Tribune d'Information sur le Rwanda

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Congo (RDC)-Rwanda: L’ENFER POUR LES FDLR !

Rebelles - Congo (RDC)

Rebelles – Congo (RDC)

Après le M23, c’est maintenant le tour des FDLR, Forces démocratiques de libération du Rwanda, de passer au scalpel du désarmement. Ainsi qu’il a été annoncé, l’opération de désarmement de ce groupe armé étranger a démarré et il devra en principe être volontaire. Peut-être pourrait-il être forcé au cas où des circonstances particulières y contraindraient les FDLR.

Doit-on parler d’enfer pour les Forces démocratiques de libération du Rwanda ? Il serait trop tôt de faire une telle affirmation. Il vaudra mieux suivre l’évolution de la situation sur le terrain, question de se faire, à travers les faits, une certaine idée sur le sort qui sera donné au processus de désarmement de ce groupe armé étranger.

En octobre dernier, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité ou l’obligation – cela dépend, de se mettre au pas en ce qui concerne les groupes armés, étrangers et congolais, avec les rebelles hutus rwandais comme point de mire.

Dans tous les cas, le sort est scellé pour ce groupe armé qui n’a, de toutes les façons, aucun argument à avancer pour retarder ou repousser un processus dont le décor a été complètement planté. « On n’a pas de choix », fait-on valoir aussi bien au niveau des instances congolaises que de la Monusco.

Les carottes sont donc cuites pour les FDLR. Tout ce qui leur reste, c’est de faire avec un désarmement volontaire qui leur épargnerait des situations malencontreuses. On ne pense pas qu’ils suivent une autre voie que celle qui leur a été indiquée, en l’occurrence la voie de la raison. C’est-à-dire, celle du désarmement volontaire.

Dans une de ses interventions, toujours sur la question, Martin Kobler, représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en RDC, avait bien dit les choses lorsqu’il affirmait qu’avec la défaite du M23, le travail venait de commencer.  « C’est un désarmement volontaire et paisible sans combattre parce que nous ne voulons pas combattre », avait-il déclaré, non sans avoir objecté. « Mais nous utilisons la force, la Brigade d’intervention, si c’est nécessaire, si les groupes armés ne veulent pas désarmer volontairement et paisiblement », avait précisé Martin Kobler.

Tout compte fait, l’actuelle offensive déclenchée par les Forces armées de la République Démocratique du Congo est dirigée contre un groupe armé qui, pendant longtemps, a semé la désolation et la mort au sein des populations civiles, notamment dans les provinces du Nord et du Sud Kivu.

S’il est un souhait à émettre, dans la foulée, c’est de « tordre » une fois pour toutes le cou aux FDLR, une force négative, pour que la paix, la sécurité et la tranquillité reviennent en force dans l’Est de la RDC. Loin de canons et autres exactions qui étaient devenus le lot quotidien d’une population, souvent en déplacée interne. Le temps presse.

Source: lepotentielonline.com – 13/12/2013.

December 13, 2013   No Comments

Rwanda – La condamnation de Madame Victoire Ingabire par la Cour Supreme est une honte

Mme Victoire Ingabire incarnera toujours notre lutte démocratique

Mme Victoire Ingabire - Opposante Rwandaise

Mme Victoire Ingabire – Opposante Rwandaise

Bruxelles, le 13 décembre 2013

Communiqué Verdict cour supreme

Chers compatriotes, chers amis du Rwanda, vous tous épris de paix, de liberté et de démocratie,

Le verdict vient de tomber et il est implacable. En effet notre Présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, vient d’écoper injustement d’une peine d’emprisonnement de 15 ans. Ce verdict de la Cour Suprême vient aggraver le premier jugement rendu par la Haute Cour en date du 30 octobre 2012.

Nos premiers mots vont à notre Présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza à qui nous témoignons de notre soutien indéfectible et assurons de continuer le combat qu’elle a initié jusqu’à la conquête totale de nos droits et libertés et à la libération totale du peuple rwandais du joug dictatorial sous le quel il croupit depuis bientôt deux décennies. Nos mots vont aussi à la famille de la prisonnière, qui a consenti à tant de sacrifices dans l’intérêt du peuple rwandais et qui aujourd’hui se trouve privée d’une mère ou d’une épouse.

Enfin, nos mots s’adressent à tous les membres des FDU-Inkingi ainsi qu’à tous les démocrates de quelque bord qu’ils soient, pour leur dire : ne vous découragez pas, c’est maintenant que le combat commence. Rien ne peut arrêter l’aspiration d’un peuple à la liberté et à la démocratie. Partout où les régimes dictatoriaux ont essayé d’empêcher le peuple d’accéder à son aspiration profonde, ils ont échoué. Certes, souvent il a fallu des hommes et des femmes d’un courage exceptionnel pour arriver à faire plier ces régimes. Victoire Ingabire en fait partie.

Rappelons que la décision des FDU-Inkingi d’aller faire la politique au Rwanda, a été prise après avoir passé en revue toutes les options possibles pour rétablir un régime démocratique au Rwanda face à un régime dictatorial et que l’option pacifique choisie nous semblait être la meilleure pour éviter d’éternels renversements de pouvoir dans le sang. Nous pensons toujours que le sang a trop coulé dans notre pays et qu’il était important que le régime rwandais comprenne que par cette action, nous lui donnions une offre de paix et de réconciliation afin d’épargner au peuple rwandais les souffrances du passé.

Nous n’allons pas revenir sur tous les incidents qui ont marqué ce procès depuis la Haute Cour jusqu’à la Cour Suprême, incidents qui ont été relevés aussi bien par les ONG des droits de l’homme (AI, HRW,…) que par les représentations diplomatiques qui ont assisté à ce procès (les intimidations de l’accusée et de son conseil, les harcèlements de l’accusée par les émissaires un peu spéciaux, les inégalités de traitement entre l’accusation et la défense, l’utilisation rétroactive des lois, la fabrication des preuves, l’intimidation des témoins de la défense,…).

Nous ne reviendrons pas non plus sur les attaques et les lynchages orchestrés par le pouvoir, dont fut l’objet Mme Victoire Ingabire, dès son arrivée au Rwanda, attaques menées par les plus hautes autorités de l’Etat à commencer par le Président de la République et qui montraient dès le départ, la volonté du pouvoir de barrer la route à notre Présidente ainsi qu’aux FDU-Inkingi en général, pour les empêcher d’entrer dans la compétition démocratique.

Rappelons aussi, que la persécution de la Présidente des FDU-Inkingi, Mme Victoire Ingabire s’est accompagnée par celle du Secrétaire Général Intérimaire, M. Sylvain Sibomana ainsi que d’autres membres des FDU-Inkingi, notamment ceux de son staff en vue de l’isoler, de la fragiliser et de fragiliser toutes les structures du parti. Actuellement d’autres membres des FDU-Inkingi ont été condamnés et/ou attendent d’autres condamnations pour des motifs purement politiques, comme par exemple le fait de venir assister au procès de Mme Victoire Ingabire. Il s’agit notamment de M. Abayisenga Venant, M. Byukusenge Emmanuel, Mme Gasengayire Léonille, Mme Irakoze Jenny Flora, M. Nahimana Marcel, M. Hitimana Samuel, M.Tuganemungu Christian, M. Ufitamahoro Norbert, M. Uwilingiyimana Valens, M. Uwiringiyimana Vénuste, sans oublier les autres membres qui sont persécutés dans l’indifférence totale et dans le piétinement des lois pourtant établies par le régime.

Des leaders d’autres partis critiques envers le régime comme Déo Mushayidi, Bernard Ntaganda, Dr Théoneste Niyitegeka, …croupissent en prison également pour les motifs politiques.

Le régime rwandais, espère par la condamnation de la Présidente des FDU-Inkingi, Mme Victoire Ingabire, celle de son Secrétaire Général Intérimaire, M. Sylvain Sibomana, ainsi que par les procès en cours des autres membres du parti, les empêcher d’exercer leurs droits constitutionnels et décapiter notre parti, d’après les lois qu’il a taillées sur mesure en vue de cadenasser l’espace politique. Nous réaffirmons le leadership de notre Présidente et de notre Secrétaire général Intérimaire, car, leur combat, juste et légitime, est aussi le nôtre. Emprisonnée ou pas, Madame Victoire Ingabire continuera d’être le phare qui nous guidera jusqu’à la victoire démocratique totale.

Nous l’avions dit dès le départ, ce procès est de nature politique. Nous avions voulu néanmoins donner une chance à la justice rwandaise pour qu’elle prouve si elle est réellement indépendante du pouvoir politique. Le verdict d’aujourd’hui et ceux qui l’ont précédé, prouvent de façon définitive que nous sommes en face d’un conflit politique qui nécessite une solution politique.

C’est pourquoi, nous redemandons de façon solennelle des négociations directes avec le pouvoir rwandais afin de trouver des solutions appropriées et durables face aux problèmes de démocratie, de gouvernance, de justice, de réconciliation,…pour éviter un nouvel hécatombe au peuple rwandais et lui permettre de vivre ensemble entre toutes ses composantes, dans le respect mutuel et en garantissant les droits et libertés de tout un chacun.

Nous condamnons tous ces actes indignes d’un Etat respectueux et en appelons à la Communauté internationale, aux bailleurs de fonds du Rwanda, aux pays amis du Rwanda, aux pays de la sous région des Grands Lacs africains, aux Nations Unies, à l’UE et à toutes les personnes épris de paix et de démocratie afin d’user de leur influence pour exiger au régime rwandais de libérer Mme Victoire Ingabire et tous les autres prisonniers politiques et d’accepter le jeu démocratique en laissant fonctionner librement tous les partis politiques dans le respect de la Constitution.

Au régime rwandais, nous lançons un nouvel appel afin qu’il se ressaisisse et revienne à la raison.

Je vous remercie de votre attention.

Dr Emmanuel MWISENEZA

Commissaire à l’Information et à la Communication

December 13, 2013   No Comments

Congo (RDC) : Kinshasa et le M23 signent trois textes mettant fin au pourparlers de Kampala

Museveni et Banda signent la declaration de Nairobi

Museveni et Banda signent la declaration de Nairobi

Alors que cela fait des semaines que l’on attendait la signature d’un accord de paix, les rebelles du M23 et une délégation du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) se sont rencontrés ce jeudi 12 décembre à Nairobi, au Kenya, en présence de la médiation ougandaise. Les deux camps ont signé trois documents. Il ne s’agit pas d’un accord de paix en tant que tel mais de trois textes distincts, un pour chacune des parties, mettant ainsi officiellement un terme au laborieux processus de Kampala.
Ce sont bien trois documents qui ont été signés par chacune des parties ce jeudi 12 décembre au soir.
D’un côté, l’ex-rébellion du M23 a paraphé un texte où elle renonce officiellement à la lutte armée et déclare la fin de sa rébellion.
Le gouvernement congolais, de son côté, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a signé une déclaration où il s’engage d’abord à adopter une loi d’amnistie générale pour faits insurrectionnels et faits de guerre mais qui exclut toute personne accusée de crimes contre l’humanité, génocide ou violences sexuelles. Le Congo s’engage également à désarmer, démobiliser et réinsérer socialement les ex-combattants mais exclut toute intégration dans l’armée congolaise pour ces ex-combattants.
Enfin, troisième document : le président ougandais, Yoweri Museveni, qui préside également la Conférence internationale des Grands Lacs, et la SADC ont signé une déclaration qui annonce la fin des pourparlers de Kampala et demande aux deux parties d’exécuter leurs engagements. Au final, pas d’accord de paix en tant que tel. Pour le gouvernement congolais, c’est une victoire puisqu’il tenait absolument à ce qu’on ne parle pas d’ « accord » mais de « déclaration ». Face à une opinion très hostile, il voulait aussi à tout prix éviter que le M23 et Kinshasa signent un même texte. C’est désormais chose faite.La question qui se pose désormais, c’est l’utilité de ce texte plus d’un mois après la fin de l’offensive armée, sachant qu’au final ces déclarations ne font que confirmer des engagements qui avaient été déjà pris par les différentes parties.

Source: onewovision.com – 13/12/2013

December 13, 2013   No Comments

Congo (RDC): les FDLR, une rébellion rwandaise en voie d’affaiblissement

Rebels in DRC

Rebelles en RDC

GOMA, (AFP) – Les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont l’armée congolaise cherche de nouveau à obtenir la soumission par la force, avec le soutien de l’ONU, sont présents dans l’Est de la République démocratique du Congo depuis 1994 mais n’ont cessé de s’affaiblir. Depuis la victoire des Forces armées de la RDC (FARDC) sur les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) en novembre, les FDLR sont la première milice homogène en terme de nombre de combattants présents sur le sol congolais.
Le mouvement a été néanmoins très affaibli au cours des dernières années, et les effectifs de sa branche armée, les Foca (Forces combattantes Abacunguzi) sont aujourd’hui estimés à 1.500 hommes par l’ONU et les experts du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), basé à Bruxelles.
Selon un expert militaire à Kinshasa, ils seraient même moins nombreux, de l’ordre de 1.000 à 1.200 combattants, et bien que très disséminés sur le plan géographique, ils disposent encore de certains moyens, en particulier de bons moyens de communication. Au nombre des FOCA, s’ajoutent environ 700 combattants répartis dans trois branches dissidentes des FDLR d’origine. Plusieurs facteurs expliquent la réduction du nombre des miliciens des FDLR dont le nombre était encore estimé entre 4.000 et 6.000 hommes en 2009.
Depuis l’élection du président congolais Joseph Kabila en 2006, le groupe a subi les opérations de l’armée congolaise, parfois conjointement avec l’armée rwandaise, comme ce fut le cas en 2009. Le mouvement a souffert aussi de la décapitation de sa direction politique avec l’arrestation en 2009 de son chef Ignace Murwanashayaka et de son adjoint, Straton Musoni en Allemagne, mais aussi du processus de désarmement et de réinsertion au Rwanda mis en place par l’ONU et des combats avec des milices congolaises, au premier rang desquelles les Raïa Mutomboki.
Historiquement, les FDLR sont une émanation des anciennes Forces armées rwandaises (FAR) et des milices extrémistes Interhamwe ayant pris une part active au génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 avant de fuir au Zaïre voisin (aujourd’hui la RDC) après la prise du pouvoir à Kigali par Paul Kagame, l’actuel président rwandais.Chassés en 1996 par la nouvelle armée rwandaise des camps de réfugiés hutu qu’ils contrôlaient dans les Kivus, les génocidaires créent le mouvement de l’Armée pour la libération du Rwanda (Alir), qui lance en 1997-98 des attaques meurtrières dans le nord-ouest du Rwanda, auxquelles Kigali réplique violemment.En 1998, au début de la deuxième guerre du Congo, le président Laurent-Désiré Kabila mobilise l’Alir contre son ancien allié rwandais.L’Alir change de nom en mai 2000 pour se transformer en Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un mouvement politico-militaire dont la dernière tentative sérieuse de renverser le régime de Kigali, en 2001, s’est soldé par un cuisant échec.

Composé aujourd’hui d’un nombre croissant de Congolais, les rebelles ayant pris souche en RDC, les FDLR sont disséminés dans le Centre-Est du Nord-Kivu et dans le Sud-Est du Sud-Kivu, où ils collaborent parfois avec les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL).

Accusées d’avoir commis des atrocités à grande échelle contre des civils, les FDLR sont aujourd’hui d’abord une menace pour la population locale des zones où ils évoluent. Le pouvoir du président Kagame, issu lui-même d’une rébellion venue de l’étranger, continue néanmoins de les considérer comme un danger existentiel.

Source: onewovision.com – 12/12/1013.
http://www.onewovision.com/actu-rdc/RDC-les-FDLR-une-rA-bellion-rwandaise-en-voie-d-affaiblissement,i-20131212-3245

December 13, 2013   No Comments

Des nouvelles du Rwanda : comment j’ai été expulsé – Guillaume Nicaise

Des nouvelles du Rwanda : comment j’ai été expulsé

par Guillaume Nicaise, chercheur

Imaginez un pays où il fait beau toute l’année, les oiseaux chantent, la végétation est abondante, les enfants rient de bon cœur, le magnifique pays des mille collines. Quelle belle carte postale ; il va maintenant falloir la retourner pour y lire quelques commentaires. La vérité est différente…

Ma compagne est moi-même avons passé les cinq derniers mois au Rwanda, elle en tant qu’enseignante et moi en tant que chercheur, professeur à l’université et consultant. Ma recherche porte sur l’intégration des normes de bonne gouvernance par les fonctionnaires Rwandais. Un sujet sensible : le Rwanda reste un des pays les plus pauvres au monde et la moitié de son budget provient de l’aide internationale ; le gouvernement se doit donc de montrer des résultats positifs pour obtenir les fonds. Mais je ne m’imaginais pas une telle susceptibilité.

L’AUTEUR
Lorsque Guillaume Nicaise nous a contactés, il était installé au Rwanda depuis quatre mois. Doctorant à l’EHESS, il travaillait sur la bonne gouvernance dans ce pays. Il souhaitait partager ses impressions avec les riverains de Rue89, près de vingt ans après le génocide (avril 2014). Puis, plus de nouvelles.Un mois plus tard, il nous a envoyé ce texte, s’excusant de son retard : « Comme vous le lirez dans l’article, des événements indépendants de ma volonté sont survenus durant toutes ces semaines. Ayant l’esprit plus serein, je peux maintenant m’exprimer plus librement. » Titre et intertitres sont de la rédaction. Pascal Riché

Il y a environ deux mois, j’effectuais une recherche sur les taxis-motos de Kigali pour comprendre leur perception de la police. C’était un choix judicieux : alors que les Rwandais ont quasiment tous peur de s’exprimer par peur du régime au pouvoir, ces motards forment une communauté à part, avec un franc-parler, une fougue, une envie de s’exprimer sur la dureté de leur quotidien.

Ils sont plus de 7 000 à sillonner la ville par tous les temps, chevauchant leur monture éreintée, bravant le code de la route, pourfendant les embouteillages pour empocher quelques sous.

Un entretien fut différent des autres. L’homme en face de moi était un rescapé du génocide, sa famille ayant été entièrement trucidée. Il avait un grand besoin de sécurité et de stabilité, un amour pour l’ordre et l’autorité, souhaitant une vie tranquille et sans conflit. En bon citoyen, à la fin de l’entretien, il appela ses amis les policiers car il jugea mes questions trop pernicieuses ou dangereuses pour son pays.

L’équipe au complet du chef de la police du district ainsi que les RG locaux firent le déplacement pour mettre fin à ma journée de recherche et me poser des questions. Malheureusement, leur action ne s’arrêta pas là.

Interrogatoire, perquisition

J’appris un peu plus tard de source sûre que mes mouvements et mes communications étaient surveillés. De plus, la direction du ministère de l’Education fut convoquée par la police criminelle pour savoir pourquoi j’avais obtenu un permis de recherche m’autorisant à m’entretenir et m’informer sur la police. Mon organisme d’affiliation me demanda un rapport sur mes agissements.

Les ennuis s’amplifièrent vraiment lorsque je décidai de me rendre auprès de la personne en charge de l’enquête à mon encontre, le chef de la police criminelle en personne. Ma visite de courtoisie se transforma en interrogatoire en bonne et due forme. A l’issue de l’interrogatoire, il m’informa que j’avais maintenant des problèmes avec l’immigration. Nous nous rendîmes donc à l’immigration où je fus accusé « d’usage de faux », ayant usurpé mon permis de travail pour effectuer une recherche (pourtant approuvée par les plus hautes instances de l’Etat). Cette accusation invraisemblable, montée de toute pièce par le chef de la police criminelle, lui permit de justifier une perquisition à mon domicile.

La peur de rejoindre les « portés disparus »

J’eus donc le plaisir de me rendre à la maison bien escorté par la police et de saluer, à mon arrivée, le procureur avec son mandat en main, ainsi que toute l’équipe de police locale et les voisins curieux alentours. Je n’oublierai jamais le regard d’un voisin, empli d’incompréhension, d’inquiétude et d’impuissance. Il ne me jugeait pas, il avait juste peur pour moi.

Quelques jours plus tard, je pus récupérer tout le matériel saisi (ordinateurs, notes et affaires personnelles, etc.), l’enquête s’étant révélée non concluante. Ma grande peur avait été que le régime glisse des informations compromettantes dans mes affaires et me fasse subir un faux procès, mais ils choisirent une solution moins encombrante. Encore quelques jours plus tard, ma compagne et moi-même reçûmes chacun un appel de l’immigration.

Cette fois, c’était la bonne. Nos visas étaient annulés, nous avions douzeheures pour quitter le pays, ou bien la police se chargerait de nous faire partir. Lorsque je m’avisais de savoir pourquoi, on me répondit que « je le savais très bien ».

Ce départ signifiait perdre notre travail et nos amis au Rwanda, mais aussi la fin de l’inquiétude continuelle d’être des « portés disparus » du régime. Nous primes donc le premier avion pour rentrer en France, il y a quelques jours.

Au final, ces cinq mois au Rwanda ont été riches en rencontres (c’est un peuple très accueillant), en découvertes (une culture tellement différente) et en aventures. Nous leur souhaitons le meilleur.

Source: rue89.com. 10/12/2013

December 13, 2013   No Comments

Rwanda: l’opposante Victoire Ingabire condamnée à 15 ans de prison en appel

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire – opposante Rwandaise

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire, jugée en appel par la Cour suprême du Rwanda, a été condamnée vendredi à Kigali à 15 ans de prison ferme, contre huit en première instance, a constaté un journaliste de l’AFP.

La Cour suprême du Rwanda a confirmé le jugement de culpabilité des chefs de “conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre” et “minimisation du génocide” de 1994 au Rwanda, la déclarant en outre coupable de “propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence“.

Source: AFP.

December 13, 2013   No Comments

Congo: la brigade d’intervention de la Monusco lance des opérations contre les FDLR

La brigade d’interventions de la Monusco a lancé le lundi 9 décembre des opérations offensives contre les rebelles rwandais des FDLR dans la région de Kalembe à quelques centaines de kilomètres au nord de Goma (Nord-Kivu). Le commandant des forces de la Monusco, le général Dos Santos Cruz, l’a annoncé à Radio Okapi ce mardi 10 décembre.
Il a affirmé que ces opérations s’inscrivaient dans un vaste plan contre les groupes armés locaux et étrangers actifs dans la région. Selon lui, l’offensive lancée contre les FDLR a pour objectif de libérer la route Kitshanga-Kalembe-Pinga.
Le général Cruz a indiqué que la Monusco allait également renforcer son appui aux FARDC dans la traque contre les rebelles ougandais de l’ADF/NALU et des groupes armés locaux.
Le commandant des forces de la Monusco a ajouté que la mission onusienne avait pris des dispositions pour sécuriser la frontière entre la RDC et les pays voisins pendant ces opérations.
« Tout le monde sait que la présence des groupes armés le long de la frontière crée le problème avec les états voisins. Nous avons déjà intensifié les patrouilles et des observations le long de la frontière et nous planifions des actions contre toute position des rebelles le long de la frontière », a expliqué l’officier onusien.
La RDC et le Rwanda s’accusent mutuellement de se déstabiliser par rébellions interposées. Kinshasa accusait notamment Kigali de soutenir la rébellion du M23. De leur côté, les autorités rwandaises reprochent à leurs homologues congolaises de soutenir les rebelles rwandais des FDLR.
En novembre dernier, le patron de la Monusco avait déclaré qu’après le succès contre le M23, la priorité de la Monusco était de combattre les FDLR.
« On va cibler les FDLR parce que c’est notre priorité militaire à cet instant », avait-il insisté.

December 10, 2013   No Comments

Lettre de réclamation des biens de Félicien Kabuga par son épouse Josephine Mukazitoni en Septembre 2004

Kabuga Felicien

Kabuga Felisiyani

Joséphine MUKAZITONI KABUGA
E-mail : donaka@skynet.be

Bruxelles, le 28 septembre 2004

Au Ministre de l’Administration du Territoire du
Développement Rural et des Affaires Sociales
B.P. 446 Kigali
Rwanda.

Objet : Mise au point quant à la réclamation des biens de la Famille Félicien KABUGA

Monsieur le Ministre,

Depuis que le gouvernement rwandais a décidé de restituer les biens à leurs propriétaires, la famille de Monsieur Félicien KABUGA a entrepris diverses démarches afin de récupérer les siens. Ces démarches se sont toujours soldées par un échec. Je reprends, ci-après, rien que quelques-unes unes des plus importantes ainsi que les réactions des autorités auxquelles elle s’est adressée afin de montrer que, contrairement aux déclarations officielles, l’Etat rwandais n’a toujours pas restitué à la famille les biens qu’il s’est approprié.

Tout d’abord, après plusieurs contacts téléphoniques infructueux, j’ai, en tant qu’épouse de Monsieur Félicien KABUGA, mariée sous le régime de la communauté des biens, donc propriétaire au même titre que mon époux, écrit, le 9 août 2000, une lettre de réclamation au Ministre de l’Intérieur et du Développement Communal[1], dont copie a été réservée aux autres autorités concernées.

En l’absence d’une réponse, j’ai mandaté Monsieur Alphonse CYIZA résidant au Rwanda afin de poursuivre l’affaire sur place. Ainsi, en la date du 12 février 2001, je lui ai transmis des procurations authentifiées par l’Ambassade du Rwanda en Belgique qui lui accordaient le pouvoir de réclamer la restitution des biens de la Famille KABUGA en mon nom.

Mais dès que ledit mandataire a entamé la procédure de recouvrement des biens, il a été convoqué par les services de renseignements rwandais (DMI) qui lui ont confisqué les documents que je lui avais fait parvenir. Il n’a donc pas pu accomplir sa mission. Le 30 novembre 2001, je vous ai envoyé une lettre, avec copie pour information à plusieurs autorités dont le Président de la République et le Premier Ministre, pour demander pourquoi les procurations lui avaient été retirées. Une fois encore, vous n’avez pas réagi.

Malgré les lettres restées sans réponses et les péripéties de mon mandataire, j’ai continué, sûre de mon droit, à contacter les autorités rwandaises et les autres personnes qui se sont appropriés mes biens afin qu’elles me les rendent. C’est ainsi que je me suis entretenue, à plusieurs reprises, avec l’actuel ambassadeur du Rwanda en Belgique, Monsieur Emmanuel KAYITANA, qui m’a suggéré d’envoyer un membre de la famille au Rwanda. Le même conseil a été prodigué aux deux membres de la famille qui s’étaient rendus le 25 janvier 2003 à Zurich, à l’occasion de la rencontre du Président de la République avec la communauté rwandaise de Suisse, et qui avaient rencontré le conseiller et médecin personnel du Président, le Docteur Emmanuel NDAHIRO, le Ministre des Finances, le Docteur Donald KABERUKA et le Ministre de l’Administration du Territoire, Monsieur Christophe BAZIVAMO. Tous assuraient que la présence au Rwanda d’un membre de la famille lui permettrait de récupérer lesdits biens. Les entretiens téléphoniques que j’eus également avec le Colonel Patrick KAREGEYA, alors chargé de la sécurité extérieure du pays, se voulurent également convaincants dans ce sens et notamment sur la garantie de sécurité dont jouirait le membre de la famille, une fois au Rwanda.

Suivant les conseils ci-dessus, mon fils aîné, Monsieur Donatien NSHIMYUMUREMYI, muni de la procuration que je lui avais signée et qui avait été authentifiée par l’ambassade du Rwanda à Bruxelles, s’est rendu à Kigali, le 26 septembre 2003, pour tenter de recouvrer les biens. Le 30 septembre 2003, il a été reçu à la Mairie de Kigali-Ville par le Maire Théoneste MUTSINDASHYAKA qui lui a affirmé, d’emblée, que la décision de restituer à la Famille KABUGA ses biens a déjà été prise et que l’opération de restitution effective ne prendrait qu’une semaine.

Pourtant, une semaine après, les biens n’avaient toujours pas été restitués et quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que cette restitution relevait du Procureur Général alors que dans les autres cas, seules éles mairies s’en chargeaient. J’ai alors demandé à mon fils d’entrer en contact avec le procureur afin de savoir pourquoi la restitution des biens à la Famille KABUGA était soumise à une procédure spéciale. Serait-ce parce que ces biens auraient été saisis, mesure qui par ailleurs serait aussi contestable, ou est-ce parce que c’est l’Etat qui s’en est approprié la grande partie, à savoir la minoterie de Byumba, le complexe immobilier de Muhima qui abrite plusieurs institutions publiques dont des ministères, les dépôts de Gikondo transformés en prison, les plantations de thé de plus de 300 hectares et les avoirs financiers? J’excluais d’office la première explication car si les biens avaient été formellement saisis, les autorités compétentes m’auraient tenue au courant et un compte aurait été constitué pour enregistrer les revenus provenant de l’exploitation de ces biens, ce qui n’était pas le cas.

Quant à l’appropriation des biens, cela ne devrait impliquer aucune procédure particulière pour les libérer car l’Etat doit donner l’exemple en respectant le droit de propriété privée. Ainsi, eu égard à tous ces éléments, je me demandais ce que venait faire le Procureur Général dans cette affaire ?

Pour en avoir le cœur net, mon fils a sollicité une audience chez le Procureur Général près la Cour Suprême Gérald GAHIMA qui l’a reçu le 23 octobre 2003. Curieusement, il ne lui a rien révélé sur la justification de cette procédure particulière. Il lui a tout simplement, lui aussi, confirmé la décision de principe de restituer à la Famille KABUGA ses biens. Puis il lui a promis de le revoir dans les plus brefs délais pour discuter des modalités de restitution. Mais ce n’est que le 19 novembre 2003, soit après quatre semaines de rendez-vous qu’il avait maintes fois reportés, qu’il a de nouveau rencontré mon fils et qu’il l’a mis en rapport avec l’Avocat Général Emmanuel RUKANGIRA, lequel lui a, par la suite, remis un projet d’accord entre l’Etat Rwandais et moi-même.

A la lecture du projet que mon fils m’avait envoyé, j’ai constaté que certaines dispositions étaient contraires aux principes élémentaires du droit de propriété et de la présomption d’innocence. En effet, bien que l’Etat rwandais reconnaissait qu’il avait occupé et géré nos biens pour, je cite, « éviter qu’ils ne se détériorent en l’absence du propriétaire et de sa famille » et énonçait son intention de me les restituer. Il exigeait que je renonce à la réclamation des revenus tirés de leur exploitation durant plus de dix ans et que je les accepte dans l’état où ils se trouvent alors que la plupart, tout récents, sont quasiment tombés en désuétude par faute d’entretien ou par une exploitation inappropriée. Ce qui est le cas pour le complexe immobilier de Muhima que l’Etat a occupé et fait occupé, entre autre, par des gens qui l’abîment, ce qui est également le cas pour les dépôts de Gikondo transformés en prison, sans parler des biens détruits comme la résidence de Remera. De plus, l’accord voulait que je reconnaisse, implicitement, que mon époux était un génocidaire, ce que, par ailleurs, je réfute vigoureusement. Enfin, les biens mobiliers tels que les comptes bancaires et les participations financières dans les sociétés étaient exclus de l’accord.

Le 26 novembre 2003, mon fils a fait part des observations de la famille concernant le projet d’accord à l’Avocat Général. Il a attendu sa réaction mais en vain. A l’approche des fêtes du nouvel an, étant donné qu’on lui avait expliqué que durant cette période, les services de l’état sont d’ordinaire quasiment à l’arrêt, il s’est résolu, le 22 décembre 2003, à quitter le Rwanda avec l’intention d’y revenir après les fêtes.

Le 10 février 2004, il est retourné au Rwanda pour poursuivre les démarches avec le nouveau Procureur Général, Monsieur Jean de Dieu MUCYO, l’ancien ayant été muté. Il a alors été orienté vers le Ministère de la Justice et y a été reçu le 12 février 2004 par le Secrétaire Général Johnston BUSINGYE. A l’instar des autres personnalités qu’il avait rencontrées auparavant, Monsieur BUSINGYE lui a assuré que la décision de principe de rendre à la Famille KABUGA ses biens était acquise. Mais lors du deuxième entretien, le 25 février 2004, il lui a informé qu’un comité spécial allait être créé pour examiner les modalités de restitution. Voyant que la réunion du comité ne se tenait pas, mon fils a quitté le Rwanda le 13 mars 2004.

Force est de constater que jusqu’à ce jour, soit après plus de dix ans d’exploitation par l’Etat sans rien payer, après plusieurs années de démarches de réclamation, les biens n’ont toujours pas été restitués. Pourtant, le député Evariste BIZIMANA, un des membres d’une délégation parlementaire rwandaise qui était conduite par le Vice-Président de la Chambre des Députés Denis POLISI et qui était de passage en Belgique, à l’occasion d’une rencontre avec la communauté rwandaise de Belgique, a publiquement déclaré, le 19 janvier 2004, que les biens de la Famille KABUGA lui avaient été rendus. Certains médias ont répercuté cette fausse information et rien n’indique que les représentations diplomatiques présentes au Rwanda n’ait également pas été désinformées afin de montrer que le Rwanda était un état de droit. Or, la vérité est que la famille KABUGA n’a pas encore pu récupérer ses biens. De plus, Monsieur Denis POLISI, lors d’un entretien que tint avec lui mon fils le 20 janvier 2004, Monsieur Donatien NSHIMYUMUREMYI, en présence d’un autre membre du parlement, Madame Connie BWIZA SEKAMANA, déclara, lui aussi après avoir confirmé la détermination des autorités rwandaises à restituer les biens, que de toute façon l’Etat n’aurait pas les moyens de payer dix ans d’exploitation. Serait-ce l’appréhension de faire face à des problèmes de remboursement que l’Etat rwandais persisterait à ne pas vouloir rendre les biens à la famille KABUGA ?

Toutefois, je demande, à nouveau, que les autorités compétentes restituent à la Famille KABUGA ses biens conformément à la décision du gouvernement et au respect du droit à la propriété privée. Si elles ont des raisons de lui dénier ses droits, qu’elles lui en fassent part, par écrit, pour qu’elle puisse se défendre.

Dans l’espoir d’une clarification rapide de la position des autorités rwandaises sur la restitution des biens de la Famille KABUGA, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Joséphine MUKAZITONI KABUGA

Copies pour information :

– Monsieur le Président de la République Rwandaise
– Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU
– Monsieur le Secrétaire de l’Union Africaine
– Monsieur le Commissaire Européen aux Relations Extérieures
– Monsieur le Vice-Président de la Chambre des Députés du Rwanda
– Monsieur le Premier Ministre du Rwanda
– Monsieur le Ministre des Finances du Rwanda
– Monsieur le Colonel Emmanuel NDAHIRO
– Monsieur le Colonel Patrick KAREGEYA
– Monsieur le Maire de la ville de Kigali-Ville
– Monsieur le Maire de la ville de Byumba
– Monsieur l’Ambassadeur du Rwanda en Belgique
– Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis au Rwanda
– Monsieur l’Ambassadeur de la Belgique au Rwanda
– Monsieur l’Ambassadeur de la France au Rwanda
– Monsieur l’Ambassadeur de l’Allemagne au Rwanda
– Monsieur l’Ambassadeur des Pays-Bas au Rwanda
– Madame l’Ambassadrice du Royaume-Uni au Rwanda
– Monsieur l’Ambassadeur de l’Afrique du Sud au Rwanda
– Monsieur l’Ambassadeur du Congo en Belgique
– Monsieur l’Ambassadeur du Kenya au Rwanda
– Monsieur le Député Evariste BIZIMANA
– Monsieur le Secrétaire Général au Ministère de la Justice du Rwanda
– Monsieur l’Avocat Général Emmanuel RUKANGIRA
– Autres destinataires

[1] Ancienne appellation du Ministère de l’Administration du Territoire du Développement Rural et des Affaires Sociales

December 10, 2013   No Comments

Déclaration de soutien officiel du Parti CNR-Intwari aux FDLR

CNR-Intwari
CONVENTION NATIONALE RéPUBLICAINE-INTWARI

Communiqué de presse du CNR-Intwari

La CNR–Intwari félicite tous les partis politiques d’opposition contre le régime totalitaire de Kigali, qui finalement se trouvent aujourd’hui réunis autour d’un même idéal patriotique à savoir le soutien du combat politique mené par les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Il y a aujourd’hui plus de 7 ans que la CNR-Intwari défendait seul contre vents et marées l’existence et la légitimité politiques des FDRL. Il y a eu des moments d’incertitude et de terreur où la simple invocation du sigle FDRL constituait un acte de trahison et de pendaison. Certains compatriotes se sont même dissociés de notre collaboration officielle et étroite avec les forces progressistes des FDLR en considérant notre choix comme un véritable suicide politique tant sur le plan intérieur que sur le plan international.

Toute approche d’une lutte armée à défaut de changement politique et pacifique au Rwanda était condamnée a priori. Tout cela confortait évidemment le mensonge politique du régime de Kigali qui souhaite qu’il en soit toujours ainsi.
Maintenant, force est de constater que le mensonge ne peut jamais se substituer indéfiniment à la vérité quelle que soit la durée de l’épreuve.

Depuis déjà Septembre 2007, la CNR-Intwari alors dénommée “ Partenariat-Intwari avait officiellement déclaré sa position politique sur les FDRL en ces termes:
“Notre approche positive et intégrative de la problématique des FDRL ainsi que notre démarche volontariste et totalement transparente à propos d’une coopération mutuellement bénéfique avec ce mouvement sont bien connues. C’est dans ce sens que dans sa correspondance datée du 04 Aout 2007, le Président du Partenariat-Intwari a transmis à son homologue des FDRL une offre ferme et motivée en vue d’une coopération plus agissante. Nous saisissons la présente opportunité pour réitérer notre offre dont nous attendons toujours une réponse beaucoup plus responsable.”
En 2008 au mois de Février dans un mémorandum intitulé “Génocide rwandais : Le peuple crie justice !” adressé aux membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la CNR-Intwari a montré à la communauté internationale avec des preuves crédibles que le Rwanda et L’Uganda se trouvaient être l’épicentre de tous les conflits meurtriers qui ravagent la Région d’Afrique des Grands Lacs (RAGL) depuis bientôt deux décennies.
Les victimes de ces conflits barbares se comptent aujourd’hui à plus de 8 millions de vies humaines perdues dans le dénouement total et le silence complice du monde entier. Nous avons toujours montré que les FDRL n’étaient que des bouc-émissaires désignés par une médiatisation savamment montée par le Président Paul Kagame et ses alliés pour diaboliser et déshumaniser ceux qui se sont vaillamment opposés à l’extermination planifiée des réfugiés Hutu en République Démocratique du Congo. Des millions de citoyens congolais ont aussi péri pour avoir accordé hospitalité aux survivants du génocide inédit des réfugiés Hutu au Congo.
Aujourd’hui l’heure de la vérité a sonné. Le comportement honteux et scandaleux du Rwanda et de l’Uganda sur la tragédie congolaise, les caches gigantesques d’armes lourdes et sophistiquées découvertes dans les zones jadis contrôlées et aujourd’hui abandonnées par les combattants du M23 – recrutés, endoctrinés et parrainés par Kigali et Kampala ., les fosses communes contenant d’innombrables corps humains de tout âge et de tout genre démontrent encore une fois la vraie nature de ces guerres, les desseins inavoués des acteurs impliqués, la gravité des atrocités commises sur les victimes innocentes de ces conflits ainsi que la dégradation excessive de l’environnement qui en découle. Nous saluons donc la bravoure des FARDC qui sous la conduite éclairée de leur gouvernement ont montré qu’elles sont aujourd’hui capables de defender la souveraineté de leur pays, la sécurité des citoyens congolais de même que celui des réfugiés se trouvant dans cette région spécifique et convoitée de la RDC.
En aucun cas, les FDRL ne peuvent être assimilées aux forces négatives alors que ce sont des réfugiés qui ont pris les armes pour se protéger au moment où leur pays hôte ne pouvait pas le faire en temps de guerre. Plus que jamais nous encourageons la détermination et le réalisme des dirigeants des pays regroupés au sein de la SADC dans leur lutte concertée pour ramener la paix dans cette région durement éprouvée.
Loin des opportunismes et des récupérations politiciennes du moment, le combat politique de la CNR-Intwari, s’inscrit donc dans une vision globale, unitaire et pacifique de résolutions des conflits socio-politiques qui sévissent dans la région en commençant par la résolution de nos propres conflits internes, sans altérer et envenimer les relations amicales et respectueuses des pays voisins. C’est à ce titre que la CNR-Intwari s’est joint aux autres forces politiques partageant les mêmes idéaux au sein du Conseil National pour le Changement Démocratique, CNCD en sigle, pour mieux appréhender et transcender ces réalités politiques afin d’y apporter des solutions durables et appropriées.
Maintenant que d’autres partis politiques, jadis opposées à notre courageuse option, se sont aussi exprimées favorablement et officiellement pour soutenir les FDRL, nous y voyons un signal fort et encourageant pour faire un pas en avant dans la réunification et la consolidation de tous les efforts tendant à construire une alternative fiable contre le régime totalitaire, sanguinaire et hégémonique de Paul Kagame.
Nous rendons encore hommage à tous les prisonniers politiques qui se sont levés pour combattre l’injustice et l’intolérance au Rwanda et qui, malheureusement, croupissent encore dans les geôles de Kigali.

Que Dieu bénisse la République Rwandaise et ses enfants.

Manchester, le 14 Novembre 2013.
Théobald Gakwaya Rwaka.
Vice-Président et Porte parole
CNR-Intwari

November 17, 2013   No Comments

Congo (RDC): les conditions d’un désarmement des FDLR ne sont pas réunies

KINSHASA, 15 novembre 2013 (AFP) – Les rebelles rwandais des FDLR, installés en République démocratique du Congo (RDC) depuis 1994, sont prêts à déposer les armes mais les conditions de leur désarmement ne sont pas réunies à l’heure actuelle, a déclaré vendredi à l’AFP un de leurs chefs.

“Nous sommes convaincus que nous pouvons déposer les armes aussi longtemps que le gouvernement rwandais ne vient plus en RDC”, a dit Wilson Irategeka, secrétaire exécutif par intérim des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP.

“Notre problème c’est que le gouvernement de Kigali n’a cessé de venir en RDC pour tuer les réfugiés rwandais”, a déclaré M. Irategeka, dans une allusion à l’implication du Rwanda dans les deux guerres du Congo (1996-1997 et 1998-2003) et au soutien imputé à Kigali de plusieurs rébellions actives dans l’Est du Congo au cours de la dernière décennie, et tout récemment à celle du M23.

“Le gouvernement de Kigali utilise les Raï Mutomboki et les maï-maï Sheka […] pour venir tuer les réfugiés rwandais”, a-t-il ajouté en faisant référence à deux groupes armés avec lesquels les FDLR s’affrontent régulièrement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC.

“Tant que nos réfugiés sont toujours sous la menace des bombes et des armes, c’est difficile pour nous de déposer les armes”, a encore déclaré M. Irategeka.

Le président congolais, Joseph Kabila, a lancé fin octobre un ultimatum aux différents groupes armés présents au Congo, les enjoignant d’abandonner la lutte armée ou d’y être contraints par la force des armes.

Le 5 novembre, après sa victoire militaire contre les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), le gouvernement congolais a annoncé qu’il lancerait sous peu une offensive pour débarrasser le pays des FDLR, milice qu’il a été régulièrement accusé d’instrumentaliser et de soutenir dans sa lutte contre certains groupes rebelles.

Arrivées sur le territoire congolais en 1994, les FDLR ont été formés initialement par d’anciens cadre de l’armée rwandaise ou des milices hutu ayant participé activement au génocide rwandais. Leurs effectifs sont estimés entre 1.000 et 1.200 combattants.

Opposés au régime tutsi de Paul Kagame, qui s’est installé à Kigali en 1994, ils ont pour objectif la chute du pouvoir rwandais actuel, mais affirment voir dans le “dialogue avec le gouvernement de Kigali […] la seule voir pour obtenir une paix durable au Rwanda en particulier et dans la région des Grands Lacs africains en général”.

Source: Agence France-Presse

November 17, 2013   No Comments