2013 décembre — Rwandinfo_FR
Tribune d'Information sur le Rwanda

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Congo (RDC)-Rwanda: Le M23 se régénère à partir du Rwanda et de l’Ouganda, selon l’ONU

Rebelles - Congo (RDC)

Les rebelles du M23 continuent de recruter au Rwanda malgré leur défaite dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) tandis que les forces armées congolaises se sont rendues coupables d’atteintes aux droits de l’Homme, est-il écrit dans un rapport confidentiel des Nations Unies.”Le groupe (d’experts) a établi que le M23 a reçu un soutien continu en provenance du territoire rwandais”, écrit le groupe d’experts de l’ONU dans la version définitive de son rapport destiné au comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU.”Le groupe a reçu des informations crédibles qui montrent que les dirigeants du M23 sont libres de leurs mouvements en Ouganda et que le M23 a continué de recruter au Rwanda”, ajoute-t-il.Cette commission indépendante d’experts accuse en outre les groupes rebelles et les forces armées de RDC (FARDC) de diverses atteintes aux droits de l’homme, dont enrôlement d’enfants soldats, exécutions sommaires et violences sexuelles.

Elle les accuse aussi d’exploitation illégale des ressources minières de l’Est de la RDC, où une multitude de groupes rebelles ont pris les armes depuis les années 1990 pour tenter de prendre le contrôle des gisements d’or, de diamants, de cuivre, de cobalt et d’uranium de la région.

Ces violences alimentées par des rivalités ethniques et accompagnées par leurs cortèges de maladies et de famines ont fait des millions de morts.

Les experts de l’ONU estiment que 98% de l’or extrait des mines de RDC en 2013 a été passé en contrebande à l’extérieur du pays et vendu dans sa quasi-totalité à partir de l’Ouganda. Ils estiment la valeur de ce trafic entre 383 millions et 409 millions de dollars.

TIRS DE CHARS RWANDAIS

Les experts de l’ONU ont accusé à plusieurs reprises le Rwanda voisin d’appuyer la rébellion du M23, la plus importante de la décennie écoulée en RDC, ce que le gouvernement de Kigali dément vigoureusement.

La représentation du Rwanda à l’ONU n’a pas réagi dans l’immédiat au rapport des experts de l’ONU mais un diplomate rwandais a déclaré à Reuters: “Nous sommes fatigués par ces accusations, toujours les mêmes.”

Un porte-parole de la mission ougandaise aux Nations Unies a dit ne pas être en mesure de réagir à un rapport n’ayant pas encore été officiellement présenté. Les diplomates congolais n’étaient pas joignables dans l’immédiat.

Les forces armées de RDC, appuyée par une brigade d’intervention de l’ONU, ont accumulé au début de l’automne les succès militaires contre les combattants du M23, essentiellement Tutsis, qui ont proclamé le 5 novembre la fin de leur rébellion. Un accord de paix a été signé jeudi.

“La forme la plus constante de soutien passait par le recrutement et la fourniture d’armes et de munitions, particulièrement dans les périodes de combats”, écrivent les experts de l’ONU dans leur rapport de 48 pages daté du 12 décembre.

“Le M23 a également reçu des renforts de troupes directs de la part de soldats rwandais en août”, poursuivent les auteurs. “Durant les combats d’octobre, des chars rwandais ont tiré en RDC pour appuyer le M23.”

Le Rwanda est intervenu à plusieurs reprises en RDC pour traquer les miliciens hutus jugés responsables du génocide de 800.000 Tutsis et Hutus modérés en 1994 sur son territoire.

NOUVELLE MENACE

Le gouvernement de Kigali accuse l’armée congolaise de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ce que Kinshasa dément.

D’après l’ONU, environ un tiers des effectifs des FDLR sont des Hutus ayant fui le Rwanda après le génocide de 1994.

“Au cours de l’année 2012, le groupe a mis en évidence des cas de collaboration au niveau local entre les FDLR et les FARDC”, écrivent les experts de l’ONU.

Dans leur rapport, ils font état de “violations graves du droit humanitaire international, notamment l’enrôlement et l’utilisation d’enfants soldats, des exécutions sommaires, des violences sexuelles et des attaques ciblées contre la population civile”.

“Si les groupes armés ont commis nombre de ces crimes, le groupe a aussi identifié les FARDC comme parties prenantes de nombreuses violations”, est-il écrit dans le rapport. “Les forces de sécurité gouvernementales, en particulier les FARDC, demeurent une source importante de violences sexuelles, en particulier contre les mineurs.”

Les experts de l’ONU soulignent que la défaite du M23 a constitué un signal fort pour les autres groupes armés de l’Est de la RDC, dont plusieurs ont commencé à se rendre ou ont demandé à être intégrés à l’armée et à la police.

Ils identifient cependant une autre menace, celle des Forces démocratiques alliées (ADF). Ce mouvement islamiste a manifestement entrepris de constituer des réserves de médicaments et d’équipements médicaux en attaquant des installations sanitaires, ce qui, pour les experts de l’ONU, signifie qu’il se prépare à un assaut de la brigade d’intervention de l’ONu ou qu’il s’apprête à lancer sa propre offensive.

Dans leur rapport, les experts disent n’avoir établi aucun lien entre les ADF et les Chabaab somaliens ou Al Qaïda.

Source: onewovision.com – 18/12/2013.

décembre 18, 2013   No Comments

RDC : le M23 se régénère-t-il à partir du Rwanda et de l’Ouganda ?

Rebelles Congo

Sur le papier, la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23) a pris fin après une défaite militaire, début novembre, sanctionnée par la récente déclaration de Nairobi. Pourtant, plusieurs sources, dont un rapport encore confidentiel d’experts onusiens, indiquent que l’ex-groupe rebelle tenterait de se refaire une santé en procédant à de nouveaux recrutements au Rwanda et en Ouganda, où ses dirigeants se sont réfugiés. C’est un document qui ne devrait pas passer inaperçu. Le rapport final du groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, encore confidentiel mais dont l’agence Reuters s’est procuré une copie, affirme non seulement que les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) ont bénéficié d’un “soutien continu” de Kigali lors des dernières offensives des Forces armées de la RDC (FARDC) appuyées par la brigade d’intervention de l’ONU, mais surtout qu’”ils ont continué à recruter au Rwanda”, après leur défaite militaire sur le terrain. Plusieurs sources diplomatiques occidentales contactées par Jeune Afrique expliquent qu’elles ne sont pas surprises par les allégations contenues dans le rapport d’experts onusiens. “Nous n’avons jamais eu d’engagement ferme et clair des autorités rwandaises sur la cessation de tout appui aux rebelles du M23, confie un diplomate européen basé à Kinshasa. Nous avons donc toujours supposé que le soutien de Kigali, bien que diminué à la suite des pressions diplomatiques et de l’action militaire sur le M23, persistait.”
Les accusations contre Kigali, des “mensonges” ? Le diplomate relève également que ce fut “la reprise par les FARDC de la route principale de connexion entre le M23 et le Rwanda qui [diminua] gravement tout soutien de l’armée rwandaise aux rebelles congolais.” Même son de cloche à Kinshasa. “Jusqu’au dernier jour de l’offensive triomphante des FARDC, le Rwanda a continué à apporter son soutien aux rebelles du M23”, affirme Lambert Mende. Pour le porte-parole du gouvernement congolais, le rapport du groupe d’experts onusiens ne vient que “confirmer ce que les autorités congolaises n’ont cessé de dénoncer”.

Source: onewovision.com – 18/12/2013.

décembre 18, 2013   No Comments

Rwanda: La condamnation de Madame Victoire Ingabire à 15 ans de prison est un verdict contre l’ensemble de l’opposition démocratique

Rwanda: La condamnation de Madame Victoire Ingabire à 15 ans de prison est un verdict contre l’ensemble de l’opposition démocratique

Le 13 décembre 2013

La condamnation de Madame Victoire Ingabire, Présidente des FDU-INKINGI, à 15 ans de prison ferme, loin d’être un cas isolé, est un signal fort que le gouvernement du FPR envoie à l’ensemble de l’opposition démocratique. En effet, les charges aujourd’hui retenues contre elle, sont à quelques détails près, les mêmes que celles retenues contre les autres chefs de l’opposition condamnés par la justice rwandaise, à savoir : Deo Mushayidi, Président du PDP-IMANZI et Bernard Ntaganda, Président du PS-IMBERAKURI. Mme Ingabire expie les « péchés » de toute l’opposition démocratique.

Pourtant, au cours des audiences, elle a prouvé, au-delà de tout doute raisonnable, que les charges retenues contre elles n’étaient étayées par aucune preuve ni un quelconque fait vérifiable. Ce qui révèle un procès purement politique.

Lors de sa condamnation à 8 ans par la Haute Cour, Mme Ingabire était accusée de conspiration contre le régime en place et de minimisation du génocide. La Cour Suprême y a ajouté le crime de propagation de rumeurs. La conspiration contre le régime était fondée sur l’entretien d’une prétendue rébellion armée : la CDF dont l’existence a été démolie, au cours des audiences à la Cour Suprême, par les mêmes témoins, désabusés, que le Procureur avait pourtant auparavant produits devant la Haute Cour. Un nouveau témoin a même révélé, avec force détails, comment le plan avait été échafaudé au camp de rééducation de Mutobo,Ruhengeri.

La plateforme FDU-INKINGI, IHURIRO-RNC, AMAHORO-PC exprime son soutien inconditionnel à Madame Victoire Ingabire. Elle réitère qu’elle ne se laissera pas intimidée par l’instrumentalisation de la justice par le régime du FPR pour contrer l’opposition. Le régime de Kigali croit qu’en emprisonnant Madame Ingabire, éteindra cette dernière politiquement, l’éloignera de son combat politique et dissuadera le reste de l’opposition démocratique. Il se trompe. La lutte de Madame Ingabire pour une société libre et démocratique et pour le vivre ensemble entre rwandais est en effet plus forte qu’elle. Elle ne pourra pas s’en départir.

La plateforme FDU-INKINGI, IHURIRO-RNC, AMAHORO-PC en appelle au peuple rwandais, afin qu’il prenne en mains son destin et revendique ses droits civiques. Personne d’autre ne le fera à sa place. La plateforme restera à ses côtés, prête à canaliser ses revendications. Elle s’adresse également aux amis du Rwanda, pour qu’ils usent de leur influence auprès du régime du FPR, afin de l’amener à la raison et d’ouvrir l’espace politique, tel que demandé par le parlement européen dans sa résolution 2013/2641(RSP).

Pour la Plateforme,

Dr. Nkiko Nsengimana
Coordinateur
FDU-INKINGI
Lausanne, Switzerland

Etienne Masozera
Président
AMAHORO-PC
Ottawa, Canada

Dr. Theogene Rudasingwa
Coordinateur
IHURIRO-RNC
Washington DC, USA

Plateforme-FDU-RNC-AMAHORO-Condamnation de VIU (FRA)

décembre 14, 2013   No Comments

RDC – Offensive de l’armée congolaise contre les FDLR : Enlever à Kigali son dernier alibi

Militaires-Congo

Militaires-Congo

Depuis la défaite militaire du M23, on savait que l’épreuve de force entre l’armée congolaise et les rebelles hutus des FDLR opérant à l’Est, était devenue inévitable.En effet, revigorée moralement par sa victoire « éclair », l’armée congolaise, soutenue par les Casques bleus de la Monusco, est passée, le 10 décembre, à l’offensive. Soulignons que durant des décennies, l’Est du Congo, notamment le Sud-Kivu, était devenu un champ clos à l’intérieur duquel des milices et mouvements de rébellion de toutes sortes y faisaient régner leur « loi », basée sur la prédation, les viols et les massacres des populations civiles.
La présence des éléments des FDLR sur le sol congolais servait jusque-là à justifier les incursions répétitives de l’armée rwandaise à l’Est de la RD CongoParmi ces mouvements de rébellion, il y a les FDLR, une structure militaro-politique constituée d’ex-génocidaires assoiffés de revanche. Et, pour le régime Kagamé, ces rebelles hutus ont toujours constitué une menace pour la stabilité extérieure du Rwanda. Pour les mettre hors d’état de nuire, Kigali a toujours opté pour une stratégie d’encerclement bâtie autour de « forces supplétives » formées et encadrées par l’armée rwandaise. La présence des éléments des FDLR sur le sol congolais servait jusque-là à justifier les incursions répétitives de l’armée rwandaise à l’Est de la RD Congo. Et ce, en totale violation des conventions internationales reconnaissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays de Lumumba. Enfin, Kabila tient sa promesse faite après la victoire de l’armée congolaise sur le M23 : démanteler les FDLR. Comme si le temps était venu d’enlever à Kigali son dernier alibi. Cela dit, qu’il s’agisse de la RD Congo ou du Rwanda, à long terme, le problème de la sécurité et de la paix n’est pas militaire, mais politique. Pour se relever de ses ruines et se reconstruire, en RD Congo, il faudra refonder complètement le pacte politique. A l’heure actuelle, le système politique congolais continue de reposer sur l’exclusion et le recours aux méthodes autoritaires.

Oui, avec l’offensive de démantèlement des FDLR, Kabila a choisi d’agir au bon moment. Ainsi, il enlève à Kigali son dernier alibi-refuge

Certes, en brandissant son nouveau costume de « libérateur du Congo », Kabila cherche à faire oublier que son régime souffre d’un gros déficit de légitimité. La RD Congo, avec Kabila, reste « une démocratie superficielle, une démocratie d’usurpation ».
De même, le régime Kagamé rencontre de sérieuses difficultés à épouser correctement les vertus démocratiques. Evidemment, avec le génocide, le Rwanda est revenu à la vie grâce aux FDLR, après avoir été jusqu’au bout de la nuit. Bien sûr, il faut continuer à traquer, à punir les auteurs du génocide. Mais, quels que soient les crimes des FDLR, rarement dans l’histoire africaine un groupe en a commis de tels. Du moment que l’écrasante majorité de la population se revendique hutu, et continuera de vivre au Rwanda, il faudra bien que le régime Kagamé engage « une politique de réconciliation réaliste » entre Rwandais. Ce serait la seule façon d’assurer, définitivement, la victoire sur l’ennemi. Oui, avec l’offensive de démantèlement des FDLR, Kabila a choisi d’agir au bon moment. Ainsi, il enlève à Kigali son dernier alibi-refuge. En cas de victoire, il devra poursuivre sa politique de détente avec le Rwanda, un acteur géopolitique et diplomatique majeur, incontournable sur la scène africaine.

Abdoulaye BARRO

Source: onewovision.com – 13/13/2013.

décembre 14, 2013   No Comments

RDC: priorité à la traque des rebelles rwandais des FDLR (ONU)

mission-onu-rdc

KINSHASA, 12 décembre 2013 (AFP) – La traque des rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est la priorité numéro un des Casques bleus dans ce pays, a indiqué jeudi l’ONU. “La priorité numéro un de la Monusco [Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC, NDLR] est désormais les FDLR”, a indiqué le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Martin Kobler, sur son compte Twitter. La victoire de l’armée congolaise contre les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), début novembre, “offre la possibilité de se concentrer sur d’autres groupes armés”, ajoute le chef de la Monusco. Le gouvernement congolais a annoncé mercredi avoir lancé, avec le soutien de la brigade d’intervention de la Monusco, une offensive destinée à mettre fin une bonne fois pour toute à la présence armée des FDLR en RDC. Selon l’ONU, cette opération, qui se concentre pour l’instant sur la région de Pinga, à 90 km au nord-ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, au sous-sol extrêmement riche, a permis de libérer une route tenue depuis deux ans par les rebelles. Pour l’heure, l’offensive semble se limiter à une exhibition de force et à un renforcement de la présence militaire sur le terrain, ni l’ONU ni les FARDC n’ayant fait part d’affrontements. “A ma connaissance, jusqu’à présent, il n’y a pas eu de combats”, confirme un expert militaire à Kinshasa, sous le couvert de l’anonymat.

Interrogé par l’AFP, le ministre de la Défense congolais, Alexandre Luba Ntambo, a indiqué qu’il était encore “trop tôt pour juger des opérations militaires”.

Il a précisé que les FARDC offraient toujours la possibilité “à tous les groupes armés” de se rendre plutôt que de subir l’épreuve du feu.

Les FDLR sont formées de rebelles hutu rwandais réfugiés en RDC depuis le génocide perpétré en 1994 au Rwanda contre les Tutsis et comptent encore dans leurs rangs des auteurs du génocide.

Depuis la défaite du M23, rébellion majoritairement tutsi ayant sévi au Nord-Kivu de mai 2012 à novembre 2013, les FDLR sont la première milice homogène en termes de nombre de combattants présents sur le sol congolais. Selon les estimations, elles comptent 1.800 à 2.300 hommes disséminés au Nord et au Sud-Kivu.

Accusées d’avoir commis des atrocités à grande échelle contre des civils, les miliciens FDLR, dont le nombre n’a cessé de baisser depuis 2006, sont aujourd’hui d’abord une menace pour la population locale des zones où ils évoluent, même si leur objectif proclamé reste de renverser le régime du président Paul Kagame, au pouvoir à Kigali depuis 1994.

décembre 14, 2013   No Comments

Congo (RDC)-Rwanda: L’ENFER POUR LES FDLR !

Rebelles - Congo (RDC)

Rebelles – Congo (RDC)

Après le M23, c’est maintenant le tour des FDLR, Forces démocratiques de libération du Rwanda, de passer au scalpel du désarmement. Ainsi qu’il a été annoncé, l’opération de désarmement de ce groupe armé étranger a démarré et il devra en principe être volontaire. Peut-être pourrait-il être forcé au cas où des circonstances particulières y contraindraient les FDLR.

Doit-on parler d’enfer pour les Forces démocratiques de libération du Rwanda ? Il serait trop tôt de faire une telle affirmation. Il vaudra mieux suivre l’évolution de la situation sur le terrain, question de se faire, à travers les faits, une certaine idée sur le sort qui sera donné au processus de désarmement de ce groupe armé étranger.

En octobre dernier, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité ou l’obligation – cela dépend, de se mettre au pas en ce qui concerne les groupes armés, étrangers et congolais, avec les rebelles hutus rwandais comme point de mire.

Dans tous les cas, le sort est scellé pour ce groupe armé qui n’a, de toutes les façons, aucun argument à avancer pour retarder ou repousser un processus dont le décor a été complètement planté. « On n’a pas de choix », fait-on valoir aussi bien au niveau des instances congolaises que de la Monusco.

Les carottes sont donc cuites pour les FDLR. Tout ce qui leur reste, c’est de faire avec un désarmement volontaire qui leur épargnerait des situations malencontreuses. On ne pense pas qu’ils suivent une autre voie que celle qui leur a été indiquée, en l’occurrence la voie de la raison. C’est-à-dire, celle du désarmement volontaire.

Dans une de ses interventions, toujours sur la question, Martin Kobler, représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en RDC, avait bien dit les choses lorsqu’il affirmait qu’avec la défaite du M23, le travail venait de commencer.  « C’est un désarmement volontaire et paisible sans combattre parce que nous ne voulons pas combattre », avait-il déclaré, non sans avoir objecté. « Mais nous utilisons la force, la Brigade d’intervention, si c’est nécessaire, si les groupes armés ne veulent pas désarmer volontairement et paisiblement », avait précisé Martin Kobler.

Tout compte fait, l’actuelle offensive déclenchée par les Forces armées de la République Démocratique du Congo est dirigée contre un groupe armé qui, pendant longtemps, a semé la désolation et la mort au sein des populations civiles, notamment dans les provinces du Nord et du Sud Kivu.

S’il est un souhait à émettre, dans la foulée, c’est de « tordre » une fois pour toutes le cou aux FDLR, une force négative, pour que la paix, la sécurité et la tranquillité reviennent en force dans l’Est de la RDC. Loin de canons et autres exactions qui étaient devenus le lot quotidien d’une population, souvent en déplacée interne. Le temps presse.

Source: lepotentielonline.com – 13/12/2013.

décembre 13, 2013   No Comments

Rwanda – La condamnation de Madame Victoire Ingabire par la Cour Supreme est une honte

Mme Victoire Ingabire incarnera toujours notre lutte démocratique

Mme Victoire Ingabire - Opposante Rwandaise

Mme Victoire Ingabire – Opposante Rwandaise

Bruxelles, le 13 décembre 2013

Communiqué Verdict cour supreme

Chers compatriotes, chers amis du Rwanda, vous tous épris de paix, de liberté et de démocratie,

Le verdict vient de tomber et il est implacable. En effet notre Présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, vient d’écoper injustement d’une peine d’emprisonnement de 15 ans. Ce verdict de la Cour Suprême vient aggraver le premier jugement rendu par la Haute Cour en date du 30 octobre 2012.

Nos premiers mots vont à notre Présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza à qui nous témoignons de notre soutien indéfectible et assurons de continuer le combat qu’elle a initié jusqu’à la conquête totale de nos droits et libertés et à la libération totale du peuple rwandais du joug dictatorial sous le quel il croupit depuis bientôt deux décennies. Nos mots vont aussi à la famille de la prisonnière, qui a consenti à tant de sacrifices dans l’intérêt du peuple rwandais et qui aujourd’hui se trouve privée d’une mère ou d’une épouse.

Enfin, nos mots s’adressent à tous les membres des FDU-Inkingi ainsi qu’à tous les démocrates de quelque bord qu’ils soient, pour leur dire : ne vous découragez pas, c’est maintenant que le combat commence. Rien ne peut arrêter l’aspiration d’un peuple à la liberté et à la démocratie. Partout où les régimes dictatoriaux ont essayé d’empêcher le peuple d’accéder à son aspiration profonde, ils ont échoué. Certes, souvent il a fallu des hommes et des femmes d’un courage exceptionnel pour arriver à faire plier ces régimes. Victoire Ingabire en fait partie.

Rappelons que la décision des FDU-Inkingi d’aller faire la politique au Rwanda, a été prise après avoir passé en revue toutes les options possibles pour rétablir un régime démocratique au Rwanda face à un régime dictatorial et que l’option pacifique choisie nous semblait être la meilleure pour éviter d’éternels renversements de pouvoir dans le sang. Nous pensons toujours que le sang a trop coulé dans notre pays et qu’il était important que le régime rwandais comprenne que par cette action, nous lui donnions une offre de paix et de réconciliation afin d’épargner au peuple rwandais les souffrances du passé.

Nous n’allons pas revenir sur tous les incidents qui ont marqué ce procès depuis la Haute Cour jusqu’à la Cour Suprême, incidents qui ont été relevés aussi bien par les ONG des droits de l’homme (AI, HRW,…) que par les représentations diplomatiques qui ont assisté à ce procès (les intimidations de l’accusée et de son conseil, les harcèlements de l’accusée par les émissaires un peu spéciaux, les inégalités de traitement entre l’accusation et la défense, l’utilisation rétroactive des lois, la fabrication des preuves, l’intimidation des témoins de la défense,…).

Nous ne reviendrons pas non plus sur les attaques et les lynchages orchestrés par le pouvoir, dont fut l’objet Mme Victoire Ingabire, dès son arrivée au Rwanda, attaques menées par les plus hautes autorités de l’Etat à commencer par le Président de la République et qui montraient dès le départ, la volonté du pouvoir de barrer la route à notre Présidente ainsi qu’aux FDU-Inkingi en général, pour les empêcher d’entrer dans la compétition démocratique.

Rappelons aussi, que la persécution de la Présidente des FDU-Inkingi, Mme Victoire Ingabire s’est accompagnée par celle du Secrétaire Général Intérimaire, M. Sylvain Sibomana ainsi que d’autres membres des FDU-Inkingi, notamment ceux de son staff en vue de l’isoler, de la fragiliser et de fragiliser toutes les structures du parti. Actuellement d’autres membres des FDU-Inkingi ont été condamnés et/ou attendent d’autres condamnations pour des motifs purement politiques, comme par exemple le fait de venir assister au procès de Mme Victoire Ingabire. Il s’agit notamment de M. Abayisenga Venant, M. Byukusenge Emmanuel, Mme Gasengayire Léonille, Mme Irakoze Jenny Flora, M. Nahimana Marcel, M. Hitimana Samuel, M.Tuganemungu Christian, M. Ufitamahoro Norbert, M. Uwilingiyimana Valens, M. Uwiringiyimana Vénuste, sans oublier les autres membres qui sont persécutés dans l’indifférence totale et dans le piétinement des lois pourtant établies par le régime.

Des leaders d’autres partis critiques envers le régime comme Déo Mushayidi, Bernard Ntaganda, Dr Théoneste Niyitegeka, …croupissent en prison également pour les motifs politiques.

Le régime rwandais, espère par la condamnation de la Présidente des FDU-Inkingi, Mme Victoire Ingabire, celle de son Secrétaire Général Intérimaire, M. Sylvain Sibomana, ainsi que par les procès en cours des autres membres du parti, les empêcher d’exercer leurs droits constitutionnels et décapiter notre parti, d’après les lois qu’il a taillées sur mesure en vue de cadenasser l’espace politique. Nous réaffirmons le leadership de notre Présidente et de notre Secrétaire général Intérimaire, car, leur combat, juste et légitime, est aussi le nôtre. Emprisonnée ou pas, Madame Victoire Ingabire continuera d’être le phare qui nous guidera jusqu’à la victoire démocratique totale.

Nous l’avions dit dès le départ, ce procès est de nature politique. Nous avions voulu néanmoins donner une chance à la justice rwandaise pour qu’elle prouve si elle est réellement indépendante du pouvoir politique. Le verdict d’aujourd’hui et ceux qui l’ont précédé, prouvent de façon définitive que nous sommes en face d’un conflit politique qui nécessite une solution politique.

C’est pourquoi, nous redemandons de façon solennelle des négociations directes avec le pouvoir rwandais afin de trouver des solutions appropriées et durables face aux problèmes de démocratie, de gouvernance, de justice, de réconciliation,…pour éviter un nouvel hécatombe au peuple rwandais et lui permettre de vivre ensemble entre toutes ses composantes, dans le respect mutuel et en garantissant les droits et libertés de tout un chacun.

Nous condamnons tous ces actes indignes d’un Etat respectueux et en appelons à la Communauté internationale, aux bailleurs de fonds du Rwanda, aux pays amis du Rwanda, aux pays de la sous région des Grands Lacs africains, aux Nations Unies, à l’UE et à toutes les personnes épris de paix et de démocratie afin d’user de leur influence pour exiger au régime rwandais de libérer Mme Victoire Ingabire et tous les autres prisonniers politiques et d’accepter le jeu démocratique en laissant fonctionner librement tous les partis politiques dans le respect de la Constitution.

Au régime rwandais, nous lançons un nouvel appel afin qu’il se ressaisisse et revienne à la raison.

Je vous remercie de votre attention.

Dr Emmanuel MWISENEZA

Commissaire à l’Information et à la Communication

décembre 13, 2013   No Comments

Congo (RDC) : Kinshasa et le M23 signent trois textes mettant fin au pourparlers de Kampala

Museveni et Banda signent la declaration de Nairobi

Museveni et Banda signent la declaration de Nairobi

Alors que cela fait des semaines que l’on attendait la signature d’un accord de paix, les rebelles du M23 et une délégation du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) se sont rencontrés ce jeudi 12 décembre à Nairobi, au Kenya, en présence de la médiation ougandaise. Les deux camps ont signé trois documents. Il ne s’agit pas d’un accord de paix en tant que tel mais de trois textes distincts, un pour chacune des parties, mettant ainsi officiellement un terme au laborieux processus de Kampala.
Ce sont bien trois documents qui ont été signés par chacune des parties ce jeudi 12 décembre au soir.
D’un côté, l’ex-rébellion du M23 a paraphé un texte où elle renonce officiellement à la lutte armée et déclare la fin de sa rébellion.
Le gouvernement congolais, de son côté, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a signé une déclaration où il s’engage d’abord à adopter une loi d’amnistie générale pour faits insurrectionnels et faits de guerre mais qui exclut toute personne accusée de crimes contre l’humanité, génocide ou violences sexuelles. Le Congo s’engage également à désarmer, démobiliser et réinsérer socialement les ex-combattants mais exclut toute intégration dans l’armée congolaise pour ces ex-combattants.
Enfin, troisième document : le président ougandais, Yoweri Museveni, qui préside également la Conférence internationale des Grands Lacs, et la SADC ont signé une déclaration qui annonce la fin des pourparlers de Kampala et demande aux deux parties d’exécuter leurs engagements. Au final, pas d’accord de paix en tant que tel. Pour le gouvernement congolais, c’est une victoire puisqu’il tenait absolument à ce qu’on ne parle pas d’ « accord » mais de « déclaration ». Face à une opinion très hostile, il voulait aussi à tout prix éviter que le M23 et Kinshasa signent un même texte. C’est désormais chose faite.La question qui se pose désormais, c’est l’utilité de ce texte plus d’un mois après la fin de l’offensive armée, sachant qu’au final ces déclarations ne font que confirmer des engagements qui avaient été déjà pris par les différentes parties.

Source: onewovision.com – 13/12/2013

décembre 13, 2013   No Comments

Congo (RDC): les FDLR, une rébellion rwandaise en voie d’affaiblissement

Rebels in DRC

Rebelles en RDC

GOMA, (AFP) – Les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont l’armée congolaise cherche de nouveau à obtenir la soumission par la force, avec le soutien de l’ONU, sont présents dans l’Est de la République démocratique du Congo depuis 1994 mais n’ont cessé de s’affaiblir. Depuis la victoire des Forces armées de la RDC (FARDC) sur les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) en novembre, les FDLR sont la première milice homogène en terme de nombre de combattants présents sur le sol congolais.
Le mouvement a été néanmoins très affaibli au cours des dernières années, et les effectifs de sa branche armée, les Foca (Forces combattantes Abacunguzi) sont aujourd’hui estimés à 1.500 hommes par l’ONU et les experts du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), basé à Bruxelles.
Selon un expert militaire à Kinshasa, ils seraient même moins nombreux, de l’ordre de 1.000 à 1.200 combattants, et bien que très disséminés sur le plan géographique, ils disposent encore de certains moyens, en particulier de bons moyens de communication. Au nombre des FOCA, s’ajoutent environ 700 combattants répartis dans trois branches dissidentes des FDLR d’origine. Plusieurs facteurs expliquent la réduction du nombre des miliciens des FDLR dont le nombre était encore estimé entre 4.000 et 6.000 hommes en 2009.
Depuis l’élection du président congolais Joseph Kabila en 2006, le groupe a subi les opérations de l’armée congolaise, parfois conjointement avec l’armée rwandaise, comme ce fut le cas en 2009. Le mouvement a souffert aussi de la décapitation de sa direction politique avec l’arrestation en 2009 de son chef Ignace Murwanashayaka et de son adjoint, Straton Musoni en Allemagne, mais aussi du processus de désarmement et de réinsertion au Rwanda mis en place par l’ONU et des combats avec des milices congolaises, au premier rang desquelles les Raïa Mutomboki.
Historiquement, les FDLR sont une émanation des anciennes Forces armées rwandaises (FAR) et des milices extrémistes Interhamwe ayant pris une part active au génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 avant de fuir au Zaïre voisin (aujourd’hui la RDC) après la prise du pouvoir à Kigali par Paul Kagame, l’actuel président rwandais.Chassés en 1996 par la nouvelle armée rwandaise des camps de réfugiés hutu qu’ils contrôlaient dans les Kivus, les génocidaires créent le mouvement de l’Armée pour la libération du Rwanda (Alir), qui lance en 1997-98 des attaques meurtrières dans le nord-ouest du Rwanda, auxquelles Kigali réplique violemment.En 1998, au début de la deuxième guerre du Congo, le président Laurent-Désiré Kabila mobilise l’Alir contre son ancien allié rwandais.L’Alir change de nom en mai 2000 pour se transformer en Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un mouvement politico-militaire dont la dernière tentative sérieuse de renverser le régime de Kigali, en 2001, s’est soldé par un cuisant échec.

Composé aujourd’hui d’un nombre croissant de Congolais, les rebelles ayant pris souche en RDC, les FDLR sont disséminés dans le Centre-Est du Nord-Kivu et dans le Sud-Est du Sud-Kivu, où ils collaborent parfois avec les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL).

Accusées d’avoir commis des atrocités à grande échelle contre des civils, les FDLR sont aujourd’hui d’abord une menace pour la population locale des zones où ils évoluent. Le pouvoir du président Kagame, issu lui-même d’une rébellion venue de l’étranger, continue néanmoins de les considérer comme un danger existentiel.

Source: onewovision.com – 12/12/1013.
http://www.onewovision.com/actu-rdc/RDC-les-FDLR-une-rA-bellion-rwandaise-en-voie-d-affaiblissement,i-20131212-3245

décembre 13, 2013   No Comments

Des nouvelles du Rwanda : comment j’ai été expulsé – Guillaume Nicaise

Des nouvelles du Rwanda : comment j’ai été expulsé

par Guillaume Nicaise, chercheur

Imaginez un pays où il fait beau toute l’année, les oiseaux chantent, la végétation est abondante, les enfants rient de bon cœur, le magnifique pays des mille collines. Quelle belle carte postale ; il va maintenant falloir la retourner pour y lire quelques commentaires. La vérité est différente…

Ma compagne est moi-même avons passé les cinq derniers mois au Rwanda, elle en tant qu’enseignante et moi en tant que chercheur, professeur à l’université et consultant. Ma recherche porte sur l’intégration des normes de bonne gouvernance par les fonctionnaires Rwandais. Un sujet sensible : le Rwanda reste un des pays les plus pauvres au monde et la moitié de son budget provient de l’aide internationale ; le gouvernement se doit donc de montrer des résultats positifs pour obtenir les fonds. Mais je ne m’imaginais pas une telle susceptibilité.

L’AUTEUR
Lorsque Guillaume Nicaise nous a contactés, il était installé au Rwanda depuis quatre mois. Doctorant à l’EHESS, il travaillait sur la bonne gouvernance dans ce pays. Il souhaitait partager ses impressions avec les riverains de Rue89, près de vingt ans après le génocide (avril 2014). Puis, plus de nouvelles.Un mois plus tard, il nous a envoyé ce texte, s’excusant de son retard : « Comme vous le lirez dans l’article, des événements indépendants de ma volonté sont survenus durant toutes ces semaines. Ayant l’esprit plus serein, je peux maintenant m’exprimer plus librement. » Titre et intertitres sont de la rédaction. Pascal Riché

Il y a environ deux mois, j’effectuais une recherche sur les taxis-motos de Kigali pour comprendre leur perception de la police. C’était un choix judicieux : alors que les Rwandais ont quasiment tous peur de s’exprimer par peur du régime au pouvoir, ces motards forment une communauté à part, avec un franc-parler, une fougue, une envie de s’exprimer sur la dureté de leur quotidien.

Ils sont plus de 7 000 à sillonner la ville par tous les temps, chevauchant leur monture éreintée, bravant le code de la route, pourfendant les embouteillages pour empocher quelques sous.

Un entretien fut différent des autres. L’homme en face de moi était un rescapé du génocide, sa famille ayant été entièrement trucidée. Il avait un grand besoin de sécurité et de stabilité, un amour pour l’ordre et l’autorité, souhaitant une vie tranquille et sans conflit. En bon citoyen, à la fin de l’entretien, il appela ses amis les policiers car il jugea mes questions trop pernicieuses ou dangereuses pour son pays.

L’équipe au complet du chef de la police du district ainsi que les RG locaux firent le déplacement pour mettre fin à ma journée de recherche et me poser des questions. Malheureusement, leur action ne s’arrêta pas là.

Interrogatoire, perquisition

J’appris un peu plus tard de source sûre que mes mouvements et mes communications étaient surveillés. De plus, la direction du ministère de l’Education fut convoquée par la police criminelle pour savoir pourquoi j’avais obtenu un permis de recherche m’autorisant à m’entretenir et m’informer sur la police. Mon organisme d’affiliation me demanda un rapport sur mes agissements.

Les ennuis s’amplifièrent vraiment lorsque je décidai de me rendre auprès de la personne en charge de l’enquête à mon encontre, le chef de la police criminelle en personne. Ma visite de courtoisie se transforma en interrogatoire en bonne et due forme. A l’issue de l’interrogatoire, il m’informa que j’avais maintenant des problèmes avec l’immigration. Nous nous rendîmes donc à l’immigration où je fus accusé « d’usage de faux », ayant usurpé mon permis de travail pour effectuer une recherche (pourtant approuvée par les plus hautes instances de l’Etat). Cette accusation invraisemblable, montée de toute pièce par le chef de la police criminelle, lui permit de justifier une perquisition à mon domicile.

La peur de rejoindre les « portés disparus »

J’eus donc le plaisir de me rendre à la maison bien escorté par la police et de saluer, à mon arrivée, le procureur avec son mandat en main, ainsi que toute l’équipe de police locale et les voisins curieux alentours. Je n’oublierai jamais le regard d’un voisin, empli d’incompréhension, d’inquiétude et d’impuissance. Il ne me jugeait pas, il avait juste peur pour moi.

Quelques jours plus tard, je pus récupérer tout le matériel saisi (ordinateurs, notes et affaires personnelles, etc.), l’enquête s’étant révélée non concluante. Ma grande peur avait été que le régime glisse des informations compromettantes dans mes affaires et me fasse subir un faux procès, mais ils choisirent une solution moins encombrante. Encore quelques jours plus tard, ma compagne et moi-même reçûmes chacun un appel de l’immigration.

Cette fois, c’était la bonne. Nos visas étaient annulés, nous avions douzeheures pour quitter le pays, ou bien la police se chargerait de nous faire partir. Lorsque je m’avisais de savoir pourquoi, on me répondit que « je le savais très bien ».

Ce départ signifiait perdre notre travail et nos amis au Rwanda, mais aussi la fin de l’inquiétude continuelle d’être des « portés disparus » du régime. Nous primes donc le premier avion pour rentrer en France, il y a quelques jours.

Au final, ces cinq mois au Rwanda ont été riches en rencontres (c’est un peuple très accueillant), en découvertes (une culture tellement différente) et en aventures. Nous leur souhaitons le meilleur.

Source: rue89.com. 10/12/2013

décembre 13, 2013   No Comments