Tribune d'Information sur le Rwanda

Le parti PS-Imberakuri détrône Me Ntaganda

Mme Christine Mukabonane, la nouvelle présidente du PS-Imberakuri

Mme Christine Mukabonane, la nouvelle présidente du PS-Imberakuri

Kigali : C’est à la majorité des voix, le quorum des trois quarts ayant été atteint selon les organisateurs, qu’un congrès extraordinaire de plus de neuf cent membres délégués du parti social PS-Imberakuri s’est réuni urgemment pour statuer définitivement sur le cas de son président Me Bernard Ntaganda qui ne s’entendait plus avec certains de ses lieutenants au cours de ces derniers mois.

Des représentants de ce parti venant de tous les provinces, districts et secteurs du Rwanda, ainsi que des membres qui, pour la plupart résident à Kigali, ont approuvé à l’unanimité le renvoie de l’avocat Me Ntaganda du poste de président de ce parti.

A l’arrivée de la vice-présidente du PS-Imberakuri, Christine Mukabonane, la foule visiblement pressée d’en finir avec le cas Ntaganda, a réagi avec des applaudissement, a confié à ARI, une dame assise juste à coté de l’entrée de la salle où s’est déroulé ce matin le congrès. Une petite salle qui n’a pu contenir tout le monde, vu que plus de la moitié de la foule était massée à l’extérieur.

Bernard NtagandaMe Bernard Ntaganda, déstitué

Dans une brève allocution, la Vice-présidente Mme Mukabonane propulsée à la tête du PS-Imberakuri comme nouvelle présidente, a informé les membres de leur propre décision de destituer leur président. Selon les règlements en vigueur dans ce parti, Me Ntaganda restera un simple membre.

La désormais présidente du PS-Imberakuri a rappelé à toute l’assistance que les membres de ce parti avaient du mal à contenir les excès de l’ex-président, qui proférait des grossièretés, voire des insultes à l’égard de certaines personnalités du dit parti, prenait des décisions unilaterales, entretenait des contacts secrets et signait des documents avec des organisations et des particuliers sans consulter les autres organes du parti.

En rappelant à l’assemblée générale et en expliquant aux média les règlements qui régissent ce parti à travers tout le pays, Christine Mukabonane précise que c’est à la demande des membres du PS-Imberakuri qu’ « il nous fallait agir vite pour stopper la gangrène ».

Les deux vice-présidents du PS-imberakuri: Augustin Niyitegeka (à gauche) et Noël Hakizimfura (à droite)

Les deux vice-présidents du PS-imberakuri: Augustin Niyitegeka (à gauche) et Noël Hakizimfura (à droite)

La nouvelle présidente a annoncé qu’elle dirigera pendant 60 jours un comité de trois personnes dont elle est désormais la présidente ad intérim, en conformité avec les statuts du parti. Elle sera respectivement suivie du pasteur Noël Hakizimfura et de Augustin Niyitegeka.

Après cette période provisoire de deux mois, l’on procédera aux élections de nouveaux membres du comité directeur de ce parti. L’actuel no 2 du parti, Mr Hakizimfura a informé qu’un rapport complet sur la destitution du président Ntaganda sera transféré au Ministère de l’Administration Locale (MINALOC).

« Vous me connaissez bien pour avoir eu des démêlés avec cet homme, s’exclame Niyitegeka. Nous avons des hiérarchies et des stratégies que nous respectons au sein de notre parti. Ntaganda a violé tout cet ensemble de règles qui régissent notre organisation. Vous vous imaginez un individu qui signe des accords avec Déogratias Mushayidi qualifié aujourd’hui de subversif. Nous avons appris la nouvelle peu de temps après à travers l’hebdomadaire UMUSESO ».

Niyitegeka ajoute que Ntaganda prenait des décisions unilatérales sans consulter le conseil national du parti et tentait de faire jonction avec d’autres partis non encore agréées par les instances juridiques habilitées [Allusion claire au FDU-Inkingi et Green Party] sans tenir au courant les membres de son parti. Certains membres contactées sur place affirment pour la plupart qu’il fallait mettre fin à ce qu’ils appellent « la dictature Ntaganda ».

Jusqu’à ce soir Me Ntaganda n’était pas joignable à son numéro de téléphone. La personne qui répond aux appels affirme ne pas savoir où se trouve le président déchu mais a dit aux journalistes de la radio nationale qu’il [Ntaganda] se serait « peut-être » réfugié dans une des représentations diplomatiques à Kigali.

ARI-RNA

March 17, 2010   4 Comments

Rwanda: Sept vaches volées par des Burundais rétrocédées

Vaches Rwandaises

Vaches Rwandaises

Kigali : Sept vaches sur douze volées au Rwanda par des Burundais dans la nuit de samedi à dimanche ont été remises le mardi 16 mars à leurs propriétaires, apprend-on de source administrative.

Les bêtes avaient été cachées dans la réserve naturelle de Muhehe avant que des bergers aient remarqué des vaches étranges dans leur troupeau.

Les bergers ont alors alerté des militaires qui ont veillé sur les bêtes avant de les remettre aux Rwandais qui réclamaient leurs vaches.

Malheureusement, cinq autres vaches avaient déjà pris le chemin menant à Ngozi pour y être vendues, rapporte-t-on.

La police mènerait une recherche active pour pouvoir mettre la main sur ces bêtes, mais aussi pour appréhender les auteurs du vol, a-t-on appris.

(Source : ABP)

March 17, 2010   3 Comments

Rwanda: Victoire Ingabire dénonce les manoeuvres du gouvernement FPR-Kagame

Impasse politique au Rwanda:
Enquêtes policières, une autre stratégie pour contrecarrer les droits politiques.

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire lutte pour la Démocratie au Rwanda

Le ministre de l’Administration locale, M. James Musoni, a confirmé ce 15 mars 2010 sur les ondes de la Voix de l’Amérique-Kinyarwanda, que, aussi longtemps que la police mènera des investigations policières sur Madame Victoire Ingabire Umuhoza et son parti, aucune autorisation de tenir le congrès constitutif ne sera délivrée aux FDU-INKINGI.

Le 12 Mars 2010 déjà, en réponse à nos deux lettres du 16 Février et 04 Mars 2010 demandant l’autorisation de tenir notre congrès constitutif, le Maire de Nyarugenge (Kigali), nous avait tenu les mêmes propos.

Dans son interview donnée à la radio nationale et diffusée le 12 Mars 2010, la même autorité a ajouté : «nous ne pouvons pas leur permettre de se réunir, car nous ne savons pas quel message ils vont dire au public »! Ces déclarations, tenues par des autorités administratives sont inadmissibles, car sont en flagrante violation des libertés fondamentales constitutionnelles, à savoir la liberté d’expression et la liberté d’association.

L’actuelle loi controversée sur les partis, la loi organique n ° 19/2007 du 04/05/2007 modifiant et complétant la loi organique n ° 16/2003 du 27/06/2003 régissant les organisations politiques et les politiciens, accorde au ministre ayant en charge l’Administration Locale dans ses attributions compétence en matière d’enregistrement et de réunions publiques des formations politiques.

Il est l’autorité suprême dans ce système hiérarchisé et la décision définitive relève de son ressort.

En refusant aux FDU INKINGI l’autorisation de tenir son congrès constitutif, le ministre bloque en même temps la possibilité pour le parti de se faire enregistrer en tant que formation politique agréée puisqu’il lui manquera justement la preuve de l’acte constitutif du parti. Nous dénonçons un abus de pouvoir aussi caractérisé, en violation totale avec la Constitution.

La police nationale reçoit les ordres venus de la présidence afin qu’elle harcèle les dirigeants de l’opposition par des enquêtes et des convocations incessantes afin de rendre leurs activités politiques impossibles.

Le ministre et les administrations locales instrumentalisent ces enquêtes policières et utilisent ce puissant stratagème en érigeant des obstacles administratifs destinés à museler les partis politiques d’opposition et à empêcher à leurs leaders d’exercer librement leurs droits

Est-ce normal qu’une administration publique refuse à un parti politique de tenir son congrès sous prétexte qu’une enquête contre son leader serait en cours au sein de la police ? Pourquoi le ministre préjuge-t-il par avance de la culpabilité d’une personne avant jugement ? Qu’en est-il de la présomption d’innocence?

Cette conspiration de l’administration et cet usage des enquêtes policières pour tenter de faire taire l’opposition, sont inacceptables. Et l’on comprend pourquoi le peuple n’a plus confiance en ses forces de l’ordre et en l’administration publique.

Nous lançons un appel au président de la République pour qu’il prouve son engagement réel en faveur du processus démocratique pacifique en prenant ses distances par rapport aux déclarations et aux agissements de son ministre de l’Administration Locale, Monsieur James Musoni.

Nous demandons aux partenaires du gouvernement rwandais, aux donateurs des aides bilatérales destinées au financement des élections au Rwanda et à la communauté internationale de s’impliquer davantage et de s’assurer que tous les acteurs de ce processus soient sincères et responsables.

L’impasse actuelle révèle les intentions cachées du Parti au pouvoir et son gouvernement d’éviter toute concurrence politique sérieuse, ce, dans l’intention de truquer le processus politique dès le départ.

Fait à Kigali le 15 Mars 2010

Victoire Ingabire Umuhoza

Présidente des FDU-Inkingi.

March 17, 2010   No Comments