Tribune d'Information sur le Rwanda

Congo (RDC)-Rwanda: L’ENFER POUR LES FDLR !

Rebelles - Congo (RDC)

Rebelles – Congo (RDC)

Après le M23, c’est maintenant le tour des FDLR, Forces démocratiques de libération du Rwanda, de passer au scalpel du désarmement. Ainsi qu’il a été annoncé, l’opération de désarmement de ce groupe armé étranger a démarré et il devra en principe être volontaire. Peut-être pourrait-il être forcé au cas où des circonstances particulières y contraindraient les FDLR.

Doit-on parler d’enfer pour les Forces démocratiques de libération du Rwanda ? Il serait trop tôt de faire une telle affirmation. Il vaudra mieux suivre l’évolution de la situation sur le terrain, question de se faire, à travers les faits, une certaine idée sur le sort qui sera donné au processus de désarmement de ce groupe armé étranger.

En octobre dernier, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité ou l’obligation – cela dépend, de se mettre au pas en ce qui concerne les groupes armés, étrangers et congolais, avec les rebelles hutus rwandais comme point de mire.

Dans tous les cas, le sort est scellé pour ce groupe armé qui n’a, de toutes les façons, aucun argument à avancer pour retarder ou repousser un processus dont le décor a été complètement planté. « On n’a pas de choix », fait-on valoir aussi bien au niveau des instances congolaises que de la Monusco.

Les carottes sont donc cuites pour les FDLR. Tout ce qui leur reste, c’est de faire avec un désarmement volontaire qui leur épargnerait des situations malencontreuses. On ne pense pas qu’ils suivent une autre voie que celle qui leur a été indiquée, en l’occurrence la voie de la raison. C’est-à-dire, celle du désarmement volontaire.

Dans une de ses interventions, toujours sur la question, Martin Kobler, représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en RDC, avait bien dit les choses lorsqu’il affirmait qu’avec la défaite du M23, le travail venait de commencer.  « C’est un désarmement volontaire et paisible sans combattre parce que nous ne voulons pas combattre », avait-il déclaré, non sans avoir objecté. « Mais nous utilisons la force, la Brigade d’intervention, si c’est nécessaire, si les groupes armés ne veulent pas désarmer volontairement et paisiblement », avait précisé Martin Kobler.

Tout compte fait, l’actuelle offensive déclenchée par les Forces armées de la République Démocratique du Congo est dirigée contre un groupe armé qui, pendant longtemps, a semé la désolation et la mort au sein des populations civiles, notamment dans les provinces du Nord et du Sud Kivu.

S’il est un souhait à émettre, dans la foulée, c’est de « tordre » une fois pour toutes le cou aux FDLR, une force négative, pour que la paix, la sécurité et la tranquillité reviennent en force dans l’Est de la RDC. Loin de canons et autres exactions qui étaient devenus le lot quotidien d’une population, souvent en déplacée interne. Le temps presse.

Source: lepotentielonline.com – 13/12/2013.

December 13, 2013   No Comments

Rwanda – La condamnation de Madame Victoire Ingabire par la Cour Supreme est une honte

Mme Victoire Ingabire incarnera toujours notre lutte démocratique

Mme Victoire Ingabire - Opposante Rwandaise

Mme Victoire Ingabire – Opposante Rwandaise

Bruxelles, le 13 décembre 2013

Communiqué Verdict cour supreme

Chers compatriotes, chers amis du Rwanda, vous tous épris de paix, de liberté et de démocratie,

Le verdict vient de tomber et il est implacable. En effet notre Présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, vient d’écoper injustement d’une peine d’emprisonnement de 15 ans. Ce verdict de la Cour Suprême vient aggraver le premier jugement rendu par la Haute Cour en date du 30 octobre 2012.

Nos premiers mots vont à notre Présidente, Mme Victoire Ingabire Umuhoza à qui nous témoignons de notre soutien indéfectible et assurons de continuer le combat qu’elle a initié jusqu’à la conquête totale de nos droits et libertés et à la libération totale du peuple rwandais du joug dictatorial sous le quel il croupit depuis bientôt deux décennies. Nos mots vont aussi à la famille de la prisonnière, qui a consenti à tant de sacrifices dans l’intérêt du peuple rwandais et qui aujourd’hui se trouve privée d’une mère ou d’une épouse.

Enfin, nos mots s’adressent à tous les membres des FDU-Inkingi ainsi qu’à tous les démocrates de quelque bord qu’ils soient, pour leur dire : ne vous découragez pas, c’est maintenant que le combat commence. Rien ne peut arrêter l’aspiration d’un peuple à la liberté et à la démocratie. Partout où les régimes dictatoriaux ont essayé d’empêcher le peuple d’accéder à son aspiration profonde, ils ont échoué. Certes, souvent il a fallu des hommes et des femmes d’un courage exceptionnel pour arriver à faire plier ces régimes. Victoire Ingabire en fait partie.

Rappelons que la décision des FDU-Inkingi d’aller faire la politique au Rwanda, a été prise après avoir passé en revue toutes les options possibles pour rétablir un régime démocratique au Rwanda face à un régime dictatorial et que l’option pacifique choisie nous semblait être la meilleure pour éviter d’éternels renversements de pouvoir dans le sang. Nous pensons toujours que le sang a trop coulé dans notre pays et qu’il était important que le régime rwandais comprenne que par cette action, nous lui donnions une offre de paix et de réconciliation afin d’épargner au peuple rwandais les souffrances du passé.

Nous n’allons pas revenir sur tous les incidents qui ont marqué ce procès depuis la Haute Cour jusqu’à la Cour Suprême, incidents qui ont été relevés aussi bien par les ONG des droits de l’homme (AI, HRW,…) que par les représentations diplomatiques qui ont assisté à ce procès (les intimidations de l’accusée et de son conseil, les harcèlements de l’accusée par les émissaires un peu spéciaux, les inégalités de traitement entre l’accusation et la défense, l’utilisation rétroactive des lois, la fabrication des preuves, l’intimidation des témoins de la défense,…).

Nous ne reviendrons pas non plus sur les attaques et les lynchages orchestrés par le pouvoir, dont fut l’objet Mme Victoire Ingabire, dès son arrivée au Rwanda, attaques menées par les plus hautes autorités de l’Etat à commencer par le Président de la République et qui montraient dès le départ, la volonté du pouvoir de barrer la route à notre Présidente ainsi qu’aux FDU-Inkingi en général, pour les empêcher d’entrer dans la compétition démocratique.

Rappelons aussi, que la persécution de la Présidente des FDU-Inkingi, Mme Victoire Ingabire s’est accompagnée par celle du Secrétaire Général Intérimaire, M. Sylvain Sibomana ainsi que d’autres membres des FDU-Inkingi, notamment ceux de son staff en vue de l’isoler, de la fragiliser et de fragiliser toutes les structures du parti. Actuellement d’autres membres des FDU-Inkingi ont été condamnés et/ou attendent d’autres condamnations pour des motifs purement politiques, comme par exemple le fait de venir assister au procès de Mme Victoire Ingabire. Il s’agit notamment de M. Abayisenga Venant, M. Byukusenge Emmanuel, Mme Gasengayire Léonille, Mme Irakoze Jenny Flora, M. Nahimana Marcel, M. Hitimana Samuel, M.Tuganemungu Christian, M. Ufitamahoro Norbert, M. Uwilingiyimana Valens, M. Uwiringiyimana Vénuste, sans oublier les autres membres qui sont persécutés dans l’indifférence totale et dans le piétinement des lois pourtant établies par le régime.

Des leaders d’autres partis critiques envers le régime comme Déo Mushayidi, Bernard Ntaganda, Dr Théoneste Niyitegeka, …croupissent en prison également pour les motifs politiques.

Le régime rwandais, espère par la condamnation de la Présidente des FDU-Inkingi, Mme Victoire Ingabire, celle de son Secrétaire Général Intérimaire, M. Sylvain Sibomana, ainsi que par les procès en cours des autres membres du parti, les empêcher d’exercer leurs droits constitutionnels et décapiter notre parti, d’après les lois qu’il a taillées sur mesure en vue de cadenasser l’espace politique. Nous réaffirmons le leadership de notre Présidente et de notre Secrétaire général Intérimaire, car, leur combat, juste et légitime, est aussi le nôtre. Emprisonnée ou pas, Madame Victoire Ingabire continuera d’être le phare qui nous guidera jusqu’à la victoire démocratique totale.

Nous l’avions dit dès le départ, ce procès est de nature politique. Nous avions voulu néanmoins donner une chance à la justice rwandaise pour qu’elle prouve si elle est réellement indépendante du pouvoir politique. Le verdict d’aujourd’hui et ceux qui l’ont précédé, prouvent de façon définitive que nous sommes en face d’un conflit politique qui nécessite une solution politique.

C’est pourquoi, nous redemandons de façon solennelle des négociations directes avec le pouvoir rwandais afin de trouver des solutions appropriées et durables face aux problèmes de démocratie, de gouvernance, de justice, de réconciliation,…pour éviter un nouvel hécatombe au peuple rwandais et lui permettre de vivre ensemble entre toutes ses composantes, dans le respect mutuel et en garantissant les droits et libertés de tout un chacun.

Nous condamnons tous ces actes indignes d’un Etat respectueux et en appelons à la Communauté internationale, aux bailleurs de fonds du Rwanda, aux pays amis du Rwanda, aux pays de la sous région des Grands Lacs africains, aux Nations Unies, à l’UE et à toutes les personnes épris de paix et de démocratie afin d’user de leur influence pour exiger au régime rwandais de libérer Mme Victoire Ingabire et tous les autres prisonniers politiques et d’accepter le jeu démocratique en laissant fonctionner librement tous les partis politiques dans le respect de la Constitution.

Au régime rwandais, nous lançons un nouvel appel afin qu’il se ressaisisse et revienne à la raison.

Je vous remercie de votre attention.

Dr Emmanuel MWISENEZA

Commissaire à l’Information et à la Communication

December 13, 2013   No Comments

Congo (RDC) : Kinshasa et le M23 signent trois textes mettant fin au pourparlers de Kampala

Museveni et Banda signent la declaration de Nairobi

Museveni et Banda signent la declaration de Nairobi

Alors que cela fait des semaines que l’on attendait la signature d’un accord de paix, les rebelles du M23 et une délégation du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) se sont rencontrés ce jeudi 12 décembre à Nairobi, au Kenya, en présence de la médiation ougandaise. Les deux camps ont signé trois documents. Il ne s’agit pas d’un accord de paix en tant que tel mais de trois textes distincts, un pour chacune des parties, mettant ainsi officiellement un terme au laborieux processus de Kampala.
Ce sont bien trois documents qui ont été signés par chacune des parties ce jeudi 12 décembre au soir.
D’un côté, l’ex-rébellion du M23 a paraphé un texte où elle renonce officiellement à la lutte armée et déclare la fin de sa rébellion.
Le gouvernement congolais, de son côté, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a signé une déclaration où il s’engage d’abord à adopter une loi d’amnistie générale pour faits insurrectionnels et faits de guerre mais qui exclut toute personne accusée de crimes contre l’humanité, génocide ou violences sexuelles. Le Congo s’engage également à désarmer, démobiliser et réinsérer socialement les ex-combattants mais exclut toute intégration dans l’armée congolaise pour ces ex-combattants.
Enfin, troisième document : le président ougandais, Yoweri Museveni, qui préside également la Conférence internationale des Grands Lacs, et la SADC ont signé une déclaration qui annonce la fin des pourparlers de Kampala et demande aux deux parties d’exécuter leurs engagements. Au final, pas d’accord de paix en tant que tel. Pour le gouvernement congolais, c’est une victoire puisqu’il tenait absolument à ce qu’on ne parle pas d’ « accord » mais de « déclaration ». Face à une opinion très hostile, il voulait aussi à tout prix éviter que le M23 et Kinshasa signent un même texte. C’est désormais chose faite.La question qui se pose désormais, c’est l’utilité de ce texte plus d’un mois après la fin de l’offensive armée, sachant qu’au final ces déclarations ne font que confirmer des engagements qui avaient été déjà pris par les différentes parties.

Source: onewovision.com – 13/12/2013

December 13, 2013   No Comments

Congo (RDC): les FDLR, une rébellion rwandaise en voie d’affaiblissement

Rebels in DRC

Rebelles en RDC

GOMA, (AFP) – Les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont l’armée congolaise cherche de nouveau à obtenir la soumission par la force, avec le soutien de l’ONU, sont présents dans l’Est de la République démocratique du Congo depuis 1994 mais n’ont cessé de s’affaiblir. Depuis la victoire des Forces armées de la RDC (FARDC) sur les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) en novembre, les FDLR sont la première milice homogène en terme de nombre de combattants présents sur le sol congolais.
Le mouvement a été néanmoins très affaibli au cours des dernières années, et les effectifs de sa branche armée, les Foca (Forces combattantes Abacunguzi) sont aujourd’hui estimés à 1.500 hommes par l’ONU et les experts du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), basé à Bruxelles.
Selon un expert militaire à Kinshasa, ils seraient même moins nombreux, de l’ordre de 1.000 à 1.200 combattants, et bien que très disséminés sur le plan géographique, ils disposent encore de certains moyens, en particulier de bons moyens de communication. Au nombre des FOCA, s’ajoutent environ 700 combattants répartis dans trois branches dissidentes des FDLR d’origine. Plusieurs facteurs expliquent la réduction du nombre des miliciens des FDLR dont le nombre était encore estimé entre 4.000 et 6.000 hommes en 2009.
Depuis l’élection du président congolais Joseph Kabila en 2006, le groupe a subi les opérations de l’armée congolaise, parfois conjointement avec l’armée rwandaise, comme ce fut le cas en 2009. Le mouvement a souffert aussi de la décapitation de sa direction politique avec l’arrestation en 2009 de son chef Ignace Murwanashayaka et de son adjoint, Straton Musoni en Allemagne, mais aussi du processus de désarmement et de réinsertion au Rwanda mis en place par l’ONU et des combats avec des milices congolaises, au premier rang desquelles les Raïa Mutomboki.
Historiquement, les FDLR sont une émanation des anciennes Forces armées rwandaises (FAR) et des milices extrémistes Interhamwe ayant pris une part active au génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 avant de fuir au Zaïre voisin (aujourd’hui la RDC) après la prise du pouvoir à Kigali par Paul Kagame, l’actuel président rwandais.Chassés en 1996 par la nouvelle armée rwandaise des camps de réfugiés hutu qu’ils contrôlaient dans les Kivus, les génocidaires créent le mouvement de l’Armée pour la libération du Rwanda (Alir), qui lance en 1997-98 des attaques meurtrières dans le nord-ouest du Rwanda, auxquelles Kigali réplique violemment.En 1998, au début de la deuxième guerre du Congo, le président Laurent-Désiré Kabila mobilise l’Alir contre son ancien allié rwandais.L’Alir change de nom en mai 2000 pour se transformer en Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un mouvement politico-militaire dont la dernière tentative sérieuse de renverser le régime de Kigali, en 2001, s’est soldé par un cuisant échec.

Composé aujourd’hui d’un nombre croissant de Congolais, les rebelles ayant pris souche en RDC, les FDLR sont disséminés dans le Centre-Est du Nord-Kivu et dans le Sud-Est du Sud-Kivu, où ils collaborent parfois avec les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL).

Accusées d’avoir commis des atrocités à grande échelle contre des civils, les FDLR sont aujourd’hui d’abord une menace pour la population locale des zones où ils évoluent. Le pouvoir du président Kagame, issu lui-même d’une rébellion venue de l’étranger, continue néanmoins de les considérer comme un danger existentiel.

Source: onewovision.com – 12/12/1013.
http://www.onewovision.com/actu-rdc/RDC-les-FDLR-une-rA-bellion-rwandaise-en-voie-d-affaiblissement,i-20131212-3245

December 13, 2013   No Comments

Des nouvelles du Rwanda : comment j’ai été expulsé – Guillaume Nicaise

Des nouvelles du Rwanda : comment j’ai été expulsé

par Guillaume Nicaise, chercheur

Imaginez un pays où il fait beau toute l’année, les oiseaux chantent, la végétation est abondante, les enfants rient de bon cœur, le magnifique pays des mille collines. Quelle belle carte postale ; il va maintenant falloir la retourner pour y lire quelques commentaires. La vérité est différente…

Ma compagne est moi-même avons passé les cinq derniers mois au Rwanda, elle en tant qu’enseignante et moi en tant que chercheur, professeur à l’université et consultant. Ma recherche porte sur l’intégration des normes de bonne gouvernance par les fonctionnaires Rwandais. Un sujet sensible : le Rwanda reste un des pays les plus pauvres au monde et la moitié de son budget provient de l’aide internationale ; le gouvernement se doit donc de montrer des résultats positifs pour obtenir les fonds. Mais je ne m’imaginais pas une telle susceptibilité.

L’AUTEUR
Lorsque Guillaume Nicaise nous a contactés, il était installé au Rwanda depuis quatre mois. Doctorant à l’EHESS, il travaillait sur la bonne gouvernance dans ce pays. Il souhaitait partager ses impressions avec les riverains de Rue89, près de vingt ans après le génocide (avril 2014). Puis, plus de nouvelles.Un mois plus tard, il nous a envoyé ce texte, s’excusant de son retard : « Comme vous le lirez dans l’article, des événements indépendants de ma volonté sont survenus durant toutes ces semaines. Ayant l’esprit plus serein, je peux maintenant m’exprimer plus librement. » Titre et intertitres sont de la rédaction. Pascal Riché

Il y a environ deux mois, j’effectuais une recherche sur les taxis-motos de Kigali pour comprendre leur perception de la police. C’était un choix judicieux : alors que les Rwandais ont quasiment tous peur de s’exprimer par peur du régime au pouvoir, ces motards forment une communauté à part, avec un franc-parler, une fougue, une envie de s’exprimer sur la dureté de leur quotidien.

Ils sont plus de 7 000 à sillonner la ville par tous les temps, chevauchant leur monture éreintée, bravant le code de la route, pourfendant les embouteillages pour empocher quelques sous.

Un entretien fut différent des autres. L’homme en face de moi était un rescapé du génocide, sa famille ayant été entièrement trucidée. Il avait un grand besoin de sécurité et de stabilité, un amour pour l’ordre et l’autorité, souhaitant une vie tranquille et sans conflit. En bon citoyen, à la fin de l’entretien, il appela ses amis les policiers car il jugea mes questions trop pernicieuses ou dangereuses pour son pays.

L’équipe au complet du chef de la police du district ainsi que les RG locaux firent le déplacement pour mettre fin à ma journée de recherche et me poser des questions. Malheureusement, leur action ne s’arrêta pas là.

Interrogatoire, perquisition

J’appris un peu plus tard de source sûre que mes mouvements et mes communications étaient surveillés. De plus, la direction du ministère de l’Education fut convoquée par la police criminelle pour savoir pourquoi j’avais obtenu un permis de recherche m’autorisant à m’entretenir et m’informer sur la police. Mon organisme d’affiliation me demanda un rapport sur mes agissements.

Les ennuis s’amplifièrent vraiment lorsque je décidai de me rendre auprès de la personne en charge de l’enquête à mon encontre, le chef de la police criminelle en personne. Ma visite de courtoisie se transforma en interrogatoire en bonne et due forme. A l’issue de l’interrogatoire, il m’informa que j’avais maintenant des problèmes avec l’immigration. Nous nous rendîmes donc à l’immigration où je fus accusé « d’usage de faux », ayant usurpé mon permis de travail pour effectuer une recherche (pourtant approuvée par les plus hautes instances de l’Etat). Cette accusation invraisemblable, montée de toute pièce par le chef de la police criminelle, lui permit de justifier une perquisition à mon domicile.

La peur de rejoindre les « portés disparus »

J’eus donc le plaisir de me rendre à la maison bien escorté par la police et de saluer, à mon arrivée, le procureur avec son mandat en main, ainsi que toute l’équipe de police locale et les voisins curieux alentours. Je n’oublierai jamais le regard d’un voisin, empli d’incompréhension, d’inquiétude et d’impuissance. Il ne me jugeait pas, il avait juste peur pour moi.

Quelques jours plus tard, je pus récupérer tout le matériel saisi (ordinateurs, notes et affaires personnelles, etc.), l’enquête s’étant révélée non concluante. Ma grande peur avait été que le régime glisse des informations compromettantes dans mes affaires et me fasse subir un faux procès, mais ils choisirent une solution moins encombrante. Encore quelques jours plus tard, ma compagne et moi-même reçûmes chacun un appel de l’immigration.

Cette fois, c’était la bonne. Nos visas étaient annulés, nous avions douzeheures pour quitter le pays, ou bien la police se chargerait de nous faire partir. Lorsque je m’avisais de savoir pourquoi, on me répondit que « je le savais très bien ».

Ce départ signifiait perdre notre travail et nos amis au Rwanda, mais aussi la fin de l’inquiétude continuelle d’être des « portés disparus » du régime. Nous primes donc le premier avion pour rentrer en France, il y a quelques jours.

Au final, ces cinq mois au Rwanda ont été riches en rencontres (c’est un peuple très accueillant), en découvertes (une culture tellement différente) et en aventures. Nous leur souhaitons le meilleur.

Source: rue89.com. 10/12/2013

December 13, 2013   No Comments

Rwanda: l’opposante Victoire Ingabire condamnée à 15 ans de prison en appel

Victoire Ingabire

Victoire Ingabire – opposante Rwandaise

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire, jugée en appel par la Cour suprême du Rwanda, a été condamnée vendredi à Kigali à 15 ans de prison ferme, contre huit en première instance, a constaté un journaliste de l’AFP.

La Cour suprême du Rwanda a confirmé le jugement de culpabilité des chefs de “conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre” et “minimisation du génocide” de 1994 au Rwanda, la déclarant en outre coupable de “propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence“.

Source: AFP.

December 13, 2013   No Comments