Tribune d'Information sur le Rwanda

RDC – Offensive de l’armée congolaise contre les FDLR : Enlever à Kigali son dernier alibi

Militaires-Congo

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Depuis la défaite militaire du M23, on savait que l’épreuve de force entre l’armée congolaise et les rebelles hutus des FDLR opérant à l’Est, était devenue inévitable.En effet, revigorée moralement par sa victoire « éclair », l’armée congolaise, soutenue par les Casques bleus de la Monusco, est passée, le 10 décembre, à l’offensive. Soulignons que durant des décennies, l’Est du Congo, notamment le Sud-Kivu, était devenu un champ clos à l’intérieur duquel des milices et mouvements de rébellion de toutes sortes y faisaient régner leur « loi », basée sur la prédation, les viols et les massacres des populations civiles.
La présence des éléments des FDLR sur le sol congolais servait jusque-là à justifier les incursions répétitives de l’armée rwandaise à l’Est de la RD CongoParmi ces mouvements de rébellion, il y a les FDLR, une structure militaro-politique constituée d’ex-génocidaires assoiffés de revanche. Et, pour le régime Kagamé, ces rebelles hutus ont toujours constitué une menace pour la stabilité extérieure du Rwanda. Pour les mettre hors d’état de nuire, Kigali a toujours opté pour une stratégie d’encerclement bâtie autour de « forces supplétives » formées et encadrées par l’armée rwandaise. La présence des éléments des FDLR sur le sol congolais servait jusque-là à justifier les incursions répétitives de l’armée rwandaise à l’Est de la RD Congo. Et ce, en totale violation des conventions internationales reconnaissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays de Lumumba. Enfin, Kabila tient sa promesse faite après la victoire de l’armée congolaise sur le M23 : démanteler les FDLR. Comme si le temps était venu d’enlever à Kigali son dernier alibi. Cela dit, qu’il s’agisse de la RD Congo ou du Rwanda, à long terme, le problème de la sécurité et de la paix n’est pas militaire, mais politique. Pour se relever de ses ruines et se reconstruire, en RD Congo, il faudra refonder complètement le pacte politique. A l’heure actuelle, le système politique congolais continue de reposer sur l’exclusion et le recours aux méthodes autoritaires.

Oui, avec l’offensive de démantèlement des FDLR, Kabila a choisi d’agir au bon moment. Ainsi, il enlève à Kigali son dernier alibi-refuge

Certes, en brandissant son nouveau costume de « libérateur du Congo », Kabila cherche à faire oublier que son régime souffre d’un gros déficit de légitimité. La RD Congo, avec Kabila, reste « une démocratie superficielle, une démocratie d’usurpation ».
De même, le régime Kagamé rencontre de sérieuses difficultés à épouser correctement les vertus démocratiques. Evidemment, avec le génocide, le Rwanda est revenu à la vie grâce aux FDLR, après avoir été jusqu’au bout de la nuit. Bien sûr, il faut continuer à traquer, à punir les auteurs du génocide. Mais, quels que soient les crimes des FDLR, rarement dans l’histoire africaine un groupe en a commis de tels. Du moment que l’écrasante majorité de la population se revendique hutu, et continuera de vivre au Rwanda, il faudra bien que le régime Kagamé engage « une politique de réconciliation réaliste » entre Rwandais. Ce serait la seule façon d’assurer, définitivement, la victoire sur l’ennemi. Oui, avec l’offensive de démantèlement des FDLR, Kabila a choisi d’agir au bon moment. Ainsi, il enlève à Kigali son dernier alibi-refuge. En cas de victoire, il devra poursuivre sa politique de détente avec le Rwanda, un acteur géopolitique et diplomatique majeur, incontournable sur la scène africaine.

Abdoulaye BARRO

Source: onewovision.com – 13/13/2013.

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