Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — novembre 2012

Le Royaume Uni coupe son aide au Rwanda, accusé de soutenir le M23 en RDC

Rebelles M23 Congo

Londres a décidé de ne pas verser au Rwanda les 21 millions de livres (26 millions d’euros) prévus pour le mois de décembre. Le Royaume-Uni annonce simultanément un versement supplémentaire de 18 millions de livre pour “les besoins humanitaires urgents” en RDC.
La pression s’accentue sur le Rwanda. Le Royaume-Uni, allié traditionnel de Kigali et l’un des principaux contributeurs d’aide directe au budget rwandais, a annoncé vendredi qu’il ne verserait pas les 21 millions de livres (près de 26 millions d’euros) qui devaient l’être en décembre.

Rapports “crédibles”

Justine Greening, la secrétaire britannique au développement international, justifie cette décision par les « inquiétudes sur les rapports crédibles et convaincants d’un engagement du Rwanda [aux côtés de la rébellion du] M23 en RDC. (…) Ces preuves constituent une rupture des principes du partenariat […] et en conséquence, j’ai décidé de ne pas verser le prochain paiement de soutien au budget du Rwanda ».

Le Rwanda est accusé, par un rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC publié le 15 novembre, de soutenir le Mouvement du 23 mars, une rébellion essentiellement composée d’ex-militaires congolais rwandophones dans la province du Nord-Kivu, qui s’est emparée de la capitale provinciale, Goma, le 20 novembre. Kigali a toujours fermement nié tout soutien à cette rébellion, accusant notamment ce Groupe d’experts d’hostilité vis-à-vis de son gouvernement.
« Les fausses allégations politiquement motivées contre le Rwanda servent les intérêts de ceux qui préfèrent ignorer leurs responsabilités et ne pas affronter les problèmes de gouvernance et de sécurité qui affligent la RDC depuis des décennies. Accuser le Rwanda peut répondre à des objectifs politiques à court terme mais au final, cela entrave la compréhension du conflit et met hors d’atteinte une solution efficace et définitive », a réagi Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères.

Dépendance vis à vis de l’aide internationale

Quoi qu’il en soit, cette décision du Royaume-Uni vient renforcer la pression internationale sur le Rwanda. L’Union européenne (UE) avait déjà suspendu à la fin de septembre des projets d’aide au gouvernement rwandais, après des mesures similaires de la Suède et des Pays-Bas notamment. Le Rwanda est dépendant pour près de la moitié de son budget de l’aide internationale (plus de 600 millions d’euros cette année) qui représente plus de 11% de son PIB. Le Royaume-Uni fait partie des trois principaux donateurs, avec la Banque mondiale et l’Union européenne. Le ministre des Finances, John Rwangombwa, avait prévenu au début de novembre, que ces sanctions auraient des conséquences négatives sur la croissance économique du Rwanda si elles se poursuivaient au-delà de décembre.
Simultanément à cette annonce, Londres a décidé une aide supplémentaire de 18 millions de livres (22 millions d’euros) « pour les besoins humanitaires immédiats en RDC ».

Source: Jeuneafrique.com

novembre 30, 2012   No Comments

RDC-Rwanda : les chefs d’Etat des Grands lacs donnent 2 jours au M23 pour quitter Goma

Le sommet de la Conférence internationale de la région des Grands lacs (CIRGL) consacré à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC vient de se clôturer ce samedi 24 novembre à Kampala. Le secrétaire exécutif de cette organisation, Ntumba Luaba, a déclaré à Radio Okapi que les chefs d’Etat de la sous-région ont demandé aux rebelles du M23 de quitter les positions qu’ils ont conquises après leur dernière offensive et de se positionner à environ 20 km de Goma dans un délai de deux jours.

Les chefs d’Etat des Grands lacs ont demandé au M23 de stopper son extension territoriale et de ne plus remettre en question le gouvernement légitimement élu de la RDC.
Ils ont décidé du déploiement d’une force composite comprenant une compagnie de la force internationale neutre, une compagnie des FARDC et une compagnie du M23 à l’aéroport de Goma, actuellement tenu par la Monusco.
Au sujet de cette force internationale neutre, Ntumba Luaba a indiqué que l’Afrique du Sud, dont une délégation a pris part à la réunion de ce samedi, a offert son appui logistique.
Il a été demandé à la Tanzanie, dont un bataillon de militaires est prêt pour participer à cette force, de procéder à la désignation de son commandant.
Pour le financement de cette force internationale neutre, la RDC a promis d’y contribuer. Ce financement est estimé à 100 millions de dollars américains pour une année.
Dans la ville de Goma , un bataillon de l’armée congolaise et un autre de la police seront déployés. Les rebelles du M23 sont sommés de remettre à la police les armes délaissées par les militaires congolais dans les localités qu’ils ont conquises.
La Monusco va assurer la sécurité dans la zone considérée désormais comme neutre, celle comprise entre Goma et les localités conquises par le M23 après la capitale du Nord-Kivu.
Les chefs d’Etat des Grands lacs ont demandé au gouvernement congolais « d’écouter, d’évaluer et d’apporter une réponse aux doléances légitimes du M23 ».
Cette rébellion qui sévit dans la province du Nord-Kivu depuis le mois de mai dernier réclamait, à ses débuts, l’application de l’accord de paix  signé à Goma entre le gouvernement et l’ex-rébellion du CNDP dont la plupart des ses dirigeants sont issus. Cet accord prévoyait notamment l’intégration des forces du CNDP au sein des FARDC et de la police nationale, avec la reconnaissance de leurs grades.
Le CNDP revendiquait également une loi d’amnistie en faveur de ses hommes, couvrant la période de juin 2003 jusqu’à la date de la promulgation de l’accord.
Le CNDP et le gouvernement avaient convenu de la nécessité de mettre en place des mécanismes fiables et efficaces de bonne gouvernance à tous les niveaux et dans tous les domaines, y compris celui de la certification, de l’exploitation, de l’évaluation et du contrôle des ressources naturelles.
Mais depuis la prise de Goma le mardi 20 novembre, le M23 a élargi ses revendications aux questions de droits de l’homme, de démocratie et de bonne gouvernance, accusant au passage le président Kabila d’avoir triché aux élections de novembre 2011 qui le maintiennent au pouvoir jusqu’en 2016. Les négociations devraient inclure, selon le M23, les représentants de l’opposition, de la société civile et de la diaspora congolaise.

Source: Radio Okapi

novembre 24, 2012   No Comments

RDC-Rwanda: Le M23 / RDF n’a pas l’intention de se retirer de Goma

Les rebelles du M23, qui se sont emparés de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), poursuivront leur offensive jusqu’à ce que le président Joseph Kabila accepte de négocier, a annoncé jeudi Jean-Marie Runiga, chef de file de l’aile politique du mouvement.

Le chef de l’Etat, qui s’est rendu en Ouganda pour des discussions avec son homologue rwandais Paul Kagame, accusé de soutenir les insurgés, a promis mercredi d’examiner leurs revendications. Les deux présidents et leur homologue ougandais ont en outre exigé que les rebelles cessent leur offensive et se retirent de Goma.

« Je n’ai pas confiance, parce que l’ai déjà attendu trois mois à Kampala pour négocier. Nous allons rester à Goma dans l’attente de négociations. Ils vont nous attaquer, et nous allons nous défendre et continuer à avancer », a déclaré à Reuters Jean-Marie Runiga, joint par téléphone.

Le M23, qui tient son nom des accords de paix du 23 mars 2009 prévoyant l’intégration des rebelles dans l’armée, a pris les armes en avril dernier, accusant Joseph Kabila de ne pas avoir respecté les termes de ce pacte. Le mouvement a promis mercredi de « libérer » toute la RDC.

Source: LeCongolais.CD

novembre 22, 2012   No Comments

RDC-Rwanda: Kabila, Kagame et Museveni exigent au M23 de se retirer de Goma

Les présidents ougandais Yoweri Museveni, rwandais Paul Kagame et congolais Joseph Kabila, ont exigé ce mercredi 21 novembre à Kampala aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) de se retirer de Goma qu’ils occupent depuis la veille.

« Le M23 doit cesser immédiatement son offensive et se retirer de Goma » ont-ils déclaré dans un communiqué commun.
« Un plan à cette fin est en train de leur être transmis [au M23, NDLR] », indique le document qui révèle que le gouvernement congolais a pris l’engagement de rechercher promptement les causes des désordres [à l’Est de son territoire] et d’y remédier du mieux qu’il peut.
D’après le même communiqué, les présidents Museveni et Kagame ont dit clairement, que même s’il existe des revendications légitimes de la part du groupe mutin connu sous le nom de M23, ils ne peuvent accepter l’extension de cette guerre ou accepter l’idée d’un renversement du gouvernement légitime de RDC ou d’un affaiblissement de son autorité.
La veille de la publication de ce communiqué, Joseph Kabila et Paul Kagame s’étaient entretenus pendant deux heures en tête-à-tête à Kampala.
Ce mercredi, les Etats-Unis ont appelé le Rwanda à demander au M23 de se retirer de Goma. Dans un communiqué de presse diffusé cet après-midi à Kinshasa, l’ambassadeur des Etats-Unis en République démocratique du Congo, James Entwistle, a demandé au M23 de stopper son avancée à l’Est du pays et se dit solidaire au peuple congolais.
« Au nom du peuple américain, j’exprime ici mon soutien à la population vivant dans l’Est de la RDC, et tout spécialement aux habitants de Goma. A l’heure où nous continuons, avec les autres amis du Congo, à œuvrer à tous les niveaux afin de mettre un terme à cette crise, nous vous dédions nos pensées et nos prières », a écrit le diplomate.
Le Rwanda a toujours rejeté les accusations de soutien au M23 portées contre lui par la RDC et l’ONU.
« Le fait même que je sois ici montre que je veux contribuer à trouver une solution au problème », a déclaré Paul Kagame aux journalistes ce mercredi à Kampala.
Des manifestations
L’offensive lancée jeudi par le M23 a suscité un mouvement de protestation dans plusieurs villes du pays. Trois personnes ont trouvé la mort lors d’une marche organisée par des étudiants de Kisangani le mardi.
A Bunia, district de l’Ituri, la population a saccagé l’église de réveil JSS, appartenant au pasteur Runiga, coordonateur politique du M2. Les résidences de certains fonctionnaires internationaux ont été pillées.
A Bukavu, au Sud-Kivu, une vive tension a regné toute la matinée depuis ce mercredi matin. Des manifestants venus de toutes les trois communes de la ville se sont donnés rendez-vous à la Place de l’indépendance pour protester contre le chef de l’Etat et le gouvernement pour ce qu’ils qualifient de leur «impuissance à protéger Goma».
Au Kasaï-Oriental, la société civile a organisé une tribune d’expression populaire, à Mbuji-Mayi, pour dénoncer ce qu’elle considère comme «le manque d’intérêt au sommet de l’Etat » pour la situation dans le Nord-Kivu.

Source: Radio Okapi

novembre 21, 2012   1 Comment

Rwanda-RDC: Le M23 dans les faubourgs de Goma

Plusieurs sources nous le confirment à travers la ville, les forces rebelles du M23 sont aux portes de Goma, notamment à moins de 3 kilomètres de l’aéroport. Selon des habitants dans différents quartiers, une partie des soldats de l’armée régulière, les FARDC, sont en “débandade” et “sont en train d’enlever leurs uniformes pour se changer en civils”, ce qui ne signifie pas que la partie soit terminée, car l’armée congolaise attend des renforts en provenance de Bukavu. Des troupes fraîches étaient arrivées le matin même de Kalehe, ou de sake, tandis qu’un certain nombre de militaires fuyaient les fronts des derniers jours avec toutes les possessions.

Casques Bleus - sortie de Goma - 20121118

Casques Bleus – sortie de Goma sur la route de l’aéroport

La mission des nations unies, la Monusco qui intervient comme nous l’avions signalé dés hier avec des hélicoptères de combat, n’est pas parvenue à empêcher les forces du M23 de progresser. Au dessus de Goma, par exemple, un camp avec des casques bleus sud-africains équipés de véhicules blindés devait constituer un verrou. Apparemment, cela n’a pas suffit non plus. La Monusco en revanche est présente dans les rues de la ville, notamment à la sortie nord, en direction de l’aéroport, où sont déployés des casques bleus q’on voit ici à la sortie de Goma.

La personne -qui souhaite rester anonyme- qui nous fait parvenir cette photo signale que depuis cette sortie de la ville, “on entend des coups de feu dans les hauteurs immédiates de la ville”. Aucun pillage ne nous a été signalé jusqu’à présent en ville, mais l’état d’esprit des militaires congolais pourrait changer au fil des heures. Les déplacés du camp de Kanyarucinya (environ 80 000 personnes) et les militaires en déroute affluent vers Goma, et une foule s’est constituée à la “barrière”, le poste frontière avec le Rwanda, pour essayer de s’y réfugier. Les heures qui viennent seront cruciales.

novembre 18, 2012   No Comments

Sit-in à Bruxelles pour les sanctions de l’Union Européenne contre Kagame et le M23

Le lundi 19 novembre 2012, les ministres européens des affaires étrangères se réuniront à Bruxelles pour examiner l’éventualité des sanctions contre le régime du président Rwandais Paul Kagame et sa pseudo-rébellion du M23 qui pille, tue et sème la désolation à l’est de la RD Congo.

Afin de sensibiliser l’opinion belge et internationale, l’asbl « Un euro peut sauver une vie au Congo » appelle à un sit-in devant les institutions européennes.

Ce sera le lundi 19 novembre 2012 à 14H00 au Rond-point Schuman.

novembre 17, 2012   No Comments

Rwanda-RDC: L’Union Européenne examine la question des sanctions contre Kigali sera examinée

La question des sanctions contre Kigali sera examinée le 19 novembre.

Alors que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a annoncé sur Twitter, dimanche, la suspension de la coopération militaire belge avec le Rwanda en raison de son soutien à la rébellion congolaise du M23 (1 200 à 1 500 hommes), d’éventuelles sanctions contre Kigali seront examinées, plus largement, lors du prochain conseil des ministres européens des Affaires étrangères, à Bruxelles, le 19 novembre.

Ce durcissement de la réaction internationale au rôle joué par le Rwanda chez son voisin congolais survient alors que Kigali s’entête à nier son rôle auprès du M23, malgré le rapport d’experts onusiens et les aveux de rebelles aux mains de la Monusco (casques bleus au Congo).

Le M23 a remporté plusieurs succès à ses débuts, au Nord-Kivu, mais semble avoir arrêté toute progression depuis septembre : on ne signale plus de ralliements à sa cause et il n’a guère conquis de territoire, alors qu’il multiplie les exactions contre la population, y compris tutsie – en défense de laquelle ont été formulées certaines des revendications du groupe mutin. La caractéristique de cette rébellion est d’ailleurs qu’elle ne dispose pratiquement pas de soutien populaire et qu’elle n’a pu se rallier de chefs coutumiers.

Des observateurs, au Congo, notent que Kigali a aussi tenté de susciter des violences au Sud-Kivu. On signale ainsi que les Rwandais ont fait venir “plusieurs” Banyamulenge (Tutsis du Sud-Kivu) du Canada et tenté de susciter une alliance entre cette population de pasteurs qui s’est rebellée à plusieurs reprises, ces dernières années, et les Maï Maï Yakutumba (groupe armé local). En vain – car les populations du Kivu en ont plus qu’assez de la guerre. Même la campagne de recrutement de l’armée congolaise ne marche pas, malgré l’absence d’emplois pour les jeunes, souligne une de nos sources.

De là à conclure que si le Rwanda lui coupait les vivres, le M23 n’existerait plus, il n’y a qu’un pas, que les Occidentaux semblent en passe de franchir, alors que le 1er janvier prochain, le Rwanda aura voix délibérative au Conseil de sécurité de l’Onu, où il espère vraisemblablement pouvoir bloquer certaines accusations contre lui. Le Rwanda s’y trouve parce qu’aucun autre pays africain n’était sur les rangs pour lui disputer la place

Si, à Kinshasa, on n’a pas eu la présence d’esprit de présenter la candidature du Congo à ce poste tournant mais stratégique, on n’en a pas moins clairement décidé de ne plus céder aux revendications armées des Tutsis congolais. En 2003-2005, ceux de ces derniers qui faisaient partie de l’armée rebelle du RCD-Goma ont été engagés par l’armée congolaise au sein de “Brigades intégrées” . Laurent Nkunda avait toutefois, avec quelques autres officiers ex-rebelles tutsis, refusé de prêter serment au président Joseph Kabila en raison de revendications non satisfaites et une nouvelle rébellion était née, le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple).

En 2007, une nouvelle tentative de les intégrer à l’armée, le “mixage avait fait long feu et le CNDP, reparti en guerre, avait failli prendre Goma, avant d’y renoncer sur pression de Kigali. En 2009, des accords entre Kigali et Kin-shasa mettaient sur pied une collaboration militaire entre les deux pays pour mettre hors d’état de nuire les FDLR (rebelles hutus rwandais issus des génocidaires, parfois utilisés comme supplétifs par l’armée congolaise), tandis que le Rwanda incarcérait Laurent Nkunda et poussait son remplaçant, Bosco Ntaganda, à rallier l’armée congolaise. Au passage, le président de l’Assemblée nationale à Kinshasa, Vital Kamerhe, passera à la trappe pour avoir critiqué cet accord, grâce auquel 7 000 CNDP ont intégré les rangs de l’armée nationale.

Au printemps, toutefois, redoutant d’être livré par Kinshasa à la Cour pénale internationale (pour des méfaits antérieurs), Bosco Ntaganda s’était mutiné avec 300 hommes; Kinshasa avait répliqué en arrêtant les opérations anti-FDLR – au grand mécontentement de Kigali. Le 6 mai, Ntaganda disparaissait de la scène et le M23 était officiellement créé. Mais la “mayonnaise” n’a jamais pris, même appuyée sur le non-respect par Kinshasa de certaines clauses des accords de 2009.

Kigali semble engagé sur une voie sans issue.

Source: Lalibre.be

novembre 17, 2012   2 Comments

Le rapport final de l’ONU confirme le soutien du Rwanda et de l’Ouganda au M23

Le rapport final des experts ONU confirme le soutien du Rwanda et de l’Ouganda à la rébellion M23 qui sème la terreur en RDC et a fait plus de 400 000 déplacés depuis avril 2012.

Lire le rapport complet:
DRC UN Group of Expert Final Report

Ce rapport définitif a été établi en tenant compte de la lettre du gouvernement rwandais mais cette dernière n’a cependant pas conduit à la révision des conclusions des experts onusiens car les éléments apportés par Kigali ne constituaient pas, selon les experts, des« éléments de fond ».

Le rapport affirme que le Rwanda a continué son soutien au M23 et à d’autres groupes armés par le biais de violation de l’embargo sur les armes. Des officiers rwandais ont également procuré de l’aide militaire et ce en renforçant d’une manière permanente les troupes du M23, ainsi qu’en procurant de l’aide clandestine au M23 par le biais des unités spéciales de Rwanda Defense Force (RDF) qui sont stationnées auprès des FARDC à Rutshuru pour des opérations conjointes RDC-Rwanda. Les RDF et le M23 ont également harmonisé leur équipement de communication afin de coordonner leurs opérations.

Par ailleurs, des recrutements pour le M23 ont, sous la responsabilité du Ministre de la défense rwandais James Kabarebe, eu lieu dans des villages rwandais. Des centaines d’enfants, aussi bien des fillettes que des garçons, ont de même été recrutés. Certains garçons ont été utilisé aux lignes de front afin de couvrir les troupes avançantes et ce parfois après à peine une semaine d’entrainement de ces premiers.

Des recrutements de sympathisants ainsi que des levées de fonds pour la rébellion ont même été organisés par des membres du FPR, parti politique au pouvoir dirigé par le Général Paul Kagame.

Le rapport nous apprend également que les rebelles M23 transportent la plupart de leurs blessés à l’hôpital militaire de Kanombe, au Rwanda. Quant aux morts parmi la rébellion, ils sont enterrés par des soldats du RDF.

Selon des anciens officiers et des soldats du M23, Bosco Ntaganda reste le plus haut commandant des rebelles, tandis que Makenga est responsable des opérations et de la coordination avec des groupes armés alliés au M23.
Quant à Laurent Nkunda, assigné à résidence au Rwanda, il se serait, en violation de son interdiction de voyager, rendu à Runyonyi pour rendre visite au M23 afin d’encourager les officiers.

Violations des droits humanitaires et droits de l’homme internationales

Suite à la création du M23, les communautés locales dans l’est de la RDC ont soufferts de violations répandues des droits de l’homme. Des violences envers les civils par tous les groupes armés, FARDC y comprises, ont augmenté, ayant pour conséquence le déplacement de 400 000 personnes depuis avril 2012.

Le groupe d’experts a également identifié des cas de viols de masse commis par le Rai Mutomboki, les Mai Mai Morgan, et les FDLR en 2012. A la fin du mois de septembre, l’ONU ainsi que des ONG internationales des droits de l’homme répertoriaient 46 cas de viols par le M23.

Par ailleurs, des commandants du M23 ont ordonné l’exécution extra-judicaire d’au moins 15 recrutés. Ntaganda et Makenga ont donné l’ordre d’exécution d’au moins 20 prisonniers. Quant aux RDF, elles ont également exécuté des échappés du M23.

 

Source: Jambonews.net

novembre 16, 2012   No Comments

Kinshasa envisage la rupture des relations diplomatiques avec le Rwanda et l’Ouganda

Les relations diplomatiques entre la RDC et les pays cités comme impliqués dans le soutien aux groupes armés qui déstabilisent l’Est de la RDC sont maintenues. Cette position a été exprimée jeudi 15 novembre par le porte-parole du gouvernement congolais.  Reprenant la déclaration de Lambert Mende, Le Potentiel indique que les relations entre la RDC et le Rwanda et/ou le Burundi seront rompues le moment venu.

« Pendant la guerre froide, en pleine guerre du Vietnam ou pendant la crise de Cuba, les relations diplomatiques avaient été maintenues entre Américains et Soviétiques, qui renforçaient même leurs contacts au moyen de ce que l’on a appelé le téléphone rouge. L’objectif de la RDC est d’imposer la paix dans la région des Grands Lacs et non la guerre », a déclaré le porte-parole du gouvernement cité par Le Potentiel.

Il répondait au rapport du Renadhoc publié le 13 novembre et appelant « le gouvernement de la RDC à rompre ses relations diplomatiques avec le Rwanda et l’Ouganda, et à lancer des mandats d’arrêts internationaux contre tous les principaux animateurs du M23 et autres forces  négatives qui commettent impunément des crimes sur le territoire national ».

Source: Radiookapi.

 

novembre 16, 2012   No Comments

Le Réseau International des Femmes pour la Démocratie et la Paix organise une soirée de gala pour la paix en Afrique Centrale

Le 3 novembre 2012, à Enghien en Belgique, le Réseau international des Femmes pour la Démocratie et la Paix a organisé une soirée de gala pour la paix en Afrique des Grands Lacs.

Femmes Pour La Paix et la Justice - en tenue de prisonnieres

Une pensée particulière est allée à Madame Victoire Ingabire Umuhoza, qui doit écoper de 8 ans de prison rien que pour avoir voulu jouer au jeu démocratique

Outre les présentations orales, le Réseau international des Femmes pour la Démocratie et la Paix a présenté à ses convives un défilé thématique qui s’articulait autour de la paix, avec comme fil conducteur la vie de cette femme congolaise, rwandaise, burundaise, soit-elle rurale, citadine, moderne,  diversement affectée par la guerre. D’abord joyeuse, vaquant à ses occupations, elle s’est retrouvée au cœur des conflits, avec comme climax, la prison, exprimé à travers  le costume rose des prisonniers rwandais, arboré par les membres du Réseau international des Femmes pour la Démocratie et la Paix.

Les thèmes du défilé étaient les suivants :

1)      Défilé des femmes congolaises où tous les membres du RifDP présents ont arboré le costume congolais sous toutes ses formes

2)      Défilé des femmes rwando-burundaises :

  1. En habit rural traditionnel
  2. En habit traditionnel « Umukenyero + Urugori »
  3. En femme citatine, en tailleur
  4. En femme moderne, en robe
  5. En costume emprunté à l’Afrique de l’Ouest : le Bubu

3)      Puis survient la guerre, chacun se sauve dans la tenue du moment

4)      Puis, la prison pour certaines. Ici, une pensée particulière est allée à Madame Victoire Ingabire Umuhoza, qui doit écoper de 8 ans de prison rien que pour avoir voulu jouer au jeu démocratique

5)      Les membres du RifdP ont clôturé ce défilé sur une note positive, dénotant l’espoir que nous devons continuer à avoir, qu’un jour le ciel sera bleu au-dessus des pays des Grands Lacs africains. Elles arboraient un costume de soirée.

Ci-après, vous trouverez les interventions des invités sur la situation en Afrique Centrale:

  • Madame Justine M’Poyo Kasa-Vubu, sociologue, écrivain, fille du premier président de la RDC, Joseph Kasa-Vubu.
  • Monsieur Joseph Ntamahungiro, journaliste de formation, fonctionnaire au sein de l’Eurac.
  • Monsieur Placide Kayumba, Président de Jambo asbl.
Madame Justine M’Poyo Kasa-Vubu: L’insécurité et les massacres à l’Est du Congo

Madame M’Poyo Kasa-Vubu a parlé de la violence et de l’insécurité à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), un sujet lui tient à cœur. Elle a souligné que l’insécurité dans les Grands Lacs nous intéresse tous. Cette violence est-elle spontanée ou entretenue ? Selon elle, du point de vue de la RDC, elle est planifiée : il y a une planification et une volonté politique. Si nous examinons le point de vue géopolitique, tous ces massacres ont lieu dans les zones frontalières, donc internationales : pas seulement occidentales mais africaines aussi. Pour elle, il s’agit d’un « remake » de la conférence de Berlin qui avait en elle déjà l’esprit de balkanisation. L’Afrique centrale contient beaucoup de ressources convoitées par différents pays. 100 ans après la conférence de Berlin, les lois sont quasi identiques : les pays occidentaux recherchent des ressources. Il y a une convergence des grandes puissances qui impose une réévaluation géopolitique : pour trouver les réponses, il faut dépoussiérer les dictatures !

L’instabilité politique arrive car tous les processus ne tiennent pas leur promesse. Il y a refus de changement démocratique : on débouche sur les bouleversements majeurs : alliances contre nature, génocide rwandais avec conséquences en RDC : bourgeonnement des rébellions qui déstabilisent les institutions. Qui paye le prix fort ? Les femmes, les jeunes filles, les vieillards. Les jeunes, au lieu d’aller à l’école, participent à la  déstructuration de la région. L’exploitation des matières premières fait resurgir l’esprit de Berlin, avec des sous-traitants locaux !

Le refus du dialogue inter-rwandais présente les tutsis comme bons, les hutus comme mauvais il y a une volonté d’annexion d’une partie du Congo. Le Rwanda ne peut pas le faire seul : il a des alliés comme Clinton, Tony Blair, et en jouant sur la culpabilité des occidentaux face au génocide, profitant du mea culpa international, il justifie la mise en place d’un territoire qui engloberait le Rwanda et une partie de la RDC. Kagame a mis en place l’instabilité dans la région. Les rébellions sont organisées pour atteindre cet objectif d’annexion.

En massacrant la population, des femmes et des enfants en majorité, on diminue le taux de congolais à l’est, en réduisant le taux de fécondité qui conduira à la mutation sociologique. Dans une quinzaine d’années, on pourra justifier la rwandophonie plutôt que la congolité. Hier CNDP, aujourd’hui M23, dès que leurs dirigeants sont poursuivis pour les massacres qu’ils ont commis, ils deviennent rwandais !! Il y a une volonté politique délibérée d’entretenir cette insécurité en implantant la violence ! L’impunité est consacrée !

Pour Madame Kasa-Vubu, il y a une coresponsabilité de nous tous car ce qui se passe en RDC est inadmissible : la parole des occidentaux pèse plus que celle des nationaux ! L’impunité a consacré l’immunité des dirigeants et a produit la légalité conséquente ! Ce qui est inacceptable en Europe doit l’être aussi en Afrique centrale ! L’Afrique ne connaît pas d’élections mais des coups d’état démocratiques ! Mukwege a été victime d’un attentat et en moins de 48 h, il a pu quitter la RDC et se retrouver en route vers l’Europe ! Il manque donc une volonté de la part de la communauté internationale car, quand elle le veut bien, une solution est vite trouvée. D’où la conclusion que la communauté internationale laisse les choses pourrir sciemment!

Ntamahungiro Joseph : Le Burundi est-il pacifié ? La démocratie y est-elle acquise ?

Il a de prime abord abordé l’après-élection de mai 2010, la situation de la femme burundaise, la situation des enfants albinos burundais.

Dans son intervention, il doit apporter des réponses à deux questions précises : le Burundi est-il pacifié ? Y a-t-il la démocratie ?

Le Burundi n’est pas pacifié car la criminalité et l’impunité sont devenues monnaie courante. Les quotidiens titrent sans cesse « Tu n’auras pas la paix tant que tu vivras », « Le calvaire des femmes burundaises », « Les enfants albinos burundais », « La situation est grave ». Au regard de ce qui se passe, si nous ne nous engageons pas, il y a risque que notre pays bascule dans la violence ! on ne cesse de parler de guerre !! Les personnes sont enlevées, assassinées, mutilées, au point de ne plus les reconnaître. Ces crimes sont mis sur le compte des agents de la présidence à travers l’opération  « safisha » ou « nettoie » !

Il y a aussi le calvaire des enfants albinos : depuis 2010, 18 enfants ont été massacrés, la plupart par démembrement ! Ces enfants seraient victimes de trafic d’organes entre le Burundi et la Tanzanie à cause des vertus qu’on associe à leurs membres.

Femmes au Burundi : beaucoup de femmes sont victimes de violences de toutes sortes dont le viol. En octobre 2012, la Ligue burundaise des Droits de l’Homme a titré « la femme burundaise sous la folie meurtrière » : 10 femmes ont été tuées à Kirundo, une femme et ses filles ont tuées car  accusées de sorcellerie, des femmes ont été tuées par leurs conjoints, … Les hommes sont aussi victimes des violences mais on en parle moins ! L’épidémie des grossesses en milieux scolaires : selon le ministre de l’enseignement, ces 2 dernières années, 3600 cas de jeunes élèves sont tombées enceintes alors qu’elles étaient encore à l’école.

Dans ces conditions, le Burundi est loin d’être pacifié, on assiste à une criminalité élevée et au retour de groupes armés qui font du tort.

Le Burundi est-il démocratisé ? Non, il suit le modèle de son voisin du nord. D’après le dernier rapport de l’International Crisis Group intitulé « Bye Bye Arusha », le Burundi perd les acquis des accords d’Arusha. La plupart des membres des partis de l’opposition, après avoir perdu les élections communales, sont repartis en exil ! Il y a absence d’opposition véritable ! Le président est en train de tout faire pour amender la constitution et se représenter aux élections ! Le spectre de la violence revient. Le processus démocratique qui avait commencé à Arusha semble s’éloigner de plus en plus.

Le Burundi sera démocratique quand chaque burundais sera réellement libre, aura de quoi vivre dignement, n’aura plus peur du pouvoir, quand la société exercera son pouvoir de contrôle de l’exécutif, quand il aura des institutions fortes et non des hommes forts, quand la vie de chaque burundais sera sacrée,…

Tout le monde a le mot « dialogue » à la bouche d’un côté mais s’arme de l’autre ! Le Burundi risque de sombrer dans une guerre civile ! Au 50ième anniversaire de l’indépendance, le discours était triomphaliste mais le peuple n’avait pas le cœur à la fête : les burundais sont désabusés, ils comparent l’époque actuelle à la période coloniale !

Mr Placide Kayumba : Quel sera, d’après les jeunes, le Rwanda de demain?

D’emblée, Mr Kayumba précise qu’il parle au nom des 61 jeunes de Jambo asbl puisque d’autres jeunes qui n’en font pas partie ont peut-être d’autres idées. A Jambo asbl, le Rwanda qu’ils veulent est un Rwanda où chacun est maître de son destin !

Chacun sera maître de son destin à travers son histoire : chacun doit la connaitre, la comprendre et la transmettre ! Pour le gouvernement, les jeunes exilés sont des ennemis du pays ! Mais ce gouvernement sait-il ce que les jeunes sont devenus aujourd’hui ? Ils sont plutôt des citoyens du monde. La structure familiale n’est plus la même non plus. Le jeune a-t-il hâte de prendre des responsabilités comme avant? Ces repères-là existent encore ?

Vivons-nous en  paix là où nous sommes ? Non ! On ne se sent pas en paix ! Les jeunes hésitent à s’engager politiquement par peur de représailles ! Il constate que les rwandais savent plus ou moins s’en sortir économiquement là où ils sont exilés! Mais si nous devons être maîtres de notre destin, il faut connaître le Rwanda d’aujourd’hui ! On nous présente un Rwanda qui avance économiquement mais le peuple s’appauvrit ! Les jeunes universitaires ne font pas de travaux de recherche sur le pays. L’espace politique est fermé, les vrais opposants sont en prison, le problème de cohabitation est réel.

L’avenir, c’est nous qui devons le déterminer. C’est nous qui devons savoir le mode de gouvernance que nous voulons ! L’identité sociale et culturelle doit être maintenue, la structure familiale doit aider à garder nos repères et à responsabiliser les jeunes ! Nous devons être conscients des libertés mais aussi des devoirs que nous avons pour construire, entre autres le devoir d’assurer une justice non sélective car les crimes des années 90-94 restent impunis. La justice doit faire son travail !

En conclusion, la jeunesse veut un Rwanda où chacun est maître de son destin !

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Le Réseau international des femmes pour la Démocratie et la Paix est une organisation à but non lucratif mise en place par des femmes déterminées à promouvoir la démocratie et la paix.

novembre 12, 2012   No Comments