Tribune d'Information sur le Rwanda

La Haute Cour Militaire du Rwanda condamne Nyamwasa, Rudasingwa, Karegeya et Gahima à de lourdes peines de prison

Quatre ex-proches de Kagame condamnés à de lourdes peines de prison

La justice militaire rwandaise a condamné vendredi par contumace quatre anciens proches du président Paul Kagame à des peines allant de 20 à 24 ans de réclusion notamment pour “atteinte à la sécurité de l’Etat”, a-t-on appris de sources concordantes.

“La Haute cour militaire siégeant à Kanombe (à Kigali) a condamné à 24 ans de prison l’ex-chef d’état-major de l’armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa”, exilé en Afrique du Sud, et le major Théogène Rudasingwa, lui-aussi en exil et ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat, a indiqué un membre du greffe de la cour.

L’ancien patron des renseignements extérieurs, le colonel Patrick Karegeya, vivant également en Afrique du Sud, et l’ancien procureur général Gérald Gahima, frère du major Rudasingwa, “ont été condamnés à 20 ans de prison”, a poursuivi cette source jointe au téléphone et qui a requis l’anonymat.

Ces informations ont été confirmées par des militants des droits de l’homme ayant assisté au jugement prononcé par le général Peter Bagabo.

Les quatre anciennes personnalités rwandaises, devenues de farouches adversaires du président Kagame, étaient toutes poursuivies pour “trouble à l’ordre public, atteinte à la sécurité de l’Etat, injures et diffamation, sectarisme et association de malfaiteurs”.

Pour Kayumba et Rudasingwa, s’y ajoutait la désertion de leur poste au sein de l’armée. Le 3 janvier, le procureur avait requis contre eux 35 ans de prison, et 30 ans contre les deux autres accusés.

“Ce n’est pas fini. Il y a d’autres enquêtes en cours, pour terrorisme, en ce qui concerne particulièrement Kayumba et Karegeya”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jill Rutaremara.

Selon lui, les deux hommes sont soupçonnés d’être derrière les attentats à la grenade qui ont fait l’année dernière cinq morts dans la capitale. Ces attaques, dont aucune n’avait été revendiquée, ont visé à chaque fois des endroits très fréquentés de la ville à une heure de grande affluence.

L’armée rwandaise a affirmé en août 2010 avoir découvert le groupe responsable de ces attentats, sans en préciser l’identité ou les motivations.

“Le moment venu, ces faits seront aussi portés devant un tribunal”, a assuré le lieutenant-colonel Rutaremara.

Il a par ailleurs annoncé que son pays allait demander aux Etats Unis et à l’Afrique du Sud d’arrêter et extrader vers le Rwanda les quatre condamnés, en exécution du jugement de la Haute cour militaire.

“L’exécution de cet aspect du jugement de ce vendredi dépendra de la bonne volonté des Etats hébergeant les condamnés”, a-t-il reconnu.

Ces quatre anciens proches du chef de l’Etat, tous des Tutsi ayant grandi en exil en Ouganda comme lui, avaient, dans un document publié début septembre 2010, dressé un bilan très négatif des libertés dans leur pays depuis l’arrivée au pouvoir de M. Kagame en 1994.

Ils avaient dénoncé “un gouvernement minoritaire aussi répressif qu’irresponsable” et exigé la mise en place d'”un gouvernement de coalition qui inclurait l’opposition actuellement exclue du jeu politique”.

“Aucun des quatre n’a le minimum d’intégrité ou l’autorité morale requise pour critiquer l’actuel gouvernement”, avaient rétorqué en octobre le porte-parole de l’armée, et le conseiller du président Kagame pour les questions de défense, le général Richard Rutatina.

[Le Figaro]

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