Tribune d'Information sur le Rwanda

La situation économique au Rwanda

par FDU-Inkingi et RNC

La situation économique au Rwanda

Défendant la décision d’inviter le président Kagame à Paris, l’ambassadeur de France à Kigali a mis en avant le bilan économique du régime du FPR (réponse à Monsieur Stéphane Sonck parue sur le site Internet IBUKABOSE). Il appuyait ainsi, peut être sans le vouloir, les propos du président Kagame lors de son discours d’investiture prononcé le 6 septembre 2010, devant un parterre d’invités. Le président rwandais avait alors déclaré que “les peuples africains n’avaient pas besoin de démocratie, mais de lutte contre la pauvreté“. Auparavant, il avait défendu cette thèse dans une carte blanche au journal britannique Financial Times. Ceci constitue une violation flagrante du principe universellement défendu par les démocraties occidentales de ce qu’on appelle le dilemme du pain et de la liberté. Tout d’abord le peuple rwandais est suffisamment mûr pour choisir ce qui lui convient. Ensuite, le soi-disant miracle économique du Rwanda n’est que pur propagande.

Contrairement à ce que prétend le régime, l’économie rwandaise reste structurellement préoccupante pour au moins cinq raisons:

  1. La croissance économique tantvantée est fort discutable. Ainsi, « African Dictator » l’a-t-il souligné, à juste titre, sous le titre éloquent : « Kagame’s “Economic Miracle” is fraud »[6] . En tout état de cause, cette croissanceest loin d’être endogène et potentiellement auto entretenue. En effet, comme le fait remarquer Bjørn Willum, jamais dans l’histoire, le pays n’a été aussi dépendant de l’aide étrangère : “ The country is extremely dependent on donor loans and grants, which finance roughly half of the government’s budget”[7]. Auparavant, l’entièreté du budget ordinaire ou de fonctionnement était financé par des ressources propres et il n y avait pas d’aide budgétaire directe.
  2. Le fossé entre riches et pauvres se creuse inexorablement. Selon les chiffres rendus publics par le ministère en charge de l’économie dans un document intitulé “Economic Development & poverty reduction strategy 2008-2012″ de 2007, le nombre total de rwandais vivant en dessous du seuil de pauvreté est de 60% aujourd’hui. Ce chiffre était de 40% sous le précédent régime. Lorsqu’on considère le coefficient GINI, on se rend compte que 40% de la richesse nationale est détenu par 10% de la population. A ce déséquilibre au niveau global se greffe un déséquilibre au niveau régional. En effet, le document ci haut cité émanant du gouvernement même du FPR, reconnaît de fortes disparités entre la province de l’Est et les autres provinces, celle du Sud étant la plus pauvre[8]
  3. L’instabilité politique. Comme souligné avec raison par le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) «National Human Development Report – Rwanda 2007», « si rien n’est fait pour combler le fossé entre riches et pauvres, si l’aide extérieure n’est pas équitablement distribuée et si une démocratie effective n’est pas instaurée au Rwanda, le pire pour le Rwanda est à craindre». Les Nations Unies reconnaissent qu’il existe un lien de causalité entre la promotion des droits de l’Homme et le développement des nations. Quand une société est libre et que les populations peuvent jouir entièrement des libertés reconnues, elles sont créatives et elles contribuent effectivement au développement du pays. L’instabilité politique crée un climat d’incertitude qui n’est pas propice aux investissements.
  4. Le contrôle de tous les secteurs de l’économie rwandaise par le président Kagame défie les règles de la libre concurrence. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un simple regard sur les activités de son holding Tristar, baptisé Crystal Ventures Ltd (CVL) depuis 2009 : « The company’s portfolio is fairly diversified stemming from both the above strategy and also from a risk management perspective. The sectors currently invested in include civil works and concrete products, construction and real estate development, telecommunications, agricultural value addition, aviation charter services, security services, printing and publishing, furniture trading and manufacturing, building materials, media systems, property management and engineering services and diversified investment groups. Through its portfolio companies, CVL employs over 3,000 people of whom over 1,000 are permanent employees. The current project pipeline includes opportunities in packaging materials, building materials, horticulture, agro-processing, hotels and hostels, manufacturing electrical cables and heavy equipment”.[9]Parmi les nombreux écrits fustigeant l’emprise de Kagame sur l’économie rwandaise, il y’a lieu de citer celui d’« African Dictator” : « Pathological liar Kagame: How does he get away with it? » [10]A noter que le site du holding CVL ne donne pas tous les renseignements et que, depuis quelque temps, ceux-ci disparaissent au gré des dénonciations. Le cas de « Aviation charter services, http://www.replinvestments.com ». « Repli Investments Ltd », succursale de CVL établie en Afrique du Sud, a en effet été retirée du site depuis la parution de l’article « Who said luxury was only for the rich? Rwanda splurges on luxury jets » [11] qui pointait du doigt deux avions de luxe appartenant à Kagame et dont l’un des bénéficiaires est Tony Blair, ancien premier ministre britannique. Le cas également de la liste de trois hommes de paille de Kagame qui vient de s’évanouir, manœuvre qui n’a pas échappé à «African Dictator» qui raille la supercherie sous le titre : « Kagame caught in the Act! »[12]
  5. L’exploitation des « minerais du sang », en provenance du Congo voisin, vient de subir une entrave sérieuse avec l’entrée en vigueur, depuis le 1er avril 2011, de la « Dodd–Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act »[13], à l’instigation du président américain Obama. Cette mesure salutaire pour les Congolais a gravement contrarié le régime de Kagame qui a vainement lancé des protestations (voir notamment l’article : « Rwanda protests new US mineral policy » [14]

[6]

http://www.africandictator.org/?p=3146

[7]

http://www.willum.com/dissertation/5rwandaneconomy.PDF

[8]

The poverty headcount fell significantly in Eastern Province and declined by smaller amounts in Northern Province and in the City of Kigali. However, poverty in Southern Province did not change significantly, which is a cause for concern since the South is now the poorest province (Figure 2.4 and Appendix 1: Table A2.4). Calculations show that 68% of the total reduction of poverty in the country was accounted for by poverty reduction in Eastern Province.

[9]

http://www.crystalventuresltd.com/aboutus.php#strategic

[10]

http://www.africandictator.org/?p=3532

[11]

http://ellyakanga.wordpress.com/2010/02/17/who-said-luxury-was-only-for-the-rich-rwanda-splurges-on-luxury-jets/

[12]

http://www.africandictator.org/?p=3572

[13]

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dodd–Frank_Wall_Street_Reform_and_Consumer_Protection_Act

[14]

http://www.busiweek.com/10/page.php?aid=1104

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1 comment

1 Olivier { 09.16.11 at 09:45 }

Je prefere ne pas savoir ce qui se passe derire les pauvres rwandais,pour vivre ma vi tranqillement.si no je risque de tout quitte

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