Tribune d'Information sur le Rwanda

M23: L’Afrique du Sud et l’Angola vont déployer des troupes à l’Est du Congo!

D’après le Southern Times, journal sud africain,  La SADC va faire partie de la “force neutre d’interposition” dans l’Est de la RDC. Le Bloc d’Afrique Australe aurait décidé de  prendre des mesures audacieuses pour résoudre durablement les conflits armés dans cette  région devenue instable depuis près de 15 ans.

Le Southern Times est sûre que le bloc régional a décidé lors de son récent Sommet à Maputo, au Mozambique, que la situation dans l’Est de la RDC exige la présence physique des troupes mandatées par la SADC.

Ces dernières seraient déployées en RDC pour neutraliser les rebelles de l’armée congolaise se faisant appeler M23, un groupe que les  experts des Nations Unies et le Gouvernement dit soutenu par le Rwanda.

En 1998, la SADC était déjà intervenue en RDC en  chargeant l’ Angola, la Namibie et le Zimbabwe pour se déployer en RDC contre les groupes rebelles soutenus par le Rwanda et l’Ouganda tacitement soutenu par les Etats-Unis et la France.
Ce déploiement de la SAADC en 1998 a conduit à la réalisation d’une paix fragile via un accord politique entre les différentes rébellions et le retrait des forces étrangères.

Les chefs d’Etat du bloc régional, à la suite des recommandations de l’organe de la Troïka SADC chargé de la politique et de la défense, a accepté il y a deux semaines,le déploiement d’une force d’interposition afin de contrôler la frontière entre la RDC et ses voisins de l’est.

L’effectif de la SADC dans la force neutre serait composée de troupes d’Angola et d’Afrique du Sud, tandis que d’autres membres de la SADC se limiterait à apporter un soutien matériel et technique.
L’Angola aurait accepté d’aider la RDC après que les deux gouvernements soient parvenus à un accord sur le partage des revenus pétroliers pour mettre fin à un différend de longue date sur leur frontière maritime, selon les sources.

Les mêmes sources ont dit au journal que Kinshasa a accepté de souscrire aux dépenses pour la force d’interposition, bien que certaines sources sont sceptiques sur la capacité financière de la RDC, citant les précédentes obligations financières non remplies relatives au déploiement en 1998.

La SADC a également accepté de collaborer avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIGRL), dont l’Angola, la RDC, la Tanzanie et la Zambie sont les membres pour sécuriser la région frontalière orientale agitée.

Le bloc régional a ainsi envoyé une mission d’experts de la défense et de la sécurité  en RDC le mois dernier.

L’équipe a ensuite informé les ministres de la Défense de la région à Maputo le 15 Août.

Le rapport des experts de la défense et de la sécurité a été adopté par les ministres SADC et par la Troika Politique, Défense et Sécurité, qui s’est réuni le 18 Août, selon les  sources du Southern Times. C’est cette information qui a motivé le prochain déploiement.

Le directeur de l’Organe Politique, le lieutenant-colonel Tanki Mothae, a confirmé au journal que le bloc était à la recherche de solutions pour “aider la RDC en collaboration avec la Conférence internationale des Grands Lacs”.

«Afin d’assurer que la paix et la sécurité reviennent à l’Est de la RDC, une force pour surveiller la frontière entre la RDC et ses voisins de l’Est a été décidée», d’après le lieutenant-colonel Mothae.

“Il a également été convenu d’aider la RDC à renforcer les capacités de ses forces armées, afin d’aider à la formation des forces armées de la RDC pour qu’elles soient en mesure d’établir le contrôle et l’autorité en zones de conflits dans le pays »

“Les Etats membres devront envoyer des experts de la défense et de l’assistance technique pour les aider dans ces domaines. L’objectif principal est d’assurer la sécurité le long de la frontière, ce qui renforcera les efforts déployés par les Grands Lacs. ”

La position de la SADC a été encouragé par des rapports d’experts de l’ONU, qui «soulignent le rôle exact joué par le Rwanda dans la meme ligne suivie par  la SADC” d’après le lieutenant-colonel Mothae.

“Nous sommes également tenus par le Traité et le Protocole sur la défense et de la sécurité (la SADC)  afin d’aider la RDC en tant que membre de la SADC.

“Notre intention est de mettre fin au conflit. Notre travail ne consiste pas à prendre part au conflit mais à arrêter le conflit et agir pour la stabilisation de la RDC, nous appuyons les efforts congolais à apporter une paix durable », a-t-il expliqué.

Condamnation du  Rwanda

A la fin du sommet de Maputo, la SADC a aussi fermement condamné l’implication du Rwanda dans le conflit en RDC et a signalé son intention de mettre des troupes militaires sur le terrain.

Le Premier ministre du Lesotho Thomas Thabane a donné le ton dans son discours inaugural au Sommet, déclarant que « la situation en RDC est devenu un sujet de grave préoccupation”, tout en appelant à une «stratégie claire pour trouver une solution durable en RDC”.

La ligne dure de la SADC était également pérceptible dans un communiqué publié à l’issue du sommet de deux jours.

«Le Sommet a également noté que la détérioration de la sécurité en RDC est perpétrée par des groupes rebelles, avec l’aide du Rwanda, et a exhorté ces derniers à cesser immédiatement son ingérence qui constitue une menace pour la paix et la stabilité, non seulement pour la RDC, mais aussi  la région de la SADC.

«Cette situation a appelé à une attention renouvelée et urgente par le Sommet, qui a envoyé une mission d’évaluation en RDC.

«Le Sommet a approuvé un rapport de la Mission, qui a recommandé les mesures appropriées pour remédier à la situation de sécurité dans la partie orientale de la RDC.

“Le Sommet a en outre chargé le Président de la SADC (Armando Guebuza, Président du Mozambique) d’entreprendre une mission au Rwanda dans le but d’exhorter le Rwanda à cesser le soutien militaire aux rebelles armés en RDC, les soit-disants  M23, » comme on peut lire dans une partie du communiqué.

Le Président tanzanien Jakaya Kikwete, qui préside l’Organe de politique, de défense et de sécurité, a dit que la SADC ferait tout son possible pour apporter une paix durable en RDC.

«La situation dans l’Est de la RDC est très inquiétante et inacceptable. Les habitants de la région orientale de la RDC ont souffert pendant longtemps, ils méritent une vie meilleure », a déclaré le président Kikwete.

«Il est grand temps que la crise se termine – pour toujours” a précisé le président Kikwete qui a  déclaré que “la SADC a un rôle à jouer dans cette situation”.

Les Nations Unies ont pointé du doigt le Rwanda comme l’argentier  et le cerveau derrière le mouvement rebelle M23 dirigé par général dissident, le Rwandais  Bosco Ntaganda.

Ntaganda, notoirement appelé «Terminator», a fait défection de l’armée de RDC au début de cette année, après des démêlés avec le président congolais, Joseph Kabila, sur l’intégration d’anciens rebelles et les conditions militaires, selon certaines sources.

On le croit maintenant à la tête du mouvement rebelle M 23 composé de mutins de l’armée congolaise et d’une cohorte d’anciens rebelles.

Les indications sont qu’ils opèrent à partir du Rwanda avec l’appui du président Paul Kagame.

La SADC n’aura pas la tache facile

La tâche qui attend la SADC n’est pas facile.

Le M23 qui contrôle le Nord et le Sud Kivu et pille quelques-uns des minéraux les plus recherchés au monde tels que l’or, les diamants, le coltan et la cassitérite, entre autres.

Il est à craindre que la rébellion M23 soit un précurseur à une guerre sécessionniste qui verra la balkanisation de la région riche en minéraux.

On pense que cela fait partie d’un complot visant à assurer la richesse minérale stratégique pour le Rwanda, qui  soi-disant, agit comme un agent-pilote pour la France et les États-Unis pour diluer les activités extractives chinoises au Congo.

En Juillet, quand la ville de Rutshuru est tombée aux mains du M23, des rapports non vérifiés faisaient état de la présence des troupes ougandaises sur le théâtre des opérations pour soutenir les rebelles.

Les observateurs disent que la force d’interposition de la SADC n’aura pas la tache facile.

Outre les progrès du M23, d’autres groupes armés sont en agitation dans le territoire de Beni et de l’Ituri.

Selon certaines sources, le président Kabila cherchait désespérément un soutien militaire pour la RDC et a fait appel à la MONUSCO (Force de maintien de la paix des Nations Unies en vigueur dans le pays) afin d’étendre son mandat à la chasse les rebelles, mais ses efforts sont restés vains jusqu’à présent.

Les efforts visant à obtenir également du Rwanda et de l’Ouganda leur engagement pour la paix et la non-implication dans la rébellion en contribuant à la neutre force de paix ont également été vaines.

Des sources indiquent que le président Kabila s’était rendu à Maputo demander un mandat de soutien militaire, et il l’a eu.

«C’est aussi une victoire diplomatique pour Kabila”, a déclaré une source qui a malgré cela ironiquement observé que “les délégations congolaises aux sommets restent rarement jusqu’à la cérémonie de clôture officielle».

«Il est de notre devoir d’aider un pays de la SADC mais le seul problème est leur incapacité à remplir leurs obligations antérieures et à souscrire aux engagements comme lors de l’intervention précédente de la SADC”.

«Quand la précédente armée de la SADC était à l’avant-garde et qu’il n’y avait pas de temps pour attendre que la RDC finance les opérations, les pays du SADC ont fini par financer les opérations elles-mêmes “, a déclaré un diplomate anonymement.

Des pays comme le Zimbabwe, en particulier, qui sans ont doute déployé la plus grande force dans la précédente guerre en RDC,ont  peu bénéficié de l’assistance d’autres pays. Après avoir placé des millions de dollars, en signe de solidarité et obtenu une paix relative,le Zimbabwe, s’est retrouvé en grande partie, mis à l’écart des efforts de reconstruction lucratifs en RDC. Au lieu de cela, ces mêmes pays qui sont accusés de fomenter l’instabilité sont ceux qui ont le plus engrangés les dividendes de la paix.

Source: congo365.com

September 4, 2012   No Comments

Justice: Mgr Tutu estime que Blair et Bush devraient être jugés à la Haye

L’archevêque noir sud-africain et prix Nobel de la paix Desmond Tutu estime dimanche dans l’Observer britannique que les anciens dirigeants américain et britannique George Bush et Tony Blair devraient être jugés à la Haye pour la guerre en Irak, basée selon lui sur «un mensonge».

Mgr Tutu explique ainsi dans une tribune les raisons pour lesquelles il a renoncé, cette semaine, à participer à Johannesburg à une conférence à laquelle assistait aussi l’ancien Premier ministre britannique.

L’archevêque reproche à George Bush et Tony Blair d’avoir menti en prenant pour prétexte à l’invasion de l’Irak la possible présence dans le pays d’armes de destruction massive, alors qu’ils voulaient uniquement«se débarrasser de Saddam Hussein», son ancien président.

Mgr Tutu estime qu’ils ont ainsi «déstabilisé et polarisé le monde à un degré jamais atteint par aucun autre conflit dans l’histoire»«avec le spectre de la Syrie et de l’Iran devant nous».

Il cite des chiffres selon lesquels leur décision a abouti à ce que, rien qu’en Irak, «6,5 personnes meurent quotidiennement dans des attaques-suicides et des explosions de véhicule»«Plus de 110.000 irakiens sont morts dans ce conflit depuis 2003, des millions ont été déplacés», et fin 2011, «près de 4.500 soldats américains avaient été tués et plus de 32.000 blessés», ajoute-t-il.

«Rien que pour ces faits, dans un monde cohérent, les responsables de ces souffrances et de ces pertes de vies humaines devraient suivre le même chemin que certains de leurs pairs africains et asiatiques qui ont eu à répondre de leurs actes (devant la cour internationale de Justice de) la Haye», soutient-il.

«Les bons dirigeants, conclut Mgr Tutu, sont les gardiens de la morale», et «la question n’est pas de savoir si Saddam Hussein était gentil ou méchant, ou combien de personnes de son peuple il a massacré. La question est que M. Bush et M. Blair n’auraient jamais dû s’abaisser à ce niveau d’immoralité».

Liberation.fr

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