Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — July 2010

Kagame: Du tapis rouge de Kinshasa au lapin de Zapatero en Espagne

par J.-P. Mbelu.

Manifestants anti-Kagame en Espagne

Manifestants anti-Kagame en Espagne

Dans une dépêche intitulée « Zapatero cède aux critiques et renonce à s’afficher avec Kagame à Madrid », l’AFP rendait compte du lapin posé par Zapatero au président rwandais Paul Kagame invité de l’ONU à une réunion sur la pauvreté en Espagne.
La dépêche rappelle que « la levée de boucliers en Espagne trouve son origine dans les mandats d’arrêt pour “génocide” lancés par un juge espagnol en février 2008 contre 40 militaires du régime de M. Kagame, accusés d’avoir fomenté des affrontements ethniques dans les années 90 pour s’emparer du pouvoir.

Ces militaires sont accusés d’avoir sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana en place à l’époque, en commettant des actes terroristes avant de prendre le pouvoir.

« Une fois l’immunité présidentielle de Kagame levée, il sera poursuivi par la justice espagnole. »

Le juge Fernando Andreu avait lancé des accusations détaillées contre M. Kagame, sans le poursuivre en raison de son immunité de chef d’Etat.
Et « la réunion, initialement prévue au siège du gouvernement, a eu lieu à l’hôtel Ritz. »

Quel est le nombre d’Espagnols sur lesquels porte l’enquête du juge Fernando Andreu?
La dépêche répond : « Le juge espagnol enquête notamment sur les assassinats présumés par les milices tutsies du Front patriotique rwandais (FPR), dirigées alors par M. Kagame, de neuf missionnaires et coopérants espagnols témoins de massacres. »

Quelle a été la réaction immédiate des responsables rwandais face au geste hautement symbolique de Zapatero ?
« “Ce n’est pas un grave problème pour nous”, a minimisé la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui a évoqué devant la presse une décision de “politique intérieure espagnole” ».

En lisant cette dépêche, quelques réflexions peuvent être faites:

– Zapatero est un premier ministre à l’écoute des critiques de la classe politique espagnole. Cette dernière existe et veille à la protection et à la sécurité des citoyens espagnols où qu’ils se retrouvent à travers le monde.

– La justice espagnole est indépendante et respectée par la classe politique.

– Zapatero n’a pas accepté que l’assassin présumé de ses compatriotes participe à une réunion « au siège du gouvernement », l’un des lieux hautement symboliques de la souveraineté de son peuple.

– Contrairement à la virulence de leurs réactions face aux Français, aux Belges ou aux Congolais, à Madrid, les gouvernants rwandais ont fait profil bas et respecté « une décision de politique intérieure espagnole ».
Les petites mains médiatiques occidentales luttant contre « la diabolisation » de l’homme fort de Kigali traînent à réagir à ce lapin posé à leur client…

Et quand nous savons que le même Kagame venait, deux semaines plus tôt, de marcher sur un tapis rouge dans la capitale du pays où les témoins espagnols de ses massacres ont été tués là où des millions de Congolaises et Congolais ont été victimes de la barbarie des miliciens du FPR;
quand nous savons que Kagame est arrivé dans cette ville, avec deux heures de retard, pour le défilé de la fête de l’accession du Congo à sa souveraineté nationale et internationale et qu’il n’y a eu aucune protestation officielle ni de la classe politique ni des ONG des droits de l’homme, ni de quelques magistrats épris d’un certain sens de justice,
il y a des hypothèses qui peuvent être émises sur notre devenir commun en tant que peuple.

– Ou la guerre d’agression à laquelle nous résistons depuis plus de dix ans a détruit en nous tout sens de protestation et de révolte;
– Ou nous n’avons pas encore eu une classe politique sur laquelle nos populations peuvent compter;
– Ou nous avons fini, dans notre immense majorité par accepter notre état de sous-humanisation depuis la guerre de l’AFDL, etc.

Comment se fait-il que les mêmes gouvernants capables d’organiser une réunion pour écrire une lettre de protestation contre les politiques et les journalistes Belges ayant critiqué le cadeau d’Olive Lembe à la reine Paola en disant du pays de Karel de Gucht qu’il est le repère de comploteurs contre les intérêts du Congo peuvent dérouler le tapis rouge à Kagame et Museveni, assassins de nos populations?

En cédant aux critiques de la classe politique espagnole, Zapatero reconnaît, en filigrane, les conclusions de l’enquête du juge Fernando Andreu. Il partage celle-ci : « Une fois l’immunité présidentielle de Kagame levée, il sera poursuivi par la justice espagnole. » Le même Kagame dont les miliciens ont assassiné (et assassinent encore ?) les Congolais et les Congolaises n’a été traduit à aucun tribunal par les gouvernants Congolais, donneurs de leçons de souveraineté à la Belgique !

De la rhétorique souverainiste à la complicité avec le pouvoir meurtrier de Kigali et à la traitrise du peuple congolais, il y a un pas que les petits restes et les minorités d’acteurs-créateurs Congolais n’ont fait que franchir. (Est-ce avec ces traîtres de la nation qu’il faut aller aux élections en 2011 ?)

En cédant aux critiques la classe politique espagnole, Zapatero constitue dorénavant une exception (rarissime) en Occident où Kagame est adulé malgré le sang qu’il ne cesse de verser.

Il y a là un signe qui ne trompe pas. Le travail de lobbying congolais à travers le monde, les divisions au cœur du FPR et des soutiens anglo-saxons de Paul de Kigali et l’épée de Damoclès de la justice espagnole sur sa tête risquent de sonner le glas d’un pouvoir acquis au bout de l’épée et de celui de ses dépendants en poste à Kinshasa…

[France Rwanda Tribune]

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July 19, 2010   2 Comments

Premier Ministre Espagnol refuse de rencontrer le President Rwandais Paul Kagame

Manifestation contre Kagame - Madrid

Manifestation contre Kagame - Madrid

Des partis politiques et des ONG espagnoles s’opposent à la présence du président rwandais Paul Kagame en Espagne. Le premier ministre espagnol, sous pression, a refusé de rencontrer Paul Kagame.

Dans une interview à la BBC, un porte-parole du premier ministère espagnol, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré que le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero n’a pas voulu rencontrer le président Kagamé par souci de respecter l’opinion publique espagnole.

Selon ce porte-parole le président rwandais n’a jamais été invité à Madrid par les autorités espagnoles, il est en Espagne pour prendre part à une réunion du groupe de contact sur les Objectifs du millénaire pour le développement. Monsieur Kagame codirige ce groupe à la demande du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon.

En marge de cette réunion, une rencontre était prévue entre le chef de l’Etat rwandais et José Luis Rodriguez Zapatero.

Mais des députés de l’assemblée nationale espagnole ont fait parvenir une lettre à Zapatero pour manifester leur opposition à cette rencontre.

La lettre accuse le président Kagamé d’être impliqué dans la mort de 9 missionnaires espagnols dont la majorité ont été tués au Congo entre 1997 et 1999. Cette affaire fait l’objet d’une enquête espagnole et des mandats ont été émis par un juge espagnol contre une quarantaine de soldats rwandais.

Le porte-parole du gouvernement a dit que par ailleurs plusieurs Organisations non-gouvernementales espagnoles ont exprimé leur inquiétude face à la détérioration de la situation des droits de l’homme au Rwanda à l’approche de la présidentielle d’Aout prochain.

Les ONG font allusion aux meurtres non-élucidés d’un journaliste et d’un homme politique et au fait que des opposants, dont Victoire Ingabire, n’ont pas le droit de prendre part au scrutin pour des raisons diverses, dont celles de terrorisme et promotion d’une idéologie génocidaire.

[France Rwanda Tribune]

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July 19, 2010   No Comments

La FIDH exige une enquête indépendante sur les assassinats d’opposants et journalistes au Rwanda

par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH).

Rwanda: La FIDH appelle à mettre un terme à l’actuelle vague de violence et demande une enquête indépendante et impartiale sur les assassinats d’opposants politiques et de journalistes.

La FIDH condamne avec la plus grande fermeté la vague de violence qui sévit au Rwanda à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 9 août 2010. Les assassinats, arrestations et détentions arbitraires, menaces, actes de harcèlement et d’intimidation à l’encontre d’opposants politiques et de journalistes ne cessent de se multiplier, ce qui ne laisse en rien présager de la tenue d’un scrutin libre, transparent et surtout sécurisé.
Le 14 juillet 2010, André Kagwa Rwisereka, Vice-Président du Parti Démocratique Vert qui, selon les membres de son parti, avait récemment fait l’objet de menaces, a été retrouvé mort dans le sud du pays. Le 24 juin 2010, c’est Jean-Léonard Rugambage, Rédacteur en chef adjoint du bimensuel Umuvugizi et correspondant au Rwanda de Journalistes en Danger (JED), qui a été abattu devant son domicile à Kigali. Le 19 juin 2010, Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état major de l’armée rwandaise et ancien proche du Président Paul Kagame, a quant à lui échappé à une tentative d’assassinat en Afrique du Sud où il est réfugié depuis février 2010. Ces récents assassinats et tentative d’assassinat sont le reflet d’une dégradation générale de la situation des droits de l’Homme au Rwanda, caractérisée par une répression accrue à l’encontre de toutes les voix contestataires.

L’État du Rwanda, dont le rapport périodique a été examiné en mai 2010 par la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), avait été interpellé par les nombreuses ONG présentes, dont la FIDH, mais également par certains Commissaires, sur la nécessité de garantir les libertés individuelles d’expression, d’opinion et de réunion, de même que la sécurité de tous les citoyens en amont, pendant et après l’élection présidentielle. Aujourd’hui, la FIDH réitère cette interpellation.

« Le Rwanda se félicite souvent des progrès qu’il a réalisés en matière de démocratie et de bonne gouvernance. L’escalade de la violence et de la répression que connaît le pays à l’approche de l’élection présidentielle démontre au contraire qu’il y a encore très peu de place pour le respect des libertés individuelles des citoyens rwandais » a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.

La FIDH appelle les autorités rwandaises à :

* Faire toute la lumière, par le biais d’une enquête indépendante et impartiale, sur les circonstances des assassinats de André Kagwa Rwisereka et Jean-Léonard Rugambage ; à poursuivre et punir les auteurs de ces crimes ;

* Prendre toutes les mesures nécessaires, dans le respect des normes régionales et internationales de protection des droits de l’Homme, pour mettre un terme aux actes de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des opposants politiques, des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme ;

* Se conformer aux dispositions de la Résolution adoptée en mai 2010 par la CADHP sur les élections en Afrique, en particulier celles appelant les États parties à « veiller à ce que toutes les parties concernées, en particulier les partis d’opposition, puissent mener leur campagne librement, sans violence, ni intimidation », et à « veiller à protéger, avant, pendant et après les élections, les journalistes, les défenseurs des droits de l’Homme, les observateurs et superviseurs électoraux des intimidations et autres abus des droits humains ».

* Ratifier la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et à en respecter l’ensemble des dispositions.

La FIDH appelle en outre les Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine, réunis à Kampala, Ouganda, du 19 au 27 juillet 2010, à l’occasion de leur 15ème Sommet, à condamner publiquement et avec la plus grande fermeté les assassinats de André Kagwa Rwisereka et de Jean-Léonard Rugambage et à appeler les autorités rwandaises à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme immédiat aux actes de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des opposants politiques, des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme et pour garantir l’intégrité physique de l’ensemble des citoyens lors du prochain scrutin.

Contacts presse :
FIDH : Karine Appy/Fabien Maitre : + 33 1 43 55 14 12/ + 33 1 43 55 90 19 / + 33 6 48 05 91 57

Egalement:
Les partis rwandais d’opposition exigent une enquête internationale sur les récents assassinats et tortures des opposants politiques et journalistes Rwandais

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July 18, 2010   No Comments

Le Premier Ministre d’Espagne refuse de voir le Président Rwandais Paul Kagame

Espagne – Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ne rencontrera finalement pas vendredi le président rwandais Paul Kagame, dont la venue en Espagne est très critiquée, au cours d’une réunion de l’ONU sur les objectifs du millénaire, a-t-on appris officiellement jeudi soir.

Cette réunion du groupe de contact sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), coprésidé par MM Kagame et Zapatero, devait avoir lieu à la Moncloa, siège du gouvernement. Elle a été déplacée dans un grand hôtel de Madrid, a précisé à l’AFP un porte-parole gouvernemental.

L’Espagne sera représentée par son Ministre des Affaires Etrangères Miguel Angel Moratinos à cette réunion à laquelle participera également le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-moon. Ce dernier sera reçu séparément par M. Zapatero, a-t-on précisé.

Un groupe d’ONG espagnoles, Amnesty International et plusieurs groupes parlementaires avaient vivement critiqué jeudi la venue à Madrid de M. Kagame et sa réception par M. Zapatero, alors qu’une enquête pour “génocide” vise en Espagne des militaires de son régime.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole s’est contenté de préciser que la décision de déplacer la réunion à l’hôtel Ritz avait été prise jeudi et que la gouvernement espagnol considérait comme “suffisante” la présence de M. Moratinos.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait annoncé en juin la création du groupe de contact chargé de stimuler les efforts en vue de réaliser d’ici à 2015 les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), visant à réduire l’extrême pauvreté à travers le monde.

Un sommet sur ce thème est prévu en septembre au siège des Nations-Unies à New York.

La Coordination des ONG espagnoles pour le développement (Congde) avait dénoncé jeudi “le choix questionnable de M. Ban Ki-moon” d’élire M. Kagame pour co-diriger ce groupe et “la passivité du président Zapatero qui a accepté sans objection d’agir au côté d’un présumé génocidaire”.

Un juge espagnol a émis en février 2008 des mandats d’arrêt contre 40 militaires du régime rwandais, accusés de “génocide” et d’avoir fomenté des affrontements ethniques dans les années 90 afin de s’emparer du pouvoir et de mettre en place un “régime de terreur”.

Il leur est notamment reproché d’avoir assassiné des missionnaires et coopérants espagnols témoins de massacres.

Le juge Fernando Andreu avait lancé des accusations détaillées contre le président Kagame, sans le poursuivre en raison de son immunité de chef d’Etat.

Kigali avait vivement réagi à ces accusations qu’il avait formellement démenties.

[AFP]

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July 16, 2010   No Comments

Les partis rwandais d’opposition exigent une enquête internationale sur les récents assassinats et tortures des opposants politiques et journalistes Rwandais

par Victoire Ingabire, Frank Habineza et Theobald Mutarambirwa.
(Conseil Consultatif Permanent des partis d’opposition au Rwanda)

Le premier vice-président du Parti démocratique des Verts du Rwanda, M. André KAGWA RWISEREKA qui avait disparu hier le 13 juillet 2010, a été retrouvé mort ce 14 juin 2010, la tête presqu’entièrement tranchée. Son cadavre a été découvert au même endroit où sa voiture avait été retrouvé, à savoir dans la vallée de la rivière Mukura, à peu près à 3 km de la Ville de Butare.

Il est né le 31 décembre 1949, dans Rusenge, Nyaruguru, dans la Province du Sud, République du Rwanda.
Il s’est ensuite exilé au début des années 1960 en République démocratique du Congo où il a obtenu son diplôme universitaire en sciences de l’éducation.
Il a été l’un des principaux membres du parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais, où il a été particulièrement actif dans la lutte de libération pour le Rwanda.
Il a été un prospère homme d’affaires dans la ville de Butare.
Il a été parmi les membres fondateurs du Parti démocratique des Verts du Rwanda, fondé le 14 août 2009, à l’Hôtel ex-Novotel de Kigali.
Il laisse quatre enfants orphelins.

En moins d’un mois, l’effervescence de la répression politique monte rapidement aux créneaux:
– Le 24 Juin 2010, M. Jean-Léonard RUGAMBAGE, rédacteur en chef du Rwanda, une voix critique, a été abattu devant son domicile.
– Le même jour dans la matinée, plusieurs membres de l’opposition, dont M. André KAGWA RWISEREKA, ont été raflés par la police. Plusieurs d’entre eux sont restés dans des lieux de détention pendant plus d’une semaine. Ils ont montré à la Cour des signes évidents et séquelles des tortures infligées par la police pendant leur détention. Ils ont fait état devant le juge et le procureur des abus, injures et de la haine dont ils ont été victimes.
– Le 19 juin 2010, à Johannesburg, l’ancien Chef d’Etat Major de l’armée rwandaise, le lieutenant-général, KAYUMBA NYAMWASA, a survécu à un attentat qui a failli lui coûter la vie.
– Un autre cas d’assassinat est survenu le 21 juin 2010 à Gisenyi dans le nord-ouest du pays et a couté la vie à M. Denis NTARE SEMADWINGA, ancien chef de cabinet du général Laurent NKUNDA.
– M. Aimable SIBOMANA RUSANGWA, secrétaire particulier du président fondateur du Parti Social IMBERAKURI, a été enlevé depuis le 13 juin 2010 et sa famille reste toujours sans nouvelles.
– Deux journaux locaux UMUSESO et UMUVUGIZI sont actuellement interdits tandis que toute l’équipe de rédaction du journal UMURABYO est en état d’arrestation.

Quelques jours seulement avant l’élection présidentielle, l’opposition se trouve dans un état d’anéantissement quasi-total :

– Le Parti social IMBERAKURI, a été scindé en deux factions, une aile pro-gouvernementale et l’autre représentée par Maître Bernard NTAGANDA, le président fondateur du parti.
Ce dernier est actuellement dans la prison centrale de Kigali pour des accusations à caractère politique.
La plupart de ses collègues arrêtés ont bénéficié d’une libération provisoire. Ils ont confirmé devant la Cour et le procureur qu’ils ont subi des tortures;

– Le Parti démocratique des Verts du Rwanda, malgré plusieurs tentatives, n’est pas à ce jour enregistré. La dernière tentative d’enregistrement date du 4 juin 2010 quand il a demandé au gouvernement de lui accorder l’autorisation de pouvoir réunir son congrès constitutif afin de pouvoir participer aux élections et il n’a pas reçu de réponse du district de Gasabo. Il avait ensuite officiellement interjeté appel auprès du Ministère du gouvernement local en charge des partis politiques qui, malgré une rencontre pour discuter de la question, n’a daigné répondre jusqu’à ce jour. Le parti démocratique des Verts du Rwanda espère toujours que le gouvernement répondra positivement à ses demandes antérieures.

– Le FDU Inkingi, non plus enregistré, fait face à une situation particulièrement critique. Sa présidente, Mme Victoire INGABIRE UMUHOZA est toujours en résidence surveillée. M. Sylvain SIBOMANA, secrétaire général du parti, et Mme Alice MUHIRWA, trésorière du parti, ont été libérés sous caution. Ils ont été torturés pendant leur détention. Le parti a été plusieurs fois bloqué dans ses tentatives de se faire enregistrer. Les recours auprès du ministère ayant les partis politiques dans ses attributions sont, malgré une rencontre fantaisiste avec certains officiels, restés lettre-mortes.

Le Conseil consultatif permanent des partis d’opposition au Rwanda (PCC) demande qu’une enquête internationale soit diligentée sur les assassinats de feu André KAGWA RWISEREKA, une figure de proue de l’opposition, de feu Jean-Léonard RUGAMBAGE, journaliste, ainsi que sur les allégations de tortures ou de menaces de mort à l’encontre des membres de l’opposition.

Nous exigeons que le gouvernement Rwandais garantisse la sécurité et la tranquillité, spécialement pendant et après les élections présidentielles du mois d’août. Le Gouvernement doit laisser l’opposition travailler librement. Nous insistons sur la libération de Maître Bernard NTAGANDA et demandons au gouvernement d’abandonner toutes les accusations criminelles portées contre des membres de l’opposition.

Fait à Kigali, le 14 Juillet 2010

Mme Victoire INGABIRE UMUHOZA
Présidente, Forces démocratiques unifiées, FDU Inkingi

M. Frank HABINEZA
Président, Parti démocratique des Verts du Rwanda

M. Theobald MUTARAMBIRWA
Secrétaire général, Parti social Imberakuri.

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July 16, 2010   1 Comment

Disparition du ‘Tanzanien’ George Francis suspecté d’avoir tiré sur Kayumba Nyamwasa

L’un des quatre hommes suspectés d’avoir tiré sur le général Kayumba Nyamwasa, George Francis, 31 ans, a disparu.
Convoqué le 14 juillet devant le tribunal, il ne s’est pas présenté, selon la BBC.
Il devait prouver sa nationalité, tanzanienne, et son statut de réfugié politique.

Quatre hommes avaient été arrêtés et présentés devant une cour le 29 juin dernier en république sud-africaine. Précédemment, deux hommes, dont un Rwandais, Francis Gakwerere, avait été relachés.

Les quatre hommes suspectés d’avoir tiré sur Kayumba Nyamwasa avaient dit être de nationalité tanzanienne, somalienne et mozambicaine. Ils auraient pour nom Uma Huseni (35), Ahmed Ali (26), George Francis (31) et Shafiri Bakari (30).
Leur procès, dans l’attente de vérification, a été renvoyé au 27 juillet prochain. Entre-temps, fin juin, le gouvernement sud-africain avait accusé à mi-mot le gouvernement rwandais d’avoir participé à cette tentative d’assassinat contre Kayumba Nyamwasa.
Le gouvernement rwandais avait vigoureusement démenti.

Rappelons que le général Nyamwasa, accusé par le gouvernement rwandais d’être l’instigateur des attentats à la grenade qui ont ensanglanté Kigali en février dernier, est réfugié en république sud-africaine depuis février.
Le Rwanda, la France et L’Espagne ont demandé son extradition. Le général Nyamwasa est en effet suspecté d’avoir participé à l’attentat contre l’avion du président Juvenal Habyarimana en 1994, et à l’assassinat de quatre espagnols – un missionnaire et trois travailleurs humanitaires de Médecins du Monde – en 1997.

[GrandsLacs Info]

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July 15, 2010   No Comments

Rwanda: Vice-Président du parti d’opposition ‘Green Party’ assassiné

Kigali – Le corps d’un haut responsable de l’opposition a été retrouvé sans vie dans une zone marécageuse du sud du Rwanda, annoncent le parti politique auquel il appartenait et la police.
André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti vert démocratique, était porté disparu depuis mardi matin.
Sa camionnette a été retrouvée près de la rivière Mukula, aux environs de la ville de Butare.
“Sa tête était presque complètement détachée du reste de son corps. Son frère, Antoine Haguma, a identifié sa dépouille”, a indiqué le fondateur du Parti vert démocratique, Frank Habineza, dans un communiqué.
La police a également confirmé sa mort, survenue à quelques semaines de l’élection présidentielle du 9 août à laquelle se représente le chef de l’Etat sortant, Paul Kagamé.
Le Parti vert démocratique n’a, en revanche, pas pu s’inscrire pour le scrutin pour lequel il n’aura pas de candidat.
“Le corps a été retrouvé ce matin à trois kilomètres de l’endroit où son véhicule a été découvert, de même qu’un grand couteau qui a pu servir à le tuer. Il s’agit d’une sorte de coupe-coupe”, a déclaré Eric Kayiranga, porte-parole de la police.
“Des gens qui l’ont vu la nuit dernière affirment qu’il avait beaucoup d’argent sur lui, ce qui pourrait nous mettre sur la piste d’un vol. Une enquête est en cours”.
D’après Kayiranga, la victime portait des blessures à la poitrine et son corps a été transféré dans un hôpital.
Des défenseurs des droits de l’homme accusent le gouvernement de Paul Kagame de réprimer l’opposition et les médias critiques à l’approche de la consultation.
Le pouvoir en place à Kigali rejette ces accusations et affirme qu’il poursuit le dialogue et accepte les divergences de vues avec l’opposition depuis le génocide de 1994.

[L’Express]

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July 14, 2010   1 Comment

RSF appelle les bailleurs de fonds à suspendre leur soutien au Rwanda

Reporters Sans Frontières (RSF) a appelé mercredi l’Union européenne et les autres bailleurs de fonds à “suspendre leur soutien au régime de Kigali” et à “cesser leur appui financier” au scrutin présidentiel du 9 août.

“Inquiète de l’extrême dégradation du climat pour la presse au Rwanda, Reporters sans Frontières demande à l’Union européenne et aux autres bailleurs de fonds internationaux de suspendre leur soutien au régime de Kigali et de cesser leur appui financier à l’organisation de l’élection du 9 août prochain”, écrit l’organisation basée à Paris dans un communiqué.

“Combien de temps la communauté internationale va-t-elle encore cautionner ce régime liberticide?”, interroge RSF.

“En soutenant l’élection présidentielle du mois prochain, qui se prépare pourtant dans des conditions exécrables, les autorités ne laissant de répit à personne, la communauté internationale se rend complice du régime”, estime l’organisation.

“Si elle arrêtait ses décaissements, l’Union européenne marquerait clairement son opposition aux pratiques des autorités rwandaises”, poursuit le texte.

Le 8 juillet, Agnès Uwimana Nkusi, directrice du bimensuel privé Umurabyo, a été arrêtée par la police et placée en détention provisoire au commissariat de Remera, à Kigali.

Selon la presse rwandaise, deux autres journalistes d’Umurabyo ont été arrêtés mardi.

“Cet incident fait suite à la publication dans son journal de plusieurs articles concernant des sujets sensibles”, écrit RSF.

Dans les deux derniers numéros du bimensuel, la journaliste avait notamment publié des analyses et des questionnements sur le meurtre du rédacteur en chef d’Umuvugizi, Jean-Léonard Rugambage, et la tentative d’assassinat du général Faustin Kayumba Nyamwasa, exilé en Afrique du Sud.

Elle est poursuivie pour incitation à la désobéissance civile, outrage au chef de l’Etat, propagation de fausses rumeurs et négation du génocide des Tutsi.

“Son arrestation survient après l’assassinat de Jean-Léonard Rugambage, le blocage du site Internet du bimensuel Umuvugizi, et la suspension, pour six mois, des deux principaux journaux indépendants du pays, le bimensuel Umuvugizi et l’hebdomadaire Umuseso”, souligne RSF, dénonçant une “véritable série noire”.

Source: Le Monde.

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July 14, 2010   No Comments

SOS Rwanda – Opposition Rwandaise décimée, le pays au bord du gouffre

From Turikumwe Uyd.
Plus on approche la date fatidique des élections au Rwanda du 9 Août 2010, plus le gouvernement du FPR (parti-état) multiplie les arrestations et assassinats des membres de l’opposition sans oublier les journalistes qui veulent porter la lumière sur la dictature du FPR.

Pour mieux museler l’opposition, FPR a empêché l’inscription des partis d’opposition comme le FDU dirigé par Victoire Ingabire et Green Party dirigé par Frank Habineza, et pour couronner tout, le FPR a envoyé ses membres pour démanteler le seul parti d’opposition enregistré à date à savoir PS-Imberakuri de maître Ntaganda.

La tactique est simple, il suffit d’accuser tout adversaire politique de divisionnisme et de révisionnisme ou d’organiser une milice anti gouvernement. Beaucoup d’opposants politiques croupissent en prison depuis belle lurette pour certains comme Théonetse Niyitegeka (il a osé donner sa candidature pour la présidence en 2003), Ntakirutinka (pour avoir voulu fondé un parti d’opposition avec l’ex président Pasteur Bizimungu) sans oublier Déo Mushayidi.

Actuellement les chefs d’opposition à l’intérieur du pays ne sont plus libres de leurs mouvements. En effet, Victoire Ingabire qui représente le FDU ne peut plus se déplacer en dehors de la ville de Kigali et son passeport a été confisqué, Ntaganda le président du PS-Imberakuri est actuellement en prison, le vice président du Green Party est porté disparu ou assassiné, et d’autres membres de l’opposition croupissent aujourd’hui en prison.

Les journalistes aussi ne sont pas épargnés. Le journaliste Rugambage a été abattu à bout portant parce que, selon ses collègues du journal UMUVUGIZI, il menait une enquête sur la fusillade en Afrique du sud du général Kayumba Nyamwasa et il suivait la piste de l’escadron de la mort du FPR envoyé en Afrique du sud pour faire le sale boulot.

La journaliste Agnès Uwimana Nkusi et sa collègue Saidati Mukakibibi du journal Umurabyo ont été arrêté parce qu’elles ont publié l’article sur le retour de Kigeli Ndahindurwa au Rwanda. On ne peut pas passer sous silence l’arrestation de quatre généraux et la fuite du général Kayumba et du colonel Karegeya. On dirait plutôt la chasse à tout opposant potentiel, réel ou supposé et le mettre hors état de nuire avant la mascarade de l’élection du 9 Août.

Avec ce climat, les élections au Rwanda s’annonce plus sombre que jamais dans l’histoire du Rwanda où tous les candidats de l’opposition ont été empêché de porter leurs candidatures à la présidence, d’autres sont jetés en prison ou assassinés. Les journalistes qui osent critiquer le gouvernement du FPR sont tués à bout portant et d’autres journaux d’opposition sont bannis comme le journal UMUVUGIZI et UMUSESO.

Seul le FPR et les membres des partis satellites du FPR à savoir le PSD, PL, PPC ont le droit de participer à ce mascarade d’élection qui aura lieu le 9 Août 2010 où tous les candidats de l’opposition seront exclus.

L’on se demanderait, avec raison, ce que viendraient faire les observateurs neutres de l’ONU ou de l’union européenne ou d’ailleurs car les élections sans candidat d’opposition et sans journalistes capable de critiquer le gouvernement servirait à quoi ? La réponse est simple: Légitimer la dictature du FPR.

Le gouvernement du FPR qui va sortir de cette mascarade d’élection, après avoir écarté toute l’opposition démocratique, sera-t-il vraiment légitime ? Est-ce que la population aura droit à faire de manifestation pour dénoncer cette imposture du FPR ? Rien n’est moins sûr, vu la violence et la brutalité que la police rwandaise a utilisé pour réprimer les manifestants qui ont récemment défié le pouvoir pour réclamer la démocratie.

La question essentielle est de savoir si les manifestants doit demander la permission à son oppresseur pour manifester ? Nul part ailleurs dans le monde, le peuple qui est soumis à une dictature ou une oppression n’ont jamais demandé la permission de manifester pacifiquement: Le cas de noirs américains, les noirs de l’Afrique du sud, les palestiniens, etc, sont parlants.

Plus un gouvernement opprime le peuple et les soumet à une dictature sans nom, plus la révolution devient sanglante. Il suffit de voir les différentes révolutions dans le monde pour s’en convaincre. Le Rwanda ne sera pas une exception à la règle si le gouvernement du FPR persiste à opprimer le peuple Rwandais. Où sont passés les sages Rwandais ?

Ça me rappelle la période de 1993 jusqu’en Avril 94 où tous les intellectuels Rwandais, la communauté internationale ont assisté, impuissants plutôt indifférents, à la descente aux enfers de notre pays. Aujourd’hui, on n’est pas loin de cette période car la situation est explosive et comme en 1994 tout le monde pense que rien ne peut changer pour empêcher notre pays à retomber encore une fois dans le gouffre.
Tito Ka

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July 14, 2010   No Comments

Invitation à une manifestation pour exiger le report des élections présidentielles rwandaises

par SOCIRWA (Société Civile Rwandaise en Belgique)

Suite aux violations excessives et répétées des droits de l’ homme, des assassinats, et des arrestations arbitraires suivies de tortures, ainsi que l’injuste exclusion des opposants politiques des élections présidentielles d’août prochain, la Société Civile Rwandaise en Belgique (SOCIRWA) en Collaboration avec:
– Hotel Rwanda Rusesabagina Foundation (HRRF),
– FDU-INKINGI,
– PDP-IMANZI,
– le Bureau de Pilotage du projet Dialogue Inter-Rwandais Hautement Inclusif (DIRHI),

organise:
UNE GRANDE MANIFESTATION :
REPORT DES ÉLECTIONS PRÉVUES AU RWANDA LE 09/08/2010

QUAND?: Mardi, le 13 Juillet 2010

Où? : Rue de la loi n°175, 1000 Bruxelles (Rond Point SCHUMAN) face au siège de l’Union Européenne

POURQUOI ?
Demander aux autorités de l’Union Européenne :
– D’exiger le report des élections prévues au Rwanda le 09/08/2010 ;
– D’exiger la libération des Prisonniers politiques au Rwanda (Bernard Ntaganda, Déo Mushayidi, Victoire Ingabire, plusieurs membres des partis de l’opposition, etc.)
– De recommander au Rwanda l’amendement, voire l’abrogation des lois liberticides et vagues comme celles relatives à l’idéologie du génocide et le divisionnisme ;
– De soutenir le processus de Dialogue Inter-Rwandais hautement Inclusif pour prévenir de nouveaux conflits en Afrique centrale.

13h00 à 13h30 : Rassemblement au Rond Point SCHUMAN et remise d’un mémorandum au bureau de Mme Catherine ASHTON, Haut Représentant de l’U.E pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

15h00 : Mot de clôture adressé aux manifestants.

Organisateur responsable :
SOCIRWA – Contact : GSM +32487616651 ou +32475672583

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July 10, 2010   No Comments