Tribune d'Information sur le Rwanda

Les Congolais en sécurité au Rwanda

Juillet 20, 2012 – (Syfia Grands Lacs/Rwanda) – Les Rwandais de Rubavu, ville frontalière de Goma, hésitent ces jours-ci à traverser la frontière craignant d’être pris à parti par des Congolais qui estiment le Rwanda responsable de la guerre. Les ressortissants de RD Congo, en revanche, vivent jusqu’à présent sans aucune inquiétude au pays des 1000 collines.
Depuis la violente manifestation des motards de Goma qui s’en sont pris aux Rwandais le 9 juillet, ceux-ci inquiets sont moins nombreux que d’habitude à traverser régulièrement la frontière pour se rendre en RD Congo. Ce n’est pas le cas des Congolais qui naviguent sans problème entre les deux pays.
E. Kalimba. livreur de viande à Goma a été pourchassé par jeunes Congolais lors de la manifestation : “En me frappant ils me disaient que ce sont des Rwandais qui causent l’insécurité au Congo. Ils ont pris mes 20 000 frw, mon téléphone portable, ma marchandise et je suis rentré les mains vides”. Marguaritte, une Rwandaise vivant à Rubavu (ex-Gisenyi), a elle renoncé à aller à Goma : “Je ne vends plus mes légumes à Goma, alors que là je gagnais doublement. On accuse les Rwandais de vouloir prendre une partie de la RDC.”
Les fréquents troubles dans la capitale du Nord Kivu sont un autre problème. “On y arrive avec notre argent, mais parfois on rentre sans avoir acheté quoi que ce soit, témoigne un commerçant de Ruvabu. Ces derniers temps les magasins ferment à cause des manifestations.” Mais comme les commerçants vendent leurs marchandises deux fois plus cher qu’au Rwanda, beaucoup continuent à passer la frontière.

Cohabiter malgré tout

En revanche, le petit commerce des Congolais au Rwanda n’est pas affecté. Tabu y est fournisseur d’oeufs : “Chaque matin je quitte Goma pour vendre mes oeufs à Rubavu, j’y passe la journée et le soir je rentre. Je n’ai pas connu d’agressions de qui que ce soit‘‘. Pour certains Rwandais cependant, le Rwanda devrait prendre des mesures. Selon Uwera M. “le Rwanda devrait empêcher les Congolais de venir ici aussi longtemps que les Rwandais sont menacés à Goma‘‘.
Un avis qui n’est pas partagé par Nsengiyumva Buntu Ezechiel, vice-maire chargé des affaires économiques dans le district de Rubavu : “nous encourageons les habitants à être accueillants envers les Congolais qui viennent ici. Nous leur disons que si jamais un Rwandais agresse un Congolais il aura affaire à la loi. Jusque-là les Congolais sont en paix ici, ils peuvent en témoigner eux-mêmes”.
Christophe Massoumbuko, vice-président de l’association des Congolais vivant au Rwanda, condamne les violences de ses compatriotes : “Je suis à Kigali depuis plus de 10 ans, personne ne m’a agressé. Pourquoi s’attaquer aux civils rwandais de Goma ?” Pour lui, toutes les parties qui s’opposent devraient trouver une solution pacifique “les armes emportent des milliers de gens et d’autres quittent leurs biens pour se réfugier ailleurs, le dialogue est la meilleure solution”.
Quant à l’implication du Rwanda dans cette guerre, cause de la colère de certains Congolais, le gouvernement rwandais la dénie, mais les avis des Rwandais sont partagés. Pour cet habitant de Kigali, ’’on ne peut pas accuser notre pays sans faits, si l’ONU le dit c’est qu’il y a quelque chose”. Mais pour un autre, habitant du Sud, la communauté internationale veut toujours montrer qu’au Rwanda rien ne va. Selon lui, c’est la raison de ces accusations non fondées alors que c’est un conflit entre Congolais.
Solange Ayanone

Source: Syfia Grands Lacs.

July 22, 2012   No Comments

Rwanda : brûler les morts plutôt que les enterrer pour gagner des terres

Juillet 20, 2012 – (Syfia Grands Lacs /Rwanda) – Pour réduire les coûts des funérailles et gagner des terres arables, le gouvernement rwandais préconise la crémation des morts, jusque-là étrangère à la culture locale. Une loi est en préparation.
Les prix des tombes dans les cimetières rwandais sont exorbitants pour les pauvres qui veulent enterrer leurs morts. “À Kigali comme dans d’autres villes, certains préfèrent abandonner les moribonds de peur de ne pas trouver les moyens pour les funérailles”, témoigne un villageois de Gasabo. Ainsi à Rusororo, faubourg situé à 20 km de Kigali, les prix varient de 25 $ à 1500 s selon la taille de la sépulture et les matériaux employés.
En outre, les cimetières représentent des superficies de terres arables qui ne sont pas cultivées. Pourtant le pays à plus de 390 hab/km2 et jusqu’à 800 par endroits et les exploitations agricoles sont de plus en plus étroites (0,2 ha en moyenne dans le nord du pays, région la plus peuplée). Mais les agriculteurs doivent attendre au moins 20 ans pour cultiver les cimetières une fois qu’ils ne sont plus utilisés. “Certaines familles s’obligent même de garder sacrées et inexploitées les terres qui hébergent les leurs”, explique un villageois de l’Est.

Des urnes plutôt que des tombes

Pour pallier ces problèmes, le parlement rwandais examine un projet de loi portant organisation et fonctionnement des cimetières et surtout de la crémation des défunts. La crémation se déroule à une température de 850°C dans un appareil soumis à un fort apport d’air frais permettant une combustion très rapide. Le bois du cercueil, les vêtements, les chairs, tout est transformé en gaz ou en poussières évacués avec les fumées. Seules restent les cendres de la partie calcaire des os qu’on recueille alors dans une urne.
“L’État aménagera un lieu dans lequel on mettra des urnes où seront conservées des cendres des corps brûlés. La crémation présente des avantages : elle est moins chère et moins encombrante”, essaie de convaincre un cadre au Secrétariat général de la Chambre des députés. “Même si, d’habitude les Rwandais enterrent les leurs dans les tombes creusées, à l’avenir ils seront obligés, qu’ils le veuillent ou pas, de faire incinérer leurs proches”, estime un parlementaire. Après l’entrée en vigueur de la loi sur les cimetières, un arrêté ministériel précisera des détails sur la crémation : son coût et sa mise en application.

Des réticences à incinérer ses proches

Mais beaucoup de gens ne dont pas prêts à assister à l’incinération des corps de leurs proches. “La violence et la brutalité de la crémation sont insupportables. Quand l’homme meurt, il faut l’enterrer. On respecte ainsi le corps humain qui est l’œuvre de Dieu”, estime Anaclet Kayitare, un chrétien catholique de Kigali. Avis qu’il partage avec cette femme, ressortissante de la province du sud pour qui “incinérer un mort est une façon de le mutiler”. La résistance à la crémation, qui fut institutionnalisée en Asie par le bouddhisme et l’hindouisme et largement pratiquée aujourd’hui en Europe, est due au fait qu’elle est absente de la culture rwandaise et que la population n’a pas été concertée sur une technique aussi nouvelle.
Les législateurs souhaitent aussi que les tombes soient construites avec des matériaux légers. Pour les parlementaires, ceux utilisés – ciment, pierres et fers à béton – non seulement font grimper les coûts mais ils sont polluants et mettent beaucoup de temps à se décomposer. “On reconnait facilement les riches et les pauvres même au cimetière”, commente un villageois de Gasabo. Les tombes des aisés sont construites en dur, avec des murs en carreaux, des textes pour les identifier.
En milieu rural, l’ancienne loi en cours de révision n’était pas stricte sur certaines conditions à remplir pour inhumer un mort. Ainsi, jusqu’ il y a peu, il était possible d’enterrer un proche à domicile ou sur un terrain privé. Avec ce projet de loi en discussion, “Il est interdit d’inhumer dans un endroit autre que le cimetière”, excepté dans les maisons de culte. Également, “sur demande motivée d’une personne physique ou morale légalement constituée, le maire de district peut, pour des raisons valables, octroyer une autorisation spéciale d’inhumer dans un autre endroit non prévu par la loi”.

Venant Nshimyumurwa

Source: Syfia Grands Lacs.

July 22, 2012   No Comments

Les Etats-Unis coupent leur aide militaire au Rwanda à cause de son soutien aux rebelles en RDC

Les Etats-Unis ont coupé leur aide militaire au Rwanda, invoquant des préoccupations que le gouvernement de Kigali sont en train de soutenir les rebelles dans la République démocratique du Congo.
Le Département d’Etat américain a déclaré samedi qu’il avait des preuves que le Rwanda est en train d’aider les groupes rebelles congolais, y compris les M23. Il a dit qu’il retiendra 200.000 dollars d’aide promise pour un centre de formation militaire. Le gouvernement rwandais a nié à plusieurs reprises d’aider les rebelles.
L’annonce par Washington intervient une semaine après que les présidents du Rwanda et de la RDC ont accepté le déploiement d’une force internationale pour lutter contre la rébellion dans l’Est du Congo et patrouiller leur frontière.
Les troupes congolaises ont essayé pendant des années, avec peu de succès, de soumettre les groupes rebelles dans les provinces instables et riches en minéraux de l’Est.
Le M23 est composé d’anciens soldats dits être fidèles à Bosco Ntaganda, un chef de guerre recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre présumés.

Source: CongoPlanete.com

July 22, 2012   Comments Off on Les Etats-Unis coupent leur aide militaire au Rwanda à cause de son soutien aux rebelles en RDC