Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — May 2011

Situation des Droits Humains au Rwanda – Justice militaire (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Justice militaire

Plusieurs officiers supérieurs ont été arrêtés et détenus sans inculpation. Ils n’ont pas été autorisés à consulter un avocat. Certains ont été placés en résidence surveillée, d’autres ont été maintenus par l’armée en détention au secret pendant plusieurs mois.

  • Rugigana Ngabo, frère cadet de Kayumba Nyamwasa, a été arrêté en août après avoir été accusé de mise en danger de la sécurité nationale. Ce lieutenant-colonel de l’armée a été placé au secret sans avoir été inculpé.

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[Amnistie Internationale]

May 14, 2011   No Comments

Situation des Droits Humains au Rwanda – Disparitions forcées et Mauvais traitements (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Rapport d’Amnistie Internationale 2011: Rwanda
Contexte
Liberté d’expression
Liberté d’association
Prisonnier d’opinion
Justice nationale
Disparitions forcées et Mauvais traitements infligés par la police
Justice militaire
Justice internationale
Réfugiés et demandeurs d’asile

Disparitions forcées

Quatre hommes au moins ont « disparu » entre les mois de mars et de mai. Certains étaient proches de l’aile du CNDP dirigée par Laurent Nkunda ou avaient eu des liens avec des groupes armés de la RDC. On était toujours sans nouvelles d’eux à la fin de l’année. Selon les informations disponibles, l’un d’eux au moins, Robert Ndengeye Urayeneza, aurait été victime d’une disparition forcée et serait détenu par l’armée rwandaise.

Mauvais traitements infligés par la police

Certains membres du PS-Imberakuri et des FDU-Inkingi arrêtés en juin et en juillet ont subi des mauvais traitements de la part de fonctionnaires de police. Ils ont été battus et ont été attachés par des menottes à d’autres prisonniers, y compris lorsqu’ils se rendaient aux toilettes.

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[Amnistie Internationale]

May 14, 2011   2 Comments

Situation des Droits Humains au Rwanda – Justice nationale (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Justice nationale

Le personnel du service spécial de protection des témoins a bénéficié de formations qui lui ont permis d’améliorer la qualité des dossiers recueillis. Compte tenu des restrictions en matière de liberté d’expression imposées par les lois réprimant l’« idéologie du génocide » et le « sectarisme », il était toujours à craindre que les témoins soient peu disposés à effectuer des dépositions.

En octobre, le Rwanda a promulgué une loi sur la réclusion criminelle à perpétuité, peine qui a remplacé la peine capitale, abolie en 2007. Le texte prévoit que les détenus seront maintenus dans une cellule individuelle pendant une période pouvant atteindre 20 ans, ce qui, pour les détenus qui ne reçoivent pas de visites de leurs proches – soit que ceux-ci ne le veulent pas, soit qu’ils ne le peuvent pas –, pourrait constituer un maintien prolongé à l’isolement. Les prisonniers concernés n’auront le droit de communiquer avec un avocat qu’en présence d’un gardien, ce qui bafoue leurs droits en matière de défense lors des procès en appel et risque de les empêcher de faire état d’éventuelles violences subies en détention. Cette nouvelle peine n’a toutefois pas été mise en application en raison de l’absence de cellules individuelles.

Le Rwanda était toujours confronté à un problème de surpopulation carcérale.

En septembre, la date limite pour achever les procès pour génocide devant les tribunaux gacaca a été repoussée sine die.

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[Amnistie Internationale]

May 14, 2011   1 Comment

Situation des Droits Humains au Rwanda – Prisonnier d’opinion (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Prisonnier d’opinion

Charles Ntakirutinka, ancien ministre du gouvernement, était toujours incarcéré à la prison centrale de Kigali, où il purgeait une peine de 10 ans d’emprisonnement qui devait s’achever en 2012. À l’issue d’un procès inique, il avait été reconnu coupable d’incitation à la désobéissance civile et d’association de malfaiteurs.

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[Amnistie Internationale]

May 14, 2011   No Comments

Situation des Droits Humains au Rwanda – Liberté d’Association (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite):

Liberté d’association

Les restrictions imposées à la liberté d’association ont empêché les nouveaux partis d’opposition de participer à l’élection présidentielle. Les FDU-Inkingi et le Parti démocratique vert du Rwanda (PDVR) n’ont pu obtenir les autorisations nécessaires en matière de sécurité pour organiser les réunions indispensables à leur déclaration auprès des autorités. Le seul nouveau parti à avoir pu se faire enregistrer, le PS-Imberakuri, était infiltré par des membres dissidents et a décidé de ne pas présenter de candidat au scrutin.

Des responsables politiques de l’opposition ont été harcelés et menacés. Les enquêtes ouvertes sur ces menaces étaient sommaires et n’ont pas donné lieu à de quelconques poursuites.

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[Amnistie Internationale]

May 14, 2011   No Comments

Situation Des Droits Humains au Rwanda – Liberté d’expression (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Situation des Droits Humains au Rwanda (suite)

par Amnistie Internationale – Rapport 2011.

Liberté d’expression

Les autorités ont restreint encore davantage la liberté d’expression. Le FPR a réagi de plus en plus vivement aux critiques à mesure que l’élection présidentielle approchait.

Lois réprimant l’« idéologie du génocide » et le « sectarisme »

Les autorités ont, cette année encore, recouru à des dispositions législatives générales, rédigées en termes vagues, réprimant l’« idéologie du génocide » et le « sectarisme ». Ces textes interdisent les discours de haine mais érigent aussi en infraction toute critique du gouvernement, fût-elle légitime.

En avril, les pouvoirs publics ont annoncé que la loi réprimant l’« idéologie du génocide » serait réexaminée, comme peut-être celle relative au « sectarisme ». Les dispositions existantes ont toutefois continué d’être appliquées, et l’on ignorait sous quel délai elles seraient révisées.

  • Bernard Ntaganda, président du Parti social Imberakuri (PS-Imberakuri, opposition), a été arrêté en juin et se trouvait toujours en détention en décembre. Parmi les chefs d’inculpation formulés contre cet homme figurait l’incitation à la division ethnique, une accusation liée à des déclarations critiques envers les politiques gouvernementales.
  • Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi, un parti d’opposition qui tentait de se faire enregistrer), a été arrêtée en avril, puis de nouveau en octobre. Elle était accusée notamment d’« idéologie du génocide », en raison, entre autres, d’une déclaration dans laquelle elle demandait que des poursuites soient engagées pour les crimes de guerre commis par le FPR.

Journalistes

Cherchant à fermer des médias qui s’étaient montrés critiques à leur égard, les autorités ont fait usage de sanctions réglementaires, de lois restrictives et de procès au pénal pour diffamation. En juillet, elles ont commencé à appliquer certains volets de la loi de 2009 relative aux médias, qui considérait toujours la diffamation comme une infraction pénale. Certains rédacteurs en chef et journalistes de renom ont fui le pays après avoir reçu des menaces et subi des manœuvres de harcèlement.

  • Le Haut Conseil des médias, instance de régulation proche du parti au pouvoir, a interdit de parution entre avril et octobre Umuseso et Umuvugizi, deux journaux privés en langue kinyarwanda, au prétexte que ces publications avaient insulté le chef de l’État et semé la discorde au sein de l’armée.
  • Jean-Léonard Rugambage a été abattu le 24 juin devant son domicile, à Kigali. Ce journaliste d’Umuvugizi enquêtait sur le meurtre par balles de Kayumba Nyamwasa en Afrique du Sud, et le journal avait publié un article suggérant l’implication des services du renseignement rwandais dans cet assassinat. En octobre, deux hommes ont été condamnés à la réclusion à perpétuité pour le meurtre de Jean-Léonard Rugambage. Ils ont affirmé que le journaliste avait tué un de leurs proches durant le génocide de 1994. Jean-Léonard Rugambage avait toutefois été acquitté à l’issue du procès dans cette affaire, jugée par un tribunal gacaca.
  • Jean-Bosco Gasasira, rédacteur en chef d’Umuvugizi, et Didas Gasana, rédacteur en chef d’Umuseso, ont quitté le Rwanda respectivement en avril et en mai, après avoir fait l’objet de menaces.

Défenseurs des droits humains

Cette année encore, les défenseurs des droits humains ont reçu des menaces, notamment de la part de représentants du gouvernement. Ils pratiquaient l’autocensure pour éviter la confrontation avec les autorités.

Les autorités ont expulsé du pays un membre du personnel de l’organisation Human Rights Watch. D’autres ONG internationales ont fait état d’un durcissement des restrictions exercées sur leurs actions. Des organisations internationales de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont été prises à partie dans des discours de hauts responsables du gouvernement.

En mai, un représentant de l’État rwandais a critiqué les organisations nationales de défense des droits humains lors de la session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

Thème Suivant: Liberté d’association

[Amnistie Internationale]

May 14, 2011   1 Comment

Situation Des Droits Humains au Rwanda – Contexte (Rapport Amnistie Internationale 2011)

Rapport d’Amnistie Internationale 2011: Situation des Droits Humains au Rwanda

Les autorités ont restreint la liberté d’expression et d’association à l’approche de l’élection présidentielle du mois d’août. Des organes de presse qui s’étaient montrés critiques envers le gouvernement ont été fermés et des journalistes ont fui le Rwanda. Des défenseurs des droits humains ont subi des manœuvres d’intimidation. Des enquêtes ouvertes à la suite d’homicides se sont révélées insuffisantes. Des officiers supérieurs ont été placés en détention sans jugement. La portée de certaines améliorations du système judiciaire a été réduite par l’existence de lois érigeant en infraction diverses formes d’opposition. Aucune personne soupçonnée de génocide et résidant à l’étranger n’a été extradée vers le Rwanda.

Contexte

Les restrictions imposées à la liberté d’expression et d’association en vue du scrutin présidentiel du mois d’août ont empêché les nouveaux partis d’opposition de présenter des candidats. Le président sortant, Paul Kagame, a été réélu avec 93 % des suffrages.

Le parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR), a connu des dissensions croissantes. L’ancien chef d’état-major de l’armée, Faustin Kayumba Nyamwasa, s’est exilé en Afrique du Sud. Certains officiers supérieurs ont été arrêtés et placés au secret. D’autres se sont réfugiés dans des pays voisins.

Les tensions se sont intensifiées entre le gouvernement et les partisans de Laurent Nkunda, ancien dirigeant du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, un groupe armé congolais). Arrêté en janvier 2009, celui-ci était toujours placé en résidence surveillée au Rwanda, sans avoir été jugé ni même inculpé.

La situation sur le plan de la sécurité s’est tendue et des attaques à la grenade ont été recensées à Kigali.

Les autorités rwandaises ont réagi avec hostilité au rapport de cartographie établi par les Nations unies sur les violations des droits humains perpétrées en République démocratique du Congo (RDC) entre 1993 et 2003. Cette attitude a mis en évidence l’impunité dont jouissent les membres de l’Armée patriotique rwandaise qui se sont rendus coupables de ces violences.

Les bailleurs de fonds internationaux étaient de plus en plus préoccupés par la détérioration de la situation des droits humains. L’Union européenne, les Nations unies, les États-Unis, l’Espagne et la France ont exprimé ouvertement leur préoccupation à l’approche du scrutin présidentiel.

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Liberté d’expression

[Amnistie Internationale]

May 14, 2011   6 Comments

La défense de Victoire Ingabire n’est pas prête pour le début du procès Lundi

par Ruben Koops

Victoire Ingabire

“Lundi, nous allons commencer par l’examen contradictoire au Tribunal de Kigali, à 8 heures du matin heure locale”, a confirmé Ruberwa, qui est le procureur en charge de l’affaire Ingabire. Il a aussi confirmé que Victoire Ingabire sera transportée à la Cour lundi prochain.

Mais elle ne sera pas représentée par ses avocats officiels.

“Le procès ne continuera pas lundi et le procureur est au courant !”, affirme Edwards “nous avons dit à la Cour que la défense ne sera pas prête pour commencer ce lundi”.

A l’étranger

Selon l’avocat de la défense Edwards il y a plusieurs raisons qui expliquent ce retard. Une raison très pratique est qu’aucun des conseillers de Victoire Ingabiré n’est en mesure d’assister à la séance de lundi, explique Edwards. “Son avocat rwandais, Gatera Gashabana sera à l’étranger, y compris les membres étrangers de son équipe”. Et puis la date de la tenue de cette séance n’a pas été discutée avec le staff de l’accusée, ajoute Edwards.

Kinyarwanda

L’autre problème est la traduction des documents de 2.000 pages écrits en Kinyarwanda, la langue locale. “Les deux tiers des membres de l’équipe de Victoire Ingabiré sont des étrangers qui ne s’expriment pas dans cette langue”, déclare Edwards. “Le Procureur n’a pas fait traduire ces documents, donc nous devons nous en charger nous même.”

Victoire Ingabiré, leader de l’opposition a été arrêtée à son domicile à Kigali la capitale, le 14 octobre 2010 pour transférée dans une prison. Elle est la présidente du parti FDU, les Forces Démocratiques Unifiées. Elle est accusée de collaboration avec une organisation terroriste, de vouloir diviser les Rwandais et de négation du génocide de 1994.

[RNW]

May 14, 2011   No Comments

Le parti P.S. IMBERAKURI dénonce les actes d’intimidation entretenus par le régime de Kigali

par Alexis Bakunzibake,
P.S. Imberakuri

Suite aux multiples actes de harcèlement et d’intimidation que le FPR continue d’infliger au parti PS IMBERAKURI et à ses membres ;

Rappelant les persécutions et les traitements inhumains et dégradants que le régime de Kigali continue à entretenir à l’égard des responsables et membres du parti, le parti social-P.S IMBERAKURI tient à informer les rwandaises et les rwandais, la communauté internationale et les amis du Rwanda en général, mais aussi les IMBERAKURI en particulier ses préoccupations sur les points suivants :

1. Le parti P.S IMBERAKURI dénonce vigoureusement les actes d’intimidation que le gouvernement de Kigali continue à entretenir et proférer à l’encontre de ses opposants politiques et particulièrement aux responsables et militants du parti P.S IMBERAKURI. En effet, depuis le 07 mai 2011, le Secrétaire Général chargé de la Jeunesse, Mr Alexis BAKUNZIBAKE, qui par ailleurs assure la coordination des activités du parti est pisté dans tous ses mouvements 24 heures sur 24. Ceci nous rappelle les moments qui ont précédé l’enlèvement par la police et la disparition le 13 juin 2010 de Mr Aimable SIBOMANA RUSANGWA, secrétaire particulier du Président – Fondateur du parti P S IMBERAKURI, Me Bernard NTAGANDA, qui lui aussi a été arrêté et emprisonné depuis le 24 juin 2010 à l’aube, prétendument qu’il s’apprêtait à organiser ce jour même la manifestation pour réclamer l’élargissement de la commission électorale aux partis politiques d’opposition en vue des présidentielles du 09 août 2010.

Ces actes de harcèlement et d’intimidation sont étendus non seulement aux seuls responsables du parti, mais aussi, à la plupart de nos militants. Sans être exhaustifs, de sources concordantes et de bonne foi, la police du CID (Criminal Investigation Department) s’accélère actuellement pour identifier les résidences des militants d’opposition qui figurent sur les différentes listes de personnes qui ont rendu visité au Président – Fondateur du PS IMBERAKURI et à ses collègues politiciens emprisonnés à la prison de haute sécurité de Kigali (1930).

Dans ce même cadre, les menaces ouvertes sont proférées à travers les meetings publiques à l’encontre de nos militants, les sommant de quitter le parti, sans quoi ils n’auront plus droits à un quelconque service public. Ces actes ignobles ont été observés notamment dans les régions de MUSANZE, NYAGATARE, RUSIZI et ailleurs.

2. L’intimidation et le harcèlement perpétuels sont des armes redoutables et délibérées déployées par le gouvernement de Kigali pour tenter de faire taire l’opposition politique. Et quand cela ne marche pas à son guise, le FPR n’hésite pas à recourir à son soi-disant système judiciaire. En effet, vous vous souviendrez que dernièrement nous vous faisions par de nos préoccupations sur le fait que le gouvernement de Kigali refuse depuis le 18 mars denier à Me Bernard NTAGANDA le transfert de la vente d’une de ses voitures immobilisées depuis son arrestation et emprisonnement pour des raisons politiques.

Par ailleurs, dans le procès de trois de nos compatriotes (Dominique SHYIRAMBERE, Célestin YUMVIHOZE et Donatien HABIYAREMYE) détenus illégalement à la prison de KIMIRONKO depuis le 23/06/2010, les avocats de la défense ont démonté un à un tous les arguments du procureur justifiant leur détention provisoire. Au tribunal, le juge en personne a reconnu que cette détention est bien illégale. Mais, pour répondre à la volonté du FPR, le même juge a ordonné le maintien en détention provisoire de nos militants, selon lui, en se basant sur l’article 19 du code pénal qui l’autoriserait selon lui, de les maintenir en détention malgré l’illégalité de la détention.

Les avocats de la défense ont fait appel de la décision, mais, ont préféré boycotté la séance de comparution en appel du 09/05/2011, car, ils ont donné suffisamment d’arguments contre cette détention illégale disent-ils, laissant ainsi au juge la possibilité de faire examen de sa conscience pour montrer son indépendance.

3. Le parti P.S IMBERAKURI s’inquiète toujours de l’isolement que le gouvernement de Kigali continue d’infliger aux responsables politiques d’opposition en leur privant de leur droit de visite. Vous vous souviendrez que le Ministre de la Sécurité Intérieur, Mr Mussa Fazil HARERIMANA a interdit ces visites prétextant que ces femmes et hommes politiques sont perturbés dans leur sieste, leur lecture ou le suivi de leurs programmes TV par les visites de leurs militants. Quelle pitié !!!!

Nul n’ignore plutôt que l’objectif visé est de couper le cordon ombilical entre ces responsables et leurs familles respectives d’une part et avec leurs partis politiques d’autre part afin qu’ils soient emportés par le chagrin et la dépression car, les autres moyens utilisés restent jusque là inefficaces. Le gouvernement du FPR doit savoir qu’il n’a pas le monopole sur le Rwanda, c’est pour nous tous notre mère patrie.

4. Comme toujours, le parti P.S. IMBERAKURI, lance encore une fois de plus, un appel urgent à la communauté internationale et à toutes les âmes de bonne volonté pour venir à la rescousse du peuple Rwandais. Le Rwanda a comptabilisé tant de victimes tellement qu’il est grand temps d’épargner ceux qui survivent encore. Rappelez-vous toujours que ne pas secourir une personne en danger est interprété comme un signe de complicité avec le bourreau.

AINSI VOUS SEREZ IMBERAKURI !!!

Fait à Kigali, le 10 mai 2011
Alexis BAKUNZIBAKE
Secrétaire Général Chargé de la Jeunesse

[COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° 007/P.S. IMB/011]

May 13, 2011   No Comments

Paul Kagame au sujet de l’opposition politique et du déficit démocratique au Rwanda

Dans un entretien accordé à François Soudan de Jeune Afrique,  le chef de l’État rwandais Paul Kagame – l’« Iron man » de Kigali selon Jeune Afrique, parle de la démocratie, de l’opposition politique et de l’après-Kagame.

Jeune Afrique: Vous avez été réélu en août 2010 avec 94 % des voix. Vous savez bien que ce n’est pas, de nos jours, un score politiquement correct…

Paul Kagame: Les 82 % de Jacques Chirac en 2002 étaient donc politiquement incorrects! Auriez-vous préféré un 54 %-46 % comme en Côte d’Ivoire, suivi d’une quasi-guerre civile? Soyons sérieux. Chaque pays a son contexte et ses spécificités: considérer le Rwanda comme la France, en oubliant le génocide de 1994 et son million de victimes, c’est une aberration. Nous pratiquons la démocratie en fonction de notre histoire, de notre environnement et de notre expérience, qui ne sont pas les mêmes qu’en Europe. Nous bâtissons un nouveau pays. N’attendez pas que, du jour au lendemain, nous atteignions une sorte d’idéal universel. Et puis, pourquoi comparerais-je la qualité et la sincérité d’expression de mon peuple à celles des autres? Oui, au Rwanda, on vote avec un taux de participation de 96 % sans que personne n’oblige qui que ce soit à se rendre aux urnes et sans qu’il y ait besoin de falsifier les résultats. Ici, les gens votent pour la sécurité, le niveau de vie, la justice, la réconciliation, l’éducation. C’est-à-dire pour l’essentiel. Évidemment, dans le monde riche, là où l’abstention électorale est de plus en plus préoccupante, ces chiffres et ces motivations sont parfois considérés avec commisération, voire avec mépris. Mon Dieu, quelle ignorance!

Pour la plupart des observateurs, le niveau de développement démocratique du Rwanda est loin d’atteindre celui de son développement économique. N’y a-t-il pas une part de vérité dans ce jugement?

Je ne le pense pas. Posez donc la question aux Rwandais, pas seulement dans les villes mais aussi dans le moindre village. Démocratie et développement en sont au même niveau et avancent dans la même et bonne direction. Bien sûr, dans le détail, cela dépend des critères, et l’on pourra toujours dire que l’une remplit 80 % de sa feuille de route et l’autre 90 %. Mais le rythme de progression est identique. Beaucoup de représentants d’ONG soi-disant indépendantes viennent ici et constatent nos succès dans les domaines économique, social et humain: il faudrait être aveugle pour ne pas les voir. Le problème est qu’elles ne le disent pas et semblent ne pas vouloir croire en ce qu’elles voient. Pourquoi? Je l’ignore. J’en conclus que les progrès enregistrés par un pays comme le Rwanda ne font pas plaisir à tout le monde.

Ceux qui vous critiquent n’auraient-ils pas un problème avec vous, plutôt qu’avec le Rwanda?

Je crois qu’ils ont un problème avec l’Histoire, avec le passé, avec le génocide, avec leur propre culpabilité, avec l’Afrique dans son ensemble. Je n’accepte pas, le gouvernement n’accepte pas, le peuple rwandais n’accepte pas que l’on décide à notre place. C’est le fond du problème.

Plusieurs ex-généraux de votre armée et des dissidents de votre propre parti ont fondé il y a peu le Rwanda National Congress, censé regrouper l’opposition en exil. Cela vous inquiète-t-il?

Ces gens n’ont ni base, ni légitimité, ni avenir. Pour moi, cette initiative est tout simplement inexistante.

Pourtant, des attentats à la grenade ont eu lieu à Kigali et il n’y a jamais eu autant de policiers et de militaires dans les rues…

Oui, mais cela n’est pas contradictoire. L’absence de base et de légitimité populaire mène au terrorisme groupusculaire. Le fait que ces gens aient contracté des alliances avec des génocidaires patentés basés à l’extérieur parle de soi et montre en outre qui ils sont réellement: des nuisances. Combien, parmi les dix millions de Rwandais, s’identifient à eux? Une fois de plus, ce qui m’étonne, c’est la facilité avec laquelle certains milieux occidentaux se laissent prendre au jeu de ces criminels déguisés en opposants démocrates.

L’ancien Premier ministre Faustin Twagiramungu, qui a lancé depuis Bruxelles la Rwanda Dream Initiative, estime que l’onde de choc des révolutions arabes peut atteindre Kigali. Qu’en pensez-vous?

Les Rwandais font leur révolution chaque jour. Mais ils la font pour soutenir le processus en cours dans ce pays, non l’inverse.

Amnesty International et Human Rights Watch considèrent vos opposants Victoire Ingabire et Bernard Ntaganda, détenus depuis des mois, comme des prisonniers politiques. Votre opinion?

Chacun son business. Le nôtre est de faire progresser le Rwanda sans se laisser prendre en otages par ce type de considération. Ingabire et Ntaganda ont enfreint la loi. Ils seront jugés de façon impartiale.

Votre actuel et dernier mandat s’achèvera en 2017. Le Rwanda pourra-t-il vivre sans vous?

Le contraire serait un échec pour moi et pour nous tous. Vous savez, beaucoup de prophètes de malheur se sont penchés sur ce pays. On lui a annoncé un destin d’État failli, on a prédit que notre expérience allait s’effondrer au bout de deux ans, on a affirmé que le progrès c’était bon pour les villes mais que les campagnes resteraient dans la misère, on a juré que la face cachée de nos performances économiques ne pouvait être que l’oppression et la dictature. Sur tous ces points, nous leur avons donné tort.

La dernière variante concerne l’après-Kagame. Certains disent que ce sera le chaos, d’autres que je m’accrocherai au pouvoir. En réalité, vous le verrez bien, quitte à en être surpris: le leadership changera de mains, mais le chemin et la direction resteront les mêmes.

[Propos recueillis par François Soudan de Jeune Afrique.]

May 12, 2011   No Comments