Tribune d'Information sur le Rwanda

Kagame absent au sommet des pays des grands lacs tenu ce 8 septembre à Kampala.

L’objectif de la rencontre était une fois de plus de trouver une issue à la crise dans l’est de la RDC et d’avancer sur le déploiement d’une force neutre dans la région pour mettre un terme aux activités des groupes armés. Etaient présents à ce sommet les dirigeants ougandais, congolais, tanzanien et sud-soudanais, mais pas Paul Kagame. Et cette troisième réunion ne semble pas avoir permis d’avancées majeures.

L’absence du président rwandais Paul Kagame à ce troisième sommet des Grands Lacs laissait présager un nouvel échec. Finalement, à l’issue de la réunion de ce samedi, les quatre chefs d’Etat présents ont dû se contenter de cosigner un communiqué à minima.

Abou Moussa, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale
Les pays de la sous-région tiennent à ce que ça ne traine pas.

Le texte publié par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs indique tout juste que la force neutre chargée de contrecarrer les groupes armés de l’est de la RDC sera déployée sous un mandat de l’Union Africaine et des Nations unies.

En revanche, d’épineuses questions restent sans réponse. Quels pays, en dehors de la Tanzanie, vont envoyer leurs soldats sur les collines du Nord-Kivu ? Qui va financer le déploiement de cette force qui pourrait atteindre les 4 000 hommes ? Quel sera le rôle des casques bleus de la MONUSCO ?

Si l’ambition est de mettre sur place cette force dans trois mois au plus tard, la porte n’a pas été fermée à une solution négociée et Yoweri Museveni a été chargé de poursuivre les discussions avec les rebelles du M23.

Pour faire le point des avancées et des blocages, un nouveau sommet a été programmé dans un mois. En attendant, les chefs d’Etat de la région devraient se retrouver le 27 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, pour une réunion avec les membres du Conseil de sécurité des Nations unies.

Abou Moussa, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale
Les gouvernements vont se tourner vers l’UA et l’ONU pour financer en partie cette force neutre.

 

September 20, 2012   No Comments

RWANDA-RDC : Kabila savait tout de la presence d’une force speciale rwandaise au Congo

Au moment où l’opposition politique en République Démocratique du Congo accuse le Président Joseph Kabila de haute trahison après qu’elle ait découvert que le Rwanda avait maintenu son armée sur le sol congolais, un télégramme classé top secret de novembre 2010, dont Jambonews a pu obtenir une copie, confirme que Joseph Kabila était bel et bien au courant de la présence des forces spéciales de la RDF (Rwandan Defense Forces).

En 2009 le président du parlement Vital Kamerhe avait démissionné pour dénoncer un accord secret entre Kabila et Kagame qui mettait la vie de la population congolaise en danger. Joseph Kabila avait alors invité l’armée rwandaise sur le territoire de la RDC sans consulter le parlement.

Cela n’a pas empêché Kabila de continuer à faire des accords secrets avec Kagame comme on le constate dans un télégramme numéro: SECRET N0 0171/OPS AMANI LEO/COORD/G3 envoyé par le Général Dieudonné Amuli Bahingwa, commandant de l’opération Amani, aux commandants ops du Nord-Kivu et du Sud-Kivu avec copie au CHEFEMG- CHEFEM FT- COMD 8-10 RGN MIL autrement dit Chef d’état-major général, chef d’état-major des forces terrestres, commandant de la 8ième et 10ième région militaire ; il leur est demandé de former un corps d’élite qui travaillera avec les forces spéciales rwandaises.

Il explique agir sous les ordres du chef du personnel militaire commun après une réunion secrète entre les chefs militaires du Rwanda et de la RDC tenue à Kigali, le 2 novembre 2010.

Il est à rappeler que le gouvernement de Kinshasa avait annoncé la fin de l’opération Kimia II à la fin de décembre 2009 et que les troupes rwandaises étaient toutes censées être rentrées au Rwanda.

Ce document confirme les craintes qu’avait exprimées une partie de la population congolaise à savoir de voir les troupes rwandaises se maintenir en RDC après l’opération.

Ce qui devait arriver arriva et les forces du Général Kagame ne sont jamais retournées chez elles et pire, elles ont continué à être renforcées en effectifs comme le démontre ce document en notre possession.

Quel est le nombre de soldats rwandais sur le sol de la RDC ?

Dans ce télégramme confidentiel il est demandé aux commandants Ops du Nord-Kivu et du Sud-Kivu de choisir 120 hommes avec 40% des effectifs en provenance du CNDP (actuellement M23), de PARECO et 60% en provenance des FARDC auxquelles devront s’ajouter 120 hommes venant du RDF. Quand on analyse les chiffres, on se rend compte que la composition de ces renforts est grandement dominée par les Rwandais et les groupes rebelles qui leur sont proches à 70% de l’effectif global. Si au début 2011 comme on le lit sur ce télégramme ces troupes on été renforcées, à combien s’élève leur nombre à ce jour ?

La question de la présence de soldats rwandais sur le sol congolais avec la bénédiction des autorités de la RDCa son importance au moment même où l’organisation Human Rights Watch vient de publier, ce mardi 11 septembre 2012 un nouveau rapport accusant certaines autorités rwandaises de soutenir les rebelles du M23 et donnant l’ampleur des sévices et exactions commis par ce dernier à l’est du Congo en les accusant notamment de crimes de guerre « Les rebelles du M23 qui sévissent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sont responsables de crimes de guerre commis à grande échelle, y compris des exécutions sommaires, des viols et des recrutements de force » a notamment déclaré l’organisation ce mardi 11 septembre. Trente-trois des personnes exécutées étaient des jeunes hommes et des garçons qui avaient tenté de quitter les rangs des rebelles. »

L’effort de guerre de l’envahisseur supporté par Kinshasa

Comble de tout, le télégramme confidentiel indique que le matériel qui sera utilisé par les militaires Rwandais ou par cette force conjointe M23 (ex CNDP) et leurs amis Rwandais devra être fourni par l’état major dela RDC !!! En d’autres termes, cela revient à dire que « l’envahisseur est soutenu par l’envahi ».

Quels sont les raisons qui peuvent emmener un président comme Joseph Kabila à agir de la sorte ?

Joseph Kabila se trouve entre le marteau et l’enclume. La communauté internationale, en particulier la CPI lui demande de lui livrer le général rwandais criminel de guerre Jean Bosco Ntaganda. Mais il ne peut pas faire cette erreur car non seulement Ntaganda a agi sous les ordres de Kabila mais aussi ces ordres venaient de Kagame. Si Ntaganda est arrêté Paul Kagame et Joseph Kabila risque d’être mis en cause lors du procès et par là, risquer également d’être poursuivis. Donc la meilleure chose à faire pour limiter la casse pour ce trio, c’est raviver le chaos dans l’est du Congo afin de détourner l’attention et espérer que le reste du monde n’y voit que du feu. C’est dans ce cadre que Kabila doit supporter l’effort militaire au compte de son envahisseur, le peuple congolais n’a qu’à subir.

On peut aussi rappeler le cas Laurent Nkunda, ce général ancien chef du CNDP, devenu depuis M23, qui se trouve au Rwanda alors qu’il a été réclamé par Kinshasa pour y être poursuivi. Lui aussi a exécuté les ordres de Kigali et continue à les exécuter comme le révèle l’Addendum au rapport des experts des Nations Unies sur les crimes commis en RCD. Selon le rapport des experts, il a contribué à faciliter la formation du mouvement M23 en mobilisant les officiers issus de l’ancienne CNDP.

Et les autres membres du gouvernement congolais dans tout ça ?

Le ministre Lambert Mende explique que le retrait des troupes rwandaises est une exfiltration, que ces hommes étaient sur le sol congolais à l’insu des autorités de Kinshasa. On pourrait se demander si en RDC tous les ministres sont au courant de ce qui se passe dans leur pays ou si certaines informations, qui normalement devraient être connues de tous les hauts responsables gouvernementaux, ne seraient connues que par le Président Kabila et ses proches.

En décidant en fin août 2012 de retirer une partie de ses forces spéciales déployées dans l’Est dela République démocratique du Congo, Kigali a réglé ses comptes avec Kinshasa. Sans doute une façon de prouver pour le Rwanda l’existence des accords secrets qui le lie à la RDC. Ce que les Congolais nient toujours. Les deux pays sont entrés en conflit il y a quelques mois à la suite d’un rapport des experts des Nations Unies accusant le régime rwandais de soutenir les rebelles de M23 contre le pouvoir dela RDC. Aumoment où la guerre de l’information bat son plein, ce congolais moyen qui présente le rwandais comme « le méchant voisin » peut se mordre les doigts en apprenant que plus d’une centaine des militaires rwandais vivaient paisiblement sur sa terre et avec la bénédiction de ses autorités à la suite d’une opération conjointe menée entre les deux pays afin de contrer les FDLR en 2009.

Les congolais de tout horizon doivent à présent comprendre que les innombrables conciliabules sur la paix sur son territoire ne porteront jamais de fruits tant que les acteurs seront les mêmes car le jeu est faussé dès le départ par ceux censés apporter les solutions ; la fameuse force neutre, le mini-sommet convoqué par Ban ki Moon à la fin de ce mois et même le sommet de la francophonie n’auront aucun effet sur la pacification de cette région de l’Est tant que le mensonge sera érigé en mode de gouvernance.

Christian Mutware,

Source: Jambo News

September 20, 2012   No Comments