Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — September 2010

Vidéo: Paul Kagame accusé de génocide

L’ONU s’apprête à publier un rapport détaillé sur les massacres à l’Est de la République démocratique du Congo 29 août 2010, 19:30 L’enquête pointe notamment du doigt le Rwanda du président Paul Kagame qui risque l’accusation de génocide
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September 22, 2010   No Comments

Le Rwanda et cinq autres pays de la région des Grands Lacs préparent une réaction commune au rapport ONU sur le génocide en RDC

Six pays de la région des Grands Lacs – dont le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) – préparent une réaction commune sur un projet de rapport des Nations Unies selon lequel les troupes rwandaises auraient commis de possibles crimes de génocide en République démocratique du Congo entre 1996 et 1998, a affirmé lundi le Premier ministre belge Yves Leterme.
Il a également confirmé, après une rencontre à New York avec le président rwandais Paul Kagame, que Kigali contestait “des éléments de contenu et de conclusion” de ce rapport potentiellement explosif, qui doit être publié le 1er octobre prochain à Genève.

Selon M. Leterme, six Etats de la région, dont la RDC, le Rwanda et l’Ouganda – deux pays qui avaient soutenu des rébellions congolaises et envoyé des troupes dans l’ex-Zaïre – discutent d’une “réaction commune” à ce rapport.

Révélé fin août par le journal français ‘Le Monde’, ce rapport du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme estime que des faits de “génocide” ont pu être commis en RDC en 1996-1998 par des militaires rwandais ou soutenus par le Rwanda.

[RTL Info]

September 21, 2010   1 Comment

Rwanda: rapport accablant de l’ONU – tout finit par se savoir

GÉNOCIDE Un rapport accablant de l’Onu

Rwanda : tout finit par se savoir

Il n’y a rien de caché qui ne finisse par venir au grand jour, dit l’Écriture (Mc 4, 22). C’est ce que confirme le rapport annoncé du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur les crimes commis dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) au cours de la décennie qui a suivi le génocide rwandais de 1994.

Le président Paul Kagame, de l’ethnie tutsie, arrivé au pouvoir au Rwanda à ce moment-là par la force des armes, dispose de réseaux actifs de soutien en Europe et d’un sens aigu de la communication. Il a ainsi imposé à l’opinion une version canonique : il n’y a eu qu’un seul génocide, celui qu’avait commis le régime hutu qu’il avait glorieusement renversé. Ce génocide avait fait au moins 800 000 morts, chiffre donné par le nouveau régime et jamais vraiment critiqué.

Il y avait donc les bons et les méchants, les victimes et les bourreaux : d’un côté, les Hutus en bourreaux, de l’autre les Tutsis en victimes. Et tout finit bien puisque ces derniers prennent le pouvoir. Qu’ils ne représentent que moins de 15 % de la population, et que donc le nouveau régime n’ait pu se maintenir qu’au mépris de la démocratie, était perdu de vue.

Le tribunal spécial d’Arusha installé par les Nations unies poursuivait presque exclusivement les Hutus, au point que certains de ses membres ont dénoncé cette partialité.

Pour préserver sa réputation, le président Kagame n’a pas lésiné sur les moyens : des avocats britanniques poursuivaient toute critique de son régime. Il prit Tony Blair pour conseiller. Prétendre que les torts pourraient être partagés, c’était du négationnisme. Évoquer le caractère ethnique des oppositions, du racisme.

Les faits sont en réalité beaucoup plus complexes. La fureur génocidaire des Hutus avait explosé après un attentat commis le 6 avril 1994 contre le président hutu, attentat dont le juge Bruguière pense que Kagame est responsable. Elle faisait suite à l’invasion du pays par les Tutsis émigrés disposant d’un appui anglo-saxon occulte ; au fur à mesure que les forces d’invasion avançaient, les exécutions sommaires dans les zones conquises nourrirent la panique.

Quand les Tutsis venus du pays voisin prirent le pouvoir, ils ne se contentèrent pas d’imposer un régime de fer aux 85 % de Hutus qui composaient la population, ils allèrent massacrer dans le pays voisin, en théorie les auteurs du génocide, en fait tous les Hutus, y compris ceux qui résidaient depuis toujours au Congo. Cette poursuite systématique a certainement fait, elle aussi, des centaines de milliers de morts.

Ces massacres s’ajoutent à d’autres, plus anciens et oubliés, en 1972, 1988, 1993 où, dans le Burundi voisin, ce sont les Tutsis qui massacrèrent les Hutus. Sur le long terme, il est probable que les Tutsis ont tué autant de Hutus que l’inverse.

Le rapport des Nation unies n’apprend en fait rien aux initiés : le commissaire européen Emma Bonino avait, dès 1997, dénoncé les massacres qui avaient lieu au Congo, mais l’habileté du président Kagame avait réussi à étouffer cette voix et même à remiser au placard plusieurs rapports des instances internationales.

Cette fois, Paul Kagame n’est pas arrivé à étouffer la vérité. Dès le début, il avait tenu, au mépris des faits, la France, qui était intervenue en 1994 par l’opération Turquoise afin de limiter les dégâts, pour corespon sable des massacres. Il a même choisi, en représailles, à partir de la présente rentrée scolaire, de remplacer le français par l’anglais.

Mais sa réputation était si bonne aux yeux des non-initiés qu’il eut droit à des visites de “réconciliation” de Bernard Kouchner, de Claude Guéant et même, en février dernier, de Nicolas Sarkozy en personne – alors que bien d’authentiques amis de la France, tel le président actuel de Madagascar, Andry Rajoelina, à qui on reproche de ne pas avoir été élu dans les formes démocratiques, n’ont pas eu cet honneur. Le général Lafourcade, qui dirigea l’opération Turquoise, demande en vain depuis plusieurs années qu’une voix officielle française démente les allégations du dictateur rwandais, déshonorantes pour notre armée.

Il n’est pas nécessaire que la publication du rapport du Haut-Commissariat pour les droits de l’homme aboutisse à une inculpation. Il suffit que la vérité soit connue. Toute la vérité.

L’auteur Roland Hureaux est essayiste.

[Valeurs Actuelles]

September 21, 2010   4 Comments

Rwanda: Le ministre de l’Intérieur propose amendement de la Constitution pour abolir la limitation du mandat présidentiel

La formation politique du ministre de l’Intérieur Sheikh Musa Fazil Harelimana, le parti idéaliste démocratique (PDI) devrait proposer avant deux mois un amendement mettant fin à la limitation à deux mandats présidentiels, tel que le prévoit la constitution de 2003, pour que Paul Kagame puisse de nouveau se présenter. Pour ce faire, les deux députés du PDI devrait déposer un amendement à l’article 101 de la constitution, selon l’Agence Rwandaise d’Information.

L’article 101 énonce : “le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois.”
Si l’amendement des députés Mukama Abbas et Hamidou Omar est adopté, le président Paul Kagame pourra se présenter à la présidence autant de fois qu’il le désirera.

Cet amendement est l’une des résolutions prises par le PDI lors de leur congrès de ce samedi 18 septembre.

Sheikh Harelimana a été nommé ministre de l’intérieur en 2006. Son parti a fait élire deux députés à la chambre basse en 2008.

September 20, 2010   9 Comments

Appel à tous les Rwandais: Levons-nous comme un seul homme!

par Alphonse Mugabo.

Lettre ouverte d’un patriote rwandais aux anciens dignitaires, fonctionnaires, privés rwandais et leurs fils et filles

Vos aïeux ont lutté pour la révolution et la démocratie au Rwanda jusqu’au sacrifice suprême et vous avez bénéficié de son fruit.

Le Rwanda a été attaqué, depuis le 01 Octobre 1990 par les contre-révolutionnaires, il y a vingt ans, et vous l’avez abandonné aux agresseurs !

Bon nombre d’entre vous ont emporté avec eux son trésor et l’ont quitté.

Aujourd’hui le Rwanda lance un cri d’alarme pour sa libération et certains parmi vous font sourde oreille et tournent les pouces sans moindre souci de compatir aux côtés de vos compatriotes, nouvelles générations, qui étaient petits et inconnus de votre sphère lors de votre jouissance des biens de la patrie et des régimes, qui aujourd’hui corps et âme, militent et luttent pour que le Rwanda soit libéré du joug néo-colonial soutenant la minorité des Rwandais pour que ses trois composantes se voient un jour égales, sans discrimination ; que les opprimés, les persécutés de toute ethnie recouvrent leurs libertés et droits humains équitables.

Etonnamment, beaucoup d’entre vous s’activent plutôt à acquérir d’autres nationalités que celle de Rwandaise et se contentent de se construire des villas et châteaux à l’étranger en y attendant la lune et faisant ignorer à leur postérité que le Rwanda est et reste leur seule chère patrie !

Si nos ancêtres, héros de la révolution et de la démocratie (IMPIRIMBANYI ZA DEMOKARASI), tant civils que militaires qui ont versé leur sang pour que le Rwanda soit libre et indépendant revenaient, qu’est ce que vous leur répondriez de leur pays abandonne ?

Et qu’est-ce que vous faites maintenant pour sa libération ?

Ainsi, chers compatriotes, vous êtes avisés, et si vous n’agissez pas, l’histoire vous condamnera de lâcheté.

Synergiquement, réveillons-nous donc, tous, levons-nous comme un seul homme pour la libération de notre pays, le Rwanda.

Demain serait tard !

September 20, 2010   8 Comments

Réponse du FDU-Inkingi à François Soudan de Jeune Afrique: ne minimisez pas la réalité du génocide des Hutus au Congo

Réaction du Comité de Soutien aux FDU-Inkingi à l’article de Mr François Soudan de Jeune Afrique (mis en ligne le 16 sept.-10), sur le Rapport du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDM), portant sur les violations des droits humains commis en République démocratique du Congo de 1993 à 2003.

Mr François Soudan,

Permettez-nous, en tant que Rwandais épris de paix et de justice d’émettre quelques commentaires sur votre article portant sur le Rapport que le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) s’apprête à publier le 1er octobre 2010.

Vous commencez votre article en disant que l’emploi du mot génocide dans ledit rapport est sujet à caution. Vous n’apportez malheureusement pas la moindre preuve pour démontrer que les massacres systématiques, méthodiques, ayant visé les réfugiés hutus rwandais en ex-Zaïre, par le seul fait qu’ils appartenaient à ce groupe ethnique de Hutu, ne puissent être qualifiés de génocide ou d’actes de génocide.

En effet, Mr Soudan, les réfugiés hutus massacrés en ex-Zaïre par centaines de milliers n’ont pas été tués par des balles perdues, ce ne sont pas des dommages collatéraux d’une guerre qui ne visait qu’à renverser feu le Président Mobutu. Ces réfugiés ont par contre, fait l’objet d’extermination programmée, traqués comme du gibier à travers toute la forêt équatoriale poursuivis sur plus de 2.500 km depuis Uvira, Bukavu et Goma jusqu’à Mbandaka en passant par Tingi-Tingi, Kisangani, et d’autres localités citées dans ce rapport et bien d’autres. Beaucoup de rapports existent à ce sujet, rapports longtemps étouffés pour des raisons d’intérêts géopolitiques et géostratégiques, comme celui du Chilien Roberto Garreton et que corrobore aujourd’hui ce rapport du HCDH portant sur les violations des droits humains commis en République démocratique du Congo de 1993 à 2003. Il est donc étonnant qu’un journaliste de votre calibre tente de minimiser ce crime au lieu d’œuvrer à sa reconnaissance, condition sine qua non d’une véritable éradication de l’impunité et d’une véritable réconciliation entre toutes les couches de la société rwandaise et au-delà pour montrer à l’humanité entière qu’aucun crime ne peut et ne doit rester impuni.

Vous avancez l’idée suivante : « En évoquant la possibilité d’une deuxième tragédie équivalente à la première, qui serait en quelque sorte la réplique de l’extermination planifiée des Tutsis du Rwanda, les auteurs du rapport confortent de facto la thèse négationniste des idéologues du Hutu Power selon lesquels il n’y a pas eu génocide, mais massacres spontanés et contre-massacres. Or cette interprétation est une falsification ».
Ici, l’on est en droit de constater que vous vous lancez dans une théorie aveugle, avancée depuis bientôt 16 ans par les autorités rwandaises, théorie selon laquelle l’on ne peut évoquer les victimes hutus du conflit rwandais sans être négationniste ou révisionniste, théorie qui en réalité, sert non seulement à camoufler les forfaits commis par certains des responsables politiques et militaires actuels mais aussi à museler toute voix discordante qui ose montrer la vraie nature criminelle de ceux qui se sont présentés jusqu’aujourd’hui comme des libérateurs ayant arrêté le génocide.
Et là où votre théorie bat en absurdité toutes celles qui l’ont précédée, c’est qu’il s’agit dans le cas qui nous occupe des massacres survenues entre 1996 et 1997, soit 2 à 3 ans après le génocide rwandais de 1994. D’où votre théorie est anachronique, puisque des massacres survenus chronologiquement après ceux de 1994, ne peuvent en aucun cas servir de justification à ceux qui leur sont antérieurs, en tout cas pas en ce qui concerne les Hutus impliqués dans le génocide contre les Tutsis. Tout au plus s’il y avait une logique dans cette histoire, elle voudrait que ce soit les présumés coupables des crimes commis au Congo qui évoquent la tragédie de 1994 pour expliquer celle de 1996-97 et pour nier l’existence du génocide. Dans cette logique c’est donc plutôt le régime actuel accusé d’avoir commis des actes de génocide sur les réfugiés hutus qui devrait nier le génocide de 1994, pour s’exonérer de celui de 1996-97. Or, vous savez qu’il n’en est rien et ce n’est pas ce que vous tentez d’expliquer.
Votre logique est donc à l’envers lorsque vous avancez qu’on ne peut qualifier les événements de 1996-97 de génocide sans porter atteinte à la reconnaissance du génocide de 1994. Par contre, je comprends bien votre embarras et celui des gens auxquels vous tentez de venir au secours, car, il s’agit d’un fait singulier où ceux qui se sont présentés comme les victimes d’hier deviennent à leur tour des bourreaux.

Un autre point étonnant de votre défense est celui qui consiste à dire que puisque l’exode des Rwandais vers l’ex-Zaïre aurait été encouragé voire encadré, que cela pourrait en quelque sorte justifier la mise à mort de ces centaines de milliers de personnes. Cela a au moins le mérite de reconnaitre implicitement que ces personnes ont été massacrées, quitte à ce que vous cherchiez des circonstances atténuantes aux présumés responsables ce forfait. Nous autres Rwandais, savons les véritables raisons qui ont poussé des millions de Rwandais à fuir en masse vers l’ex-Zaïre, la Tanzanie ou le Burundi. Cette envie de fuir coûte que coûte l’arrivée de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) s’explique par les massacres à grande échelle commis par les éléments de l’APR partout où ils passaient sur leur route de la conquête du pouvoir. Les rescapés de ces massacres racontaient aux autres ce qu’ils avaient vu et vécu quand ils arrivaient dans des zones non encore conquises par l’APR et les gens choisissaient de fuir avant qu’ils ne subissent le même sort que celui qui leur était raconté. Qu’il y ait eu un appel des autorités à fuir dans certaines régions, c’est aussi un fait, de même que certaines autorités administratives ont tenté de maintenir un semblant d’organisation comme celle des lieux de provenance avant l’exode. Mais croire que des millions de personnes ont fui parce que les autorités les y ont forcées, c’est si ce n’est de la mauvaise foi, du moins de l’ignorance.

Par ailleurs, lorsque vous évoquez les responsabilités des autres protagonistes comme le HCR ou d’autres Etats, vous voulez de nouveau excuser les présumés responsables de ces massacres en disant qu’en quelque sorte ce n’est pas de leur faute, puisque les autres n’ont rien fait. Vous imaginez-vous un présumé génocidaire au TPIR d’Arusha entrain de plaider sa cause en disant « ce n’est pas de ma faute c’est celle des Belges qui ont retiré leur contingent de la MINUAR » ! Ici, je crois que le sadisme atteint son paroxysme. S’il y a d’autres responsabilités que celle de l’APR, elles ne diminuent en rien celle-ci, puisqu’il n’existe aucune norme internationale qui justifie le massacre des vieillards, des femmes, des enfants,…sous prétexte qu’ils sont ou étaient dans les mêmes camps que les militaires ou les miliciens. En outre, il est documenté que même lorsque des vieillards, des femmes et des enfants ont été regroupés à part, ils furent massacrés, sous le seul critère qu’ils étaient des réfugiés hutus.

S’il y a une responsabilité des organismes comme le HCR, ce n’est pas celle que vous pointez du doigt, mais celle d’avoir refusé d’assister les militaires et leurs dépendants dans des camps différents de ceux des autres civils, ce qui a obligé ces premiers à rejoindre les camps des autres civils pour leur survie. Or, un militaire vaincu et qui dépose les armes, mérite autant l’assistance internationale aussi longtemps qu’aucune juridiction indépendante de celle de son vainqueur ne l’a jugé et condamné. Et d’ailleurs si condamnation il y a, la peine doit être purgée dans les règles, la peine de mort elle-même suivant une certaine procédure dans les pays où elle est toujours d’application.

Rien ne peut donc justifier la mise à mort des centaines de milliers de personnes, sans aucun autre forme de procès, et la responsabilité des autres ne peut atténuer celle de l’APR qui a pratiqué la chasse à l’homme sous couvert d’une guerre de renversement de Mobutu. Chaque génocide est singulier de sa nature. Le génocide des tutsi en 1994 n’enlève en rien la réalité du génocide des réfugiés hutu deux ans plus tard, comme ce dernier n’enlève en rien à la réalité du génocide des tutsi. Ces faits sont graves et leur qualification doit être la plus rigoureuse qui soit pour rendre justice aux victimes et pour mettre fin à l’impunité une fois pout toutes. Toutes les questions que vous soulevez quant au nombre exact des victimes ou quant aux noms des commandants responsables des massacres pourraient trouver des réponses si un tribunal ad hoc était constitué avec des moyens conséquents, ce rapport du HCDH n’étant qu’une étape dans le recherche de la vérité, de toute la vérité, celle qu’on tente de nous cacher depuis plus d’une décennie, mais qui continue de réclamer d’être clamée haut et fort.

Fait à Paris, le 16 septembre 2010

Pour le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi
Dr Emmanuel Mwiseneza, Conseiller à l’Information et à la Communication

September 18, 2010   4 Comments

Les juges français bouclent leurs recherches sur l’attentat en 1994 contre l’avion du Président Rwandais Habyarimana

Les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux, accompagnés notamment d’experts géomètres, près de Kigali le 15 septembre 2010 (Photo: AFP)

Kigali – Les juges français chargés de l’enquête sur l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994 achevaient vendredi à Kigali une semaine d’auditions de témoins et de déplacements sur le terrain destinés notamment à déterminer l’origine des tirs.

Les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux, accompagnés notamment d’experts géomètres, en balistique, explosifs et incendie, devaient retourner vendredi après-midi sur plusieurs sites clés de l’enquête avant de regagner Paris samedi, a expliqué à l’AFP Me Léon-Lef Forster, avocat de la défense lui-même présent à Kigali.

Depuis dimanche, le groupe de francais a multiplié les déplacements sur le terrain et les relevés scientifiques pour tenter de déterminer avec précision l’origine des tirs de missiles, cruciale dans l’enquête.

Vendredi matin, une cérémonie a été organisée au ministère de la Justice Rwandais avec la délégation française. Il s’agissait, selon Me Forster, de “remercier le Rwanda pour sa coopération (…) ainsi que les juges français qui ont eu la démarche objective après 16 ans de se déplacer et de faire faire cette expertise qui permet enfin d’avoir des données techniques plus précises que de simples supputations orientées”.

Le soir du 6 avril 1994, l’avion transportant notamment le président Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira avait été abattu en phase d’atterrissage à Kigali par au moins un missile antiaérien. Cet attentat est considéré comme le signal déclencheur du génocide qui fit 800.000 morts selon l’ONU, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Deux thèses s’affrontent dans cette enquête: la première met en cause l’ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, actuellement au pouvoir.

La seconde impute l’attentat aux extrémistes “Hutu Power” des Forces armées rwandaises qui auraient voulu se débarrasser du président Habyarimana, jugé trop modéré.

La commission d’enquête rwandaise sur l’attentat a défendu cette thèse, s’appuyant notamment sur les conclusions d’une expertise balistique britannique.

“Ce matin, il y a eu une réunion entre les experts britanniques et les experts français pour un échange de points de vue, d’informations, de réflexions”, a rapporté Me Forster.

Les experts français doivent à présent exploiter leurs données et sont censés rendre leur rapport aux deux juges avant mars 2011.

[ARI-RNA]

September 18, 2010   1 Comment

Rwanda: l’opposant politique Deo Mushayidi condamné à perpétuité

Deo Mushayidi:
“Si vous m’aimez, soutenez la cause que j’ai défendue et que je défendrai de mon vivant”

Kigali, 17 Sept. – La cour de Kigali a rendu son verdict et a condamné Deo Mushayidi à la prison à vie.
bre perpétuité a été requise lundi par le procureur de Kigali à l’encontre de
Déo Mushayidi, ancien membre du Front patriotique rwandais (FPR) et opposant au régime du Général Paul Kagame, est accusé de « collaboration avec une organisation terroriste, recrutement d’une armée, propagation de rumeurs incitant à la désobéissance civile, usage d’un faux passeport, idéologie du génocide ».

Déo Mushayidi clame toujours son innocence et appelle le peuple Rwandais à continuer la lutte pour le changement.
De sa cellule, il a écrit cet émouvant appel:

Je n’ai pas pêché. Je suis innocent.
Si le pouvoir estime que ma mort ou mon emprisonnement est une solution à ses problèmes, il se trompe.

Pour l’amour de mon peuple, cette détention je la vis, je la souffre, je l’endure.
Je ne demande pas à mon peuple de m’être reconnaissant, il n’a aucune dette envers moi, c’est moi qui lui dois beaucoup.
Je me réjouirai de la joie qu’a mon coeur grâce à mon engagement et à ma détermination.
Je ne demanderai à personne de me prendre en pitié, je ne suis pas pitoyable.
Si vous m’aimez, soutenez la cause que j’ai défendue et que je défendrai de mon vivant, à savoir la liberté, l’amour entre les rwandais, le respect mutuel et la promotion de la liberté pour tous.

September 17, 2010   No Comments

Les génocides au Rwanda et au Congo (RDC) et leurs manipulations sont le résultat des batailles géostratégiques intenses en Afrique

par Charles Onana.

A la suite de la conférence, très courue, qu’il a donnée le 10 septembre dernier à Yaoundé, le journaliste et essayiste franco-camerounais qui s’est illustré ces 10 dernières années sur ses enquêtes sur le Rwanda et les conflits dans les Grandes Lacs, met en exergue la «stratégie» mise sur pied pour déstabiliser la zone Afrique centrale en passant par le Rwanda.

Charles Onana

Charles Onana.

Au moment où vous teniez votre conférence à Yaoundé, Paul Kagame, le président rwandais, menaçait les Nations Unies de retirer ses troupes du Darfour si l’organisation mondiale venait à publier son rapport qui accuserait son armée de pires exactions au Congo. Etait-ce le prétexte de votre prestation à Yaoundé, ou un simple hasard de calendrier ?

Je peux dire que c’est juste une coïncidence de calendrier : lorsque j’ai été invité par le journal Mutations pour cette conférence au Cameroun, personne ne savait qu’on allait avoir des fuites dans le journal Le Monde sur le rapport de l’ONU en RDC. La pression que fait Paul Kagame de retirer ses troupes du Darfour si l’ONU publiait ce rapport est inacceptable ! Ce dont il est question, aujourd’hui, ce sont des millions de morts au Congo et le pillage des ressources dans ce pays.

Je suis ravi que le rapport des Nations Unies confirme mes investigations sur le Congo. M. Kagame, s’il n’a rien à se reprocher, pourquoi fait-il du chantage à l’ONU ?

Quelle est la crédibilité des procès sur les génocidaires menés par le Tribunal pénal international d’Arusha sur le Rwanda ?

Pour avoir eu des confidences de Carla Del Ponte à l’intérieur de ce tribunal, je peux conclure aujourd’hui que ce tribunal est une véritable mascarade judiciaire. Il y a certes des juges qui sont honnêtes dans ce tribunal et qui essaient de faire leur travail. Comment pouvez-vous expliquer que seuls les Hutus sont devant ce tribunal, et qu’aucun criminel Tutsi ne s’y retrouve ? Les événements de 1994 impliquent à la fois l’armée rebelle Fpr et l’armée gouvernementale de Habyarimana, mais il n’y a que les Hutus dans ce tribunal. Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que dans la mission du Tpir, il y a la réconciliation nationale. Comment pouvez-vous tendre à cela, si vous n’accusez qu’un groupe au détriment de l’autre ?

Est-ce pour cette raison que vous considérez que le génocide est le plus grand mensonge sur l’Afrique ?

Tout à fait ! C’est l’un des plus grands mensonges et l’une des plus grandes manipulations de l’Afrique du XXème siècle. On nous a fait croire que le génocide du Rwanda avait été planifié par les Hutus. Au jour d’aujourd’hui, on constate qu’il n’y a personne, au Tpir, qui a été condamné pour avoir planifié le génocide. On constate en même temps qu’en 2005, il y a un rapport interne et confidentiel des Nations Unies qui montre qu’il n’y a aucun début de commencement de preuve sur la planification du génocide. Ce que l’on ne veut pas dire, c’est qu’il s’agit d’un coup d’Etat pour renverser le président en exercice, Juvénal Habyarimana, au profit de Paul Kagame, qui a bénéficié de la mort du président Habyarimana.

C’était une façon de mettre en place une stratégie qui permette à Paul Kagame de mettre sur pied une base arrière pour la conquête des minerais, notamment l’uranium et le coltan au Congo. Ce qui, aujourd’hui, démontre clairement que l’ensemble des multinationales qui travaillent sur le coltan, l’achètent à vil prix au Rwanda ; ce pays est devenu un exportateur du coltan et de l’or, alors qu’il n’a pas du tout ces minerais dans son sous-sol. Voilà la mission qui a été dévolue à M. Kagame et à son gouvernement. Ceci est très dangereux pour l’Afrique centrale, parce que les pays pétroliers de la sous-région vont forcément être menacés comme le Congo, si leurs dirigeants ne font pas attention.

Certains estiment que les conflits, dans les Grands Lacs, c’est davantage une bataille géopolitique et géostratégique…

C’est une bataille géopolitique intense dans laquelle vous avez des Français, des Anglais et des Américains. Ces derniers sont très nerveux, et veulent reprendre l’ancienne chasse gardée de la France. Vous avez également les Chinois, qui arrivent de façon très organisée et qui s’implantent solidement en Afrique. Tout cela fait que le gâteau va devenir petit, pour ceux-là qui avaient tout gratuitement et facilement. Il va donc falloir négocier.

Pour éviter de se retrouver dans des situations de négociations, on crée l’instabilité parce que, dans ce genre de situation, il n’y a pas d’Etat pour organiser le commerce des matières premières et, avec les guerres, on peut plutôt vendre des armes, faire des trafics… empêcher des révoltes populaires parce que les gens sont plutôt attachés à leur sécurité.

Vos écrits sont très souvent axés sur le régime Kagame. Ne craignez-vous pas qu’à un moment, votre opiniâtreté apparaisse comme un conflit de personnes avec le président rwandais ?

J’ai toujours dit que, si c’était le président Kagame qui avait été victime d’un attentat le 6 avril 1994, j’aurais fait exactement la même enquête. Quand je commençais mon enquête, je ne savais pas que c’était le président Kagame qui était responsable de cela. Je ne savais pas qu’il voulait, plus tard, piller les ressources du Congo. Les arguments que j’avance, ils sont les uns après les autres indestructibles. Dans cette histoire, je suis tout simplement attaché à ce que les Africains comprennent qu’il ne faut pas sous-estimer ce qui est en train de se passer.

Comment cela ?

En 2004, quand j’ai écrit mon livre, les Congolais avaient sous-estimé ce qui était en train de se passer dans leur pays avec l’armée rwandaise. Quelque 10 ans après, ils se retrouvent avec 6 millions de morts. Et ce n’est pas terminé. Aujourd’hui, par exemple, le Cameroun a de nombreux réfugiés hutus. Les réfugiés hutus, pour le Rwanda, ont été un prétexte pour attaquer militairement le Congo. Je ne veux pas que le Cameroun se retrouve dans la même situation que le Congo. Je ne veux pas que d’autres pays en Afrique centrale, à l’exemple du Congo Brazzaville, qui a également des réfugiés hutus, se retrouvent dans cette même situation.

Doit-on penser qu’il existe une stratégie de conquête de l’Afrique centrale, soigneusement préparée par le Rwanda ?

Je pense plutôt à une volonté de coloniser l’Afrique centrale sous le régime de Paul Kagame, ou, en tout cas, sous le pouvoir qui lui ressemble. C’est sur cela que je veux attirer l’attention des gens dans la région pour leur dire : ce qui se passe a été réfléchi, pensé et la stratégie qui est sur le terrain vous le démontre tous les jours, y compris avec les voyages politiques. Vous ne voyez pas, par exemple, les mêmes voyages politiques faits vis-à-vis d’autres dirigeants africains qu’on menace plutôt d’emprisonner ou d’arrêter. Je veux tout simplement que les Africains comprennent le jeu qui est en train de se dérouler sur leurs têtes. C’est un jeu très complexe mais très efficace.

La France a récemment envoyé des juges pour enquêter sur l’attentat du 06 avril 1994…

Les avocats des veuves françaises ont déposé une plainte en 1997, et cette plainte suit son cours. Les avocats veulent savoir la vérité, et M. Sarkozy est dans une situation où il veut, d’un côté, reprendre les relations diplomatiques avec le Rwanda, et de l’autre, il est obligé de se rendre compte que les juges français doivent quand même faire leur travail. Le départ du juge ne va pas, en ce qui me concerne, apporter des révélations sur la question. Mais j’ose simplement espérer que le fait d’aller voir le lieu de l’attentat, de faire une expertise balistique, permettrait tout simplement de confirmer un certain nombre de choses sur le plan technique que l’on sait déjà et de faire connaître la vérité.

Pensez-vous que cette vérité finira par être connue ?

Elle est déjà connue, à travers mes ouvrages, qui sont confirmés par des enquêtes judiciaires. Ce qui manque, c’est la reconnaissance officielle de cette vérité. On en est là. Ce n’est pas que les gens ne savent pas ce qui s’est passé. Aujourd’hui, on le sait. Dans le cas de l’assassinat de Patrice Lumumba, les Africains ont attendu de longues années pour savoir ce qui s’est passé. Mais aujourd’hui, je ne veux pas que les Africains attendent 50 ans pour savoir pourquoi Habyarimana a été tué, et qui l’a assassiné.

Les Nations Unies développent la thèse du camouflage de l’attentat de Habyarimana, qui est en fait le déclencheur du génocide…

C’est les Nations Unies qui disent que l’attentat est le déclencheur du génocide. Comment peuvent-elles le dire et ne pas vouloir parler de l’attentat ? Il y a une contradiction !

Le génocide a eu lieu sous Boutros Boutros Ghali, comme secrétaire général de l’ONU. Koffi Annan, qui l’a remplacé, a été accusé de camoufler des éléments. La responsabilité des Africains est-elle ainsi engagée dans cette affaire?

Boutros Boutros Ghali n’avait pas accepté de marcher dans la combine américaine, mais celui qui était son collaborateur le plus étroit chargé des opérations de maintien de la paix a eu une promotion : il est devenu Sg de l’ONU et vous savez qu’aux Nations Unies, les nominations par continent sont des nominations rotatives. Mais pour une fois, l’Afrique a eu successivement à trois reprises la tête du Secrétariat général de l’ONU, puisque le mandat de Koffi Annan avait été reconduit. Au passage, M. Annan a eu le prix Nobel de la paix, mais je ne me souviens pas d’un conflit qui lui a valu de recevoir ce prix. Dans le conflit qu’il a vraiment géré, celui du Rwanda, il n’y a personne qui mérite d’avoir eu un prix Nobel de la paix.

Qu’est-ce qui motive votre passion pour le Rwanda ?

C’est tout simplement que je veux partager, avec le public, 10 années de travail difficile, de recherches approfondies et d’échanges avec des gens du département d’Etat américain. J’ai eu des confidences du procureur Carla Del Ponte, et je pense que j’ai quand même assemblé, pendant toutes ces années, des informations inédites venant de sources variées. Garder tous ces éléments pour moi n’a aucun sens, aucun intérêt. C’est pour cela que je mets ces éléments à la disposition du public pour que, demain, les gens ne se disent pas qu’ils ne savaient pas. Ce qui pêche beaucoup, dans le continent africain, c’est l’ignorance des grandes stratégies internationales et la compréhension intime de la dimension géopolitique. Je souhaite qu’ils aient un décodeur pour mieux analyser la situation. Ils ne doivent pas rester comme des téléspectateurs sans décodeur, devant une chaîne cryptée.

Entretien mené par Dorine Ekwè
[Quotidien Mutations]

September 16, 2010   No Comments

Le médecin rwandais Eugène Rwamucyo ne sera pas extradé vers le Rwanda; la justice française le libère

Doctor Eugene Rwamucyo:
la justice française rejette la demande d’extradition vers le Rwanda.
La justice a donné un avis défavorable à l’extradition d’Eugène Rwamucyo, un médecin rwandais soupçonné d’être impliqué dans le génocide de 1994.
La chambre de l’instruction de Versailles a décidé de le remettre en liberté.
Un nouveau camouflet judiciaire pour le Rwanda, à l’origine du mandat d’arrêt international qui avait conduit à son interpellation.

Les difficiles relations franco-rwandaises ne seront pas facilitées par la dernière décision de la justice hexagonale. La chambre de l’instruction de Versailles vient en effet d’enterrer la procédure partie de Kigali, contre un ressortissant rwandais en France. Les magistrats ont donné un avis défavorable à la demande d’extradition d’Eugène Rwamucyo, un médecin soupçonné d’avoir eu rôle dans le génocide rwandais de 1994.

Et la chambre va plus loin encore en libérant le médecin, qui avait été interpelé en mai dernier, vertu d’un mandat d’arrêt international délivré par le Rwanda en 2007. C’est quatrième demande d’extradition de rwandais que la justice française rejette ces derniers mois. La chambre a estimé notamment que “les droits de la défense ne sont pas garantis au Rwanda”, a précisé Me Philippe Meilhac, l’avocat d’Eugène Rwamucyo. D’autres procédures de même nature sont en cours, notamment à l’encontre d’un autre médecin, Sosthène Munyemana, à Bordeaux.

Selon Kigali, Eugène Rwamucyo aurait participé à plusieurs réunions avec des génocidaires à Butare, dans le sud du pays en 1994, en particulier avec l’ex-premier ministre Jean Kambanda, condamné à perpétuité par le tribunal pénal international.

“L’idée n’est pas d’échapper aux procédures”, assure me Meilhac. Mais il préfère être entendu par la justice française, qui a elle aussi lancé une information judiciaire pour pour génocide, crimes contre l’humanité et complicités après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Cette nouvelle intervient au moment où de nombreuses organisations de défense des droits humains intensifient leur pression sur les Nations Unies et la communauté internationale pour qu’elles cessent de couvrir les crimes commis par dirigeants du Rwanda. Un rapport bien documenté du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, dû pour publication le 1er Octobre, accuse l’armée rwandaise sous les ordres du général Kagame d’avoir commis des actes de génocide à l’endroit des Hutus en RD Congo. Les experts estiment que l’invasion de la RD Congo par l’armée de Kagame a déjà coûté plus de six millions de vies humaines, Congolais et  réfugiés Hutus confondus.

September 15, 2010   1 Comment