Tribune d'Information sur le Rwanda

TPIR: L’ex-Commandant du Camp Militaire de Goma (Butare – Rwanda) condamné à la perpétuité pour génocide

Arusha: – Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) a condamné lundi à la prison à vie un lieutenant de l’ancienne armée rwandaise reconnu coupable de génocide, assassinat et viol, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le lieutenant Ildephonse Hategekimana commandait en 1994 le camp militaire de Ngoma, dans la banlieue de la ville de Butare, dans le sud du Rwanda.

« La chambre condamne l’accusé à la peine d’emprisonnement à vie », a déclaré la juge malgache, présidente de la chambre, Arlette Ramaroson.

L’officier a été condamné notamment pour avoir ordonné la sélection, l’enlèvement et le massacre de Tutsis dans un couvent de religieuses près de son camp le 30 avril.

La chambre a par ailleurs conclu qu’il avait cautionné et encouragé des actes de viols.

Interrogé à la sortie de la salle d’audience, l’avocat du lieutenant, le Camerounais Jean de Dieu Momo, a fait part de son intention de faire appel.

Pour sa part, le représentant du procureur, William Egbe, également camerounais, a trouvé dans le jugement « une victoire de la justice internationale ».

M. Hategekimana avait été arrêté au Congo Brazzaville le 16 février 2003 et transféré au centre de détention du TPIR trois jours plus tard.

Il était initialement inculpé avec deux autres officiers basés à Butare, pendant le génocide, dont le capitaine Ildephonse Nizeyimana qui était commandant en second de l’Ecole des Sous-Officiers (ESO) dans la même ville.

[AFP]

December 6, 2010   No Comments

Kagame rencontre la diaspora rwandaise à Bruxelles

Le 04/12/2010, le président Paul Kagame du Rwanda a rencontré la diaspora rwandaise en Europe. Le rendez-vous a eu lieu à Bruxelles dans la salle Autoworld au Parc du Cinquantenaire à Bruxelles.

De prime abord, il est à signaler qu’accéder à la salle de rencontre était un parcours de combattant tellement les mesures de sécurité étaient draconiennes. Il fallait montrer patte blanche avant d’y entrer : il y avait 4 haies de sécurité en zigzague qu’il fallait franchir puis laisser son téléphone portable, ôter son manteau et le faire passer aux rayons laser, puis une fouille corporelle, ensuite passer le portique magnétique, …

L’enregistrement a eu lieu à partir de 11h mais la file était longue. Ceux qui n’étaient pas armés de patience ont jeté l’éponge et sont rentrés. A cela s’ajoute que le président Paul Kagame, qui devait arriver officiellement à 13h selon ce qui était marqué sur l’invitation lancée par l’ambassade rwandaise à Bruxelles, n’a atterri qu’à 18h. Et les contrôles et les enregistrements étaient toujours en cours à l’entrée de la salle. C’est probablement la raison pour laquelle Paul Kagame est arrivé dans la salle par une porte dérobée de derrière qui donne directement sur le podium : à l’ouverture du rideau, Paul Kagame était sur la scène. Applaudissements. Il était entouré de l’ambassadeur Gérard Ntwari de Bruxelles, Evode Twagirayezu (Mons), représentant de la diaspora rwandaise en Belgique et d’une jeune fille représentante de la jeunesse rwandaise en Belgique. Dans la salle, Dr Jean Mukimbiri a joué au modérateur.

Après le mot de bienvenue de l’ambassadeur, le représentant de la diaspora rwandaise en Belgique a pris la parole.

Il a exposé brièvement les progrès réalisés par le régime de Kigali et est ensuite passé aux doléances de Rwandais de Belgique :

– Le mauvais fonctionnement de la justice en général et des tribunaux Gacaca en particulier.

– Le niveau bas de l’enseignement au Rwanda reconnu même dans un rapport d’une commission parlementaire dans lequel les députés rwandais ont signalé que certains lauréats des universités rwandaises sont incapables d’écrire correctement une lettre de demande d’emploi. La conséquence est que bon nombre de Rwandais envoyés aux études en Belgique n’ont pas le niveau requis et doivent refaire des années de mise à niveau.

– Des réformes intempestives dans différents secteurs de la vie nationale dont l’introduction précipitée de l’anglais qui a occasionné pas mal de problèmes dans l’enseignement.

– le problème des pensions : le Rwanda devrait signer un accord bilatéral avec la Belgique, ce qui permettrait aux Rwandais ayant travaillé au Rwanda et naturalisés belges de recevoir leur pension de retraite.

– L’inquiétude des Rwandais de Belgique qui craignent d’envoyer l’argent aux membres de leur famille via Western Union de peur d’être reprochés de participer à la déstabilisation de la sécurité du pays comme cela a été le cas pour certains.

Ce discours n’a pas plu manifestement au président Kagame qui s’est levé pour démonter, point par point, le discours d’Evode Twagirayezu.

Pour le président Kagame, Evode et d’autres qui pensent comme lui devraient d’abord se poser la question du pourquoi de la création des tribunaux Gacaca au lieu de les dénigrer.

Au sujet des étudiants, Kagame a affirmé qu’ils suivent bien leurs études. Il s’est élevé ensuite contre l’envoi de l’argent via Western Union aux Interahamwe, aux génocidaires. Au sujet de l’imposition de l’anglais comme langue d’enseignement, Kagame a dit que le français n’a pas été banni pour autant au Rwanda.

Kagame a continué sur cette lancée pour dire qu’il n’existe pas d’ethnies (hutu, tutsi, twa) au Rwanda mais qu’il n’y a que des Rwandais.

Faut-il souligner que ce discours de Kagame est machiavélique ? Le problème, ce ne sont pas les ethnies mais leur instrumentalisation politique. En paraphrasant les chercheurs qui se sont penchés sur le sujet, disons que l’on peut reconnaître l’existence des « ethnies » sans pour autant faire de l’ethnisme. Il ne faut pas nier les ethnies, mais les assumer et permettre à tout un chacun de se sentir protégé dans un état de droit. Sociologiquement parlant, l’ethnie est une réalité historique et supra-individuelle incontestable étudiée par les sciences sociales alors que l’ethnisme est un simple comportement individuel ou collectif dont l’étude devrait plutôt relever de la psychanalyse ou de la psychologie pathologique.

Kagame a en outre dit que les Rwandais s’autoflagellent (abanyarwanda bariyanga). A ce sujet, il s’est demandé comment les Rwandais sont en train de manifester à l’extérieur dans la neige et le froid. Il a ajouté : « Certains Rwandais disent qu’ils rentreront au Rwanda quand je ne serai plus au pouvoir. Qui va m’enlever ce pouvoir ? La démocratie ? Jamais. La guerre ? Never ».

A l’heure des débats, la parole a été monopolisée principalement par ceux qui lançaient des fleurs au président. Ainsi Yolande Mukagasana a fustigé le discours d’Evode Twagirayezu et a dit au président qu’elle ne se retrouvait pas dans la diaspora notamment dans les propos tenus par son représentant en Belgique. Le président Paul Kagame lui a donné raison et dit qu’il allait se pencher sur la question avant de quitter la Belgique.

Une dame a demandé au président Kagame de libérer son mari Rwabahizi, ex-chauffeur de l’ambassadeur de France au Rwanda. Elle a dit qu’elle a des informations selon lesquelles c’est le président lui-même qui aurait ordonné l’emprisonnement de son mari. Kagame a demandé à ses collaborateurs de prendre plus d’informations sur le dossier pour qu’il puisse l’examiner à son retour au Rwanda.

Rien n’a été dit sur Victoire Ingabire, présidente du parti politique FDU-Inkingi, ainsi que sur d’autres politiciens emprisonnés comme elle pour leurs idéaux démocratiques.

Comme il se voit, Evode Twagirayezu a volé la vedette à Paul Kagame car l’essentiel de la journée a tourné autour de ses revendications, ce qui a empêché, selon des observateurs,  au président de prononcer le discours qu’il avait préparé pour la circonstance.

J.N.Un participant à la rencontre 05/12/2010
[Gaspard Musabyimana]

December 6, 2010   No Comments

Chants et Cris contre le Génocidaire Paul Kagame à Bruxelles (Vidéo)

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Monsieur Paul Kagame président du Rwanda a eu droit à deux accueils à Bruxelles, le samedi 4 décembre 2010.
Celui de ses compatriotes de la diaspora venus de Bruxelles et d’autres pays européens par cars, et celui de ses opposants venus dénoncer son régime.
Pour préparer l’arrivée de monsieur Paul Kagame, monsieur Ntwari Gérard l’ambassadeur du Rwanda avait diffusé une invitation où il invitait « … Les Rwandais d’Europe à venir rencontrer et s’entretenir avec le Président de la république du Rwanda, Son excellence Paul KAGAME, le samedi 04 décembre 2010 à partir de 13h.
La rencontre aura lieu au Musée de l’Automobile dénommé : autoworld, à l’adresse : 11, Parc du cinquantenaire, 1000 Bruxelles.

[Congolais de Belgique Info].

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Pourquoi manifester contre Kagame? (Video)

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December 6, 2010   No Comments

Manifestation contre le criminel Général Kagame, Bruxelles 4 Déc 2010

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“Arrêtez Kagame” (Video)

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December 6, 2010   No Comments

Rapport de l’ONU sur le génocide contre les Hutu: Le Rwanda contre-attaque

by Christophe Rigaud

Le mapping report de l’ONU qui évoque la “possibilité d’un génocide” en République démocratique du Congo (RDC), entre 1993 et 2003, continue de susciter la controverse.  L’ONU y présente les exactions commises contre les populations civiles et les réfugiés en RDC (ex-Zaïre). Au banc des accusés  : l’Ouganda, le Burundi, l’Angola… mais surtout le Rwanda pour qui le terme de “génocide” ne passe pas. Jeudi 9 et vendredi 10 décembre 2010, Kigali organise une conférence internationale sur la convention de l’ONU de 1948 définissant le crime de génocide. Une occasion de revenir sur le fameux mapping report des  crimes commis durant les guerres du Congo.


– Download the FINAL UN mapping report in English

– Download the DRAFT UN mapping report in English

– Téléchargez le rapport FINAL de l’ONU en Français

– Téléchargez le rapport INITIAL de l’ONU en Français

– Download the Rwanda Government comments in English.

Le fameux rapport de l’ONU du Haut-Commissariat aux droits de l’homme dresse un bilan accablant de dix ans de crimes en République Démocratique du Congo (RDC), de 1993 à 2003. Le Congo (Zaïre à l’époque) a été déchiré au cours de cette période par deux guerres, de 1996-1997 puis de 1998 à 2003. Les violences qui déchirent encore aujourd’hui le Nord-Kivu, découlent de ces précédents conflits. Le rapport d’environ 600 pages, dévoilé par Le Monde, révèle notamment qu’au cours de la première guerre en RDC, de 1996 à 1998, certains faits commis par les soldats rwandais pourraient être qualifiés de génocide. Ces actes de guerre sont pourtant directement liés au génocide de 1994, survenu au Rwanda voisin. Cette année-là, une guerre civile a opposé les ethnies Hutu et Tutsi, conduisant au génocide d’environ 800.000 Tutsi. Suite à la prise de pouvoir à Kigali du Front patriotique rwandais (FPR) à majorité tutsie, plus d’un million de Hutus du Rwanda s’étaient réfugiés sur le territoire de la République Démocratique du Congo, ( Zaïre à l’époque). Pour Kigali, l’APR (bras armé du FPR dirigé par Paul Kagame) aurait commis ces exactions en RDC, alors qu’elle poursuivait  les génocidaires hutus ayant quitté le Rwanda.

Si d’important massacres ont bien eu lieu à l’Est de la République démocratique du Congo (personne ne le nie), les «révélations» du rapport de l’ONU n’ont pas manqué d’apporter de l’eau au moulin des tenants de la thèse négationniste du «double génocide», qui, pour amoindrir les crimes des génocidaires rwandais jugés à Arusha ou laver les accusations de complicité qui pèsent sur les autorités politiques et militaires françaises, tentent de relativiser le génocide commis à l’encontre des Tutsi par une rhétorique des tords partagés ou de crimes réciproques équivalents. Or, si des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont indéniablement été commis par l’armée du FPR et demeurent impunis, l’utilisation du terme “génocide” pour les qualifier pose problème.

Dans ce contexte s’ouvrira le 9 décembre 2010 à Kigali, une conférence organisée par la Commission Nationale rwandaise de Lutte contre le Génocide. La conférence sera présidée par Jean-de-Dieu Mucyo, ancien ministre de la Justice, et Aldo Ayello, ancien envoyé spécial des Nations Unies pour ramener la paix au Mozambique (1992-1994) puis par l’Union européenne comme facilitateur de paix dans la région des Grands Lacs (1996-2007).

Ces derniers mois, Aldo Ayello avait contesté dans plusieurs interventions remarquées, le contenu du projet de rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, révélé fin août 2010 par le journal Le Monde, et qui estime que des faits de “génocide” auraient pu être commis en République démocratique du Congo (RDC) entre 1996 et 1998 par des militaires rwandais ou soutenus par le Rwanda. Pour Aldo Ayello, « l’application inappropriée du concept de génocide discrédite le mapping report. »

Parmi les autres invités de la conférence de Kigali, on notera la présence du professeur Michael Scharf enseignant en Droit et directeur du Centre de droit Frederick K. Cox International aux Etats-Unis. Il a participé à la formation des juges et procureurs irakiens du Tribunal Spécial pour l’Irak. L’ONG qu’il a fondée a été nominée pour le Prix Nobel de la Paix pour sa contribution à la recherche de criminels  de guerre majeurs comme Slobodan Milosevic, Charles Taylor et Saddam Hussein.

Autres invités, le juriste français Roland Junod, spécialiste du concept de génocide et le docteur Jean Damascène Bizimana, écrivain et analyste politique (il a notamment publié “L’Eglise et le génocide au Rwanda ; les pères blancs et le négationnisme”) qui présentera une analyse du mapping report tout comme le Brigadier Général Richard Rutatina

De son côté, le Brigadier Général Jérôme Ngendahimana évoquera le contexte de la crise des réfugiés au Zaïre et le contrôle des camps par les ex-FAR en 1994. Enfin, Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, interviendra pour donner le point de vue de son gouvernement sur le pré rapport de l’ONU.

[Afrikarabia.com]

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