Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — August 2012

Rwanda – États-Unis (et alliés): le divorce est amorcé!

par Blaise Ndala.
Le bal a été ouvert le 22 juillet par nul autre que le Département d’État américain, lequel a annoncé dans un communiqué “ne plus pouvoir fournir au Rwanda de financement militaire” en 2012, soit une enveloppe plutôt modeste de 200.000 dollars. Mais plus que l’impact budgétaire, c’et bien le symbole politique qu’il faille retenir. Symbole émanant d’un pays qui, depuis la prise de pouvoir par Paul Kagamé à la fin du génocide de 1994, a fait du Rwanda son “chouchou”, devenant son premier pourvoyeur d’aide bilatérale. Ce n’est point un secret : à l’égard de ceux que le sort, sous notre indifférence coupable, a laissés aussi déterminés que hargneux, il n’est pas rare que notre sympathie à rebours s’avère sans bornes. Pour le meilleur et pour le pire.

Les temps changent

La marche du temps, pourtant, bouscule les états d’âme. Et les États. Derrière les mots des diplomates américains, une menace qui ne saurait laisser indifférent Kagamé, hier persona grata de l’Amérique et de ses alliés occidentaux, aujourd’hui dans l’eau bouillante. Au quotidien britanniqueThe Guardian, c’est Stephen Rapp, le patron du bureau de la Justice criminelle internationale au Département d’État, qui dévoile jusqu’où l’ancien parrain serait prêt à aller. Son pays, nous fait-il comprendre, pourrait sceller ce qui se décline désormais comme la chronique d’un divorce que nul n’a prévu, que nul n’a vu venir. Selon ses dires, Kagamé pourrait être un jour poursuivi pour “complicité des crimes de guerre” commis dans un pays voisin. On n’avait jamais entendu un officiel américain tenir de tels propos, pas même en 1998, lorsque des soldats rwandais de l’APR appuyant le RCD-Goma, mouvement politico-militaire créé à Kigali et dirigé par des comparses congolais, étaient aux portes de Kinshasa. C’est donc à une inflexion, mieux, à un virage à 180 degrés que procède l’administration Obama. Même si ce n’est pas demain que Kagamé se retrouvera devant un juge.

Rapport accablant et mesures de coercition en cascades

Tout est parti du rapport de l’ONU publié en juin et confirmant les allégations des ONG selon lesquelles la rébellion du M23 qui sévit dans le Nord-Kivu congolais bénéficierait de l’aide directe des dignitaires rwandais, pourvoyeurs d’armes et de recrues aux insurgés. Une vérité de la Palice pour quiconque s’intéresse un tant soit peu aux crises à répétition de l’Est du Congo. On parle du Kivu, une région riche en minerais, sur laquelle Kigali a toujours voulu garder une mainmise et que le pouvoir de Kinshasa, dont l’armée et les services de renseignement furent naguère réorganisés avec l’aide du même Rwanda, peine à administrer efficacement.

Dans un billet antérieur, alors que l’on nous annonçait la “mutinerie” des éléments fidèles au criminel de guerre présumé Bosco Ntaganda et qui allaient s’organiser plus tard en “mouvement politico-militaire”, je rappelais ce qui a toujours semblé à bien d’observateurs comme une évidence. La stabilisation du Kivu restera un leurre tant que nul ne contraindra Paul Kagamé à vouloir la paix au moins autant que ses voisins congolais.

Après près de vingt ans d’une idylle qui a succédée à celle, tridécennale qui l’avait liée au dictateur de l’ex-Zaïre le maréchal Mobutu, l’Amérique tape donc du poing sur la table et rappelle à l’ordre son “petit soldat”. Un geste aussitôt imité par les alliés traditionnels de Washington, en commençant par l’Allemagne qui a suspendu quelque 21 millions d’euros d’aide à Kigali, dans le cadre d’un plan courant de 2012 à 2015. Une mesure visant à lancer “un signal sans ambiguïté au gouvernement rwandais”, selon Dirk Niebel, ministre de la coopération économique et du développement. Puis, ce fut le tour des Pays-Bas d’annoncer qu’ils suspendaient une partie de leur aide, évaluée à 5 millions d’euros, initialement destinés à améliorer le fonctionnement de la justice rwandaise. Le pays a par ailleurs invité ses partenaires européens à adopter une position commune de fermeté. Pour l’instant, cet appel a été entendu par les Suédois qui ont à leur tour coupé les vivres à Kigali, tant que le régime n’aura pas été blanchi des accusations de violation du droit international portées contre lui.

Dans la capitale congolaise où l’on se félicite de ces désaveux en série attendus depuis des lustres, on espère que d’autres grands joueurs de l’aide bilatérale en faveur du Rwanda, sortent de l’expectative. On pense avant tout à la Grande Bretagne, autre soutien important du Rwanda et dont l’ancien Premier ministre, Tony Blair, est à la fois le Conseiller spécial et l’ami de Paul Kagamé. On pense à l’ancienne puissance coloniale belge, dont le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, vient de boucler un périple dans la région pour “écouter, comprendre, proposer l’aide de la Belgique”. On pense aussi à la France, dont le volume d’aide bilatérale est certes modeste, mais qui demeure un acteur de premier rang sur le continent. Mais si François Hollande vient de faire savoir qu’il se rendra bel et bien au Sommet de la Francophonie abrité par Kinshasa en octobre prochain, il ne faut pas être fin analyste pour parier que Paris se trouvera toutes les excuses possibles pour ne pas énerver davantage Kagamé. Surtout après que ce dernier eut refusé de donner son agrément à la nomination d’Hélène Le Gal comme ambassadeur à Kigali. L’arbre du génocide ne cache plus la forêt des crimes présumés du régime FPR

Quelle qu’en soit l’ampleur, ce que l’on peut observer avec ce grand virage dans les relations bilatérales entre les capitales occidentales et le Rwanda, c’est que les (anciens) parrains du régime de Kigali semblent de moins en moins hantés par la culpabilité post-génocide de 1994. Continuer à faire semblant que la bonne santé économique du Rwanda et ses réels efforts de lutte contre la corruption suffisent à lui garantir un permis de déstabiliser la région est une recette qui semble avoir fait date. Même si, faut-il également le mentionner, l’exploitation illégale des ressources minières du Kivu, en particulier le coltan, a longtemps fait le bonheur des places boursières du Nord.

S’il est difficile de cerner tous les tenants et aboutissants de la volte-face occidentale à l’égard de Kagamé, on peut néanmoins noter qu’elle s’inscrit dans une longue tradition des relations Nord-Sud, dont les faux visionnaires parmi les dirigeants africains ne tirent, hélas, aucune leçon. Les grandes puissances ont-elles un agenda politique à réaliser dans une région de l’Afrique (ou ailleurs) ? Elles se fabriquent un homme lige qu’elles aident à se hisser, puis à se maintenir au pouvoir. Ce comparse séduit l’opinion internationale pendant X temps – aidé en cela par les médias du Nord qui lui trouvent toutes les vertus qui auraient manquées à ses prédécesseurs – et lorsque l’agenda change et que l’enfant gâté se gâte vraiment, les maîtres changent leur fusil d’épaule. On se met alors à parler de lui comme d’un monstre que l’on vient tout juste de découvrir. Bokassa, Hussein Habré, Mobutu, Charles Taylor, longue est la liste de ces tristes sires qui se sont réveillés trop tard.

Les diasporas, nouveaux foyers du conflit rwando-congolais

Dans l’entre-temps, Kigali continue à clamer son “innocence”, agaçant nombre de gouvernements africains. Quant à l’armée congolaise soutenue par la plus grosse mission des casques bleus jamais créée par l’ONU (la MONUSCO), elle étale son incapacité à protéger les populations civiles exposées aux violences. Mal réélu, fort critiqué, y compris par d’anciens proches de son défunt père Laurent-Désiré Kabila qui l’accusent de manquer de cran face à un régime qui n’aurait que trop humilié les Congolais, le président Joseph Kabila continue à privilégier la carte diplomatique. À défaut d’engranger des victoires militaires. Dans son camp, l’on se félicite de la mise au ban de “l’ennemi”. L’on mise sur la création prochaine de la “force internationale neutre” à déployer le long de la frontière rwando-congolaise afin de stopper les infiltrations rwandaises. L’opposition politique, elle, se gausse devant tant d’optimisme tendant à faire croire qu’une solution pourrait venir d’une énième force étrangère. Et de pointer du doigt la MONUSCO dont l’impressionnant arsenal militaire déployé sur le terrain est moqué par des rebelles pourtant faibles en nombre et à la puissance de feu limitée.

Et voilà que le conflit a traversé les mers pour jeter ses tentacules dans la galaxie des diasporas des deux pays voisins. Il ne s’agit plus seulement des marches de protestation et autres sit-in des Congolais devant les ambassades rwandaises outre-Atlantique. À Bruxelles, il est arrivé que des membres de l’aile dure de la mouvance dite des “Combattants” de la cause congolaise, s’attaquent physiquement à des sujets d’origine rwandaise. Au point que les autorités de la région Bruxelles-Capitale ont décidé de se pencher sérieusement sur la question, des cas d’agression ayant été signalés récemment dans le métro bruxellois et à Matonge, la place emblématique des Congolais, dans la commune d’Ixelles. Une association des Rwandais de Belgique, “Jambo asbl”, a pour sa partmis en ligne une vidéo dans laquelle elle lance un appel à la raison en direction des deux communautés et dénonce le régime “criminel” de Paul Kagamé. Un régime dont, selon elle, les Rwandais seraient également des victimes.

Reste à savoir si ces différents messages lancés de façon plus ou moins contraignante à Paul Kagamé, sont de nature à contribuer à faire taire les armes et à pacifier les relations entre deux peuples que l’Histoire et la géographie condamnent au dialogue. Si l’optimisme reste un impératif, il est encore tôt pour lancer les paris, s’agissant d’un conflit qui a vu beaucoup de lendemains déchanter.

Source: Huffingtonpost.

August 28, 2012   No Comments

Les rebelles du M23 forment un gouvernement au Kivu

Samedi 18 août 2012 – Le M23 vient de rendre public sa structure, qui a tout l’air d’un gouvernement. On retrouve au sein de cette structure plusieurs personnalités qui sont d’anciens du Congrès National pour Développement et la Paix. En voici les membres, et leurs fonctions respectives.

Président : Bishop Jean-Marie RUNIGA LUGERERO
Chef du haut commandement militaire : Colonel SULTANI MAKENGA
Secrétaire exécutif : Mr François RUCOGOZA TUYIHIMBAZE
Les Chefs de Départements et leurs Adjoints :
1. Département des affaires politiques et administration du territoire : Mr SENDUGU MUSEVENI,
2. Département des relations extérieures et de la coopération régionale : Me René ABANDI MUNYARUGERERO,
3. Département des affaires sociales et humanitaires : Dr Alexis KASANZU
4. Département des Finances, Budget et Ressources Naturelles : Mr Justin GASHEMA
5. Département de l’Agriculture, Pêche et Élevage, Mr Déogratias NZABIRINDA NTAMBARA
6. Département de la Justice et des droits humains : Me Antoine MAHAMBA KASIWA
7. Département de la Réconciliation et de l’Unité Nationale : Mr Jean Serge KAMBASU NGEVE
8. Département de Rapatriement des refugies et réinsertion des déplacés internes : Ir. Benjamin MBONIMPA
9. Département du Tourisme, Environnement et Conservation de la Nature : Prof Stanislas BALEKE
10.Département de la Jeunesse, Sport et Loisirs : Mr. Ali MUSAGARA

A. Chefs de Département Adjoint:

11. Département des Affaires Politiques et Administration du Territoire :
– Mr Erasto BAHATI
– Mr Deo KAMARI
2. Département des Affaires Sociales et Humanitaires : Mr. Dieudonné NSENGIYUNVA UWIZEYE,
3. Département des Finances, Budget et Ressources Naturelles :
– Mr. Castro MBERA
– Mr. Ephrem BWISHE
4. Département de l’Agriculture, Pêche et Élevage : Dr Oscar BALINDA,
5. Département de justice et droit humains : Me Jean MUHIRE,
6. Département de la Réconciliation et de l’Unité Nationale : Mr Fred NSHIZIRUNGU,
7. Département de Rapatriement des Refugiés et Réinsertion des Déplacés Internes : Mr BUREGEYA,
8. Département du Tourisme, Environnement, et Conservation de la Nature : Mr Eugene RWABUHIHI.

Cette annonce vient quelques jours après que la société civile et les autorités provinciales du Nord-Kivu aient fait état de l’observation d’un mouvement accentué de troupes et d’équipements militaires dans le territoire de Rutshuru, et accusé le Rwanda et l’Ouganda de renforcer le M23 “en prévision de nouvelles offensives”. Visiblement, le M23 ne se donne aucune limite pour narguer les autorités congolaises. D’autres détails et analyses dans les prochaines heures.

Jean-Mobert N’Senga

 

August 21, 2012   No Comments

Dépôt imminent d’une plainte contre Paul Kagame auprès de la Cour Pénale Internationale

Vendredi 17 août 2012 à partir de 11 heures à La Haye, une plainte contre monsieur Paul Kagame sera déposée par l’opposition rwandaise auprès de la CPI, cour pénale internationale.

C’est ce que nous ont communiqué les trois groupes initiateurs de l’action à savoir: deux partis politiques rwandais d’opposition: le FDU-INKINGI dont la présidente est Victoire Ingabire actuellement détenue dans les geôles de Kigali, et le RNC, Rwanda National Congress, l’asbl APRODEC qui s’est spécialisée aussi sur les dérives totalitaires en RD Congo et qui a en ligne de mire monsieur Joseph Kabila ainsi que sa cour. L’asbl APRODEC déposera elle aussi plainte le même jour contre Paul Kagamé, Yoweri Museveni, Joseph Kabila et consorts.
[youtube]2ssDL_V73EE[/youtube]
Selon madame Marie Madeleine Bicamumpaka du FDU et Jean-Marie Micombero du RNC, la requête qui sera déposée a été bien ficelée bien documentée. Parmi les griefs: tous les crimes attribués à monsieur Kagame entre 1993 et 2003, les visées expansionnistes de celui-ci de vouloir annexer le Kivu au Rwanda, tous les différents pillages des minerais en RD Congo ainsi que différentes atteintes aux droits de l’Homme de monsieur Paul Kagame et son clan.

À notre question de savoir si les rwandais et les Congolais étaient des ennemis comme le mettaient en épingle certains médias occidentaux, les opposants rwandais ont affirmé qu’entre peuple congolais et peuple rwandais il n’y a pas de problèmes. Le problème c’est Paul Kagame.

Quant au président d’Aprodec asbl, il a lancé un message aux Congolais pour bien cibler les responsables des maux imposés aux Congolais, surtout à l’est du pays.

Voici le programme de la journée du vendredi 17.08.2012

7h00, départ pour La Haye. Des cars ont été loués.

Participation aux frais : 10 €

Lieu: Rue de France, gare du midi (voir sortie Air France, et arrêt bus Charleroi-Airport.

10h00 : Arrivée à La Haye

11h00 : début de la cérémonie de dépôt de la plainte

14h00 : fin de la cérémonie, puis retour.

Lors de son dernier passage à Bruxelles le lundi 6 décembre 2010, monsieur Paul Kagame avait dû écourter son séjour suite à une mobilisation et des opposants rwandais, et des opposants Congolais.

Les organisateurs souhaitent que la mobilisation pour le vendredi 17 soit un remake de cette action de décembre 2010.

Quand les faibles et les dominés s’unissent, ils deviennent une force pouvant renverser même les plus grandes dictatures.

Source: cheikfitanews.net

 

August 16, 2012   No Comments

Rwandais et Congolais: “Ne Nous Faisons Pas La Guerre et Ne Nous Haïssons Pas”

A l’attention des communautés rwandaise et congolaise de Belgique,

Vue la situation désastreuse en République Démocratique du Congo, nous vous exhortons à l’apaisement et à la prise de conscience.

A la communauté Congolaise,

Nous dénonçons avec vous l’agression que subit la République Démocratique du Congo depuis des dizaines d’années par le président du Rwanda Paul Kagame.
Cependant nous vous invitons à ne pas faire l’amalgame entre d’un coté la communauté Rwandaise et de l’autre Paul Kagame (et son administration).
Cela étant, nous regrettons le contact violent qu’il y a eu entre des Congolais et un jeune Rwandais il y a quelques jours dans un métro de Bruxelles. Cet acte isolé nuit au combat noble que mènent les Congolais de la diaspora contre le régime Kagamé.
Nous voulons préciser que tous les Rwandais ne soutiennent pas Paul Kagame dans sa dérive totalitaire. Par ailleurs, il existe une opposition Rwandaise, démocratique et non génocidaire en Belgique.

A la communauté Rwandaise et particulièrement à celle qui soutient Paul Kagame,

Nous vous prions de ne pas rester insensible face à l’injustice d’un système expansionniste et criminel, car qui ne dit mot consent dit on.
Nous vous interpellons sur le fait de ne plus nier l’évidence face aux différents rapports et plaintes internationaux qui accablent l’administration au pouvoir à Kigali dans la guerre qui sévit à l’Est de la République Démocratique du Congo.
Nous sommes pour une paix durable et sincère dans l’Afrique des grands lacs mais ce vœu ne sera pas possible avec Paul Kagame.

Chers amis Rwandais et Congolais,

Ne Nous faisons pas la guerre et ne nous haïssons pas. Au contraire, joignons nos forces pour dénoncer les responsables des guerres et des morts à l’Est de la République Démocratique du Congo à savoir Paul Kagamé et son administration.

Fait à Bruxelles, le 16 août 2012

RUTAYISIRE BONIFACE
Ancien Président du cercle des étudiants Rwandais de Belgique
et leurs amis, ancien président du cercle des étudiants Africains de l’Université Libre de Bruxelles.
Tel :+32 488250305, email :b2003n@yahoo.fr, www.rutayisireboniface.net

PAUL VOUMBO
Ancien président du cercle des étudiants Congolais de l’Université Libre de Bruxelles
Président de l’Union des Etudiants Congolais de Belgique

August 16, 2012   No Comments

Dénonçant un «vaste complot» – Les députés du Nord-Kivu prônent la solution militaire «pour sortir de l’esclavage des Rwandais»

Les députés nationaux du Nord-Kivu, qui constatent que «le sommet des chefs d’Etat de la région des Grands Lacs s’est achevé à Kampala sans qu’aucune lueur d’espoir soit perçue», militent en faveur d’une solution militaire pour régler la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

«Je vous jure qu’à force d’y penser, j’ai des insomnies, surtout si l’on sait que nous sommes incapables de résoudre ce problème par la force pour libérer nos compatriotes de la soumission, du servage et, peut-être sans exagérer, de l’esclavage des Rwandais. Ces compatriotes se sentent vraiment non protégés et abandonnés par ceux-là qui leur ont promis protection», a déclaré le dimanche 12 août à Kinshasa le président du Caucus des députés nationaux du Nord-Kivu, Désiré Konde Vila-ki-Kanda.

Les députés nationaux du Nord-Kivu, dont huit de Rutshuru qui «ne savent pas se rendre en vacances parlementaires et n’ont pas des nouvelles de leurs familles»,affirment que «tant que le Rwanda existera à nos frontières dans sa forme actuelle, notre pays continuera à souffrir et nous allons construire un mur de lamentations pour pleurer et lancer des jérémiades».

«Dès le départ, les députés nationaux de notre province ont été anxieux et pessimistes. Et ce qui s’est passé dernièrement à Kampala, je veux parler de l’échec, était prévisible. Le Caucus des députés nationaux du Nord-Kivu que je préside l’avait prédit dans sa déclaration faite à la tribune de l’Assemblée nationale lors de la clôture de la dernière session extraordinaire consacrée à l’élaboration du budget 2012», a affirmé Désiré Konde.

Il a rappelé que dans leur déclaration, ils avaient été «clairs pour dire que la constitution d’une force internationale neutre se bute généralement et toujours aux problèmes de définition juridique de son mandat, de mobilisation des hommes et des moyens aussi bien financiers que logistique. Par conséquent, le temps de mise en place de cette force ne peut pas être compatible à l’urgence et à la gravité que requiert la situation».

«La taille gigantesque et le budget colossal de la Monusco, pour des résultats mitigés, continuent à susciter des interrogations au sein des populations de ma province, le Nord-Kivu. Si la Monusco était efficace et neutre, on aurait pu lui confier cette mission de tampon entre les deux pays, en modifiant, bien sûr, le statut de sa mission au Congo.N’oublions pas que le gouvernement de Kinshasa ne contrôle plus une partie importante de notre territoire qui est aujourd’hui entre les mains du M23 et des Rwandais. Comme on le voit, l’intégrité et l’unité nationales sont fortement menacées, al ors que le peuple congolais sait certainement que l’intégrité territoriale de notre pays est un postulat, un dogme de foi qui ne peut faire l’objet d’aucun marchandage ou d’une négociation quelconque», a averti le président du Caucus.

Et sans baigner dans le négativisme, il s’est demandé «comment les deux forces dites neutres, la Monusco et la Force internationale neutre, vont se comporter, mieux collaborer concrètement sur le terrain, comment cette dernière se mettrait à cheval sur les deux frontières ou sur le territoire congolais».

Autant, «dans son serment d’investiture, le chef de l’Etat s’engage solennellement à garantir cette intégrité par tous les moyens. Et le peuple congolais dans son ensemble est déterminé à défendre coûte que coûte cette intégrité, même au prix du sacrifice suprême», autant «le Rwanda n’accepterait jamais que cette Force internationale neutre se retrouve sur son territoire. Et pendant ce temps, le M23 et les Rwandais continueront d’occuper notre territoire», a insisté le député Konde.

Un vaste complot

Il a révélé qu’«aux pieds du massif de Ruwenzori, plus particulièrement dans la localité de Kasindi située juste à la frontière entre l’Ouganda et la RDC, des éléments armés venus de l’Ouganda ont attaqué, il y a quelques jours, cette localité où les Nalu, rebelles ougandais, font la loi et sèment la désolation dans le territoire de Beni».

Alors, a-t-il interrogé, «pourquoi le choix de Kampala pour abriter le Sommet des chefs d’Etat de la région des Grands Lacs, surtout qu’il est formellement établi que l’Ouganda a un parti pris pour le Rwanda ?». Et pourtant, a-t-il rappelé, «dans un cas de doute sur un médiateur, le pays devrait rejeter l’Ouganda».

En fin de compte, «les députés nationaux du Nord-Kivu ne cessent de crier qu’un vaste complot est en train d’être ourdi contre notre pays», a lancé le président du Caucus, Désiré Konde.

August 14, 2012   No Comments

Retombées de la guerre dans l’Est de la RDC – L’après-Kagame a commencé

Le glas sonne pour Paul Kagame et son régime. Le faisceau d’informations disponibles démontre que la fin de la dictature installée à Kigali est proche. Le processus a atteint sa maturation. Suspension des aides en cascades, succession des remontrances publiques, etc. Le régime de Kigali est aux abois. Signe des temps, les Etats-Unis formeraient déjà des officiers rwandais de demain. L’hymne est entonné – l’œuvre de ceux-là même qui ont façonné celui qui passait pour le gendarme de la sous-région des Grands Lacs.

La politesse diplomatique prend de plus en plus le dessus sur l’admiration maintes fois renouvelée en direction de l’homme fort de Kigali. L’idylle aura totalisé 18 ans d’hypocrisie. Sur le trajet de sa gloire, des millions de Congolais sont tombés à cause des excès d’un voisin belliqueux décidé à tout régenter par la violence, profitant allégrement de la maladresse d’une communauté internationale acquise à sa cause.

Le énième rapport des experts des Nations unies produit le 27 juin 2012 a mis à nue les travers du soutien rwandais apporté à la mutinerie menée par le M23.

Après les Nations unies, d’autres pays ont emboité le pas, allant, à l’instar des Pays-Bas, des Etats-Unis et de l’Allemagne, jusqu’à geler leur assistance financière à Kigali.

Depuis un temps, le parfait amour avec les soutiens financiers de Kigali traverse une zone de très fortes turbulences.

Leurre ? Fantasme ?Pas évident que ce changement de ton ne soit que l’effet d’une colère passagère de la part des maitres du monde. Le lâchage semble être le terme qui convient dans le cas de Paul Kagame.

Les jurisprudences ne manquent pas. La plus récente dans la sous-région des Grands Lacs est le traitement dégradant infligé au régime Mobutu, après de multiples services rendus à l’Occident.

L’isolement se précise

Tout commence par des écarts dans le langage. Quittant les traditions diplomatiques, des congressemen américains sont montés au créneau exigeant qu’aucune négociation ne soit amorcée avec Kigali, sans au préalable obtenir la fin du soutien apporté au M23.

De passage à Johannesburg, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, est allé dans le même sens. Elle a, à cet effet, exigé l’arrêt de tout soutien au M23, allant jusqu’à entrevoir des poursuites pénales à l’encontre des responsables du drame humanitaire de l’Est de la RDC.

Pour corser les choses, la sortie médiatique du général Kayumba vient ébranler, depuis son exil en Afrique du Sud, le mythe entretenu autour de la personne du président rwandais. L’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise a poussé trop loin, qualifiant au passage Paul Kagame de «Hitler» !

En même temps, les diasporas congolaise et rwandaise ne cessent de se mobiliser pour dénoncer les actions barbares perpétrées par le régime de Kigali dans l’Est de la RDC.

C’est en embouchant, à tous les coups, le même refrain, que le jeu de Kigali a fini par fatiguer ses soutiens occidentaux. La neutralisation des génocidaires FDLR présentés comme prétexte à des incursions armées à l’intérieur des frontières congolaises, accompagnée d’actes de prédation ne pouvait pas laisser indifférente et indéfiniment inactive l’opinion publique internationale.

Une étude commandée par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), atteste que «près de 17,3 millions de Congolais se trouveraient en état d’insécurité alimentaire aiguë». Mis dans l’impossibilité de se rendre aux champs, ces déplacés internes sont devenus un problème pour le pays ainsi que la communauté internationale. Cela ne devrait pas durer indéfiniment.

La descente aux enfers

Selon des sources concordantes, des Américains formeraient déjà «des officiers rwandais de demain». Des officiers formés pour protéger les populations et non pour perpétrer des violences et la prédation dans la sous-région.

Pour Washington, la répression devait céder sa place à l’émergence de la démocratie.

Pressé comme un citron, Paul Kagame est en train de subir le même sort que Mobutu qui a servi pendant un cycle. Le temps de Kagame est arrivé à terme, susurre-t-on dans certains milieux spécialisés.

Sa succession étant en préparation, le plus important est de veiller sur la qualité des acteurs à venir. Kagame a fait son temps. Il a servi une cause, il ne sert plus à rien pour ses mentors, fatigués par son manque de modération dans la violence et la prédation. La roue de l’histoire tourne. Pour l’instant, c’est en défaveur de celui qui se faisait passer pour le point focal de la politique américaine dans la région des Grands Lacs.

Le feuilleton Kagame, qui ne fait que commencer, est une belle leçon pour tous les dirigeants africains qui travaillent pour les intérêts étrangers et contre ceux de l’Afrique et des Africains.

Voir une analyse du journal français Le Monde qui peint à sa manière le script de la chute probable de l’homme fort de Kigali.

Source: lepotentielonline.com

 

August 14, 2012   No Comments

Face à l’ingérence du Rwanda en RDC, les pays occidentaux réduisent leurs aides

L’heure n’est plus à la flagornerie. Ni aux échanges diplomatiques doucereux et policés. Depuis qu’un rapport d’experts des Nations unies (PDF), rendu public le 27 juin, a explicitement accusé le Rwanda de déstabiliser la République démocratique du Congo (RDC) voisine par le truchement d’armes, de munitions et de combattants, le “pays des mille collines” est victime d’un désamour patent de la part de ses principaux partenaires occidentaux.

Ceux-ci s’indignent du soutien apporté officieusement par l’ex-protectorat belge au Mouvement du 23-mars, groupe de mutins congolais en butte depuis mai à l’autorité de Kinshasa. Censé intégrer l’armée régulière aux termes d’un accord scellé le 23 mars 2009, le M23 – issu d’une ex-rébellion tutsie en RDC, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) – a fini par se retourner contre le président Joseph Kabila, faute d’obtenir les gages souhaités. Le Rwanda se serait d’autant plus volontiers engouffré dans cette brèche qu’il a soutenu naguère le CNDP pour mener, sur le sol congolais, la chasse aux génocidaires et rebelles hutus rwandais – lesquels représentent toujours, à ses yeux, une sérieuse menace.

Lasse de ce jeu trouble, une partie de la communauté internationale a décidé dehausser le ton à l’égard du régime de Paul Kagame, lui-même tutsi. La situation, en effet, est critique : au cours des quatre derniers mois, les combats dans l’est du Nord-Kivu – zone frontalière du Rwanda et de l’Ouganda, où sont situées les bases du M23 – ont contraint plus de 220 000 Congolais à fuir leur domicile, accentuant le déséquilibre qui frappe la région déjà tourmentée des Grands Lacs. D’après une étude dévoilée en juin par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA, Office for the Coordination of Humanitarian Affairs), près de 17,3 millions de Congolais se trouveraient en état d’insécurité alimentaire aiguë.

INITIATIVE SYMBOLIQUE

A la fin de juillet, les Etats-Unis ont été les premiers à monter au créneau. Ladiplomatie américaine a ainsi suspendu 200 000 dollars (environ 164 000 euros) d’aide destinés à une école militaire. Faut-il y voir une inflexion de la posture adoptée par Washington vis-à-vis de son allié ? “L’initiative américaine est essentiellement symbolique, dans la mesure où les montants en jeu ne sont pas déterminants. L’essentiel de l’appui militaire américain se fait au niveau de la Communauté de l’Afrique de l’Est [organisation qui, outre le Rwanda, regroupe leKenya, la Tanzanie, l’Ouganda et le Burundi]”, souligne André Guichaoua, professeur à l’université de Paris-1 et témoin-expert près le Tribunal pénalinternational pour le Rwanda (TPIR).

“Ce qui, de mon point de vue, est plus significatif, ce sont la déclaration du Congrès américain du 3 août [fustigeant le manque de transparence du gouvernement rwandais, notamment sur son implication en RDC] et les propos tenus par Stephen Rapp, l’ambassadeur itinérant chargé des crimes de guerre au Département d’Etat [lequel a affirmé que les dirigeants rwandais pourraient être poursuivis devant la CPI pour aide et complicité de crimes contre l’humanité dans un pays voisin]”, précise-t-il.

Les Etats-Unis, en dépit de leurs objurgations, ont fait savoir qu’ils ne retireraient pas leur soutien financier à la formation des troupes destinées à prêter main-forte à l’ONU. Et pour cause : au 30 juin, pas moins de 4 571 soldats et policiers rwandais étaient impliqués dans diverses opérations de maintien de la paix à travers le monde – soit la sixième plus importante contribution à l’institution onusienne en termes d’effectifs derrière le Pakistan, le Bangladesh, l’Inde, l’Ethiopie et le Nigeria.

Dans la foulée de l’administration Obama, plusieurs Etats européens ont, eux aussi, entrepris ces dernières semaines de rappeler Kigali à l’ordre. Les Pays-Basont lancé le mouvement, mettant en suspens une aide de cinq millions d’euros prévue pour soutenir le système judiciaire. La Grande-Bretagne (20 millions d’euros) et l’Allemagne (21 millions d’euros) leur ont emboîté le pas. “Ce faisant, les Européens ont profité de l’opportunité qui leur était offerte pour recouvrer un minimum de dignité diplomatique par rapport à des faits qu’ils connaissent et qui sont documentés. Par le passé, ils ne sont pas intervenus parce que le Rwanda pratiquait un chantage à la déstabilisation de la région. Mais celle-ci s’est aggravée, au point que la situation est devenue intenable”, analyse M. Guichaoua.

“PILLAGE INSTITUTIONNALISÉ”

Ces “suspensions en cascade”, fait inédit, s’apparentent à un désaveu personnel pour Paul Kagame, longtemps considéré – et porté aux nues – par les bailleurs de fonds étrangers comme le principal architecte du redressement économique du pays après le terrible génocide de 1994 (800 000 victimes). De fait, quelle autre nation d’à peine dix millions d’âmes et au passé si tragique peut se targuer d’avoirconnu, au cours des cinq années écoulées, un taux de croissance moyen de son PIB de 8,2 % – taux qui, aux dires des autorités, aurait permis de tirer un million de personnes de la pauvreté en pleine crise mondiale ?

Aujourd’hui, ce succès ne suffit toutefois plus à faire taire les critiques. Aux accusations répétées d’ingérence en RDC, Paul Kagame oppose les dénégations les plus fermes, arguant notamment qu’une telle politique “serait contraire aux intérêts de son pays”. “Nous ne fournissons pas un seule balle [aux rebelles congolais]. Nous ne l’avons pas fait et nous le ferons pas”, a-t-il assuré. L’argument ne convainc personne.

Depuis que le Rwanda a envahi son turbulent voisin, en 1996 et 1998 – chassant, à cette occasion, le dictateur Mobutu Sese Seko –, ses élites ont largement profité, et profitent toujours, des richesses minières que recèle le sous-sol congolais (cobalt, cuivre, étain, or). Selon certaines estimations, le fruit de ce”pillage institutionnalisé” rapporterait à Kigali plusieurs dizaines de millions de dollars par an. Une richesse sciemment mise sous le boisseau, qui a aussi son intérêt politique. “Grâce aux canaux parallèles, la nomenklatura achète la paix sociale. L’ordre qui règne à Kigali et les aspirations de Kagame à faire du Rwanda le Singapour du continent africain d’ici à 2020 sont financés par ce biais-là”, pointe André Guichaoua.

ALTERNANCE EN PRÉPARATION

En faisant fi des coups de semonce lancés par ses principaux partenaires, le Rwanda accentue cependant son propre isolement et joue une partition délicate. Diplomatiquement, d’abord, car il brigue toujours un siège au Conseil de sécurité de l’ONU. Financièrement, ensuite, dans la mesure où l’aide étrangère représente près de la moitié de son budget (45 %). Les Occidentaux pourraient-ils finir parrompre tout lien avec leur partenaire ? L’hypothèse, juge M. Guichaoua, est inenvisageable à court terme. “Il n’existe pas dans la région d’autre puissance susceptible d’assurer la cohésion en matière d’ordre et de stabilité. De fait, Kigali a les coudées franches. En outre, tant que Kabila et Kagame n’abattront pas clairement leurs cartes sur ce qu’ils attendent de cette nouvelle confrontation, les chancelleries occidentales ne pourront pas aller plus loin”, observe-t-il.

Sur le front intérieur, Paul Kagame, au pouvoir depuis avril 2000, a en grande partie perdu son aura d’invincibilité. Ses opposants, toujours plus nombreux, fustigent un pouvoir “solitaire” et “autoritaire”, coupable de multiples violations des droits de l’homme. L’intéressé, lui, s’en défend véhémentement. Reste que beaucoup, mezza voce, travaillent déjà à l’alternance. “C’est aussi la raison pour laquelle les Américains ne sont pas inquiets, conclut M. Guichaoua. D’ailleurs, eux-mêmes ont commencé à préparer les officiers rwandais de demain…”

Aymeric Janier

Source: Le Monde.fr

August 14, 2012   1 Comment

Rébellion en RDC : la Suède suspend son aide au Rwanda

La Suède a indiqué lundi avoir suspendu provisoirement son aide au Rwanda dans l’attente d’éclaircissements de Kigali, accusé par l’ONU de soutenir un groupe rebelle dans l’Est de la République démocratique du Congo.

«Concernant l’aide, nous avons choisi d’attendre pour faire la lumière sur ce qui se passe au Congo et comment elles [les autorités rwandaises] s’en mêlent», a déclaré la ministre suédoise de la Coopération Gunilla Carlsson à la radio publique SR.

«Nous n’avons pas arrêtée, nous avons choisi de la geler» provisoirement une partie de l’aide, a-t-elle précisé, soulignant que le Rwanda devait «prendre ses responsabilités pour le développement de la région».

Interrogé par l’AFP sur les détails de ce gel, le ministère des Affaires étrangères n’avait pas donné de précision lundi à la mi-journée.

Les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne ont également suspendu tout ou partie de leur aide après la publication d’un rapport de l’ONU qui accuse le Rwanda de soutenir les mutins du M23, un groupe rebelle dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Kigali a démenti et a accusé en retour Kinshasa, qui nie, de soutenir les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), rébellion hutu rwandaise opposée au régime de Paul Kagame et également active dans l’Est de la RDC.

Un sommet des Etats des Grands Lacs, censé définir les contours d’une force neutre permettant d'”éradiquer” les groupes armés dans l’Est de la République démocratique du Congo, s’est achevé mercredi sans résultat probant.

En 2011, la Suède a versé au Rwanda une aide de 215 millions de couronnes (26,1 millions d’euros).

AFP

August 14, 2012   No Comments

RDC : un ex-ministre de Kabila père critique l’attitude de Kabila fils à l’égard du M23 et du Rwanda

Joseph Kabila

Le président de la RDC, Joseph Kabila.

Un ancien compagnon de route de Laurent Désiré Kabila s’insurge contre l’attitude qu’il qualifie de « timide » du gouvernement face à la situation dans l’Est. Mwenze Kongolo, ancien ministre de l’Intérieur puis de la Justice de Kabila père s’est exprimé le 13 août devant la presse à Kinshasa.

Mwenze Kongolo n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’attitude du gouvernement congolais face à ce qu’il appelle l’agression rwandaise :« C’est une gestion calamiteuse. Il y a complètement manque de direction, manque de position, manque de déclaration forte, manque de condamnation d’un acte aussi odieux ! Cela frise la trahison »

Il préconise une action diplomatique vigoureuse, particulièrement en direction des alliés du Rwanda, comme les Etats-Unis. Mais, quand on rétorque à Mwenze Kongolo que c’est quand même son camp -avec Kabila père- qui avait fait entrer l’armée rwandaise à Kinshasa en renversant Mobutu, la réponse fuse : « Vous mettez toujours ça en exergue, répond-il. Vous oubliez que c’est nous-mêmes qui leur avons dit : maintenant c’est terminé, rentrez chez-vous ».

L’ancien compagnon de route de Laurent Désiré Kabila ne croit pas du tout aux résolutions prises à Kampala par les chefs d’Etat des Grands lacs. « Ils ont parlé d’une force neutre, que nous tous savons qu’elle ne viendra jamais », ajoute-t-il

Enfin, Mwenze Kongolo identifie l’origine du problème selon lui. « Le problème dans cette région, c’est Monsieur Kagame en fait. C’est lui ! Monsieur Kagame. Si Kagame n’est plus là, la région sera plus calme ».

Source: RFI

 

August 14, 2012   2 Comments