Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi — Rwandinfo_FR
Tribune d'Information sur le Rwanda

Le Burundi doit répondre du kidnapping et déportation de Deo Mushayidi

Dans son communiqué n° 121/2010 du 8 Mars 2010, le CLIIR (Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda) donne la chronologie du kidnapping et de la déportation précipitée vers le Rwanda de l’opposant politique Rwandais Déo Mushayidi:

Chronologie de son kidnapping du jeudi 04 au 05/03/2010 :

Jeudi le 4 mars 2010:
Monsieur Déo Mushayidi a été arrêté par des policiers tanzaniens dans la Ville de BUKOBA en Tanzanie. Il a été conduit à la frontière du Burundi. La Police burundaise des Airs, des Frontières et des Etrangers (PAFE) l’a transféré dans la capitale burundaise, Bujumbura, jeudi soir.

Vendredi le 5 mars 2010 vers 10h:
M. Mushayidi a réussi à téléphoner à ses collègues du Pacte de Défense du Peuple (PDP) résidant en Europe. Il leur a expliqué sa situation.
Ses collègues ont réussi à joindre quelques responsables policiers burundais à qui ils ont expliqué la qualité d’opposant politique de Mushayidi. Selon lui, les responsables burundais lui avaient assuré de lui apporter l’aide nécessaire en sa qualité d’opposant politique. Donc ils savaient qu’il était un opposant exilé. Ils pouvaient donc évaluer les risques de perdre non seulement sa vie mais aussi sa liberté ou d’être torturé au Rwanda.

Vendredi 5 mars 2010 vers 15h:
Ses collègues du PDP en Europe ont perdu tout contact téléphonique avec lui. Ils se sont inquiétés et ont commencé à téléphoner aux responsables du PAFE. Mais personne n’a voulu décrocher le téléphone et répondre à leurs nombreux appels.
A partir de cet instant plus aucun policier ou agent de l’immigration n’était joignable jusqu’au moment où un article du News Times de Kigali a mentionné la capture de Déo Mushayidi et sa déportation à Kigali.
Dès lors, on ne peut pas parler d’extradition car il n’a jamais été sous le coup d’une quelconque procédure judiciaire ou d’un mandat d’arrêt international.
Il s’agit d’un véritable kidnapping opéré par les agents d’un Etat au profit d’un autre Etat en violation de tous les instruments du droit international dont le droit d’asile pour un réfugié politique reconnu en Belgique.

Le Burundi n’a jamais cessé de violer la convention de Genève sur le droit d’asile.
Rappelons que depuis Mai 2005, plusieurs milliers de réfugiés Hutus, qui ont fui les persécutions et les emprisonnements arbitraires liés aux procès des tribunaux Gacaca, ont été expulsés par la force et dans la brutalité vers le Rwanda où certains hommes seraient portés disparus après leur rapatriement forcé.
Les organisations internationales des droits humains telles que Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International (AI) n’ont jamais cessé de dénoncer et condamner le Burundi pour son refus de respecter les conventions internationales qu’il a signées.

Il est grand temps que les Nations Unies et le reste de la communauté internationale demandent des explications au gouvernement du Burundi et exigent qu’il respecte désormais les conventions internationales.

1 comment

1 yududu { 03.22.10 at 12:28 }

Il est tres decevant que les autorites burundaises dont une grande partie a vecu, grandi et etudie au Rwanda en tant que refugies, traitent les refugies rwandais de cette maniere la. Quelle ingratitude!! Je ne finirais pas sans rappeler a nos voisins burundais que la terre tourne toujours, et que demain, on ne sait jamais…..

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