Tribune d'Information sur le Rwanda

Rwanda: La condamnation de Madame Victoire Ingabire à 15 ans de prison est un verdict contre l’ensemble de l’opposition démocratique

Rwanda: La condamnation de Madame Victoire Ingabire à 15 ans de prison est un verdict contre l’ensemble de l’opposition démocratique

Le 13 décembre 2013

La condamnation de Madame Victoire Ingabire, Présidente des FDU-INKINGI, à 15 ans de prison ferme, loin d’être un cas isolé, est un signal fort que le gouvernement du FPR envoie à l’ensemble de l’opposition démocratique. En effet, les charges aujourd’hui retenues contre elle, sont à quelques détails près, les mêmes que celles retenues contre les autres chefs de l’opposition condamnés par la justice rwandaise, à savoir : Deo Mushayidi, Président du PDP-IMANZI et Bernard Ntaganda, Président du PS-IMBERAKURI. Mme Ingabire expie les « péchés » de toute l’opposition démocratique.

Pourtant, au cours des audiences, elle a prouvé, au-delà de tout doute raisonnable, que les charges retenues contre elles n’étaient étayées par aucune preuve ni un quelconque fait vérifiable. Ce qui révèle un procès purement politique.

Lors de sa condamnation à 8 ans par la Haute Cour, Mme Ingabire était accusée de conspiration contre le régime en place et de minimisation du génocide. La Cour Suprême y a ajouté le crime de propagation de rumeurs. La conspiration contre le régime était fondée sur l’entretien d’une prétendue rébellion armée : la CDF dont l’existence a été démolie, au cours des audiences à la Cour Suprême, par les mêmes témoins, désabusés, que le Procureur avait pourtant auparavant produits devant la Haute Cour. Un nouveau témoin a même révélé, avec force détails, comment le plan avait été échafaudé au camp de rééducation de Mutobo,Ruhengeri.

La plateforme FDU-INKINGI, IHURIRO-RNC, AMAHORO-PC exprime son soutien inconditionnel à Madame Victoire Ingabire. Elle réitère qu’elle ne se laissera pas intimidée par l’instrumentalisation de la justice par le régime du FPR pour contrer l’opposition. Le régime de Kigali croit qu’en emprisonnant Madame Ingabire, éteindra cette dernière politiquement, l’éloignera de son combat politique et dissuadera le reste de l’opposition démocratique. Il se trompe. La lutte de Madame Ingabire pour une société libre et démocratique et pour le vivre ensemble entre rwandais est en effet plus forte qu’elle. Elle ne pourra pas s’en départir.

La plateforme FDU-INKINGI, IHURIRO-RNC, AMAHORO-PC en appelle au peuple rwandais, afin qu’il prenne en mains son destin et revendique ses droits civiques. Personne d’autre ne le fera à sa place. La plateforme restera à ses côtés, prête à canaliser ses revendications. Elle s’adresse également aux amis du Rwanda, pour qu’ils usent de leur influence auprès du régime du FPR, afin de l’amener à la raison et d’ouvrir l’espace politique, tel que demandé par le parlement européen dans sa résolution 2013/2641(RSP).

Pour la Plateforme,

Dr. Nkiko Nsengimana
Coordinateur
FDU-INKINGI
Lausanne, Switzerland

Etienne Masozera
Président
AMAHORO-PC
Ottawa, Canada

Dr. Theogene Rudasingwa
Coordinateur
IHURIRO-RNC
Washington DC, USA

Plateforme-FDU-RNC-AMAHORO-Condamnation de VIU (FRA)

December 14, 2013   No Comments

RDC – Offensive de l’armée congolaise contre les FDLR : Enlever à Kigali son dernier alibi

Militaires-Congo

Militaires-Congo

Depuis la défaite militaire du M23, on savait que l’épreuve de force entre l’armée congolaise et les rebelles hutus des FDLR opérant à l’Est, était devenue inévitable.En effet, revigorée moralement par sa victoire « éclair », l’armée congolaise, soutenue par les Casques bleus de la Monusco, est passée, le 10 décembre, à l’offensive. Soulignons que durant des décennies, l’Est du Congo, notamment le Sud-Kivu, était devenu un champ clos à l’intérieur duquel des milices et mouvements de rébellion de toutes sortes y faisaient régner leur « loi », basée sur la prédation, les viols et les massacres des populations civiles.
La présence des éléments des FDLR sur le sol congolais servait jusque-là à justifier les incursions répétitives de l’armée rwandaise à l’Est de la RD CongoParmi ces mouvements de rébellion, il y a les FDLR, une structure militaro-politique constituée d’ex-génocidaires assoiffés de revanche. Et, pour le régime Kagamé, ces rebelles hutus ont toujours constitué une menace pour la stabilité extérieure du Rwanda. Pour les mettre hors d’état de nuire, Kigali a toujours opté pour une stratégie d’encerclement bâtie autour de « forces supplétives » formées et encadrées par l’armée rwandaise. La présence des éléments des FDLR sur le sol congolais servait jusque-là à justifier les incursions répétitives de l’armée rwandaise à l’Est de la RD Congo. Et ce, en totale violation des conventions internationales reconnaissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du pays de Lumumba. Enfin, Kabila tient sa promesse faite après la victoire de l’armée congolaise sur le M23 : démanteler les FDLR. Comme si le temps était venu d’enlever à Kigali son dernier alibi. Cela dit, qu’il s’agisse de la RD Congo ou du Rwanda, à long terme, le problème de la sécurité et de la paix n’est pas militaire, mais politique. Pour se relever de ses ruines et se reconstruire, en RD Congo, il faudra refonder complètement le pacte politique. A l’heure actuelle, le système politique congolais continue de reposer sur l’exclusion et le recours aux méthodes autoritaires.

Oui, avec l’offensive de démantèlement des FDLR, Kabila a choisi d’agir au bon moment. Ainsi, il enlève à Kigali son dernier alibi-refuge

Certes, en brandissant son nouveau costume de « libérateur du Congo », Kabila cherche à faire oublier que son régime souffre d’un gros déficit de légitimité. La RD Congo, avec Kabila, reste « une démocratie superficielle, une démocratie d’usurpation ».
De même, le régime Kagamé rencontre de sérieuses difficultés à épouser correctement les vertus démocratiques. Evidemment, avec le génocide, le Rwanda est revenu à la vie grâce aux FDLR, après avoir été jusqu’au bout de la nuit. Bien sûr, il faut continuer à traquer, à punir les auteurs du génocide. Mais, quels que soient les crimes des FDLR, rarement dans l’histoire africaine un groupe en a commis de tels. Du moment que l’écrasante majorité de la population se revendique hutu, et continuera de vivre au Rwanda, il faudra bien que le régime Kagamé engage « une politique de réconciliation réaliste » entre Rwandais. Ce serait la seule façon d’assurer, définitivement, la victoire sur l’ennemi. Oui, avec l’offensive de démantèlement des FDLR, Kabila a choisi d’agir au bon moment. Ainsi, il enlève à Kigali son dernier alibi-refuge. En cas de victoire, il devra poursuivre sa politique de détente avec le Rwanda, un acteur géopolitique et diplomatique majeur, incontournable sur la scène africaine.

Abdoulaye BARRO

Source: onewovision.com – 13/13/2013.

December 14, 2013   No Comments

RDC: priorité à la traque des rebelles rwandais des FDLR (ONU)

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KINSHASA, 12 décembre 2013 (AFP) – La traque des rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est la priorité numéro un des Casques bleus dans ce pays, a indiqué jeudi l’ONU. “La priorité numéro un de la Monusco [Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC, NDLR] est désormais les FDLR”, a indiqué le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, Martin Kobler, sur son compte Twitter. La victoire de l’armée congolaise contre les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), début novembre, “offre la possibilité de se concentrer sur d’autres groupes armés”, ajoute le chef de la Monusco. Le gouvernement congolais a annoncé mercredi avoir lancé, avec le soutien de la brigade d’intervention de la Monusco, une offensive destinée à mettre fin une bonne fois pour toute à la présence armée des FDLR en RDC. Selon l’ONU, cette opération, qui se concentre pour l’instant sur la région de Pinga, à 90 km au nord-ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, au sous-sol extrêmement riche, a permis de libérer une route tenue depuis deux ans par les rebelles. Pour l’heure, l’offensive semble se limiter à une exhibition de force et à un renforcement de la présence militaire sur le terrain, ni l’ONU ni les FARDC n’ayant fait part d’affrontements. “A ma connaissance, jusqu’à présent, il n’y a pas eu de combats”, confirme un expert militaire à Kinshasa, sous le couvert de l’anonymat.

Interrogé par l’AFP, le ministre de la Défense congolais, Alexandre Luba Ntambo, a indiqué qu’il était encore “trop tôt pour juger des opérations militaires”.

Il a précisé que les FARDC offraient toujours la possibilité “à tous les groupes armés” de se rendre plutôt que de subir l’épreuve du feu.

Les FDLR sont formées de rebelles hutu rwandais réfugiés en RDC depuis le génocide perpétré en 1994 au Rwanda contre les Tutsis et comptent encore dans leurs rangs des auteurs du génocide.

Depuis la défaite du M23, rébellion majoritairement tutsi ayant sévi au Nord-Kivu de mai 2012 à novembre 2013, les FDLR sont la première milice homogène en termes de nombre de combattants présents sur le sol congolais. Selon les estimations, elles comptent 1.800 à 2.300 hommes disséminés au Nord et au Sud-Kivu.

Accusées d’avoir commis des atrocités à grande échelle contre des civils, les miliciens FDLR, dont le nombre n’a cessé de baisser depuis 2006, sont aujourd’hui d’abord une menace pour la population locale des zones où ils évoluent, même si leur objectif proclamé reste de renverser le régime du président Paul Kagame, au pouvoir à Kigali depuis 1994.

December 14, 2013   No Comments