2012 septembre — Rwandinfo_FR
Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — septembre 2012

L’Union Européenne suspend tout nouveau projet d’aide au Rwanda

25 Sept 2012 – L’Union européenne a décidé de suspendre tout nouveau projet d’aide au gouvernement rwandais. Ceci en attendant que soit clarifiées les allégations sur son soutien à des rebelles dans l’est de la RDC.
Cette information a été annoncée aujourd’hui par Michael Mann, le porte-parole du service diplomatique européen. Le montant de l’aide suspendue se monte à plusieurs dizaines de millions d’euros. La suspension ne touchera pas les aides destinées à lutter contre la pauvreté, mais les budget alloués au gouvernement rwandais, notamment pour l’aide au développement.

septembre 25, 2012   No Comments

Sanctions contre le Rwanda? L’Allemagne veut imposer la solution politique à la RDC

Le gouvernement congolais vient de saisir les Usa et le Royaume Uni pour que les sociétés minières de leurs pays respectifs n’achètent plus les minerais au Rwanda qui sont le plus souvent pillés dans l’Est de la Rdc • Mercredi dernier, le Bishop Méthodiste Pierre Tambo a été auditionné par le Congrès américain ; celui-ci fera des recommandations au gouvernement Obama d’exiger au Rwanda d’arrêter la guerre et d’envisager des sanctions à son égard . La situation politique en République démocratique du Congo est toujours axée autour de la problématique sécuritaire dans l’Est du pays. L’attention de l’opinion nationale et internationale est focalisée sur le mini-sommet de New-York prévu le 27 septembre prochain sous la présidence du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. Lequel mini-sommet débattra des problèmes du Kivu et des solutions à envisager pour une pacification définitive de la région des Grands Lacs.

Il ne reste plus que six jours jusqu’à l’échéance. Ces assises de New York risquent d’être une grosse déception pour le peuple congolais qui n’aspire qu’à la paix, à l’ordre et à la sécurité à l’intérieur de ses frontières. Ceci parce qu’au fil des jours, les propos de certains représentants des pays de la communauté internationale ne sont guère en faveur des thèses de Kinshasa. A travers ces propos, l’on sent que ces pays, bien que certains d’entre eux aient décidé de geler une partie de leur coopération avec le Rwanda, soutiennent mordicus que la solution politique pour l’Est de la Rdc soit prioritaire.

Cette solution, selon eux, passe par le dialogue politique entre la Rdc et le Rwanda en lieu et place des sanctions à prendre contre ce dernier pays qui agresse son voisin, pour la nième fois.

L’ambassadeur allemand à l’ONU dit non aux sanctions contre le Rwanda.

Dans notre livraison d’hier, nous avions écrit que le Secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous a présenté le rapport de son périple dans la région des Grands Lacs qui l’avait conduit successivement à Kinshasa, Goma, Kigali et Kampala. Outre le fait qu’il a condamné l’administration parallèle instaurée par le M23, il a clairement déclaré qu’ « il faut clairement rebâtir la confiance, en particulier entre la RDC et le Rwanda ».

Et nous avons posé la question de savoir quelle confiance. Nous avons ajouté que ce bout de phrase dit beaucoup en peu de choses. Cela voudrait dire que le Conseil de sécurité veut trouver au problème de la RDC une solution politique en excluant des sanctions ciblées contre le Rwanda. Quant à l’ambassadeur allemand aux Nations Unies, M.Peter Wittig, il a abondé dans le même sens en déclarant que « les membres du Conseil de Sécurité sont d’accord pour considérer qu’une solution politique à la crise est une priorité absolue. Je détecte une volonté de renforcer le dialogue politique et de ne pas se focaliser sur des sanctions à l’heure actuelle ».

Pour le diplomate allemand, « le dialogue, le renforcement de la confiance et de la coopération entre Kigali et Kinshasa sont nécessaires d’urgence pour traiter des racines du conflit ». Comme on le voit, certains pays ne sont pas favorables aux sanctions contre le Rwanda bien que les accusations à son endroit soient étayées par des faits réels et palpables.

C’est la preuve que le lobby rwandais n’a ménagé aucun effort pour manœuvrer et noyauter la communauté internationale pour son compte. Il n’est pas tard pour que notre diplomatie fasse la contre-offensive pour arriver à faire changer d’opinion ces représentants au Conseil de sécurité. Le gouvernement congolais a saisi le Royaume Uni et les Usa quant à l’achat des minerais

Nous savons de tout le temps que le Rwanda n’est pas un pays minier. La nature ne lui a pas donné cette chance comme la Rdc ou les autres. Cependant, le Rwanda se retrouve curieusement parmi les grands pays exportateurs des minerais sans en produire. Moralité : tous ces minerais vendus pour son compte proviennent de la Rdc ; et le Rwanda les a par le biais des groupes armés qu’il finance du reste. La plupart des acheteurs sont des sociétés américaines et britanniques.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement congolais, par le biais du ministre des Mines, a saisi les Usa et le Royaume Uni pour que les sociétés minières qui se retrouvent dans leurs pays respectifs n’achètent plus des minerais au Rwanda. Ces achats permettent au Rwanda d’agresser son voisin ; d’où son arrogance dans les assises internationale malgré sa position de faiblesse sur le plan diplomatique. Cette arrogance vient aussi du fait qu’il bénéficie de l’appui moral de certains pays occidentaux malgré le semblant de gel de leur coopération avec lui.

Ces sociétés minières en question obéiront-elles aux injonctions de leurs gouvernements respectifs ? Le gouvernement a agi, aux Usa et au Royaume-Uni de réagir. La balle est dans leur camp. Bishop Pierre Tambo auditionné au Congrès américain sur la RDC Le Congrès américain a réagi à la pétition des chefs des confessions religieuses sur la guerre dans l’Est de la RDC.

En effet, le Congrès américain a convoqué et entendu tour à tour le Sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, le Vice-président de International Crisis Group et le Bishop Pierre Tambo, président des Eglises Méthodistes du Congo et co-initiateur de la pétition contre le Rwanda. A l’issue de cette audition, le Congrès américain va prendre une résolution que l’administration Obama devra appliquer.

Le dernier intervenant, le Bishop Pierre Tambo a expliqué aux congressistes américains toute la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC avec des preuves (écrites et audio-visuelles) et leur a demandé de faire des recommandations au gouvernement américain d’exiger au Rwanda d’arrêter la guerre, une guerre barbare et injuste et d’envisager des sanctions exemplaires et ciblées contre les autorités civiles et militaires rwandaises qui en sont les commanditaires. Parce qu’il est suffisamment prouvé que le Rwanda aide le M 23 par son appui financier, logistique et humain car notre pays aspire à la paix et à la tranquillité, base de tout développement.

Source: L’Avenir

septembre 24, 2012   No Comments

RDC : Le pouvoir accuse Roger Lumbala de vouloir renverser Kabila

Le député d’opposition congolais Roger Lumbala est accusé d’avoir ni plus ni moins comploté pour renverser le président Kabila et prendre sa place. L’accusation choc a été lancée le 20 septembre à Kinshasa par le ministre de l’Intérieur. Roger Lumbala est arrivé en France dimanche dernier après s’être réfugié pendant plusieurs jours à l’ambassade d’Afrique du Sud à Bujumbura où il se trouvait, craignant que le Burundi ne le livre aux autorités de RDC.

Les services burundais n’ont pas livré Roger Lumbala à leurs homologues congolais, ils l’ont laissé partir vers la France. Mais ils ont fourni aux Congolais des éléments pour l’accuser.

Hier à Kinshasa, le ministre de l’Intérieur Richard Muyej a distribué à la presse des copies de billets d’avion et de visas montrant que le député d’opposition se serait rendu à plusieurs reprises à Kigali ces trois derniers mois. Selon lui, l’analyse des portables et équipements informatiques saisis au Burundi révèle que Roger Lumbala était au centre d’un complot pour renverser le président Kabila, avec la complicité des services rwandais et du mouvement rebelle M23 qui opère à l’Est de la RDC.

Selon le ministre de l’Intérieur toujours, « Roger Lumbala projetait d’assumer les plus hautes charges de l’Etat, en sa qualité de président autoproclamé du Conseil national de transition du Congo ».

Interrogé en France hier soir par RFI, Roger Lumbala a rejeté ces accusations, selon lui les autorités congolaises ont fabriqué des fausses preuves contre lui.

Source: rfi.fr

septembre 23, 2012   No Comments

La RDC demande que le Rwanda soit frappé d’embargo sur les minerais pillés

Le gouvernement congolais accuse le Rwanda de Paul Kagame de soutenir la rébellion de M23 dans la partie orientale du Congo, selon une lettre écrite par le ministre congolais des Mines, Martin Kabwelulu, et publié par Reuters le mardi. Les tensions entre les pays africains voisins ont monté brusquement ces dernières années suite aux révélations faites par des experts des Nations Unies, révélations selon lesquelles le Rwanda soutient la rébellion dans la province du Nord-Kivu en RDC, ce que nie Kigali. Ce pays des milles collines qui pratique le terrorisme d’Etat, doit être mis sur le box des accusés au même titre que les autres pays qui se trouvent sur la liste noire des Etats Unis d’Amérique ainsi que des Nations Unies. Cette demande doit se poursuivre au niveau des tribunaux internationaux contre le cercle de Paul Kagame et de son Ministre de Défense James Kabarebe qui excellents dans le banditisme d’Etat.

Dans une lettre datée du 29 août adressée à Madame Mary Shapiro, présidente de la Commission de Sécurité et d’échange des USA, le ministre congolais des Mines a accusé le Rwanda de soutenir les groupes armés en servant de plaque tournante au trafic des minerais de contrebande à partir de la RDC jusque dans son territoire pour l’exportation.

A en croire la correspondance, le Ministre des Mines avait écrit ce qui suit « Pour mettre fin à cette situation, une des solutions serait d’imposer un embargo à tous les minerais venant du Rwanda, jusqu’à l’établissement d’une paix durable dans les provinces de Nord et Sud Kivu », a écrit Martin Kabwelulu, qui souligne en enrichissant ses écrits que « C’est dans ce contexte que votre établissement… est invité à instruire toutes les compagnies américaines… de ne plus acheter des minerais extraits et/ou venants du Rwanda ».

Cependant, le Patron des Mines congolaises s’indigne du fait qu’un fonctionnaire de la Sec, qui n’a aucune compétence d’imposer les embargos commerciaux, a déclaré qu’il n’était pas informé de la lettre. Poursuivant sa lutte de clouer dos au mur le Rwanda, Martin Kabwelulu a écrit une autre lettre à la même date à ITRI, une organisation britannique basée en Angleterre spécialisée dans l’industrie de l’étain. Il a ordonné à cette organisation de suspendre les travaux qui font la certification des minerais du Rwanda et le surveillé de prés… La traçabilité recherchée Le gouvernement rwandais n’a pas répondu aux lettres et appels téléphoniques demandant des commentaires mardi, mais il a maintes fois promis d’assainir son secteur minier et de soutenir les initiatives de traçabilité nouvelle.

Les groupes de défense des droits de l’Homme ont longtemps dit que l’exploitation illégale des minerais congolais tels que l’étain, le tungstène, le tantale et l’or a contribué à enflammer près de deux décennies de conflit dans l’est de la République Démocratique du Congo, où les morts se compte parmi les millions, de plus loin que le Génocide rwandais décrié par toute l’humanité. Il est normal et logique que les grands décideurs de ce monde se penchent sur le génocide en gestation en République Démocratique du Congo, œuvre de Paul Kagame et de ses acolytes au gouvernement du Rwanda.

L’attention internationale sur les efforts visant à lutter contre les « minerais de conflit » a augmenté ces dernières années et le mois dernier, la SEC a confirmé les règles qui obligeront désormais les entreprises américaines qui achètent des minerais du Congo ou de ses voisins de démontrer que les produits n’ont pas contribué au combat.

Le Congo et le Rwanda ont travaillé en étroite collaboration sur la question avant les allégations de la complicité rwandaise dans la rébellion M23 qui ont provoqué une rupture des relations.

Le Rwanda a historiquement tiré bénéfice de l’exploitation des centaines de millions de dollars de minerais Congolais sur le sang des paisibles citoyens qui ont payé le prix le plus fort en perte des vies humaines.

Un rapport de l’ONU paru en décembre de l’année dernière a déclaré que Bosco Ntaganda, un des leaders de la rébellion actuelle du M23 qui est également recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, s’adonne à la contrebande de minéraux à travers le Rwanda. Dans sa poursuite par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, ce bandit de grand chemin a abandonné une bagatelle somme de 800.000 dollars américains dans sa fuite.

Mardi, Global Witness a déclaré que ses recherches ont indiqué que le Rwanda continuait à blanchir les produits de minéraux qui ont bénéficié aux groupes armés au Kivu.

A en croire le rapport de Global Witness, le Rwanda s’érige en un Etat om le terrorisme de l’Etat renfloue son trésor public et la Nation rwandaise se met dans une position défavorable « Non seulement le comportement du Rwanda prédateur met en péril sa propre réputation, … elle risque aussi de miner la crédibilité des initiatives mises au point pour lutter contre le commerce des minerais du conflit », a affirmé le porte-parole de Global Witness, Annie Dunnebacke.

L’an dernier, le Rwanda a rapatrié au Congo plus de 80 tonnes de minerais de contrebande qui avaient été saisis par les douaniers.

Source: L’Autre Quotidien

septembre 22, 2012   No Comments

Soutien au M23 : L’Allemagne dit non aux sanctions contre le Rwanda

La République Démocratique Congo (RDC) fustige l’attitude de l’ambassadeur de l’Allemagne à l’ONU, Peter Witting, qui a déclaré qu’il n’était pas question de se focaliser présentement à prendre des sanctions contre le Rwanda en lieu et place d’un dialogue politique. Le gouvernement congolais vient de saisir les Usa et le Royaume Uni pour que les sociétés minières de leurs pays respectifs n’achètent plus les minerais au Rwanda qui sont le plus souvent pillés dans l’Est de la RDC.

Mercredi dernier, le Bishop Méthodiste Pierre Tambo a été auditionné par le Congrès américain ; celui-ci fera des recommandations au gouvernement Obama d’exiger au Rwanda d’arrêter la guerre et d’envisager des sanctions à son égard La situation politique en République démocratique du Congo est toujours axée autour de la problématique sécuritaire dans l’Est du pays. L’attention de l’opinion nationale et internationale est focalisée sur le mini-sommet de New-York prévu le 27 septembre prochain sous la présidence du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. Lequel mini-sommet débattra des problèmes du Kivu et des solutions à envisager pour une pacification définitive de la région des Grands Lacs.

Il ne reste plus que six jours jusqu’à l’échéance. Ces assises de New York risquent d’être une grosse déception pour le peuple congolais qui n’aspire qu’à la paix, à l’ordre et à la sécurité à l’intérieur de ses frontières. Ceci parce qu’au fil des jours, les propos de certains représentants des pays de la communauté internationale ne sont guère en faveur des thèses de Kinshasa. A travers ces propos, l’on sent que ces pays, bien que certains d’entre eux aient décidé de geler une partie de leur coopération avec le Rwanda, soutiennent mordicus que la solution politique pour l’Est de la Rdc soit prioritaire.

Cette solution, selon eux, passe par le dialogue politique entre la Rdc et le Rwanda en lieu et place des sanctions à prendre contre ce dernier pays qui agresse son voisin, pour la nième fois.

L’ambassadeur allemand à l’ONU dit non aux sanctions contre le Rwanda Dans notre livraison d’hier, nous avions écrit que le Secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous a présenté le rapport de son périple dans la région des Grands Lacs qui l’avait conduit successivement à Kinshasa, Goma, Kigali et Kampala. Outre le fait qu’il a condamné l’administration parallèle instaurée par le M 23, il a clairement déclaré qu’ « il faut clairement rebâtir la confiance, en particulier entre la RDC et le Rwanda ».

Et nous avons posé la question de savoir quelle confiance. Nous avons ajouté que ce bout de phrase dit beaucoup en peu de choses. Cela voudrait dire que le Conseil de sécurité veut trouver au problème de la RDC une solution politique en excluant des sanctions ciblées contre le Rwanda. Quant à l’ambassadeur allemand aux Nations Unies, M. Peter Wittig, il a abondé dans le même sens en déclarant que « les membres du Conseil de Sécurité sont d’accord pour considérer qu’une solution politique à la crise est une priorité absolue. Je détecte une volonté de renforcer le dialogue politique et de ne pas se focaliser sur des sanctions à l’heure actuelle ».

Pour le diplomate allemand, « le dialogue, le renforcement de la confiance et de la coopération entre Kigali et Kinshasa sont nécessaires d’urgence pour traiter des racines du conflit ». Comme on le voit, certains pays ne sont pas favorables aux sanctions contre le Rwanda bien que les accusations à son endroit soient étayées par des faits réels et palpables.

C’est la preuve que le lobby rwandais n’a ménagé aucun effort pour manœuvrer et noyauter la communauté internationale pour son compte. Il n’est pas tard pour que notre diplomatie fasse la contre-offensive pour arriver à faire changer d’opinion ces représentants au Conseil de sécurité. Le gouvernement congolais a saisi le Royaume Uni et les Usa quant à l’achat des minerais.

Nous savons de tout le temps que le Rwanda n’est pas un pays minier. La nature ne lui a pas donné cette chance comme la Rdc ou les autres. Cependant, le Rwanda se retrouve curieusement parmi les grands pays exportateurs des minerais sans en produire. Moralité : tous ces minerais vendus pour son compte proviennent de la Rdc ; et le Rwanda les a par le biais des groupes armés qu’il finance du reste. La plupart des acheteurs sont des sociétés américaines et britanniques.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement congolais, par le biais du ministre des Mines, a saisi les Usa et le Royaume Uni pour que les sociétés minières qui se retrouvent dans leurs pays respectifs n’achètent plus des minerais au Rwanda. Ces achats permettent au Rwanda d’agresser son voisin ; d’où son arrogance dans les assises internationale malgré sa position de faiblesse sur le plan diplomatique. Cette arrogance vient aussi du fait qu’il bénéficie de l’appui moral de certains pays occidentaux malgré le semblant de gel de leur coopération avec lui.

Ces sociétés minières en question obéiront-elles aux injonctions de leurs gouvernements respectifs ? Le gouvernement a agi, aux Usa et au Royaume-Uni de réagir. La balle est dans leur camp. Bishop Pierre Tambo auditionné au Congrès américain sur la RDC Le Congrès américain a réagi à la pétition des chefs des confessions religieuses sur la guerre dans l’Est de la RDC.

En effet, le Congrès américain a convoqué et entendu tour à tour le Sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, le Vice-président de International Crisis Group et le Bishop Pierre Tambo, président des Eglises Méthodistes du Congo et co-initiateur de la pétition contre le Rwanda. A l’issue de cette audition, le Congrès américain va prendre une résolution que l’administration Obama devra appliquer.

Le dernier intervenant, le Bishop Pierre Tambo a expliqué aux congressistes américains toute la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC avec des preuves (écrites et audio-visuelles) et leur a demandé de faire des recommandations au gouvernement américain d’exiger au Rwanda d’arrêter la guerre, une guerre barbare et injuste et d’envisager des sanctions exemplaires et ciblées contre les autorités civiles et militaires rwandaises qui en sont les commanditaires. Parce qu’il est suffisamment prouvé que le Rwanda aide le M 23 par son appui financier, logistique et humain car notre pays aspire à la paix et à la tranquillité, base de tout développement.

Source: kongotimes.info

septembre 22, 2012   No Comments

Kagame absent au sommet des pays des grands lacs tenu ce 8 septembre à Kampala.

L’objectif de la rencontre était une fois de plus de trouver une issue à la crise dans l’est de la RDC et d’avancer sur le déploiement d’une force neutre dans la région pour mettre un terme aux activités des groupes armés. Etaient présents à ce sommet les dirigeants ougandais, congolais, tanzanien et sud-soudanais, mais pas Paul Kagame. Et cette troisième réunion ne semble pas avoir permis d’avancées majeures.

L’absence du président rwandais Paul Kagame à ce troisième sommet des Grands Lacs laissait présager un nouvel échec. Finalement, à l’issue de la réunion de ce samedi, les quatre chefs d’Etat présents ont dû se contenter de cosigner un communiqué à minima.

Abou Moussa, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale
Les pays de la sous-région tiennent à ce que ça ne traine pas.

Le texte publié par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs indique tout juste que la force neutre chargée de contrecarrer les groupes armés de l’est de la RDC sera déployée sous un mandat de l’Union Africaine et des Nations unies.

En revanche, d’épineuses questions restent sans réponse. Quels pays, en dehors de la Tanzanie, vont envoyer leurs soldats sur les collines du Nord-Kivu ? Qui va financer le déploiement de cette force qui pourrait atteindre les 4 000 hommes ? Quel sera le rôle des casques bleus de la MONUSCO ?

Si l’ambition est de mettre sur place cette force dans trois mois au plus tard, la porte n’a pas été fermée à une solution négociée et Yoweri Museveni a été chargé de poursuivre les discussions avec les rebelles du M23.

Pour faire le point des avancées et des blocages, un nouveau sommet a été programmé dans un mois. En attendant, les chefs d’Etat de la région devraient se retrouver le 27 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, pour une réunion avec les membres du Conseil de sécurité des Nations unies.

Abou Moussa, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale
Les gouvernements vont se tourner vers l’UA et l’ONU pour financer en partie cette force neutre.

 

septembre 20, 2012   No Comments

RWANDA-RDC : Kabila savait tout de la presence d’une force speciale rwandaise au Congo

Au moment où l’opposition politique en République Démocratique du Congo accuse le Président Joseph Kabila de haute trahison après qu’elle ait découvert que le Rwanda avait maintenu son armée sur le sol congolais, un télégramme classé top secret de novembre 2010, dont Jambonews a pu obtenir une copie, confirme que Joseph Kabila était bel et bien au courant de la présence des forces spéciales de la RDF (Rwandan Defense Forces).

En 2009 le président du parlement Vital Kamerhe avait démissionné pour dénoncer un accord secret entre Kabila et Kagame qui mettait la vie de la population congolaise en danger. Joseph Kabila avait alors invité l’armée rwandaise sur le territoire de la RDC sans consulter le parlement.

Cela n’a pas empêché Kabila de continuer à faire des accords secrets avec Kagame comme on le constate dans un télégramme numéro: SECRET N0 0171/OPS AMANI LEO/COORD/G3 envoyé par le Général Dieudonné Amuli Bahingwa, commandant de l’opération Amani, aux commandants ops du Nord-Kivu et du Sud-Kivu avec copie au CHEFEMG- CHEFEM FT- COMD 8-10 RGN MIL autrement dit Chef d’état-major général, chef d’état-major des forces terrestres, commandant de la 8ième et 10ième région militaire ; il leur est demandé de former un corps d’élite qui travaillera avec les forces spéciales rwandaises.

Il explique agir sous les ordres du chef du personnel militaire commun après une réunion secrète entre les chefs militaires du Rwanda et de la RDC tenue à Kigali, le 2 novembre 2010.

Il est à rappeler que le gouvernement de Kinshasa avait annoncé la fin de l’opération Kimia II à la fin de décembre 2009 et que les troupes rwandaises étaient toutes censées être rentrées au Rwanda.

Ce document confirme les craintes qu’avait exprimées une partie de la population congolaise à savoir de voir les troupes rwandaises se maintenir en RDC après l’opération.

Ce qui devait arriver arriva et les forces du Général Kagame ne sont jamais retournées chez elles et pire, elles ont continué à être renforcées en effectifs comme le démontre ce document en notre possession.

Quel est le nombre de soldats rwandais sur le sol de la RDC ?

Dans ce télégramme confidentiel il est demandé aux commandants Ops du Nord-Kivu et du Sud-Kivu de choisir 120 hommes avec 40% des effectifs en provenance du CNDP (actuellement M23), de PARECO et 60% en provenance des FARDC auxquelles devront s’ajouter 120 hommes venant du RDF. Quand on analyse les chiffres, on se rend compte que la composition de ces renforts est grandement dominée par les Rwandais et les groupes rebelles qui leur sont proches à 70% de l’effectif global. Si au début 2011 comme on le lit sur ce télégramme ces troupes on été renforcées, à combien s’élève leur nombre à ce jour ?

La question de la présence de soldats rwandais sur le sol congolais avec la bénédiction des autorités de la RDCa son importance au moment même où l’organisation Human Rights Watch vient de publier, ce mardi 11 septembre 2012 un nouveau rapport accusant certaines autorités rwandaises de soutenir les rebelles du M23 et donnant l’ampleur des sévices et exactions commis par ce dernier à l’est du Congo en les accusant notamment de crimes de guerre « Les rebelles du M23 qui sévissent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sont responsables de crimes de guerre commis à grande échelle, y compris des exécutions sommaires, des viols et des recrutements de force » a notamment déclaré l’organisation ce mardi 11 septembre. Trente-trois des personnes exécutées étaient des jeunes hommes et des garçons qui avaient tenté de quitter les rangs des rebelles. »

L’effort de guerre de l’envahisseur supporté par Kinshasa

Comble de tout, le télégramme confidentiel indique que le matériel qui sera utilisé par les militaires Rwandais ou par cette force conjointe M23 (ex CNDP) et leurs amis Rwandais devra être fourni par l’état major dela RDC !!! En d’autres termes, cela revient à dire que « l’envahisseur est soutenu par l’envahi ».

Quels sont les raisons qui peuvent emmener un président comme Joseph Kabila à agir de la sorte ?

Joseph Kabila se trouve entre le marteau et l’enclume. La communauté internationale, en particulier la CPI lui demande de lui livrer le général rwandais criminel de guerre Jean Bosco Ntaganda. Mais il ne peut pas faire cette erreur car non seulement Ntaganda a agi sous les ordres de Kabila mais aussi ces ordres venaient de Kagame. Si Ntaganda est arrêté Paul Kagame et Joseph Kabila risque d’être mis en cause lors du procès et par là, risquer également d’être poursuivis. Donc la meilleure chose à faire pour limiter la casse pour ce trio, c’est raviver le chaos dans l’est du Congo afin de détourner l’attention et espérer que le reste du monde n’y voit que du feu. C’est dans ce cadre que Kabila doit supporter l’effort militaire au compte de son envahisseur, le peuple congolais n’a qu’à subir.

On peut aussi rappeler le cas Laurent Nkunda, ce général ancien chef du CNDP, devenu depuis M23, qui se trouve au Rwanda alors qu’il a été réclamé par Kinshasa pour y être poursuivi. Lui aussi a exécuté les ordres de Kigali et continue à les exécuter comme le révèle l’Addendum au rapport des experts des Nations Unies sur les crimes commis en RCD. Selon le rapport des experts, il a contribué à faciliter la formation du mouvement M23 en mobilisant les officiers issus de l’ancienne CNDP.

Et les autres membres du gouvernement congolais dans tout ça ?

Le ministre Lambert Mende explique que le retrait des troupes rwandaises est une exfiltration, que ces hommes étaient sur le sol congolais à l’insu des autorités de Kinshasa. On pourrait se demander si en RDC tous les ministres sont au courant de ce qui se passe dans leur pays ou si certaines informations, qui normalement devraient être connues de tous les hauts responsables gouvernementaux, ne seraient connues que par le Président Kabila et ses proches.

En décidant en fin août 2012 de retirer une partie de ses forces spéciales déployées dans l’Est dela République démocratique du Congo, Kigali a réglé ses comptes avec Kinshasa. Sans doute une façon de prouver pour le Rwanda l’existence des accords secrets qui le lie à la RDC. Ce que les Congolais nient toujours. Les deux pays sont entrés en conflit il y a quelques mois à la suite d’un rapport des experts des Nations Unies accusant le régime rwandais de soutenir les rebelles de M23 contre le pouvoir dela RDC. Aumoment où la guerre de l’information bat son plein, ce congolais moyen qui présente le rwandais comme « le méchant voisin » peut se mordre les doigts en apprenant que plus d’une centaine des militaires rwandais vivaient paisiblement sur sa terre et avec la bénédiction de ses autorités à la suite d’une opération conjointe menée entre les deux pays afin de contrer les FDLR en 2009.

Les congolais de tout horizon doivent à présent comprendre que les innombrables conciliabules sur la paix sur son territoire ne porteront jamais de fruits tant que les acteurs seront les mêmes car le jeu est faussé dès le départ par ceux censés apporter les solutions ; la fameuse force neutre, le mini-sommet convoqué par Ban ki Moon à la fin de ce mois et même le sommet de la francophonie n’auront aucun effet sur la pacification de cette région de l’Est tant que le mensonge sera érigé en mode de gouvernance.

Christian Mutware,

Source: Jambo News

septembre 20, 2012   No Comments

Rwanda: Prince Antoine Nyetera raconte sa vie…

Antoine Nyetera est décédé le 14/09/2012. Il était en train d’écrire un livre. Dans le prologue intitulé “C’était comme ça!”, il retrace sa vie et donne sa vision sur le Rwanda d’hier et d’aujourd’hui. Ci-après un extrait.

Quand, à l’âge de 3 ans, je voyais deux servantes (hutu) à côté de ma mère ; l’une se levait vers 5 heures du matin pour nettoyer la maison, la cour intérieur (inzu n’urugo) et l’extérieur (umuharuro), après ce nettoyage de toute la parcelle, elle allait s’occuper du grand nettoyage de l’étable : enlever la bouse de vaches, nettoyer les petites cases pour les veaux (ibiraro by’inyana) l’autre fille en train de laver les ustensiles de cuisine, les assiettes en bois et en métal émaillé, les pots à lait, les gobelets en métal émaillé. Mes grandes sœurs, avant d’aller à l’école, aidaient les deux servantes, et tout devait être fait avant 7 heures du matin, car les passants ne devaient pas voir les filles en train de faire ce nettoyage. C’était comme ça !
La jeune servante qui s’occupait de ce travail de nettoyage n’habitait pas dans la maison. Elle venait très tôt le matin ; après cette tâche, vers 8 heures elle retournait chez elle. La deuxième dormait dans notre maison, dans la case réservée aux filles. Elle devait rester tout le temps avec ma mère pour l’aider dans menues occupations : propreté de la maison, préparer le lait à servir, préparer la nourriture et la servir et mettre le lait destiné à faire du beurre dans des grands jarres, tresser la vannerie etc. Quant le lait était suffisamment caillé, il faut le mettre dans des barattes (ibisabo) et le tourner pendant une heure, sans arrêt, jus qu’à ce que le beurre se sépare du petit lait écrémé que l’on distribuait aux gens pauvres qui n’avaient pas de lait chez eux. C’était comme ça.
La servante permanente, après le nettoyage intérieur, s’occupait de moi ! Elle me lavait tout le corps et m’habillait. Quand elle était très occupée, c’est ma mère qui me lavait et m’habillait et me servait du lait caillé. Me voici prêt à jouer avec les enfants des voisins, filles et garçons : hutu et twa. Mon père m’avait toujours dit que tous les enfants étaient égaux, nous mangions ensemble, nous faisions la sieste ensemble. Mais en grandissant, les chemins se séparaient. C’était comme ça.
Quand j’ai atteint l’âge de scolarisation, à 6 ans, la servante me préparait très tôt pour aller à l’école. Mes deux sœurs et grand frère savaient se préparer tout seuls. Nous allions tous ensemble à l’école. Vers 12 heures un serviteur venait me chercher à l’école pour rentrer, mes sœurs et mon frère rentraient à 14 heures.
Quant mes sœurs et mon frère sont allés dans une autre école pour commencer la 3ème année primaire, je suis resté dans la petite école : pré-primaire, 1ère année et 2ème année. En ce moment, c’était le petit serviteur qui m’accompagnait à l’école et me ramenait à la maison, parfois il m’apportait à boire à l’école. Je ne me suis jamais posé la question pour quoi le garçon hutu n’allait pas à l’école, alors que d’autres garçons y allaient ? Simplement parce qu’il devait garder nos vaches. C’était comme ça.
Parmi nos serviteurs, il y avait un qui dormait à la maison, un garçon de 16 ans. Il devait se lever très tôt le matin pour aller puiser de l’eau à la source naturelle (iliba) qui se trouvait à une distance d’à peu près de 500 mètres, avec une cruche de 15 à 20 litres sur la tête. Il faisait deux à trois tours le matin, une ou deux fois vers le soir. Le jour de préparation de bière de sorgho ou du vin de bananes, il devait faire cinq à six tours. Il devait laver les marmites. Ma mère lui disait alors ce qu’il fallait cuire pour la journée ; il cherche le bois de chauffage, s’il n’y a pas à la maison, il va le chercher à l’extérieur ; il allume le feu, met les aliments dans la marmite et la dépose sur l’âtre. Ma mère n’était pas loin pour vérifier s’il a mis suffisamment de l’eau et du sel.
L’autre serviteur qui ne dormait pas dans notre maison, arrivait très tôt à la maison. Il était là vers 6 heures du matin. Il savait ce qu’il devait faire : faire sortir le bétail de l’enclos, derrière la case principale (kambere), la secondaire (kagondo) et la cuisine ; le bétail va brouter tout près de l’enclos pendant une heure au moins, puis commençait à traire les vaches, lorsqu’il s’agissait de traire 5 ou 6 vaches, le cuisinier allait donner un coup de main; parfois même la jeune servante allait tenir les veaux au moment de la traite et ramener le lait dans la maison. Pourquoi pas mes frères et sœurs ? Ils sont à l’école, le soir les filles aidaient la servante et le cuisinier à préparer et dresser la table. Je n’ai jamais essayé de traire les vaches, les après-midi j’allai surveiller les veaux qui broutaient aux alentours de l’enclos. C’était tout naturellement comme ça.
Après la traite, le berger va conduire le bétail au pâturage, il laisse le bétail au pâturage pour aller manger soit chez lui, soit chez nous ; on lui donnait du lait. Le soir, il fait rentrer le bétail, le feu de paille est déjà allumé dans l’enclos du bétail, la servante a déjà préparé les gerbes d’herbes fraîches (icyalire) qui sert de couchage pour ces animaux et que l’on remplaçait tous les trois jours. C’est le moment de la traite du soir. Même chose que pour le matin. Le berger ferme l’enclos du bétail avec des bois superposés pour que le bétail ne sorte pas la nuit ou qu’un voleur ne vienne les dérober. Avant de rentrer chez lui, le berger boit de la bière réservée aux gardiens de bovins « inzoga y’abashumba ».
Me voici à l’école des grands, ce qu’on appelle le 2ème cycle primaire : 3ème, 4ème, 5ème année et 6ème année, c’est à la Mission (Paroisse) qu’on doit aller. J’avais 10 ans. Il fallait quelqu’un pour m’accompagner jusqu’à l’endroit où je devrais rencontrer des camarades de la même colline. Nous devrions faire au moins 1 heure et demi de marche jusqu’à l’école. Pour la troisième année, l’école terminait à 11h30. Il fallait quelqu’un qui devrait venir m’attendre à la sortie de l’école.
Parmi les 4 personnes en permanence chez nous, 2 d’entre elles étaient liées par le contrat de servage pastoral (ubuhake [..]). Les autres se trouvaient pour échapper aux corvées. Je tiens à préciser que les sous-chefs disposaient de plus de 6 serviteurs (bagaragu) en permanence. Le chef avait davantage, celui-ci avait 2 pour 3 personnes qui l’accompagnaient lorsqu’il se déplaçait, plus un messager qui devrait être toujours prêt à être envoyé à tel et endroit pour remplir la commission. C’était comme ça.
En plus des quatre personnes dont citées ci-dessus, mon père avait 2 personnes, par fois 3 ou 4 qui cultivaient pour lui deux jours par semaine. Ces personnes étaient prélevées sur le nombre de ceux qui devaient cultiver chez le chef. Etant entendu que pour bénéficier de ces cultivateurs gratuits, il fallait être parent ou frère du chef ou du sous-chef.
Après la classe de l’avant-midi, nous rentrions pour manger, et retourner à l’école à 13h.30. Après la classe de l’après midi, nous restions dans la cour pour attendre un grand séminariste qui devait nous occuper, à nous apprenant des chants, servir la messe, quelques leçons de français, divers jeux, initiation au théâtre, etc., pour rentrer vers 18 heures. Les enfants hutu et de simples tutsi rentraient après la classe. Ils faisaient entre 1 heure et 2 heures de marche tous les jours.
Nous étions les privilégiés, quant bien même mon père n’était plus sous-chef. Il était quand-même tutsi ayant la parenté avec notre chef du Nduga, Kanimba Athanase. C’est en 1950 que mon père a été nommé Juge-assesseur par le roi Mutara III Rudahingwa, au Tribunal de chefferie jusqu’après la Révolution 1959. C’était comme ça aussi.
Malgré notre statut de privilégiés, les enfants hutu avaient d’excellents résultats à l’école, mais rares étaient ceux qui accédaient au secondaire. Les plus intelligents allaient, soit au petit séminaire, soit à l’école des moniteurs. Nos enseignants de la 4ème, 5ème et 6ème année étaient des Hutu et des Tutsi qui ont fait soit le petit séminaire, soit l’école des moniteurs.
Je ne me suis jamais posé la question de savoir pourquoi mes camarades très intelligents n’allaient pas tous au secondaire, surtout au Groupe-Scolaire, alors que ces fils de chefs et sous-chefs, même les plus médiocres faisaient leurs études secondaires ! Il faut aussi se rappeler qu’à cette époque il n’y avait pas beaucoup d’établissements secondaires, d’autant plus que tous les enfants qui entraient au secondaire restaient à l’internat, parfois sans minerval. Mais cela n’explique pas pourquoi ces jeunes Tutsi devraient être majoritaires dans le secondaire. C’était comme ça !
Chez l’Abbé Alexis Kagame
De son retour de Rome après ses études de Philosophie, options d’Histoire et Linguistique, Mgr Alexis Kagame fut membre associé de l’Institut de Recherche Scientifique en Afrique Centrale (IRSAC). Il me connaissait quand j’étudiais au Noviciat de Kabgayi. Il connaissait également mon père qui était un grand poète. Alexis Kagame s’est informé auprès de mon père pour avoir mes nouvelles ; mon père lui dit que j’ai quitté le Noviciat. Mgr Kagame m’a tout de suite cherché et engagé en octobre 1956 comme son collaborateur. Je fus initié aux méthodes de la recherche sur l’histoire de l’Afrique des Grands Lacs, spécialement du Rwanda, ethnologie, littérature (poèmes, contes et légendes), les us et la coutume, la généalogie de certaines personnes qui ne figuraient pas dans le livre du Père Delmas.
Après moi, il a engagé encore trois autres collaborateurs, nous formions une équipe de quatre jeunes secrétaires-enquêteurs et un chauffeur, tous Tutsi. Nous étions payés et logés par l’IRSAC. Par après il engagea un Hutu nommé Munyampama Claver qui venait de terminer trois années de philosophie au grand séminaire de Nyakibanda. Il travailla quatre mois seulement… C’était comme ça !
J’accompagnais souvent Mgr Kagame lorsqu’il rendait chez le roi, même à Bujumbura où se tenait le Conseil Général du Ruanda-Urundi qui avait lieu chaque année, présidé par le Vice-Gouverneur Général en personne. Les deux « bami » rois, Mutara III du Rwanda et Mwambutsa IV du Burundi étaient d’office membres de ce Conseil, ainsi que certains chefs et quelques personnalités européennes ainsi que les évêques et notables Rwandais et Burundais choisis par le V.G.G. Mgr Alexis Kagame était également membre de ce Conseil Général. Joseph Habyarimana-Gitera figurait parmi les notables à raison de ses tendances politiques. Les débats étaient publics ; j’y assistais en tant qu’observateur.
Au moment des revendications hutu, en 1957, les tracts et les articles circulaient dans les journaux : Kinyamateka, Temps Nouveau, Soma ainsi que dans les journaux étrangers. Mgr A. Kagame s’intéressait beaucoup à la politique du pays ; il voulait toujours savoir nos opinions à propos de ces écrits et les rumeurs. Je n’avais aucune opinion à donner. Mais un jour je lui ai posé la question à propos des revendications hutu : pour quelles raisons les Hutu n’étaient pas chefs ou sous-chefs ? Kagame me regarda quelques minutes avec un air très soucieux – étonné même, et me dit : « Je me suis moi-même posé cette question ; il faut chercher la réponse chez Mutara III. Le Rwanda entre dans un grand tournant dont je ne sais comment il va en sortir ! » […]
Mgr Kagame était royaliste très influent, il avait été promu au grade de grand dépositaire du Code ésotérique. Au moment du grand tournant historique comme il le disait, il s’entretenait souvent avec Joseph Habyarimana-Gitera. Celui-ci sortait du bureau de Kagame en souriant, c’était sa nature, le contraire de Kayibanda. Kagame me disait que Gitera était un peu fou, parce que trop direct, avec une franchise et une confiance qui frisent la naïveté. Il ne connaissait pas la manière tutsi d’accepter sans être d’accord, de donner sans lâcher. […]
Lorsque Gitera s’est attaqué au tambour-emblème de la monarchie, les Tutsi ne l’écoutaient plus, il devint leur ennemi n°1. Si ces derniers avaient bien compris la pensée de Gitera, ils n’auraient pas dû s’en prendre à lui à cause du tambour, parce qu’en réalité les Hutu ne voulaient plus que ce tambour, orné des dépouilles de leurs ancêtres, représente la monarchie. Ils ont réagi si violemment à cause du tambour « Karinga ». Idéologiquement le « Karinga’ » symbolisait la défaite des Hutu et la domination tutsi. Evidemment il n’y avait pas que le tambour. Il fallait aussi la démocratisation des institutions qui devait aboutir au partage du pouvoir.
L’abolition du servage pastoral avait donné un coup dur à la classe tutsi ; on ne peut pas s’imaginer combien le Tutsi qui n’a jamais manié la houe allait apprendre ce métier à l’âge de 40 ou 50 ans ! Le Tutsi qui n’a jamais gardé ses vaches allait rester toute la journée derrière 3 ou 4 vaches en même temps cultiver son champ ! Si mon père n’avait pas trouvé la place de juge-assesseur au Tribunal de chefferie, je ne vois pas comment il allait s’en sortir. C’est avec son salaire qu’il parvenait à payer le gardien de son bétail, le cultivateur et un domestique qui devait apporter de l’eau à la maison.
En plus il avait une grande propriété ; il vendait les produits agricoles, plus 30 à 50 litres de vin de bananes par semaine lui permettaient de vivre aisément et améliorer son habitation. Pendant les troubles des années 59-60, il n’était pas inquiet, il avait toujours été en bon terme avec ses voisins Hutu, il n’a jamais perdu ni vache ni champs ni même son reboisement.
En juin 1959, j’ai accompagné Mgr Kagame pour la deuxième fois à Bujumbura, au cours de la session du Conseil Général du Ruanda-Urundi. Il y avait des débats très sérieux pour l’avenir du Ruanda-Urundi. Je me souviens que c’était la première fois pour moi d’entendre le projet des élections à venir et la création des communes au Ruanda-Urundi.
Le soir du dernier jour de la session, Mutara III envoyant son chauffeur, Rusanganwa, pour chercher Joseph Gitera dans la cité. Le roi a eu un entretien avec Gitera, en présence du chef Kayihura Michel, Vice-Président du Conseil du Pays et favori de Mutara III. Il y eut une scène moins amusante entre Mutara III et Gitera. Le lendemain avant de regagner le Rwanda nous sommes allés dans la villa de Mutara III, située près du Collège du St. Esprit. Il était midi, les deux Grands ont déjeuné ensemble, le cuisinier a fait une table pour moi dans la pièce à côté. Après le repas, je me suis promené dans le jardin pour contempler la ville de Bujumbura et le Lac Tanganika, c’était un panorama magnifique. Vers 14 heures, Mutara et Kagame ont regagné le salon et m’ont invité à entrer dans le salon, ils avaient chacun un verre de Cognac. C’est à ce moment que Mutara III raconta à Kagame la visite de Gitera…, comment ce dernier a été content d’avoir été invité à prendre une bière offerte par le roi…
Ce n’est que 4 ans plus tard, étant greffier-comptable du Tribunal d’Astrida (actuel Butare), que j’ai pu m’entretenir avec Gitera. Il était détenu en prison d’Astrida, accusé de « S’être rendu à Dar Es-Salaam (Tanzanie) pour rendre visite à Kigeri V Ndahindurwa », un monarque déchu qui organisait les attaques contre la République !
Avant l’ouverture de l’audience, tous les détenus attendaient dans le hall tout près du Greffe. C’était triste de voir le premier leader Hutu en prison pour un fait banal. Une humiliation par excellence ! Je me suis posé la question : « Que diable est-il allé chercher chez Kigeri? » Gitera a été parmi les premiers leaders présents à Gitarama le 28 janvier 1961 pour proclamer la République ! Dans le fonds, Gitera était monarchiste, dans ses extravagances, après s’être brouillé avec le Parmehutu de Grégoire Kayibanda, il a créé successivement plusieurs partis, dont « Pro-Bami Hutu » (pro monarchie hutu) ayant pour objectif la restauration de monarchies des Hutu, contrairement aux objectifs du Manifeste des Bahutu.
J’ai donc invité Gitera à s’asseoir au Greffe pour discuter avec lui, bien que c’était contre les règles. C’est en ce moment que Gitera m’a raconté l’histoire de sa visite à la villa de Mutara III à Bujumbura. […]
C’est à la même occasion que Gitera me raconta une histoire assez énigmatique au sujet de la reine Rosalie Gicanda, épouse de Mutara III Rudahigwa, disant qu’elle lui a sauvé la vie, lui et les autres ! C’était l‘heure de l’audience, Gitera ne m’a pas dit quand, dans quelles circonstances et comment Rosalie Gicanda lui a sauvé la vie.
Quatre ans plus tard, c’était en 1967, lorsque je me trouvais chez Makuza Anastase, Ministre de la Justice, en compagnie de Rugamba Cyprien, la conversation tourna au tour des événements des années 58–59 ; Makuza dit que Rosalie Gicanda a rendu un grand service aux Hutu, il n’a pas voulu dire davantage. Ma curiosité n’était pas satisfaite ! En 1977, je me trouvais chez Me Epaphrodite Ngirumpatse, avocat à Kigali, les mêmes propos reviennent. […]
Malgré mes bonnes relations avec Rosalie Gicanda, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas osé lui poser la question concernant le service qu’elle aurait rendu à ces républicains ! Selon les informations non vérifiées, il paraîtrait qu’un certain soir Gitera était invité chez Mutara III, dans l’intention de l’éliminer physiquement. Rosalie connaissant le complot, aurait trouvé un moyen d’avertir Gitera. Celui-ci quitta le palais discrètement, se précipita dans sa VW qu’il démarra aussitôt. […]
Au moment fiévreux des premiers Partis politiques, non seulement je n’y comprenais rien en politique, mais aussi ça ne m’intéressait pas du tout, quand j’écoutais les propos des membres de l’UNAR, surtout quand un certain Patrice Rwabukwisi, agent de la PTT, me disait : « Nous devons forcer tous les rwandais à adhérer à notre Parti ». Je me suis souvenu de mon enfance : des Hutu qui travaillaient pour nous sans être payés ; une exploitation qui était devenue une coutume. Je me disais que ces Hutu avaient raison de revendiquer leurs droits. Je me suis souvenu encore d’un Hutu qui disait à son fils qui voulait aller à l’école : « Tu dois rester ici, garder mon bétail, après tout, même si étudie 10 fois, tu ne seras jamais chef ou sous-chef, la place du Hutu est au champ ! ». C’était comme ça.
Chaque matin mes collègues du bureau racontaient les événements de la veille, les meetings de l’UNaR, je ne disais rien, je ne savais rien en effet. Mgr Alexis me dit un jour, « petit vieux (au lieu de dire jeune homme, il disait toujours « petit vieux »), es-tu devenu Aprosoma ? J’ai dis non, la politique ça ne m’intéresse pas. L’Aprosoma c’est pour les Hutu, je ne le suis pas et je ne comprends pas encore ce que l’UNaR veut.
Je me souviens du premier meeting de l’UNaR, surtout quand les swahili ( musulmans) très actifs, étaient venus de Kigali, très nombreux dans les camions, avec clairons et mégaphones, chantant et réclamant l’indépendance immédiate, c’était leur slogan n°1. Les Hutu de l’Aprosoma vinrent nombreux également, à pied et dans les camions, brandissant la houe, l’arme noble du hutu, comme ils la présentaient, réclamant la démocratie et leur indépendance vis à vis du Tutsi ! L’administrateur de territoire, Bovy prit la précaution de ne pas laisser les deux groupes s’approcher l’un de l’autre.
C’était pour la première fois que les rwandais voyaient un meeting politique. Ce me semblait à un affrontement, une attaque. J’ai eu un pressentiment de malheur, d’une tragédie. Je suis allé dans le bois pour lire tranquillement un roman. J’ai eu le même pressentiment en octobre 1990, lorsque j’ai appris l’attaque du FPR-Inkotanyi ; pendant que les autres croyaient aux négociations, aux accords de paix. Rien ne me rassurait, je voyais la tragédie approcher, le raisonnement trompe beaucoup. L’intuition ne trompe jamais. C’est comme ça.
En mi-novembre 1959, Mgr Kagame fut assigné à résidence surveillée par le Colonel BEM Guy Logiest. Il ne pouvait pas dépasser les limites du territoire d’Astrida (Butare). Ne pouvant pas se rendre à Nyanza pour voir Kigeri V Ndahindurwa, il m’a envoyé pour lui dire d’aller en Belgique, le roi Baudouin avait invité les deux bami (rois) : celui du Rwanda et celui du Burundi. Le Vice-Gouverneur Général du Ruanda–Urundi, Jean–Paul Harroy devait accompagner ces deux bami à Bruxelles. Kigeri V Ndahindurwa n’a pas voulu aller en Belgique. Alexis Kagame me donna sa carte de visite où il a écrit : « Vous devez aller en Belgique ». Je devrais expliquer le reste verbalement.
Je me suis rendu à Nyanza par camion (il n’y avait ni bus ni taxi). Arrivé à Nyanza à 16 heures, je me suis rendu au bureau du roi. J’ai d’abord attendu à la cour, un policier est venu me demander qui je suis et pour quoi je sui là. Avant de lui répondre, Kigeri V m’avait vu. On se connaissait très bien, envoie son secrétaire Kimenyi pour me dire d’entrer. Tout le monde venait de quitter les bureaux. Kigeli V, entouré de ses secrétaires, me salue le premier, je n’avais même pas eu le temps de faire le salut d’usage. D’un air détendu, il me demanda : Quel bon vent ? Que me veut cette visite tardive et comment va Kagame ? »
Je lui tendis la carte de visite et j’enchaîne : « L’Abbé me charge de vous dire qu’il est absolument nécessaire que vous alliez en Belgique. Vous allez avoir l’occasion d’expliquer au Roi Beaudouin toute la situation. C’est un Jeune Roi, il vous écoutera et vous protégera. » Avant d’achever les phrases il se retourne vers ses secrétaires et au chef Kayihura et s’adresse à eux dans une attitude méprisante, et parla en pointa son doigt sur la tempe, signe comme quoi Kagame déraisonne : « Ecoutez, ce Padiri (prêtre) veut que j’aille en Belgique ! On m’y hait, les Belges veulent me tuer, et Padiri veut que je m’y présente en holocauste!!! » ![1]
Sur ce, il sort du hall de son bureau, accompagné de ses secrétaires, Kabagema, Kimenyi et Muhikira. Il s’approche de sa superbe Chevrolet blanche « Impala », son demi-frère Subika Robert, mon neveu (du côté maternel) était au volant, son grand frère Ruzindana Joseph et son demi-frère Jean Nkurayija sur le siège arrière. Ils attendaient tous dans la voiture. Il me dit de monter dans la voiture, je pris la place à côté des deux frères, nous nous dirigeâmes vers Kavumu, lieu de sa résidence. Au lieu de rentrer chez lui, il dit à son demi-frère qui était au volant de se diriger vers la bifurcation Nyanza-Kigali-Astrida où je devais faire autostop. Je sors de la voiture en l’invitant de sortir un petit moment, car j’avais un seul mot à lui dire, plus exactement une question à lui poser. Il accepta gentiment de sortir de la voiture, nous nous mîmes au bord de la route et je lui dis. « Puisque vous ne voulez pas aller en Belgique, quelle carte vous reste-t-elle à jouer étant donné la situation, pour rétablir l’ordre et paix ? »
Kigeri V me répondit avec assurance, tout naturellement : « Je vais faire battre le tambour ! » (Déclencher la chasse aux insurgés – bagome, ennemis du roi), comme ses ancêtres, comme son grand-père Kigeri IV Rwabugiri ! A ces mots, je n’ai rien ajouté, j’ai pris congé en toute politesse, il est retourné dans sa voiture ; j’ai dit au revoir à mes amis, ses grands frères. Arrivé à Astrida (Butare) à 18h.30’, je raconte à Kagame ce que j’ai vu et entendu. Il se fâcha et dit : « Bon, tant pi pour lui, j’ai joué mon rôle de l’installer sur trône, pour le reste il doit se débrouiller ». J’ai compris que dans le coup de Mwima […], c’était lui qui a tout manipulé. J’avais vu les signes mais je n’en étais pas très sûr.
A ce propos, vers la fin du mois d’août 1958, le prince Jean-Baptiste Ndahindurwa qui était secrétaire au territoire d’Astrida (Butare), venait tous les jours après midi à la sortie de son bureau, voir Mgr Alexis Kagame, tout le monde rentrait à 16h 30, je restais au bureau attendant que notre visiteur termine son entretien avec Kagame qui se terminait entre 18 heures et 18h 30’. Quand il sortait je fermais le bureau et nous rentrions ensemble, chacun à son vélo jusqu’à Ngoma, par fois nous passions dans le Cercle des évolués comme on l’appelait, un très grand bâtiment moderne où il y avait une bibliothèque, une salle de lecture, un cafétéria, une salle de cinéma, un secrétariat, des toilettes etc. Il avait son logement dans le quartier des fonctionnaires de l’administration, mon logement se trouvait dans le quartier des agents de l’IRSAC. Cet Institut employait plus d’une centaine d’agents de différents cadres. Chaque chercheur avait ses collaborateurs : enquête démographique, anthropologie, histoire et sociologie, bactériologie, linguistique, sismographie, il y avait aussi le service de la comptabilité, les mécaniciens, les chauffeurs, l’équipe d’entretien des bâtiments, etc.
Jean-Baptiste Ndahindurwa, son frère et ses demi-frères étaient tous mes amis de longue date. En 1957, mon grand frère Daniel Kazura épousa la tante maternelle du prince Jean de Dieu Nkurayija, demi-frère de Ndahindurwa. Les visites de Ndahindurwa chez Kagame m’intriguaient. Un jour je me suis permis de lui poser la question à propos de ces visites très régulières. Il l’a fini par m’avouer que le roi Mutara III lui avait dit d’aller apprendre certaines choses auprès de Kagame. […]
Lorsque les troubles éclatèrent, en novembre 1959, quand on assassinait les leaders Hutu d’Aprosoma et du Parmehutu, j’ai compris ce que signifiait « battre le tambour-héraut ». J’ai continué mon travail jusqu’en décembre 1960, le budget alloué à nos recherches par l’IRSAC était fini, il ne pouvait pas se permettre de payer tous ses collaborateurs. Mais entre temps, l’Abbé Stanislas Bushayija […] était Supérieur de notre Paroisse de Kamonyi pendant plus de 10 ans, et membre du Conseil Supérieur du Pays ; il avait été muté pour la Paroisse de Mugombwa dans le sud en territoire d’Astrida, à 25 Km de la ville d’Astrida, il était en très bon terme avec les leaders de l’Aprosoma. Un jour l’Abbé Bushayija m’a dit : « Je te connais bien, je connais ton père aussi, si tu continues à travailler avec l’Abbé Kagame tu auras des ennuies et Kagame ne fera rien pour toi ».
En effet, en mai 1960 Kagame m’a donné un paquet de tracts de l’UNaR à distribuer aux gens qui étaient venus voir le match de football, ce que j’ai fait, tout bêtement ou innocemment. Il s’agissait malheureusement des fameux tracts qui empêchaient les Unaristes de participer aux prochaines élections communales ! Le lendemain matin j’ai été convoqué au Commissariat de police pour expliquer comment j’ai distribué les tracts. J’ai dit la vérité. Quand l’Abbé Bushayija m’a dit que j’aurai les ennuis, j’ai pensé à cet incident. L’Abbé Bushayija a parlé de mon cas au Préfet Habyarimana Jean-Baptiste qui venait d’être nommé à ce poste à côté de l’Administrateur Bovy, ainsi qu’à d’autres politiciens Hutu de la région, notamment Amandin Rugira, Isidore Nzeyimana. Mais je n’ai jamais adhéré ni à l’UNaR ni à l’Aprosoma. Malgré ma neutralité, les Unaristes m’en voulaient ; plus de trois fois j’ai échappé aux attentats. Finalement j’ai quitté la cité de Ngoma pour habiter dans une petite maison de 2 chambres derrière la maison du Commissaire Jules Pilate.
Ma première déception
Lorsque j’ai entendu que le FPR frappe durement à la frontière du pays, je me suis dit : « Ça y est ! » Mon intuition ne me trompe guère ! Mais, je me suis dit (sans intuition) que MACHIN[2] allait réagir. Où diable suis-je allé piocher cette idée ? Dans les livres et discours sans doute. On nous a dit que MACHIN est le garant de la paix et la justice mondiale ! Mon œil !
J’avais peur mélangée de honte. Honte de quoi ? J’étais tutsi, comme ceux qui ont attaqué. Mon fils Eugène qui était à l’Université Nationale du Rwanda à Butare et qui a été tué à Butare même, partageait ce sentiment. Nous étions tous les rebelles, les agresseurs. Comment le nier ? Il faut toujours se mettre à la place des autres. Quand je rencontrais les militaires qui venaient ou qui allaient au front, je baissais les yeux. Avec raison. Ces gens contre lesquels ils se battaient avaient la même taille et le visage que moi. Je sentais la froideur parmi les Hutu que je fréquentais d’habitude. Grâce aux discours de Habyarimana qui invitait tout le monde à rester calme, j’osais sortir de la maison, sans beaucoup d’espoir d’y rentrer.
Le 5 octobre 1990, à 10 heures précises, c’était le jour d’arrestation des Ibyitso (complices) […] Sous la pression de la communauté internationale, les coupables et les innocents ont été libérés. C’était comme ça ! […]
La guerre s’intensifia à la frontière rwando-ougandaise, chacun serrait son chapelet en main en allant ou venant de l’église, croyant que Dieu allait arrêter la guerre, comme si c’était lui qui l’avait organisée. Mon œil ! Les prières tombaient comme sur une statue en marbre ! Dieu se tut, comme il s’est tu lorsqu’ on a crucifié son fils ! De l’autre côté on faisait une prière à sens inverse : « Bénissez, Seigneur, les armes que nous tenons, et donnez-nous la victoire ». Les naïfs comme moi croyaient au MACHIN. Finalement MACHIN est arrivé. Pour quoi et comment ? Ce n’était pas MACHIN de 1960 – 1961, pour les Hutu. Celui-là était mort. C’était un autre MACHIN.

J’ai constaté et j’ai compris qu’il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le soleil : « Un temps pour se taire et un temps pour parler. »[3]

Source: Musabyimana.be

septembre 19, 2012   No Comments

In Memoriam : Le Prince Rwandais Antoine Nyetera est décédé

In Memoriam : Antoine Nyetera au paradis .

Antoine Nyetera

Antoine Nyetera: 1936-2012.

Antoine Théophile Nyetera est décédé à Bruxelles ce 14/09/2012. Tutsi, il avait pu se placer au-dessus de la mêlée ethnique et n’a cessé de dénoncer les crimes du FPR dont il a été témoin entre autres au Collège St André en juillet 1994. Pourtant, tout indique qu’il aurait pu, dans le cadre des solidarités négatives, être adepte du nouveau régime rwandais. En effet, non seulement il a perdu son fils, Eugène Nyetera (professeur dans une école secondaire à Butare), durant le génocide de 1994, mais aussi le général Kazura et François Ngarambe, le tout-puissant secrétaire général du FPR, sont des membres proches de sa famille.

En exil, Antoine Nyetera a fait plusieurs conférences pour dénoncer la dictature implacable qui règne sur le Rwanda et a été témoin de la Défense au TPIR, dans plusieurs affaires. Son interview avec Pierre Péan a valu à cet écrivain français un procès qu’il a gagné.

Antoine Nyetera laisse une oeuvre inachevée. Il était notamment en train de préparer un livre intitulé : “Rwanda : De la lance à la Kalashnikov”.

Que Dieu ait son âme.

Ci-après son CV et certaines de ces oeuvres en tant qu’artiste :

Antoine-Théophile NYETERA

– Né le 13 décembre 1936; Tutsi descendant en ligne directe du Mwami (roi) Kigeri III Ndabarasa. Ecole primaire à Kamonyi (Gitarama).

– Etudes secondaires au Noviciat des Frères Josephites à Kabgayi (Gitarama); Secrétaire particulier et collaborateur de Mgr Alexis Kagame dans la recherche sur l’histoire et l’anthropologie culturelle rwandaise; Diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts et des Arts appliqués à l’Industrie à Bourges et de l’Académie Notre-Dame-des-Champs à Paris (France) (1964 – 1967).

– Fonctionnaire au Ministère de l’Enseignement Supérieur chargé des recherches et de la promotion de la culture et des arts (1967-1979).

– Membre consultant de l’Académie de la Culture Rwandaise (A.R.C.); Professeur visiteur d’éducation artistique dans les Collèges St. André et Apacope; Chargé du Programme audio-visuel au Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire (1979-1985); Membre de la commission du Lexique thématique et de la traduction, de 1979 à 1985; Membre permanent de la Commission de la promotion culturelle et du Jury national pour les œuvres d’art littéraire et plastique.

– Auteur de plusieurs œuvres d’art, notamment les timbres-poste pour le Rwanda et pour l’UNICEF; Concepteur des modèles des Ordres Nationaux.

– Chercheur indépendant subventionné par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique et de la Culture, jusqu’en 1994.

– Témoin au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) à Arusha dans plusieurs affaires.

Requiescat in Pace

septembre 17, 2012   1 Comment

Les parlementaires européens proposent Ingabire, Mushayidi et Ntaganda pour le prix Sakharov du Parlement Européen 2012

Rwanda: 3 opposants en prison, nominés au prix Sakharov du Parlement européen 2012
Trois opposants au régime du FPR actuellement au pouvoir au Rwanda ont été nominés ce jeudi 13 septembre 2012 par 42 députés européens pour le prestigieux prix Sakharov pour la liberté de l’esprit 2012 du parlement européen. Victoire Ingabire Umuhoza, Bernard Ntaganda et Deogratias Mushayidi, tous trois actuellement emprisonnés à Kigali devraient connaitre le résultat aux alentours du 10 décembre.

Créé en 1988 ce prix récompense chaque année des personnalités ou des collectifs qui « s’efforcent de défendre les Droits de l’homme et les libertés fondamentales ». Il est remis aux alentours du 10 décembre, date d’anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Parmi les anciens lauréats de ce prix se trouvent notamment Nelson Mandela et Aung San Suu Kyi.

Les parlementaires européens justifient leur choix de proposer les trois opposants rwandais par le fait que ces trois prisonniers politiques ont « essayé de mettre fin au cycle de violence en prônant le dialogue et la réconciliation ».

Victoire Ingabire, Présidente des FDU-Inkingi est rentrée en janvier 2010 au Rwanda après 16 ans d’exil aux Pays-Bas afin de se présenter aux élections présidentielles du mois d’août. Elle a été privée de la possibilité de se présenter et est actuellement emprisonnée. Depuis plusieurs mois, le verdict sur sa peine ne cesse d’être reporté d’audience en audience. Lors du dernier report du mois de septembre, la Haute Cour a annoncé que le verdict devrait tomber au mois d’octobre 2012.

Pour les parlementaires européens ayant présenté sa candidature, Victoire Ingabire est « un exemple symbolique du combat pacifique pour la défense des Droits fondamentaux des citoyens ».

Déo Mushayidi, président du PDP-Imanzi, est un ancien membre du FPR dont il fut le représentant en Suisse de 1990 à 1994. Dès le milieu des années 90, il s’est distancé du FPR en condamnant fermement les massacres commis par ce dernier au lendemain de sa prise de pouvoir. Il s’est par la suite exilé en Belgique d’où il a prôné le dialogue comme solution au conflit rwandais. Le 5 mars 2010, il fût kidnappé au Burundi et emmené au Rwanda, ou il comptait se rendre en vue de se présenter aux élections présidentielles d’août 2010. Détenu depuis lors, il fut condamné à la prison à perpétuité, peine confirmée le 24 février 2012 par la Haute Cour.

Dans la présentation de sa biographie, les parlementaires européens mettent en avant son « travail actif en faveur du dialogue pour les rwandais de toutes origines ethniques ».

Bernard Ntaganda, Président du PS Imberakuri est un avocat rwandais ayant commencé la politique des la fin de ses études secondaires.

Le 24 juin 2010, à l’issue d’une manifestation de l’opposition visant à dénoncer les intimidations qui avaient lieu dans le cadre de la campagne électorale et réprimée dans la violence, il fut arrêté et de facto privé de la possibilité de se présenter aux élections présidentielles.

Le 14 octobre, il a été emmené aux soins intensifs après avoir été victime d’actes de torture. Le 22 avril 2012, il fût condamné à 4 ans de prison.

Dans leur document de présentation de la candidature de Bernard Ntaganda, les parlementaires européens ont notamment mis en avant, la continuité de son combat par les jeunes de son parti. « La jeunesse démocratique Imberakuri veut montrer que les graines de la démocratie semées par leur président sont vivantes et grandissent » écrivent-ils notamment.

Au total, 5 candidatures sont en lice, la candidature des opposants rwandais étant une candidature unique. Le nom du lauréat devrait être connu aux alentours du 10 décembre 2012.

Ruhumuza Mbonyumutwa

Jambonews.net

septembre 14, 2012   No Comments