Tribune d'Information sur le Rwanda

Initiative du R´┐Żve Rwandais – Rwandan Dream Initiative – Umugambi Rwanda Rwiza

RWANDAN DREAM INITIATIVE

INITIATIVE DU R´┐ŻVE RWANDAIS

UMUGAMBI RWANDA RWIZA

Par Faustin Twagiramungu,

ancien Premier Ministre du Rwanda.

Bruxelles, novembre 2010.

SOMMAIRE

1. Introduction

2. Un d´┐Żfi de taille

3. Le r´┐Żve

4. La libert´┐Ż

5. La v´┐Żrit´┐Ż

6. L´┐Żhistoire r´┐Żelle, base de la v´┐Żrit´┐Ż

7. Sans libert´┐Ż, pas de v´┐Żrit´┐Ż

8. La libert´┐Ż et le d´┐Żveloppement

9. La libert´┐Ż et la d´┐Żmocratie

10. Hommage et m´┐Żmoire

11. Eradication de la guerre fratricide

12. L´┐ŻEtat de droit et le combat contre l´┐Żimpunit´┐Ż

13. La question des r´┐Żfugi´┐Żs rwandais

14. Conclusion

Annexe :

PROJET DE D´┐Żclaration constitutive de l’organisation “RWANDAN DREAM INITIATIVE”

Introduction

Le pr´┐Żsent document fait suite aux multiples sollicitations dont nous avons ´┐Żt´┐Ż l´┐Żobjet de la part de nos compatriotes rwandais apr´┐Żs la diffusion de l´┐Żappel que nous avons lanc´┐Ż en date du 10 ao´┐Żt 2010. En effet, il ressort des messages re´┐Żus que de nombreuses personnes ont accueilli positivement cette invitation ´┐Ż soutenir le nouveau courant politique qu´┐Żest ´┐Żl´┐ŻInitiative du R´┐Żve Rwandais´┐Ż et qu´┐Żelles souhaitent en savoir plus sur le contenu de ce principe r´┐Żvolutionnaire, notamment en ce qui concerne les objectifs vis´┐Żs. Certains ont m´┐Żme fait preuve de leur ardent d´┐Żsir de conna´┐Żtre au plus vite les modalit´┐Żs d´┐Żadh´┐Żsion ´┐Ż cette initiative qu´┐Żils qualifient de salutaire en ces temps de crise o´┐Ż le Rwanda a cruellement besoin d´┐Żun leadership comp´┐Żtent et exp´┐Żriment´┐Ż, apte ´┐Ż imprimer un nouveau souffle au processus de changement politique tant attendu, et ´┐Ż mettre un terme d´┐Żfinitif au r´┐Żgime dictatorial du pr´┐Żsident Kagame et du Front Patriotique Rwandais (FPR). D´┐Żautres nous ont fait part d´┐Żavis et de consid´┐Żrations hautement constructifs, avec le v´┐Żu qu´┐Żune structure organisationnelle soit rapidement mise en place, en vue de canaliser efficacement toutes les id´┐Żes et les actions de nature ´┐Ż faire avancer la lutte politique contre le r´┐Żgime sanguinaire qui s´┐Żvit au Rwanda depuis juillet 1994.

Il a donc fallu r´┐Żpondre aux attentes des uns et des autres, en pr´┐Żcisant, dans ces quelques pages, notre vision du ´┐ŻR´┐Żve Rwandais´┐Ż dont les valeurs de libert´┐Ż, de v´┐Żrit´┐Ż et de justice constituent les principaux axes. Ce r´┐Żve est celui d´┐Żun peuple uni, d´┐Żcid´┐Ż ´┐Ż vivre harmonieusement dans son beau et petit pays. Sa r´┐Żalisation procurera des bienfaits inestimables au peuple rwandais, qui sera alors fi´┐Żre de retrouver sa dignit´┐Ż et surtout de jouir ´┐Ż nouveau des droits fondamentaux dont il est priv´┐Ż depuis plus de 15 ans par un r´┐Żgime liberticide et criminel.

Par ailleurs, le document est assorti d´┐Żune d´┐Żclaration ´┐Ż laquelle voudront adh´┐Żrer tous ceux qui partagent cette vision d´┐Żun Rwanda nouveau et qui sont d´┐Żcid´┐Żs ´┐Ż ´┐Żuvrer ´┐Ż sa concr´┐Żtisation, dans le cadre d´┐Żune organisation politique d´┐Żnomm´┐Że Initiative du R´┐Żve Rwandais(en abr´┐Żg´┐Ż RDI, de l´┐Żanglais Rwandan Dream Initiative; Umugambi Rwanda Rwiza en kinyarwanda).

2. Un d´┐Żfi de taille

Il n´┐Żest pas facile qu´┐Żapr´┐Żs tant de moments sombres de notre histoire jalonn´┐Że de tant de crises et de violences ayant contribu´┐Ż au chaos et surtout ´┐Ż la perte de vies humaines par millions, nous puissions r´┐Żaliser ce r´┐Żve d´┐Żun Rwanda uni et r´┐Żconcili´┐Ż. Cependant, nous sommes d´┐Żtermin´┐Żs ´┐Ż le faire et nous devons ´┐Ż tout prix r´┐Żussir ce pari. Aussi, atteindre ce but de vivre en parfaite harmonie suppose-t-il qu´┐Żil faille ´┐Żliminer pr´┐Żalablement les obstacles devenus tradition dans la politique rwandaise.

L´┐Żun des d´┐Żfis majeurs n´┐Żest autre que le conflit dit ´┐Żethnique´┐Ż, ´┐Ż savoir le conflit pr´┐Żsent´┐Ż erron´┐Żment dans les m´┐Żdias, par les chercheurs et par les organisations internationales comme un confit plut´┐Żt ´┐Żtribal´┐Ż, car il se passe malheureusement entre ceux qu´┐Żil est convenu d´┐Żappeler les Bahutu et les Batutsi.

Il est vrai que ce conflit entre les deux principales composantes de la soci´┐Żt´┐Ż rwandaise est une r´┐Żalit´┐Ż historique et sociologique de notre peuple, mais il est loin d´┐Ż´┐Żtre tribal. Aussi, devrions-nous reconna´┐Żtre honn´┐Żtement qu´┐Żen un certain moment de notre histoire r´┐Żcente, il a cess´┐Ż d´┐Ż´┐Żtre un conflit entre les Bahutu et les Batutsi pour devenir un instrument de conqu´┐Żte du pouvoir rwandais tout court !

La question fondamentale qui se pose est de savoir si nous avons la force, mais aussi la volont´┐Ż et les moyens de r´┐Żsoudre ce conflit. La r´┐Żponse est tout simplement affirmative. Il nous faut ce courage de nous regarder les yeux dans les yeux, d´┐Żoser nous dire la v´┐Żrit´┐Ż et d´┐Żaffirmer avec conviction en guise de conclusion que nous sommes un m´┐Żme peuple, un peuple uni par notre langue et nos coutumes. Nous mettrons un terme d´┐Żfinitif au conflit hutu-tutsi, non seulement en nous disant la v´┐Żrit´┐Ż, mais aussi en confirmant avec fiert´┐Ż notre identit´┐Ż.

Pour mettre en place un Rwanda de notre r´┐Żve, Rwanda rwiza, et le l´┐Żguer aux g´┐Żn´┐Żrations futures, nous avons le devoir de convenir dans un proche avenir des m´┐Żcanismes appropri´┐Żs pour consigner dans une nouvelle constitution la ferme volont´┐Ż des Rwandais de vivre ensemble dans un pays o´┐Ż ses composantes r´┐Żsolvent pacifiquement les conflits pouvant surgir entre elles.

Nous ne pouvons pr´┐Żtendre ´┐Żtablir un syst´┐Żme d´┐Żmocratique fiable dans notre pays, sans avoir pr´┐Żalablement mis en place un espace de libert´┐Ż pour tous, et sans avoir affirm´┐Ż solennellement que notre avenir ne sera garanti que par une coexistence pacifique entre les Rwandais.

Il est important de faire remarquer que si le conflit hutu-tutsi n´┐Ż´┐Żtait pas r´┐Żsolu, les violences r´┐Żcurrentes seraient toujours mena´┐Żantes et les mouvements de r´┐Żfugi´┐Żs rwandais in´┐Żvitables, avec leur cort´┐Żge de malheurs dans les pays d´┐Żaccueil, surtout africains. Il est tout aussi imp´┐Żratif de r´┐Żsoudre d´┐Żfinitivement la question des r´┐Żfugi´┐Żs rwandais, non seulement en cr´┐Żant un espace de libert´┐Ż dans notre pays, mais aussi en faisant de la v´┐Żrit´┐Ż une valeur citoyenne pour construire le Rwanda sur des bases solides. En particulier, un v´┐Żritable ´┐Żtat de droit doit ´┐Żtre instaur´┐Ż en vue de combattre l´┐Żimpunit´┐Ż, de faire r´┐Żgner la d´┐Żmocratie et la justice pour tous, et de garantir ´┐Ż chaque fille et ´┐Ż chaque fils du Rwanda le bien-´┐Żtre quotidien et des lendemains meilleurs.

Tel est le ´┐ŻRwandan dream´┐Ż.

3. Le r´┐Żve

Le r´┐Żve est insaisissable. Souvent, il nous ´┐Żchappe et dispara´┐Żt avec notre sommeil, sans pouvoir le d´┐Żcrypter convenablement dans tous ses aspects, nous laissant pourtant le d´┐Żsir de le r´┐Żaliser ou de l´┐Ż´┐Żviter par tous les moyens, selon qu´┐Żil est beau ou cauchemardesque.

Le r´┐Żve de tout Rwandais n´┐Żest pas celui qui envahit son esprit dans son sommeil. Il est permanent et correspond grosso modo ´┐Ż la pr´┐Żoccupation quotidienne, traduite par ce que nous appelions nagu´┐Żre: ´┐ŻEjo nzamera nte?´┐Ż (Incertitude du lendemain). Ce r´┐Żve nous assaillit tous avec force dans tout notre ´┐Żtre, et chaque jour davantage dans la recherche du bonheur de vivre tranquillement et librement dans le pays de nos anc´┐Żtres.

Le R´┐Żve rwandais, c´┐Żest tout ce sursaut d´┐Żenvie de vivre en parfaite harmonie avec nos familles, nos voisins, et d´┐Żavoir des dirigeants dont le premier devoir est de veiller ´┐Ż notre s´┐Żcurit´┐Ż et non celui de nous massacrer. Les Banyarwanda (Abenegihugu), r´┐Żvent tous de vivre ensemble, d´┐Żbarrass´┐Żs de la peur d´┐Ż´┐Żtre des victimes de luttes politiques entretenues par des leaders au sommet de l´┐ŻEtat pour le contr´┐Żle du pouvoir. Ces luttes attribu´┐Żes faussement au conflit ethnique entre les Bahutu et les Batutsi, incitent les autorit´┐Żs ´┐Ż instrumentaliser les citoyens innocents dans des combats atroces qu´┐Żils payent ch´┐Żrement de leur vie. Le conflit devrait conna´┐Żtre une fin heureuse et d´┐Żfinitive si le R´┐Żve rwandais devenait r´┐Żalit´┐Ż.

Le Rwandais veut travailler en toute libert´┐Ż pour subvenir ´┐Ż ses besoins et ceux de sa famille, dont l´┐Ż´┐Żducation convenable de ses enfants. Il d´┐Żsire ardemment vivre dans un pays qui se d´┐Żveloppe en mettant l´┐Żaccent sur les moyens susceptibles de lui assurer, ainsi qu´┐Żaux siens, non seulement la bonne sant´┐Ż, mais aussi le travail, sinon la terre pour assurer sa subsistance. Il veut ´┐Żtre s´┐Żr de sa libert´┐Ż d´┐Ż´┐Żtudier, s´┐Ż´┐Żpanouir dans son pays et ´┐Żtre soutenu, si possible, pour r´┐Żussir. Il r´┐Żve d´┐Żentreprendre en cr´┐Żant les moyens de production de sa propre richesse, en ´┐Żtant soutenu ou pas, et ´┐Ż d´┐Żfaut travailler avec sa force physique ou sa capacit´┐Ż intellectuelle en vue d´┐Żune autonomie financi´┐Żre. Il a envie de vivre librement dans son pays, d´┐Żen sortir ou d´┐Ży revenir sans crainte d´┐Ży ´┐Żtre humili´┐Ż, d´┐Ży disposer si possible d´┐Żun lopin de terre de ce qui fut la propri´┐Żt´┐Ż terrienne et traditionnelle de ses anc´┐Żtres, et de jouir pleinement de ses biens sans crainte d´┐Żen ´┐Żtre d´┐Żposs´┐Żd´┐Ż par les tenants du pouvoir.

Tous comptes faits, le r´┐Żve basique du Rwandais est celui de tout homme normal, ´┐Ż savoir: vivre en paix et libre partout, tout le temps.

4. La libert´┐Ż

Vivre libre dans notre pays, ce doit ´┐Żtre notre devise, car, que nous soyons pauvres ou riches sur cette terre, et au Rwanda en particulier, la libert´┐Ż est le plus grand bonheur que nous devrions partager d´┐Żs notre naissance jusqu’´┐Ż l´┐Ż´┐Żge o´┐Ż nous prenons conscience qu´┐Żil faut la d´┐Żfendre. Malheureusement, nous, les Rwandais, ne l´┐Żavons pas pour le moment. Nous devons nous battre pour obtenir la libert´┐Ż et la d´┐Żfendre. Car si nous ne la d´┐Żfendons pas, elle nous sera arrach´┐Że par des pr´┐Żdateurs violents et avides de pouvoir personnel, susceptibles de soumettre le peuple ´┐Ż l´┐Żesclavage sans le moindre scrupule et ce, ´┐Ż des fins d´┐Żint´┐Żr´┐Żts ´┐Żgo´┐Żstes.

La libert´┐Ż constitue donc la base fondamentale pour g´┐Żrer notre vie, nous ´┐Żpanouir et construire notre nation. Elle nous permet de croire ´┐Ż notre ´┐Żgalit´┐Ż devant la loi; car, ´┐Ż notre avis, c´┐Żest elle qui donne un sens r´┐Żel ´┐Ż notre existence, ´┐Ż notre esp´┐Żrance. Vivre libre pour faire du bien ´┐Ż soi-m´┐Żme et aux autres, c´┐Żest cela le bonheur de chacun de nous.

Tous les observateurs avis´┐Żs savent que le peuple rwandais n´┐Żest pas libre. Il est r´┐Żsign´┐Ż, et chaque citoyen m´┐Żriterait de porter le nom de Nsekambabaye [je ris dans la souffrance]. Il est temps de briser la cha´┐Żne de la soumission forc´┐Że et de mettre fin ´┐Ż l´┐Żavidit´┐Ż du culte de personnalit´┐Ż de quiconque se croirait ´┐Żtre l´┐Żhomme fort du Rwanda. Ensemble, nous devons combattre avec force et d´┐Żtermination la dictature rwandaise sous toutes ses formes ainsi que toutes tendances ´┐Ż vouloir imposer un r´┐Żgime familial ou dynastique.

Il est temps que les Rwandais comprennent que c´┐Żest un mensonge de parler d´┐Żun syst´┐Żme politique d´┐Żmocratique et de faire croire qu´┐Żil peut ´┐Żtre ´┐Żtabli dans un pays comme le n´┐Żtre o´┐Ż la libert´┐Ż n´┐Żest pas garantie et o´┐Ż le parti unique s´┐Żimpose par force.

Il est temps de changer le syst´┐Żme dictatorial violent et arrogant, soutenu par les ap´┐Żtres d´┐Żun n´┐Żocolonialisme d´┐Żguis´┐Ż, intronis´┐Żs dans notre pays sous le pseudonyme de conseillers de la bonne gouvernance. Les ´┐Żtrangers qui soutiennent le dictateur rwandais, tout puissant qu´┐Żils sont, ne m´┐Żritent aucune consid´┐Żration de la part des citoyens rwandais, car ils sont ´┐Ż l´┐Żorigine de leurs malheurs, tant´┐Żt par leur silence de complicit´┐Ż pour la prise du pouvoir par la violence et tant´┐Żt par le mensonge et l´┐Żhypocrisie pour couvrir le criminel au pouvoir dans le seul but de prot´┐Żger leurs int´┐Żr´┐Żts.

5. La v´┐Żrit´┐Ż

Pour r´┐Żaliser notre r´┐Żve, la libert´┐Ż seule ne suffira pas. Il faudra son corollaire: la v´┐Żrit´┐Ż.

Il est temps d´┐Żarr´┐Żter de nous mentir et de nous dire la v´┐Żrit´┐Ż sur nos identit´┐Żs que nous devons garder avec fiert´┐Ż tout en nous d´┐Żbarrassant des comportements racistes emprunt´┐Żs ´┐Ż l´┐Żapartheid d´┐Żun autre ´┐Żge. Nous avons le devoir de nous regarder face ´┐Ż face et de dire la v´┐Żrit´┐Ż sur ce qui nous unit ou ce qui nous s´┐Żpare par rapport ´┐Ż notre ´┐Żtat identitaire. Les Rwandais doivent se comporter en citoyens responsables de leur pays et solidaires de leurs voisins d´┐ŻAfrique et des autres continents. En africains responsables, et non en tribalistes africains obligatoirement, le fait d´┐Ż´┐Żtre noirs africains constitue un d´┐Żnominateur commun qui nous soumet aux m´┐Żmes d´┐Żfis que nous sommes appel´┐Żs ´┐Ż relever en vue de partager notre sort commun. Cela requiert une solidarit´┐Ż sans faille. Il est donc plus que temps d´┐Żassumer notre identit´┐Ż nationale et notre histoire.

Sans se dire la v´┐Żrit´┐Ż entre nous, il n´┐Ży aura pas de confiance mutuelle et il sera difficile, voire impossible, de r´┐Żaliser notre r´┐Żve. Faute de ´┐Żconfidence-building´┐Ż, le r´┐Żve rwandais serait s´┐Żrieusement compromis, et par cons´┐Żquent l´┐Żentente harmonieuse entre Rwandais ne serait qu´┐Żun v´┐Żu pieux.

Les Rwandais doivent avoir le courage d´┐Żassumer leurs erreurs du pass´┐Ż, mais aussi en assumer les responsabilit´┐Żs, de regretter avec franchise les crimes d´┐ŻEtat commis sur les citoyens, afin de signer, consolider et respecter pour toujours leur pacte d´┐Żunit´┐Ż nationale, caract´┐Żris´┐Ż par leur langue, leur histoire commune et leurs coutumes.

Dans notre pays qui a connu tant de violences, o´┐Ż la soumission et l´┐Żob´┐Żissance ´┐Ż l´┐Żautorit´┐Ż forte se sont impos´┐Żes comme une culture rwandaise impr´┐Żgn´┐Że de violence, de mensonge et de malveillance, et o´┐Ż les mythes sont pris pour des r´┐Żalit´┐Żs, il est temps de se lib´┐Żrer d´┐Żune telle mentalit´┐Ż qui nous pousse souvent ´┐Ż courber l´┐Ż´┐Żchine, ´┐Ż ob´┐Żir aveugl´┐Żment ´┐Ż ceux qui nous font peur et qui nous poussent ´┐Ż l´┐Żextermination de nos prochains.

Il est temps de r´┐Żver certes, mais il est plus que temps de r´┐Żaliser notre r´┐Żve.

La solution r´┐Żside dans la r´┐Żsistance contre la violation de nos droits et dans la d´┐Żfense de la libert´┐Ż de dire la v´┐Żrit´┐Ż. La v´┐Żrit´┐Ż est n´┐Żcessaire dans notre vie personnelle et dans notre vie publique. Elle est non seulement le fondement de la bonne gouvernance, mais aussi de la coexistence pacifique.

La libert´┐Ż et la v´┐Żrit´┐Ż sont toutes les deux des valeurs g´┐Żn´┐Żratrices de la d´┐Żmocratie, et non l´┐Żinverse. LIBERTE et VERITE sont la mati´┐Żre premi´┐Żre de la d´┐Żmocratie. Les institutions que nous mettrons en place jailliront de la v´┐Żrit´┐Ż, de la libre expression et de la participation directe des citoyens et seront en cons´┐Żquence le socle de la d´┐Żmocratie, que nous construirons et renforcerons par la justice.

C´┐Żest en ´┐Żtant libres que les citoyens rwandais ´┐Żliront leurs dirigeants. Le choix libre des leaders incitera ces derniers ´┐Ż ´┐Żtre respectueux de leurs ´┐Żlecteurs pour pouvoir m´┐Żriter leur confiance et ´┐Ż agir en tant que leurs humbles serviteurs et repr´┐Żsentants. Des dirigeants ´┐Żlus librement auront l´┐Żobligation de rendre compte aux ´┐Żlecteurs et de mettre en place des m´┐Żcanismes aptes ´┐Ż contribuer ´┐Ż l´┐Żam´┐Żlioration des conditions de vie de leurs d´┐Żl´┐Żgants.

Nous devrons aussi dire la v´┐Żrit´┐Ż et rien que la v´┐Żrit´┐Ż sur notre histoire.

Notre pays a connu des rois claniques puissants, avant que ceux-ci ne s´┐Żeffondrent sous la puissance d´┐Żun seul clan qui a ´┐Żtabli un pouvoir central entour´┐Ż de mythes faisant office d´┐Żune assurance vie pour la p´┐Żrennit´┐Ż de la dynastie des Banyiginya dont les ambitions ne furent jamais d´┐Żunir les Rwandais ni de d´┐Żfendre les int´┐Żr´┐Żts de leurs sujets, mais de dominer tous les autres clans de la r´┐Żgion des Grands Lacs.

Ainsi, un probl´┐Żme de pouvoir et d´┐Żautorit´┐Ż d´┐Żune dynastie est devenu, peu ´┐Ż peu, un conflit de ´┐Żrace´┐Ż selon les anthropologues occidentaux, alors qu´┐Żen r´┐Żalit´┐Ż l´┐Żenjeu ´┐Żtait la violation des droits du menu peuple et l´┐Żaccaparement du pouvoir et des richesses du pays par la classe dominante.

En effet, les violences successives entre les Batutsi et les Batutsi d´┐Żune part (coup d´┐ŻEtat de Rucunshu en 1894 et assassinat du Roi Rutalindwa Mibambwe IV et ses lieutenants), et les violences entre les Bahutu et les Bahutu d´┐Żautre part (coup d´┐ŻEtat de 1973 et assassinat du pr´┐Żsident Kayibanda et ses collaborateurs), prouvent ´┐Żloquemment la complexit´┐Ż de l´┐Żhistoire du Rwanda, qui est l´┐Żune des plus controvers´┐Żes du continent africain quant ´┐Ż la gestion du pouvoir. Il va sans dire que cela donne du Rwanda l´┐Żimage d´┐Żun pays dont l´┐Żhistoire se distingue par des moments les plus tragiques du continent. Il est donc de notre devoir de tout mettre en ´┐Żuvre pour redresser la situation et garantir ´┐Ż nos compatriotes un pays digne de consid´┐Żration, non seulement sur le continent africain, mais aussi dans le concert de toutes les nations.

6. L´┐Żhistoire r´┐Żelle, base de la v´┐Żrit´┐Ż

Il est important mais aussi tr´┐Żs utile de conna´┐Żtre et de maitriser l´┐Żhistoire de notre pays. Et il est temps que l´┐Żhistoire du Rwanda soit racont´┐Że, ´┐Żcrite et interpr´┐Żt´┐Że par les Rwandais eux-m´┐Żmes. Une histoire ´┐Żcrite et interpr´┐Żt´┐Że par les ´┐Żtrangers ne contient pas toute la v´┐Żrit´┐Ż sur notre pays, capable de nous aider ´┐Ż r´┐Żaliser notre r´┐Żve. Et cette v´┐Żrit´┐Ż ne jaillira de notre histoire des mythes plut´┐Żt confuse que lorsque nous serons courageux de l´┐Ż´┐Żcrire nous-m´┐Żmes, sans en faire uniquement une historie des chefs claniques, des monarques et autres dirigeants ou des r´┐Żgimes r´┐Żpublicains qui se sont succ´┐Żd´┐Żs, mais en creusant au plus profond de notre pass´┐Ż.

La v´┐Żrit´┐Ż sur notre histoire authentique et sur notre identit´┐Ż sociale, ou nationale, ainsi que sur le comportement de nos dirigeants monarques et nos pr´┐Żsidents de la r´┐Żpublique, depuis le 19e si´┐Żcle jusqu´┐Żaujourd´┐Żhui, nous donneront quelques indications sur les causes et les d´┐Żbuts du conflit. Il n´┐Ży a rien qui puisse nous inspirer une forte confiance en nous-m´┐Żmes que la connaissance de notre pass´┐Ż que nous devons assumer courageusement.

C´┐Żest en acceptant notre historie, avec fiert´┐Ż ou regret, que nous serons en mesure de tracer la plus belle avenue qui nous conduira au bonheur, ´┐Ż la paix, ´┐Ż la justice ´┐Żquitable, ´┐Ż la fraternit´┐Ż et ´┐Ż la solidarit´┐Ż.

Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Nier notre histoire, bonne ou mauvaise, serait un crime de falsification des faits et des ´┐Żv´┐Żnements devant servir de r´┐Żf´┐Żrence aux g´┐Żn´┐Żrations futures, g´┐Żn´┐Żrations d´┐Żtermin´┐Żes ´┐Ż suivre, ou non, les traces de leurs a´┐Żn´┐Żs, au mieux de leurs anc´┐Żtres, et de faire leur propre histoire par rapport aux transformations sociales qui se seront succ´┐Żd´┐Ż au fil du temps de leur vivant. A cet effet, retenons cette parole pleine de bon sens: ´┐Żun peuple qui oublie son pass´┐Ż se condamne ´┐Ż le revivre´┐Ż. (Winston Churchill).

Ceux qui lisent notre histoire sauront au moins que le combat pour le pouvoir ne commence pas avec la r´┐Żvolution de 1959 et l´┐Żabolition de la monarchie suivie de la proclamation de la r´┐Żpublique en 1961. Ce combat a bien commenc´┐Ż avec le coup d´┐ŻEtat sanglant de Rucunshu ´┐Ż l´┐Ż´┐Żt´┐Ż de 1894 lorsque le roi du Rwanda, Rutalindwa Mibambwe IV, du clan des Banyiginya sera vaincu et brul´┐Ż vif dans sa hutte. Mort dans des conditions sanglantes et douloureuses, il sera remplac´┐Ż par son demi-fr´┐Żre, Musinga Yuhi IV, intronis´┐Ż par son oncle maternel, le redoutable Kabare du clan des Bega qui avait commandit´┐Ż la mort de son pr´┐Żd´┐Żcesseur.

Le conflit de pouvoir au Rwanda fait appara´┐Żtre un chapelet de changements dont les plus importants sont la proclamation de la r´┐Żpublique en 1961, mais aussi le coup d´┐ŻEtat du 5 juillet 1973 par le G´┐Żn´┐Żral Habyarimana, suivi du lent assassinat du pr´┐Żsident Kayibanda, jusqu’´┐Ż l´┐Żassassinat du pr´┐Żsident Habyarimana par le FPR, le 6 avril 1994, suivi lui-m´┐Żme par le g´┐Żnocide des Tutsi commis par les extr´┐Żmistes hutu et les crimes de g´┐Żnocide contre les Hutus aussi bien ´┐Ż l´┐Żint´┐Żrieur du Rwanda qu´┐Żen RDC par les soldats du FPR sur l´┐Żordre de l´┐Żactuel pr´┐Żsident du Rwanda, tutsi, le G´┐Żn´┐Żral Paul Kagame.

La pratique de la violence physique et verbale qui a marqu´┐Ż le Rwanda ancien et qui est abondamment refl´┐Żt´┐Że par les ibyivugo ou la louange des atrocit´┐Żs inflig´┐Żes ´┐Ż l´┐Żadversaire, n´┐Ża jamais disparu de l´┐Żinconscient collectif. Elle a ´┐Żt´┐Ż relay´┐Że par l´┐Żhistoire r´┐Żcente de notre pays, manifestement entach´┐Że du recours aux violences sanglantes pour la prise du pouvoir ou pour sa conservation. Il faut que cela cesse ´┐Ż jamais.

7. Sans libert´┐Ż, pas de v´┐Żrit´┐Ż

Le peuple rwandais doit ´┐Żtre libre et cesser de vivre sous la d´┐Żpendance d´┐Żun leadership qui le brime, le maltraite, l´┐Żinjurie et le maintient sous la menace permanente de le ´┐Żmoudre´┐Ż. Il doit se lib´┐Żrer de ce leadership criminel qui en extermine une partie par ´┐Żles machettes en les coupant en morceaux, en les fracassant les cotes et les cranes par les marteaux et les houes us´┐Żes ou en les massacrant par balles´┐Ż dans leurs habitations ou dans leurs camps de fortune comme cela s´┐Żest pass´┐Ż ´┐Ż Kibeho en avril 1995 et en R´┐Żpublique d´┐Żmocratique du Congo en 1996-1997.

Aujourd´┐Żhui, les Rwandais sont fatigu´┐Żs de vivre dans l´┐Żincertitude du lendemain et dans la crainte des souffrances atroces r´┐Żcurrentes, qui les attendent ´┐Ż un moment inconnu. D´┐Żautres vivent des humiliations quotidiennes. Quand ils ne sont pas trait´┐Żs de g´┐Żnocidaires, ils sont ´┐Żtiquet´┐Żs de vecteurs ou de porteurs de l´┐Żid´┐Żologie assassine, qualifi´┐Że officiellement d´┐Ż´┐Żid´┐Żologie g´┐Żnocidaire´┐Ż.

Les Rwandais refusent ´┐Żgalement d´┐Ż´┐Żtre instrumentalis´┐Żs en servant de caution politique ´┐Ż un r´┐Żgime qui se sert de souvenirs tragiques pour b´┐Żn´┐Żficier d´┐Żun cr´┐Żdit international de sympathie, avec un rituel traumatisant, qui risque de devenir une religion nationale impos´┐Że par le pouvoir en place. Nous rendrons toujours hommage aux victimes du g´┐Żnocide et aux autres victimes du conflit rwandais. Par contre, il nous semble inappropri´┐Ż d´┐Żen imposer des c´┐Żr´┐Żmonies p´┐Żriodiques ´┐Ż caract´┐Żre politique qui ne font que raviver le conflit d´┐Żhier et alimenter la fureur et la haine. Il appartient ´┐Ż tous ceux qui ressentent la peine du g´┐Żnocide de 1994 et d´┐Żautres crimes de d´┐Żterminer en toute libert´┐Ż la fa´┐Żon, moins traumatisante, d´┐Żhonorer la m´┐Żmoire des leurs.

Jamais personne, dirigeant ou pas, n´┐Żaura le droit d´┐Żenterrer l´┐Żhistoire de notre pays. Bonne ou mauvaise, c´┐Żest notre histoire. Qu´┐Żelle plaise ou pas, nous devons l´┐Żassumer, ainsi que toutes nos responsabilit´┐Żs dans les drames ayant marqu´┐Ż notre peuple au cours de ces derni´┐Żres ann´┐Żes.

Nous devons nous lib´┐Żrer des rites, des mythes et des id´┐Żologies autour d´┐Żun ´┐Żhomme fort´┐Ż, le seul responsable et ma´┐Żtre de tout, propri´┐Żtaire du patrimoine national, planificateur de l´┐Żavenir de tout un chacun dans notre pays. Le d´┐Żveloppement ´┐Żconomique de tout un pays, si d´┐Żveloppement il y a, la transformation sociale et la lutte contre la pauvret´┐Ż, ne peuvent en aucune circonstance ´┐Żtre une entreprise d´┐Żun seul homme qui se permet sous ce pr´┐Żtexte de priver le peuple de ses libert´┐Żs fondamentales. Un leader n´┐Żest pas un homme seul. Il ne doit pas non plus ´┐Żtre un ´┐Żhomme fort du pays´┐Ż devant tout accomplir. Dans notre entendement, un leader c´┐Żest un capitaine d´┐Żune ´┐Żquipe. C´┐Żest aussi un homme de consensus. Le leadership n´┐Żest pas une tyrannie, ni une autocratie dont la p´┐Żrennit´┐Ż risquerait de provoquer la col´┐Żre du peuple.

Le Rwandais doit ´┐Żtre libre de toute contrainte des pr´┐Żdateurs politiciens et de tous ceux qui ont du sang sur les mains. Ces derniers devront ´┐Żtre traduits devant les tribunaux comp´┐Żtents en vue de jugements bas´┐Żs sur la v´┐Żrit´┐Ż et l´┐Żimpartialit´┐Ż.

8. La libert´┐Ż et le d´┐Żveloppement

Il ne peut y avoir de d´┐Żveloppement harmonieux sans libert´┐Ż. Les exemples sont nombreux, surtout en Afrique. D´┐Żautres exp´┐Żriences instructives peuvent aussi ´┐Żtre trouv´┐Żes dans l´┐Żhistoire des pays communistes qui, apr´┐Żs 75 ans, ont r´┐Żalis´┐Ż que la libert´┐Ż est fondamentale pour le d´┐Żveloppement ´┐Żconomique. En effet, les pays qui restent communistes comme la Cor´┐Że du Nord et Cuba ne peuvent pas nous servir de bon exemple, pas plus que le r´┐Żgime fort de Birmanie ne saurait ´┐Żtre une r´┐Żf´┐Żrence pour le Rwanda. Quant ´┐Ż la Chine, ce pays reste communiste politiquement mais il a fait un choix capitaliste ´┐Żconomiquement, et sa croissance ´┐Żconomique est exemplaire de nos jours. Mais la Chine dispose d´┐Żun atout de taille dont le Rwanda ne pourrait se pr´┐Żvaloir, ´┐Ż savoir: la libert´┐Ż accord´┐Że aux op´┐Żrateurs ´┐Żconomiques chinois d´┐Żinvestir dans les domaines de leur choix. En outre, en Chine le parti communiste n´┐Żaccapare pas tout le patrimoine national comme le FPR au Rwanda, et le pr´┐Żsident chinois n´┐Żest ni criminel ni pr´┐Żdateur d´┐Żaucune richesse de pays voisins du sien.

Au Rwanda, il n´┐Ży a pas d´┐Żalternance politique et le r´┐Żgime est autocratique, ayant ´┐Ż sa t´┐Żte un dirigeant avide de s´┐Żenrichir sans limite et qui ne cherche ´┐Ż se faire remplacer que par quelqu´┐Żun de son propre choix. Il voudrait pour sa succession, non pas un dirigeant du pays, mais un h´┐Żritier de son immense fortune mal acquise.

Le d´┐Żveloppement ´┐Żconomique auquel le dictateur rwandais fait r´┐Żf´┐Żrence de mani´┐Żre abusive, chaque fois qu´┐Żil est interpell´┐Ż pour ses crimes, n´┐Żest pas une panac´┐Że. Il s´┐Żagit plut´┐Żt d´┐Żun leurre destin´┐Ż ´┐Ż tromper les bailleurs de fonds ´┐Żtrangers.

Depuis la prise du pouvoir par le FPR en 1994, la ville de Kigali fait l´┐Żobjet d´┐Żun embellissement remarquable certes, mais au d´┐Żtriment d´┐Żun d´┐Żveloppement ´┐Żconomique et social absent des milieux ruraux qui sont pratiquement abandonn´┐Żs ´┐Ż eux-m´┐Żmes. En effet, aujourd´┐Żhui, sous le r´┐Żgime du pr´┐Żsident Kagame, rien n´┐Żest comparable ni avec les initiatives ni avec le bonheur et la joie qui pr´┐Żvalaient dans les milieux ruraux sous le r´┐Żgime du pr´┐Żsident Habyarimana assassin´┐Ż en avril 1994. Jamais sous les r´┐Żgimes r´┐Żpublicains qui se sont succ´┐Żd´┐Ż, la paup´┐Żrisation du peuple rwandais ne s´┐Ż´┐Żtait autant g´┐Żn´┐Żralis´┐Że et acc´┐Żl´┐Żr´┐Że dans l´┐Żindiff´┐Żrence des autorit´┐Żs qui, elles, s´┐Żenrichissent de plus en plus. Actuellement, il n´┐Ży a pas de redistribution ´┐Żquitable des richesses. Cela se traduit par des disparit´┐Żs sans cesse croissantes entre une minorit´┐Ż riche et la population qui s´┐Żappauvrit de plus en plus. Ces nouveaux riches confondent le d´┐Żveloppement ´┐Żconomique d´┐Żun pays avec l´┐Żenvol de la modernisation du secteur urbain de la ville de Kigali o´┐Ż les b´┐Żtiments et les maisons r´┐Żsidentielles sont ´┐Ż la dimension du blanchiment de l´┐Żargent tir´┐Ż des richesses vol´┐Żes en RDC pendant la guerre de 1996 ´┐Ż 1998.

Malgr´┐Ż ses quartiers hupp´┐Żs, Kigali est loin de devenir le Singapour africain, et le Rwanda ne sera pas pour bient´┐Żt la Cor´┐Że du Sud ni l´┐Żun des Emirats arabes unis.

Les consid´┐Żrations pr´┐Żc´┐Żdentes mettent en ´┐Żvidence l´┐Żimp´┐Żrieuse n´┐Żcessit´┐Ż de mettre un terme au mod´┐Żle ´┐Żconomique du dictateur de Kigali. Dans le cadre du ´┐ŻR´┐Żve rwandais´┐Ż, nous veillerons ´┐Ż la mise en ´┐Żuvre d´┐Żun d´┐Żveloppement harmonieux ax´┐Ż sur la libre entreprise et dont le peuple rwandais soit le v´┐Żritable b´┐Żn´┐Żficiaire, y compris dans le milieu rural.

9. La libert´┐Ż et la d´┐Żmocratie

Il est de notre avis qu´┐Żil serait pratiquement impossible de penser ´┐Ż la d´┐Żmocratie avant de penser ´┐Ż la libert´┐Ż. Nous devons pratiquer le d´┐Żbat libre ´┐Ż tous les niveaux sur l´┐Żavenir de nos familles d´┐Żabord, de nos r´┐Żgions et pour finir de notre pays d´┐Żune mani´┐Żre g´┐Żn´┐Żrale. C´┐Żest pourquoi, la cr´┐Żation de clubs de discussion sur les probl´┐Żmes de notre pays avec le souci de les r´┐Żsoudre est vivement encourag´┐Że.

La libert´┐Ż d´┐Żexpression et d´┐Żassociation, la libert´┐Ż de mouvement, la libert´┐Ż d´┐Żinvestir au Rwanda et ce dans le respect des lois pertinentes, ainsi que la libert´┐Ż de choix de nos dirigeants, comme la libert´┐Ż ´┐Ż la vie, sont des libert´┐Żs fondamentales. Elles devraient ainsi ´┐Żtre prot´┐Żg´┐Żes.

La libert´┐Ż nous servira de socle pour construire solidement la d´┐Żmocratie dans notre pays. A notre avis, c´┐Żest libert´┐Ż d´┐Żabord, et la d´┐Żmocratie ensuite. La libert´┐Ż ne s´┐Żacquiert pas sans combat. Nous combattrons par tous les moyens pacifiques pour l´┐Żobtenir et la conserver dans notre pays.

10. Hommage et m´┐Żmoire

La r´┐Żalisation du R´┐Żve rwandais passe imp´┐Żrativement par le souvenir judicieusement entretenu des millions de Rwandais qui sont morts, victimes des pr´┐Żdateurs de tout genre. Quels que soient l´┐Ż´┐Żpoque ou le lieu des diff´┐Żrentes atrocit´┐Żs, il n´┐Ży a aucune justification au massacre des hommes non arm´┐Żs, qu´┐Żils soient Hutu, Tutsi ou Twa.

Nous nous inclinons et rendons hommage ´┐Ż tous nos concitoyens victimes de la haine et de la folie des grandeurs de ceux qui ont pris les armes pour s´┐Żengager dans des luttes fratricides avec l´┐Żobjectif soit de prendre le pouvoir, soit de s´┐Ży maintenir dans notre pays, sans se soucier le moins du monde de l´┐Ż´┐Żradication du conflit qui est ´┐Ż l´┐Żorigine de nos diff´┐Żrends depuis plus de 50 ans.

Nous plongeons dans l´┐Żunivers du R´┐Żve rwandais, avec comme priorit´┐Ż absolue le souci majeur de nous pencher, aussi longtemps qu´┐Żil faudra, sur la r´┐Żsolution du conflit interne ´┐Ż notre pays, qui persiste encore aujourd´┐Żhui ´┐Ż l´┐Żaube de ce 21e si´┐Żcle, et ce apr´┐Żs des massacres des millions de personnes tant au Rwanda qu´┐Żen RDC. Notre engagement est que ce conflit soit r´┐Żsolu, non pas par les armes, mais par la voie politique ´┐Ż travers un d´┐Żbat large et sinc´┐Żre, et surtout par la mise en place des institutions consensuelles qui seront plus efficaces et plus respectables que le verbiage d´┐Żhommes forts au pouvoir.

Tous, sans exception, des Batwa, des Bahutu comme des Batutsi, de loin ou de pr´┐Żs, ce conflit nous affecte. Nous en avons tous souffert, chacun ´┐Ż sa fa´┐Żon et la douleur r´┐Żcurrente nous rongera tout au long de notre vie. Des solutions durables doivent ´┐Żtre trouv´┐Żes ´┐Ż ce conflit qui est ´┐Ż l´┐Żorigine des luttes cruelles ayant abouti au g´┐Żnocide de 1994 et des crimes de g´┐Żnocide au Rwanda et au Congo en 1996-1997 lors de la destruction des camps des r´┐Żfugi´┐Żs par l´┐ŻAPR. Ces atrocit´┐Żs que la communaut´┐Ż internationale a observ´┐Żes en spectatrice, sont indignes d´┐Żun monde civilis´┐Ż. Elles ne sont pas ´┐Ż l´┐Żavantage de ceux qui les ont initi´┐Żes, car leur comportement inhumain n´┐Ża rien d´┐Żhonorable, et ne s´┐Żinscrivent non plus dans aucune perspective qui augure de la r´┐Żsolution dudit conflit. Au contraire, ces violences sont dans l´┐Żint´┐Żr´┐Żt des pr´┐Żdateurs qui veulent dominer le Rwanda, non seulement avec l´┐Żintention ´┐Ż peine cach´┐Że de continuer le pillage du peu de ressources dont il dispose, mais aussi et surtout avec la d´┐Żtermination d´┐Żaffaiblir la RDC afin qu´┐Żils pillent en toute impunit´┐Ż, avec la complicit´┐Ż de leurs supporteurs, des richesses de ce pays aux dimensions continentales. A cause du conflit rwando-rwandais, ces criminels en ont profit´┐Ż pour cr´┐Żer le chaos en RDC, provoquant l´┐Żinstabilit´┐Ż et l´┐Żins´┐Żcurit´┐Ż permanentes, avec, entre autres cons´┐Żquences dramatiques, des violences dont les femmes congolaises sont devenues des victimes innocentes, essentiellement dans les provinces du Sud et du Nord Kivu.

Il nous incombe de redonner l´┐Żespoir aux plus jeunes en mettant un terme d´┐Żfinitif ´┐Ż ce conflit, et ce le plus rapidement possible. Certes, des cicatrices, des souvenirs des pertes irr´┐Żparables des n´┐Żtres, ces ´┐Żtres qui nous sont chers et irrempla´┐Żables, nos enfants, nos fr´┐Żres et s´┐Żurs, nos cousins et cousines, nos neveux et ni´┐Żces, nos ´┐Żpouses, nos parents et nos voisins, ne dispara´┐Żtront jamais, mais le conflit, lui, devra cesser pour de bon.

En ce qui concerne la m´┐Żmoire des victimes du conflit rwandais, il sied de rejeter la falsification de notre histoire, notamment en r´┐Żsistant ´┐Ż toute tentative de destruction des symboles qui ont ´┐Żt´┐Ż ´┐Żrig´┐Żs au nom du peuple et pour le peuple, aussi bien du temps de la monarchie que du temps de la r´┐Żpublique. En particulier, il est de notre devoir de rendre hommage aux rois et aux pr´┐Żsidents de la r´┐Żpublique ayant contribu´┐Ż aux changements m´┐Żmorables et hautement remarquables de la vie politique rwandaise.

Nous nous opposerons avec force ´┐Ż toute culture politique de violence militaire aux fins d´┐Żune consolidation dans notre pays d´┐Żun pouvoir dictatorial, ´┐Ż l´┐Żimage de celui ´┐Żtabli actuellement par le r´┐Żgime du pr´┐Żsident Paul Kagame. Nous condamnerons ´┐Żgalement tout langage injurieux et m´┐Żprisant, ainsi que le traitement humiliant d´┐Żanciennes personnalit´┐Żs politiques, hommes d´┐ŻEtat et chefs d´┐ŻEtat, notamment ceux dont la contribution ´┐Ż notre histoire a ´┐Żt´┐Ż d´┐Żterminante.

Dans cet ordre d´┐Żid´┐Żes, la r´┐Żsistance du roi Musinga contre la colonisation de son pays, les tentatives du roi Rudahigwa pour mettre un terme ´┐Ż l´┐Żubuhake, ainsi que l´┐Żaudace des fondateurs de la R´┐Żpublique dont le pr´┐Żsident Kayibanda, m´┐Żritent d´┐Ż´┐Żtre ´┐Żvoqu´┐Żs publiquement et des symboles d´┐Ż´┐Żtre ´┐Żlev´┐Żs en leur honneur. En effet, leur courage et leur d´┐Żtermination restent des faits marquants de notre histoire r´┐Żcente. Tout devra donc ´┐Żtre mis en ´┐Żuvre pour que leur valeureuse contribution et leur m´┐Żmoire ne tombent pas dans l´┐Żoubli, n´┐Żen d´┐Żplaise aux ´┐Żiconoclastes´┐Ż destructeurs et falsificateurs de l´┐Żhistoire rwandaise.

11. Eradication de la guerre fratricide

Force est de constater que sur le terrain de l´┐Żunit´┐Ż et de la r´┐Żconciliation nationales, le pr´┐Żsident Kagame a ´┐Żchou´┐Ż lamentablement. Pour le grand malheur des Rwandais et de nos voisins congolais, le dictateur de Kigali a opt´┐Ż pour des guerres h´┐Żg´┐Żmoniques et des assassinats de ses opposants, sans s´┐Żinqui´┐Żter le moins du monde de la r´┐Żsolution d´┐Żfinitive du conflit rwandais. Malheureusement, une certaine opinion internationale non avis´┐Że continue de tomber dans le pi´┐Żge du mensonge et de la manipulation savamment entretenu par le r´┐Żgime de Kagame qui pr´┐Żtend avoir r´┐Żconcili´┐Ż les Rwandais, alors que les faits prouvent tout le contraire. En effet, aux yeux d´┐Żobservateurs avertis, la r´┐Żconciliation tant vant´┐Że par le pouvoir de Kigali n´┐Żest qu´┐Żun subterfuge destin´┐Ż ´┐Ż redorer l´┐Żimage de marque du dictateur et, en d´┐Żfinitive, une farce dommageable au peuple rwandais.

D´┐Żs ´┐Ż pr´┐Żsent, nous rejetons des guerres internes et sauvages qui mettent en danger la vie de nos concitoyens en permanence depuis 1959 jusqu´┐Ż´┐Ż aujourd´┐Żhui. Nous avons le devoir de mettre fin ´┐Ż la culture de la haine, de la violence, de la vengeance, du m´┐Żpris mutuel et de l´┐Żexclusion, par des moyens ad´┐Żquats dont une ´┐Żducation saine de nos enfants, le Rwanda de demain. Nous encouragerons le d´┐Żbat sur ce sujet entre les Rwandais, partout o´┐Ż ils seront, qu´┐Żils aient eu la chance de faire des ´┐Żtudes ou non.

Nous sommes tous affect´┐Żs par un m´┐Żme mal, et il est temps de nous en d´┐Żfaire une bonne fois pour toutes. Son traitement ne peut venir que de nous, par la contribution de nos r´┐Żflexions profondes, nos id´┐Żes constructives ´┐Ż la pr´┐Żparation de l´┐Żavenir des g´┐Żn´┐Żrations futures. Nous, les Rwandais, sommes tous condamn´┐Żs ´┐Ż vivre ensemble ´┐Ż tout prix et ´┐Ż jamais, et pour cette raison, nous devons nous engager ´┐Ż signer un nouveau ´┐Żcontrat social´┐Ż, celui d´┐Żavoir pignon sur rue dans un Rwanda meilleur, un Rwanda de notre r´┐Żve.: ´┐ŻRwanda rwiza, Rwanda rw´┐Żamahoro´┐Ż.

Nous condamnerons et combattrons toute tentative de prise du pouvoir par la force et toute man´┐Żuvre visant ´┐Ż se maintenir au pouvoir par la main mise sur la puissance publique, le recours ´┐Ż la violence, les manigances et autres m´┐Żthodes polici´┐Żres contraires au choix libre des dirigeants par les citoyens eux-m´┐Żmes. Personne n´┐Ża le droit de prendre le peuple en otage en le maintenant dans un ´┐Żtat de situation conflictuelle, de peur ou de r´┐Żpression ´┐Ż des fins d´┐Żun pouvoir personnel ou pour quelque autre raison que ce soit.

En m´┐Żmoire de toutes nos victimes et aux fins de garantir un meilleur avenir aux g´┐Żn´┐Żrations futures, nous mettrons tout en ´┐Żuvre afin de trouver un terrain d´┐Żentente susceptible d´┐Żunir les Rwandais et ´┐Żviter ainsi, ´┐Ż jamais, tout ce qui pourrait les diviser. L´┐Żunit´┐Ż retrouv´┐Że du peuple rwandais sera, ´┐Ż n´┐Żen pas douter, le garant d´┐Żune paix durable, non seulement dans notre pays, mais aussi dans toute la r´┐Żgion des Grands Lacs.

12. L´┐Ż´┐Żtat de droit et le combat contre l´┐Żimpunit´┐Ż

Notre r´┐Żve est de vivre dans un pays o´┐Ż l´┐Ż´┐Żtat de droit est le moteur du d´┐Żveloppement tant politique, ´┐Żconomique, que social. La justice ´┐Żquitable pour tous donnera confiance ´┐Ż tout citoyen et le rassurera de ne plus ´┐Żtre soumis ´┐Ż une justice des tribunaux de la haine. Dans le Rwanda de notre r´┐Żve, personne, peu importe son rang social ou ses fonctions politiques, y compris celles du chef de l´┐ŻEtat, ne pourra ´┐Żtre au dessus de la loi. Nous nous engageons ´┐Ż faire de la loi de notre pays l´┐Żespoir de tous pour un avenir prometteur.

Tous, nous respecterons la loi du pays qui, en aucune fa´┐Żon ne pourra plus ´┐Żtre supplant´┐Że par le dictat des dirigeants. Nous sommes certains que le respect de la loi changera la mentalit´┐Ż des citoyens et exorcisera la peur qu´┐Żils ´┐Żprouvent ´┐Ż l´┐Ż´┐Żgard des dirigeants dont certains leur font subir des humiliations et des traitements d´┐Żgradants. C´┐Żest donc en respectant la loi que nous serons en mesure de d´┐Żfendre nos droits de citoyens.

Au cours de ces derni´┐Żres ann´┐Żes depuis 1990, les citoyens rwandais ont ´┐Żt´┐Ż victimes des violences provoqu´┐Żes par ceux qui devaient veiller ´┐Ż leur s´┐Żcurit´┐Ż et ´┐Ż leur protection contre tout danger ext´┐Żrieur. Aujourd´┐Żhui encore, nous sommes expos´┐Żs au m´┐Żme danger d´┐Ż´┐Żtre des victimes des violences provenant de ceux qui s´┐Żaccrochent au pouvoir sans partage.

Il est de notre devoir de bons citoyens de nous engager avec force et d´┐Żtermination pour faire entendre nos voix, en manifestant notre volont´┐Ż de vivre dans un pays d´┐Ż´┐Żtat de droit, lequel pourra nous garantir la coexistence pacifique et durable dans notre pays. Nous m´┐Żnerons un combat d´┐Żavant garde pour barrer l´┐Żacc´┐Żs au pouvoir ´┐Ż tout dirigeant arrogant, pr´┐Żdateur, assassin, criminel ou terroriste et pour emp´┐Żcher qu´┐Żun tel dirigeant puisse s´┐Żaccrocher au pouvoir par la force ou par tout autre moyen anti-d´┐Żmocratique.

Tous ceux qui r´┐Żvent de vivre au Rwanda et d´┐Ży rendre leur dernier soupir, n´┐Żont qu´┐Żun seul souhait, celui de l´┐Żguer ´┐Ż nos enfants un ´┐ŻRwanda o´┐Ż coule le lait et le miel´┐Ż, une terre d´┐Żespoir durablement pacifique. D´┐Żs maintenant, notre devoir est d´┐Żunir nos forces pour combattre ´┐Żnergiquement la r´┐Żpression politique inflig´┐Że aux citoyens rwandais et conjurer les forces n´┐Żgatives ext´┐Żrieures et int´┐Żrieures qui pourraient provoquer dans notre pays d´┐Żautres drames humains.

A cet effet, nous ne m´┐Żnagerons aucun effort pour que les militaires du FPR ayant commis les crimes de guerre au Rwanda du 1er Janvier 1994 au 31 d´┐Żcembre 1994 soient eux aussi jug´┐Żs par le Tribunal P´┐Żnal International pour le Rwanda, TPIR, et que les Nations Unies mettent en place sans plus tarder un Tribunal Sp´┐Żcial pour juger les crimes commis en RDC par l´┐ŻAPR, en particulier, et par des arm´┐Żes des autres pays.

13. La question des r´┐Żfugi´┐Żs rwandais

Tout homme aimerait vivre dans son pays ou de le visiter, en toute libert´┐Ż. L´┐Żhomme rwandais ne fait pas exception. Chaque exil´┐Ż rwandais r´┐Żve chaque jour de son retour dans son pays d´┐Żorigine.

Notre souhait le plus ardent est que le conflit entre les Rwandais ne perdure, car plus il s´┐Ż´┐Żtend dans le temps, plus il donne lieu aux violences qui provoquent les massacres dans notre pays et forcent une partie des Rwandais ´┐Ż se refugier dans les pays ´┐Żtrangers. Il n´┐Ży a donc pas moyen de r´┐Żsoudre la question des r´┐Żfugi´┐Żs rwandais sans trouver une solution ´┐Ż la question du conflit de pouvoir et sans mettre fin au cycle de la violence fond´┐Że sur la culture de la vengeance.

En vue d´┐Żune r´┐Żsolution d´┐Żfinitive de ce conflit, il est fort judicieux de nous r´┐Żf´┐Żrer ´┐Ż l´┐ŻAccord de paix d´┐ŻArusha, sign´┐Ż le 4 ao´┐Żt 1993 entre le FPR et l´┐ŻEtat rwandais, un accord qui peut encore servir de base pour solutionner quelques uns de nos probl´┐Żmes, notamment en ce qui concerne l´┐Żinstauration d´┐Żun ´┐Żtat de droit et le partage du pouvoir. Il convient de rappeler que si le conflit de pouvoir a ´┐Żt´┐Ż entre les Batutsi et les Bahutu en un certain moment de l´┐Żhistoire, il a aussi exist´┐Ż et il existe encore entre les Bahutu et les Bahutu. En t´┐Żmoignent, entre autres, le coup d´┐ŻEtat de 1973 et la question des ´┐ŻBanyenduga´┐Żmassacr´┐Żs par le r´┐Żgime hutu du pr´┐Żsident Habyarimana, dont on ne conna´┐Żt pas encore aujourd´┐Żhui la trace de leurs fosses communes depuis 1973. Ainsi, la th´┐Żorie de certains Bahutu qui consisterait ´┐Ż ´┐Żgushira ou gushyira hamwe´┐Ż (conjuguer nos efforts sans autre?) et de ´┐Żkuvuga rumwe´┐Ż (gommer nos divergences de vues sans autre?) pour combattre ´┐Żl´┐Żennemi commun´┐Ż n´┐Ża pratiquement plus de sens. Nous ne pouvons nous unir que pour un objectif commun, ´┐Ż savoir celui d´┐Ż´┐Żradiquer le conflit de pouvoir entre toutes les composantes de la soci´┐Żt´┐Ż rwandaise.

En acceptant les n´┐Żgociations de paix sur fond de partage du pouvoir avec le FPR en 1992-1993, les d´┐Żmocrates rwandais se sont faits rouler par ce mouvement politico-militaire, qui s´┐Żengagea dans des pourparlers de paix tout en ayant un agenda cach´┐Ż, lequel nous sera r´┐Żv´┐Żl´┐Ż par l´┐Żune des plus terribles trag´┐Żdies du si´┐Żcle pass´┐Ż: le g´┐Żnocide de 1994, provoqu´┐Ż par l´┐Żassassinat du pr´┐Żsident Habyarimana. Le retour de r´┐Żfugi´┐Żs tutsi au Rwanda et leur participation au pouvoir, qui ´┐Żtait le point central des n´┐Żgociations jusqu’´┐Ż la signature de l´┐Żaccord de paix d´┐ŻArusha, n´┐Ża pu ´┐Żtre ex´┐Żcut´┐Ż comme pr´┐Żvu par cet accord.

Apr´┐Żs le g´┐Żnocide de 1994, dans un climat de deuil pour les uns et de triomphalisme pour les autres, le rapatriement des r´┐Żfugi´┐Żs tutsi sera limit´┐Ż, pr´┐Żcipit´┐Ż, d´┐Żsordonn´┐Ż, et compos´┐Ż surtout des ch´┐Żmeurs et de peu d´┐Żintellectuels. Tous comptes faits, la question des r´┐Żfugi´┐Żs tutsi n´┐Ża pas ´┐Żt´┐Ż r´┐Żsolue, alors que le FPR en avait fait son casus belli; elle est rest´┐Że enti´┐Żre alors que le prix pay´┐Ż en termes de vies humaines pour leur rapatriement violent, d´┐Żpasse les limites du raisonnable. Bien plus, le FPR a compromis l´┐Żimage du peuple rwandais entra´┐Żn´┐Ż dans les violences de ceux qui combattaient en r´┐Żalit´┐Ż pour le pouvoir (et tout le pouvoir!) et non pour le retour des r´┐Żfugi´┐Żs rwandais.

La prise du pouvoir par le FPR, apr´┐Żs le g´┐Żnocide de 1994, a provoqu´┐Ż une vague de r´┐Żfugi´┐Żs hutu dont certains seront rapatri´┐Żs par la force, deux ans apr´┐Żs; d´┐Żautres seront massacr´┐Żs par centaines de milliers en RDC, alors que ceux qui ont ´┐Żchapp´┐Ż ´┐Ż ces massacres seront ´┐Żparpill´┐Żs dans les pays africains, ainsi que dans d´┐Żautres pays, notamment d´┐ŻEurope et d´┐ŻAm´┐Żrique.

Aujourd´┐Żhui, c´┐Żest un fait de notre histoire, il y a encore des r´┐Żfugi´┐Żs tutsi et des r´┐Żfugi´┐Żs hutu ´┐Ż travers le monde, et leur nombre ne cesse de cro´┐Żtre. Cela est d´┐Ż ´┐Ż ce que beaucoup de citoyens rwandais sont chaque fois contraints par le r´┐Żgime dictatorial ´┐Ż quitter leur pays, tout simplement pour mettre en s´┐Żcurit´┐Ż leur vie.

Les cons´┐Żquences de toutes ces violences issues du conflit rwandais sont douloureuses et insupportables, tant pour les pr´┐Żsentes que pour les futures g´┐Żn´┐Żrations. Elles se manifestent surtout par un sentiment d´┐Żexclusion, et par des massacres ´┐Ż l´┐Żorigine des mouvements de Rwandais contraints de renoncer ´┐Ż leurs biens, ´┐Ż leur terre, leur seule richesse, et ´┐Ż leurs racines.

Le FPR n´┐Ża pas ´┐Żt´┐Ż capable de trouver la solution attendue de lui ´┐Ż ce probl´┐Żme des r´┐Żfugi´┐Żs, pour lequel il avait pourtant pris les armes en 1990 pour envahir le Rwanda. A l´┐Ż´┐Żpoque, il promettait aussi d´┐Ży ´┐Żtablir un syst´┐Żme d´┐Żmocratique, qui ne verra jamais le jour, puisque une dictature militaire de la pire esp´┐Żce a pris racine au sommet du pouvoir jusqu´┐Ż´┐Ż aujourd´┐Żhui.

D´┐Żs lors, l´┐Ż´┐Żchec du r´┐Żgime FPR est double: d´┐Żune part, les r´┐Żfugi´┐Żs tutsi et hutu ne sont pas tous rentr´┐Żs et certains ont m´┐Żme ´┐Żt´┐Ż tu´┐Żs par centaines de milliers par l´┐ŻAPR en RDC; d´┐Żautre part, la d´┐Żmocratie dans notre pays ne reste qu´┐Żau niveau du r´┐Żve qu´┐Żil faudra r´┐Żaliser ´┐Ż travers un combat politique de longue haleine dirig´┐Ż pour le moment contre le r´┐Żgime dictatorial et criminel du FPR.

Si aucun de ces deux objectifs n´┐Ża pu ´┐Żtre atteint, malgr´┐Ż la peine et les souffrances endur´┐Żes par les Rwandais, y compris le sang vers´┐Ż de millions de nos concitoyens innocents, il est de notre devoir de citoyens d´┐Żtermin´┐Żs et conscients de l´┐Żint´┐Żr´┐Żt sup´┐Żrieur de la nation rwandaise, de nous mettre debout comme un seul homme pour chercher rapidement des moyens efficaces et concert´┐Żs, aptes ´┐Ż assainir la situation politique et sociale de notre pays, pour que tout Rwandais qui le d´┐Żsire puisse y retourner sans condition et y vivre paisiblement.

Conclusion

Nous r´┐Żaffirmons solennellement notre ferme conviction que le Rwanda a besoin de toute urgence d´┐Żun changement politique profond ax´┐Ż sur des valeurs fondamentales que sont la libert´┐Ż, la v´┐Żrit´┐Ż et la justice, seules garantes d´┐Żun v´┐Żritable ´┐Żtat de droit, d´┐Żune d´┐Żmocratie solidement ´┐Żtablie et d´┐Żune paix durable. Nous sommes ´┐Żgalement conscients de l´┐Żextr´┐Żme importance de l´┐Ż´┐Żradication de l´┐Żimpunit´┐Ż et du retour des exil´┐Żs rwandais dans leur pays, ces deux facteurs ´┐Żtant indispensables ´┐Ż la cr´┐Żation de conditions favorables ´┐Ż une r´┐Żconciliation effective entre toutes les composantes de la soci´┐Żt´┐Ż rwandaise et ´┐Ż leur coexistence harmonieuse.

Les Rwandais, hutu, tutsi et twa, doivent toujours avoir ´┐Ż l´┐Żesprit qu´┐Żils forment un seul peuple et que, tout en restant fid´┐Żles ´┐Ż leur identit´┐Ż, il est dans l´┐Żint´┐Żr´┐Żt des uns et des autres de b´┐Żtir une nation rwandaise ciment´┐Że par des valeurs traditionnelles communes que sont: l´┐Żint´┐Żgrit´┐Ż (ubupfura, kwanga umugayo), l´┐Żaudace (ubutwari), l´┐Żhumanisme (ubuntu), la solidarit´┐Ż avec ses semblables (umubano mu bantu).

Toutes ces valeurs cadrent bien avec le ´┐ŻR´┐Żve rwandais´┐Ż tel que pr´┐Żsent´┐Ż dans ce document et sont manifestement incompatibles avec un ´┐Żtat de dictature civile ou militaire. C´┐Żest pourquoi, tous les Rwandais ´┐Żpris de paix et de libert´┐Ż ont le devoir de combattre avec vigueur le r´┐Żgime autocratique et criminel qui s´┐Żvit pr´┐Żsentement au Rwanda sous la houlette du pr´┐Żsident Kagame. C´┐Żest d´┐Żautant plus urgent que ce r´┐Żgime, s´┐Żil devait rester en place quelques ann´┐Żes de plus, il entra´┐Żnerait encore plus de d´┐Żg´┐Żts irr´┐Żparables, aussi bien en termes de vies humaines que de libert´┐Żs fondamentales.

C´┐Żest donc l´┐Żavenir de notre pays et la stabilit´┐Ż de l´┐Żensemble de la r´┐Żgion des Grands Lacs qui sont menac´┐Żs. Pour cette raison et compte tenu de la gravit´┐Ż de la situation, nous lan´┐Żons ´┐Ż nouveau un appel pressant aux Rwandais et aux amis du Rwanda pour qu´┐Żils rejoignent ou soutiennent r´┐Żsolument le ´┐ŻR´┐Żve rwandais´┐Ż.

Ensemble, forts de notre sens des responsabilit´┐Żs et de l´┐Żamour pour notre m´┐Żre patrie, nous trouverons une solution d´┐Żfinitive au conflit de pouvoir qui est ´┐Ż l´┐Żorigine de toutes les violences r´┐Żcurrentes ayant frapp´┐Ż la vie des Rwandais depuis plus d´┐Żun demi-si´┐Żcle et qui reste un frein de taille ´┐Ż tout d´┐Żveloppement politique, social, intellectuel et ´┐Żconomique dans notre pays et dans notre r´┐Żgion.

Ce n´┐Żest qu´┐Żapr´┐Żs l´┐Ż´┐Żradication de ce conflit que la fraternit´┐Ż, la solidarit´┐Ż, la justice et la d´┐Żmocratie triompheront dans le pays de nos anc´┐Żtres, en m´┐Żme temps que l´┐Ż´┐Żducation, le travail et la libre entreprise seront la mesure de la valeur de chacun. De plus, dans ce ´┐ŻRwanda nouveau´┐Ż, celui de notre r´┐Żve, o´┐Ż la libert´┐Ż, la v´┐Żrit´┐Ż et la d´┐Żmocratie r´┐Żgneront en ma´┐Żtres, rien ne s´┐Żopposera plus au retour inconditionnel et pacifique de nos concitoyens qui sont en exil et ´┐Ż une coexistence pacifique des Rwandais dans leur pays.

Les compatriotes qui se reconnaissent dans ce ´┐ŻR´┐Żve rwandais´┐Ż sont cordialement invit´┐Żs ´┐Ż adh´┐Żrer au texte ci-annex´┐Ż, qui tient lieu de d´┐Żclaration constitutive de l´┐Żorganisation politique d´┐Żnomm´┐Że Rwandan Dream Initiative (Initiative du R´┐Żve Rwandais; Umugambi Rwanda Rwiza).

Vive le peuple rwandais!

Voir: Projet de d´┐Żclaration constitutive de Rwandan Dream Initiative.


1 comment

1 kanyamibwa { 12.14.10 at 12:16 }

ufite imigambi myiza qriko u Rwanda tubamo ,abayobozi barwo batubwira ko ubutegetsi baburuhiye c ad barwanye ntibashobora kwemera gusaranganya kdi wiboneye ko inzira ya democratie idashoboka mu rda intwaro nawo si wo muti.

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