Rwanda: l’ONU doit prendre ses responsabilités suite à l’évidence du génocide et des crimes contre l’humanité commis à l’encontre des populations Hutu — Rwandinfo_FR
Tribune d'Information sur le Rwanda

Rwanda: l’ONU doit prendre ses responsabilités suite à l’évidence du génocide et des crimes contre l’humanité commis à l’encontre des populations Hutu

par Eugène Ndahayo, Comité de soutien aux FDU-INKINGI.

Le Comité de soutien aux Forces démocratiques unifiées – FDU Inkingi a pris connaissance du rapport quasi-définitif du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCHD) intitulé « Rapport Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo, 2010 ».

Voici le Rapport Complet:
Report of the Mapping Exercise documenting the most serious violations of human rights and international humanitarian law committed within the territory of the Democratic Republic of the Congo between March 1993 and June 2003.
June 2010

Il s’agit d’un rapport très détaillé et extrêmement bien documenté qui couvre 617 incidents les plus graves de violation du droit humanitaire dont plus de 100 cas de massacre de grande ampleur des réfugiés hutu en République démocratique du Congo. Ce rapport a été rendu grâce à la collaboration de 1280 témoins cruciaux dont plus de 200 représentants d’ONG et d’une compilation et analyse de plus de 1500 documents.

Si le rapport met en cause d’autres armées nationales et/ou des groupes armées irrégulières, il est très accablant en ce qui concerne le régime rwandais actuel ainsi que son armée, « APR » qu’il accuse de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide contre les réfugiés hutu.

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Parlant de crimes contre l’humanité, le Rapport Mapping indique, « Les informations recueillies à ce jour permettent de confirmer fermement qu’il s’agit bien de crimes contre l’humanité: le nombre très élevé de crimes graves répertoriés commis par l’AFDL/APR à l’encontre des réfugiés hutu indique la nature généralisée de ces attaques. La nature systématique, planifiée et généralisée de ces attaques est également démontrée par une véritable traque des réfugiés qui s’est déroulée d’est en ouest à travers tout le territoire de la République démocratique du Congo – RDC- … ». Paragraphe 494.

Le Rapport conforte en outre les conclusions des rapports antérieurs de l’Organisation des Nations Unies et d’une mission conjointe mandatée par la Commission des droits de l’homme qui s’étaient penchés en 1997 sur l’existence ou non de crimes de génocide commis à l’égard des Hutu en RDC, réfugiés ou autres, qui avaient rapporté à l’Assemblée générale que: « On ne peut pas nier que des massacres de caractère ethnique ont été commis, dont les victimes sont en grande partie des Hutus, Rwandais, Burundais et Zaïrois. De l’avis préliminaire de la mission conjointe, certaines de ces allégations [certains de ces massacres présumés] pourraient constituer des actes de génocide. Il n’en demeure pas moins que les informations dont la mission conjointe dispose actuellement ne permettent pas d’émettre une opinion précise et définitive. Une enquête approfondie sur le territoire de la RDC permettrait d’éclaircir cette situation ». (Rapport de la mission conjointe chargée d’enquêter sur les allégations de massacres et autres atteintes aux droits de l’homme ayant lieu dans l’est du Zaïre (actuellement RDC) depuis septembre 1996 (A/51/942), par 1. )

Le Rapport Mapping affirme bel et bien la perpétration du crime de génocide par l’Armée rwandaise dans ces termes : « Les attaques systématiques et généralisées décrites dans le présent rapport, ayant ciblé de très nombreux réfugiés hutu rwandais et de membres de la population civile hutu et causé leur mort, révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide. Le comportement de certains éléments de l’AFDL/APR à l’égard des réfugiés hutu et des populations hutu établies au Zaïre à cette époque semble s’inscrire dans le cadre « d’une série manifeste de comportements analogues dirigés contre ce groupe » duquel un tribunal pourrait même déduire l’existence d’un plan génocidaire ». Paragraphe517.

Le Rapport continue : « Par contre, ni le fait de ne cibler que les hommes dans les massacres ni celui de permettre à une partie du groupe de quitter le pays ou même de faciliter ses déplacements pour différentes raisons ne permettent en soi d’écarter totalement l’intention de certaines personnes de détruire en partie un groupe ethnique comme tel. À cet égard il paraît possible d’inférer l’intention spécifique de certains commandants de l’AFDL/APR de détruire en partie les Hutu en RDC, donc de commettre un crime de génocide, de leur conduite, de leurs propos et des circonstances accablantes des actes de violence commis par les hommes sous leur commandement. Il appartiendra à un tribunal compétent de trancher cette question ». Paragraphe 518 .

Le Comité de soutien aux FDU Inkingi condamne sans réserve les violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises par les armées nationales et par les armées irrégulières sur le territoire congolais entre 1993 et 2003. Il condamne spécialement les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide perpétrés par l’armée rwandaise dirigée par le Président de la République, Paul Kagame.

Devant la gravité et l’ampleur des crimes, le Comité de soutien aux FDU Inkingi est d’avis que le Président Paul Kagame n’est plus qualifié pour diriger le pays et que sa place est désormais de répondre devant la justice internationale pour les crimes commis. Ceci est d’autant plus pertinent que la publicité de ces crimes se déroule après des élections présidentielles marquées par la terreur, les emprisonnements d’opposants politiques, les assassinats de journalistes critiques et de personnalités politiques et l’exclusion totale de l’opposition politique du processus électoral.

Le comité de soutien aux FDU Inkingi met la Communauté internationale, en particulier les membres du Conseil de sécurité, devant ses responsabilités, à savoir celles de l’obligation de répression du crime de génocide, maintenant qu’elle sait qu’un tel crime a été commis.

Fait à Lyon, le 28 août 2010

Pour le Comité de soutien aux FDU-INKINGI
Eugène NDAHAYO
Président

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