Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — novembre 2011

Susan Rice est folle! affirme le Président Rwandais Paul Kagame

Susan Rice est folle!: Faut-il un cours d’éducation civique pour le Président Kagame?

Susan Rice est malade: ce sont les paroles de Paul Kagame, fustigeant les déclarations de Susan Rice, qui avait déclaré, lors de sa dernière visite au Rwanda, que le Rwanda avait encore des progrès à faire en matière de démocratie et des droits de l’homme, que la démocratie viendrait renforcer les progrès économiques indéniables. Paul Kagame s’était rendu, le 26 novembre 2011, aux travaux de l’Umuganda (travaux communautaires) à Nduba dans le district de Gasabo, à la fin desquels il a déclaré:

“Concernant la bonne gouvernance, la démocratie ou les droits de l’homme, quand il y a l’équité, et que vous êtes le premier à promouvoir l’égalité par exemple le statut des femmes qui n’avaient pas cette possibilité, si vous me dites que ce n’est pas ça la démocratie, si vous me dites que cela n’est pas en phase avec les droits de l’homme, vous devez sans doute être malade”

Le Président a certainement trouvé là un échappatoire pour ne pas établir une démocratie concrète, car même la promotion de la femme est décidée en haut lieu, de manière anti-démocratique: les femmes-députées, ou sénatrices n’ont pas été élues par le peuple. C’est lui-même, Paul Kagame, qui nomme qui doit être députée, qui doit être sénatrice. Il faudra un cours d’éducation civique sur la démocratie pour le Président. Démocratie: pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple! Ce n’est pas le pouvoir de Kagame, par Kagame, et pour Kagame!

Dans le même discours, il n’a pas hésité à nouveau à menacer ses concitoyens qui ne pensent pas comme lui:

“Il s’agit de 100 ou 150 personnes sur dix millions! Parmi eux il y en a qui disent des inepties, il y en a qui ont des idées destructives. Pendant que nous sommes en train de construire le Rwanda et que tu veux démolir, nous te détruirons. Et on ne peut pas s’excuser pour cela! C’est la même chose pour ceux qui veulent la démocratie!”

Comment Kagame peut-il penser qu’il y a seulement une centaine d’opposants à son régime sur dix millions de rwandais? Parce que jusqu’à présent les dix millions sont silencieux, croit-il qu’ils sont derrière lui! En voilà un qui n’a rien appris du printemps arabe! C’est la mégalomanie du personnage! Mais c’est le genre de dictateurs qui pensent que le monde leur appartient. On se dirait en plein cinéma dans une séquence du film de Charlie Chaplin “Le dictateur”! Il rêve non seulement de conquérir le monde, mais aussi d’écraser ses opposants! Ces paroles sont peut-être adressées à Victoire Ingabire et tous les opposants qui gisent en prison. En tous cas toute l’opposition est prévenue. Le dictateur ne reculera devant rien!

Lire le discours intégral du Président Kagame en kinyarwanda

via Susan Rice est folle!: Faut-il un cours d’éducation civique pour le Président Kagame? – Editions Sources du Nil : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo.

novembre 28, 2011   3 Comments

Susan Rice fustige le déficit démocratique au Rwanda

Susan Rice fustige le déficit démocratique au Rwanda

Source: RNA

Kigali : Dans un discours à Kigali, Susan Rice qui représente les États-Unis à l’ONU, a fustigé le déficit démocratique au Rwanda depuis que Paul Kagame est aux affaires.

Susan Rice affirme que la culture politique avait été étouffée, que la liberté de presse était minimale dans le pays et que les journalistes, les militants des droits de l’homme et les opposants politiques n’avaient pas le droit de se rassembler pacifiquement.

«Certains ont tout simplement disparu», a-t-elle dit sèchement, estimant que le prochain défi du Rwanda serait de renforcer sa démocratie.

L’Ambassadrice américaine s’exprimait devant un auditoire rwandais à l’Institut des Sciences et Technologies de Kigali (KIST, sigle en Anglais). Susan Rice est arrivée au Rwanda en provenance de Tripoli en Lybie.

Elle en a profité pour dire que les États-Unis avaient craint que la répression du soulèvement en Libye ne mène à un massacre à grande échelle semblable au génocide de 1994 au Rwanda.

« Le Président Barack Obama était déterminé à empêcher «une autre horreur prévisible», a dit l’ambassadrice Susan Rice aux étudiants et autorités du pays présents au KIST.

Il y avait «de forts échos de 1994» quand l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi a affirmé que ses forces tueraient les rebelles de Benghazi comme des «rats», a dit Mme Rice.

«Permettre à ce massacre annoncé de se produire aurait été un feu vert donné aux autres dictateurs du monde arabe afin qu’ils écrasent leur population», a-t-elle ajouté.

Elle s’est réjouie que le Conseil de Sécurité de l’ONU ait approuvé un mandat pour protéger les civils en Libye.

«Cette fois-ci, le Conseil de Sécurité a agi. Et il a agi à temps. Le Conseil a échoué au Rwanda et au Darfour, mais il n’a pas échoué en Libye », a-t-elle dit. (Fin)

via Susan Rice fustige le déficit démocratique au Rwanda – Editions Sources du Nil : Livres sur le Rwanda, Burundi, RDCongo.

novembre 28, 2011   No Comments

Rwanda: La ministre rwandaise Monique Mukaruliza annonce l’adhésion du Sud-Soudan à la Communauté est-africaine

Sud-Soudan: Vers l’adhésion à la Communauté est-africaine
Afrique de l’Est – Sud Soudan

Kigali, Rwanda – La Haute Commission mixte regroupant des responsables des cinq pays membres de la Communauté est-africaine (CEA) devrait se prononcer mercredi à Bujumbura en faveur de l’adhésion du Sud-Soudan à ce bloc sous-régional, a appris la PANA lundi de source officielle rwandaise.

Le Sud-Soudan va signer cette semaine le traité d’adhésion à la CEA, devenant ainsi le sixième Etat à rejoindre ce bloc sous-régional, selon la ministre rwandaise à la Communauté est-africaine, Mme Monique Mukaruliza.

Bien que le Sud-Soudan se trouve dans une région géographiquement éloignée des autres pays membres de la CEA, pour permettre le partage des services et pour promouvoir la libre circulation des personnes et biens, il y aura d’autres aspects à considérer pour approuver son adhésion définitive.

Avec une superficie de 700.000 kilomètres carrés, le Sud-Soudan a été officiellement proclamé en juillet 2011 54ème Etat africain et 153ème nation du monde.

Pana 28/11/2011

via Sud-Soudan: Vers l’adhésion à la Communauté est-africaine.

novembre 28, 2011   1 Comment

Kigali rejette les critiques de Susan Rice

APA-Kigali (Rwanda) Le gouvernement rwandais a rejeté jeudi les critiques formulées la veille à Kigali, par la représentante des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice, qui a dénoncé des restrictions sur l’activité des opposants et des journalistes. …

via APAnews.net

novembre 24, 2011   No Comments

Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis, dénonce l’oppression politique au Rwanda

Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis, dénonce l’oppression politique au Rwanda
Par Jean-bernard Gervais le jeu, 11/24/2011.

“Le Rwanda doit mettre un terme au harcèlement des opposants politiques, afin de permettre au pays d’assurer son développement”, a déclaré Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis à l’Onu, en voyage officiel au Rwanda mercredi.”La société civile, les journalistes et les opposants politiques ont peur d’organiser des rassemblements pacifiques, de s’exprimer”, a-t-elle ajouté.

“Certains d’entre eux ont été harcelés, d’autres ont été intimidés. Certains ont tout simplement disparu”. La culture politique sous Paul Kagamé est oppressive, a jugé Susan Rice. Dans son discours, Susan Rice a également salué les progrès extraordinaires accomplis par le Rwanda, et a assuré le pays du soutien des Etats-Unis.

“La démocratisation du pays sera le prochain grand chantier de ce grand pays et de ce peuple extraordinaire”. “Au Rwanda, les avancées économiques doivent aller de pair avec l’ouverture démocratique”.
Le Rwanda fait l’objet de critiques récurrentes de la part des associations de défense des droits de l’homme. Amnesty International a publié en juin dernier un rapport dénonçant la répression contre tout opposant, y compris des journalistes.

Susan Rice devrait visiter aujourd’hui le mémorial de Gisozi, dédié au génocide, en compagnie de familles de rescapés. Elle effectue une visite de quatre jours au Rwanda.

via Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis, dénonce l’oppression politique au Rwanda | GRANDSLACS.INFO.

novembre 24, 2011   No Comments

Marche de Soutien à Mme Victoire Ingabire: Bruxelles 19 Novembre

Ce Samedi 19 Novembre: de 13H30 à 16H30 à Bruxelles

MARCHONS TOUS POUR DENONCER LE PROCES POLITIQUE DE VICTOIRE INGABIRE UMUHOZA EN COURS AU RWANDA

Venez  nombreux – adultes, jeunes, enfants -, pour manifester votre indignation et dénoncer le caractère politique du  procès de Victoire Ingabire Umuhoza en cours au Rwanda:

  • Révision en cours d’audience, de l’acte d’accusation
  • Collision fragrante entre le ministère public et les juges,
  • Menaces contre les avocats de la défense,
  • Refus par les juges de contre-interroger les témoins de l’accusation,
  • Rejet intempestif des pièces de la défense;
  • Usage de lois non rétroactives pour des faits supposés avoir eu lieu avant la promulgation desdites lois, etc.
Rendez-vous ce Samedi 19 Novembre à Bruxelles:

13h30 : Rassemblement au Rond point Montgomery (Metro Montgomery)

14h-16h00 : Marche vers l’ambassade du Rwanda avenue des fleurs, 1 à 1150 Bruxelles

Par la même occasion nous allons exiger aussi la libération de tous les prisonniers politiques au Rwanda; condamner la destruction des cultures vivrières des paysans par les autorités rwandaises,  le rapatriement forcé des réfugiés rwandais et exiger  la fin de l’impunité au Rwanda.

Les associations                               Les organisations politiques

AVICA                                                        FDU INKINGI

CLIIR                                                         RNC

CORWABEL

RIFP

novembre 18, 2011   1 Comment

Rwanda: Témoignage du Journaliste Thomas Kamirindi sur Paul Rusesabagina à l’Hotel des Mille Collines durant le génocide 1994

by Thomas Kamilindi,
Journaliste rwandais réfugié à l’Hotel des Milles Collines en 1994.

Soyons Honnêtes: Disons la Vérité.

Mon témoignage sur Paul Rusesabagina et ses actes humanitaires à l’Hotel des Milles Collines durant le génocide de 1994.

Je lis ces derniers jours beaucoup de choses sur Paul Rusesabagina et l’Hôtel des Mille Collines. J’apprécie les gens qui recherchent la vérité sur ce qui s’est réellement passé en 1994. Mais il me semble n’avoir vu aucun témoignage direct de quelqu’un qui a vécu dans cet hôtel durant cette période sombre de notre histoire personnelle, individuelle, familiale et nationale. C’est à ce titre que je voudrais apporter ma modeste contribution à l’éclairage des faits.

Je me bornerai uniquement aux choses que j’ai vécues avec les autres réfugiés, parce que, en toute honnêteté, je me sentirais très mal à l’aise pour dire ou commenter ce que je ne connais pas ou que je connais mal.

Je suis arrivé, après trente six mille et une péripéties, à « atterrir » à l’hôtel des Mille Collines le 14 avril 1994 dans l’après-midi. Aussitôt arrivé dans la chambre 211 qu’on m’a attribuée, j’ai pris le téléphone, j’ai appelé la rédaction de RFI à Paris. Dieu a fait qu’au moment de mon appel Madeleine Mukamabano, par bonheur, était là dans la salle de rédaction à Paris. Elle m’a demandé qui était réfugié à l’hôtel ? J’ai répondu que je ne savais pas parce que je venais à peine d’arriver. Elle m’a cité quelques noms. Mais je ne savais vraiment pas qui était à l’hôtel.

Elle m’a alors dit : « Est-ce que tu peux essayer de faire une liste de ces réfugiés et me la faxer ? Les confrères et moi ici à Paris allons sensibiliser le gouvernement français, et à travers lui et avec lui sensibiliser l’ONU et les gouvernements des autres puissances, pour une éventuelle évacuation des réfugiés de l’hôtel des Mille Collines ». Les étrangers venaient alors d’être évacués quasi-totalement de Kigali et on refusait de prendre des fugitifs rwandais sur les convois. J’ai accepté la mission.

Je suis allé taper à diverses portes, comme ça au hasard, ne sachant même pas comment j’allais être accueilli. J’ai expliqué ma démarche et proposé qu’on tienne une réunion. Parmi les sept premières personnes avec lesquelles j’ai tenu la première réunion dans ma chambre et qui m’ont aidé à mettre les idées au clair sur ce projet, je citerais l’ancien président d’Ibuka, Jean-Bosco Rutagengwa. Ces personnes m’ont ensuite aidé à faire circuler l’information parmi les réfugiés de l’hôtel et à mettre Paul Rusesabagina au courant.

Tout l’après-midi et toute la nuit de ce jeudi 14 avril 1994, nous avons travaillé sans une seule seconde de repos, sans même être sûr que nous allions avoir la chance d’être évacués. Paul Rusesabagina nous a ouvert la ligne fax qui était dans le bureau de la direction au rez-de-chaussée. Nous avons faxé les listes à RFI. La dernière est partie le lendemain, vendredi 15 avril 1994, à 7h15 du matin, avec des centaines de noms des réfugiés et nos familles, ainsi que les adresses et autres contacts possibles de parents, amis ou connaissances qui pouvaient être à même de nous accueillir chez eux une fois à l’étranger.

J’étais très très fatigué même pour me réjouir de l’arrivée de ma famille ce jour-là, évacuée de chez nous par le major Cyiza Augustin, ce brave homme, intègre, franc, honnête, courageux, dévoué, intelligent … que les méchants ont ignominieusement enlevé et assassiné récemment.

A RFI à Paris, Madeleine elle-même et ses collègues de travail s’étaient organisés de façon que le contact est resté régulier et permanent par téléphone et par fax. Une jeune fille du nom d’Inès, du reste que je n’avais jamais vue auparavant, m’a été envoyée par ses parents et m’a apporté une assistance inestimable à mettre de l’ordre dans les listes.

A partir de cet instant, les réfugiés de l’hôtel devaient téléphoner et envoyer des fax à ces parents, amis ou connaissances et les mettre au courant de ce que nous étions en train d’envisager. Personnellement, je n’ai payé aucun franc pour ce travail, et à ma connaissance, personne n’a payé pour les téléphones et les fax que nous avons envoyés, ou pour les fax que nous avons reçus. A la suite de ces actions, l’hôtel des Milles Collines a été appelé par RTLM « Indili y’Inyenzi », c’est- à -dire « Nid de Cafards ».

Dans la suite, nous avons tenu beaucoup d’autres réunions informelles, dans ma chambre ou dans d’autres différentes chambres, pour rédiger des fax, notamment à l’intention des grands de ce monde. Mr François-Xavier Nsanzuwera, parce qu’il réfléchissait beaucoup plus rapidement que nous les autres, est devenu, de facto, notre rédacteur. Au moment où nous nous en étions encore aux salamalecs, lui avait déjà accouché des paragraphes sur le papier et généralement nous ne faisions qu’apporter quelques petits plus à son travail. Pour les nombreux fax que nous avons envoyés, nous n’avons payé aucun franc. Chaque fois, le bureau de Paul Rusesabagina était ouvert pour nous, lui-même était toujours là, disponible pour nous.

Durant près de deux semaines après mon arrivée à l’hôtel des Mille Collines, j’ai tous les jours utilisé le téléphone de ma chambre pour appeler des confrères journalistes que je connaissais à l’étranger. Je n’ai payé aucun franc. Puis les Télécoms rwandais ont coupé les téléphones de l’hôtel. Nous ne pouvions communiquer qu’entre chambres, mais pas avec l’extérieur.
Le 26 avril 1994, les lignes ont été rétablies. Je l’ai su quand de nombreux réfugiés m’ont appelé dans ma chambre pour, excités, me dire : « Thomas, les téléphones fonctionnent à nouveau. Rappelles tes amis de RFI ». Je l’ai fait. De ma chambre. Pour dire que nous étions encore en vie, mais hypothétiquement. Puis les journalistes m’ont dit : « Est-ce qu’on peut faire une interview avec toi ? Parce qu’on ne sait pas ce qui se passe au Rwanda. Est-ce que les massacres continuent ? Est-ce que la guerre continue ? ».

En effet, les seuls journalistes qui travaillaient à Kigali et qui pouvaient le faire, c’était uniquement ceux de RTLM, de Radio Rwanda et des autres média reconnus aujourd’hui comme ayant été les « média de la haine ». Il n’y avait aucun journaliste international à Kigali.

J’ai alors mesuré quelles pouvaient être les conséquences de cette interview. Avant d’accepter de la faire, j’ai pris quelques temps pour en discuter avec ma femme, et ensuite avec d’autres réfugiés. L’avis général a été : « Fais-là. De toute façon, au point où nous en sommes, nous n’avons rien à perdre ! ». J’ai rappelé à Paris et j’ai donné l’interview. La journaliste qui l’a prise est Corinne Manjou. L’interview est passée sur les antennes non seulement de RFI mais aussi de plusieurs autres radios.

A partir de cet instant, je suis devenu l’homme le plus recherché de l’hôtel des Mille Collines. Pour la simple raison que j’avais, en particulier, décrit comment les FAR perdaient du terrain, comment le FPR gagnait, et ce que le FPR occupait déjà dans la capitale comme terrain, et parce que dans cette interview j’ai regretté que le FPR n’avançait pas assez rapidement pour mettre fin au cauchemar de quelques rares survivants encore en vie. Dace Des tueurs ont été envoyés pour m’exécuter. Ca n’a pas marché. Paul ne m’a pas jeté à la porte. L’armée a alors réellement décidé de bombarder l’hôtel.

La situation était telle que certains de mes amis d’infortune, réfugiés comme moi, en sont arrivés à m’appeler dans ma chambre pour m’insulter, me qualifiant d’irresponsable. Mais Paul Rusesabagina m’a appelé dans sa suite et m’a intimé l’ordre de ne pas bouger de l’hôtel. Il m’a dit qu’il était en contact avec le général Dallaire sur cette menace. Le capitaine sénégalais Mbaye Diagne, ce brave mort en héros, m’a tenu le même discours. Ils m’ont dit d’enlever le numéro de ma chambre. Par la suite, le lieutenant-colonel Laurent Munyakazi est venu en personne dire à Paul Rusesabagina : « Nje gushaka iyo mbwa Kamilindi », autrement dit « je viens chercher ce chien de Kamilindi ». Paul Rusesabagina ne m’a pas livré. Il a négocié avec lui deux heures durant. Il lui a offert des choses. Pourtant, ce Paul Rusesabagina qui m’a ainsi acheté, je ne l’ai vu pour la première fois qu’à l’hôtel des Mille Collines une fois que j’y ai pris refuge. Je ne l’ai jamais connu avant. Lui non plus ne me connaissais pas avant Mille Collines. Et je crois que je serais resté anonyme pour lui si je n’avais pas donné autant de tournmants à autant de monde. Mais il m’a acheté, et acheté sans savoir qui réellement j’étais, sinon qu’un jeune homme, un tout jeune journaliste.

A la suite de toutes ces menaces, qui se sont conclues par le tir d’un boulet de canon sur l’hôtel, heureusement sans faire de victime ni de blessé, Mille Collines a été déclaré propriété des Nations-Unies. Un drapeau de l’ONU a été hissé au sommet de l’hôtel et deux véhicules blindés de la MINUAR ont commencé à y stationner.

Quand l’eau a été coupée dans la capitale, nous avons bu l’eau de la piscine de l’hôtel des Mille Collines. Quand nous l’avons épuisée, je ne sais pas comment Paul a pu avoir un camion citerne, et chaque jour il est allé nous chercher de l’eau. Je ne sais pas où il la puisait, mais le fait est que le camion nous a approvisionnés tous les jours.

Quand l’électricité est elle-même devenue un grand problème à Kigali, les génératrices (groupes électrogènes) de l’hôtel ont toujours fonctionné pour nous. Nous avons pu faire la cuisine. Nous avons pu suivre à la télévision la cérémonie d’installation du président Nelson Mandela. Nous n’avons payé aucun franc pour l’électricité de l’hôtel que nous avons consommée ni pour le carburant des génératrices. Et durant tout le temps que j’ai été réfugié aux Mille Collines, je n’ai vu personne parmi les réfugiés faire la cuisine au charbon comme de coutume dans de nombreuses familles dans la capitale.

Le 3 mai 1994, en fin de matinée, deux Casques Bleus ont tapé violemment à la porte de ma chambre. Ils nous ont dit de descendre en catastrophe avec nos effets. Quand nous sommes arrivés dans le lobby ma famille et moi, il y avait foule et d’autres soldats de la MINUAR étaient en train de lire des noms sur une liste, dont les miens, ceux de ma femme et de notre petite fille. Ils nous ont fait monter sur des camions de l’ONU, et nous sommes partis. Paul Rusesabagina ne nous a jamais retenus pour nous faire payer quoi que ce soit avant de quitter l’hôtel. A la fin de la journée, nous sommes revenus à l’hôtel dans les circonstances que plus d’un connaissent.

Durant tout le temps que ma famille et moi avons été réfugiés à l’hôtel des Mille Collines, nous n’avons payé rien du tout. Ni pour la chambre, ni pour la nourriture, ni pour l’eau, ni pour l’électricité, ni pour les téléphones et les fax que j’ai continué à utiliser jusqu’à mon évacuation le 29 mai 1994 sur Kabuga dans la zone du FPR. Il est vrai qu’au milieu de ce mois de mai 1994, un des employés de l’hôtel m’a apporté une facture dans ma chambre. La somme était colossale. Il m’a expliqué qu’il s’agissait simplement d’une reconnaissance de dette. Mais j’étais très préoccupé par la question de savoir comment j’allais, si je survivais, travailler éternellement pour payer cette dette. Nous en avons discuté entre refugiés et nous avons su par la suite que « Sabena ou l’ONU allaient tout prendre en charge ». A la fin, et ça avant même notre retour dans la capitale, j’ai effectivement appris comme tous les autres que Sabena avait payé tous nos frais de l’hôtel des Mille Collines : des millions.

Voilà mon humble témoignage.

Je reste à la disposition de quiconque voudra des éclaircissements. Mais de grâce, n’entrons pas dans les polémiques inutiles. Les faits parlant d’eux-mêmes, je propose que nous nous en tenions uniquement aux faits. Cela nous évitera de galvauder la vérité.

D’autre part, n’ayant pas la qualité d’ubiquité, j’invite les autres réfugiés de l’hôtel des Mille Collines qui le veulent à faire leurs propres témoignages. C’est d’ailleurs une façon de restituer l’histoire, mieux la mémoire. Qui oublie revit ce qu’il a vécu.

En conclusion, les réfugiés de l’hôtel des Mille Collines étions tous vivants quand le FPR a mis fin au génocide des Tutsis du Rwanda. Personne n’a été tué, blessé, battu, torturé, expulsé ou extrait de l’hôtel tout le temps que nous y étions réfugiés. Paul Rusesabagina est parvenu à faire l’impossible pour préserver nos vies au moment où d’autres étaient en train de massacrer leurs propres enfants, leurs propres femmes, et que sais-je encore. Qu’est-ce que nous étions pour Paul Rusesabagina ? Bien peu d’entre nous étaient peut-être ses amis ou proches parents. Mais nous ne l’étions pas tous, tous les 1.200 et plus qui sommes passés par l’hôtel des Mille Collines au moment où il en avait les rennes en main.

Enfin, si l’hôtel des Mille Collines est devenu mondialement connu, je dirais meme célébrissime, et si nous tous ses réfugiés avons été préservés, beaucoup de personnes y ont absolument contribué. Paul Rusesabagina n’était heureusement pas seul. Justement, que dire du rôle de Madeleine Mukamabano ? Une très très petite poignée de gens le savent et l’apprécient. Nous étions tous vivants à la fin du cauchemar, c’est le plus grand essentiel. Et merci infiniment pour tous ces anonymes qui y ont contribué de pres ou de loin. Que Paul Rusesabagina soit leur porte-drapeau, ce n’est que le commencement d’un processus qui les fera connaître. Ca aussi ça compte, non !

Thomas Kamilindi

novembre 18, 2011   2 Comments

Rwanda-Hollande: Surprenant Soutien des Pays-Bas au Régime Totalitaire de Kagame

par Dr Nkiko Nsengimana

LE SOUTIEN DES PAYS-BAS AU REGIME TOTALITAIRE DE KIGALI EST SURPRENANT

Quel est le rôle du gouvernement néerlandais aux côtés du régime du Général Paul Kagame dans la parodie de justice contre l’opposante politique Madame Victoire Ingabire Umuhoza?

Le Comité de coordination des FDU Inkingi vient d’apprendre avec surprise que le Gouvernement néerlandais vient de donner au gouvernement rwandais des documents litigieux contre Madame Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente des FDU-Inkingi emprisonnée pour des motifs politiques au Rwanda depuis le 14 octobre 2010.
Rappelons que Madame Victoire Ingabire Umuhoza est rentrée au Rwanda en janvier 2010 pour faire enregistrer son parti politique et pour se présenter aux élections présidentielles d’août de la même année.
Par cet envoi dans des circonstances assez obscures, le Gouvernement des Pays-Bas s’est rendu complice d’une justice transformée en instrument d’oppression contre l’opposition démocratique. Le Ministère public rwandais a déjà déclaré qu’il aurait reçu un épais dossier de 600 pages alors que, la Cour de Rotterdam s’était prononcée le 23 octobre pour la transmission de 3 documents de moins d’une vingtaine de pages. D’où seraient venues plus de 580 pages supplémentaires alors que la police néerlandaise a déjà rendu presque tous les documents saisis au domicile de la famille de Madame Ingabire lors de sa perquisition ?

Depuis plus de cinq ans, le gouvernement néerlandais verse plus de dix millions d’euros pour financer la restructuration et la professionnalisation du système judiciaire et de la police au Rwanda. Ces structures financées entre autres par les Pays-Bas ont été instrumentalisées par le régime pour se maintenir au pouvoir en réduisant toute l’opposition au silence. Le Gouvernement néerlandais justifiait son geste par sa confiance dans le système judiciaire rwandais qu’il a contribué à restructurer.

Depuis l’ouverture du procès politique de Madame Victoire Ingabire Umuhoza, sa défense a présenté une motion sur la non-rétroactivité de la loi pénale rwandaise et sur des problèmes de compétences matérielle et territoriale de la Haute cour. Ces conclusions visaient plus de 75% de l’acte d’accusation. Le 13 octobre 2011, l’ordonnance intermédiaire de la haute cour a rejeté en bloc les arguments de la défense tout en interdisant même d’interjeter tout appel avant jugement définitif de l’affaire.

Outre que Victoire Ingabire Umuhoza en conteste la réalité, la quasi-totalité des faits prétendus, lui reprochés, se sont passés à l’étranger, c’est-à-dire en dehors du champ de compétence de la Cour rwandaise. De même, rappelant le principe général essentiel du droit de la non-rétroactivité de la loi pénale, les avocats ont démontré que la plupart des faits allégués sont antérieurs à la promulgation des lois censées les réprimer.

La haute cour a obligé les avocats de la défense à soumettre au préalable leurs questions de contre-interrogatoires aux témoins du procureur afin qu’ils les préparent en dehors des audiences publiques. Ce qui leur donne le temps d’actualiser leurs déclarations pour rester dans la ligne du ministère public.

Le comité de coordination des FDU Inkingi est d’avis que ces épisodes, à eux seuls, à cause de leur extrême gravité, justifient, pour les Pays Bas, l’arrêt de toute collaboration avec la justice rwandaise. En persistant dans cette collaboration, le gouvernement donne une forte  impression de collusion avec une justice irrespectueuse de l’équité et de protection d’un régime qui foule aux pieds les principes de l’Etat de droit. Il est regrettable que les fonds des contribuables néerlandais continuent de servir à financer ce régime policier. Un jour, l’histoire accusera le gouvernement hollandais d’avoir été complice d’un régime dictatorial. Nous savons que certains diplomates hollandais suivent le procès au Rwanda, mais nous insistons pour qu’une commission pluridisciplinaire éclaire le gouvernement sur l’iniquité de ce procès kangourou.

Le gouvernement néerlandais ne serait-il pas au courant du fait que tous les opposants au régime de Kigali actuellement en prison (Ntakirutinka Charles, Mushayidi Déo, Ntaganda Bernard, Niyitegeka Théoneste ) sont tous condamnés pour des accusations similaires à celles portées à l’encontre de Madame Ingabire: collaboration avec une organisation terroriste, atteinte à la sûreté de l’Etat, divisionnisme, idéologie du génocide, négationnisme ? Le gouvernement néerlandais saurait-il que le choix présenté aujourd’hui à tout opposant politique et à tout journaliste critique à l’égard du régime de Kagame, est : soit, la mort (comme celle des regrettés Seth Sendashonga, André Kagwa Rwisereka, Jean-Léonard Rugambage), soit la prison (femmes- journalistes Mukakibibi et Uwimana Nkusi, et leaders politiques ci-haut cités), ou l’exil (la quasi-totalité des leaders de l’opposition rwandaise) ?

Il est à présent légitime pour les FDU Inkingi de se demander pour quel intérêt un Etat démocratique continue de soutenir un régime totalitaire alors qu’il pourrait mieux contribuer à l’émergence d’ un pouvoir partageant les mêmes valeurs démocratiques, pour des intérêts réciproques et durables pour les peuples rwandais et néerlandais.

Pour toutes ces raisons, nous demandons au gouvernement néerlandais de :

–   constater que le procès politique de Madame Victoire Ingabire Umuhoza a perdu toute garantie d’équité et d’impartialité ;

–   cesser toute collaboration judiciaire dans le dossier de Madame Ingabire Umuhoza ainsi que dans d’autres dossiers judiciaires en rapport avec la justice rwandaise;

–   demander la libération immédiate et sans condition de Madame Victoire Ingabire Umuhoza ainsi que d’autres prisonniers politiques;

–   s’intéresser davantage au sort des démocrates rwandais et à l’ouverture de l’espace démocratique.

Fait à Lausanne, le 16 novembre 2011

Dr Nkiko Nsengimana

Coordinateur

novembre 18, 2011   2 Comments

TPIR/Rwanda: Ex-Secrétaire Executif du FPR prêt à révéler tous les détails sur l’attentat contre l’avion de Habyarimana par Kagame

TPIR/RUDASINGWA – RUDASINGWA PRET A REVELER « TOUS LES DETAILS SUR L’ATTENTAT DU 6 AVRIL»

Washington, 4 novembre 2011 (FH) – Théogène Rudasingwa, directeur de cabinet de Paul Kagamé avant d’entrer en dissidence en 2004, « exige » d’être entendu par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ou toute autre juridiction indépendante pour « divulguer tous les détails » sur l’attentat du 6 avril 1994, dont il impute la responsabilité à l’actuel chef de l’Etat rwandais. « Je ne le demande pas, je l’exige », a-t-il déclaré vendredi à l’Agence Hirondelle.

Secrétaire général du FPR en 1994, puis ambassadeur du Rwanda aux Etats-Unis (1996-1999) et, enfin, l’homme dans l’antichambre du pouvoir de Paul Kagamé (2000-2004), Théogène Rudasingwa vit en exil aux Etats-Unis depuis 2005. Le 1er octobre 2011, il a rendu public sur sa page Facebook une confession en anglais, dans laquelle il accuse Paul Kagamé d’être « personnellement responsable de l’attentat » contre l’avion du président Habyarimana.

« Je confirme que Kagamé m’a dit en juillet 1994 qu’il était responsable de l’attentat. Je divulguerai tous les détails devant le TPIR, devant un juge français, ou devant toute autre juridiction internationale. D’autres preuves confortant mon témoignage seront également produites dans ce cadre par d’autres témoins de l’époque », a affirmé Rudasingwa à l’Agence Hirondelle.

Il a ajouté qu’il souhaitait « comparaître aussi tôt que possible », précisant : « Je l’exige en tant que témoin de l’un des événements cruciaux du XXe siècle, dont les conséquences tragiques perdurent près de 20 ans plus tard ».

En France, une enquête a été ouverte en 1998 suite aux plaintes des familles des membres d’équipages français décédés dans l’attentat. D’abord menée par le juge Bruguière, qui avait conclu en 2006 à la responsabilité du FPR, l’instruction est désormais entre les mains de deux juges anti-terroristes, Nathalie Poux et Marc Trévidic.

Les résultats d’une expertise balistique effectuée à leur demande in situ, à Kigali, en septembre 2010, sont toujours attendus.

Le Bureau du Procureur auprès du TPIR s’est toujours refusé à enquêter sur l’attentat du 6 avril 1994, bien que la mort violente du président rwandais soit considérée comme l’événement déclencheur du génocide de 1994.

[Agence Hirondelle]

novembre 8, 2011   4 Comments