Tribune d'Information sur le Rwanda

NKB, à l’instar du FPR, prône la ségregation des morts au Rwanda

Voici un article publié le 9 avril par nkb-journal.com dans lequel il défend les mêmes thèses que le régime FPR de Kigali: la ségrégation des victimes de la tragédie rwandaise:

Avril 94 : ce n’est pas la même mort

Le mercredi 7 avril 2010, la Communauté rwandaise du Sénégal a commémoré le 16e anniversaire du génocide des Tutsi du Rwanda par une messe dite par des prêtres sénégalais.
L’un de ceux-ci avaient eu l’occasion de visiter le Rwanda et il s’est souvenu que sur la route qui mène à Ruhengeri dans le nord, on peut voir des tombes d’ouvriers chinois qui ont asphalté la route qui va de Kigali à Cyanika à la frontière ougandaise.
D’après le prêtre voyageur, ces Chinois sont morts pour que la réalisation de cette grande infrastructure soit menée à bien.
Il a conclu l’évocation de ces bâtisseurs anonymes qui reposent sur le flanc d’une de nos mille collines en disant qu’il ne s’agissait pas de la même mort qui était commémoré ce jour-là. S’il disait cela c’est sûrement parce qu’il a voulu souligner l’horreur des massacres du printemps 1994.

Sans le savoir il a répondu à ceux qui au lieu de commémorer telle ou telle victime, ou telles ou telles catégories de victimes, ne commémorent en fait personne en prétendant commémorer toutes les victimes d’un seul et unique génocide dit rwandais qui aurait emporté victimes et bourreaux, militaires et civils, politiques et gens ordinaires pendant une période indéterminée.

Il a aussi quelque part répondu à ceux qui vous affirment que tous les Rwandais ont perdus des proches et qu’il ne faudrait pas privilégier le souvenir de certaines victimes par rapport à d’autres.

Le 6 avril à Bruxelles, comme chaque année quelques personnes – estimés à 70 par un journaliste – se sont rassemblées pour se rendre à la stèle du génocide au Rwanda pour ce qui relève désormais plus de la confrontation que d’une commémoration de feu le président Juvénal Habyarimana.
Que lui et ses compagnons d’infortune soient remémorés le jour anniversaire de leur disparition brutale est une évidence.
La date n’est pas le problème, ce qui en pose un c’est bien évidemment le lieu. Juvénal Habyarimana lui même pourrait peut-être être étonné si il pouvait revenir et voir ceux qui se souviennent de lui veuillent le faire absolument à la stèle du génocide alors que les endroits ne manquent pas.

Si il s’agit de se souvenir des Hutu qui ont perdu la vie à la suite du déclenchement du génocide, des massacres d’opposants au MRND-CDR et consorts et de la reprise de la guerre, la date du 7 avril serait la mieux indiquée non seulement parce qu’elle est plus consensuelle mais aussi parce que très peu de victimes Hutu des miliciens MRND-CDR,etc. et des soldats du FPR ont perdu la vie avant cette date.
Comme le disait notre curé sénégalais en l’église St Dominique de Dakar : ce n’est pas la même mort. Même si toutes les morts sont pénibles, celle des Chinois de Rulindo est moins horrible.

Si les massacres étaient massifs, les commémorations ne devraient pas l’être.
Imaginez que l’on se souvienne non pas de l’esclavage des négro-africains mais de toutes les formes d’esclavage depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours.
Le message serait dilué et il n’y aurait plus de souvenir du tout.

La mort de Juvénal Habyarimana n’est pas la même que celle des enfants, des épouses et des autres proches de ses rivaux en politique.
Elle n’est pas non plus à mettre sur un même pied que celles des Tutsi et des Hutu de zéro à cent ans qui ont payé pour un crime qu’ils n’avaient ni commis ni même souhaité.

Que les membres du FPR aient aussi tué n’est pas une raison suffisante pour justifier que leurs victimes soient amalgamées à celles des autres et qu’on ne souvienne pas d’elles distinctement.

NKB 09/04/2010

Lire la réaction d’un lecteur:
Nouvelles de Kigali à Bruxelles (NKB): un site intelligent de propagande pro-FPR

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