Tribune d'Information sur le Rwanda

RDC-Rwanda – La guerre dans l’Est du Congo est-elle un sujet tabou pour les institutions de Kabila?

La guerre dans l’Est du pays est-elle une réalité ou un leurre ? La question vaut son pesant d’or au regard du peu d’intérêt accordé à ce sujet au niveau des institutions de la République. Le gouvernement ne s’est pas montré assez offensif sur le plan diplomatique et communicationnel. Dénotant une réserve assimilable à une frousse. Même attitude du côté de deux Chambres du Parlement qui ont évité d’aborder la question de manière publique jusqu’à leur départ en vacances. Ce qui, en définitive, fait supputer que les institutions font de la guerre dans l’Est du pays un sujet tabou.

Réserve. Courtoisie. Refus de nommer l’ennemi. Tout dans l’attitude des animateurs des institutions de la République démontre que la guerre déclenchée dans l’Est du pays par le M23 serait couverte par un épais nuage de non dits. C’est comme si ces derniers ploieraient sous le poids d’un lourd secret ou, à la limite, d’une frousse qui ne dirait pas son nom.

L’on en veut pour preuve, la langue de bois dont a fait montre le porte-parole de la rencontre qui a réuni les bureaux de deux bureaux du Parlement. Juste au moment où ils doivent aller en vacances.

En son temps, l’Assemblée nationale avait imposé un huis clos pour traiter du sujet. A l’époque, le bureau de la Chambre basse du Parlement avait invoqué le caractère très sensible du dossier qui empêchait un débat public. Raison : le dossier procédait du secret-défense.

Le ton semblait être donné. Car, le mardi 17 juillet 2012, le Sénat a clos sa session extraordinaire et est parti en vacances. A l’issue de la séance de clôture, aucune déclaration n’a été faite relativement à la situation sécuritaire qui prévaut dans l’Est de la RD Congo.

Le jeudi 19 juillet 2012, c’est au tour de l’Assemblée nationale d’aller également en vacances. Il n’est pas évident que les députés nationaux se prononcent sur le sujet, par le biais d’une déclaration ou d’un communiqué. Ils auront étalé les mêmes réserves comme pour préserver le tabou.

Actionner la diplomatie parlementaire

Les deux bureaux du Parlement conduits par leurs présidents respectifs, à savoir Léon Kengo wa Dondo pour le Sénat et Aubin Minaku pour l’Assemblée nationale, se sont réunis, le mardi 17 juillet, au Palais du peuple, en vue d’évaluer les travaux parlementaires de la session qui tire à sa fin.

Dans le compte rendu fait à la presse à l’issue de cette rencontre par le rapporteur du Sénat, Modeste Mutinga Mutuishayi, il ressort que les deux Chambres ont décidé de déclencher la diplomatie parlementaire, afin d’assurer le suivi de l’action du gouvernement pour résoudre la crise issue de l’insurrection du M23 soutenu par le Rwanda.

Il a aussi noté la satisfaction du Parlement pour la relance dynamique de la diplomatie par le gouvernement pour arracher quelques succès lors des travaux de la session de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba. «Cela réconforte le peuple congolais et, le Parlement entend assurer le suivi des décisions prises à Addis-Abeba», a dit Modeste Mutinga. Il a rappelé que les deux bureaux qui se sont aussi retrouvés à l’ouverture de la session ont, dans leur évaluation, marqué un point d’arrêt sur la situation de l’insécurité dans l’Est du pays.

A tout prendre, le Parlement donne l’impression de ne pas voler la vedette au gouvernement en lui laissant l’initiative de toute action à entreprendre au plan politique, diplomatique et militaire. Pourvu que cela marche ; que la neutralisation du M23 (et autres groupes armés qui écument la région des Grands Lacs) endossée par l’Union africaine arrive ramener une paix durable ; allusion est faite ici à la promesse de l’envoi d’une force internationale aux frontières communes RDC-Rwanda. Pourvu que le spectre de la balkanisation disparaisse de l’Est de la RDC et que les populations qui y vivent retrouvent la quiétude, regagnent leurs domiciles et leurs terres et se remettent au travail.

LP

Source: LeCongolais.cd

July 19, 2012   1 Comment

La Monusco Persiste Et Signe – «Le Rwanda Est Impliqué Dans Le Conflit Armé Dans L’Est Du Congo»

Paul Kagame

Le Rwanda remue ciel et terre pour prouver son innoncence dans la reprise de conflit armé dans l’Est de la RDC. Mais, la Monusco persiste et signe : «le pouvoir de Kigali appuie bel et bien les mutins du M23 contre les FARDC».

En dépit des rapports des experts de l’Organisation des Nations unies et de Human rights watch accusant le pouvoir de Kigali d’appuyer les mutins du M23, le Rwanda continue de nier son implication dans le conflit armé dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour durcir leur poition, les officiels de sécurité rwandaise ont réfusé samedi 14 juillet sur leur sol vingt-deux (22) combattants de nationalité rwandaise qui ont combattu dans les rangs du Mouvement du 23 mars (M23) contre les FARDC. La Police des frontières rwandaise n’a accepté que le retour de sept éléments des Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) au lieu d’accueillir vingt-neuf (29) ex-combattants rwandais qui étaient transportés à bord du grand camion depuis le camp DDRRR (Désarmément, démobilisation, rapatriement, réinsertion et réintegration) de la Monusco jusqu’à la fontière avec le Rwanda.

Répondant à une question de la presse relative au «démenti» de Kigali sur son implication dans le conflit armé dans l’Est de la RDC, Madnodje Mounoubai, porte-parole de la Monusco a affirmé que «la publication du rapport de groupe des experts onusiens et les témoignages recueillis par la Mission onusienne auprès des ex-combattants rwandais après leur reddition au DDRRR» en disent long.

DES PREUVES

«Des photos prises montrent clairement que certains éléments qui opérent au nom du M23 portent des tenues qui ne sont pas des FARDC et moins encore des mutins du M23 des ex-FARDC. Or, si ces éléments étaient du M23, ils devaient porter les tenues des FARDC. Ils utilisent des équipements qui ne proviennent pas de stock des FARDC. Leurs équipements sont différents de ceux des FARDC», a-t-il indiqué. Avant de renchérir : «Dans les entretiens avec certains éléments (présumés) du M23 qui se sont rendus, ils ne parlent aucun mot français. Ils sont tous anglophones. Cela pousse à douter de leur nationalité congolaise. Tous ces éléments mis dans l’ensemble, prouvent qu’il y a des éléments étrangers à côté du M23. Il y a une participation non congolaise dans le conflit armé dans l’Est de la RDC».

Source: LeCongolais.cd

 

 

July 19, 2012   No Comments