Tribune d'Information sur le Rwanda

Rwanda : Déo Mushayidi est un «Mandela» et non un «criminel»

Dans son communiqué n° 121/2010, le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) écrit ceci:

Déo Mushayidi est un «Mandela» et non un «criminel».

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) dénonce et condamne le kidnapping par la police burundaise et la déportation forcée vers le Rwanda de Monsieur Déogratias MUSHAYIDI.
Ce crime contre l’humanité, qui est imprescriptible et imputable aux forces de sécurité de la République du Burundi, a eu lieu vendredi le 5 mars 2010.
Déo Mushayidi est président du Pacte de Défense du Peuple (PDP) depuis novembre 2008. C’est un des rares rescapés tutsis qui a osé rompre avec le FPR dont il a dénoncé les crimes, la corruption et les dérives antidémocratiques.
Le régime du FPR l’insulte en le traitant de terroriste qui serait impliqué dans les attaques aux grenades survenues au Rwanda depuis quelques semaines.

M. Mushayidi est un opposant politique crédible et reconnu comme tel par la majorité des rwandais qui le connaissent bien. Tous les prétextes sont bons pour le régime dictatorial du général Paul KAGAME, président du Rwanda, pour se débarrasser de ses opposants politiques réels ou supposés.
Le CLIIR recommande une enquête urgente et indépendante sur ces attaques à la grenade qui, selon certains observateurs rwandais et étrangers, seraient l’œuvre de l’omniprésente et omnipuissante DMI (Directorate of Military Intelligence).
Le général Jack Nziza, le colonel Emmanuel Ndahiro et le général James Kabarebe sont soupçonnés de superviser ces attaques visant à terroriser la population civile et à se débarrasser des opposants politiques qui ont formé un Conseil de concertation politique très efficace face à Paul Kagame.

Ce communiqué n°121 est un vibrant hommage à M. Déo Mushayidi, un homme politique qui a toujours su rassembler autour de lui tous les rwandais sans aucune distinction politique, ethnique et régionale.

Avant de parler de son kidnapping et de son héritage politique, voici quelques uns des nombreux commentaires qui sont parvenus au CLIIR depuis sa déportation vers le Rwanda :
« Déo Mushayidi n’a jamais été et ne sera jamais un terroriste. C’est notre « Mandela » pour nous les rescapés des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis au Rwanda et au Congo depuis 1990 jusqu’à ce jour de 2010.
Mushayidi réclame la justice et la vérité dans ses paroles et ses écrits pour tous les victimes et les rescapés sans aucune distinction politique, ethnique ou régionale
».

Un nouveau «Mandela» serait né au Rwanda ?

M. Nelson Mandela, ancien président de la République Sud Africaine (RSA) était un avocat de formation et de profession qui a passé 27 ans de prison sous le régime de l’apartheid.

M. Déo Mushayidi, le « Mandela » du Rwanda était un enseignant de profession et un religieux de vocation. En effet, Mushayidi est un ancien frère Joséphiste qui a quitté sa soutane et ses études de théologie pour devenir le représentant officiel du Front Patriotique Rwandais (FPR), la rébellion armée tutsie, en Suisse jusqu’à son retour au Rwanda en 1994.
Il avait été séduit par les textes du programme politique du FPR qui rencontrait son idéal politique en tant que démocrate né.
Nous ignorons combien d’années, et dans quel état de santé physique et mental, il va passer en prison sous le régime de l’Apartheid imposé par le FPR au Rwanda.
Connaissant les méthodes criminelles du régime FPR, nous craignons qu’il soit tué ou que son cerveau soit endommagé par la torture ou le poison, comme ce fut le cas de M. Innocent Byabagamba, un ancien militaire tutsi arrêté dans un pays voisin et déporté au Rwanda et dont le cerveau a été très endommagé dans l’intention d’en faire un handicapé mental in fine.

Ceux qui traitent Mushayidi de « Mandela » du Rwanda, ce sont ceux qui connaissent son histoire tragique.
La tragédie familiale de Mushayidi peut se résumer comme suit :
« Son père a été tué par des hutus trois mois avant sa naissance en 1961. Il est donc né dans les décombres de la maison familiale détruite pendant les violences ethniques de la révolution de 1959. Sa vieille mère et ses deux sœurs aînées ont été massacrées avec leurs enfants pendant le génocide de 1994 à l’époque où il représentait le FPR en Suisse ».
Malgré la mort violente de ses proches parents, Mushayidi a toujours collaboré avec ses compatriotes Hutu et Twa dans les différents mouvements politiques qu’il a cofondés ou qu’il a rejoint depuis le 22 février 2001.
Il a toujours milité en faveur du Dialogue inter-rwandais et de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation. Ce sont les principaux instruments politiques qu’il a toujours privilégiés. Sa philosophie politique ne lui permettrait pas de sombrer dans un quelconque terrorisme.
C’est un homme qui assume et revendique toujours ces actes. Au cas où il serait amené à poser un acte violent, il aurait le courage politique d’assumer et de revendiquer son acte.
Comme le sud-africain Nelson MANDELA a vaincu l’apartheid, le «Mandela» rwandais rêve de vaincre les démons ethniques et créer un pays viable pour toutes les ethnies du Rwanda et de la région.
C’est pour éviter à tout rwandais une tragédie semblable à la sienne que Déo Mushayidi a évolué dans plusieurs formations politiques susceptibles de libérer le Rwanda de l’Apartheid ethnique qui le mine.

Recommandations :

Le Centre recommande instamment :

– Que le président Paul Kagame et son gouvernement autorisent la libération immédiate et sans condition de M. Déo Mushayidi qui ne fait qu’exercer ses droits naturels que sont : la liberté, la propriété, la sûreté et le droit de résister à l’oppression.

– Que le gouvernement rwandais respecte tous les droits et libertés de M. Mushayidi.

– Que M. Mushayidi soit autorisé à rencontrer ses avocats chargés de le faire libérer ou de le défendre dans un éventuel procès s’il y a eu des délits à juger.

– Que le président rwandais Paul Kagame abandonne tous ses graves défauts qui lui sont attribués par ses anciens proches collaborateurs.
En effet, dans son interview à la Vox of America (VOA du 04/03/10), le général Kayumba Nyamwasa accuse le président Paul KAGAME d’être caractérisé par « le népotisme, la cupidité, le divisionnisme, les intrigues et l’autoglorification ».
Il parle de maltraitance contre la famille du général Fred Rwigema, l’ancien président du FPR assassiné le 02/10/1990, de la mise à l’écart de plusieurs membres fondateurs du FPR.
Il parle également des citoyens rwandais ” humiliés par le président rwandais, qui se courbent, s’agenouillent, roulent par terre devant lui, qui se font tabasser avec des coups de pieds”.
Nous constatons que c’est ce genre de traitements inhumains et dégradants qu’il applique contre ses opposants politiques dont M. Déo Mushayidi fait partie.

– Que tous les pays qui aident le Rwanda, toutes les organisations des droits humains et tous les hommes de bonne volonté réclament sa libération.

– Nous encourageons Monsieur Mushayidi, s’il est encore vivant ou en état physique et mental normal, à résister aux persécutions dont il fait l’objet en prison ou dont il fera l’objet en liberté s’il est relâché.
Nous craignons qu’il soit soumis à la torture physique et/ou mentale puisque ses avocats n’arrivent pas à le rencontrer.

Lire aussi:
Les raisons de l’exil de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi en l’an 2000.
Les activités politiques de Mushayidi en exil en Belgique.
Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi.
Brève biographie de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi

Tiré du communiqué n° 121/2010 publié le 8 Mars 2010 par Joseph Matata, Coordinateur du CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda).

March 10, 2010   No Comments

Rwanda: Publications faites ou cosignées par l’opposant politique Rwandais Mushayidi

Les livres et les documents publiés par Mushayidi seul ou cosignés avec d’autres :

– « Les secrets du génocide rwandais : les mystères d’un président » est un livre écrit et publié par un journaliste d’investigation, M. Charles ONANA, avec la collaboration de Mushayidi. Ce fut le premier livre qui osa avancer l’hypothèse selon laquelle le président Paul Kagame serait le commanditaire de l’attentat du 6 avril 1994 qui a tué deux présidents Hutus en exercice. Celui du Burundi, Cyprien Ntaryamira et celui du Rwanda, Juvénal Habyarimana.

– « La charte rwandaise des Droits et des Libertés » est un document consacrant les droits et les libertés publiques en faveur des Rwandais.
Elle fut publiée le 24/07/2007 par le Partenariat Intwari dont les dirigeants se sont engagés à respecter dans ces termes :
« Et que, dès cet instant, nous nous engageons à unir toutes nos potentialités et à lutter main dans la main, avec courage et abnégation, jusqu’à la tenue d’un Dialogue national démocratique et sans exclusive et à la victoire totale et irréversible de la démocratie, de l’État de droit, de l’unité dans la diversité, de la justice, de l’égalité, de la sécurité équitable des citoyens, de la paix et du développement durable ».

– « Pourquoi j’ai commémoré le 6 avril » est une déclaration très forte et émouvante qu’il a publié le 8/04/2006 en réaction d’une agression verbale qu’il a subi le 7/04/2006, lors de la marche aux flambeaux organisée par IBUKA Belgique. En effet, un homme proche de l’Ambassade du Rwanda en Belgique lui a reproché violemment d’avoir commémoré le 6/04/2006 au Mémorial du génocide rwandais érigé à Bruxelles (à Woluwe St Pierre) en compagnie des rescapés « non Tutsis » de ce génocide.

– « Mémo adressé au Conseil de Sécurité de l’ONU par la Cellule de la documentation et de la sécurité du Partenariat Intwari en février 2008. »
Ce document fut un véritable « Plaidoyer pour une enquête globale, objective et impartiale sur le génocide rwandais et ses conséquences ».
Ce Mémo exceptionnel révèle que : L’exécution du génocide rwandais a été réalisée par les deux blocs d’extrémistes : certains militaires et les milices Hutues ainsi que les militaires et cadres politiques tutsis du FPR.
Le document souligne que « depuis 1989 à partir de l’Ouganda, dans la planification du génocide rwandais par un noyau de militaires TUTSIS du Rwanda et de l’Ouganda, il était question de programmer l’assassinat du président Hutu, Juvénal Habyarimana, et l’extermination des populations Hutues qualifiées “d’ennemis régionaux” (Voir page 20 du Mémo).

Tiré du communiqué n° 121/2010 publié le 8 Mars 2010 par le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda).

Lire aussi:
Les raisons de l’exil de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi en l’an 2000.
Les activités politiques de Mushayidi en exil en Belgique.
Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi.
Brève biographie de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi

March 10, 2010   No Comments

Brève biographie de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi

Voici une Brève biographie de Déo Mushayidi :

– Mr. Déogratias Mushayidi est né au Rwanda en 1961 à Sake à Kibungo au sud Est du Rwanda.

– D’ethnie Tutsi, il est marié et père de deux enfants. Son père a été tué en 1961 par des Hutu pendant les violences politiques liées à la révolution de 1959. Sa mère et ses deux sœurs aînées ont été tuées pendant le génocide de 1994.
A part sa femme et ses deux enfants, il n’a plus de proches parents en vie. Cette tragédie familiale l’a tellement marqué qu’il est toujours occupé à favoriser l’instauration d’un Etat de droit et le respect des droits humains au Rwanda.
En Belgique, il n’a pas cherché un travail rémunéré et n’a pas voulu approfondir ses études comme d’autres exilés.

– Formé chez les Frères Joséphistes où il aura passé 12 ans, il enseignera en tant que frère Joséphite au Rwanda (1984-1986), en République Démocratique du Congo (1986-1988) et au Burundi (1988-1989) avant d’être envoyé en Suisse pour y poursuivre sa formation en Théologie et en Philosophie à l’Université de Fribourg.

– Rattrapé par la guerre de 1990, il s’engage au FPR qu’il va représenter dans ce pays pendant toute la durée du conflit.

– Alors qu’il vient de perdre toute sa famille dans la tragédie de 1994, il rentre au Rwanda pour contribuer à la reconstruction nationale. A ce titre, il travaillera comme bénévole au Secrétariat général du FPR depuis août 1994 mais, dès mars 1995, des divergences avec le leadership du FPR l’amènent à rompre définitivement avec ce mouvement et à embrasser une nouvelle carrière comme journaliste.

– Ses publications engagées et très critiques pour le FPR finiront par agacer le nouveau régime qui l’accusera publiquement de subversion politique.

– En mars 2000 il prend le chemin de l’exil et atterrit en Belgique qui lui accorde l’asile politique.

– Il retourne alors à la politique et décide d’animer l’opposition en exil.
Porte-parole reconnu de celle-ci depuis 2002 notamment au sein de l’alliance « Igihango » et de la Concertation permanente de l’opposition démocratique rwandaise (CPODR), il se distinguera particulièrement au Partenariat-Intwari en cosignant avec ses collègues un Mémorandum historique (janvier 2008) sur le génocide rwandais destiné au Conseil de sécurité des Nations Unies.

– En novembre 2008, avec ses amis, il quitte l’Europe pour poursuivre la lutte sur le terrain en Afrique des Grands Lacs.

– M. Déo Mushayidi préside aujourd’huit le Pacte de Défense du Peuple (PDP-IMANZI), une émanation du Partenariat-Intwari, mais dont les fondateurs tablent sur un plus large rassemblement en faveur du Changement au Rwanda.

Tiré du communiqué n° 121/2010 publié le 8 Mars 2010 par le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda)

Lire aussi:
Les raisons de l’exil de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi en l’an 2000.
Les activités politiques de Mushayidi en exil en Belgique.
Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi.

March 10, 2010   No Comments

Les activités politiques de Mushayidi en exil en Belgique

Voici comment le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda) décrit les activités politiques de Déo Mushayidi en exil en Belgique:

– Le 22/02/2001, Mushayidi et ses collègues du comité de coordination présente le manifeste national d’un mouvement monarchiste qu’ils venaient de créer à Bruxelles appelé : « Nation – Imbaga y’Inyabutatu Nyarwanda » qui prônait la restauration de l’Unité de la Nation rwandaise via l’instauration d’une monarchie constitutionnelle.
L’ambassadeur du Rwanda, Jacques Bihozagara réagit le jour même dans un communiqué du 22/02/2001 dans lequel il énuméra les 8 partis politiques reconnus dans le protocole d’Accord du 24/11/1994 sur la mise en place des Institutions de la Transition.
Il dénonça la création de ce parti dans ces termes : « L’Etat Rwandais considère illégale toute initiative irrespectueuse des principes énoncés dans sa constitution minutieusement élaborée après de durs moments de négociations et défie toute manœuvre de distraction de l’opinion rwandaise et internationale ».
Le régime du FPR s’arrogeait ainsi le droit de réglementer toute opposition politique dans la diaspora rwandaise.

– Le 27/03/2002, l’Alliance pour la démocratie et la réconciliation nationale (ADRN) IGIHANGO a été créée à Bad Honnef en Allemagne et fut lancée le 5/04/2002 à Bruxelles. Mushayidi fut élu au comité exécutif au poste de Secrétaire de l’Information et Porte-Parole de l’Alliance Igihango.
Cette alliance réunissait les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR, majoritairement hutu et basé au Congo-Kinshasa), l’Alliance Rwandaise pour la Renaissance du Rwanda (majoritairement tutsi, basé en Amérique du Nord) et Nation Imbaga y’Inyabutatu Nyarwanda.

– Le Pacte Démocratique National (PDN) fut fondé après l’éclatement de l’Alliance Igihango. Le PDN, la CNA-Ubumwe et les FDLR-CMC se sont regroupés dans une plate forme politique appelé « Partenariat INTWARI ». Mushayidi fut élu au poste de secrétaire général et de porte-parole en 2005.

– Le 15/11/2008, Déo Mushayidi a publié la déclaration de foi du Pacte de défense du peuple (PDP) signé à Kinihira et qui « rassemble les Hutu, les Twa et les Tutsi tant de l’intérieur que de la diaspora, qui se reconnaissent tous comme Rwandais à part entière et fiers de leur appartenance ethnique ou de leur groupe social et qui aspirent à une cohabitation pacifique et harmonieuse dans un pays libéré de tout sentiment de haine et de tout esprit de vengeance et évoluant en dehors de toute suprématie numérique ou militaire ».

Tiré du communiqué n° 121/2010 publié le 8 Mars 2010 par le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda).

Lire aussi:
Les raisons de l’exil de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi en l’an 2000
Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi.

March 10, 2010   1 Comment

Les raisons de l’exil de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi en l’an 2000

Voici les raisons de l’exil en Belgique de l’opposant politique Rwandais Deo Mushayidi en l’an 2000 comme présentées dans le communiqué n° 121/2010 publié le 8 Mars 2010 par le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda):

– Mushayidi s’est fait connaître en 1994 lorsqu’il démissionna de son poste d’Assistant du Secrétaire général du FPR, le Major Théogène Rudasingwa, en juin 1995. Il avait découvert que le FPR a aussi massacré des innocents et n’a respecté aucun de ses objectifs. Il s’est senti trahi dans son idéal et s’est tracé un nouveau chemin.

– En 1995, il a trouvé du travail dans un projet de développement financé par la Coopération Suisse au Rwanda. Il a démissionné pour mieux combattre l’injustice.

– En 1996, convaincu qu’il pourrait pousser le régime FPR à redresser ses dérives, Mushayidi s’est lancé comme journaliste dans plusieurs journaux.
Un des plus connus est l’Ere de Liberté où il a travaillé avec un journaliste Twa, M. Elie Mpayimana, qui était son ami. Les deux journalistes dénoncèrent la corruption généralisée et s’attirent l’hostilité de plusieurs dirigeants du régime FPR.
Mushayidi a aussi publié dans le journal IMBONI jusqu’à son départ en exil en avril 2000. Dans ses articles, il s’est mis à dénoncer les violations des droits humains et la corruption généralisée qui gangrène toujours le Rwanda. Toujours dans l’espoir de forcer le régime à construire petit à petit un état de droit.

– En 1996, fort de son expérience et de sa combativité dans les médias de l’époque, Mushayidi fut élu président de l’Association des Journalistes du Rwanda (AJIR). Il devient également le secrétaire exécutif du Centre pour la promotion de la liberté d’expression et de la tolérance dans la région des Grands Lacs

– En 1999, il devient directeur de la Maison de la Presse avant d’en devenir un employé jusqu’au moment de sa fuite du pays en avril 2000.

– Début 2000, les articles qui ont précipité sa fuite du Rwanda visaient à dénoncer les arrestations, les déportations vers le Rwanda et les emprisonnements de Messieurs Benjamin Rutabana, Innocent Byabagamba, Bertin Murera, Rukeba et Janvier. Ces derniers avaient été arrêtés au Burundi puis déportés vers le Rwanda.

– Ils dénoncèrent également l’assassinat de l’ancien préfet tutsi de la préfecture Kibuye, M. Assiel KABERA, tué devant sa porte dans la soirée du dimanche 05/03/2000.

– Mushayidi et deux autres amis journalistes furent persécutés et diffamés par les médias gouvernementaux tels que la Radio et la Télévision Rwandaises.

– En avril 2000, les trois journalistes se sont exilés en Belgique où ils furent reconnus réfugiés. Mushayidi ne tarda pas à collaborer avec d’autres démocrates de la diaspora.

Communiqué n° 121/2010 du 8 Mars 2010 – CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda).

Lire aussi:
Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi

March 10, 2010   4 Comments

Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi

Dans son communiqué n° 121/2010 du 8 Mars 2010, le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda) donne la chronologie du kidnapping et de la déportation précipitée vers le Rwanda de l’opposant politique Rwandais Déo Mushayidi:

Chronologie de son kidnapping du jeudi 04 au 05/03/2010 :

Jeudi le 4 mars 2010:
Monsieur Déo Mushayidi a été arrêté par des policiers tanzaniens dans la Ville de BUKOBA en Tanzanie. Il a été conduit à la frontière du Burundi. La Police burundaise des Airs, des Frontières et des Etrangers (PAFE) l’a transféré dans la capitale burundaise, Bujumbura, jeudi soir.

Vendredi le 5 mars 2010 vers 10h:
M. Mushayidi a réussi à téléphoner à ses collègues du Pacte de Défense du Peuple (PDP) résidant en Europe. Il leur a expliqué sa situation.
Ses collègues ont réussi à joindre quelques responsables policiers burundais à qui ils ont expliqué la qualité d’opposant politique de Mushayidi. Selon lui, les responsables burundais lui avaient assuré de lui apporter l’aide nécessaire en sa qualité d’opposant politique. Donc ils savaient qu’il était un opposant exilé. Ils pouvaient donc évaluer les risques de perdre non seulement sa vie mais aussi sa liberté ou d’être torturé au Rwanda.

Vendredi 5 mars 2010 vers 15h:
Ses collègues du PDP en Europe ont perdu tout contact téléphonique avec lui. Ils se sont inquiétés et ont commencé à téléphoner aux responsables du PAFE. Mais personne n’a voulu décrocher le téléphone et répondre à leurs nombreux appels.
A partir de cet instant plus aucun policier ou agent de l’immigration n’était joignable jusqu’au moment où un article du News Times de Kigali a mentionné la capture de Déo Mushayidi et sa déportation à Kigali.
Dès lors, on ne peut pas parler d’extradition car il n’a jamais été sous le coup d’une quelconque procédure judiciaire ou d’un mandat d’arrêt international.
Il s’agit d’un véritable kidnapping opéré par les agents d’un Etat au profit d’un autre Etat en violation de tous les instruments du droit international dont le droit d’asile pour un réfugié politique reconnu en Belgique.

Le Burundi n’a jamais cessé de violer la convention de Genève sur le droit d’asile.
Rappelons que depuis Mai 2005, plusieurs milliers de réfugiés Hutus, qui ont fui les persécutions et les emprisonnements arbitraires liés aux procès des tribunaux Gacaca, ont été expulsés par la force et dans la brutalité vers le Rwanda où certains hommes seraient portés disparus après leur rapatriement forcé.
Les organisations internationales des droits humains telles que Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International (AI) n’ont jamais cessé de dénoncer et condamner le Burundi pour son refus de respecter les conventions internationales qu’il a signées.

Il est grand temps que les Nations Unies et le reste de la communauté internationale demandent des explications au gouvernement du Burundi et exigent qu’il respecte désormais les conventions internationales.

March 10, 2010   1 Comment

DMI

La DMI (Directorate of Military Intelligence) est une véritable « machine à tuer », une sorte de GESTAPO Tutsi créée et dirigée par le président rwandais et président du FPR (Front Patriotique Rwandais), le Général Paul KAGAME.
La DMI a impunément assassiné, torturé, emprisonné et fait disparaître des milliers d’opposants politiques (réels ou supposés), des anciens dignitaires et intellectuels Hutu ainsi que de simples citoyens rwandais Hutu et Tutsi depuis plus de 15 ans.

cité depuis Communiqué n° 121/2010 du 8 Mars 2010 publié par le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda)

March 10, 2010   No Comments

CLIIR

CLIIR: Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995.
Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994.
Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.

Coordinateur: MATATA Joseph
Adresse:
CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE ET L’INJUSTICE AU RWANDA (CLIIR)
Boulevard Léopold II, n°227
1080 BRUXELLES
Tél/Fax : 32.81.60.11.13
GSM: 32.476.70.15.69
Mail : cliir2004@yahoo.fr

March 10, 2010   1 Comment

L’OPJDR plaide pour la veuve du Président Rwandais Habyarimana

Dans sa lettre Nº 017/PK/P/210, l’OPJDR (Organisation Pour la Paix, la Justice et le Développement au Rwanda) vient d’adresser une lettre au Président Français Nicolas Sarkozy concernant la sécurité de Mme Agathe Kanziga Habyarimana, épouse du Président Rwandais assassiné en avril 1994.
Voici le contenu de la dite lettre, écrite le 7 Mars 2010:

Son Excellence Mr. Nicolas Sarkozy
Président de la République Française
Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris – France

Objet:
La sécurité de Madame Agathe Kanziga Habyarimana,
Veuve du Président Assassiné Juvénal Habyarimana.

Agathe Kanziga Habyarimana, veuve de feu Juvénal Habyarimana

Agathe Kanziga Habyarimana, veuve de feu Juvénal Habyarimana

Excellence Monsieur le Président,

Cinq jours après votre visite au Rwanda, Madame Agathe Kanziga Habyarimana fut interpellée à Paris sur un mandant d’arrêt émis par le gouvernement rwandais.
L’OPJDR ne met pas en doute l’indépendance de la justice française mais la coïncidence de ces deux événements couplée avec vos propos à Kigali sur le sort des présumés génocidaires résidents en France suscitent débats et inquiétudes.

Excellence Mr. le Président,
L’interpellation de cette veuve de l’ancien Président Rwandais vient au moment où la requête qu’elle a deposée devant la justice Française en compagnie de Madame Annick PERRINE, veuve de Jean M. PERRINE, Madame Françoise HERAUD, veuve de Jacky HERAUD, contre les personnes responsables de l’attentat terroriste qui couta la vie à leur maris en date du 6 Avril 1994 à Kigali n’a pas encore aboutie.
C’est suite à cette requête qu’ en date du 17 Novembre 2006 la Justice Française a délivré des mandat d’arrêts Internationaux contre les haut responsables du Gouvernement et Militaires Rwandais entre autres le Général James Kabarebe, l’actuel Chef d’Etat Major, Faustin Nyamwasa-Kayumba, ancien Ambassadeur du Rwanda en Inde, Lt Général Charles Kayonga, chef d’Etat-major de l’armée de terre, Brigadier Général Jackson Nkurunziza, Major Rose Kabuye, Colonel Samuel Kanyemera, Major Jacob Tumwine, Sous Lieutenant Franck Nziza et Caporal Eric Hakizimana, et le Juge a recommandé aux Nations Unies des poursuites contre le Président Paul Kagame devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) pour sa participation présumée à l’attentat contre l’avion présidentiel le 6 avril 1994, qui a coûté la vie aux Présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda, à son homologue Burundais Cyprien Ntaryamira, aux plusieurs hauts responsables des deux pays et trois membres d’équipage français.
Cet ignoble attentat a directement déclenché le génocide qui a coûté la vie à des millions de Rwandais. Alors que la communauté Rwandaise et internationale attendaient la suite de cette déposition, la diplomatie française choisit d’ignorer l’impartialité de la Justice Française et décide de délivrer la plaignante à l’accusé.

Excellence Mr. le Président,
L’objet de cette lettre est d’attirer votre attention sur les conséquences désastreuses qui résulteraient d’une extradition de Mme Agathe K. Habyarimana vers le Rwanda et de vous demander d’user de votre autorité pour que la concernée ait l’opportunité de se défendre devant une juridiction indépendante et impartiale en dehors du système judiciaire rwandais.

En effet, Monsieur le Président, dans plusieurs résolutions des Nations Unies, spécialement la déclaration S/PRST/1994/21 datée du 30 Avril 1994 du Président du conseil de sécurité des nations unies, il est stipulé que les attaques contre des civils sans défenses se sont déroulées dans les zones sous contrôle de deux belligérants à savoir le Front Patriotique Rwandais (FPR) du Général Paul Kagame ainsi que le gouvernement intérimaire et demandaient aux leaders de deux camps impliqués dans le conflit rwandais en 1994 de condamner et d’arrêter ces exactions sommaires exercées par leurs hommes sur des populations civiles.
C’est suite à ce constat que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a mis sur pied le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) avec son siège à Arusha, dans le nord de la Tanzanie et non à Kigali afin d’ éviter ou du moins minimiser toute interférence du gouvernement dirigé par le FPR sur le bon déroulement des travaux du tribunal.
Pour toutes ces raisons, le gouvernement actuel à Kigali dirigé par le FPR n’a pas d’autorité morale de juger les crimes de génocide ou de crimes contre l’humanité commis au Rwanda en 1994 pour la bonne raison que ses membres doivent eux aussi répondre de ces mêmes actes. En d’autres termes, Paul Kagame et ses confrères du FPR ne peuvent pas être jugés et parties.

Excellence Mr. Le Président,
Non seulement la justice française a inculpé les dirigeants du Rwanda mais aussi le Juge Espagnol Merelles en Février 2008 a conclu à l’implication du Général Paul Kagame et de certains de ses collaborateurs dans l’attentat terroriste du 6 Avril 1994 contre l’avion du Président Habyarimana, époux de Mme Agathe K. Habyarimana ainsi que dans d’autres crimes contre l’humanité qui ont suivi au Rwanda et en République Démocratique du Congo.
Dans ces conditions, remettre la veuve du Président Habyarimana à Kagame serait pour ce dernier une trophée de guerre sur un plateau d’argent et ce geste serait en contradiction flagrante avec toutes les règles de déontologie morale qui régissent les relations entre peuples et nations.

Par ailleurs, Excellence Monsieur le Président, le gouvernement rwandais reproche à Mme Agathe K. Habyarimana d’avoir participé à la planification du génocide au Rwanda. Or l’OPJDR constate qu’après plusieurs années d’audition au TPIR, ce tribunal onusien n’a pas réussi à prouver d’une quelconque planification du génocide au Rwanda.
Toutes les personnes poursuivies par le TPIR ont été acquittées de ce chef d’accusation, y compris le Colonel Théoneste Bagosora, pourtant présenté par le Procureur comme le cerveau du génocide.
En date du 16 Novembre 2009, Monsieur Protais Zigiranyirazo, frère aîné de Mme Agathe K. Habyarimana, a été acquitté par la Chambre d’Appel du TPIR de toute charges contre lui, y compris celle de planification du génocide qu’on l’accusait d’avoir menée avec sa soeur Agathe.

Au vu de ce qui précède, l’OPJDR vous demande, Excellence Monsieur le Président, d’appliquer les principes du Motto de la République Française qui sont Egalité, Liberté, Fraternité pour protéger les personnes les plus vulnérables que sont les veuves et orphelins, et de permettre à Mme Agathe Kanziga Habyarimana de défendre sa cause devant une institution impartiale en France ou au TPIR mais pas au Rwanda où un procès équitable et impartial est impossible.

Comme précisé dans notre lettre du 10 Février 2010 adressée à Votre Excellence à l’occasion de votre voyage au Rwanda, l’OPJDR continue de croîre fermement en l’indépendance de la justice française et se refuse d’admettre que des amitiés entre individus viennent prendre le pas sur la justice et la légalité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre plus haute considération.

Pascal Kalinganire
Coordinateur Général

Copies:

– Honorable Michèle Alliot-Marie,
Ministre de la Justice
Republique de la France
13, place Vendôme
75042 PARIS CEDEX 01
France

– Honorable Jean-Paul Costa
Cour européenne des droits de l’homme
Conseil de l’Europe
67075 Strasbourg-Cedex-France
Tél : +33 (0)3 88 41 20 18 / Fax : +33 (0)3 88 41 27 30

– Maître MEILHAC Philippe
Avocat à la Cour- Paris 16eme arrondissement
65 rue nicolo, 75116 Paris – France
Tél: +33 (0)1 56 79 12 00 / Fax : +33 (0)1 40 53 01 36
Email : contact@rezeaulamaze.fr

– Madame Agathe K. Habyarimana
Paris – France

Organization For Peace Justice and Development in Rwanda, (OPJDR) Inc.
Organisation Pour la Paix, la Justice et le Développement au Rwanda(OPJDR) Inc

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OPJDR is non-profit and apolitical. Its mission is to promote the respect of human rights and Cultural, educational, and economic development in the Great Lakes Region of Africa.

March 10, 2010   1 Comment