Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — octobre 2011

Le Moment de la Mer Rouge du Rwanda

par Theogene Rudasingwa

Et nous voilà ici, juste comme les Israéliens dans l’ancien temps, pris entre notre Pharaon (Kagame) qui nous poursuit et notre mer rouge (les épreuves) devant nous. Parmi nous, il y a des gens qui sont peureux et préfèrent même retourner dans la captivité. Parmi nous il y a des gens qui se laissent facilement distraire et se laissent emporter par nos petits id…oles que nous nous sommes crées (les biens matériels) oubliant les abondantes promesses qui nous attendent de l’autre côté de la mer rouge. Il y aussi d’autres qui ont des cœurs durs et qui ne souhaitent pas croire à la bonne nouvelle que nous sommes les familles diverses, mais destinées à la grande promesse à devenir une forte nation, unie, et indivisible. Ainsi nous avons aussi le temps de nous plaindre pour ceci et cela.
La peur, l’idolâtrie, les cœurs durs et incroyants, et les complaintes sont ceux qui retardent notre délivrance de ce désert où nous avons vécu pour trop longtemps.
D’abord nous devons vaincre ces ennemies, et la colère de Dieu vaincra les plans de Kagame devant nos propres yeux.

Sept points de réflexion :

1.Croire et recevoir la promesse que les Rwandais arriveront sur la terre promise

2. Déterminons le plus vite possible combien nous sommes. On dit qu’au Rwanda il y a 11 millions de personnes. Combien sommes nous a l’extérieur, réfugiés et non réfugiés, pays par pays ?

3. Nous devrions nous mobiliser et nous organiser communauté par communauté. Et chaque communauté choisira ses responsables.

4. Ne nous laissons pas emporter par les biens matériels. Un bon soldat voyage sans lourd fardeau. La priorité de nos dépenses est l’éducation de nos enfants, le logement, et besoins de premier nécessité; le reste devrait être investi dans notre futur commun, pour nos enfants et grands enfants. Le commencement est cette journée même que nous avons commencé. Arrêtez les dépenses non-nécessaires.

5. Parler à nos enfants dans des termes simples pourquoi ce voyage est pour eux, et si important. Si vous ne leur parlez pas maintenant, vous-mêmes, qui d’autre le fera et quand ? Le Pharaon dépense les fortunes en polluant et en distrayant les esprits de raisonnement de nos enfants. Il est grand temps de donner à nos enfants une éducation différente.

6. Femmes : Garder vos trésors de bijoux en or et en argent. Ceux-ci deviendront utiles pendant les moments durs à venir.

7. Contacter nos amis que nous avons rencontrés pendant notre captivité, ceux-là qui nous ont accueillis, nous ont nourris, nous ont donnés des vêtements quand nous n’avions rien et étions rejetés sur les sols étrangers. Ils sont avec nous dans ce voyage. Quand nous arriverons chez nous, notre terre sera aussi les leur.
Après tout, approchons nos problèmes en chantant dans la joie. Sommes–nous contents que nous sommes la génération choisie pour sortir notre people de la captivité? Peut-il y avoir une action plus importante et satisfaisante que celle-ci ?

SOYONS VIGILANTS. SI NOUS PERDONS CETTE FENETRE D’OPPORTUNITE, LES GENERATIONS DE NOS ENFANTS ET GRANDS ENFANTS SERONT CONDAMNEES A DES DECADES SI NON DES SIECLES DANS LA CAPTIVITE.

octobre 30, 2011   5 Comments

Rwanda/TPIR: Michel Bagaragaza bénéficie d’une libération anticipée

Michel Bagaragaza

Michel Bagaragaza

Arusha, 25 octobre 2011 (FH) –  Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) chargé de juger les principaux auteurs présumés du génocide des Tutsis de 1994 vient, pour la première fois de son histoire, d’accorder la libération anticipée à un condamné. En vertu d’une ordonnance rendue lundi par la présidente du TPIR, la juge Khalida Rachid Khan, l’ancien patron de la filière-thé, Michel Bagaragaza, sera remis en liberté le 1er décembre prochain, après avoir purgé les trois-quarts de sa peine. La juge Khan donne instruction au greffe « d’informer de cette décision les autorités rwandaises et suédoises le plus tôt possible ».

L’ancien responsable économique s’était rendu au TPIR en août 2005.

Condamné à 8 ans de prison en novembre 2009 pour complicité de génocide, Michel Bagaragaza, un proche de l’ex-président Habyarimana, est détenu en Suède depuis juillet 2010.

La juge Khan se fonde notamment sur la jurisprudence au Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) où les condamnés sont libérés après exécution des trois-quarts de peine, sur les aveux, les remords et la contrition de Bagaragaza ainsi que sur son bon comportement attesté par l’administration pénitentiaire suédoise.

Les précédentes demandes de libération anticipée déposées par d’autres détenus avaient toutes été rejetées.

En avril 2009, l’Italie avait, en violation des textes du TPIR, unilatéralement accordé la libération anticipée à l’Italo-Belge Georges Ruggiu, seul non-Rwandais à avoir été poursuivi par le tribunal.

L’article 27 du statut du TPIR dispose que « si le condamné peut bénéficier d’une grâce ou d’une commutation de peine en vertu des lois de l’Etat dans lequel il est emprisonné, cet Etat en avise » le tribunal. « Une grâce ou une commutation de peine n’est accordée que si le président (du TPIR), en consultation avec les juges, en décide ainsi dans l’intérêt de la justice et sur la base des principes généraux du droit », ajoute le texte.

Au terme de laborieuses négociations avec le procureur, l’ancien responsable économique, aujourd’hui âgé de 66 ans, avait plaidé coupable de complicité de génocide. Il avait reconnu, entre autres crimes, avoir entreposé à l’usine à thé de Rubaya, dans la préfecture de Gisenyi (nord), des armes utilisées pendant le génocide. Il avait par ailleurs avoué avoir donné de la bière et de l’argent aux miliciens Interahamwe, principaux bras armés du génocide, et mis à leur disposition les véhicules de l’usine, par crainte pour sa sécurité et celle de sa famille.

Dans le cadre de sa coopération avec le procureur du TPIR, Michel Bigaragaza avait témoigné contre Protais Zigiranyirazo, beau-frère de l’ex-président Juvénal Habyarimana. Ce témoignage n’a cependant pas convaincu la chambre d’appel qui a acquitté Zigiranyirazo le 16 novembre 2009.

[Agence Hirondelle]

octobre 26, 2011   1 Comment

Alice Muhirwa des FDU-Inkingi parle de Victoire Ingabire et exhorte les Rwandais à lutter pour la Démocratie

Alice Muhirwa, trésorière de FDU-Inkingi

Alice Muhirwa, trésorière de FDU-Inkingi

La trésorière du parti FDU-Inkingi, Alice Muhirwa, parle des conditions de détention de Madame Victoire Ingabire ainsi que du procès en cours à Kigali, un bizarre procès où “l’on ne peut pas différencier le juge du procureur…
Madame Alice Muhirwa remercie les supporters, de l’intérieur et de l’extérieur. Elle ajoute:

Il est temps que, maintenant, tout le monde sache qu’on doit défendre la cause de la démocratie…
Moi, personellement, ou bien le FDU au Rwanda considèrent Madame Victoire Ingabire Umuhoza notre Présidente, comme le porteur du flambeau. Il ne faudra pas que ce flambeau soit éteint.
La lumière qu’elle a allumée, qu’elle reste allumée pour toujours.”

[youtube]SW_12M2dE7c[/youtube]

Victoire Ingabire Umuhoza is the pride of – and a gift to – our whole Nation.
Sooner or later, the Rwandan people will get rid of Kagame’s dictatorship and tyranny. And our country will turn from an open-air prison into a free and democratic society.

octobre 24, 2011   2 Comments

Le Secrétaire Général du parti FDU-Inkingi Sylvain Sibomana appréhendé par la police pour avoir pris des photos de fosses communes près de Gisenyi au Rwanda

Sylvain Sibomana - Secretary General FDU-Inkingi

Sylvain Sibomana – Secrétaire Général du parti FDU-Inkingi

Sylvain Sibomana, secrétaire général des Forces démocratiques unifiées (FDU), un mouvement politique d’opposition, a été libéré ce matin après avoir passé la nuit dans une cellule du commissariat de la ville de Gisenyi.

« J’ai été arrêté par des collaborateurs de la police – dit à la MISNA Sibomana – parce que je prenais des photos de fosses communes de personnes tuées dans cette région du Rwanda entre 1997 et 1998. Avec moi, ils ont arrêté un agriculteur à qui je demandais des informations. Il a également passé la nuit en prison ».

La police a confisqué téléphone, appareil photo et document d’identité, rendus au moment de la libération.

Sibomana est un collaborateur de la présidente des FDU-Inkingi, Victoire Ingabire Umuhoza, actuellement en procès à Kigali accusée de plusieurs crimes, dont atteinte à la sécurité d’Etat et négationnisme du génocide de 1994. L’arrestation du secrétaire général ne semble pas liée à son appartenance politique, mais est emblématique de la limitation de la liberté individuelle qui existe au Rwanda sous Paul Kagame.

[MISNA – Missionary International Service News Agency]

octobre 21, 2011   No Comments

Procès au Rwanda du Chef du parti FDU-Inkingi Victoire Ingabire: La Haute Cour affiche son hostilité à l’encontre de l’accusée et sa défense

par Boniface Twagirimana.

Victoire Ingabire

Madame Victoire Ingabire, Chef du Parti FDU-Inkingi

Kigali, le 18 Octobre 2011 – Le procès politique de Madame Victoire Ingabire Umuhoza, présidente du parti d’opposition FDU-Inkingi, est maintenant à l’étape des plaidoiries sur le fond. Depuis le 13 Octobre 2011, elle se défend contre des accusations criminelles en rapport avec l’idéologie du génocide et le divisionnisme. La Haute Cour, clairement hostile et s’étant refusée à reconnaitre la non rétroactivité de la loi pénale et les règles des preuves dans des actes antérieurs à la loi sur l’idéologie génocidaire, a posé des centaines de questions relatives à toute lecture de l’histoire du Rwanda  non conforme à la version officielle du parti au pouvoir sur le génocide rwandais. Ce procès suscite toujours une attention particulière à l’intérieur comme à  l’extérieur du pays. L’Ambassadeur du Royaume-Uni (UK) et d’autres diplomates de haut rang venus de Belgique, des Pays-Bas ont  suivi de près les audiences.

Les multiples violations des droits de l’accusé par ce tribunal ont fait de ce procès un vrai simulacre de pacotille, un procès « kangourou » . On peut citer entre autres: les entraves au droit d’avoir la latitude nécessaire pour préparer une défense contre toutes les accusations car certains faits ont été seulement dévoilés dans l’acte d’accusation ; au droit de présenter des preuves en faveur de l’acquittement de l’accusée ; au droit d’exclure toute preuve obtenue indûment, de façon irrégulière ; au droit de contestation de preuves non pertinentes, ex-ante ou antérieures à la promulgation des lois pénales concernées; au droit de contester la compétence du tribunal ; les interférences ou influences nocives  des personnalités gouvernementales ou issues des rangs du parti au pouvoir mettant ainsi en cause l’indépendance et l’ impartialité de la justice.

La Cour ne semble accorder aucun crédit aux rapports des Nations Unies, d’Amnesty International et Human Rights Watch et autres documents soumis par la défense pour soutenir les déclarations ou positions de l’organisation politique de l’accusée, surtout quand ils confirment les crimes ciblant des populations du groupe ethnique Hutu ou des crimes contre l’humanité commis par certains membres du régime actuel et de l’armée du FPR pendant et après le génocide. La juge-présidente Alice Rulisa a déclaré qu’elle n’accordait aucune crédibilité à ces rapports des organisations internationales parce que certaines personnes croient qu’ils sont juste un ramassis de propagande négative contre le gouvernement.

Le chef de l’opposition, Madame Victoire Ingabire, est revenue sur l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana et ses conséquences catastrophiques. Cet acte terroriste est considéré comme un élément déclencheur du génocide rwandais. “Pointer du doigt le suspect ou montrer les conséquences catastrophiques de ce crime ne constitue absolument pas un crime de négation du génocide“, a déclaré Mme Victoire Ingabire.

Elle est accusée de divisionnisme parce que, dans certaines de ses déclarations, elle s’est exprimée sur la problématique de l’ethnicité au Rwanda. Dans sa défense, elle a cité un câble de 2008 de l’Ambassade des Etats Unis à Kigali intitulé “L’ethnicité au Rwanda – qui gouverne le pays“. L’introduction de ce câble “08KIGALI525” est libellée comme suit: «une analyse de la répartition ethnique de l’actuel gouvernement rwandais montre que les Tutsi détiennent un pourcentage prépondérant des postes supérieurs. Des Hutus qui occupent de hautes focntions ne détiennent en réalité que peu d’autorité réelle, et sont couramment «jumelés» avec des cadres  Tutsis adjoints qui exercent le pouvoir réel. Les postes de comandement militaires et les Services de sécurité sont contrôlés par des Tutsis généralement anglophones, qui ont grandi dans des camps de réfugiés avec le président Kagame en Ouganda “.

La communauté internationale devrait ouvertement exprimer ses préoccupations à propos de cette imposture de justice biaisée et exiger une libération immédiate de tous les prisonniers politiques au Rwanda.

FDU-Inkingi
Boniface Twagirimana
Vice-président intérimaire

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Rwanda High Court Shows Hostility Towards Defendant Victoire Ingabire

octobre 21, 2011   No Comments

Rwanda/TPIR: L’ex-Commandant de la Garde Présidentielle, Major Protais Mpiranya, serait-il vivant?

Arusha, 17 octobre 2011 (FH) – Alors que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) entame mercredi le recueil des dépositions spéciales dans le dossier du major Protais Mpiranya, son éditeur affirme que l’accusé est décédé.

Selon les Editions Sources du Nil, qui ont déjà publié plusieurs livres d’accusés du TPIR, le major Mpiranya aurait échappé à la justice des hommes le 5 octobre 2006. La maison d’édition a annoncé son décès alors qu’elle publiait en octobre 2010, « à titre posthume », un document intitulé « Rwanda, le paradis perdu. Les derniers secrets de l’ex-commandant de la Garde Présidentielle de J.Habyarimana ».

Dans ce livre, le major Mpiranya réclame notamment la mise en place d’une instance internationale indépendante chargée de faire la lumière sur l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Juvénal Habyarimana, qu’il était chargé de protéger.

Stratagème pour échapper aux limiers du TPIR ? C’est ce que laisse entendre un discours d’Hassan Bubacar Jallow prononcé le 6 juin dernier devant le Conseil de sécurité. « Les difficultés rencontrées dans la recherche d’un fugitif de haut niveau, le Major Mpiranya, persistent et j’en appelle à plus de coopération et d’assistance de la part du gouvernement zimbabwéen à ce sujet », déclarait le procureur du TPIR.

Vers la fin du même mois, la traque de fugitifs qui seraient cachés en Afrique Australe était au centre d’un entretien à Barcelone, en Espagne, entre le greffier du TPIR Adama Dieng et le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai. En marge d’une conférence internationale, « la discussion a essentiellement porté sur la coopération entre le Zimbabwe et le TPIR en ce qui concerne l’arrestation et le transfert de fugitifs », rapportait la lettre d’information du tribunal. Pour le TPIR, l’accusé est donc bien encore en vie.

Accusé de crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, le major Mpiranya est né en 1960 à Giciye en préfecture de Gisenyi. Diplômé de l’Ecole supérieure militaire (ESM) de Kigali, il a également effectué plusieurs stages de formation professionnelle, notamment en Allemagne et en France. A partir de 1993, il était commandant du bataillon de la Garde présidentielle (GP), une unité d’élite, qui, selon le bureau du procureur, s’illustra dans le génocide.

Dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, des éléments de la Garde présidentielle, se mirent en devoir de mettre à l’abri les principales figures du MRND – le parti d’Habyarimana, selon l’acte d’accusation. Le matin du 7 avril 1994, poursuit le procureur, des soldats du bataillon GP participèrent à l’enlèvement et aux meurtres de membres de l’opposition.

Les actes de ces soldats s’inscrivaient, selon le procureur, dans le cadre d’une entente entre le major et d’autres responsables militaires, en vue de commettre le génocide des Tutsis.

Pour soutenir sa thèse, la poursuite a annoncé une trentaine de témoins. Lors de ces dépositions qui seront recueillies entièrement à huis clos, conformément au règlement du TPIR, les intérêts du major seront défendus par un avocat qui pourra contre interroger les témoins et mener des contre enquêtes. Il ne s’agit pas pour autant d’un procès car cet avocat ne peut pas prétendre assurer une défense pleine et entière pour un accusé qu’il n’a jamais rencontré. Le juge unique qui recueillera les preuves ne peut pas non plus se prononcer sur leur valeur probante.

Le recueil des dépositions spéciales est déjà en cours, depuis le mois de mai, dans le dossier de l’homme d’affaires Félicien Kabuga, le plus recherché des 9 accusés encore en fuite. Ce parent par alliance de l’ex-président Habyarimana mènerait l’essentiel de ses affaires au Kenya, à quatre heures de route d’Arusha, la petite ville tanzanienne qui abrite le siège du TPIR.

Des auditions du même genre sont également attendues dans le dossier de l’ex-ministre de la Défense Augustin Bizimana, lui aussi considéré comme un poids lourd du génocide. L’ancien dignitaire se cacherait, selon le TPIR, en République démocratique du Congo (RDC).

Il s’agit de préserver les éléments de preuve, en vue d’un procès en bonne et due forme, si les fugitifs tombent un jour dans les filets du TPIR.

[Agence Hirondelle]

octobre 18, 2011   1 Comment

La France est le seul Etat au monde à avoir risqué la vie de ses soldats pour sauver des Rwandais

par France Diplomatie.

Rwanda – “Aucun pays ne s’est mobilisé autant”

Tribune de Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes, parue dans “Libération” (17 octobre 2011)

Je réagis à l’article de Dominique Franche que vous avez publié le 30 septembre sur l’honneur de la France au Rwanda et je veux dire mon indignation. Cet article à charge cherche en quelques lignes à démonter le travail considérable d’enquête conduit par la mission Quilès de 1998, et dont le rapport compte plusieurs milliers de pages et les auditions de tous les responsables et autorités concernés. Aucun rapport, ni aucune étude n’ont depuis lors interrogé et entendu autant de témoins. La mission d’enquête a conclu sans ambiguïté à l’absence de responsabilités de la France dans le génocide.

Bien sûr, on peut toujours dire que notre pays aurait pu faire mieux, mais ce serait aussi intéressant d’avoir l’honnêteté de rappeler certains faits.

Que c’est la France, la première, qui a décidé un embargo sur les armes, le 8 mai 1994. Que c’est aussi la France par la voix de son ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, le 15 mai 1994, qui a parlé la première de « génocide ». Que c’est encore et enfin la France qui est le seul Etat au monde à avoir risqué la vie de ses soldats pour sauver des Rwandais et pour mener la seule opération humanitaire d’ampleur au Rwanda. Le gouvernement français a obtenu le feu vert du Conseil de sécurité par la résolution numéro 929 en date du 22 juin 1994.

L’opération Turquoise s’est exactement déroulée dans les conditions fixées par la résolution des Nations unies. Elle a permis de sauver des centaines de milliers de vies. Turquoise a également protégé des dizaines de sites de regroupement de civils tutsis et permis aux ONG d’accéder en toute sécurité à ces populations. Son mandat n’était en aucune manière de faire la guerre, mais de mener une opération humanitaire, nettement définie dans le temps et dans l’espace. Elle l’a remplie dans des conditions qui font honneur à l’armée française et à notre pays, jusqu’à ce qu’enfin arrivent sur place les Casques bleus de la Minuar II, fin août 1994.

Il faudrait quand même avoir l’honnêteté de rappeler tout cela et de souligner aussi qu’aucun autre pays ne s’était mobilisé comme nous l’avions fait à l’époque.

Devant la carence de la communauté internationale et les obstacles mis par certaines grandes puissances aux demandes du secrétaire général de l’ONU, la France a été la seule à avoir un sursaut de courage.

Qu’a fait le reste de la communauté internationale ? Avant de mettre en cause la France et ses responsables publics, civils et militaires, il serait bon que l’on s’interroge sur l’attitude de ceux qui n’ont rien dit, qui n’ont rien fait, qui n’ont rien tenté. Pourquoi n’en parlez-vous jamais et pourquoi ne posez-vous pas aussi ces questions ?

Non content de ressortir des accusations sans fondement, l’article pousse l’outrance à avancer des hypothèses totalement absurdes (la France qui aurait décidé de tirer sur l’avion du Président). Trop c’est trop.

Finalement, la personne qui a le mieux répondu à la question que posait Libération à sa une du 12 septembre (« Génocide rwandais : la France s’excusera-t-elle ? »), c’est le président Kagame lui-même lorsqu’il a dit, sur le perron de l’Elysée, officiellement et comme pour clore ce débat inutilement prolongé : « Je n’attends pas d’excuses de la France. »

[France Diplomatie]

octobre 18, 2011   4 Comments

Chaque Mardi devant l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles

Kagame: dictateur, genocidaire et criminel de guerre

Viens avec nous chaque mardi devant l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles pour combattre la dictature et les crimes&génocides de Paul Kagame et son régime.

octobre 15, 2011   No Comments

Rwanda: Le HCR devrait revoir sa position relative au statut de réfugiés rwandais

Reporters sans frontières exprime sa profonde incompréhension devant l’intention du Haut Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR) d’encourager les pays d’accueil de réfugiés rwandais à leur retirer leur statut, au 30 juin 2012. L’organisme onusien invoque la “normalisation de la vie politique au Rwanda”.

“De quelle normalisation le HCR parle-t-il ? Le président Paul Kagamé a été réélu en 2010 avec 93% des voix, lors d’une élection à laquelle ses principaux opposants n’ont pas pu participer. L’une croupit en prison, un autre se trouve en exil et a échappé à une tentative d’assassinat. Les autorités rwandaises ne tolèrent pas la critique. La presse indépendante est harcelée”, a déclaré l’organisation.

“Même en exil, certains réfugiés sont en danger. Fin août dernier, trois journalistes rwandais réfugiés dans la capitale ougandaise ont été victimes d’une mystérieuse agression. Au même endroit, un de leurs confrères avait vécu pareille mésaventure un an auparavant. A chaque fois, les agresseurs sont des individus s’exprimant en kinyarwanda. En retirant leur statut aux réfugiés rwandais et en facilitant ainsi leur retour forcé au pays, les Etats concernés et le HCR mettraient des dizaines de personnes en danger, dont de nombreux journalistes”, a ajouté Reporters sans frontières.

Une réunion de tous les Etats concernés et d’autres acteurs sera organisée en décembre 2011 pour statuer sur le sort des réfugiés rwandais. Selon une porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, l’institution entend recommander “aux pays de mettre fin au statut de réfugiés” des Rwandais.

Interrogée par Reporters sans frontières, une journaliste rwandaise réfugiée en Europe estime que “le démantèlement des camps de réfugiés qui restent les principaux fiefs de recrutement des enfants et des jeunes par les groupes armés est la meilleure solution pour lutter contre la réorganisation de ces groupes dangereux à l’est de la République démocratique du Congo, notamment le FDLR. Mais fermer les yeux sur la situation d’oppression de la liberté d’expression et retirer le statut de réfugiés aux opposants politiques, aux journalistes et aux défenseurs des droits de l’homme qui risquent la prison ou l’assassinat serait une grosse erreur, une violation grave des droits de l’homme”.

L’un de ses confrères et compatriotes, réfugié en Afrique australe, affirme pour sa part : “Beaucoup de réfugiés rwandais vivent dans des conditions exécrables à l’étranger, surtout dans les pays africains. S’ils ne prennent pas la décision de rentrer, c’est qu’il doit y avoir une raison. Nous voulons rentrer dans un pays où nos droits et libertés sont garantis. Mais au Rwanda, il suffit de vous accuser injustement de ’négation du génocide’ ou de ’révisionnisme’, et vous vous retrouvez en prison. On ne peut pas rentrer dans un pays où la justice arbitraire est reine.”

Reporters sans frontières rappelle que deux femmes journalistes, Agnès Uwimana Nkusi et Saidat Mukakibibi, ont été condamnées cette année à 17 et 7 ans de prison pour “incitation à la désobéissance civile”, “divisionnisme” et “négation du génocide”.

Chaque année, Reporters sans frontières enregistre plusieurs cas de journalistes rwandais menacés, harcelés, et contraints à l’exil. Depuis début 2010, ils sont près d’une dizaine à avoir fui le pays. Sur la même période, l’organisation a accordé dix bourses d’assistance à des professionnels des médias rwandais ou à leur famille.

La remise en cause du statut de réfugié aggraverait la situation de sécurité de bon nombre des journalistes auxquels Reporters sans frontières vient en aide.

Dans un rapport publié à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin dernier, et intitulé “Condamnés au départ, pas au silence. Le combat des médias en exil”, l’organisation dressait le portrait de Jean-Bosco Gasasira, réfugié en Suède et rédacteur en chef du site d’information umuvugizi.com. Lire le rapport.

Le Rwanda figure à la 169e place, sur 178 pays, dans le classement mondial 2010 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. Il est le troisième pays africain le moins bien classé après l’Erythrée et le Soudan.

[Reporters Sans Frontières]

octobre 11, 2011   No Comments

La nomination par Paul Kagame du nouveau Premier Ministre suscite interrogations

Paul Kagame entouré de son Premier ministre sortant Bernard Makuza (à droite) et Pierre Damien Habumuremyi (à gauche).

Le président rwandais Paul Kagame entouré de son Premier ministre sortant Bernard Makuza (à droite) et Pierre Damien Habumuremyi (à gauche), le 7 octobre 2011 au Parlement à Kigali.

La nomination d’un nouveau Premier ministre au Rwanda jeudi 6 octobre 2011 suscite toujours autant d’interrogations. Pierre Damien Habumuremyi n’est pas une personnalité politique de premier plan. Il n’incarne pas non plus l’ouverture attendue par les opposants à Paul Kagame. Et surtout sa nomination ne s’est pas accompagnée d’un remaniement.

Pourquoi Paul Kagame a t-il écarté son ancien chef de gouvernement, un homme fidèle qui ne faisait pas de vagues ? La décision aurait été logique et dans l’air du temps si son remplaçant avait été un symbole d’ouverture commente un spécialiste du Rwanda. L’ouverture était réclamée par les bailleurs de fonds depuis des mois et semblait se dessiner, notamment si l’on en croyait les rencontres entre Paul Kagame et ses opposants lors de ses derniers déplacements aux Etats-Unis et en France début septembre.

Mais le profil du nouveau Premier ministre coupe court aux espoirs. Pierre Damien Habumuremyi n’est pas une personnalité en vue. Il n’a pas vraiment de base politique. C’est un homme du FPR, le parti présidentiel. « Point de salut en dehors des “intore”, les milices du Front patriotique rwandais », avait-il dit en substance lorsqu’il était encore ministre de l’Education. Il était jusque là « un ministre timoré », disent ses détracteurs, qui ne prenait jamais aucune décision et déléguait volontiers les affaires délicates à d’autres.

« L’homme sera au garde à vous, c’est le profil type qui convient à Paul Kagame »,  assure un opposant exilé à Paris. En somme, la nomination de Pierre Damien Habumuremyi est troublante résume un spécialiste du Rwanda.

[RFI]

octobre 10, 2011   1 Comment