Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — janvier 2011

La Cour Militaire rwandaise prolonge la d´┐Żtention du Lt Colonel Rugigana Ngabo, fr´┐Żre du G´┐Żn´┐Żral dissident en fuite Kayumba Nyamwasa

Lt Col Rugigana Ngabo

La ´┐Ż d´┐Żtention pr´┐Żventive ´┐Ż d´┐Żun officier sup´┐Żrieur militaire rwandais, le lieutenant-colonel Rugigana Ngabo, qui est poursuivi pour “acte de terrorisme”, a ´┐Żt´┐Ż prolong´┐Że ind´┐Żfiniment, a annonc´┐Ż la Haute Cour militaire jeudi ´┐Ż Kigali, la capitale rwandaise.

Le lieutenant-colonel Rugigana, qui est un fr´┐Żre du g´┐Żn´┐Żral de corps d´┐Żarm´┐Że Faustin Nyamwasa Kayumba, un autre officier dissident de l´┐Żarm´┐Że rwandaise, a ´┐Żt´┐Ż arr´┐Żt´┐Ż en ao´┐Żt 2010, suite ´┐Ż des accusations d´┐Ż”acte de terrorisme ´┐Ż, en particulier pour avoir ´┐Żt´┐Ż parmi les instigateurs des attentats ´┐Ż la grenade dans plusieurs endroits tr´┐Żs fr´┐Żquent´┐Żs ´┐Ż Kigali l´┐Żan dernier.

En annon´┐Żant le prolongement de la d´┐Żtention, le pr´┐Żsident de la Haute Cour militaire a indiqu´┐Ż qu´┐Żil y avait des “preuves graves de la culpabilit´┐Ż” et que si le d´┐Żtenu b´┐Żn´┐Żficiait d´┐Żune lib´┐Żration sous caution, il pourrait fuir le pays et il serait difficile de poursuivre les investigations. L´┐Żaffaire implique ´┐Żgalement un certain nombre d´┐Żanciens officiers sup´┐Żrieurs des Forces de d´┐Żfense du Rwanda (RDF) qui demandent l´┐Żasile dans un certain nombre de pays ´┐Żtrangers, y compris l´┐ŻAfrique du Sud et les ´┐Żtats-Unis.

C´┐Żest un Rugigana, visiblement souriant, qui a comparu jeudi devant le tribunal, habill´┐Ż en tenue de combat compl´┐Żte avec ses grades militaires accompagn´┐Ż de ses deux avocats et certains de ses proches.

Toutefois, l´┐Ż´┐Żquipe de la d´┐Żfense a d´┐Żclar´┐Ż au tribunal qu´┐Ż elle ferait appel de la d´┐Żcision, faisant valoir qu´┐Żil s´┐Żagissait d´┐Żune ´┐Ż fausse arrestation ´┐Ż et d´┐Żune ´┐Ż d´┐Żtention ill´┐Żgale ´┐Ż de leur client.

Apr´┐Żs la d´┐Żcision, le lieutenant-colonel Rugigana a ´┐Żt´┐Ż imm´┐Żdiatement transf´┐Żr´┐Ż ´┐Ż la prison militaire de Mulindi, situ´┐Że ´┐Ż 14 km ´┐Ż l´┐Żest de Kigali.

[Xinhua]

janvier 28, 2011   2 Comments

Rwanda: deux partis d’opposition FDU et RNC cr´┐Żent “une coordination” contre Kagame

General Kagame – worried!

Deux partis de l´┐Żopposition rwandaise, les Forces d´┐Żmocratiques unifi´┐Żes (FDU) et le nouveau Congr´┐Żs national du Rwanda (RNC), ont annonc´┐Ż mercredi avoir cr´┐Ż´┐Ż “une coordination commune” en vue d’une lutte “pacifique” contre “la dictature” du pr´┐Żsident Paul Kagame.

Deux partis de l´┐Żopposition rwandaise, les Forces d´┐Żmocratiques unifi´┐Żes (FDU) et le nouveau Congr´┐Żs national du Rwanda (RNC), ont annonc´┐Ż mercredi avoir cr´┐Ż´┐Ż “une coordination commune” en vue d’une lutte “pacifique” contre “la dictature” du pr´┐Żsident Paul Kagame.

R´┐Żunies mardi ´┐Ż Montreux, en Suisse, “les deux organisations ont d´┐Żcid´┐Ż d’´┐Żtablir un m´┐Żcanisme de coordination conjointe pour faciliter leur collaboration dans la mobilisation du peuple rwandais pour le changement d´┐Żmocratique”, indiquent-elles dans un communiqu´┐Ż commun.

“Il n’y a aucun doute que si le syst´┐Żme ne change pas au Rwanda, il conduira une nouvelle fois la nation rwandaise ´┐Ż une trag´┐Żdie”, estiment les deux partis qui soulignent que leur lutte est “pacifique”.

“L’actuel syst´┐Żme de gouvernement au Rwanda est caract´┐Żris´┐Ż par la dictature, la discrimination et la marginalisation”, accusent les FDU et le RNC.

Cr´┐Ż´┐Żes en exil, les FDU ont tent´┐Ż, en vain jusqu’´┐Ż pr´┐Żsent, de se faire enregistrer au Rwanda, o´┐Ż leur pr´┐Żsidente Victoire Ingabire, rentr´┐Że au pays au d´┐Żbut de l´┐Żann´┐Że derni´┐Żre, est incarc´┐Żr´┐Że depuis octobre sous l´┐Żaccusation de complicit´┐Ż de terrorisme.

Lanc´┐Ż aux Etats-Unis en d´┐Żcembre, le Congr´┐Żs national du Rwanda (Rwanda national congress) comprend, entre autres fondateurs, l’ex-chef d’´┐Żtat-major de l’arm´┐Że, le g´┐Żn´┐Żral Faustin Kayumba Nyamwasa, le major Th´┐Żog´┐Żne Rudasingwa, ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat, le colonel Patrick Karegeya, ancien patron des renseignements ext´┐Żrieurs, et Gerald Gahima, ancien procureur g´┐Żn´┐Żral du Rwanda.

Jug´┐Żs par d´┐Żfaut, les quatre hommes, tous en exil en Afrique du sud ou aux Etats-Unis, ont ´┐Żt´┐Ż condamn´┐Żs ´┐Ż de lourdes peines de prison le 14 janvier pour “trouble ´┐Ż l’ordre public, atteinte ´┐Ż la s´┐Żcurit´┐Ż de l’Etat, injures et diffamation, +sectarisme+ et association de malfaiteurs”.

Le Rwanda accuse par ailleurs ces quatre anciens proches du chef de l’Etat d’avoir cr´┐Ż´┐Ż un nouveau groupe rebelle dans l’est de la R´┐Żpublique d´┐Żmocratique du Congo (RDC), ce qu’ils nient.

[AFP]

janvier 26, 2011   2 Comments

Rwanda: Le Secr´┐Żtaire Ex´┐Żcutif des FDLR, Callixte Mbarushimana, transf´┐Żr´┐Ż ´┐Ż la Cour P´┐Żnale Internationale (CPI)

Callixte Mbarushimana

Le Secr´┐Żtaire ex´┐Żcutif des Forces d´┐Żmocratiques pour la lib´┐Żration du Rwanda (FDLR), Callixte Mbarushimana, a ´┐Żt´┐Ż transf´┐Żr´┐Ż ´┐Ż la prison de la Cour p´┐Żnale internationale (CPI) ´┐Ż La Haye, mardi 25 janvier 2011. Il est suspect´┐Ż de crimes contre l´┐Żhumanit´┐Ż et de crimes de guerre commis en R´┐Żpublique d´┐Żmocratique du Congo (RDC).

Pour Callixte Mbarushimana, le voyage de La Haye n´┐Żest qu´┐Żune nouvelle ´┐Żtape d´┐Żun long feuilleton judiciaire. Par le pass´┐Ż, le fonctionnaire rwandais a d´┐Żj´┐Ż ´┐Żt´┐Ż arr´┐Żt´┐Ż ´┐Ż deux reprises, en Allemagne et au Kosovo, pour son r´┐Żle suppos´┐Ż dans le g´┐Żnocide rwandais du printemps 1994. Il avait ´┐Żt´┐Ż finalement lib´┐Żr´┐Ż.

Cette fois, le procureur de la Cour p´┐Żnale internationale l´┐Żaccuse de crimes commis au Congo-Kinshasa, en 2009. Pour Luis Moreno Ocampo, le rwandais a particip´┐Ż ´┐Ż un plan criminel. Un plan qui visait ´┐Ż permettre aux FDLR d´┐Żacqu´┐Żrir un r´┐Żle politique au Rwanda.

Pour y parvenir, affirme le procureur, les FDLR ont conduit ´┐Ż des attaques syst´┐Żmatiques contre les civils ´┐Ż. La crise humanitaire devaient faire c´┐Żder les Forces arm´┐Żes congolaises, et les Forces rwandaises, pr´┐Żsentes dans l´┐Żest du Congo. Faire c´┐Żder, aussi, la communaut´┐Ż internationale.

Dans son enqu´┐Żte contre les FDLR, le procureur cite aussi le pr´┐Żsident du mouvement, Ignace Murwashyaka, qui avait ´┐Żt´┐Ż arr´┐Żt´┐Ż en Allemagne en septembre 2009. Ce dernier doit ´┐Żtre jug´┐Ż cette ann´┐Że devant la justice allemande. Le procureur cible aussi Sylvestre Mudacumura, le commandant des FDLR dans le Kivu.

Arr´┐Żt´┐Ż en France au mois d´┐Żoctobre, Callixte Mbarushimana, s´┐Żopposait ´┐Ż son transf´┐Żrement devant la CPI. Mais toutes ses tentatives de recours ont ´┐Żt´┐Ż d´┐Żbout´┐Żes par la justice fran´┐Żaise.

janvier 26, 2011   1 Comment

Kagame a peur du tandem Nyamwasa-Karegeya. Que mijote-t-il?

La peur change de camp : Kigali en difficult´┐Ż

D´┐Żmentis formels contre les accusations sur l´┐Żexistence d´┐Żune r´┐Żbellion organis´┐Że ´┐Ż partir de la RDC pour d´┐Żstabiliser le Rwanda.

G´┐Żn´┐Żral Kayumba Nyamwasa

Colonel Karegeya

L´┐Żancien chef d´┐Ż´┐Żtat-major du Rwanda qui a ´┐Żchapp´┐Ż ´┐Ż un attentat organis´┐Ż par le pr´┐Żsident Kagame et l´┐Żancien chef des renseignements rwandais d´┐Żmentent avoir organis´┐Ż une base arri´┐Żre en RDC.

Le g´┐Żn´┐Żral Kayumba et le colonel Patrick Karegeya, actuellement r´┐Żfugi´┐Żs en Afrique du Sud, consid´┐Żrent qu´┐Żil s´┐Żagit de manipulation de la part de Kigali. Ces accusations d´┐Żmontrent que le pr´┐Żsident rwandais commence, lui aussi, ´┐Ż ressentir le danger d´┐Żavoir sur le dos d´┐Żanciens collaborateurs d´┐Żcid´┐Żs d´┐Żen finir avec son r´┐Żgime.

Par ailleurs, il saute des sens que ces manipulations de Kigali visent plut´┐Żt ´┐Ż justifier une nouvelle travers´┐Że des fronti´┐Żres pour des raisons inavouables. Tous les pr´┐Żtextes sont bons, pourvu que les puissances de la plan´┐Żte consentent ´┐Ż fermer les yeux face ´┐Ż une telle initiative. Une travers´┐Że des fronti´┐Żres par ce temps qui court ne serait pas bien per´┐Żue par la communaut´┐Ż nationale et internationale. D´┐Żo´┐Ż, il faut inventer des raisons plausibles et justifiables d´┐Żune telle intervention militaire.

L´┐Żopinion congolaise, quant ´┐Ż elle n´┐Żest, pas dupe. Elle conna´┐Żt d´┐Żj´┐Ż les raisons cach´┐Żes de ces all´┐Żgations qui rappellent la fin des ann´┐Żes 90, avec son lot d´┐Żinstabilit´┐Ż dans la sous-r´┐Żgion des Grands Lacs africains.

[Le Potentiel]

janvier 26, 2011   3 Comments

Messe pour la lib´┐Żration de Victoire Ingabire

Messe pour la lib´┐Żration de Victoire Ingabire.

janvier 25, 2011   6 Comments

Maintien en d´┐Żtention de l’opposante rwandaise Victoire Ingabire

La justice rwandaise a une nouvelle fois rejet´┐Ż jeudi la demande de libert´┐Ż provisoire de l’opposante Victoire Ingabire, accus´┐Że de “terrorisme” par les autorit´┐Żs judiciaires.

Son appel a ´┐Żt´┐Ż rejet´┐Ż par la Haute Cour de la R´┐Żpublique et elle restera en d´┐Żtention ´┐Ż la prison centrale de Kigali en attendant son proc´┐Żs dont la date n’est pas encore fix´┐Że, a indiqu´┐Ż Sylvain Sibomana, secr´┐Żtaire g´┐Żn´┐Żral du parti des Forces d´┐Żmocratiques unifi´┐Żes (FDU).

Mme Ingabire compte faire appel de cette d´┐Żcision, a pr´┐Żcis´┐Ż M. Sibomana.

C’est la troisi´┐Żme fois que la justice rwandaise rejette une demande de remise en libert´┐Ż provisoire de Mme Ingabire.

Pr´┐Żsidente des FDU, une formation politique non encore enregistr´┐Że par les autorit´┐Żs, Mme Ingabire, rentr´┐Że d’exil d´┐Żbut 2010, a ´┐Żt´┐Ż arr´┐Żt´┐Że ´┐Ż Kigali en octobre alors qu’elle ´┐Żtait sous contr´┐Żle judiciaire depuis avril.

Le procureur g´┐Żn´┐Żral du Rwanda Martin Ngoga assure disposer de solides ´┐Żl´┐Żments de preuve, dont celles de transfert d’argent au profit des Forces d´┐Żmocratiques de lib´┐Żration du Rwanda (FDLR), une organisation rebelle hutu bas´┐Że en R´┐Żpublique d´┐Żmocratique du Congo et pr´┐Żsent´┐Że par Kigali comme un groupe terroriste, et des t´┐Żmoignages de commandants de cette organisation.

janvier 24, 2011   No Comments

Les ex-dignitaires rwandais condamn´┐Żs ´┐Ż de lourdes peines de prison d´┐Żnoncent une justice inf´┐Żod´┐Że ´┐Ż Kagame

Quatre anciens proches du pr´┐Żsident rwandais, condamn´┐Żs vendredi par contumace ´┐Ż de lourdes peines de prison notamment pour “atteinte ´┐Ż la s´┐Żret´┐Ż de l’Etat”, ont d´┐Żnonc´┐Ż dimanche une justice “utilis´┐Że” par le chef de l’Etat Paul Kagame contre ses “ennemis”.

La Haute cour militaire a condamn´┐Ż ´┐Ż des peines allant de 20 ´┐Ż 24 ans de r´┐Żclusion l’ex-chef d’´┐Żtat-major de l’arm´┐Że, le g´┐Żn´┐Żral Faustin Kayumba Nyamwasa, l’ancien patron des renseignements ext´┐Żrieurs, le colonel Patrick Karegeya –tous deux exil´┐Żs en Afrique du Sud–, l’ancien directeur de cabinet de M. Kagame, le major Th´┐Żog´┐Żne Rudasingwa et l’ancien procureur g´┐Żn´┐Żral Gerald Gahima, ´┐Żtant r´┐Żfugi´┐Żs aux Etats-Unis.

“La justice militaire rwandaise n’est pas ind´┐Żpendante, elle est plut´┐Żt utilis´┐Że par le pr´┐Żsident Kagame pour pers´┐Żcuter le personnel tant civil que militaire, qu’il consid´┐Żre comme des ennemis politiques”, ont r´┐Żagi les quatre hommes dans un communiqu´┐Ż commun.

“Nous r´┐Żit´┐Żrons que nous sommes innocents des crimes pour lesquels nous ´┐Żtions poursuivis. Nous ne sommes pas des criminels mais des patriotes militant pour la fin de la dictature et pour l’avancement de la libert´┐Ż”, poursuit le texte.

Les quatre anciens dignitaires, devenus de farouches opposants au pr´┐Żsident Kagame, ont ´┐Żt´┐Ż condamn´┐Żs sur la base d’´┐Żcrits et de d´┐Żclarations hostiles au r´┐Żgime. Ils ont ´┐Żgalement ´┐Żt´┐Ż reconnus coupables de “trouble ´┐Ż l’ordre public, injures et diffamation, sectarisme et association de malfaiteurs”.

“Les charges contre nous ont des motivations compl´┐Żtement politiques. L’objectif de cette affaire est de supprimer l’opposition politique, de priver les citoyens rwandais du droit ´┐Ż la participation politique, de consolider le pouvoir dictatorial et de cacher la v´┐Żrit´┐Ż sur la d´┐Żplorable situation des droits de l’homme et l’´┐Żtat de la gouvernance au Rwanda”, affirment les condamn´┐Żs.

Ce jugement “n’aura aucun effet sur notre d´┐Żtermination ´┐Ż mettre fin ´┐Ż la dictature au Rwanda”, assurent-ils, d´┐Żnon´┐Żant au passage “l’arrogance et la soif de vengeance de Kagame contre d’anciens coll´┐Żgues en conflit avec lui”.

Anciens r´┐Żfugi´┐Żs tutsi ayant grandi en exil en Ouganda comme Kagame, ils avaient, dans un document publi´┐Ż d´┐Żbut septembre 2010, dress´┐Ż un bilan tr´┐Żs n´┐Żgatif des libert´┐Żs dans leur pays depuis l’arriv´┐Że au pouvoir de M. Kagame en 1994.

Avec d’autres exil´┐Żs rwandais, ils ont lanc´┐Ż le 12 d´┐Żcembre pr´┐Żs de Washington un parti d’opposition, le Rwanda National Congress.

[AFP]

janvier 18, 2011   1 Comment

La Haute Cour Militaire du Rwanda condamne Nyamwasa, Rudasingwa, Karegeya et Gahima ´┐Ż de lourdes peines de prison

Quatre ex-proches de Kagame condamn´┐Żs ´┐Ż de lourdes peines de prison

La justice militaire rwandaise a condamn´┐Ż vendredi par contumace quatre anciens proches du pr´┐Żsident Paul Kagame ´┐Ż des peines allant de 20 ´┐Ż 24 ans de r´┐Żclusion notamment pour “atteinte ´┐Ż la s´┐Żcurit´┐Ż de l’Etat”, a-t-on appris de sources concordantes.

“La Haute cour militaire si´┐Żgeant ´┐Ż Kanombe (´┐Ż Kigali) a condamn´┐Ż ´┐Ż 24 ans de prison l’ex-chef d’´┐Żtat-major de l’arm´┐Że, le g´┐Żn´┐Żral Faustin Kayumba Nyamwasa”, exil´┐Ż en Afrique du Sud, et le major Th´┐Żog´┐Żne Rudasingwa, lui-aussi en exil et ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat, a indiqu´┐Ż un membre du greffe de la cour.

L’ancien patron des renseignements ext´┐Żrieurs, le colonel Patrick Karegeya, vivant ´┐Żgalement en Afrique du Sud, et l’ancien procureur g´┐Żn´┐Żral G´┐Żrald Gahima, fr´┐Żre du major Rudasingwa, “ont ´┐Żt´┐Ż condamn´┐Żs ´┐Ż 20 ans de prison”, a poursuivi cette source jointe au t´┐Żl´┐Żphone et qui a requis l’anonymat.

Ces informations ont ´┐Żt´┐Ż confirm´┐Żes par des militants des droits de l’homme ayant assist´┐Ż au jugement prononc´┐Ż par le g´┐Żn´┐Żral Peter Bagabo.

Les quatre anciennes personnalit´┐Żs rwandaises, devenues de farouches adversaires du pr´┐Żsident Kagame, ´┐Żtaient toutes poursuivies pour “trouble ´┐Ż l’ordre public, atteinte ´┐Ż la s´┐Żcurit´┐Ż de l’Etat, injures et diffamation, sectarisme et association de malfaiteurs”.

Pour Kayumba et Rudasingwa, s’y ajoutait la d´┐Żsertion de leur poste au sein de l’arm´┐Że. Le 3 janvier, le procureur avait requis contre eux 35 ans de prison, et 30 ans contre les deux autres accus´┐Żs.

“Ce n’est pas fini. Il y a d’autres enqu´┐Żtes en cours, pour terrorisme, en ce qui concerne particuli´┐Żrement Kayumba et Karegeya”, a indiqu´┐Ż ´┐Ż l’AFP le porte-parole de l’arm´┐Że, le lieutenant-colonel Jill Rutaremara.

Selon lui, les deux hommes sont soup´┐Żonn´┐Żs d’´┐Żtre derri´┐Żre les attentats ´┐Ż la grenade qui ont fait l’ann´┐Że derni´┐Żre cinq morts dans la capitale. Ces attaques, dont aucune n’avait ´┐Żt´┐Ż revendiqu´┐Że, ont vis´┐Ż ´┐Ż chaque fois des endroits tr´┐Żs fr´┐Żquent´┐Żs de la ville ´┐Ż une heure de grande affluence.

L’arm´┐Że rwandaise a affirm´┐Ż en ao´┐Żt 2010 avoir d´┐Żcouvert le groupe responsable de ces attentats, sans en pr´┐Żciser l’identit´┐Ż ou les motivations.

“Le moment venu, ces faits seront aussi port´┐Żs devant un tribunal”, a assur´┐Ż le lieutenant-colonel Rutaremara.

Il a par ailleurs annonc´┐Ż que son pays allait demander aux Etats Unis et ´┐Ż l’Afrique du Sud d’arr´┐Żter et extrader vers le Rwanda les quatre condamn´┐Żs, en ex´┐Żcution du jugement de la Haute cour militaire.

“L’ex´┐Żcution de cet aspect du jugement de ce vendredi d´┐Żpendra de la bonne volont´┐Ż des Etats h´┐Żbergeant les condamn´┐Żs”, a-t-il reconnu.

Ces quatre anciens proches du chef de l’Etat, tous des Tutsi ayant grandi en exil en Ouganda comme lui, avaient, dans un document publi´┐Ż d´┐Żbut septembre 2010, dress´┐Ż un bilan tr´┐Żs n´┐Żgatif des libert´┐Żs dans leur pays depuis l’arriv´┐Że au pouvoir de M. Kagame en 1994.

Ils avaient d´┐Żnonc´┐Ż “un gouvernement minoritaire aussi r´┐Żpressif qu’irresponsable” et exig´┐Ż la mise en place d’”un gouvernement de coalition qui inclurait l’opposition actuellement exclue du jeu politique”.

“Aucun des quatre n’a le minimum d’int´┐Żgrit´┐Ż ou l’autorit´┐Ż morale requise pour critiquer l’actuel gouvernement”, avaient r´┐Żtorqu´┐Ż en octobre le porte-parole de l’arm´┐Że, et le conseiller du pr´┐Żsident Kagame pour les questions de d´┐Żfense, le g´┐Żn´┐Żral Richard Rutatina.

[Le Figaro]

janvier 17, 2011   No Comments

D´┐Żc´┐Żs inopin´┐Ż du grand patriote Rwandais Spiridion Shyirambere

par Gaspard Musabyimana.

Spiridion Shyirambere est d´┐Żc´┐Żd´┐Ż inopin´┐Żment le lundi 10 janvier 2011 ´┐Ż Arlon. Il a ´┐Żt´┐Ż, toute sa vie, d´┐Żfenseur des libert´┐Żs de pens´┐Że et d’opinion.

Spiridion Shyirambere

N´┐Ż le 21 mars 1944 ´┐Ż Rwamatamu-Kibuye, dans l´┐ŻOuest du Rwanda, Spiridion Shyirambere avait fait, entre 1965 et 1973, une licence et un doctorat en philologie romane ´┐Ż l´┐ŻUniversit´┐Ż Catholique de Louvain (UCL) ainsi qu´┐Żune agr´┐Żgation de l´┐Żenseignement secondaire sup´┐Żrieur ´┐Ż la m´┐Żme universit´┐Ż.

Rentr´┐Ż au pays en 1973, il fut professeur de Lettres ´┐Ż l´┐ŻUniversit´┐Ż nationale du Rwanda. En 1975, il b´┐Żn´┐Żficia d´┐Żune bourse de la ´┐Ż´┐ŻFulbright High School´┐Ż´┐Ż ´┐Ż University of California ´┐Ż Los Angelos.

En 1976, il a ´┐Żt´┐Ż diplomate ´┐Ż l´┐Żambassade du Rwanda aupr´┐Żs de l´┐ŻEthiopie et de l´┐ŻOrganisation de l´┐ŻUnit´┐Ż Africaine ´┐Ż Addis Ab´┐Żba. Fin 1976, il fut nomm´┐Ż Secr´┐Żtaire g´┐Żn´┐Żral de l´┐ŻUniversit´┐Ż Nationale du Rwanda et reprit ´┐Żgalement sa carri´┐Żre de professeur. Il ´┐Żtait surnomm´┐Ż alors ´┐Ż´┐ŻHautement qualifiÚá╗ par ses ´┐Żtudiants qui admiraient son langage ch´┐Żti´┐Ż, son franc-parler et son ´┐Żl´┐Żgance vestimentaire.

Le 28 avril 1980, il fut mis en prison dans ce qui est connu au Rwanda comme ´┐Ż´┐Żl´┐Żaffaire Lizinde´┐Ż´┐Ż ou ´┐Ż´┐Żla conspiration de 1980´┐Ż´┐Ż, un complot politique d´┐Żjou´┐Ż selon les autorit´┐Żs de l’´┐Żpoque. Il ne sera lib´┐Żr´┐Ż que le 19/6/1984 gr´┐Żce ´┐Ż Amnesty International qui l´┐Żavait adopt´┐Ż comme prisonnier d´┐Żopinion. Il s´┐Żexila en Belgique en 1985. Dans ce pays, il fut professeur de fran´┐Żais, au degr´┐Ż sup´┐Żrieur, dans divers ´┐Żtablissements de la Communaut´┐Ż Fran´┐Żaise de Belgique en province du Luxembourg.

A lire:
Lettre addressee par Spiridion Shyirambere aux Chefs d’Etat et de Gouvernements:Des R´┐Żgimes Minoritaires Racistes et des Arm´┐Żes Monoethniques Sanguinaires au Rwanda, au Burundi et en Ouganda

Dans son exil, Spiridion Shyirambere a ´┐Żt´┐Ż abord´┐Ż par le FPR qui pr´┐Żparait l´┐Żattaque contre le Rwanda. Il ´┐Żtait professeur ´┐Ż l´┐ŻInstitut Technique de la Communaut´┐Ż fran´┐Żaise ´┐Ż Arlon lorsqu´┐Żil fut mis en contact t´┐Żl´┐Żphonique avec le g´┐Żn´┐Żral Fred Rwigema ´┐Ż Kampala en Ouganda par Emmanuel Kayitana, un activiste du FPR en Belgique. C´┐Ż´┐Żtait en janvier 1990. Rwigema lui annon´┐Żait qu´┐Żil allait venir en Belgique pendant les vacances de P´┐Żques d´┐Żavril 1990 pour le rencontrer. Il fut emp´┐Żch´┐Ż et envoya une d´┐Żl´┐Żgation conduite par Paul Kagame et compos´┐Że de Titus Rutaremara, Jean Pierre Ntunda, Jean Bosco Rwiyamilira. Comme, il l´┐Ża ´┐Żcrit, Shyirambere avait vite per´┐Żu chez ses interlocuteurs l´┐Żintention de cr´┐Żer un vaste espace monoethnique tutsi et s´┐Ż´┐Żtait ´┐Żgalement rendu compte que le FPR recrutait quelques Hutu pour la fa´┐Żade. Pour habiller son ´┐Ż´┐Żprojet ignoble´┐Ż´┐Ż, poursuit-il, cette d´┐Żl´┐Żgation parlait de ´┐Ż´┐Żcr´┐Żer un Etat de droit´┐Żet diverses autres gal´┐Żjades qui flattent l´┐ŻOccident´┐Ż´┐Ż. S´┐Żil avait accept´┐Ż la proposition, il devait servir de ´┐Ż´┐Żcaisse de r´┐Żsonance en Europe pour une guerre m´┐Żdiatique, une fois les hostilit´┐Żs d´┐Żclench´┐Żes´┐Ż´┐Ż. Non satisfait de cet ´┐Żchec, le chef du FPR d´┐Żalors, Fred Rwigema, vint lui-m´┐Żme en Belgique d´┐Żbut juillet 1990, soit trois mois avant la guerre, pour insister. Il continua son voyage aux Etats-Unis au Canada pour d´┐Żautres contacts. Fin juillet 1990, Rwigema t´┐Żl´┐Żphona Shyirambere depuis Montr´┐Żal pour un autre rendez-vous ´┐Ż Frankfurt en Allemagne. Shyirambere ne r´┐Żpondit pas ´┐Ż l´┐Żinvitation et finalement il opposa un refus poli ´┐Ż Rwigema.

En octobre 1990, le FPR lan´┐Ża ses attaques sur le Rwanda et conquit le pays en juillet 1994. Fort de son exp´┐Żrience avec ce mouvement de maquisards, Spiridion Shyirambere n´┐Ża cess´┐Ż d´┐Żattirer l´┐Żattention des autorit´┐Żs belges sur la d´┐Żrive totalitaire de ce r´┐Żgime de Kigali. C´┐Żest dans ce cadre qu´┐Żil avait adress´┐Ż une longue lettre, le 29/01/2000, ´┐Ż Louis Michel, alors ministre des Affaires ´┐Żtrang´┐Żres.

Spiridion Shyirambere nous a quitt´┐Żs le lundi 10 janvier 2011 ´┐Ż Arlon. Que Dieu ait son ´┐Żme.

[Gaspard Musabyimana]

janvier 15, 2011   1 Comment

Des R´┐Żgimes Minoritaires Racistes et des Arm´┐Żes Monoethniques Sanguinaires au Rwanda, au Burundi et en Ouganda

par Spiridion Shyirambere.
Jodoigne (Belgique) – 11.12.98

LES ETHNARCHIES SANGLANTES DE L’AFRIQUE CENTRALE: RWANDA, BURUNDI, OUGANDA

Ethnogen´┐Żse et Violences Cycliques

Extrait pr´┐Żpar´┐Ż express´┐Żment pour les Chefs d’Etats et de Gouvemements

Avec les voeux les plus sinc´┐Żres pour vous-m´┐Żmes et les peuples que vous dirigez, en cette fin d’ann´┐Że 1998, ann´┐Że de comm´┐Żmoration du 50´┐Żme Anniversaire de la D´┐Żclaration Universelle des Droits de l’Homme…….

Aux Chefs d’Etats et de Gouvernements

Excellences,

Concerne: Des R´┐Żgimes minoritaires racistes et des arm´┐Żes monoethniques sanguinaires au Rwanda, au Burundi et en Ouganda.

Le monde entier a conspu´┐Ż le r´┐Żgime de l’apartheid en Afrique du Sud, non qu’il s’agissait de Blancs qui opprimaient des Noirs, mais parce que c’´┐Żtait un r´┐Żgime minoritaire raciste et ill´┐Żgitime. Des r´┐Żgimes minoritaires et tout aussi racistes, et sanguinaires en plus, assoiff´┐Żs du sang des populations que de vrais dirigents doivent plut´┐Żt servir et non asservir, sont install´┐Żs actuellement ´┐Ż Kigali, ´┐Ż Bujumbura et ´┐Ż Kampala et portent la guerre m´┐Żme en R´┐Żpublique D´┐Żmocratique du Congo pour piller ses richesses et installer un pouvoir docile ´┐Ż Kinshasa, un pouvoir qui leur permet le pillage et l’impunit´┐Ż. L’oppression des Noirs sur d’autres Noirs est tout aussi condamnable que l’apartheid, d’autant plus qu’elle a, en r´┐Żalit´┐Ż fait plus de victimes si on ose se livrer ´┐Ż un si macabre recensement .

En quelques ann´┐Żes de pouvoir, Paul Kagame, Yoweri Museveni, Pierre Buyoya, ont port´┐Ż la mort partout au Rwanda, au Burundi, en R´┐Żpublique D´┐Żmocratique du Congo, en Ouganda, et dans tout I’Est-Africain. D’apr´┐Żs certaines informations, ils pourraient m´┐Żme faire couler le sang d’opposants dans d’autres pays lointains, notamment en Belgique. En raison de sa cruaut´┐Ż lorsqu’il ´┐Żtait chef du service de renseignements en Ouganda, Paul Kagame s’´┐Żtait acquis une sinistre r´┐Żputation qui lui valait le surnom de Ponce Pilate, tellement sa capacit´┐Ż d’inventer des supplices toujours nouveaux ´┐Żtait devenue l´┐Żgendaire. C’est du reste son unique g´┐Żnie: visiblement incapable de gouverner un pays, il n’a qu’un mot ´┐Ż la bouche: “genosaid”. Il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe, mais bien d’une reproduction de sa prononciation. Il est lui-m´┐Żme auteur d’un g´┐Żnocide des bahutu.

Le Rwanda est syst´┐Żmatiquement d´┐Żtruit par une clique d’individus sans autre programme que celui d’´┐Żliminer la population laborieuse: la production int´┐Żrieure et ext´┐Żrieure du r´┐Żgime Kagame, ce sont des cadavres, et non plus les bananes, haricots et autres produits utiles ´┐Ż la population. La faim d´┐Żcime ceux que les armes ont ´┐Żpargn´┐Żs. Il a promis aux r´┐Żfugi´┐Żs tutsi un retour dans un pays o´┐Ż coulent le lait et le miel. Ceux qui l’ont suivi ont trouv´┐Ż un pays o´┐Ż ce sinistre Kagame fait couler les larmes et le sang. Quelle d´┐Żsillusion! L’arm´┐Że monoethnique du Burundi n’a fait que massacrer des bahutus depuis 1965, jusqu’au Pr´┐Żsident Melchior Ndadaye d´┐Żmocratiquement ´┐Żlu. Puisque ses bourreaux impunis sont au pouvoir, c’est la population qui continue ´┐Ż ´┐Żtre d´┐Żcim´┐Że. Un projet satanique d’envahir la Tanzanie pour liquider les r´┐Żfugi´┐Żs est d´┐Żj´┐Ż connu.

Soutenu par la puissante Am´┐Żrique, Yoweri Museveni entend cr´┐Żer un empire bien ´┐Ż lui. Il oublie les exemples d’un Pinochet, d’un Mobutu, eux aussi port´┐Żs au pouvoir par les Etats-Unis et abandonn´┐Żs quelques d´┐Żcennies apr´┐Żs. Sa carri´┐Żre du mensonge et du cynisme d´┐Żbute avec son hypocrisie ´┐Ż l’´┐Żgard de Tito Okello… et de Juv´┐Żnal Habyarimana. On ne choisit pas ses voisins, d´┐Żcid´┐Żment. Museveni aura ravag´┐Ż toute l’Afrique, sans ´┐Żpargner son propre pays.

Ces trois hommes ne sont pas des hommes d’Etat responsables. Ce sont des assassins de leurs peuples, infr´┐Żquentables, et que je vous prie de mettre au banc de la communaut´┐Ż africaine et mondiale.

En vous pr´┐Żsentant mes meilleurs voeux de No´┐Żl 1998 et de Nouvelle Ann´┐Że 1999, pour vous-m´┐Żmes et pour les peuples que vous dirigez, je vous prie, Excellences, de daigner agr´┐Żer, mes respectueuses civilit´┐Żs.

Spiridion SHYIRAMBERE.

SYNTHESE

Le pouvoir tutsi et ses mythes

1. Au commencement ´┐Żtait la race

La conception du pouvoir politique en Afrique par des minorit´┐Żs extr´┐Żmistes est g´┐Żn´┐Żratrice de conflits: la dichotomie du dominant et du domin´┐Ż, du vainqueur et du vaincu, du seigneur n´┐Ż pour commander et du serviteur pliant I’´┐Żchine pour ob´┐Żir, exclut toute id´┐Że de partenariat dans une soci´┐Żt´┐Ż o´┐Ż les citoyens sont libres et ´┐Żgaux en dignit´┐Ż et en droits.

Comme la cat´┐Żgorie politique pertinente est I’ethnie, les eug´┐Żniques, gens bien-n´┐Żs pour exercer un pouvoir sur d’autres, ce sont les ethnarques et les membres de leur groupe, d´┐Żtenteurs collectivement d’un pouvoir qu’ils ont conquis, non pour servir une cause quelconque, mais pour asservir les ethnies rivales souvent majoritaires.

L’´┐Żcrasement devra ´┐Żtre quotidien pour que le vaincu sente ´┐Ż tout moment le poids de l’autorit´┐Ż. Celle-ci n’est d’ailleurs jamais comprise dans son sens ´┐Żtymologique de auctoritas, avec sa r´┐Żf´┐Żrence ´┐Ż un charisme d’ordre plut´┐Żt moral, persuasif par son sage ascendant, mais bien comme ´┐Żvocation d’un autoritarisme brutal, despotique, tyrannique ..jusqu’´┐Ż ce que I’opprim´┐Ż se r´┐Żvolte et cr´┐Że ´┐Ż son tour de pires conditions d’existence pour le nouveau vaincu: dame vengeance ne peut ´┐Żtre assouvie que par une marre de sang.

Un proverbe rwandais inspir´┐Ż par une dictature s´┐Żculaire tutsie, l’exprime dans ce raccourc´┐Ż: “ingoma idah´┐Żra ni igicuma”, un r´┐Żgne qui ne se venge pas ne pese pas lourd qu’une gourde vide!

Un lugubre holocauste p´┐Żriodique doit, en toutes circonstances, rappeler que I’ethnarque (appel´┐Ż mwami) peut toujours ´┐Żan´┐Żantir la maisonn´┐Że enti´┐Żre´┐Ż d’un serf. Et les parents d’une victime injustement frapp´┐Że devront en plus apporter des pr´┐Żsents ´┐Ż l’ethnarque assassin pour calmer sa col´┐Żre, afin qu’il ne s’en prenne pas aux survivants.

Cette mentalit´┐Ż a marqu´┐Ż m´┐Żme les dirigeant actuels et ceux des ´┐Żpoques r´┐Żcentes. Sous le r´┐Żgime du G´┐Żn´┐Żral Juv´┐Żnal HABYARIMANA comme sous celui de S´┐Żkou-Tour´┐Ż, les prisonniers politiques en libert´┐Ż conditionnelle devaient ´┐Żcrire des lettres de remerciements ´┐Ż leur ge´┐Żlier supr´┐Żme pour ´┐Żviter un retour fatal dans ces sinistres ´┐Żtablissements p´┐Żnitentiaires de Ruhengeri et du camp Boiro.

Actuellement, Pasteur BIZIMUNGU, soi-disant Pr´┐Żsident du Rwanda, Alexis Kanyarengwe “chairman” suppos´┐Ż du Front Patriotique Rwandais au pouvoir ´┐Ż Kigali, doivent plier I’´┐Żchine et marquer, par le sourire large jusqu’aux oreilles, leur satisfaction devant un g´┐Żn´┐Żral Paul KAGAME, surnomm´┐Ż nagu´┐Żre ´┐ŻPonce-Pilate´┐Ż, qui massacre leurs familles, extermine les habitants de leurs r´┐Żgions, et les menace eux-m´┐Żmes des pires conditions.

Revenant aux origines du mal, on peut observer que les arthroses, vraies ou suppos´┐Żes des reines-m´┐Żres du Rwanda ne s’apaisaient que lorsque, au moment de se lever, ces Agrippine de sinistre m´┐Żmoire s’appuyaient sur une ´┐Żp´┐Że profond´┐Żment enfonc´┐Że dans le corps d’un “muhutu”, adulte ou m´┐Żme tr´┐Żs jeune. Celui-ci ´┐Żtait d’ailleurs la cible naturelle d´┐Żsign´┐Że pour les exercices de tir des Batutsi: “Le prince de Mecklembourg, envoy´┐Ż du Kaiser, aiyait offert un fusil ´┐Ż Musinga. Celui-ci, le plus naturellement du monde, avait fait mine de l’essayer sur un muhutu qui se trouvait l´┐Ż”.1

L’hyst´┐Żrie des ethnarques batutsi les a amen´┐Żs ´┐Ż se cr´┐Żer des th´┐Żories sur la sup´┐Żriorit´┐Ż de leur race, des mythes et l´┐Żgendes cosmogoniques qui les rapprochent des divinit´┐Żs plut´┐Żt que de l’esp´┐Żce humaine terrestre. L’une des l´┐Żgendes qu’on nous inculquait de force en nous la racontant tous les soirs dans notre jeune ´┐Żge, ne manque pas de ressemblance avec le r´┐Żcit biblique des vierges folles et des vierges sages. Mais ici l’intention est d’illustrer la th´┐Żorie de la race sup´┐Żrieure “mututsi” dont le pouvoir sur les autres aurait des fondements divins, donc inattaquables.

Un jour, IMANA, Dieu de l’Univers, mit ´┐Ż l’´┐Żpreuve Gatwa, Gahutu et Gatutsi, anc´┐Żtres des trois ethnies du Rwanda et du Burundi. L’enjeu est le pouvoir, et l’´┐Żpreuve consiste en une fid´┐Żlit´┐Ż sans faille. Imana confia dont un jour ´┐Ż chacun des trois une jarre de lait, avec la promesse de r´┐Żcup´┐Żrer son d´┐Ż le lendemain, au lever du jour! Gatwa le goinfre n’attendit pas, il but aussit´┐Żt le liquide contenu dans le vase. Gahutu ´┐Ż son tour manqua de vigilance: il s’assoupit et s’endormit. Ses genoux sur lesquels le lait ´┐Żtait pos´┐Ż s’´┐Żcart´┐Żrent, et le liquide se r´┐Żpandit ´┐Ż terre, quelle d´┐Żsinvolture! Gatutsi seul put pr´┐Żsenter le pot intact au retour du ma´┐Żtre divin: en r´┐Żcompense pour sa fid´┐Żlit´┐Ż, celui-ci lui conf´┐Żra un pouvoir absolu sur les deux autres et pronon´┐Ża en plus la mal´┐Żdiction de Gatwa : ce rustre ne sera, ´┐Ż tout jamais, qu’un bouffon et un faquin ex´┐Żcutant de basses besognes. R´┐Żcit tendancieux dont l’origine est claire.

La fatuit´┐Ż des batutsi les am´┐Żne ´┐Ż s’attribuer, dans d’autres mythes et l´┐Żgendes cosmogoniques, une origine c´┐Żleste. Leur anc´┐Żtre KIGWA est descendu des nues, comme le nom l’indique. C’est dans la r´┐Żgion orientale du Rwanda qu’il a d´┐Ż choir, en provenance du pays d’En-Haut o´┐Ż il vivait avec son p´┐Żre NKUBA (Tonnerre) et sa m´┐Żre GASANI …. nom qui rappelle bien l’exclamation rwandaise “Gasani k’i Rwanda we!”.

Il arrive que ses parents inquiets de son sort le recherchent: alors soudain la torche de son p´┐Żre ´┐Żclaire le firmament -ce sont ces ´┐Żclaires nocturnes- et sa m´┐Żre qui verse d’abondantes larmes, c’est la pluie qui accompagne les ´┐Żclairs. KIGWA est arriv´┐Ż en m´┐Żme temps que son fr´┐Żre MUTUTSI, h´┐Żros ´┐Żponyme de l’ethnie, son neveu SERWEGA, h´┐Żros ´┐Żponyme du clan des Bega et son fils Kimanuka, d’origine supra-c´┐Żleste comme le nom le sugg´┐Żre, lui-m´┐Żme anc´┐Żtre du clan des banyiginya. Ces l´┐Żgendes enseign´┐Żes aux jeunes, tous les soirs, dans un but politique ´┐Żvident, sont destin´┐Żes ´┐Ż justifier le pouvoir absolu des clans Bega et Banyiginya qui se sont succ´┐Żd´┐Ż au sommet de l’Etat. Une soci´┐Żt´┐Ż sans ´┐Żcriture, nos m´┐Żdias modernes si souvent aveugl´┐Żs aussi par leur engagement politique dans un sens ou dans l’autre, sont vite manipul´┐Żs par des r´┐Żcits tendancieux.

Mais m´┐Żme actuellement, malgr´┐Ż les progr´┐Żs de l’homme vers un certain sens critique, on sait que les batutsi invoquent ces r´┐Żcits artificiels pour illustrer, avec une arrogance aussi hautaine que risible, leur apparition fortuite sur cette terre malheureuse des hommes d´┐Żchus du paradis c´┐Żleste. En Belgique, ils ont cr´┐Ż´┐Ż une association dite “Bene Gibanga”, les descendants de GIHANGA, dont l’anc´┐Żtre est KIGWA, qui a eu, d’apr´┐Żs la l´┐Żgende, un fils nomm´┐Ż KANYARWANDA, et qui s’est ´┐Żtabli ´┐Ż Gasabo, dans l’Ile-du-Rwanda.

Que de gal´┐Żjades! Ces pr´┐Żtentions pleines de morgue et de vanit´┐Ż ´┐Ż finalit´┐Ż politique n’ont d’autre effet que de faire passer tous les batutsi, aux yeux des bahutu notamment, comme des individus infatu´┐Żs, imbus jusqu’´┐Ż l’os des pr´┐Żjug´┐Żs de caste: ils n’h´┐Żsitent pas ´┐Ż imputer ´┐Ż la volont´┐Ż, divine, l’in´┐Żgalit´┐Ż des races humaines, pour se donner le beau r´┐Żle, celui de la race pr´┐Żf´┐Żr´┐Że des dieux. Dans ce contexte d’orgueil racial, on insiste moins sur d’autres l´┐Żgendes qui ´┐Żvoquent le bannissement de KIGWA. Sa m´┐Żre Nyirakigwa ´┐Żtait en fait st´┐Żrile.

Nous disposons de documents sonores r´┐Żcents, venus du Rwanda sous ce r´┐Żgime de Paul Kagame, qui affirment que la sup´┐Żriorit´┐Ż raciale des batutsi sur d’autres groupes ethniques en Afrique est une volont´┐Ż divine car ils sont la race ´┐Żlue de Dieu, comme Isra´┐Żl. Nous traduisons en langues de grande diffusion cette id´┐Żologie n´┐Żo-nazie pour montrer au monde la vraie nature des r´┐Żgimes minoritaires racistes de P. Kagame, P. Buyoya et Y. Museveni.

Une gr´┐Żce sp´┐Żciale, moyenn´┐Że par devins et magiciens, fit obtenir pour la st´┐Żrile Nyirakigwa cit´┐Że plus haut, d’Imana, Sebantu, p´┐Żre des Hommes, la conception de trois enfants, KIGWA, MUTUTSI et NYIRABATUTSI, ´┐Ż condition de ne r´┐Żv´┐Żler ´┐Ż personne le secret divin. H´┐Żlas, comme chez Eve, faiblesse et jalousie sont dans la nature des femmes. Sa soeur jalouse d’un tel bonheur lui fit boire un ´┐Żlixir qui rendit loquace, et sous cette emprise ´┐Żthylique, Nyirakigwa parla…. La col´┐Żre de Dieu expulsa du ciel tous ses enfants, tels Adam et Eve sous le coup du ch´┐Żtiment divin.

Nous devrions mettre un frein ´┐Ż cette politique de l’autruche qui consiste ´┐Ż nier les r´┐Żalit´┐Żs ethniques alors que des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de tous ´┐Żges, sont massacr´┐Żs p´┐Żriodiquement au Rwanda, au Burundi, au Congo, en Ouganda en raison de leur appartenance ethnique. Notre soci´┐Żt´┐Ż traditionnelle a ´┐Żlabor´┐Ż des th´┐Żories raciales, notamment celle de la race sup´┐Żrieure: on est pr´┐Żs du nazisme d´┐Żcri´┐Ż dans le monde entier. Ces th´┐Żories raciales n’ont pas ´┐Żt´┐Ż cr´┐Ż´┐Żes par le colonisateur, elles sont issues d’un pouvoir politique absolu longtemps monopolis´┐Ż par un groupe ethnique. Le colonisateur a renforc´┐Ż ces th´┐Żories raciales par des privil´┐Żges de caste comme on le verra plus loin, mais il n’a pas import´┐Ż ces cat´┐Żgories g´┐Żn´┐Żratrices de conflits sans fin.

2. Unification territoriale sans unit´┐Ż nationale

L’unification territoriale du Rwanda et du Burundi ´┐Żtait achev´┐Że avant l’arriv´┐Że des Europ´┐Żens. Mais l’unit´┐Ż r´┐Żelle des ethnies qui y habitent n’´┐Żtait un souci pour personne. Contrairement aux dissertations de plusieurs auteurs sur une r´┐Żelle unit´┐Ż due ´┐Ż la langue commune, aux croyance religieuses identiques, ´┐Ż un syst´┐Żme d’habitat dispers´┐Ż, l’orgueil des hommes qui se croient sup´┐Żrieurs ´┐Ż d’autres pour justifier une domination tyrannique, a mis un frein puissant ´┐Ż toute possibilit´┐Ż d’union nationale.

Les batutsi ont toujours rejet´┐Ż avec d´┐Żdain l’id´┐Że m´┐Żme d’avoir en face des partenaires dignes de partager le pouvoir avec eux: “Puisque donc nos rois ont conquis le pays des Bahutu en tuant leurs roitelets et ont ainsi asservi les Bahutu, comment peuvent-ils maintenant pr´┐Żtendre ´┐Żtre nos fr´┐Żres?”2 La primaut´┐Ż absolue est donc l’asservissement de l’autre, la domination sans partage. Dans la vie quotidienne, l’unit´┐Ż des bahutu et des batutsi n’a jamais exist´┐Ż que sous la plume d’auteurs qui ne vont pas au fond des choses.

L’unit´┐Ż l´┐Żnguistique n’est pas absolue, m´┐Żme si on accepte que I’intercompr´┐Żhension des usagers est imm´┐Żdiate et sans equivoque. Aucun auteur n’a relev´┐Ż des diff´┐Żrences tout en nuances, dans l’usage d’une m´┐Żme langue par les bahutu, les batutsi et m´┐Żme les batwa. Je n’approfondirai pas cet aspect puisque l’objet du livre en pr´┐Żparation est plus politique que linguistique.

A titre d’exemple, je signale quelques nuances dans le domaine de l’anthroponymie. Les noms propres des bahutu sont, en g´┐Żn´┐Żral, descriptifs: ils ´┐Żvoquent des circonstances familiales, les contextes du moment de la naissance. Ainsi on peut pr´┐Żsumer qu’un KANYAMAHANGA, I’´┐Żquivalent s´┐Żmantique de ALAIN (alienus), est n´┐Ż ´┐Ż l’´┐Żtranger comme le nom l’indique, c’est-´┐Ż-dire hors du milieu familial, et qu’en plus il est muhutu.

Par contre les noms propres des batutsi sont volontiers emphatiques, voire hautains: ils soulignent des versus et pr´┐Żtentions exceptionnelles auxquelles I’individu n’a m´┐Żme pas pu acc´┐Żder. Des couards n´┐Żs ne manqueront pas d’´┐Żvoquer, dans la composition des noms de leurs enfants, une bravoure capable de mettre en d´┐Żroute des arm´┐Żes tr´┐Żs puissantes ou une capacit´┐Ż inou´┐Że de r´┐Żsister ´┐Ż un ennemi tr´┐Żs fort. On n’exaltera jamais la g´┐Żn´┐Żrosit´┐Ż de coeur et d’esprit, la disponibilit´┐Ż envers autrui et d’autres sentiments du m´┐Żme ordre consid´┐Żr´┐Żs comme des faiblesses.

Ainsi donc on peut pr´┐Żsumer que RUDAKUBANA, I’indomptable, RUDAHIGWA, I’in´┐Żgalable, d´┐Żsignent bien des sujets batutsi. Et en g´┐Żn´┐Żral tous les noms propres en RU + expression d’une qualit´┐Ż exceptionnelle, tous les anthroponymies en -Yire, sont usit´┐Żs chez les batutsi, sauf de rares cas de snobisme. On rejoint ici ce caract´┐Żre hautain, cette vaine arrogance, cette morgue d´┐Żmesur´┐Że, cette fatuit´┐Ż absurde: autant de traits de caract´┐Żre relev´┐Żs plus haut qui h´┐Żrissent de col´┐Żre et souvent de m´┐Żpris l’autre ethnie qui se consid´┐Żre, elle, comme proche des r´┐Żalit´┐Żs terrestres sans pr´┐Żtentions ´┐Ż I’exceptionnel.

Cette auto-exaltation rappelle ces formules grandiloquentes (ibyivugo) r´┐Żcit´┐Żes avec une volubilit´┐Ż qui les rend inaudibles par lesquelles un individu se vante publiquement d’exploits qu’il n’a pas r´┐Żalis´┐Żs, pour m´┐Żriter une place honorable dans le groupe, et un chalumeau pour humer la bi´┐Żre de bananes en bonne compagnie de sujets valeureux !!

Lorsque le Pr´┐Żsident Mobutu a supprim´┐Ż les pr´┐Żnoms chr´┐Żtiens au Za´┐Żre, les batutsi ´┐Żtablis l´┐Ż-bas ont suivi cette veine d’inspiration pleine d’orgueil pour composer leurs nouveaux pr´┐Żnoms africains: Bisengimana RWEMA, I’indomptable, Kayitana IMANZl, I’excellence m´┐Żme… On pourrait compl´┐Żter cette ´┐Żtude onomastique ou relever d’autres diff´┐Żrences linguistiques sur base ethnique dans les domaines de la phonologie, du lexique…. La conclusion serait p´┐Żremptoire: I’unit´┐Ż linguistique des ethnies peuplant le Rwanda et le Burundi n’est pas absolue. Mais une telle recherche revient ´┐Ż des linguistes.

L’unit´┐Ż par alliances e´┐Żt ´┐Żt´┐Ż plus porteuse d’espoirs pour une symbiose nationale. Mais cet orgueil absolu des “eug´┐Żniques” s’y est longtemps oppos´┐Ż. Les mariages mixtes bahutu-batutsi et viceversa sont si rares jusqu’en 1960 que m´┐Żme les enfants produits par des amours ancillaires dont les femmes bahutukazi faisaient les frais, n’ont jamais ´┐Żt´┐Ż int´┐Żgr´┐Żs par leurs p´┐Żres comme des batutsi ´┐Ż part enti´┐Żre. C’´┐Żtaient des b´┐Żtards dus ´┐Ż un caprice occasionnel, pourtant fr´┐Żquent, d´┐Żconsid´┐Żr´┐Żs comme te Candide de Voltaire, chez le baron de Thunder-ten Tronck. Candide a d´┐Ż quitter la famille baronne pour mener diverses aventures, un r´┐Żgal pour le lecteur de ce roman d’id´┐Żes !

M´┐Żme les batutsi gueux et pauvres h´┐Żres sur les collines se m´┐Żlaient si peu aux bahutu car ils pr´┐Żf´┐Żraient se rapprocher des ethnarques, estimant appartenir eux aussi ´┐Ż la race sup´┐Żrieure. Il est certain aussi que les bahutu satisfaits d’une r´┐Żelle prosp´┐Żrit´┐Ż agricole que les petits batutsi n’atteignaient pas, auraient d´┐Żdaign´┐Ż un tel “commerce” avec des paresseux et des gueux vivant dans une oisivet´┐Ż lascive et un verbiage st´┐Żrile.

Apr´┐Żs 1960, on sait que plusieurs batutsikazi se mariaient par pur int´┐Żr´┐Żt (pour certains) avec des bahutu enrichis, et que ces derniers trouvaient peut-´┐Żtre, psychologiquement, un quelconque plaisir superficiel au fruit leur d´┐Żfendu pr´┐Żc´┐Żdemment. Mais, malgr´┐Ż cela, on ne conna´┐Żt pas de bahutu de bonne situation qui accepteraient, de gaiet´┐Ż de coeur, le mariage de leur fille avec un mututsi, milieu consid´┐Żr´┐Ż comme assez mani´┐Żr´┐Ż, oisif, hypocrite et perfide comme l’exprime le raccourci proverbial suivant: “umututsi umwakira mu kirambi akagutera mu buriri; Recevez un mututsi au salon, il en profitera pour vous attaquer dans votre lit”.

C’est avec une r´┐Żsignation due ´┐Ż la lib´┐Żration des moeurs, que ces m´┐Żmes bahutu tol´┐Żraient sans enthousiasme le mariage de leur fils avec une mututsikazi, mais rarement dans les r´┐Żgions du Nord o´┐Ż l’on pouvait certes consid´┐Żrer les femmes batutsikazi comme “deuxi´┐Żme, ni´┐Żme bureau” (maitresses) et non des femmes qu’on ´┐Żpouse pour les installer chez soi. Les freins ´┐Ż l’unit´┐Ż ont toujours ´┐Żt´┐Ż assez puissants et les guerres ont achev´┐Ż de ruiner m´┐Żme les esperances les plus id´┐Żalistes, les plus g´┐Żn´┐Żreuses, et les plus porteuses d’espoirs pour l’avenir.

Le syst´┐Żme d’habitat dispers´┐Ż qui am´┐Żne les ethnies ´┐Ż partager les m´┐Żmes conditions d’existence, les m´┐Żmes rivi´┐Żres, les m´┐Żmes besoins quotidiens sur les collines n’a pas pu cr´┐Żer une symbiose totale, mais c’est un facteur tr´┐Żs positif que les guerres viennent d’an´┐Żantir. Des “bututsistans se cr´┐Żent sur le mod´┐Żle de l’apartheid. Les bahutulands n’existent m´┐Żme plus car ceux-ci n’ont plus droit qu’´┐Ż la prison, ´┐Ż la mort ou ´┐Ż l’exil s’ils parviennent ´┐Ż s’´┐Żvader de cet enfer quotidien.

Certes les pratiques et croyances religieuses anciennes actuelles restent identiques. Mais en fait les traditions spirituelles du Rwanda et du Burundi sont rest´┐Żes au niveau du culte des anc´┐Żtres, un culte individual et familial. Elles n’ont jamais ´┐Żt´┐Ż organis´┐Żes et structur´┐Żes comme une religion qui exprime l’´┐Żme collective d’une peuple et en cr´┐Że le ciment, ´┐Ż I’image de l’islam du bouddhisme, du protestantisme, etc… Les religions import´┐Żes avec la colonisation ne sont encore qu’un vernis social. Les ´┐Żglises et temples sont certes remplis, mais que valent-elles ces ´┐Żglises, ces mosqu´┐Żes, ´┐Ż quoi servent ces temples, si ceux qui fr´┐Żquentent ces ´┐Żtablissements ont la haine ethnique dans les coeurs et savent bien qu’aucune valeur n’est plus sacr´┐Że? Mieux vaudrait fermer ces b´┐Żtisses r´┐Żcup´┐Żr´┐Żes par Satan, o´┐Ż l’on massacre les innocents et m´┐Żme les ministres du culte, de tous ´┐Żges et de tous rangs sans r´┐Żaction de rupture diplomatique du Saint-Si´┐Żge: Ah, ce Vatican qui nous fait perdre la foi!

Il n’existe donc pas d’unit´┐Ż nationale fond´┐Że sur une langue sensiblement homog´┐Żne, sur des croyances religieuses similaires, sur un syst´┐Żme d’habitat dispers´┐Ż qui rapproche les ethnies en les m´┐Żlangeant dans une aire g´┐Żographique commune. Les cat´┐Żgories sociales d´┐Żvelopp´┐Żes ailleurs au cours des si´┐Żcles, patrons et travailleurs, ouvriers et salari´┐Żs d’une part, travailleurs ind´┐Żpendants d’autre part ne sont pas pertinentes en Afrique Centrale. Les id´┐Żologies qui cr´┐Żent une dynamique sociale fond´┐Że sur la foi en une ´┐Żconomie planifi´┐Że d’une part et en une ´┐Żconomie lib´┐Żrale d’autre par-t n’existent que dans la t´┐Żte des intellectuels et ne peuvent pas restructurer la soci´┐Żt´┐Ż africaine sur le mod´┐Żle gauche et droite!

L’ethnie reste donc la seule cat´┐Żgorie politique pertinente. Dans ce contexte, les perspectivas demeurent conflictuelles: le syst´┐Żme politique est rond´┐Ż non sur une union effective des ethnies mais sur l’´┐Żcrasement de l’une par l’autre, la domination exclusive d’une ethnie sur les autres.

Le Rwanda et le Burundi ont manqu´┐Ż de personnalit´┐Żs politiques charismatiques capables de transcender les divisions ethniques. Les ethnarques d’antan (bami) niaient jusqu’´┐Ż I’existence du probl´┐Żme. Ce n’est de toute fa´┐Żon pas de ce milieu-l´┐Ż que pouvait jaillier une lumi´┐Żre quelconque pour l’ensemble des citoyens: une culture du mensonge qui caract´┐Żrise Museveni, Kagame et tant d’ethnarques du Burundi.

Aucune personnalit´┐Ż visionnaire ne pouvait na´┐Żtre et grandir dans ces cours du Bas-Empire ou s´┐Żvissaient les vices les plus inf´┐Żmes: dangereuses intrigues, guet-apens sanglants, lasses flatteries, fatales d´┐Żlations, une lubricit´┐Ż qui n’´┐Żpargnait ni les enfants ni les pages (intore) fils de grands vassaux, et surtout un cynisme macabre qui procede ´┐Ż des ex´┐Żcutions capitales quotidiennes dans l’unique but de faire sentir le poids d’un absolutisme souverain. Ce fl´┐Żau est de retour, h´┐Żlas.

Le lourd atavisme d’une cour ainsi arri´┐Żr´┐Że et d´┐Żprav´┐Że ne pouvait ´┐Żclairer une ethnarque sans aucune formation. Parlant de celui du Rwanda, Guy Logiest dresse un portrait peu reluisant3: “Toute son enfance est bas´┐Że sur des concepts antid´┐Żmocratiques: il a pass´┐Ż son enfance aupr´┐Żs du Mwami MUSINGA; il est membre et maintenant chef du clan Bahindiro. Il est n’est ni tr´┐Żs intelligent, ni suffisamment instruit pour comprendre le sens profond des principes d´┐Żmocratiques. Il est charg´┐Ż d’une lourde h´┐Żr´┐Żdit´┐Ż de f´┐Żodal absolu…”.

A l’heure actuelle, o´┐Ż la sous-r´┐Żgion des grands lacs tout enti´┐Żre est plong´┐Że dans des guerres, une telle lumi´┐Żre tant attendue serait vite ´┐Żteinte par des manoeuvres perfides et haineuses, d´┐Żs qu’elle se manifesterait. L’assassinat de Melchior NDADAYE, Pr´┐Żsident de la R´┐Żpublique du Burundi, en est un signe ´┐Żloquent. Son ´┐Żmasculation colport´┐Że par des rumeurs incessantes mais non encore v´┐Żrifi´┐Żes, et plut´┐Żt ´┐Żtouff´┐Żes n’´┐Żtonnerait pas ceux qui connaissent cette caste qui ne se satisfait qu’en s’appropriant les d´┐Żpouilles sexuelles de sa victime.

Le tambour enseigne des ethnarques du Rwanda, KALINGA, ´┐Żtait couvert de ces lugubres ornements. Un texte en notre possession, intitul´┐Ż “Indorenvamo” de juin 1998 nous apprend, sans surprise, que le g´┐Żn´┐Żral Paul KAGAME conserve chez sa m´┐Żre, sous bonne garde militaire, les d´┐Żpouilles de Monseigneur Phocas Nikwigize, Ev´┐Żque de Ruhengeri (au nord-ouest du Rwanda) port´┐Ż disparu fin novembre 1996 alors qu’il rentrait par la fronti´┐Żre de Gisenyi. Et le Saint-Si´┐Żge, devenu plus temporel que spirituel, garde encore des relations diplomatiques avec un tel r´┐Żgime. Que l’on mette fin ´┐Ż cette carri´┐Żre du crime d’un Paul Kagame, depuis I’Ouganda, le Rwanda, la R.D. du Congo et m´┐Żme au-del´┐Ż.

3. Les influences externes de 1920 ´┐Ż 1960

Quand de graves probl´┐Żmes surgissent dans des anciennes colonies, et qu’on en accuse l’ancien colonisateur, un tel discours passe ais´┐Żment. Mais quatre d´┐Żcennies d’ind´┐Żpendance doivent nous amener ´┐Ż r´┐Żfl´┐Żchir aussi sur la responsabilit´┐Ż des nationaux: ces pays ont pu avoir des cadres hautement form´┐Żs dans toutes les disciplines du savoir, m´┐Żme si la cat´┐Żgorie des intellectuels a toujours pay´┐Ż un lourd tribut humain aux guerres, r´┐Żbellions, razzias et autres goulags indescriptibles. Qu’ont-ils fait de leurs propres pays apr´┐Żs les ind´┐Żpendances? Une pertinente question qui n’est pas abord´┐Że en d´┐Żtails dans ce cadre-ci.

Pour la r´┐Żgion interlacustre qui nous occupe, il serait facile d’accuser la Belgique de tous les maux. Certes, elle a ses responsabilit´┐Żs, et ce sont elles que nous examinons dans ce cadre d’influences externes. Mais on ne peut ignorer la radicalisation des tensions ethniques par les nationaux eux-m´┐Żmes, ´┐Ż cause de leur duret´┐Ż de coeur, de leur soif du pouvoir et de l’avoir! On ne peut passer sous silence cette ´┐Żlaboration de th´┐Żories racistes communiqu´┐Żes de bouche ´┐Ż oreille ou clairement affich´┐Żes comme celles d’Art´┐Żmon SIMBANANIYE au Burundi.

Admettons qu’en mati´┐Żre de responsabilit´┐Żs, les nationaux aient “une poutre dans l’oeil”, car ils n’ont rien redress´┐Ż apr´┐Żs le d´┐Żpart des Belges, en ce qui concerne les relations interethniques. Mais les Belges auraient, eux aussi, au moins “la paille dans l’oeil”. Mais la “paille” ici, la “paille” l´┐Ż, cela g´┐Żn´┐Żre une gigantesque incendie. La Belgique a institutionnalis´┐Ż en Afrique Centrale des situations conflictuelles pour l’avenir.

Rappelons d’abord les “crimes” (sic) dont la Belgique est vraiment absoute, quel que soit son niveau de responsabilit´┐Ż en tant que puissance adrninistrante des territoires du Rwanda et du Burundi. On sait bien que, parodiant Garroche, certains Rwandais auraient la joie au coeur en entonnant cette chanson:

Il est mort notre roi, C’est la faute ´┐Ż Harroy!

Notre exil ´┐Ż coups de gourdins, C’est la faute ´┐Ż Perraudin!

Un tel langage est facile ´┐Ż tenir. Il r´┐Żsume un contentieux belgo-tutsi encore actuel. Pour les batutsi, le Roi Charles MUTARA Rudahigwa, mort le samedi 25 juillet 1959 ´┐Ż Bujumbura, a ´┐Żt´┐Ż assassin´┐Ż par les Belges! On l’entend encore souvent, et sans effort, mais cette affirmation ne r´┐Żsiste pas ´┐Ż l’examen.

On ne voit pas le mobile d’un tel crime qui ne fait partie, ni du pass´┐Ż national des Belges, ni de leur action pass´┐Że au Rwanda o´┐Ż, malgr´┐Ż un despotisme moyen´┐Żgeux, Ils avaient toujours soutenu les batutsi et leurs monarques. M´┐Żme le Mwami MUSINGA qui leur r´┐Żsistait ouvertement n’a pas ´┐Żt´┐Ż tu´┐Ż. Il fut rel´┐Żgu´┐Ż ´┐Ż Kamembe, avec les honneurs et 500 porteurs pour ses effets personnels.

En 1959, nous avons ´┐Żt´┐Ż curieux de savoir la v´┐Żrit´┐Ż, Charles Mutara Rudahigwa avait, avant de se rendre ´┐Ż I’h´┐Żpital o´┐Ż il mourut, pass´┐Ż quelques heures ´┐Ż l’H´┐Żtel Paguidas ´┐Ż Bujumbura. Les p´┐Żres j´┐Żsuites qui ´┐Żtaient pr´┐Żsents le voyaient tr´┐Żs affaibli par diverses pathologies dont il souffrait, et parmi elle un inavouable penchant ´┐Ż la dive bouteille. Jean-Paul HARROY, alors Gouverneur g´┐Żn´┐Żral du Rwanda et du Bunindi, parle m´┐Żme d’un projet de cure de d´┐Żsintoxication alcoolique aux Etats-Unis. En octobre 1959, ´┐Ż ma question insistente et aga´┐Żante, pleine d’accents d’une jeunesse r´┐Żvolt´┐Że et en plein d´┐Żsarroi, une personne avis´┐Że finit par me r´┐Żpondre ceci:

“Ecoute, votre Mwami consomme une bouteille enti´┐Żre de whisky en une demi-heure et une bouteille de porto en quinze minutes…”. Elle n’ajouta rien. Je me souviens d’avoir alors retenu les mots “wisiki” et “proto” sans savoir ce que cela voulait dire. J’ai mis huit ans pour en saisir r´┐Żctiement le sens exact, et surtout pour comprendre la port´┐Że de ce que j’avais entendu.

Jean-Paul HARROY ne pouvait pas ordonner une autopsie pour faire la lumi´┐Żre sur ce d´┐Żc´┐Żs. L’autopsie n’aurait eu aucune valeur de v´┐Żrit´┐Ż pour une caste si arri´┐Żr´┐Że. De toute fa´┐Żon, elle ne pouvait ´┐Żtre pratiqu´┐Że que par un m´┐Żdecin Europ´┐Żen, alors que justement les Europ´┐Żens en bloc et tous les Blancs en g´┐Żn´┐Żral ´┐Żtaient accus´┐Żs d’assassinat, de r´┐Żgicide. En outre, nul ne pouvait avoir acc´┐Żs ´┐Ż ce corps dans une atmosph´┐Żre si tendue. La Belgique ici est hors de cause. Mais le contentieux demeure.

A l’occasion du car´┐Żme 1959, Monseigneur Andr´┐Ż Perraudin avait pr´┐Żch´┐Ż le partage fraternel, dans une soci´┐Żt´┐Ż habitu´┐Że aux privil´┐Żges exclusifs de caste et ´┐Ż l’´┐Żcrasement continuel de l’autre. La duret´┐Ż de coeur d’une aristocratie mututsi chez qui le chistianisme n’´┐Żtait gu´┐Żre qu’un fragile vernis, devait consid´┐Żrer ce sermon comme un crime de l´┐Żse-majest´┐Ż. Pourtant, Monseigneur A. Perraudin ´┐Żtait bien dans la tradition s´┐Żculaire de l’Eglise. A la cour des grands, Bossuet pronon´┐Żait des sermons plus percutants encore:

“Oh Dieu cl´┐Żment et juste! Ce n’est pas pour cette raison que vous avez donn´┐Ż aux grands de la terre un rayon de votre puissance. Vous les avez faits grands, pour servir de p´┐Żres ´┐Ż vos pauvres; votre providence a pris soin de d´┐Żtourner les maux de dessus leurs t´┐Żtes, afin qu’ils pensassent ´┐Ż ceux du prochain; mais leur grandeur au contraire les rend d´┐Żdaigneux, leur abondance secs, leur f´┐Żlicit´┐Ż insensibles; encore qu’ils voient tous les jours, non tant des pauvres et des mis´┐Żrables, que la mis´┐Żre elle-m´┐Żme et la pauvret´┐Ż en personne, pleurantes et g´┐Żmissantes ´┐Ż leur porte” (Sermon sur le mauvais riche).

Monseigneur Andr´┐Ż Perraudin n’atteignit m´┐Żme pas de tels accents, avec protase et apodose si ´┐Żmouvantes. Mais sa pr´┐Żdication lui valut une inimiti´┐Ż ´┐Żternelle qu’on remarque encore sans peine, et d’abondantes gr´┐Żces perp´┐Żtuelles, l´┐Ż-haut, o´┐Ż nous sommes tous attendus, grands et petits, riches et mendiants, humbles et arrogants! tout un univers si h´┐Żt´┐Żrog´┐Żne, au royaume des ombres… S’il faut encore avoir la foi avec tant de mal qu’on voit autour de soi.

Nous allons ´┐Ż pr´┐Żsent pointer les responsabilit´┐Żs concretes de la puissance administrante et de ses auxiliaires.

Au niveau politique:

Le mandat de tutelle supposait la pr´┐Żparation du Rwanda et du Burundi ´┐Ż l’ind´┐Żpendance: moderniser les institutions surann´┐Żes, n’ob´┐Żissant qu’´┐Ż l’arbitraire; inculquer aux populations et ´┐Ż leurs dirigeants les libert´┐Żs ´┐Żl´┐Żmentaires du citoyen: ´┐Żgalit´┐Ż devant la loi, droit de vote, droit d’expression, une justice ´┐Żgale pour tous, sans distinction de races, m´┐Żmes droits et m´┐Żmes devoirs du citoyen…

La Belgique n’a fait aucune tentative en ce sens. Elle n’a m´┐Żme pas introduit l’obligation pour les ethnarques dirigeants d’ob´┐Żir ´┐Ż quelque loi que ce soit, ne fut-ce qu’une loi fondamentale, une constitution. lls ob´┐Żissaient ´┐Ż leur arbitraire souverain. La Belgique a destitu´┐Ż le mwami Musinga uniquement parce qu’il opposait une r´┐Żsistance farouche aux missionnaires, emp´┐Żchait les conversions dans son entourage… Elle a failli ´┐Ż sa mission essentielle, et les lacunes signal´┐Żes plus haut ne seront combl´┐Żes qu’´┐Ż la h´┐Żte en p´┐Żriode r´┐Żvolutionnaire en 1961; un an avant I’ind´┐Żpendance, la population ignorait les bulletins de vote. Ces lacunes ouvraient d´┐Żj´┐Ż le cahier de revendications des r´┐Żvolutionnaires: abolition du tambour embl´┐Żme KALINGA couvert de d´┐Żpouilles humaines, adoption d’un drapeau national, ´┐Żlaboration d’une constitution ´┐Ż laquelle tout dirigeant se soumet, instauration du droit de vote ´┐Ż tous les ´┐Żchelons, distinction nette des trois pouvoirs, que le mwami exer´┐Żait seul selon ses caprices, obligation pour lui de r´┐Żsider ´┐Ż la Capitale, suppression du Coll´┐Żge des ABIRU, conseillers discr´┐Żtionnaires et absolus du despote, etc… Ces droits ´┐Żl´┐Żmentaires n’ont ´┐Żt´┐Ż acquis que par un conflit interethnique qui a boulevers´┐Ż I’ordre ancien conserv´┐Ż par les Allemands, et puis par les Belges: ces derniers ont ´┐Żt´┐Ż jusqu’´┐Ż destituer tous les chefs et sous-chefs bahutu pour placer des batutsi.

La Belgique a pr´┐Żf´┐Żr´┐Ż renforcer les privil´┐Żges de caste des batutsi en leur accordant un monopole du pouvoir politique ´┐Ż tous les ´┐Żchelons. Elle suivait en cela les d´┐Żmarches insistentes de Monseigneur L´┐Żon Classe, vicaire apostolique du Rwanda, dont le penchant et le parti pris en faveur des batutsi ´┐Żtait avou´┐Ż clairement:

“Si nous voulons nous placer au point de vue pratique et chercher l’inter´┐Żt vrai du du pays, nous avons dans la jeunesse mututsi un ´┐Żl´┐Żment incomparable de progr´┐Żs… Chefs n´┐Żs, ceux-ci ont le sens du commandement…” (Extrait d’une lettre adress´┐Że le 21/9/1927 au R´┐Żsident du Rwanda, Mr Mortehan. 4

Ces conceptions cr´┐Żeront des in´┐Żgalit´┐Żs, accumuleront des frustrations qui, le moment venu, s’exprimeront par la r´┐Żvolte contre cette minorit´┐Ż et les pr´┐Żjug´┐Żs raciaux qui lui font accorder des privil´┐Żges exclusifs.

Le m´┐Żme pr´┐Żlat, qui curieusement soutenait I’in´┐Żgalit´┐Ż des hommes, r´┐Żclamera toujours une h´┐Żg´┐Żmonie exclusive pour les eug´┐Żniques, la race des seigneurs batutsi: “Le plus grand tort que le gouvernement pourrait se faire ´┐Ż lui-m´┐Żme et au pays, serait de supprimer la caste mututsi. Une r´┐Żvolution de ce genre conduira le pays tout droit ´┐Ż l’anarchie et au communisme anti-europ´┐Żen”.

Cette derni´┐Żre affirmation est au moins r´┐Żellement oppos´┐Że ´┐Ż ce qui arrivera plus tard en 1958-1959, ce sont les batutsi qui se sont rapproch´┐Żs des partis africains d’ob´┐Żdience communiste (MNC Lumumba). Leurs meetings politiques auxquels j’ai assist´┐Ż ´┐Ż Nyanza (au centre du pays) en 1959 ´┐Żtaient ouvertement anti-belges: “Nous vous chasserons des maisons que vous habitez…” disaient tout haut les leaders de I’UNAR (Union Nationale Rwandaise, parti monarchiste extr´┐Żmiste). Ce revirement orgueilleux a d’ailleurs valu une antipathie active de l’administration belge envers ses anciens prot´┐Żg´┐Żs batutsi. Tous les Belges, missionnaires et administrateurs, ´┐Żtaient choqu´┐Żs par de tels discours hautains.

Les partis des bahutu se r´┐Żjouissaient de la fin d’un pacte belgo-tutsi qui risquait de laisser le commandement ´┐Ż une caste hostile et d´┐Żtemin´┐Że ´┐Ż ´┐Żcraser les bahutu. En fait, les batutsi press´┐Żs d’avoir le pouvoir exclusif au moment de I’ind´┐Żpendance, avec le monopole d’armes modernes dont la population hutu ne disposait pas, pressaient les Belges de quitter le Pays. Ils recouraient pour cela aux slogans ind´┐Żpendantistes qui passaient ais´┐Żment aux Nations-Unies gr´┐Żce au groupe afro-asiatique, et m´┐Żme aux superpuissances, Etats-Unis et Union Sovi´┐Żtique: ces derni´┐Żres poussaient les pays afficains ´┐Ż r´┐Żclamer I’ind´┐Żpendance, mais pour des raisons diff´┐Żrentes qu’on peut r´┐Żsumer par un d´┐Żnominateur commun: “Ote-toi de l´┐Ż, que je m’y mette!”.

Au Congo, les Belges avaient affaire ´┐Ż un Patrice LUMUMBA qui les avaient surpris et irrit´┐Żs par le discours fracassant du 30 juin 1960 devant le Roi Baudouin 1er. lls n’aimaient s´┐Żrement pas entendre ce m´┐Żme langage au Rwanda et au Burundi. lls se sont d´┐Żs lors d´┐Żtourn´┐Żs des batutsi, et le mauvais calcul de ces derniers leur infligea une d´┐Żfaite au Rwanda: ce fut la fin de leurs privil´┐Żges, ´┐Ż cause de leur arrogance naturelle!

Au niveau des acquis de la modernit´┐Ż:

Dans ce domaine aussi, l’administration belge r´┐Żservait le monopole aux batutsi. Certes l’administration laissait I’enseignement aux missionnaires de diverses confessions. Mais elle n’exigeait pas d’eux l’observation stricte de consignes telles que I’´┐Żgalit´┐Ż de tous les citoyens devant l’acc´┐Żs ´┐Ż l’instruction.

Les missionnaires cr´┐Żaient des ´┐Żcoles fond´┐Żes sur une s´┐Żgr´┐Żgation claire et avou´┐Że: Ecoles pour flls de chefs, Sections Administratives…e m´┐Żme partout, en g´┐Żn´┐Żral, admission exclusive et s´┐Żlective de jeunes batutsi. L’acc´┐Żs dans les s´┐Żminaires s’ouvrait ´┐Ż quelques rares jeunes bahutu, mais l´┐Ż aussi, on sait bien que le clerg´┐Ż fut tutsi dans sa grande majorit´┐Ż. Ceci peut d´┐Żsabuser de vrais chr´┐Żtiens qui constatent que m´┐Żme les fonctions eccl´┐Żsiastiques d´┐Żpendent tant des contingences temporelles comme si les fils et filles de Dieu n’´┐Żtaient pas ´┐Żgaux quelle que soit leur race!

En 1957, lorsque j’´┐Żtais en sixi´┐Żme ann´┐Że primaire, un inspecteur dioc´┐Żsain (mututsi ´┐Żvidement) est pass´┐Ż en classe avec des formulaires sur lesquels les jeunes ´┐Żl´┐Żves indiquaient leurs orientations souhait´┐Żes dans I’enseignement secondaire. Les jeunes bahutu qui ont indiqu´┐Ż “Groupe Scolaire d’Astrida” devaient changer! On leur disait en effet: “Sois r´┐Żaliste, mon petit, tu ne peux pas entrer dans ce genre d’´┐Żcole: comme ton p´┐Żre en fut pas chef, tu ne le seras pas non plus. Tu peux indiquer ´┐Ż la rigueur Ecole de Moniteurs ou Petit S´┐Żminaire, ou bien rentrer cultiver les champs avec tes parents, tu es grand, tiens!”.

La frustration ´┐Żtait p´┐Żn´┐Żtrante, r´┐Żvoltante, mais on pliait I’´┐Żchine. Comme mon dioc´┐Żse ´┐Żtait jumel´┐Ż avec celui de Li´┐Żge, Monseigneur Kerkofs a envoy´┐Ż le chanoine Eug´┐Żne Ernotte pour cr´┐Żer un coll´┐Żge gr´┐Żco-latin au Rwanda. Ce pr´┐Żlat circulait dans le pays et s´┐Żlectionnait lui-m´┐Żme les candidats suite ´┐Ż un examen, que j’ai r´┐Żussi, ouf! Mais souvent on ne lui pr´┐Żsentait comme candidats que les jeunes batutsi puisque tous les inspecteurs dioc´┐Żsains l’´┐Żtaient aussi. Ce fut quand m´┐Żme le seul ´┐Żtablissement o´┐Ż il y eut au moins 40% d’´┐Żl´┐Żves bahutu. Le chiffre est proche de la r´┐Żalit´┐Ż: ´┐Ż partir des ann´┐Żes troubl´┐Żes 1959 et suivantes, nous nous comptions bien par ethnies ´┐Ż l’´┐Żcole car des ´┐Żchauffour´┐Żes avaient lieu partout entre jeunes bahutu et jeunes batutsi: en r´┐Żcr´┐Żation, au r´┐Żfectoire, et m´┐Żme au dortoir on ne fermait pas l’oeil! On devait savoir sur qui compter surtout sur le chemin du retour pour les vacances scolaires.

La puissance administrante des territoires du Rwanda et du Burundi n’a donc pas veill´┐Ż au principe de I’´┐Żgalit´┐Ż pour tous, sans discriminations, devant I’instruction. Cette erreur a ´┐Żt´┐Ż lourde de cons´┐Żquences pour l’avenir. Devenant Premier Ministre en 1961 dans le Gouvernement provisoire, Gr´┐Żgoire KAYIBANDA a pris le contr´┐Żle du Minist´┐Żre de l’Education Nationale pour que les enfants du petit peuple puisse avoir un libre acc´┐Żs ´┐Ż l’enseignement.

Le m´┐Żme Gr´┐Żgoire Kayibanda, devenu Pr´┐Żsident de la R´┐Żpublique, en 1962, s’est empress´┐Ż pour cr´┐Żer I’Universit´┐Ż Nationale du Rwanda en 1963: il fallait vraiment ´┐Żtre visionnaire pour penser ´┐Ż cr´┐Żer un Temple de la science en pleine brousse, ´┐Ż c´┐Żt´┐Ż d’un arboretum, loin de toute tradition acad´┐Żmique.

Des th´┐Żories pseudo-scientif´┐Żques tendancieuses

Les batutsi, eux, s’attribuaient une origine c´┐Żleste. Leur apparition sur terre ne serait due qu’´┐Ż des circonstances tout ´┐Ż fait fortuites, nous l’avons d´┐Żvelopp´┐Ż pr´┐Żc´┐Żdemment. Quel orgueil!

Les th´┐Żories pseudo-scientifiques d’ethnologues et anthropologues europ´┐Żens tendaient ´┐Ż remonter les batutsi de fa´┐Żon ´┐Ż situer leur origine le plus pr´┐Żs possible de I’Europe et ´┐Ż les apparenter ainsi aux Europ´┐Żens. La confusion est grande: cette origine, ce serait I’Ethiopie pour ceux qui les apparentent ´┐Ż la tribu des Galla; pour d’autres, ce serait encore plus haut, dans le Caucase, o´┐Ż m´┐Żme ce serait une vari´┐Żt´┐Ż tribale indo-europ´┐Żenne, donc des Europ´┐Żens a peau noire comme il existe des juifs noirs, les Fallachas… Les hypoth´┐Żses abondent dans le m´┐Żme sens.

Les Europ´┐Żens install´┐Żs au Rwanda et au Burundi en sont convaincus. lls r´┐Żpandent ces th´┐Żories, notamment chez les jeunes. Les jeunes batutsi y trouvent une justification suppl´┐Żmentaire de leur orgueil, tandis que les jeunes bahutu entendent par l´┐Ż une raison objective de les consid´┐Żrer comme des ´┐Żtrangers qui devraient retoumer chez eux de gr´┐Ż ou de force. Dans son discours r´┐Żcent ´┐Ż Gisenyi, L´┐Żon MUGESERA, du MNRD (Mouvement R´┐Żvolutionnaire National pour le D´┐Żveloppement), leur sugg´┐Żrait d’emprunter la voie la plus rapide, la Nyabarongo, c’est-´┐Ż-dire par noyade. Il appliquait par l´┐Ż ce que ces pseudo-scientifiques avaient tant de fois avanc´┐Ż, sans preuves rigoureuses, et sans unanimit´┐Ż d’ailleurs.

De toutes mani´┐Żres, les Europ´┐Żens avaient bonne conscience de n’accorder des privil´┐Żges de caste qu’´┐Ż une tribu apparent´┐Że ´┐Ż eux, et les batutsi voyaient leur arrogance justifi´┐Że par des savants Europ´┐Żens. Ceci fut lourd de cons´┐Żquences dans les relations interethniques au Rwanda et au Burundi.

D’autres affirmations flatteuses pour les batutsi, leur attribuaient une beaut´┐Ż physique in´┐Żgal´┐Że: “…ces hommes de haute taille, atteignant la moyenne de 1,79 m´┐Żtres et d´┐Żpassant deux m´┐Żtres chez quelques g´┐Żants, minces de corps, aux membres longs et gr´┐Żles, r´┐Żguliers de traits de port noble, graves et hautains”. 5

Et pourtant il suffit de regarder la photo de MUSINGA, mututsi par excelence, avec la pro´┐Żminence exag´┐Żr´┐Że de ses incisives sup´┐Żrieures qui avancent visiblement hors de la cavit´┐Ż buccale m´┐Żme quand la bouche est ferm´┐Że, pour y voir un trait physique comparable ´┐Ż celui de certains rongeurs. Quant ´┐Ż ses gros yeux myopes qui lui d´┐Żpassent leur orbite, et qu’on appelle typiquement princiers, ce n’est pas l´┐Ż un portrait physique flatteur.

D’autres “canons de beaut´┐Ż” (sic) que I’on retrouve particuli´┐Żrement chez les femmes, tel ce d´┐Żveloppement fessier d´┐Żmesur´┐Ż qui disproportionn´┐Ż les dimensions g´┐Żn´┐Żrales du corps, ce n’est pas l´┐Ż un trait qui serait appr´┐Żci´┐Ż dans un concours de beaut´┐Ż! La photographie de Charles Mutara RUDAHIGWA souligne cette particularit´┐Ż f´┐Żminine tutsi, ce qui est plut´┐Żt rare chez les hommes.

Les batutsi s’enorgueillissent d’une soi-disante beaut´┐Ż parce que ces descriptions d’Europ´┐Żens font ´┐Żloges m´┐Żme des tares physiques manifestes. Tout enfant du monde est beau, s’il a ´┐Żt´┐Ż bien entretenu: cela d´┐Żpend uniquement du niveau ´┐Żconomique de la familie et non de la race.

Lorsque Casimir Bizimungu, alors Ministre rwandais (muhutu) des Affaires Etrang´┐Żres a rencontr´┐Ż Paul Kagame et sa d´┐Żl´┐Żgation chez Mobutu durant la guerre, il a cru avoir affaire ´┐Ż des sauvageons “imihirimbiri”, a-t-il dit publiquement ´┐Ż son retour. L’impression ´┐Żtait exacte car ces batutsi vivaient dans I’inconfort total du maquis. Ce n’´┐Żtait pas une tare imputable ´┐Ż leur race, mais le r´┐Żsultat de leur p´┐Żnible condition d’existence: Ils avaient effectivement une apparence ext´┐Żrieure de sauvageons! L’arrogance des batutsi qui s’enorgueillissent encore d’une vaine beaut´┐Ż leur a ´┐Żt´┐Ż inspir´┐Że par ces ´┐Żcrits, donc par des influences externes.

En r´┐Żsum´┐Ż, on peut donc retenir que la Belgique n’a pas modernis´┐Ż les institutions politiques d´┐Żsu´┐Żtes, qu’elle n’a pas inculqu´┐Ż ´┐Ż des populations peu ´┐Żvolu´┐Żes au niveau politique, les droits et devoirs ´┐Żl´┐Żmentaires du citoyen et du dirigeant. Par contre, elle a renforc´┐Ż les privil´┐Żges exclusifs de la caste tutsi en destituant chefs et sous-chefs bahutu. Le droit ´┐Ż l’instruction fut r´┐Żserv´┐Ż aux seuls batutsi, et la frustration chez les autres devait ´┐Żtre source de conflits pour l’avenir.

Pour l´┐Żgitimer la monopolisation du pouvoir et d’autres privil´┐Żges par les batutsi, des th´┐Żories pseudo-scientifiques non d´┐Żmontr´┐Żes avec rigueur les ont apparent´┐Żs aux Europ´┐Żens, justifiant ainsi leur aptitude inn´┐Że ´┐Ż commander aux Noirs de tout le Continent Africain.

Enfin une th´┐Żorie superficielle leur attribue une esth´┐Żtique physique sans faille, ce qui donne du cr´┐Żdit ´┐Ż leur arrogance vis-´┐Ż-vis des autres. Ces influences externes ont engendr´┐Ż des frustrations et pr´┐Żpar´┐Ż le terrain ´┐Ż des affrontements interethniques inevitables et ´┐Ż un dessein d’un orgueil t´┐Żm´┐Żraire: par des guerres de conqu´┐Żtes, cr´┐Żer un vaste empire Hima.

Lorsque certains bahutu assassinaient des batutsi, ils cons´┐Żd´┐Żraient qu’ils tuaient en fait l’arrogance incarn´┐Że et non des personnes humaines; c’est psychologiquement apaisant.

Un pouvoir absolu monopolis´┐Ż pendant des si´┐Żcles a donc gonfl´┐Żs les batutsi d’un orgueil qui les dresse contre tous les autres peuples de la r´┐Żgion interlacustre, consid´┐Żr´┐Żs comme des races inf´┐Żricures, oblig´┐Żes par la nature ´┐Ż se soumettre ´┐Ż la caste noble! Volont´┐Ż Divine …

Toutes les justifications les plus absurdes sont avanc´┐Żes:

* origine celeste de la race pr´┐Żf´┐Żr´┐Że des dieux;

* provenance indo-europ´┐Żenne pour certains ethnologues, sans preuves rigoureuses;

* sup´┐Żriorit´┐Ż d’une race n´┐Że pour commander ´┐Ż d’autres;

* arrogance d´┐Żmesur´┐Że ´┐Ż propos de traits physiques consid´┐Żr´┐Żs comme des canons de beaut´┐Ż, m´┐Żme quand il s’agit de tares manifestes.

On est proche des th´┐Żories nazies. L’ethnie mututsi r´┐Żclame le pouvoir absolu ´┐Ż Kampala, Kigali, Bujumbura et Kinshasa, en vertu des justifications futiles ´┐Żrig´┐Żes en mythes et l´┐Żgendes. Elle se heurte ´┐Ż une hostilit´┐Ż croissante des groupes bantous, comme les nazis ont affront´┐Ż le monde entier, sont vaincus sans dispara´┐Żtre totalement.

Des documents sonores dont les textes doivent encore ´┐Żtre traduits en fran´┐Żais et en anglais, attestent du d´┐Żveloppement en Afrique des Grands Lacs, d’une id´┐Żologie raciste et violente, avec des justifications divines.

Spiridion Shyirambere.
Jodoigne (Belgique) – 11.12.98

=======================================

POUR MIEUX M’IDENTIFIER, AFIN QUE VOUS N’AYEZ PAS L’IMPRESSION D’AVOIR AFFAIRE A UN POLTRON QUI SE CACHE POUR PARLER COMME CES OISEAUX QUI SE CACHENT POUR MOURIR, JE JOINS UN CURRICULUM VITAE…

I. Identification

Spiridion Shyirambere

Nom: SHYIRAMBERE Pr´┐Żnom: Spiridion
N´┐Ż ´┐Ż RWAMATAMU (Rwanda) le 21 mars 1944
Nationalit´┐Ż d’origine: rwandaise
Nationalit´┐Ż actuelle : belge, depuis 1992

Domicili´┐Ż ´┐Ż:
1370 JODOIGNE ( Belgique)
R´┐Żsidence Les Rendanges
Boulevard des Rendanges, 8, bte 3

P´┐Żre de 7 enfants
P´┐Żre adoptif de 3 enfants

II. Etudes

1952-1958 Ecole primaire,Rwamatamu (Rwanda)
1958-1965 Humanit´┐Żs gr´┐Żco-latines, Nyanza (Rwanda)
1965-1969 Licence en Philologie romane, U.C.L., Leuven
F´┐Żvrier 1970 Agr´┐Żgation de I’Enseignement secondaire sup´┐Żrieur en Philologie romane, U.C.L., Leuven
1969-1973 Doctorat en Philologie romane, U.C.L., Leuven.

III. Carri´┐Żre

Juillet 1973-Sept. 1973: A la t´┐Żte d’une d´┐Żl´┐Żgation diplomatique rwandaise en R´┐Żpublique populaire de Chine.

Octobre 1973: Professeur ´┐Ż la Facult´┐Ż des Lettres de l’Universit´┐Ż nationale du Rwanda.

1975: Fullbright Scholar, University of California, Los Angeles.

1976: Conseiller ´┐Ż l’Ambassade du Rwanda aupr´┐Żs de I’O.U.A. et de l’Ethiopie.

Octobre 1976: Secr´┐Żtaire g´┐Żn´┐Żral de l’Universit´┐Ż nationale du Rwanda et professeur ´┐Ż la Facult´┐Ż des Lettres

1981: D´┐Żtention politique ´┐Ż Ruhengeri cfr. Rapport annuel Amnesty International.

1985: Lib´┐Żration conditionnelle et exil en Belgique.

1987: Professeur de fran´┐Żais au degr´┐Ż sup´┐Żrieur dans divers ´┐Żtablissements de la Communaut´┐Ż fran´┐Żaise de Belgique:
- Ath´┐Żn´┐Że Royal de Virton
- Ath´┐Żn´┐Że Royal d’Athus
- Ecole Normale de l’Etat, Virton
- lnstitut Technique de l’Etat, lzel
- lnstitut Technique Etienne Lenoir, Arion
- lnstitut des Cadres de la Jeunesse, Mirwart.

IV. Publications

“Contribution ´┐Ż l’´┐Żtude sociolinguistique du bilinguisme”, Paris, Selaf, 1978.

En collaboration:

- “Le Francais hors de France”, Paris, Honor´┐Ż Champion, 1979.
- “Dictionnaire du fran´┐Żais d’Afrique”, Paris, Aupelf, 1979.

En pr´┐Żparation:

“Les ethnarchies sanglantes de l’Afrique Centrale”

V. Soci´┐Żt´┐Żs savantes

* Membre titulaire du Conseil Internacional de la Langue Fran´┐Żaise, Paris.

* Membre de I’Institut Panafricain de G´┐Żopolitique, Nancy.

* Membre de l’Association d’Etudes Linguistiques lnterculturelles, A.E.L.I.A., Aupelf , Paris.

N.B. Activit´┐Żs handicap´┐Żes par la d´┐Żtention et les al´┐Żas de l’exil politique.

NOTES:


1. L. de Lacger: Le Rwanda ancien et moderne.


2. L. de Lacger: Le Rwanda ancien et moderne.


3. G. Logiest: Mission au Rwanda.


4. L. de Lacger: Le Rwanda ancien et moderne.


5. L. de Lacger: Le Rwanda ancien et moderne.

[http://www.inshuti.org/spiridio.htm]

janvier 15, 2011   1 Comment