Tribune d'Information sur le Rwanda

Membre de FDU-Inkingi devant le tribunal Gacaca nie sa présence au Rwanda en 1994

Kigali – Un opposant rwandais jugé en révision pour son rôle présumé dans le génocide perpétré contre les Tutsis en 1994, a plaidé non coupable mercredi, affirmant, devant un tribunal gacaca de l’est du Rwanda, qu’il se trouvait en Europe au moment des faits, a rapporté jeudi Radio Rwanda.

Joseph Ntawangundi

Joseph Ntawangundi arrêté pour son rôle présumé dans le génocide en 1994

Joseph Ntawangundi, 51 ans, est membre des Forces démocratiques unifiées (FDU), un parti créé en exil et qui peine à se faire enregistrer par les autorités rwandaises.

Présenté dans le dossier comme directeur, au moment du génocide de 1994, de l’Ecole agri-vétérinaire de Gitwe, dans la Province de l’Est, il est accusé d’avoir organisé des massacres de Tutsis dans cet établissement à l’époque des faits.

Dans sa défense mercredi, il a affirmé n’avoir jamais dirigé cette école et a ajouté qu’il se trouvait en Suède pendant le génocide, a rapporté la radio.

Pourtant, a poursuivi la source, une vingtaine de témoins, dont trois se sont présentés respectivement comme ancien élève, ancien domestique et ancienne concubine de l’accusé, ont affirmé l’avoir vu sur les lieux au moment des faits.

Le tribunal gacaca du secteur Gitwe, après avoir examiné et confronté ces déclarations, a conclu qu’il s’agissait bien de lui et a reporté le procès au 24 mars.

Actuellement détenu à la prison centrale de Kibungo (est) Ntawangundi, qui était assistant de Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), et candidate au scrutin présidentiel d’août prochain, a été arrêté début février à Kigali, officiellement, en exécution d’un jugement rendu en 2007 par le tribunal gacaca de Gitwe.

Cette juridiction l’a condamné par contumace à 19 ans de prison ferme après l’avoir reconnu coupable de participation au génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, selon Radio Rwanda.

Mme Ingabire et M.Ntawangundi sont rentrés dans leur pays en janvier pour faire enregistrer leur formation politique créée en exil.

Après son arrestation, Ntawangundi avait fait valoir le droit reconnu par la loi rwandaise, à un nouveau procès, pour les condamnés par contumace. Ce qui lui a été accordé.

Inspirées des anciennes assemblées lors desquelles les sages du village réglaient les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), les juridictions gacacas sont chargées de juger les auteurs présumés du génocide, à l’exception des « planificateurs au niveau national » qui relèvent de la compétence des tribunaux classiques.

Agence Hirondelle

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