Tribune d'Information sur le Rwanda

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Mpore Mémoire et Justice commémore pour la 4ème année toutes les victimes de la tragédie des Grands Lacs

Samedi 27 avril 2013, Mpore Mémoire et Justice, organise la 4ème édition de la Commémoration de tous les disparus des conflits armés qui ont ravagé les pays d’Afrique des Grands Lacs. Cette édition 2013 aura pour thème : le pardon, ses préalables, sa nécessité et son rôle dans la reconstruction des victimes.

Mpore Mémoire et Justice, une initiative de Jambo ASBL, a pour objectif d’offrir un cadre d’écoute, d’échange et de mémoire pour toutes les victimes des exterminations de civils qui ravagent la région des Grands Lacs depuis le 1er octobre 1990. Depuis cette date, des conflits armés ont éclaté aboutissant à des massacres de masses et même à des génocides. Depuis plus de 20 ans, on dénombre plus de 7 millions de morts dans la région. C’est dans cette logique que chaque année au mois d’avril et depuis maintenant 4 ans, Mpore organise une commémoration pour toutes ces victimes.

L’événement se déroulera en deux parties : la première se fera sous forme de conférence-débat sur la thématique du pardon, la seconde sera une veillée de recueillement en mémoire de tous les disparus, connus, inconnus, reconnus et/ou oubliés.

Rassembler toutes les victimes

En ce mois d’avril qui est un moment douloureux spécialement pour les Rwandais, recueillement et commémoration laissent trop souvent leur place aux polémiques et autres provocations en tout genre. La douleur des rescapés et la mémoire des disparus sont bien trop souvent remis au second rang. C’est aussi dans une volonté d’apaisement que Mpore a décidé de décaler sa commémoration. La souffrance des rescapés quand elle est politisée, divise et clive les sociétés congolaises, burundaises et surtout rwandaises. Par ailleurs, la non-reconnaissance de toutes les victimes risque de favoriser l’émergence de nouvelles atrocités. Dès lors, la commémoration de Mpore se veut être une plateforme rassemblant toutes les victimes sans distinction ethnique ou nationale. Aucune victime qu’elle soit reconnue, non-reconnue ou oubliée ne doit être omise.

Le rôle du pardon dans le processus de reconstruction de la victime

Cette année donc, le thème des exposés et des débats sera : le pardon, ses préalables, sa nécessité et son rôle dans la reconstruction des victimes. Placide Kayumba, président de Jambo ASBL justifie ce choix dans une logique évolutive par rapport aux thématiques passées. Il explique que lors de la 1ère édition en 2010, l’idée était de « reconnaître la victime, ensuite en 2011, l’écouter quant à son vécu du drame. Enfin en 2012, découvrir sa vie d’après drame. Maintenant il fallait explorer les pistes de reconstruction. ». Le pardon fait donc partie des pistes envisagées dans le processus de reconstruction de la victime.

En bref, il explique « qu’après avoir été reconnue, la victime est rassurée pour s’ouvrir aux autres, raconter son drame et la vie après celui-ci sans se sentir jugée ou obligée de prouver l’authenticité de son vécu. Cette vie d’après est faite de colère, frustration et envie de revanche qui emprisonnent la victime et l’empêche d’avancer et d’avoir une vie normale, un avenir paisible. » En plus de la reconstruction de la victime elle même, le pardon doit aussi permettre de recréer une société unie et pacifique.

Placide Kayumba poursuit en expliquant que « le pardon est pour nous [Jambo ASBL NDLR]  un passage qui permet à la victime d’avancer plus dans sa vie, tout en étant une étape obligée dans la restauration de relations paisibles entre les peuples concernés. » 

Les échanges commenceront à 17 h et se termineront à 18 h 15 ; la veillée commémorative quant à elle débutera à 18 h 30 et prendra fin à 20 h.

Source: Jambonews.net

avril 30, 2013   No Comments

Où va la RDC avec l’accord d’Addis-Abeba et la résolution 2098?

Depuis le début de cette année 2013, les enjeux sécuritaires en RDC et plus particulièrement dans l’est, sont au centre de toutes les tractations. La signature de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, le 24 février dernier, a marqué, d’une certaine manière, le lancement de la nouvelle stratégie de communication du gouvernement congolais. Concernant l’accord-cadre, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende et le Ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda n’ont eu de cesse d’exposer le bien-fondé et l’ambition de l’accord qui, comme nombre de ses prédécesseurs, vise à rétablir la paix en RDC.

Addis 2098

Pour rappel, onze chefs d’Etat africains ont signé, en présence de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, un accord-cadre visant à instaurer la paix en RDC. Les signataires, notamment le Rwanda et l’Ouganda, se sont engagés alors à ne soutenir aucun groupe armé en RDC. L’accord décline aussi toute une série de recommandations que la RDC s’est engagée à suivre. Néanmoins, selon Lambert Mende, cet accord aurait la plus-value de mettre l’accent sur des « aspects extérieurs de cette conflictualité récurrente ». Autrement dit, de souligner des responsabilités autres que celles du gouvernement, sous-entendant ainsi l’action du Rwanda et de l’Ouganda. Désireux de légitimer son action face à une opinion publique de plus en plus lasse de promesses continuellement renouvelées, le gouvernement a donc amorcé cette campagne « pédagogique » pour rassurer et redonner confiance au peuple congolais.

Cependant des inquiétudes apparaissent assez vite à la lecture de l’accord-cadre. En effet, même, s’il se réclame d’une approche globale incluant les différents pays de la région pour stabiliser RDC, il n’en reste pas moins « un nouvel accord» comme l’ont été les précédents se réclamant également d’une dynamique inclusive mais n’ayant, pour aucun d’eux donné de résultats réellement mesurables et ce, depuis plus d’une décennie. De plus, certaines voix se sont élevées dénonçant une mise sous tutelle de la RDC qui seule doit s’engager à se démocratiser et à se réconcilier avec les pays voisins. A ajouter à cela, le fait qu’au jour d’aujourd’hui en RDC, plane sur toute nouvelle initiative, qu’elle soit régionale ou téléguidée par la communauté internationale, des soupçons d’un agenda caché.

Les Nations Unies au secours du gouvernement congolais

Pourtant, cette fois-ci, la communauté internationale par l’entremise du Conseil de sécurité, semble vouloir véritablement allier les paroles aux actes. Le 28 mars, le Conseil adopte la résolution 2098 qui vise à créer une brigade d’intervention avec un mandat offensif. De quoi alimenter davantage la rhétorique gouvernementale qui de la pédagogie du bien-fondé de l’accord d’Addis-Abeba est passée à une séance d’autocongratulation. En effet, Kinshasa estime que cette résolution n’est ni plus ni moins la matérialisation de l’efficacité de sa diplomatie et ne se prive de le relayer dans la presse comme en témoigne les différentes sorties des officiels. En quelque sorte, les Nations-Unies sont venues porter secours au gouvernement congolais qui depuis les élections peine à convaincre ses citoyens. La mise en mouvements du Conseil de sécurité sur la situation au Congo donne alors de la substance aux discours du pouvoir en place mais l’attente de résultats reste grande.

Par ailleurs, le gouvernement, qui pour certains, s’évertue à défendre l’indéfendable, tenait des négociations avec le M23 à Kampala alors que, paradoxalement, ce même groupe est listé dans la résolution 2098 comme l’un des groupes armés à combattre. De quoi se demander quelle sera la portée réelle sur le terrain de la brigade d’intervention onusienne. L’imbroglio politico-militaire que constitue les réintégrations et désertions successives au sein de l’armée congolaise ne facilitera en rien l’action de la brigade d’intervention. Ensuite, l’idée de voir un contingent de 3069 hommes venant de pays étrangers (Afrique du Sud, Malawi et de Tanzanie) faire ce que l’armée congolaise n’est jamais parvenu à faire depuis plus de dix ans, sonne plutôt comme un aveu d’échec, et de la gestion militaire et du leadership du président Kabila qui est le chef des armées[4]. D’autres questions plus opérationnelles peuvent également être soulevées quant à la mise en action et à la collaboration des forces onusiennes et les FARDC. Le M23 ayant accueilli assez négativement la création de la brigade d’intervention s’est déjà lancé dans une campagne d’intimidation dans les médias et envers la population.

Quel rôle pour le Rwanda ?

Enfin, le texte de la résolution stipule « l’engagement et la bonne foi des Etats signataires de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ». Cet argument de bonne foi ne peut qu’inquiéter quand on sait que deux des Etats signataires sont nommément accusés dans un rapport d’un groupe d’experts onusiens de soutenir des groupes armés dans la région, ces mêmes groupes armés que la brigade a pour mandat d’éradiquer. De plus, selon le quotidien l’Avenir, le Rwanda et l’Ouganda se seraient déjà mis en mouvement. En effet, le journal fait état de 2800 militaires ougandais et 1200 rwandais qui auraient traversé la frontière pour porter main forte au M23 et contrecarrer  les FARDC et la brigade d’intervention. Sans pouvoir certifier ces informations, elles viennent s’ajouter au climat de suspicion actuel.

Et si aujourd’hui, le gouvernement congolais et les forces onusiennes semblent vouloir en découdre avec le M23, comme en témoigne les récentes déclarations des officiels, l’atmosphère n’en demeure pas moins peu rassurante à l’entame du déploiement onusien. Puis, la percée diplomatique de Kigali ne fait qu’éveiller les craintes congolaises quant à ses prochains mouvements. En effet, malgré les oppositions, le Rwanda a accédé, avec un vote de 148 voix sur 196, à un siège de membre non-permanent du Conseil de sécurité allant même jusqu’à s’asseoir, depuis le premier avril, sur le siège de la présidence tournante du Conseil. Certes les prérogatives de ce statut restent limitées mais savoir le Rwanda, qui pour beaucoup de Congolais est l’un des principaux protagonistes de la crise actuelle, à la tête de l’organe coercitif des Nations-Unies agite quelque peu la spéculation pour la suite des évènements.

Les scénarii potentiels

En définitive, l’accord-cadre d’Addis-Abeba couplé à la résolution 2098, malgré les réserves émises quant à leur application, restent des opportunités pour faire avancer la situation en RDC. Par contre, les autorités congolaises devront se donner les moyens pour que des résultats concrets puissent émerger et la collaboration entre FARDC et les forces onusiennes devra être des plus efficaces et d’une implacable transparence pour entamer un redressement effectif de la gestion sécuritaire en RDC.

Dans une dynamique de court terme, le gouvernement pourra aisément surfer sur la vague de la mise en action de la brigade d’intervention pour convaincre l’opinion de sa réactivité. Cependant à moyen terme, les premiers résultats sur le terrain seront déterminants et la clarification des relations avec le M23 seront aussi nécessaires.

Enfin à long terme, deux scénarii pourraient se profiler. Le premier, plus optimiste, verrait le gouvernement, conjointement aux actions militaires sur le terrain, s’activer par rapport aux nombreuses réformes attendues par les citoyens et surtout réaffirmer la souveraineté du Congo sur la totalité du territoire pour battre en brèche tout dessein de balkanisation du pays. L’initiative onusienne pourrait donc être un réel moteur de progrès pour la RDC à condition qu’il soit accompagné d’un agenda politique clair. Le deuxième scénario se veut plus pessimiste et, dans une certaine mesure, se place dans la lignée des feux de paille et effets d’annonce qui ont bordé la vie politique congolaise. On verrait alors le gouvernement ériger comme paravent l’action onusienne pour masquer une certaine apathie politique quant aux réformes structurelles du pays et de l’armée. Il s’engagerait dans une série d’annonces et de mesurettes pour défendre son bilan à l’approche des élections de 2016.

Source: Jambonews.net

avril 30, 2013   No Comments

Rwanda : la condamnation de Victoire Ingabire, ou la réconciliation nationale selon Kigali

Au mois d’octobre dernier, Victoire Ingabire, présidente hutue des FDU-Inkingi (FDU = Forces démocratiques unifiées), parti d’opposition rwandais en exil, était condamnée à huit ans de prison par la Haute Cour de Kigali pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre » et négation du génocide des Rwandais tutsis du printemps 1994.

Victoire Ingabire

Au moment de cette condamnation, Victoire Ingabire était détenue depuis deux ans dans les prisons rwandaises, après avoir été arrêtée au mois d’octobre 2010 par les services de sécurité. Rentrée au Rwanda le 16 janvier, après dix-sept ans d’exil aux Pays-Bas, elle avait pour objectif, lors de son retour, de se porter candidate contre le président Paul Kagame à l’élection présidentielle prévue pour le mois d’août suivant. Projet qui allait trouver sur sa route le régime rwandais.  A partir de cet instant, tout fut mis en œuvre non seulement pour empêcher cette candidature mais également pour éliminer la candidate du champ politique rwandais. Refus de l’enregistrement des FDU-Inkingi en vue de l’élection, convocations répétées auprès des services de police, campagne médiatique agressive, menaces physiques,  passage à tabac de son assistant, rien ne lui fut dans un premier temps épargné des pratiques relevant du harcèlement et de l’intimidation, jusque donc l’incarcération. Puis, dans un second temps, les autorités organisèrent à son intention un procès qui aura été marqué par son caractère à la fois politique et inéquitable.

De fait, le dossier Victoire Ingabire est emblématique de la nature profonde du régime rwandais. La petite élite de dignitaires tutsis, hauts responsables politiques et militaires associés à quelques affairistes, qui, gravitant autour du président Kagame, monopolise le pouvoir politique et économique au Rwanda, convaincue qu’elle est d’être seule à pouvoir guider la population rwandaise vers une société prospère et unie mais également profondément soucieuse de promouvoir ses intérêts propres, appuie en effet sa dictature sur plusieurs instruments. Nous laisserons ici de côté le parti-Etat qu’est le Front patriotique rwandais (FPR), de même que le contrôle de l’armée et des services de sécurité, pour nous intéresser, à la lumière de l’exemplaire affaire Ingabire, d’une part et principalement à la mystification que représente la lutte contre l’ « idéologie du génocide » et le négationnisme et  pour l’éradication des antagonismes ‘ethniques’, d’autre part à l’instrumentalisation du système judiciaire national à des fins politiques.

En ce qui concerne le premier point, les autorités rwandaises, depuis leur accession au pouvoir en 1994, n’ont cessé de proclamer leur volonté d’œuvrer à la réconciliation nationale, cela dans le but de construire une identité rwandaise unifiée, « un Rwanda pour tous les Rwandais ». Afin qu’une tragédie telle que le génocide de 1994 ne puisse se reproduire au Rwanda, assurent-elles, rien –aucun écrit, aucun discours, aucune action, aucun comportement – ne doit être toléré, dans l’espace public national, qui relève de l’idéologie qui le rendit possible, qui nie sa réalité, ou qui  suscite des antagonismes, des divisions, au sein de la population. S’agissant de ce dernier point en particulier, l’idée, à l’origine, était que la culture et les réflexes ‘ethniques’ – à juste titre désignés comme l’outil privilégié des génocidaires de 1994 en matière de manipulation des masses  –  pesaient encore beaucoup dans la société rwandaise et qu’il était impératif de faire obstacle à tout ce qui était susceptible de susciter leur manifestation. Le régime rwandais s’est dès lors doté d’un arsenal législatif censé  lui permettre d’empêcher un retour de la violence en le mettant en capacité de sanctionner toute incitation à la discrimination et à la haine’ ethnique’, en même temps que toute tentative de nier, minimiser ou banaliser le génocide. L’article 13 de la Constitution de juin 2003 stipule ainsi que « le révisionnisme, le négationnisme et la banalisation du génocide » sont punis par la loi. De même, deux lois, l’une visant le « divisionnisme », l’autre l’ « idéologie du génocide », promulguées en 2002 et 2008, prévoient de lourdes peines à l’encontre de ceux qui les enfreignent.

Or, la définition juridique de ces « crimes » est tellement vague, imprécise, voire ambigüe, qu’elle permet à l’Etat rwandais de criminaliser abusivement tout propos, discours, écrit ou acte politique faisant référence aux composantes hutu ou tutsi de la population, livrant une version de l’histoire rwandaise différente de la version officielle, estampillée FPR, et, plus largement, critiquant le gouvernement et ses politiques présentes ou passées. Recourant à une instrumentalisation du génocide dont le régime rwandais est familier, la loi a en fait là pour fonction à la fois de permettre et de légitimer le pouvoir exclusif de ce dernier. Elle constitue en effet un redoutable outil de contrôle et de répression politiques, que le gouvernement rwandais utilise pour neutraliser et réduire au silence toute opposition en formulant contre ses représentants des accusations dont l’apparence vertueuse dissimule mal la nature profondément politique. De fait, toute critique de l’action gouvernementale tombe sous le coup de la législation anti-génocidaire, en particulier de l’accusation de viser à la division de la communauté nationale. Ceci garantit naturellement la fermeture de l’espace politique rwandais. Outre l’absence, au Rwanda, d’une société civile autonome et d’une presse indépendante, il n’y existe ainsi pas d’opposition interne à même de remplir un rôle démocratique. A l’exception d’un seul, que le gouvernement ne cesse de tenter d’affaiblir en fomentant des scissions en son sein, les partis d’opposition restent non-autorisés et empêchés de participer aux élections. A l’image de Victoire Ingabire, leurs responsables sont soumis à un harcèlement permanent et à l’emprisonnement quand il s’agit du chef de file. Par ailleurs, sous prétexte d’établir  dans le court terme un compromis entre une authentique démocratie, dont il affirme que l’instauration précoce constituerait un danger pour une population qui a récemment vécu un génocide, et l’impératif de réconciliation nationale, le FPR a mis en place autour de lui un cartel de partis avec lesquels il est censé partager le pouvoir mais qui fonctionnent dans une totale sujétion à sa domination, des partis-satellites donc, qui soutiennent le régime et lui fournissent, au moment des élections, des candidats factices censés crédibiliser l’exercice. Une démocratie de façade – en lieu et place, par exemple, d’un système qui organiserait un espace démocratique selon des lignes non-communautaires –,  qui illustre le refus du fonctionnement même d’une société démocratique et la volonté du FPR d’exercer seul la totalité du pouvoir au bénéfice de l’idéologie et des intérêts de la petite élite tutsi qui le contrôle.

Que le procès de Victoire Ingabire ait été un procès politique apparaît clairement lorsque l’on examine les chefs d’accusation initiaux et ceux retenus par la Haute Cour pour rendre son verdict. L’on y trouve comme il se doit une dominante ‘génocidaire’ – propagation de l’idéologie du génocide, divisionnisme, négationnisme – et une thématique terroriste – « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre ». S’agissant de cette dernière thématique, il convient d’observer qu’en raison du peu de crédibilité qui s’attache à des accusations telles que « propagation de l’idéologie du génocide » et « divisionnisme » au regard du droit international, le gouvernement rwandais a pris l’habitude de tenter de les légitimer, lorsqu’il souhaite s’en prendre à un opposant, en les associant à celle d’entreprise terroriste portant atteinte à la sûreté de l’Etat. Victoire Ingabire était ainsi accusée d’avoir collaboré, dans le cadre de la création d’une organisation terroriste visant à contraindre les autorités rwandaises à la négociation par la violence armée, avec les rebelles hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), organisation basée dans les deux Kivu, responsable de nombreux crimes contre l’humanité et contenant dans ses rangs d’anciens membres des milices et de l’armée génocidaires. La veille du verdict, un proche conseiller du président rwandais, Tom Ndahiro, qualifiait à cet égard Mme Ingabire – en référence à ses liens présumés avec les FDLR – de « gardienne de l’extrémisme hutu » et « chef de file mondial des génocidaires les plus radicaux ».

Il est intéressant tout d’abord d’observer que les accusations liées au thème du génocide se complétaient de celle de « propagation de rumeurs » visant à inciter la population à se soulever contre l’Etat. C’est en effet bien pour son opposition au gouvernement de Paul Kagame et pour les critiques qu’elle avait publiquement exprimées depuis son retour au Rwanda à l’encontre des politiques menées – dénonciation d’un « régime de terreur » générateur d’une « peur chronique », appel à « l’instauration d’un processus démocratique » et d’un Etat de droit, stigmatisation de l’ « l’instrumentalisation du génocide », de «  l’échec de la politique de réconciliation » et de « la famine criante dans les campagnes » – que Victoire Ingabire risquait une peine de prison à perpétuité, peine requise par le Parquet rwandais. Et ce sont bien ces motivations politiques que les accusations se référant au génocide avaient pour fonction de cacher. Il suffit d’examiner à la lumière de ces dernières les déclarations d’Ingabire, notamment – mais pas seulement – le jour de son retour au Rwanda, le 16 janvier, et dans sa « Lettre aux Rwandais » du 3 mai, pour se convaincre de la faiblesse de telles charges et comprendre qu’elles constituent une pure et simple falsification de la réalité. Le point essentiel à souligner à cet égard est qu’elle reconnait explicitement dans ces déclarations, en son nom et au nom de son parti, « qu’en 1994 il y a eu au Rwanda un génocide contre les Tutsis ». Son premier geste politique, le jour de son arrivée à Kigali, sera de déposer une gerbe de fleurs au mémorial consacré à la tragédie, à Gisozi. Et cette reconnaissance du génocide et de l’identité de ses victimes est sans ambigüité. Lorsqu’en effet elle évoque les victimes hutues du conflit rwandais des années 1990 – plusieurs centaines de milliers de civils, parmi lesquels un grand nombre d’enfants, de femmes et de vieillards, massacrés par l’armée du FPR au Rwanda et au Congo-Zaïre -, Victoire Ingabire, à la différence de beaucoup dans la mouvance pro-hutu,  ne dénonce pas un « autre génocide », ce qui reviendrait à banaliser, en quelque sorte à annuler, le génocide des Tutsis, mais utilise le terme de « massacres ». Lorsque par ailleurs elle définit le génocide comme « le fruit de la manipulation de la question ethnique à des fins politiques par une oligarchie », elle met clairement en cause les extrémistes hutus qui le perpétrèrent, extrémistes dont elle demande que pas un seul d’entre eux n’échappe à la justice. Cependant, elle affirme avec force – brisant ainsi l’interdit imposé par le gouvernement concernant l’évocation publique des composantes communautaires de la nation rwandaise, en même temps que le mythe d’un FPR sans tache et sans reproche – qu’il ne saurait y avoir de possible et authentique réconciliation du peuple rwandais avec lui-même sans que la souffrance de « toutes les victimes » ne soit reconnue. C’est-à-dire sans que justice ne soit rendue aux victimes hutues de la guerre civile et que donc les « Tutsis qui ont tué des Hutus » ne soient également jugés. C’est un tel discours qu’il convient d’avoir à l’esprit lorsque l’on souhaite prendre la mesure des motivations politiques qui sont au fondement du procès de Victoire Ingabire. Car c’est ce discours qui lui vaudra dans un premier temps d’être décrite dans la presse gouvernementale comme une « descendante des nazis », missionnaire de la haine ethnique et tenante de la thèse du « double génocide », puis d’être accusée de « propagation de l’idéologie du génocide » et de « divisionnisme », pour finir par être condamnée pour « négationnisme ».

Le gouvernement rwandais et ses relais à l’intérieur et à l’extérieur du Rwanda ne se sont pas fait faute de mettre en exergue la « clémence » du jugement rendu à l’encontre de la présidente des FDU-Inkingi – huit ans d’emprisonnement alors qu’une peine de perpétuité était requise. Il ne faut en réalité pas s’y tromper. L’acquittement relatif aux charges portant sur l’idéologie du génocide et le divisionnisme s’explique pour beaucoup à la fois par l’extrême faiblesse de ces dernières et par la pression internationale pesant sur le régime rwandais, tout particulièrement dans le contexte de fort soupçon de la création par celui-ci d’une rébellion particulièrement déstabilisatrice à l’Est de la République démocratique du Congo. Après tout, les chefs de négationnisme et de participation à une entreprise terroriste et quelques années de prison étaient bien suffisants pour atteindre à moindres frais politico-diplomatiques l’objectif recherché, à savoir la neutralisation de l’opposante politique.

Cette prétendue clémence (à l’égard d’une personne innocente des faits qui lui sont reprochés !), le camp pro-gouvernemental en a notamment donné une explication qui, cette fois, met en lumière la faiblesse du second chef d’accusation finalement retenu – « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre » -, ainsi que son utilité pour masquer les véritables motivations politiques du procès. Le crime concerné, a-t-il été avancé, n’en était qu’à sa phase préparatoire. Et pour cause ! Il n’existe aucune trace d’une organisation terroriste qui aurait été créée par les FDLR avec la participation de Victoire Ingabire, aucune indication non plus quant à sa chaîne de commandement ou son territoire opérationnel, sans parler de ses effectifs. Il n’existe même pas de preuve  tangible d’un projet de création d’une telle organisation. L’accusation et le jugement rendu sont principalement fondés sur le témoignage de quatre anciens membres des FDLR, co-accusés de l’opposante, qui ont tous plaidé coupable des charges d’appartenance à un mouvement terroriste et de création d’un groupe armé, tout en faisant état de l’implication d’Ingabire à leur côté . Or, il s’est avéré, sans que cela n’émeuve la Cour, que deux au moins d’entre eux avaient été détenus un certain temps, en amont du procès, par le service de renseignement militaire rwandais au camp Kami, en périphérie de Kigali, camp militaire récemment désigné par Amnesty International comme l’un des lieux illégaux de détention de civils par l’armée rwandaise sous un régime d’actes de torture et de mauvais traitements. L’organisation de défense des droits de l’homme a de plus recueilli des informations selon lesquelles d’autres personnes détenues dans ce camp auraient été soumises à d’ « intenses pressions » afin qu’elles incriminent Victoire Ingabire. Enfin, un témoin cité par la défense, ancien porte-parole des FDLR un temps détenu au camp Kami en compagnie d’un des co-accusés, principal témoin de l’accusation, a affirmé que celui-ci lui aurait confié avoir été incité à incriminer l’opposante politique, ajoutant ne la connaître en aucune manière. Il aurait également tenté de recruter ce témoin de la défense dans la perspective de monter un faux dossier d’accusation contre elle. On comprend dès lors que, devant la nature peu convaincante des éléments de preuve apportés par l’accusation, celle-ci et le camp pro-gouvernemental aient jugé utile de remonter à la période des camps de réfugiés du Zaïre de l’après-génocide, période de chaos où les opposants – génocidaires ou pas – au nouveau régime rwandais tentaient de s’organiser politiquement, pour évoquer les liens passés de Victoire Ingabire avec une formation politique dont seraient plus tard issues les FDLR. Sans du reste, là encore, apporter de preuve probante de l’adhésion de l’opposante aux  thèses et objectifs radicaux des futurs rebelles.

Ici de nouveau, il convient en outre de confronter ce dont Victoire Ingabire est sur  ce point accusée – tentative de contraindre le gouvernement à la négociation par le terrorisme et la violence armée – avec ses déclarations et intentions affichées. Le sentiment que suscite le témoignage de ses co-accusés s’en trouve vivement conforté.  De fait, l’ensemble de son discours, qu’il soit écrit ou oral, est un appel constant et sans équivoque à un changement politique pacifique au Rwanda, un changement respectueux de la légalité, en particulier électorale, de même qu’une quête de la réconciliation entre Rwandais. Lors de son retour au Rwanda, elle adresse ainsi à ses concitoyens un message empreint de son refus de la violence et de son aspiration à l’unité : « Je rentre pour mener un combat pacifique. Je ne suis pas accompagnée d’une armée. Nous n’avons pas besoin d’une autre guerre et nous condamnerons quiconque voudra nous replonger dans la guerre. Nous ne vous engagerons pas dans des meetings qui risquent de déboucher sur des affrontements. » Ou encore : « Nous avons choisi la voie pacifique afin d’éviter une nouvelle effusion de sang et pour préserver la recomposition du tissu social rwandais. Nous devons nous unir et construire ensemble notre pays dans la paix ». Concernant les FDLR, si elle affirme que la résolution du problème qu’elles posent passe par l’ouverture d’un dialogue politique, elle n’en est pas moins tout aussi claire : « Ceux qui sont impliqués dans les crimes de génocide et autres crimes contre l’humanité devront s’expliquer devant une justice équitable ». Et elle affirme : « Les rebelles , je n’en ai pas besoin ».

Comme si tout ceci n’était pas suffisant, comme si ses persécuteurs avaient craint que les charges qui qui pesaient sur elle ne tiendraient pas la route, Victoire Ingabire aura été d’autre part mise dans l’impossibilité de se défendre efficacement du fait des nombreuses irrégularités qui ont jalonné son procès. Elle n’aura pas eu de procès équitable. Si, en effet, le régime dictatorial rwandais, dans son désir de voir des dossiers de Rwandais suspectés de génocide lui être transférés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda ou des pays tiers, a apporté depuis quelques années des améliorations à son système judiciaire mais aussi carcéral, il lui est demeuré impossible d’aller réellement à l’encontre de sa nature profonde. Le système judiciaire rwandais reste une institution dépendante du pouvoir, instrument efficace de la politique répressive de celui-ci. Un passage en revue de quelques incidents survenus au cours du procès de l’opposante en offre une ample illustration. Les ingérences de l’exécutif – une habitude – n’ont tout d’abord pas manqué, au mépris de la plus élémentaire présomption d’innocence. L’on put ainsi entendre Paul Kagame déclarer sur CNN que la place de l’accusée était en prison, puis annoncer quelque temps après que  son gouvernement avait « recueilli suffisamment de preuves permettant d’établir un lien entre Ingabire est les mouvements rebelles actifs dans l’Est de la République démocratique du Congo » (RDC). La ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, assura quant à elle sur RFI que l’accusée avait « commis des crimes extrêmement graves ». Il y eut également, au moment où la défense souleva une exception d’inconstitutionnalité de la loi de 2008 portant sur l’idéologie du génocide, le refus de le Cour suprême, dans un premier temps, de se prononcer sur le fond et l’argument que les magistrats avancèrent, proprement stupéfiant, selon lequel les défenseurs n’avaient pas accompagné leur saisine d’une copie de la loi concernée ! Les juges du procès ne furent pas en reste, qui, à plusieurs reprises, manifestèrent à l’endroit de la défense et de sa cliente elle-même une franche hostilité, montrant à l’inverse une indulgence remarquée  vis-à-vis de l’accusation. Ils se distinguèrent tout particulièrement lorsque leur parti-pris les poussa – sous le prétexte d’une condamnation antérieure pour génocide par les tribunaux locaux – à refuser d’entendre une seconde fois, à la demande de la défense, le témoin qui avait mis à mal la crédibilité du principal témoin de l’accusation. Ce témoin, enfin, après son passage à la barre, fut soumis à des manœuvres d’intimidation – comme du reste d’autres témoins de la défense – dans la prison où il purge sa peine. Les autorités pénitentiaires l’interrogèrent en dehors du procès sans l’assistance d’un avocat et saisirent l’ensemble de ses documents personnels. Si bien que le 16 avril 2012, six mois avant le verdict de la Cour, Victoire Ingabire, annonçait que devant l’évidence mise au jour par de telles irrégularités que son procès avait davantage une nature politique que judiciaire, elle et ses avocats ne participeraient plus aux audiences à venir. Ayant « irrévocablement perdu confiance dans la possibilité d’un bon déroulement de son procès », elle ne s’exprima plus jusqu’au terme de celui-ci.

C’est ainsi un sentiment de simple admiration que suscite avant toute chose le sort fait à cette femme remarquable que semble être Victoire Ingabire. Sachant pertinemment ce qu’elle risquait, elle a quitté emploi et famille, ses enfants en particulier, pour se jeter dans la gueule du loup dans l’espoir qu’elle servirait la cause à laquelle elle croit et celle de son pays. Le second sentiment suscité par ce dossier – si l’on met à part ce que l’on peut ressentir à l’égard du régime FPR – est moins agréable. Il s’agit d’une vive inquiétude à l’idée de ce que pourrait malheureusement être le futur du Rwanda. Des pans entiers des politiques menées par l’actuel régime rwandais vont en vérité à l’encontre de la politique d’unité et de réconciliation nationale censée constituer l’axe  central de la stratégie de reconstruction mise en place par l’Etat et présentée comme l’une de ses réussites. C’est ainsi que la structure du pouvoir réintroduit une politique ethniste et des « divisions » qui sont par ailleurs censées être combattues : le pouvoir réel  dans l’appareil étatique, paraétatique et militaire, se trouve, de manière prépondérante, concentré entre les mains d’une élite tutsie, tandis que les Hutus qui occupent des positions de haute responsabilité n’ont qu’un pouvoir de façade. Au reste, la communauté hutue, la part la plus nombreuse de la population, est fondée à se considérer comme marginalisée : exclue du pouvoir autrement que cosmétiquement, elle voit la politique ethniste du régime FPR se manifester également dans le domaine de la mémoire du conflit des années 1990. Seul le génocide proprement dit est chaque année commémoré, seuls les Tutsis se voient reconnaître le statut de victimes, tandis que les Hutus subissent l’interdiction d’exprimer publiquement le deuil de leurs centaines de milliers de morts de la guerre civile. A l’exception – très timide – des personnalités assassinées dans les premières heures des tueries et de quelques « justes », ils se trouvent systématiquement criminalisés en bloc. Ainsi que des chercheurs l’ont observé sur les collines rwandaises, la frustration et le ressentiment que suscite une telle situation s’aggravent d’autre part de ceux provoqués par d’autres mesures, dispositions ou politiques : le contrôle absolu de l’ensemble de  la vie politique et sociale du pays, du niveau national au niveau local, et ce jusque dans la vie quotidienne des gens, les décisions imposées d’une main de fer à la population sans la moindre concertation, ou encore une croissance économique concentrée dans les mains d’une élite restreinte et qui se traduit par une réduction limitée de la pauvreté et une accroissement des inégalités, laissant chez de nombreux paysans le sentiment d’en être exclus.

Le drame, ainsi que l’illustre le procès de Victoire Ingabire, c’est que la politique menée par le pouvoir, dans sa volonté de réprimer toute voix critique et, plus largement, toute liberté d’expression, prive l’opposition démocratique rwandaise de tout moyen légal non seulement de canaliser frustrations et ressentiments, mais également de faire valoir ses positions. C’est ouvrir la voie à de possibles confrontations violentes. Il suffirait de la conjonction du mécontentement de plus en plus répandu parmi la population et d’évènements difficilement maîtrisables par le pouvoir – crise économique, exacerbation de divisions déjà profondes au sein des Forces de défense, alliances d’anciens responsables politiques et militaires en exil avec des groupes armés basés à l’Est de la RDC – pour que la situation devienne hautement inflammable et que le prétendu miracle rwandais soit réduit à sa plus simple expression. Dans cette perspective, le souvenir du passé de violence paroxystique du Rwanda ne saurait effectivement que provoquer une légitime inquiétude.

Source: Jambonews.net

avril 25, 2013   No Comments

Avec le concours d’AWEPA . Bientôt des sénateurs congolais à Kigali

AWEPA Logo

En collaboration avec la commission des Relations extérieures de l’Assemblée nationale, la Commission des parlementaires européens avec l’Afrique, AWEPA a organisé hier une journée de réflexion à l’intention des élus du peuple. C’était à la Maison de France à Kinshasa.

Thème choisi : l’ « Impact de la diplomatie parlementaire en Rdc ». Les travaux ont été ouverts par le deuxième vice-président de la Chambre basse du parlement de la Rdc, l’honorable Kombo Nkisi. Tout cela, avant la rencontre, le mois prochain à Kigali entre les sénateurs congolais et leurs homologues rwandais.

Des parlementaires à l’école

Le premier mot de circonstance a été prononcé par le représentant de l’AWEPA, M. Patrick Mpoyi Luabeya. Au nom de M. François–Xavier, Coordinateur politique du programme AWEPA actuellement en Belgique pour préparer entre autres la rencontre entre les sénateurs congolais et rwandais, en mai prochain à Kigali, M. Patrick Mpoyi Luabeya a précisé que ladite visite illustre bien ce que vaut une diplomatie parlementaire : outil de développement pour la paix régionale.

Mettant en exergue la complémentarité entre la diplomatie classique (celle menée par les Etats) et la diplomatie parlementaire, M. Mpoyi a insinué que les méthodes utilisées par cette dernière peuvent aboutir à des résultats pas faciles à obtenir par des voies traditionnelles. De quoi souligner l’importance de ces assises de la Maison de France.

Pour sa part, l’honorable Bienvenu Liota, président de la commission des relations extérieures de l’Assemblée nationale de la Rdc, cette journée est un moment favorable pour outiller les participants afin d’être à la hauteur en cas de négociations.

Voilà pourquoi plusieurs thèmes ont été développés dans cette école, aussi bien par des professeurs d’universités, membres du gouvernement, députés expérimentés,… L’on retiendra, entre autres L’état des lieux de la diplomatie en Rd Congo, Les règles de la diplomatie, Les limites de la diplomatie parlementaire du point de vue juridique, Les effets et les résultats de la diplomatie parlementaire, Les textes internationaux régissant les relations interparlementaires, Regard d’un parlementaire sur la question de la démocratie en Rd Congo,…

Mais les objectifs poursuivis, selon AWEPA, consistent à donner aux membres de la commission des Relations Extérieures de l’Assemblée nationale un cadre de réflexion sur la diplomatie parlementaire ; identifier des moyens de renforcer le rôle des parlements nationaux et des parlementaires dans les relations étrangères ; prendre des mesures pour renforcer la diplomatie parlementaire et encourager la formation de groupes d’amitié parlementaire.

Un argumentaire-école

La diplomatie parlementaire trouve ses origines dans les mouvements pour la paix du 19ème siècle. En réponse à un mouvement d’opinion qui refusait la fatalité de la guerre et réclamait la création de mécanismes susceptibles de résoudre les conflits par la négociation, après l’échec des moyens diplomatiques ordinaires. Les députés, Français Frédéric Passy et l’Anglais William Randal Crémer, organisèrent en juin 1889 à Paris, la première conférence des parlementaires de tous les pays pour faire progresser l’application de ce qu’on appelait alors « l’arbitrage international ».

De cette initiative devait naître l’Union interparlementaire, l’UIP, la plus importante des organisations qui la pratiquent et la seule qui soit mondiale. Ses réunions officielles servent de forum pour l’examen de grands dossiers d’actualité, et les pourparlers qui s’y tiennent en coulisses portent souvent sur les dossiers bilatéraux, et sur la paix et la sécurité régionales.

Pour mieux comprendre la façon dont les activités des députés s’insèrent dans la pratique des relations internationales, la question principale reste cependant celle de l’impact de cette action autrefois exclusivement régalienne : Quels sont les résultats et les effets de la diplomatie parlementaire, les liens noués par les députés avec des homologues étrangers, les voyages d’information, les rencontres internationales,… Bref, cet impact n’est notable que lorsque tous ces contacts contribuent à faire progresser certaines questions et à résoudre certains problèmes, pour l’intérêt national ; cas de la Rdc et du Rwanda.

Source: L’Avenir Quotidien

avril 25, 2013   No Comments

La RDC refuse de signer un accord sur le statut des réfugiés rwandais

Anciens Réfugiés.

Anciens réfugiés

Le gouvernement Congolais a refusé le 18 avril à Pretoria de signer un accord sur la cessation de statut des réfugiés rwandais vivant sur son sol. Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, qui a participé pour le compte de la RDC à une réunion ministérielle sur le sujet, a déclaré dimanche 21 avril à Goma, que la RDC craint que le Rwanda ne puisse affirmer un jour qu’il n’y a plus de réfugié en RDC. Et que ces personnes revendiquent automatiquement la nationalité congolaise.

La réunion ministérielle de Pretoria a été organisée par le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Elle a réuni des représentants du Burundi, de la République démocratique du Congo, du Kenya, du Malawi, du Mozambique, du Congo, du Rwanda, de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe.

Elle portait sur la clause de cessation du statut des réfugiés rwandais vivant en RDC. Une disposition de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés et de la Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique. Cette clause permet de mettre fin au statut de réfugiés lorsque des changements à la fois fondamentaux et durables ont eu lieu dans le pays d’origine et que les circonstances qui ont entraîné la fuite des réfugiés n’existent plus.

La cessation du statut des réfugiés rwandais doit entrer en application le 30 juin 2013. La stratégie mise en place par le HCR prévoit qu’à cette date, les réfugiés rwandais qui avaient fui leur pays avant le 31 décembre 1998 perdent leur statut de réfugié parce que la situation qui les avait conduits en exil a changé au Rwanda.

La RDC n’est pas opposée à la signature de cette clause de cessation du statut de réfugié mais pose des préalables. Selon Julien Paluku, il faut d’abord réorganiser tous les réfugiés rwandais présents sur le territoire congolais dans les camps, les identifier et les enregistrer.

« La gestion des réfugiés rwandais en RDC ne se fait pas de la même manière que ça se fait dans d’autres pays. Comme il n’y a pas de camp de réfugiés [rwandais en RDC, ndlr], si on signe cette clause, on ne saura pas à qui elle est destinée », explique le gouverneur du Nord-Kivu.

selon lui, si cette première étape est accomplie, il faudra ensuite obtenir de ces réfugiés leur intention de rentrer au Rwanda. Si ces étapes ne sont pas franchies et que la RDC signe tout de même cette clause de cessation, estime Julien Paluku, le Rwanda peut à tout moment cesser de considérer ces personnes qui se trouveraient encore sur le territoire congolais comme ses ressortissants.

« Si on accède à cette clause de cessation avec le Rwanda, à un moment donné, le Rwanda peut dire donc il n’y a plus de réfugié rwandais dans notre pays et que donc tous ceux qui s’y retrouvent risquent d’être globalement pris d’office comme des Congolais alors que la nationalité congolaise ne peut pas s’acquérir de manière collective », affirme-t-il.

Le gouvernement congolais exige en outre l’évaluation de l’accord tripartite RDC-Rwanda-HCR signé en 2010 sur le retour des réfugiés. Cet accord définit les modalités pratiques du rapatriement des réfugiés rwandais vivant en RDC.

De son côté, le Rwanda estime que les conditions qui avaient conduit ses citoyens à s’exiler n’existent plus. Pour Kigali, il n’y a plus de raisons pour que ces réfugiés continuent de rester dans les pays d’asile.

Face aux réticences de la RDC, la signature de la clause de cessation du statut des réfugiés rwandais a été reportée à plus tard.

Le génocide au Rwanda en 1994 et les affrontements armés au nord-ouest de ce pays en 1997 et 1998 ont généré plus de 3,5 millions de réfugiés rwandais. La plupart des ces réfugiés sont rentrés au Rwanda.

Certains d’entre eux vivent encore en RDC. D’après le ministre congolais de l’Intérieur cité par Digital Congo, les chiffres provisoires indiquent qu’environ 127 537 réfugiés vivent sur le territoire congolais.

Source: Radio Okapi

avril 24, 2013   No Comments

Rwanda: à la barre, l’opposante Victoire Ingabire demande le réexamen des preuves

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire en 2010

 

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire, condamnée en octobre dernier pour conspiration et négation du génocide de 1994 à huit ans de prison ferme, a présenté hier mercredi 17 avril, sa défense devant la Cour suprême qui la juge en appel. Celle qui demande l’annulation de toutes les charges qui pèsent contre elle, a réclamé un réexamen des preuves. Lors du procès en première instance, plusieurs organisations des droits de l’homme avaient dénoncé un procès entaché d’irrégularités.

Seule à la barre, au troisième jour de son procès, Victoire Ingabire a détaillé les raisons l’ayant poussée à faire appel de sa condamnation. « Beaucoup de preuves contradictoires ont été présentées devant le tribunal de première instance par le parquet. Nous avons demandé au tribunal d’examiner ces preuves d’un œil critique, mais ils ont ignoré cette demande », a-t-elle estimé, ajoutant qu’elle souhaitait leur réexamen afin de les écarter. Ses deux avocats, présents lors de l’audience, ne se sont pas exprimés.

Mardi, le parquet avait requis 25 ans de prison en demandant à la Cour suprême de déclarer Victoire Ingabire coupable de plusieurs chefs pour lesquels elle avait été acquittée, notamment « propagation de fausses rumeurs » et mise en place d’un groupe armé.

La peine à perpétuité, réclamée en première instance, a été écartée, en raison d’un nouveau code pénal qui abaisse les peines pour certaines infractions selon le parquet.

Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées, formation non reconnue par Kigali, a été arrêtée et incarcérée en octobre 2010, peu après son retour au Rwanda en vue de se présenter à la présidentielle. Une élection remportée avec 93 % des voix par Paul Kagame, chef du Front patriotique rwandais, l’ex-rébellion tutsie ayant mis fin au génocide de 1994.

Source: RFI

avril 20, 2013   No Comments

RWANDA: il y a bien un problème

Qu’est-ce que la politique ? Comme l’a indiqué le dernier grand représentant de l’humanisme libéral européen, Ernst Cassirer, c’est « l’art d’unifier et d’organiser les actions humaines et de les diriger vers un but commun ».

Et, la principale tâche d’un Etat, consiste à garantir aux citoyens, la Justice. Car là où il n’y a pas de justice, il n’y a pas de véritable « res publica ». Ce qui signifie que l’appareil judiciaire, dans un Etat démocratique, doit être autonome et indépendant. Dans le Rwanda post-génocide, le droit des citoyens à une Justice équitable, droit fondamental, reste encore une abstraction. En requérant une peine de 25 ans de prison contre l’opposante Victoire Ingabire, le 16 avril dernier, la justice rwandaise montre, une fois de plus, qu’il n’est pas du tout facile ici, de juguler les effets du génocide perpétré contre la minorité Tutsie, en 1994, avec raison et tempérance.

Nous parlons bien du Rwanda, un pays où l’extermination des Tutsis constitue une perte irréparable, où certains anciens génocidaires rêvent encore d’emprunter, de nouveau, le chemin du mal, où le génocide a eu pour effet de changer radicalement toute la conception de la vie sociale, morale et politique du pays. C’est pourquoi, pour comprendre la démarche actuelle du régime Kagamé, il convient d’envisager les choses dans une perspective plus large. Ici, histoire, mémoire, droit et politique sont intimement liés.

Evidemment, personne au monde n’a le droit de minimiser, voire de banaliser le génocide perpétré contre les Tutsis et les Hutus modérés. Il faut regarder jusqu’à la fin des temps, cette tragédie en face, avec crainte et tremblement. Mais aujourd’hui, au nom de la lutte contre les révisionnistes et les négationnistes, le régime Kagamé n’hésite pas, depuis un moment, à déclencher de violentes attaques contre les opposants politiques. En d’autres termes, il a complètement verrouillé le jeu politique, empêchant toute voix dissidente ou discordante de se faire entendre dans l’arène politique. Bref, le régime est tenté d’instrumentaliser, sur le terrain politique, la mémoire du génocide. Et, il paraît de plus en plus difficile de nier les effets désastreux d’une telle politique sur la société rwandaise, quand elle ne contribue pas tout simplement à ruiner l’image de ce pays, voire à l’isoler davantage, sur la scène diplomatique mondiale.

Pourtant, malgré le génocide, comme l’a si bien relevé Achille Mbembé ici : « la volonté de vie demeure ». Et, contrairement à nombre de pays africains, le Rwanda est doté d’un Etat solide. Les réussites économiques du régime de Kigali sont spectaculaires, et la jeunesse du Rwanda est l’une des plus inventives et créatives du continent, grâce à la révolution engendrée par les TIC. Pour tout un ensemble d’intellectuels africains, panafricanistes, le président Paul Kagamé, est avant tout un héros, un stratège africain, qui a fait passer, en un laps de temps, grâce à sa vision et à son courage politique, son pays, des ténèbres du génocide à la lumière du développement économique et social.

Et, certains ennemis les plus résolus et les plus implacables de Kagamé, par leurs excès, contribuent eux-mêmes à nourrir cette espèce d’idolâtrie qui entoure ce personnage. D’ailleurs, tout en le rejetant, ils ne peuvent s’empêcher de louer les bonnes performances économiques de son régime. Bien sûr, Kagamé est un grand homme d’Etat africain, un dirigeant politique respectable et qui suscite à la fois fascination, admiration et répulsion. Et personne ne peut dire que Kagamé n’est pas un dirigeant honnête et intègre, de surcroît, personne ne peut l’accuser d’un manque de patriotisme envers son pays. Mais le Rwanda de Kagamé n’est pas encore un Etat démocratique, et la société rwandaise peine à reconnaître l’égale dignité de tous les citoyens, c’est-à-dire une société d’hommes libres et égaux. La démocratisation du pays est vraiment en panne, du fait de la politique de persécution menée contre les opposants, et de la faiblesse de la société civile, trop focalisée sur les enjeux de mémoire. On a donc affaire là à l’un des traits les plus paradoxaux de ce régime. On ne peut considérer Kagamé comme un champion africain de la démocratie, encore moins affirmer qu’il est un démocrate convaincu. Par son histoire personnelle, Kagamé est le tenant d’une approche militariste de la politique. Et, le génocide perpétré contre son « groupe », dans le silence et l’indifférence totale du monde, a engendré chez lui, une certaine méfiance profonde vis-à-vis de la nature humaine. Cela dit, la politique actuelle menée par Kigali, est aux antipodes de ce que le célèbre philosophe canadien, Charles Taylor appelle « une politique de dignité », en matière des droits de l’homme, pour tous les citoyens rwandais. Ici, il s’agit d’éviter une dérive totalitaire du régime, c’est-à-dire cette folle tentation de détruire les capacités politiques, publiques des Rwandais, en les isolant, par le biais d’une justice injuste, les uns des autres. Ce qu’il faut ici éviter à tout prix, c’est le spectre d’un Rwanda fonctionnant à partir de l’existence de citoyens de « première », « seconde » et « troisième » classe. Kagamé doit montrer par des actes, qu’il est un grand homme d’Etat doué d’une profonde sagesse politique et surtout animé par la volonté de démocratiser réellement, le Rwanda.

Le défi du Rwanda ressuscité, c’est la création d’un Etat de Justice, où tout pouvoir n’aurait plus confiance qu’en sa seule force. S’il ne le comprend pas, il faut craindre que Kagamé ne continue à agir comme un aveugle qui cherche son chemin. Son régime perdra et en efficacité et en puissance. La démocratie, quand elle est réelle, authentique, possède cet étrange pouvoir de faire accomplir aux sociétés humaines, des miracles. La démocratisation du Rwanda est d’abord une affaire rwandaise. Que la société civile se montre ici capable de porter et de défendre, avec détermination et persévérance, cette tâche titanesque ! Quant au régime Kagamé, il ne doit pas continuer à ignorer ce principe élémentaire de stratégie : qui est vraiment l’adversaire que l’on combat ? Au Rwanda, il y a donc bel et bien un problème : il faut ouvrir, impérativement, le jeu politique.

Source: Le Pays

avril 20, 2013   No Comments

Au moment où Kampala piétine Assaut sur Goma. Kigali dote le M23 de 450 combattants et de 3 missiles SAM 7

Qui sait ce que sont devenus les hommes autrefois fidèles à Bosco Ntaganda après le retrait stratégique de ce dernier au Rwanda et son transfèrement à la CPI ? Kigali les avait protégés, entraînés et armés afin de redéployer au moins 450 d’entre eux hier dans les rangs du M23, pour une mission suicide et fatale en Rdc

Ce, au moment où, en donneur de leçon, Louise Mushikiwabo jette la poudre aux yeux des Nations-Unies estimant qu’une action militaire n’est pas la solution aux problèmes dans l’Est de la Rdc

Au même moment que la ministre rwandaise ne voit que le volet politique du conflit, à Kampala les violons ne s’accordent pas. Un dirigeant du M23 a même déclaré que son mouvement se tenait prêt à gagner une guerre contre la Brigade d’intervention annoncée des Nations-Unies.

Lorsque se rendait étrangement Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale à la Haye, d’aucuns pensaient lancer un ouf de soulagement de fin de feuilleton, sans se préoccuper de ses hommes de guerre. Parcourir une distance de plus de 150 km jusqu’à ‘’se rendre à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Kigali’’, cela sans que les autorités du Rwanda voisin ne s’en aperçoivent,… relèvera à jamais du mystère complet.

Mais c’est un secret de polichinelle. Kigali est réputé à la fois la pépinière, le bastion, le champ d’entraînement et de retranchement stratégique de quasiment tous les ennemis de la Rdc. Ce n’est pas l’histoire, encore moins les experts de l’ONU qui en diront le contraire.

Aujourd’hui encore, respirant menaces et dégâts, après avoir goûté à la surface de la marmite des richesses du sous sol congolais, l’insatiable Paul Kagame vient de passer à la vitesse de croisière de son plan machiavélique. Opposé jusqu’à la dernière énergie au déploiement de la Brigade d’intervention dans l’Est de la Rdc, le chef d’Etat rwandais vient de jeter le pavé dans la marre en conciliant les deux ailes du M23 avant de déployer les hommes autrefois acquis à Ntaganda aux côtés de ceux de Makenga, dotés de 3 missiles SAM 7 de fabrication russe, déjà dissimilés à Goma selon nos sources. Le triple objectif poursuivi est clair : amener la brigade à récolter un échec cuisant dans l’Est de la Rdc en détruisant, grâce à ces missiles redoutables, tous les avions y exploités sous le commandement de la Monusco ; poursuivre le pillage des richesses du pays et jeter les dernières bases de la balkanisation de la Rdc.

L’autre face de Kigali dévoilée

Cependant, maints observateurs avaient prédit un repli stratégique de ces soi-disant congolais du M23 au Rwanda. Chose avérée depuis hier, lorsque sur une chaîne étrangère, l’aile Makenga a annoncé la réintégration d’environ 450 combattants d’une faction rivale ‘’ (celle de Ntaganda) réfugiée depuis le mois dernier au Rwanda après une défaite militaire’’. Il s’agit en réalité des hommes dernièrement entraînés et armés comme jamais par le passé en vue d’un assaut résolument engagé sur Goma. Et pour flouer les pistes, l’on annonce reddition et réintégration. « Nous avons 150 hommes qui se sont rendus et environ 300 qui ont été capturés au niveau de Kibumba (à la frontière avec le Rwanda). Nous les avons réintégrés dans nos brigades », a déclaré le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de la faction du général Sultani Makenga, appelé ‘’ seul maître à bord’’ depuis la fin tragique de son rival Ntaganda. A la mi-mars, défaits, plus de 600 pro-Runiga et Ntaganda avaient fui au Rwanda voisin. Les troupes de ce groupe, accusé par l’ONU et des ONG de recrutement forcé de civils et de mineurs, s’élevaient à environ 3.000 combattants, selon plusieurs sources avant leur scission.

La peur de Louise Mushikiwabo

Malgré la menace qui pèse une fois encore sur le processus de pacification de la partie Est de la Rd Congo, la brigade d’intervention que l’ONU va déployer dans les tout prochains jours fait peur au Rwanda en particulier, à tous les voisins impliqués dans cette affaire en général. Les stratagèmes des ennemis sont du genre à décourager cette noble mission. Aux abois, la ministre des Affaires étrangères de Paul Kagame exprime implicitement ses craintes sur le rôle de “dissuasion” qui revient à cette brigade. Elle objecte plutôt que le plus important est le processus politique. La ministre veut tout simplement dire à Kinshasa de ne pas évoluer sur les trois pistes de Joseph Kabila, en vue de la pacification du pays. Le président congolais prône en effet la triple option politique, diplomatique et militaire quant à ce.

A en croire l’AFP, Louise Mushiliwabo qui venait de présider une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la prévention des conflits en Afrique déclarait en début de semaine : “Nous ne pensons pas qu’une action militaire soit la solution aux problèmes dans l’Est de la Rdc, donc nous considérons cette brigade comme pouvant être un moyen de dissuasion, une présence nécessaire mais elle doit être complétée par d’autres aspects, et en premier lieu sur le volet politique du conflit“. Une expression de peur bleue était lisible sur son visage éploré.

Plus que déchaînée, Mme Louise Mushikiwabo a renouvelé devant les journalistes les critiques de Kigali contre la Cour pénale internationale (CPI) qui, selon elle, “pratique davantage la politique que la justice”. Mettant l’index dans la bouche de l’ONU dont son pays préside encore le Conseil de sécurité jusque fin avril, elle a encore accusé la Cour “d’être l’objet de manipulations politiques” ». Le défi est relancé.

Pourtant, les 15 pays membres du Conseil y avaient adopté à l’unanimité une déclaration très générale sur la prévention des conflits en Afrique qui ne mentionne pas la CPI, malgré l’insistance de plusieurs pays membres. Selon des diplomates, les sept pays du Conseil qui sont aussi parties à la CPI (Argentine, Australie, Royaume-Uni, France, Guatemala, Luxembourg) souhaitaient rendre hommage à l’action de la Cour. Mais sans surprise, le Rwanda, qui préside le Conseil en avril, s’y est opposé.

Mais ce qu’elle sait encore, c’est qu’après le vote de la résolution du Conseil de sécurité, Kinshasa avait demandé au M23 de « s’auto-dissoudre » au risque d’être la cible de la brigade d’intervention. L’on y chemine déjà, bien qu’à pas de tortue .

La brigade d’intervention arrive

Le Général Babacar Gaye a affirmé au sortir de l’audience lui accordée mardi dernier par le Vice-Premier ministre et ministre en charge de la Défense Luba Ntambo, que « le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco est imminent ». Le conseiller militaire du Secrétaire général des Nations Unies l’a dit à l’issue d’une mission dans la sous-région des Grands Lacs.

Cette force chargée de neutraliser les groupes armés sera dotée des « moyens d’action et une capacité de mobilité conséquents », a-t-il souligné à la honte des contrevenants. Le général Gaye a confirmé que trois pays africains, la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le Malawi, ont accepté de contribuer à cette force en lui fournissant des troupes.

Cette brigade aura son état-major déployé à Goma. Elle aura également ses bataillons centrés autour de Goma dans la mesure où elle doit mener des actions de nature coercitive. Et à partir de là, ils seront mis en œuvre pour leurs différentes opérations.

En outre, ces bataillons vont disposer des moyens d’appui dont l’artillerie et des hélicoptères d’attaque qui sont déjà présents à Goma et qui seront renforcés ultérieurement. D’où le déploiement de 3 missiles SAM 7 de fabrication russe de Kagame dans la même ville. Ils disposeront aussi des moyens de soutien : le soutien médical et la mobilité aérienne dont dispose déjà la Monusco et qui sera renforcée dans un très court terme », a-t-il ajouté.

La brigade d’intervention de la Monusco dispose, elle, d’un mandat offensif. Elle pourra engager seule ou avec les Forces armées de la Rdc des opérations militaires contre les groupes armés dans l’Est de la RDC dont le M23.

Les protagonistes aux antipodes à Kampala

Le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga, devait exposer sa synthèse mardi dernier. Une synthèse débouchant sur sa proposition d’accord à signer entre les parties aux pourparlers de Kampala. Mais rien n’a été fait jusque hier.

Chacun des deux protagonistes a fait ses propositions d’accord. Elles sont aux antipodes l’une de l’autre. Le gouvernement propose une dissolution immédiate du M23. Le M23 voudrait au contraire conforter sa présence pendant cinq années, qui seraient consacrées à la lutte contre les autres groupes armés. Ce qui est inacceptable.

Mardi 16 avril, dans la soirée, un dirigeant du M23, René Abandi, a déclaré sur l’antenne en Swahili de RFI que son mouvement « se tenait prêt à gagner une éventuelle guerre » contre la brigade des Nations Unies. Quelle arrogance crasse qui n’est autre que synonyme d’un défi de la communauté internationale ! Ce, juste au moment où son parrain (le Rwanda) préside le Conseil de sécurité. C’est renversant ! Et personne ne lève le petit doigt pour condamner ces propos désobligeants.

Source: L’Avenir Quotidien

avril 19, 2013   No Comments

L’opposition démocratique rwandaise fustige les propos injurieux et diffamatoires de l’Ambassadeur Masozera du Rwanda en Belgique

Déclaration commune au sujet des propos diffamatoires et injurieux de l’Ambassadeur Robert Masozera
Robert Masozera

Robert Masozera, un Ambassadeur raciste

Les organisations démocratiques rwandaises membres du Conseil National pour le Changement Démocratique (CNCD), CNR-Intwari, FDU-Inkingi, ODR-Dufatanye et UDFR-Ihamye ainsi que les partis Isangano-ARRDC et MRP jugent intolérables, injurieuses et infondées, les accusations de l’Ambassadeur du Rwanda au Royaume de Belgique, M. Robert Masozera, selon lesquelles les organisateurs ainsi que les participants à la commémoration des victimes du génocide rwandais qui a eu lieu le 6 avril 2013 devant la Stèle leur dédiée par la Commune de Woluwé-St-Pierre, à Bruxelles (Belgique), sont « des négationnistes », « des révisionnistes » ou encore « des Interahamwe », tels qu’ils ont été rapportés par certains médias rwandais proches du pouvoir et relayés par leurs sympathisants étrangers, notamment par le Député de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alain Destexhe.

Nos organisations, dont les dirigeants et les membres ont participé à ladite commémoration et qui sont engagées dans une lutte pour l’instauration d’un Etat démocratique au Rwanda, ne peuvent en aucune façon tolérer de tels propos injustes et injustifiés.

Cependant, ces propos illustrent, encore une fois, l’exportation en terre étrangère, avec le soutien des mêmes agents d’influence, de la terreur du régime autocratique et ségrégationniste en place à Kigali dont la stratégie de légitimation du pouvoir consiste à enterrer la vérité sur les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les autres violations graves du droit international humanitaire imputables à ses dirigeants, y compris au plus haut niveau, dans le but d’assurer leur impunité, de préserver leur emprise sur la société rwandaise et sur le pouvoir d’Etat qu’ils ont capturé par la force au prix de millions de vies humaines, au Rwanda et dans la Région des Grands Lacs d’Afrique, depuis plus de deux décennies.
Nos organisations appellent les Rwandaises et les Rwandais, ainsi que les autorités de leurs pays d’accueil, à ne pas céder à ces manoeuvres d’intimidation et à poursuivre la présente quête de vérité et de justice pour tous, seuls gages de la reconstruction des vies brisées de millions de personnes et de familles rwandaises et étrangères, auxquelles le pouvoir en place à Kigali tente d’imposer le silence des cimetières par tous les moyens.

En ce mois d’avril, nos organisations renouvellent leur totale solidarité et leur profonde sympathie avec tous ceux, Rwandais ou non, et cela sans discrimination aucune, qui ont perdu les leurs au Rwanda ou à l’étranger, depuis le 1er Octobre 1990.

Fait à Bruxelles, le 13 avril 2013

Pour le CNCD,
Gén. Emmanuel HABYARIMANA
Coordinateur
Contact : em.hame@laposte.net Tél. : + 41 786 522 183

Pour le MRP,
Albert RUKERANTARE
Président
Contact : info@mrp-rwanda.com Tél. + 32 488 477 363

Pour le Parti Isangano-ARRDC,
Jean Marie Vianney MINANI
Président
Contact : isangano.arrdc@gmail.com Tél. : +49 1746296681

avril 17, 2013   No Comments

Conférence Internationale sur la Protection des Droits des Réfugiés Rwandais

CONFERENCE INTERNATIONALE SUR DES REFUGIES RWANDAIS
QUI AURA LIEU EN DATE DU 19 AU 20 AVRIL 2013 A BRUXELLES

1. Titre de la Conférence: Conférence internationale sur la protection des droits des réfugiés
rwandais menacés par l’application de la clause de cessation à partir du 30/06/2013

2. Lieu de la Conférence: Bruxelles, Avenue Jean Dubrucq, 120; 1080 Bruxelles. Belgique.

3. Date: 19-20 Avril 2013

4. Organisateurs: Société civile et Organisations politiques de la diaspora rwandaise

Durée de la conférence: 2jours

Ière journée – Ordre du jour provisoire:

1. Arrivée des délégations: 8h30
2. Cérémonie d’ouverture et organisation des travaux: 9h30
3. Election des modérateurs (bureau): 9h35
4. Discours du représentant du groupe d’initiative: 9h40

  • Mr. Pascal Kalinganire

5. Discours de l’Ambassadeur de la République du Togo: 9h50

  • Honorable Kodjo SAGBO, Ambassadeur du Togo en Belgique

6. Discours des représentants des organisations de défenses des droits de l’homme: 10h20

  • Ambassadeur Jean Marie Ndagijimana, FEIDAR-France
  • Mr. Matata Joseph, CLIIR (Belgique)
  • Mr.Victor Makuza, OPJDR (USA)

7. Discours du représentant du HCR: 10h30

  • Honorable Michele Cavinto (no confirmation yet)
    UNHCR Belgium

8. Discours des écrivains, chercheurs et journalistes: 10h45

  1. Madame Marie Béatrice Umutesi
  2. Monsieur Rugumaho Benoît
  3. Dr. Nkusi Joseph

9. Discours des représentants des réfugiés (1 par pays et pour 5 min): 11h30

    1. Afrique du Sud
    2. Cameroun
    3. Congo-Brazzaville
    4. Malawi
    5. Mozambique
    6. Sénégal
    7. Zambie
    8. Zimbabwe

Pause et Repas : 12h30
Présentation des sujets:

A. Contexte
10. Bref aperçu de la problématique des réfugiés rwandais: 14h00 -14h15 par Ndamage Vincent

11. L’application de la clause de cessation à une partie de réfugiés rwandais est-elle pertinente?: 14h20 – 14h35 Par Condo Gervais

12. Is it time for the Rwandan refugees to face cessation clause. How the application of cessation Clause should be handled? 14h40-15h00 Dr. Barbara Harrell-Bond OBE

13. Manque d’indépendance des institutions étatiques: 15h00- 15 h15 par Gahima Gérard

14. Témoignages de Scott Erlinder et Mutuyimana Manzi ainsi que le film ‘The Stateless’
15h00-16h30

15. L’absence d’un Etat de droit et le refus de l’ouverture démocratique: 16h45 – 17h00
par Twagiramungu Innocent

Questions et débat: 17h00 – 19h00 – Fin de la journée: 19h

2ème journée

B. Les conditions requises pour justifier une clause de cessation ne sont pas réunies au
Rwanda

16. Violation des droits fondamentaux: 10h00 -10h15 Pierre Célestin Bakunda Cyicaro

17. Existence d’un Etat policier: 10h20 -10h45 par John Philpot

18. Rwanda, épicentre des crises de la région des grands lacs: 10h45 -11h00
par Shimamungu Eugene

19. Débat 11h00-12h00

20. Pause et Repas: 12h00 – 14h00

21. Recommandations et Clôture : 14 :00

avril 17, 2013   No Comments