoir beaucoup de finalistes incompétents.

  • La langue d’enseignement

Depuis le 10/01/2011, l’anglais est désormais, la seule et unique langue d’enseignement secondaire et universitaire au Rwanda.

La rentrée scolaire a coïncidé avec la mise en œuvre d’une autre mesure décidée par les autorités rwandaises, à savoir le «Programme Enseignement de base des 9 ans» qui consiste à permettre à tous les jeunes rwandais de terminer l’école primaire et le premier cycle du secondaire. Les mesures d’accompagnement font défaut En plus du défit de la langue véhiculaire, il y a une insuffisance de locaux, un manque de matériels didactiques et de professeurs compétents.

Les autorités religieuses, en particulier l’évêque catholique Mgr Sérvillien NZAKAMWITA, proposent l’introduction de la langue maternelle, le Kinyarwanda, à coté de l’anglais, étant donné que cette dernière langue n’est pas du tout maîtrisée par tous les élèves qui sortent du lycée. Elles renchérissent en ajoutant qu’enseigner en Kinyarwanda surtout dans le cycle primaire n’empêcherait en aucun cas l’apprentissage d’autres langues étrangères, notamment l’anglais, le français et le kiswahili qui sont essentiels comme outils de communication et pour la poursuite  des études dans des pays étrangers.

  • Les conditions d’études

«Le pauvre et l’enfant du pauvre resteront ignorants et pauvres», disent les paysans rwandais.

Dans les conditions actuelles, les inégalités et l’injustice sociales au Rwanda ne peuvent donc que s’aggraver. En effet, les études au Rwanda coûtent de plus en plus cher, et, confrontés déjà à la cherté de la vie et aux autres conséquences de l’inflation, les pauvres sont incapables de subvenir aux frais scolaires de leurs enfants, notamment le minerval et l’achat de matériel didactique.

Par ailleurs, les bibliothèques sont inexistantes ou embryonnaires; l’accès à l’outil informatique demande des moyens exorbitants; les conditions d’études (lumières, salles d’étude, aide aux devoirs,…) ne sont pas réunies.

En plus, comme le Gouvernement rwandais a décidé la suppression du système d’internat et d’allocations d’études, la situation va s’empirer. Privés de bourses d’études, beaucoup d’étudiants sont contraints de travailler; ce qui les empêche d’aller au cours, d’où «travailler plus, étudier moins»; d’autres ont déjà renoncé à leurs étude. Par exemple au niveau de l’université  nationale du Rwanda sur 85 inscrits en Agronomie, 28 sont retournés chez eux.

Le tableau ci-dessous montre l’ampleur de la mesure de suppression de bourses d’études supérieures pour cette année académique dans les institutions de l’Etat:

1ère année:

Les non bénéficiaires de frais de subsistance: 1029

Les bénéficiaires de frais de subsistance: 340

2ème année:

Les non bénéficiaires de frais de subsistance: 1564

Les bénéficiaires de frais de subsistance: 355

3ème année:

Les non bénéficiaires de frais de subsistance: 1429

Les bénéficiaires de frais de subsistance: 635

4ème année:

Les non bénéficiaires de frais de subsistance: 1203

Les bénéficiaires de frais de subsistance: 353

5ème année:

Les non bénéficiaires de frais de subsistance: 57

Les bénéficiaires de frais de subsistance: 11

6ème année:

Les non bénéficiaires de frais de subsistance: 37

Les bénéficiaires de frais de subsistance: 5

En outre, tous les cours dans les différentes disciplines doivent être accompagnés par l’idéologie du Front Patriotique Rwandais qui est devenu ipso facto le Parti-Etat. Les élèves finalistes des études secondaires doivent passer quelques mois dans des camps de formation idéologique et militaire baptisés «INGANDO» où les élèves subissent le lavage de cerveau notamment par l’initiation à l’histoire réécrite par le régime dictatorial. Pendant la clôture de l’INGANDO sous la direction des hautes autorités y compris l’armée et la police, la rentrée forcée de chaque étudiant dans le parti FPR est obligatoire; ce qui explique l’objectif principal de ces camps.

  • l’enseignement devenu business

Dans le but d’acquérir un niveau d’études toujours plus élevé en vue d’augmenter les chances de trouver un emploi ou de gagner plus, il y a une course effrénée aux diplômes. En effet, si les conditions requises changent au niveau du travail, on peut à tout moment se voir remplacer par quelqu’un d’autre.

En outre, les frais académiques sont trop élevés (plus de 5000$ par an); à moins d’être boursiers de l’Etat ou bénéficiaires d’un crédit bancaire, rares sont les parents capables de s’acquitter d’un tel montant. Cette situation incite des gens véreux à la fraude pour avoir le précieux sésame; cela explique le trafic énorme de faux diplômes, de faux certificat d’études secondaires, voire de  niveaux académiques.

S’agissant de la suppression de l’internat, celui-ci a suscité de l’inquiétude chez les parents et les élèves puisque les conditions ne sont pas réunies pour l’externat: pas d’électricité à la maison, pas de moyen de déplacement, un long trajet à parcourir, le coût exorbitant du loyer et de la nourriture, etc.

En plus, les autorités exigent que les parents interviennent pour le repas de midi puisque le Rwanda ne veut plus de l’aide en vivres fournie par le Programme Alimentaire Mondial alors que les prix des produits alimentaires flambent fortement et que la famine est désormais devenue endémique.

  • Conséquences fâcheuses

Cette situation calamiteuse de l’enseignement rwandais entraîne inexorablement des conséquences graves comme:

  • Arrivés sur place, aux problèmes évoqués plus haut vécus au Rwanda, s’ajoutent les difficultés d’intégration sociale;l’exode des étudiants rwandais vers les pays limitrophes (Ouganda, Burundi, Tanzanie, Kenya) à la recherche d’hypothétiques études moins onéreuses et d’un niveau d’enseignement plus ou moins élevé
  • le manque de planification qui a comme corollaire la production d’un grand nombre d’universitaires mal formés et voués au chômage;
  • la piètre qualité des diplômes: à titre d’exemples: sur 611 étudiants universitaires ayant réussi les examens finaux de la promotion du 27/03/2009, l’on compte 509 satisfactions (83,31%), 101 distinctions (16,53%) et 1 seule grande distinction (0,16%).

2. Propositions d’améliorations

Pour Les FDU-INKINGI, toute politique dans le domaine de l’éducation doit tendre à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux. Ces besoins concernent aussi bien les outils d’apprentissage essentiels, que les contenus éducatifs fondamentaux dont l’être humain a besoin pour survivre, pour développer toutes ses facultés, pour vivre et travailler dans la dignité, pour participer pleinement au développement, pour améliorer la qualité de son existence, pour prendre des décisions éclairées et pour continuer à apprendre. Les FDU-INKINGI estiment que le Rwanda a d’abord besoin des citoyens dotés de compétences expertes nécessaires au dynamisme économique du pays et à l’émancipation sociale et culturelle de chaque rwandais. C’est toute la problématique de l’autonomisation de la personne qui est posée. Elles considèrent que la scolarisation est un instrument d’émancipation et de justice sociale.  L’éducation et la formation professionnelle doivent être considérées à juste titre comme des outils de réduction des inégalités sociales et de renforcement de l’égalité des chances.

Dans cette optique, les FDU-INKINGI restent convaincues que:

  • L’éducation de base est un droit fondamental de tout rwandais;
  • L’éducation est un des facteurs qui contribuent à l’amélioration de la santé, de la sécurité, de la prospérité. Elle contribue au maintien d’un environnement viable pour l’homme, favorise le progrès social, économique et culturel ainsi que la tolérance et la capacité de vivre ensemble;
  • L’éducation dite traditionnelle est le point de départ de toutes les formes d’éducation modernes et peut contribuer aussi valablement que les autres formes d’éducation au développement de la société;
  • La formation professionnelle et sa généralisation constituent une priorité.

Au niveau du contenu des cours au secondaire, les FDU-INKINGI optent pour des cours généraux, y compris dans l’enseignement professionnel et technique, et pour l’introduction des matières correspondant à la réflexion fondamentale dès le deuxième cycle du secondaire. Ainsi:

  • Le cours d’éducation à la citoyenneté sera introduit dans l’enseignement pour favoriser l’émergence d’une véritable culture du vivre ensemble et pour préparer les jeunes à participer activement à la vie démocratique et à exercer leurs droits et responsabilités.
  • L’histoire des idées philosophiques, morales, religieuses, économiques ou scientifiques figurera en bonne place au programme.
  • La confrontation et l’échange des expériences seront favorisés pour permettre l’essor de nouvelles formes de respect mutuel et pour éviter un repli sur sa propre identité, en développant cet art du débat et de la conversation qui est l’art de se mettre à la place de l’autre, à égalité avec lui, en nous arrachant aux automatismes de notre pensée.
  • L’éducation nationale fera revivre à chaque enfant les grands moments de notre histoire mais devra éviter que cet enseignement soit inspiré par une démarche d’instrumentalisation pour aboutir à un discours mensonger. Il s’agit d’évoquer le passé pour y puiser les semences saines de l’avenir.
  • L’ouverture vers l’extérieur sera garantie par la diversification de l’enseignement des langues, des cultures et de l’histoire de l’humanité.

Face à un enseignement qui a longtemps été marqué par un manque de transparence dans l’admission des élèves et étudiants aussi bien dans les établissements secondaires que supérieurs, et face aux mécontentements et aux inégalités engendrés par le système au sein de la population, les FDU-INKINGI prévoient un programme sectoriel basé à la fois sur:

  • l’accroissement de la capacité d’accueil au niveau primaire, secondaire, supérieur et universitaire;

Face au déficit qu’accuse actuellement le Rwanda au niveau des ressources humaines, notre pays a dans le moyen terme plus besoin d’entrepreneurs, d’ouvriers qualifiés, de techniciens supérieurs et d’ingénieurs. Cela va de pair avec:

  • sur le terrain et dans des écoles;La formation accélérée du personnel d’encadrement et de techniciens supérieurs
  • La création et la réhabilitation d’écoles professionnelles et la généralisation de l’apprentissage professionnel;
  • La création de sociétés d’ingénieries à même de mobiliser des spécialistes de différentes branches.
  • la démocratisation de l’enseignement général et professionnelle tant au niveau du public que du privé.

Si l’accès à la formation et à la culture doit être offert au plus grand nombre, les FDU-INKINGI ne le conçoivent pas dans un cadre autre que celui qui offre l’égalité des chances pour tous les candidats afin d’acquérir une formation qualifiante. Dans ce cadre, les FDU-INKINGI entendent mettre sur pied une meilleure politique de prêts et bourses pour les  candidats méritants,  et de subventions aux établissements d’enseignement privés méritants pour favoriser l’accès d’un plus grand nombre de gens aux établissements d’enseignement supérieur ou universitaire.

jouer un rôle prépondérant dans ce secteur d’autant que l’enseignement jusqu’à un certain niveau sera du ressort des entités provinciales et communales.La décentralisation devra, elle aussi

Les parents seront eux aussi étroitement associés à l’éducation de leurs enfants dès leur jeune âge et devront être conscientisés sur l’importance de l’éducation, car il subsiste encore quelques réticences chez certains parents à envoyer leurs enfants à l’école.

LES FDU-INKINGI se battent pour une société où la fonction d’enseignant deviendra le moteur en vue d’atteindre la qualité de l’enseignement tant dans le secteur public que privé. Une des mesures prioritaires pour les FDU-INKINGI à cet effet sera de revaloriser le métier d’enseignant, non seulement en améliorant le sort matériel et les conditions de travail des fonctionnaires de l’éducation nationale, mais plus encore en œuvrant à réévaluer leur place dans la société et à rétablir le respect qui leur est dû. La hiérarchie des salaires devra être progressivement élargie. La contrepartie de cette revalorisation sera de consacrer systématiquement au moins 1 mois de vacances scolaires à des stages d’échange et de perfectionnement pédagogique, à des cours de rattrapage ou à des remises à niveau.

Conclusion:

Dans leurs soucis d’équité sociale, les FDU-INKINGI sont en faveur d’une scolarité obligatoire jusqu’à 19 ans et un programme d’alphabétisation fonctionnelle à grande échelle pour les adultes.

L’actuel système d’études qui favorise beaucoup la filière généraliste sachant bien que moins d’un quart seulement des élèves formés pourront accéder à la formation supérieure, les autres restant sur le carreau sans perspective, est élitiste et creuse un fossé de plus en plus profond des inégalités sociales. C’est la raison pour laquelle les FDU-INKINGI feront en sorte que, pour au moins 80% des jeunes qui finissent la scolarité obligatoire, puisse accéder à une formation professionnelle qualifiante.

Dans un pays où plus de 60% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, supprimer les bourses d’études revient à barrer objectivement la porte des études aux enfants méritants issus des familles pauvres. Les FDU-INKINGI restaureront les bourses d’études pour ces catégories de population. Elles introduiront aussi un système d’épargne-crédits-études à long terme, à des taux bonifiés. Pour les parents de la classe moyenne inférieure qui ont des enfants aux études supérieures, un système d’abattement de la taxe professionnelle sera instauré pour pouvoir financer les études des enfants. Il va de soi que les parents aisés pourvoiront aux frais des études de leurs enfants.

Fait à Kigali, le 18 Mai 2011
Boniface Twagirimana
Premier vice-président provisoire

mai 19, 2011   1 Comment

En l’honneur du Leader Victoire Ingabire: Une chaîne humaine autour de l’ambassade rwandaise à Bruxelles

Victoire Ingabire Presidente des FDU

Quelques dizaines d’opposants rwandais se sont rassemblés mardi midi devant l’ambassade du Rwanda à Bruxelles pour réclamer l’instauration d’un Etat de droit dans leur pays, au lendemain du report du procès de la présidente d’un parti d’opposition, Victoire Ingabire Umuhoza, a constaté l’agence BELGA.

Ils entendaient former une chaîne humaine en hommage à celle qu’ils qualifient d'”Aung San Suu Kyi rwandaise” (du nom de l’opposante birmane, prix Nobel de la Paix), a expliqué le coordinateur du Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR), Joseph Matata.

Selon ces opposants, Mme Ingabire “symbolise le combat courageux mené par plusieurs démocrates et journalistes rwandais incarcérés par le régime du général Paul Kagame”.

Des opposants rwandais manifestent chaque mardi devant l’ambassade, située avenue de Tervuren à Woluwe-Saint-Pierre, à l’appel du CLIIR et de la société civile coordonnée par la SOCIRWA (Société Civile Rwandaise).

Cette fois, ils attendaient entre 300 et 500 personnes venues de Belgique et des pays voisins avec l’espoir que “cette mobilisation interpellera le gouvernement de Kigali et les pays occidentaux notamment en ce qui concerne le conditionnement de l’aide sur les indicateurs de la démocratisation du Rwanda”.

“Nous réclamons la démocratie, l’Etat de droit, le respect des droits de l’Homme et la libération des prisonniers politiques”, a résumé M. Matata.

Mme Ingabire préside les Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), un parti créé en exil et que les autorités rwandaises refusent d’agréer. Elle avait souhaité briguer la magistrature suprême lors de la présidentielle d’août dernier. Elle a été accusé de complicité de terrorisme et atteinte à la sûreté de l’Etat. Son procès, qui aurait dû débuter lundi, a été reporté au 20 juin.

[Belga]

mai 18, 2011   No Comments

Belgique: la diaspora rwandaise se mobilise autour de victoire Ingabire

Victoire Ingabire Présidente des FDU

Le peuple se mobilise autour de Victoire Ingabire Présidente des FDU

A l’aube du procès de Victoire Ingabire Umuhoza, la société civile rwandaise de Bruxelles organise ce mardi 17 mai, de midi à 14h, une chaine humaine en face de l’ambassade du Rwanda.
Victoire Ingabire était rentrée au Rwanda pour y faire enregistrer son parti, les FDU (Forces démocratiques Unifiées) et se présenter aux élections présidentielles du 09 août 2010. Elections auxquelles elle n’a finalement pas pu participer.
 
 
Pour la société civile, cette arrestation n’est pas acceptable, elle est une nouvelle preuve de la dictature qui règne au Rwanda. En effet, Ingabire est emprisonnée avec beaucoup d’autres opposants politiques.
 
La société civile coordonnée par la SOCIRWA (Société civile Rwandaise) et le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda), fait appel à la population pour venir soutenir cette dame de fer dans son combat pour la paix et la démocratie de tout le peuple rwandais. Une occasion également pour les membres et sympathisants des FDU, de montrer leur soutien à leur dirigeante.
 
La société civile espère que cette mobilisation interpellera le gouvernement de Kigali et les pays occidentaux notamment en ce qui concerne le conditionnement de l’aide sur les indicateurs de la démocratisation du Rwanda.

mai 16, 2011   No Comments

Situation des Droits Humains au Rwanda – Réfugiés et demandeurs d’asile (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Réfugiés et demandeurs d’asile

Le gouvernement a exercé des pressions sur les pays voisins en vue d’obtenir le rapatriement des réfugiés. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé qu’à compter de décembre 2011, la clause de cessation pourrait, si certains indicateurs de progrès étaient atteints, être invoquée pour les Rwandais réfugiés dans la région des Grands Lacs : ils perdraient alors leur statut de réfugié.

Dans une opération menée conjointement par les autorités ougandaises et rwandaises les 14 et 15 juillet, environ 1 700 demandeurs d’asile rwandais déboutés ainsi que quelques réfugiés qui vivaient dans les camps de Nakivale et de Kyaka II, dans le sud-ouest de l’Ouganda, ont été renvoyés de force dans leur pays d’origine. Cette opération a été menée en violation du droit international relatif aux réfugiés et aux droits humains. Les Rwandais, dont un certain nombre avaient obtenu le statut de réfugié, ont été contraints, sous la menace d’une arme, de monter à bord de camions. Plusieurs personnes, dont des femmes enceintes, ont été blessées au cours de l’opération. Un homme au moins est mort en sautant d’un camion.

[Amnistie Internationale]

mai 14, 2011   No Comments

Situation des Droits Humains au Rwanda – Justice internationale (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Justice internationale

Tribunal pénal international pour le Rwanda

Le mandat du TPIR a été prorogé jusqu’à la fin de 2011 pour mener à terme tous les procès en première instance et jusqu’à la fin de 2012 pour les procès en appel. Dix suspects faisant l’objet d’un mandat d’arrêt étaient toujours en fuite. En novembre, le procureur du TPIR a déposé de nouvelles demandes de transfert de certaines affaires aux autorités rwandaises. Les requêtes précédentes n’avaient pas abouti, les chambres de première instance ayant estimé que les accusés ne seraient pas jugés équitablement par la justice rwandaise.

Compétence universelle – personnes soupçonnées de génocide vivant à l’étranger

Des personnes soupçonnées d’avoir pris part au génocide ont été poursuivies en justice en Belgique, en Espagne, aux États-Unis, en Finlande, aux Pays-Bas et en Suisse. La Suède a donné son accord pour une extradition en 2009, mais on attendait le résultat d’un recours introduit devant la Cour européenne des droits de l’homme. En raison de craintes relatives à l’équité des procès, aucun pays n’a extradé vers le Rwanda de personnes soupçonnées de participation au génocide.

Cour pénale internationale

Callixte Mbarushimana, secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a été arrêté en octobre en France à la suite d’un mandat d’arrêt décerné à son encontre par la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis dans l’est de la RDC en 2009. Paris lui avait accordé le statut de réfugié en 2003. Les autorités judiciaires françaises avaient refusé d’ouvrir une enquête criminelle sur des informations faisant état d’une éventuelle participation au génocide rwandais. En novembre, la Cour d’appel de Paris a ordonné que Callixte Mbarushimana soit remis à la CPI.

Impunité pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité

  • Un juge espagnol a demandé l’extradition de Kayumba Nyamwasa, réfugié en Afrique du Sud après avoir fui le Rwanda en février. Cet homme avait été inculpé en 2008 par la justice espagnole de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en 1994, ainsi que du meurtre de trois travailleurs humanitaires espagnols perpétré au Rwanda en 1997. Le Rwanda a également demandé son extradition pour menace contre la sûreté de l’État. À la fin de l’année, l’Afrique du Sud ne s’était pas encore prononcée sur l’une ou l’autre requête.
  • En septembre, des magistrats français se sont rendus au Rwanda pour enquêter sur l’attentat commis contre l’avion présidentiel rwandais en avril 1994. Cet attentat avait causé la mort du chef de l’État, Juvénal Habyarimana, et déclenché le génocide. C’est la première fois que des magistrats français se déplaçaient au Rwanda dans le cadre de leurs investigations. Les deux juges ont levé les mandats d’arrêt internationaux émis en novembre 2006 contre neuf hauts responsables du FPR pour cet attentat, dans lequel avaient aussi péri des ressortissants français. Certaines des personnes visées ont toutefois été mises en examen.

Homicides et absence d’enquête et de poursuites

Les autorités rwandaises n’ont pas mené d’enquêtes en bonne et due forme sur les homicides commis à l’approche de l’élection présidentielle, et n’ont pas poursuivi les coupables présumés.

  • André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti démocratique vert du Rwanda, a été retrouvé mort à Butare le 14 juillet. Cet opposant, qui avait quitté le FPR pour fonder le PDVR, était inquiet pour sa sécurité depuis plusieurs semaines. La police a ouvert une enquête mais le ministère public a affirmé ne pas disposer d’éléments suffisants pour engager des poursuites.
  • Denis Ntare Semadwinga a été assassiné par arme blanche chez lui, à Gisenyi, le 20 juin. Il avait auparavant été interrogé par les services de sécurité rwandais sur ses liens avec Laurent Nkunda.

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[Amnistie Internationale]

mai 14, 2011   No Comments