Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — August 2010

Paul Kagame se vante: “Le gouvernement rwandais ne rate jamais sa cible”

Paul Kagame se targue d’être l’auteur des attentats réussis commis contre les ressortissants rwandais à l’étranger.

Ecoutez Paul Kagame, particulièrement là où il affirme que “Le gouvernement rwandais ne rate jamais sa cible”:
[Youtube]IFxNkqrtYJY[/Youtube]

Voici ci-après la traduction d’un extrait du discours prononcé par Paul Kagame à Gatsibo (Rwanda) le 5 août 2010 (transcription et traduction par Eugène Shimamungu)

Salutations

Ce qui nous a réuni ici, et je vous en remercie parce que vous êtes venus nombreux, c’est la voie dans laquelle s’engage notre pays, la voie du développement, la voie de la démocratie, l’opportunité du choix, de faire notre choix. Le monde entier accepte la démocratie, il nous incite dans cette voie et nous l’acceptons volontiers. Cependant des donneurs de leçons se sont chargés de décréter ce que doit être la démocratie, selon leur propre gré. Mais à chaque fois, ils changent la définition selon leurs intérêts.

Premièrement, si vous êtes ici, c’est que vous soutenez la démocratie, vous soutenez le FPR, vous soutenez le bon choix. Et si vous le pensez ainsi, les autres (les donneurs de leçons) disent que ce n’est pas cela, qu’une élection à 100%, ce n’est pas la démocratie. La démocratie c’est celle qui est investie par les génocidaires.

Je disais donc, ce qui nous a réuni ici, c’est la démocratie, c’est la démocratie, l’opportunité du choix, de notre choix, c’est la voie du développement, le bien que mérite notre pays. Je disais aussi, nous le savons bien, on nous le dit tous les jours, la démocratie c’est le bon choix, notre choix, elle est basée sur le choix de la majorité. Mais lorsque la majorité des Rwandais choisissent le FPR, lorsqu’ils choisissent leur voie, on nous répond que ce n’est pas cela la démocratie. Ils changent donc le sens de la démocratie et disent que nous devons même élire ceux qui sont accusés de crimes de génocide pour diriger le pays.

Les attentats manqués ne sont pas l’œuvre du Gouvernement rwandais, celui-ci ne rate jamais sa cible.
“Le FPR et son candidat, nous sommes, comme ce bâton-là, légèrement brûlés : lorsque nous frappons, nous faisons des victimes. Les gens ne devraient pas oublier notre passé.”
Paul Kagame.

Lorsque les malfaiteurs fuient le pays, ils prétendent être des opposants politiques. Pourquoi fuyez-vous un gouvernement que vous critiquez ? Si ce sont des démocrates, ils doivent rester, pour aider à résoudre les problèmes avec tout le monde. Et lorsqu’ils se font agresser dans leur pays d’asile, ils prétendent que c’est l’état rwandais qui en est le commanditaire. L’état rwandais ne gouverne pas les autres pays ! L’état rwandais n’est pas chargé de la sécurité des autres pays. L’état rwandais, le FPR, ne s’immisce pas dans la politique des autres pays.

Deuxièmement, les attentats manqués ne sont pas l’œuvre du Gouvernement rwandais, celui-ci ne rate jamais sa cible. Nous ne sommes pas non plus garants de la sécurité des criminels qui se sont expatriés. Mais lorsque ces criminels déclarent la guerre au Rwanda, que ce soient eux-mêmes ou leurs soutiens, nous les abattrons, ils ne sauront jamais qui les a frappés. Mais ces malfaiteurs devraient connaître l’histoire du FPR, l’histoire du Rwanda. Ils doivent savoir que le FPR, vous vous le savez, mais laissez-moi vous le redire : pour mieux préparer le bâton dont l’on va se servir pour frapper, il faut le passer légèrement au feu pour qu’il puisse faire mal. Le FPR et son candidat, nous sommes, comme ce bâton-là, légèrement brûlés : lorsque nous frappons, nous faisons des victimes. Les gens ne devraient pas oublier notre passé. Ceux qui l’oublient devront en subir les conséquences.

Gens de Gatsibo, soyez clairs, soyez des Rwandais qui savent ce qu’ils veulent, ne nous laissons pas dédire à aucun moment. Ces journalistes qui disent du mal du Rwanda, le Rwanda n’est pas à plaindre. Lorsqu’ils parlent d’attentats et d’autres choses… chez eux on compte des milliers de morts par jour. Pourquoi tout cela n’est-il pas imputé à leur gouvernement ?

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August 9, 2010   No Comments

RIPRODHOR dénonce la violation des droits de l’homme et des libertés publiques au Rwanda

par Riprodhor – Réseau International pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Rwanda.

Dénonciation de violation des droits de l’homme et des libertés publiques au Rwanda

1° Instrumentalisation politique du système judiciaire et des juridictions Gacaca

Le RIPRODHOR reste très préoccupé par les violations massives des droits de l’homme et des libertés publiques perpétrées par le régime dictatorial dirigé par le général Paul KAGAME, à la veille des simulacres d’élections présidentielles prévues pour le 09/08/2010.
L’instrumentalisation politique continue du système judiciaire a fini par saper l’indépendance des magistrats, servilement soumis aux injonctions du FPR, véritable parti Etat dont dépend la vie ou la mort des citoyens rwandais.
La justice qui devrait être rendue au nom du peuple rwandais, est arbitrairement rendue au nom de l’Homme fort de Kigali, qui en utilise les leviers pour porter atteinte à la vie et à la liberté de ses opposants, museler la presse et dissoudre les associations comme les partis politiques qui échappent à sa mouvance.

Au premier rang des préoccupations du RIPRODHOR se trouvent les juridictions Gacaca.
Auparavant conçues pour répondre aux énormes besoins de justice des victimes du génocide et des massacres commis par les protagonistes de la guerre d’octobre 1990 et servir de base à la réconciliation nationale, elles ont été transformées en outil de discrimination entre les ethnies pour justifier la domination de certains tutsi sur des hutu.
Le principe d’égalité des armes entre les parties aux procès, pourtant consacré par la constitution rwandaise est constamment violé.
Depuis leur instauration, ces juridictions dites populaires se sont laissées inféoder et manipuler par le pouvoir en place pour servir sa politique délibérée de laisser croupir des leaders hutu innocents dans des prisons et de leur faire payer les dégâts matériels causés par les interahamwe pendant le génocide de 1994.
Bon nombre de juges qui siègent dans ces juridictions ne sont pas indépendants, car ils reçoivent des ordres et des directives des décideurs politiques du FPR quand ils poursuivent les accusés : les condamnations ou acquittement sont accordés en fonction de l’intérêt que le prévenu représente pour le FPR.

Ne respectant ni la présomption d’innocence, ni le droit de la défense, ou celui à un procès équitable, ces juridictions disposent d’un pouvoir illimité qui va jusqu’à prononcer la peine à perpétuité dans l’isolement, l’équivalent d’une peine de mort, alors que le Rwanda prétend avoir aboli la peine de mort dans ses lois. Cette dernière existe insidieusement dans la pratique compte tenu du nombre d’assassinats politiques et de disparitions forcées qui ne faiblit pas.

Dans la plupart des cas, les procédures contradictoires pendant le procès ne sont pas respectées, et l’autorité de la chose jugée n’est pas prise en considération quand les détenus acquittés sont maintenus abusivement en détention. Des personnes définitivement acquittées par les cours et tribunaux de droit commun après avoir épuisé toutes les voies de recours se voient condamnées de nouveau par les juridictions gacaca souvent pour les mêmes faits ou pour des faits fabriqués de toute pièce à cet effet..

Des irrégularités ont été constatées dans plusieurs districts du pays où, plusieurs innocents ont été condamnés sur base de fausses accusations de divisionnisme et de propagation de l’idéologie génocidaire par des juges complices de la politique de discrimination ethnique du parti-Etat.

Dans l’ex- Préfecture de Cyangugu, un des cas qui nous préoccupent la conscience de l’humanité est l’affaire de Straton Sinzabakwira, ex Bourgmestre de la Commune Karengera, qui par ailleurs a sciemment plaidé coupable, ayant été le boucher de KARENGERA-NYAKABUYE. Il a été complaisamment condamné à 20 ans d’emprisonnement, après avoir accepté de faire inculper dans son procès des personnalités innocentes comme Théoneste Habimana, Tharcisse Nzabaza et Benjamin Ndikumana, qui se sont vaillamment opposées à son entreprise génocidaire à Karengera.

Pour se racheter, Straton Sinzabakwira, le bourreau des Tutsi de Karengera Nyakabuye, s’est improvisé en inquisiteur du régime FPR en proférant d’énormes mensonges dans l’enquête dite MUCYO sur l’implication des militaires français dans le génocide rwandais. Il est parvenu à se dédouaner de ses horribles forfaits en respectant à la lettre les consignes du régime, qui l’incitaient à faire condamner les défenseurs des droits humains devenus actuellement « ses ennemis » même s’ils se sont opposés, au risque de leurs vies, aux actes de génocide et à la violence politique qu’il entreprenait pour endeuiller la Commune de Karengera et les Communes environnantes. Plusieurs personnes acquittées par ces mêmes gacaca sont maintenues arbitrairement en prison si l’Association gouvernementale dite IBUKA n’autorise pas leur libération.

2° Atteinte à la liberté d’expression et d’opinion

2.1. La liberté de presse

La liberté d’exprimer librement son opinion est un principe sacré dans un Etat de droit. Le Rwanda est entrain de préparer les élections dites démocratiques alors que les journalistes indépendants, les dirigeants des partis d’opposition ne cessent d’être intimidés traités de génocidaires ou de véhiculer une idéologie génocidaire. Bon nombre d’entre eux croupissent dans des prisons et des cachots pour avoir osé exprimer les opinions différentes de celles du parti FPR qui prétend seul avoir le monopole des solutions aux problèmes rwandais. Les cas illustrant ces violations sont les accusations portées contre Madame Victoire INGABIRE qui ne demandait qu’à faire enregistrer son parti FDU INKINGI pour participer aux élections présidentielles d’août 2010. Privée de son passeport, elle se retrouve officiellement en résidence surveillée, alors que le Gouvernement demande à ses locataires de la chasser, pour en faire une « sans domicile fixe » et l’exposer aux moqueries de ses électeurs potentiels.

Il en est de même pour Maître Bernard Ntaganda du Parti PS IMBERAKURI,dont le parti est déjà enregistré mais dont les conditions de travail sont rendues difficiles par le pouvoir en place . Ce dernier, après avoir interdit les réunions de son parti et après avoir procédé à l’arrestation de ses membres a placé le Président fondateur du PS IMBERAKURI en détention sans inculpation pénalement qualifiable.

Le Democratic Green Party n’est pas encore enregistré officiellement et s’est vu imposé des conditions difficiles. Les membres sont intimidés et les arrestations sont fréquentes. André KAGWA RWISEREKA, le Vice-Président du Parti Démocratique Vert du Rwanda a été retrouvé mort mecredi le 14 Juillet 2010 à Butare.

Mr Déogratias MUSHAYIDI, Président du Parti Pacte de Défense du Peuple (PDP-IMANZI) et rescapé de génocide a été arrêté et accusé paradoxalement de négationnisme du génocide et de terrorisme. Rappelons que Monsieur Déo Mushayidi a été arrêté le 04/03/2010 par des policiers tanzaniens dans la Ville de BUKOBA en Tanzanie. Il a été conduit à la frontière du Burundi. La Police burundaise des Airs, des Frontières et des Etrangers (PAFE) l’a transféré dans la capitale burundaise, Bujumbura, jeudi soir puis conduit manu militari au Rwanda dans l’ignorance du droit à la protection internationale due au réfugié politique qu’il était.

Le 24 juin 2010 le rédacteur en Chef du Bimensuel Umuvugizi, Jean Léonard RUGAMBAGE a été assassiné. Sa mort pourrait être liée aux investigations qu’ il menait sur la tentative du meurtre le 19 juin 2010 à Johannesburg du Général Faustin KAYUMBA NYAMWASA (cfr Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme, lettre du mois n°191,juillet-septembre 2010.)

Et suite à cet assassinat, le Gouvernement a procédé à la suspension de plus de trente journaux en pleine campagne électorale du Président qui prétend se faire réélire démocratiquement. !!!

2.2.La liberté de choisir ses représentants de pouvoir.

Les militaires n’ont pas cessé d’intimider les électeurs pour qu’ils ne votent que le Président du FPR. Les listes d’électeurs ont été faites par la commission électorale tout en privant des membres des partis d’opposition le droit de vote. Les personnes se sont vues refuser le droit d’aller voter car elles figurent sur la liste rouge élaborée par la commission électorale désignée par le FPR. Plusieurs cas dans les districts de RUSIZI et NYAMASHEKE dans la province de l’Ouest et dans la province de l’Est.

Priver la personne de son droit de vote est une décision du Tribunal indépendant et non une décision d’un parti politique. Ces irrégularités électorales délibérées constituent une privation des droits civiques du citoyen et ce préjudice mériterait d’être réparé moyennant une condamnation sévère de ses auteurs

Face à ces violations massives des droits et libertés individuelles que condamne énergiquement le RIPRODHOR ; il recommande :

1) Qu’il y ait une commission internationale indépendante pour faire la lumière sur les violations des droits humains commises au Rwanda et pour évaluer des abus de droit commis par les cours et tribunaux comme par les juridictions gacaca et d’en établir la responsabilité. La justice doit être rendue au nom du peuple rwandais et non au nom du parti-Etat.

2) Que les jugements rendus par ces cours et tribunaux et ces juridictions gacaca en violation des procédures légales et des principes de droit qui fondent le procès équitable soient considérés comme nuls et non avenus.

3) Que les personnes arbitrairement détenues sur base de délations et de jugements violant les principes universels des droits humains soient libérées sans conditions.

4) Que les bailleurs de fonds du Rwanda prennent conscience du fossé infranchissable qui est en train de s’installer entre les ethnies au Rwanda et qu’ils cessent de financer des programmes qui freinent l’ouverture démocratique à l’ensemble des Rwandais et leur développement. La Communauté internationale devrait s’abstenir de reconnaître le résultat des élections où les principaux candidats ont été exclus arbitrairement de la course.

6) Que cesse l’intimidation des journalistes et des autres défenseurs des droits et libertés garantis par le droit international et la loi fondamentale rwandaise. Qu’une enquête indépendante soit menée sur l’assassinat du journaliste Jean Léonard RUGAMBAGE et celui du vice-président du Parti Vert, André Kagwa Rwisekera

7) Que la réforme judiciaire soit entreprise pour garantir l’indépendance des juges et que le système inquisitoire à juge unique au Rwanda soit annulé afin de garantir le droit à un jugement équitable.

Fait à Paris le 05 août 2010

Théobald RUTIHUNZA

Président du RIPRODHOR
Réseau International pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Rwanda
Association Loi 1901 101 AV BERTHELOT
69007 LYON
FRANCE
Tel + 33 17574O563
Email :riprodhor@hotmail.com

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August 8, 2010   No Comments

Rwanda: Record d’atteintes aux droits humains de Janvier à juillet 2010

par Human Rights Watch.

Rwanda: Atteintes aux libertés d’expression, d’association et de réunion à l’approche de l’élection présidentielle

Janvier-Juillet 2010.

Ce document présente une chronologie de cas de violations du droit à la liberté d’expression, à la liberté d’association et à la liberté de réunion ainsi que d’événements connexes qui se sont produits au Rwanda à l’approche de l’élection présidentielle du 9 août 2010. Il devrait être lu conjointement avec les documents de Human Rights Watch énumérés en face, lesquels fournissent des informations complémentaires sur quelques-uns de ces cas.

La présente chronologie est principalement axée sur une sélection de cas affectant des membres des partis de l’opposition, ainsi que des journalistes et des organisations non gouvernementales. Elle ne prétend pas apporter une liste exhaustive de cas. Human Rights Watch a recueilli des informations sur d’autres incidents qui ne sont pas inclus dans la présente chronologie.

16 janvier Victoire Ingabire Umuhoza, présidente du parti d’opposition FDU-Inkingi, rentre au Rwanda après 16 années d’exil.
Janvier à avril Victoire Ingabire est convoquée à maintes reprises par la police et interrogée à propos d’une présumée collaboration avec des groupes armés, en particulier les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). (Les FDLR sont un groupe armé actif en République démocratique du Congo, composé en partie d’individus ayant participé au génocide au Rwanda en 1994.) Elle est également interrogée à propos de ses déclarations publiques critiques à l’égard du gouvernement, donnant lieu à des accusations d’idéologie génocidaire et d’incitation aux divisions ethniques. Ces accusations sont en partie liées aux déclarations qu’elle a faites au mémorial du génocide à Kigali, au cours desquelles elle a appelé à ce que les massacres de Hutus soient reconnus, en plus du génocide, et à ce que justice soit rendue pour ces crimes.
Janvier à mai Les autorités locales refusent à diverses reprises au Parti démocrate vert (autre parti d’opposition) et aux FDU-Inkingi la permission de tenir leurs congrès, l’une des conditions pour qu’un parti politique soit enregistré. Les deux partis ne peuvent obtenir leur enregistrement.
3 février Un membre des FDU-Inkingi, Joseph Ntawangundi, est passé à tabac devant les bureaux des autorités locales de Kinyinya (Kigali).
4 février Frank Habineza, président du Parti démocrate vert, est menacé par un inconnu dans un restaurant de Kigali.
6 février Ntawangundi est arrêté et accusé de participation au génocide.
21 février Une réunion du parti d’opposition PS-Imberakuri est violemment perturbée par des membres d’une faction dissidente.
22 février Dans une affaire qui avait débuté en 2009, un tribunal reconnaît trois journalistes du journal indépendant Umuseso (le rédacteur en chef Didas Gasana, l’ancien rédacteur en chef Charles Kabonero et le reporter Richard Kayigamba) coupables de diffamation en lien avec un article publié dans leur journal. Kabonero est condamné à un an d’emprisonnement, Gasana et Kayigamba à six mois chacun. Tous trois se voient infliger une amende d’un million de francs rwandais (environ 1 755 $US).
28 février L’ex-général rwandais Faustin Kayumba Nyamwasa part en exil en Afrique du Sud et commence à dénoncer le gouvernement et le Président Paul Kagame.
3 mars Déogratias Mushayidi, ancien journaliste et opposant en exil du gouvernement, est arrêté au Burundi.
5 mars La police burundaise remet Mushayidi aux autorités rwandaises.
10 mars Les agents de l’immigration annulent le visa de travail de la chercheuse principale de Human Rights Watch sur le Rwanda, Carina Tertsakian.
17-24 mars Le membre des FDU-Inkingi Joseph Ntawangundi comparaît devant une juridiction gacaca (tribunal communautaire mis sur pied pour statuer sur les affaires de génocide). Après avoir au départ plaidé non coupable, il change ensuite d’avis et avoue avoir participé au génocide. Il est condamné à 17 ans de prison.
17 mars Une faction dissidente du PS-Imberakuri nomme Christine Mukabunani nouvelle présidente du parti, dans le cadre d’une tentative d’éviction du fondateur et président Bernard Ntaganda.
19 mars Mushayidi comparaît devant un tribunal et est accusé, entre autres, d’atteinte à la sûreté de l’État, de collaboration avec des groupes terroristes, d’avoir minimisé le génocide, d’idéologie génocidaire et de divisionnisme.
23 mars Ingabire est bloquée par la police à l’aéroport de Kigali et se voit empêchée de se rendre à l’étranger.
5 avril Lors d’une audience devant le Sénat, des membres de la Commission politique du Sénat affirment que les accusations d’idéologie génocidaire portées à l’encontre de Bernard Ntaganda sont bien fondées. Le Sénat avait convoqué Ntaganda à deux reprises fin 2009 pour qu’il réponde d’accusations d’idéologie génocidaire, en lien avec ses déclarations publiques critiquant certaines politiques gouvernementales.
13 avril Le Haut conseil des médias suspend les deux journaux indépendants Umuseso et Umuvugizi pour une période de six mois.
21 avril Le rédacteur en chef d’Umuvugizi Jean-Bosco Gasasira fuit le Rwanda après avoir fait l’objet de menaces à plusieurs reprises.
21 avril Ingabire est arrêtée et accusée d’idéologie génocidaire, de divisionnisme et de collaboration avec des groupes terroristes, dont les FDLR.
22 avril Ingabire est libérée sous caution mais n’est pas autorisée à quitter Kigali.
23 avril Dans une affaire qui avait débuté en 2009, la cour d’appel reconnaît Gasasira coupable de diffamation en lien avec des articles publiés dans son journal. Il est condamné à verser une lourde amende ainsi que des dommages et intérêts.
23 avril La deuxième demande de visa de travail de Carina Tertsakian est rejetée, la veille de la date d’expiration de son séjour légal au Rwanda. Elle est obligée de quitter le pays le 24 avril.
24 mai Le rédacteur en chef d’Umuseso Didas Gasana fuit le Rwanda après avoir fait l’objet de menaces à plusieurs reprises.
28 mai Peter Erlinder, l’avocat américain de Victoire Ingabire, est arrêté et accusé d’avoir nié et minimisé le génocide, ainsi que d’avoir diffusé des rumeurs susceptibles de menacer la sécurité nationale.
7 juin Erlinder se voit refuser une mise en liberté sous caution.
17 juin Erlinder est libéré sous caution pour des raisons médicales.
19 juin Tentative de meurtre sur Faustin Kayumba Nyamwasa en Afrique du Sud.
24 juin Bernard Ntaganda est arrêté.
24 juin Plusieurs membres du PS-Imberakuri sont arrêtés devant l’ambassade des États-Unis et plusieurs membres des FDU-Inkingi sont arrêtés devant le Ministère de la Justice à Kigali.
24 juin Le journaliste d’Umuvugizi Jean-Léonard Rugambage est abattu devant sa maison à Kigali dans la soirée. Le matin, l’édition en ligne d’Umuvugizi avait publié un article, basé en partie sur des informations reçues par Rugambage selon lesquelles de hauts responsables rwandais auraient été impliqués dans la tentative de meurtre perpétrée en Afrique du Sud sur la personne de Kayumba Nyamwasa.
25 juin La police libère certains membres du PS-Imberakuri et des FDU-Inkingi, mais trois membres des FDU-Inkingi et six membres du PS-Imberakuri, dont Bernard Ntaganda, restent en détention. Plusieurs membres du PS-Imberakuri et des FDU-Inkingi signalent avoir été passés à tabac par la police.
27 juin Un autre membre du PS-Imberakuri est arrêté.
27 juin Didace Nduguyangu et Antoine Karemera sont arrêtés en lien avec le meurtre de Rugambage. Les autorités annoncent par la suite que les deux hommes ont avoué avoir projeté de tuer Rugambage pour se venger d’un meurtre que celui-ci aurait commis pendant le génocide.
2 juillet Date limite pour la remise des candidatures présidentielles à la Commission électorale nationale (NEC). Le PS-Imberakuri, le Parti démocrate vert et les FDU-Inkingi ne sont pas en mesure de présenter des candidats.
6 juillet Bernard Ntaganda comparaît devant un tribunal et est accusé de plusieurs délits, entre autres d’avoir organisé des manifestations sans autorisation officielle, d’avoir troublé la sécurité nationale et d’avoir incité aux divisions ethniques – les deux derniers délits étant liés à ses déclarations publiques critiquant les politiques gouvernementales.
8 juillet Arrestation d’Agnès Nkusi Uwimana, rédactrice en chef du journal Umurabyo, en lien avec des articles publiés dans son journal.
9-13 juillet Les membres restants des FDU-Inkingi et du PS-Imberakuri sont libérés, à l’exception de Ntaganda.
10-12 juillet Arrestation de Saidati Mukakibibi et de Patrick Kambale, journalistes à Umurabyo. Kambale est libéré.  Mukakibibi reste en détention.
13 juillet André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti démocrate vert, est porté disparu. Sa voiture est retrouvée près de la ville de Butare, dans le sud.
14 juillet Le corps mutilé de Rwisereka est retrouvé à la périphérie de Butare.
16 juillet La police arrête Thomas Ntivugurizwa, présumé être la dernière personne à avoir vu Rwisereka, sur présomption de meurtre.
20 juillet Lancement officiel des campagnes pour l’élection présidentielle. Les candidats sont le président en exercice Paul Kagame (Front Patriotique Rwandais),  Prosper Higiro (Parti Libéral), Jean-Damascène Ntawukuriryayo (Parti Social Démocrate) et Alivera Mukabaramba (Parti du Progrès et de la Concorde).
21 juillet Thomas Ntivugurizwa est libéré.
21 juillet Cinq membres du PS-Imberakuri sont arrêtés dans les bureaux du parti.
24 juillet Deux membres des FDU-Inkingi sont arrêtés devant le domicile de Victoire Ingabire.
27 juillet Le procès de Mushayidi débute à Kigali.
28 juillet Des exemplaires du premier numéro de The Newsline, un journal en langue anglaise produit par des journalistes d’Umuseso en exil, sont saisis à la frontière rwando-ougandaise. La police rwandaise arrête le chauffeur et le contrôleur du bus transportant les journaux. Le chauffeur est libéré quelques heures plus tard. Le contrôleur est maintenu en garde à vue pendant deux jours ; il est libéré le 30 juillet, mais d’après certaines informations, il aurait été ré-arrêté le lendemain.
29 juillet Trois membres du PS-Imberakuri sont libérés.
9 août Élection présidentielle.

[Human Rights Watch]

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August 5, 2010   No Comments

Paul Kagame promet “la guerre à ceux qui veulent la guerre”

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“If you are foreigners or Rwandans, if you want to fight us we will fight back and we will win because it seems you don’t know Rwandans and the RPF, and you must know us, we are strong, we will fight back and we will win.”
Paul Kagame.

Kigali – L’atmosphère entourant la campagne présidentielle devient chaque jour plus pesante. Suite à l’appel au soulèvement émis par le colonel en exil Patrick Karegeya, le président rwandais Paul Kagame a fermement mis en garde contre toute tentative de déstabilisation.

« Ceux qui veulent la guerre, ils auront la guerre. Et ils le regretteront », a-t-il prévenu, lors d’un meeting mardi près de Kigali pour la campagne de la présidentielle du 9 août.

Paul Kagame faisait apparemment référence à des déclarations du colonel Patrick Karegeya, ex-chef des services de renseignements extérieurs aujourd’hui en exil, qui, dans un article du bi-hebdomadaire ougandais The Observer paru la veille, avait appelé les Rwandais à se « soulever » contre la « dictature » de Kagame.

« Personne ne viendra sauver les Rwandais de la dictature de Kagame, et il n’est plus temps de se croiser les mains », a déclaré Karegeya. « De toute évidence, certains y perdront leur vie mais ceux qui mourront auront perdu leur vie pour une juste cause, et je suis prêt à soutenir les Rwandais qui veulent combattre la dictature de Paul Kagame », a-t-il ajouté.

« Cet appel est une déclaration criminelle qui ne peut pas être prise à la légère », a réagi dans la presse le porte-parole de l’armée rwandaise, le colonel Jill Rutaremara. « Rien ne permettra [à M. Karegeya, NDLR] de couvrir ses crimes et de stopper le cours de la justice », a-t-il renchéri.

Compagnons de lutte

Le colonel Karegeya est un ancien compagnon de lutte de Paul Kagame au sein du Front patriotique rwandais (FPR). Tout puissant chef des services de renseignements extérieurs, cet officier de haut rang a fui le Rwanda en 2007 et trouvé refuge en Afrique du Sud, où s’est également exilé depuis mars l’ancien chef d’état-major de l’armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa.

Celui-ci a été victime le 19 juin d’une tentative de meurtre devant son domicile de Johannesburg, pour laquelle l’Afrique du Sud a mis en cause des « agents » agissant pour un « pays étranger », sans autre précision. Kigali a démenti toute implication.

« Karegeya, comme son complice fugitif Kayumba Nyamwasa, est un criminel qui a choisi la voie de la violence et qui est réclamé par la justice de son pays (…) », a accusé le porte-parole de l’armée. (Avec AFP)

[Jeune Afrique]

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August 5, 2010   No Comments

Rwanda: Une trentaine de médias suspendus à quelques jours de l’élection présidentielle

par Reporters Sans Frontières.

A une semaine de l’élection présidentielle, qui se tiendra le 9 août prochain, le pouvoir rwandais montre de manière flagrante son refus de se soumettre au jeu démocratique. Emprisonnement de journalistes, fermeture de médias, assassinat d’un rédacteur en chef il y a un mois, les exactions contre la presse s’intensifient à l’approche du scrutin.

La dernière initiative liberticide remonte au 26 juillet 2010, lorsque le Haut Conseil des médias, organe de régulation rwandais, a annoncé sa décision de suspendre une trentaine d’organes de presse.

Autres recents evenements:
● 13 juillet 2010 – La directrice d’un bimensuel indépendant détenue, dernier incident d’une “série noire” pour la presse
● 25 juin 2010 – Le journaliste Jean-Léonard Rugambage assassiné devant son domicile de Kigali
● 11 juin 2010 – La chasse aux médias indépendants se poursuit sur le Net

Dans un communiqué, Patrice Mulama, sécretaire exécutif du Haut Conseil des médias a donné la liste des 19 radios et des 22 journaux reconnus par le pouvoir en place et “remplissant les conditions de diffusion et d’émission prévues par la loi régissant les médias du 12 août 2009”. Ce texte prévoit dans son article 96 que les organes de médias écrits et audiovisuels doivent, dans un délai de trois mois, adresser au Haut Conseil des médias une demande d’autorisation de lancement, prévue par l’article 24.

Les plus grands journaux du pays, tels qu’Umuseso, Umuvugizi, Umurabyo, et plusieurs radios, parmi lesquelles Voice of Africa Rwanda (la radio des musulmans) et Voice of America, sont ainsi rayés du paysage médiatique. Selon le secrétaire exécutif, les journaux ne pourront pas reparaître tant qu’ils ne se seront pas conformés à la loi. Les radios, quant à elles, ont jusqu’à la fin de la semaine pour rassembler les documents nécessaires.

Le 28 juillet, le Haut Conseil des médias a diffusé un nouveau communiqué appelant, cette fois-ci, les forces de sécurité à fermer les journaux et à couper le signal des radios dans l’illégalité. Le jour même, les forces de l’ordre ont saisi Rwanda Newsline, journal édité en anglais par RIMEG (Rwanda Independent Media Group), au motif qu’il n’est pas reconnu au Rwanda.

“Les mesures du Haut Conseil, qui tombent en pleine campagne électorale et à quelques jours du scrutin, sont plus que suspectes. Elles sont destinées à verrouiller la presse et à empêcher les journalistes de jouer le rôle qui leur incombe, à savoir celui d’observateurs indépendants et impartiaux du processus électoral. Comment une élection peut-elle se tenir normalement sans presse libre, sans possibilité pour l’électorat d’accéder à une information indépendante, sans pouvoir suivre un débat contradictoire ? Nous n’assistons pas à une élection présidentielle ouverte, mais à l’orchestration de la reconduite de Paul Kagame dans ses fonctions”, a déclaré l’organisation.

Signe de la volonté du gouvernement de mettre la presse en coupe réglée, le secrétaire exécutif du Haut Conseil des médias a affirmé que le journalisme rwandais devait retrouver « la raison » et que la loi visait à restaurer la crédibilité de la profession, qu’il qualifie de « décharge publique “.

L’organisation rappelle qu’elle avait demandé à l’Union européenne de suspendre son financement à l’élection présidentielle. Voir le précédent communiqué.

Reporters sans frontières rappelle également qu’Agnès Uwimana Nkusi et Saidat Mukakibibi, respectivement directrice et journaliste au bimensuel privé Umurabyo, ont été placées en détention provisoire, le 20 juillet 2010. Elles sont poursuivies pour “outrage au chef de l’Etat”, “incitation à la désobéissance civile” et “négation du génocide Tutsis”.

Le Rwanda occupe la 157e place, sur 175 pays, du classement mondial 2009 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Après l’Erythrée, la Somalie, et la Guinée équatoriale, il est le quatrième pays africain le moins bien classé. Depuis plusieurs années, le chef de l’Etat, Paul Kagame, figure dans la liste des prédateurs de la liberté de la presse dressée par Reporters sans frontières.

[Reporters Sans Frontières]

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August 3, 2010   No Comments

Rwanda : les groupes de pression se mobilisent contre la présidentielle du 9 août

Kagame en campagne juillet 2010

Kagame en campagne électorale – juillet 2010.

L’analyste Steve McDonald du Centre Woodrow Wilson de Washington vient de rentrer du Rwanda. Il se dit troublé, lui aussi, par la situation sur place. « La peur est palpable, la nervosité, le sentiment qu’il n’y a aucune liberté d’expression, d’association et de rassemblement et je pense que tout ceci pourrait être désastreux », a-t-il dit.

Erlinder a déclaré à la VOA qu’il ne serait jamais allé au Rwanda s’il avait su que le climat politique était aussi empoisonné. « J’avais été conforté par les élections prochaines et toutes les bonnes choses que le gouvernement américain avait dites récemment du gouvernement rwandais, sur les progrès qui avaient été réalisés… Malheureusement, on peut se demander si ces progrès sont réels ou si nous sommes en présence d’une dictature militaire soutenue par le gouvernement américain. Ce qui se passe en ce moment au Rwanda soulève des questions très difficiles », a déclaré Erlinder.

L’opposition et la société civile rwandaise n’en mènent pas large ces derniers temps. L’opposant Bernard Ntaganda a été placé en détention provisoire à Kigali, pour « acte de terrorisme ». L’opposante Victoire Ingabire est comme en résidence surveillée.

La journaliste Agnès Uwimana du journal Umurabyo est arrêtée peu de temps après que notre confère Jean Leonard Rugambage a été abattu à Kigali sans parler des journaux suspendus.

Et il y a quelques semaines, un opposant a été décapité près de Butare. Ce climat de violences inquiète plusieurs ONG avant la tenue de l’élection présidentielle du 9 août. Des groupes de pression ont organisé, à Washington, une conférence de protestation contre cette élection qu’ils disent être jouée d’avance.

Les Nations-Unies et l’ONG Human Rights Watch ont appelé à une enquête exhaustive sur le mort d’un leader de l’opposition que l’on a retrouvé pratiquement décapité le mois dernier. Et puis il y a le cas de Peter Erlinder, cet avocat américain qui était allé à Kigali pour défendre l’opposante Victoire Ingabire, accusée de négation du génocide de 1994. Il a lui-même été incarcéré pendant trois semaines sous les mêmes accusations.

Erlinder a déclaré à la VOA qu’il ne serait jamais allé au Rwanda s’il avait su que le climat politique était aussi empoisonné.
« J’avais été conforté par les élections prochaines et toutes les bonnes choses que le gouvernement américain avait dites récemment du gouvernement rwandais, sur les progrès qui avaient été réalisés… Malheureusement, on peut se demander si ces progrès sont réels ou si nous sommes en présence d’une dictature militaire soutenue par le gouvernement américain. Ce qui se passe en ce moment au Rwanda soulève des questions très difficiles », a déclaré Erlinder.

A la suite de l’arrestation de Peter Erlinder, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait dit comprendre l’anxiété des leaders rwandais face à ce qu’ils considèrent comme négation du génocide. En même temps, elle avait exhorté le Rwanda à ne pas saper tous les progrès réalisés en s’écartant des actions positives.

L’analyste Steve McDonald du Centre Woodrow Wilson de Washington vient de rentrer du Rwanda. Il se dit troublé, lui aussi, par la situation sur place. « La peur est palpable, la nervosité, le sentiment qu’il n’y a aucune liberté d’expression, d’association et de rassemblement et je pense que tout ceci pourrait être désastreux », a-t-il dit.

Steve McDonald se dit d’avis que le président Kagame refuse toute réconciliation afin de mieux asseoir son pouvoir.

Le président rwandais a balayé du revers de la main toutes les accusations selon lesquelles il serait derrière les récents assassinats.
« Pourquoi un gouvernement serait-il aussi stupide ? Je n’aurais jamais été dans un gouvernement aussi stupide pour penser qu’il y a quelque chose à gagner dans l’assassinat de journalistes, de leaders de l’opposition les uns après les autres », a déclaré le chef de l’Etat rwandais.

Paul Kagame avait été élu en 2003 avec plus de 95% des voix mais, depuis, des dissensions se sont fait jour parmi ses anciens alliés politiques. L’ancien chef des services de renseignement du Rwanda, Patrick Karegeya, qui vit en exil en Afrique du Sud, déclarait récemment : « des dictateurs comme Kagame ne se retirent pas de la vie politique, ils ne peuvent être que renversés. »

De son côté, le Secrétaire d’Etat Adjoint américain aux Affaires Africaines, Johnnie Carson, s’inquiète de l’environnement politique au Rwanda qui, dit-il, « est entaché d’une série d’actions inquiétantes. »
La réponse de la porte-parole du gouvernement rwandais, Louise Mushikiwabo : « c’est une lecture de la situation faite de l’extérieur du Rwanda avec en plus des visées électoralistes. »

Source: Voa News

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August 3, 2010   No Comments