Tribune d'Information sur le Rwanda

Posts from — August 2010

Le Rwanda accueille 44 combattants FDLR

Kigali : « Nous voulons amener la paix, convaincre vos patriotes à sortir des forêts mais tout dépendra de l’accueil (au Rwanda, ndlr) … ». Ainsi s’exprimait le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda, dirigeant de l’ONG congolais PAREC (Paix et Réconciliation) qui accompagnait un groupe de combattants FDLR au Rwanda à leur arrivée à l’aéroport international de Kigali au milieu de l’après-midi.

De l’accueil justement, les 44 combattants FDLR et 14 de leurs dépendants, dont 10 enfants, ne devraient pas s’en soucier selon les dires de Jean Sayinzoga, le président de la Commission de démobilisation et de réintégration du Rwanda. « Ces gens sont victimes d’une campagne d’intimidation, on leur dit que quiconque vient au Rwanda est tué. Qu’ils viennent et après ils pourront témoigner de ce qu’ils ont vu ».

Comme en échos aux propos de Sayinzoga, le pasteur Ngoyi Mulunda déclare : « Nous voulons qu’ils soient comme des évangélistes qui vont amener la bonne nouvelle aux autres [parlant des FDLR restés dans les forêts] ».

Visiblement en bonne santé, ces combattants des FDLR, arrivés ce jeudi à Kigali, ne semblaient pas s’inquiéter. Pour cause, ils affirment tous qu’ils sont venus de leur propre gré. « Je suis content d’arriver au Rwanda et j’ai hâte de retrouver mes parents. Nous avons pris la décision de rentrer car les souffrances de l’exil devenaient de plus en plus insupportables », raconte Amani Bizimana, imberbe jeune garçon de 20 ans.

Les combattants FDLR rentrés aujourd’hui viennent tous de la province de Katanga où le gouvernement de la RDC les avaient délocalisé. Ils affirment qu’ils ont laissé au Katanga plus de 300 autres combattants dans le camp où ils vivaient.

Le PAREC, qui est à l’origine de l’initiative aboutie, aujourd’hui, est une ONG congolaise qui oeuvre pour ramener la paix. Son dirigeant, le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda, affirme qu’il va poursuivre la campagne de sensibilisation des rwandais combattants encore sur le territoire congolais pour les persuader à rentrer.

Dans son entreprise, le PAREC peut désormais se réjouir du soutien du Rwanda car le président de la Commission de démobilisation et de réintégration du Rwanda, Jean Sayinzoga, a promis de continuer à travailler avec cette ONG afin de faire rentrer tous les combattants et autres réfugiés rwandais qui sont toujours en RDC. Le nombre des soldats FDLR encore en RDC est estimé à 3000 selon Mr Sayinzoga.

De l’aéroport ces FDLR ont été conduits à bord des bus à Mutobo, dans le nord-est du Rwanda, où ils devront apprendre une formation civique qui leur permettra de réintégrer la vie courante.

[ARI-RNA]

August 19, 2010   1 Comment

Rwanda : Les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda sont incomplets

par Human Rights Watch.

25 000 à 45 000 meurtres commis par le Front patriotique rwandais en 1994 n’ont jamais été traités.

Le fait que le procureur ne se soit pas engagé à poursuivre des officiers supérieurs du FPR a entamé sa crédibilité et celle du TPIR. Il ne lui reste que peu de temps pour remplir son mandat et pour défendre l’héritage du tribunal en tant que champion de la justice et du devoir de rendre des comptes pour toutes les victimes au Rwanda.
Kenneth Roth, directeur exécutif

(New York) – Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pourrait perdre sa crédibilité s’il ne met pas en accusation et ne juge pas les officiers du Front patriotique rwandais (FPR) soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre au Rwanda en 1994, a indiqué Human Rights Watch dans une lettre au procureur général du tribunal rendue publique aujourd’hui.

Répondant aux déclarations du procureur général, Hassan Jallow, selon lesquelles il aurait fait tout ce qu’il pouvait pour enquêter sur les crimes commis par toutes les parties lors des événements de 1994, la lettre de Human Rights Watch fait remarquer que le tribunal a traduit en justice des personnalités de premier plan impliquées dans le génocide mais qu’il n’a pas engagé de poursuites contre des officiers du Front patriotique rwandais, le groupe rebelle qui a mis fin au génocide et qui est devenu depuis le parti au pouvoir au Rwanda. Le FPR est soupçonné du massacre de 25 000 à 45 000 civils au cours de trois mois en 1994.

« Le fait que le procureur ne se soit pas engagé à poursuivre des officiers supérieurs du FPR a entamé sa crédibilité et celle du TPIR », a déclaré Kenneth Roth, le directeur exécutif de Human Rights Watch. « Il ne lui reste que peu de temps pour remplir son mandat et pour défendre l’héritage du tribunal en tant que champion de la justice et du devoir de rendre des comptes pour toutes les victimes au Rwanda. »

Bien que le tribunal ait enquêté sur les crimes du FPR depuis plus de 10 ans et qu’il ait rassemblé des déclarations de témoins et des preuves matérielles, Jallow a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU le 4 juin 2009, dans un rapport sur l’avancement des travaux du tribunal, qu’il n’avait « pas de mise en accusation qui soit prête relativement à ces allégations à ce stade particulier ».

Human Rights Watch a insisté à plusieurs reprises auprès de Jallow pour qu’il définisse ses projets de poursuites judiciaires consécutives aux crimes commis par le Front patriotique rwandais avant que le mandat du tribunal n’expire à la fin de 2010.

Dans une lettre répondant aux précédentes demandes de Human Rights Watch, le procureur a soutenu que son bureau ne disposait pas de preuves suffisantes pour entamer des poursuites contre des officiers du Front patriotique rwandais. Le procureur a défendu sa décision de juin 2008 de transférer au Rwanda une affaire concernant le FPR pour qu’elle y soit jugée. Il a réitéré sa position selon laquelle la tentative du Rwanda pour exiger des comptes aux officiers du FPR lors du procès qui s’est déroulé l’année dernière devant un tribunal rwandais – connu sous le nom d’affaire Kabgayi – avait respecté les normes internationales de procès équitable. Les observateurs de Human Rights Watch lors du procès ont conclu que la procédure judiciaire équivalait à un blanchiment politique et un simulacre de justice.

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August 19, 2010   No Comments

Irrégularités dans les élections présidentielles Rwandaises

[wpaudio url=”http://rwandinfo.com/audio/201008-irregularites-elections2010-rpt-joseph-sanane.mp3″ text=”Ecoutez le témoignage de Maître Joseph Sanané” dl=”0″] parlant des irrégularités constatées au Rwanda par La Ligue des Droits de l’Homme dans la région des Grands Lacs

La Ligue des droits de la personne dans la région des Grands Lacs dénonce des irrégularités lors de l’élection présidentielle de lundi au Rwanda. Paul Kagame a remporté le scrutin avec 93 % des voix.
La dénonciation de fraudes semble taboue dans le pays mais le collectif d’associations de défense des droits de l’Homme du Rwanda, du Burundi et de la République démocratique du Congo s’y est risquée. Il dénonce l’ouverture anticipée de bureaux de vote, le bourrage d’urnes ou encore le dépouillement sans contrôle.
Thomas Chabolle a interrogé le président de l’association maître Joseph Sanané.

[Radio Vatican]

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August 16, 2010   No Comments

Rwanda: mission d’expertise française à Kigali pour enquêter sur l’attentat contre Habyarimana

Par Freddy Mulongo, Réveil-FM.

Les juges antiterroristes Marc Trévidic et Nathalie Poux doivent se rendre à Kigali mi-septembre pour une mission d’expertise dans leur enquête sur l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.

Les deux magistrats doivent arriver au Rwanda le 11 septembre et y rester une semaine. Ils seront accompagnés de cinq experts géomètre, en balistique, explosifs et incendie qui devront tenter de déterminer les conditions dans lesquelles l’attentat contre l’avion présidentiel a été opéré.

Le Falcon 50 qui transportait les présidents rwandais et burundais a été abattu alors qu’il s’apprêtait à atterrir à l’aéroport international de Kigali au soir du 6 avril 1994. Cet attentat est considéré comme le signal déclencheur du génocide qui a fait selon l’ONU plus de 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie.

Les deux magistrats seront également accompagnés de policiers français et d’avocats représentants les familles des victimes, parties civiles dans l’enquête.

Mes Léon-Lef Forster et Bernard Maingain, avocats de plusieurs Rwandais visés par un mandat d’arrêt international délivré par les juges français, dont la directrice du protocole du président Paul Kagame, Rose Kabuye, doivent également se rendre sur place, selon ces sources.

L’origine des tirs est au coeur de l’enquête sur les responsabilités dans cet attentat. A ce stade, les enquêteurs français soupçonnent la rébellion tutsie du FPR, alors dirigée par l’actuel président Kagame.

Le gouvernement rwandais a de son côté mis en place une commission d’enquête qui a imputé la responsabilité de l’attentat aux extrémistes “Hutu Power” des Forces armées rwandaises (FAR).
Les experts commis par les juges antiterroristes devront rendre leur rapport en mars 2011.

[Editions Sources du Nil]

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August 16, 2010   No Comments

Simulation des élections rwandaises à Bruxelles

[youtube]hJGuXliI3Kw[/youtube]

Des élections simulées au cœur de l’Europe

(Mis en ligne le 10/08/2010)

Simulation des élections Rwandaises organisée par l’ASBL Jambo (www.jamboasbl.com), le lundi 09 août 2010 devant la Commission européenne.

● Durant la campagne électorale, des opposants et journalistes ont été tués ou assassinés. Aucun opposant digne de ce nom n’a pu se présenter aux élections présidentielles, rendant le résultat de ce scrutin connu d’avance. Résultat: score stalinien de 92, 9% des voix pour le dictateur sortant.
● Cette action visait à demander aux autorités européennes premièrement, de ne pas reconnaitre le résultat des ces élections. Kagame est illégitime et doit être reconnu comme tel. C’est le président de fait du Rwanda qui dès aujourd’hui doit préparer une transition démocratique afin de stopper cette escalade de la violence qui fait craindre de nouvelles violences.

●Deuxièmement, s’impliquer activement à la libération de tous les prisonniers politiques.

●Troisièmement, la communauté internationale doit conditionner l’aide qu’elle accorde au Rwanda au respect des Droits de l’Homme et à mettre le pays sur la voie démocratique, laquelle, seule, assurera la stabilité du Rwanda à long terme…

Simulation . Au moment où ses compatriotes se rendent aux véritables urnes, Rémi participe à la simulation des élections rwandaises organisée par l’ASBL Jambo, à proximité du rond-point Schuman, à Bruxelles.

Dans le rang depuis un moment déjà, il attend patiemment que lui soit donné l’ordre d’aller voter. Oui, Rémi est littéralement forcé d’aller voter, et activement invité par les autorités à replacer Paul Kagame sur son trône – et c’est peu dire. Comme beaucoup d’autres, il se tient debout devant l’entrée du bureau de vote. Qu’il le veuille ou non, il est contraint de crier “Kagame !” à chaque fois que le soldat au mégaphone s’adresse à la file des électeurs d’un bruyant “pour qui allez-vous voter ?”. La suite est à l’avenant. Quand vient son tour de pénétrer dans le bureau de vote, il s’avance, accompagné de très près par deux soldats. Il saisit un bulletin vierge sur la table flanquée d’un immense portrait du Président. A peine est-il entré dans l’isoloir qu’un militaire écarte le rideau. Il faut bien s’assurer que Rémi a sélectionné le candidat en première place sur le bulletin Paul Kagame.

Cette reconstitution de la procédure électorale rwandaise à très faible valeur démocratique pouvait s’observer lundi aux pieds des institutions européennes. Loin de faire dans la dentelle, les organisateurs clamaient haut et fort leurs attentes vis-à-vis de l’Union européenne : “Ne pas reconnaître le résultat des élections; faire pression auprès du régime pour la libération de tous les prisonniers politiques et, enfin, arrêter de soutenir financièrement le régime tant que celui-ci continue de violer de manière massive et flagrante les droits de l’homme et refuse de mener le Rwanda sur la voie démocratique“.

Pour autant, la démarche ne manquait pas de cynisme. Les membres de l’Union, représentés en aveugles, foulard sur les yeux et canne blanche à la main, illustraient l’absence totale, cette année au Rwanda, des “nécessaires” missions officielles d’observation, ainsi que l’inexistence de conditions de l’aide octroyée par l’Europe. Et ces portraits de grands diplomates à qui l’on a prêté de faux courriers comme c’était le cas pour Tony Blair, par exemple : “Cher Kagame, 95 % des voix comme en 2003, c’est trop, vraiment trop, fais en sorte de ne pas dépasser les 80 % cette fois-ci Bien à toi, ton conseiller” . Vraiment, il fallait être aveugle hier pour passer à côté d’une telle mise en scène. O.C. (st.)

[La Libre]

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August 13, 2010   2 Comments

Victoire Ingabire rejette les résultats du scrutin présidentiel au Rwanda

by Victoire Ingabire, FDU-Inkingi.

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Victoire Ingabire
FDU-Inkingi appelle au rejet des résultats du scrutin présidentiel.

FDU ne reconnaît pas les résultats du scrutin présidentiel

Reconnaître les résultats d’un tel scrutin reviendrait à donner crédit à la violence comme un moyen normal de se maintenir et/ou d’accéder au pouvoir. Ce serait une giffle infligée dans le visage des forces démocratiques que nous représentons ainsi qu’une annihilation de nos efforts pour convaincre les rwandais, les jeunes en particulier, que la compétition pacifique et démocratique est chose possible au Rwanda. Le peuple rwandais pourrait aussi perdre totalement confiance en la communauté internationale ainsi qu’en la démocratie.

Nous considérons que le régime actuel n’a pas de légitimité tant qu’il n’aura pas reçu de la population un mandat clair, lequel passe par la désignation de son leader au travers des élections libres et transparentes.

Nous exhortons la communauté internationale, les partenaires bilatéraux ainsi que les bailleurs de fonds du Rwanda à rejecter le simulacre électoral et ses résultats. Nous lui demandons de faire pression sur le gouvernement rwandais afin d’organiser de nouvelles élections, libres, équitables et transparentes.

Fait à Kigali, le 11 août 2010

Madame Victoire Ingabire Umuhoza
Présidente des Forces Démocratiques Unifiées

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August 12, 2010   3 Comments

Rwanda: Victoire Ingabire appelle au rejet des résultats des élections

Une opposante rwandaise sous contrôle judiciaire, Victoire Ingabire, a appelé jeudi les bailleurs de fonds du Rwanda à ignorer les résultats de la présidentielle de lundi remportée par le chef de l’Etat sortant Paul Kagame avec 93 % des voix.

Victoire Ingabire, qui avait voulu se présenter au scrutin dont l’opposition était de facto exclue, est présidente des Forces démocratiques unifiées, une formation qui n’est pas encore reconnue par les autorités.

Nous appelons la communauté internationale, les partenaires bilatéraux et les donateurs à rejeter cette farce électorale et ses résultats“, écrit l’opposante dans un communiqué.

Elle a exigé “de nouvelles élections libres, équitables et transparentes“.

“Reconnaître les résultats de cette mascarade reviendrait à récompenser la violence comme moyen d’accéder au pouvoir et le maintenir au Rwanda”, juge Mme Ingabire, pour qui le président réélu manque de “légitimité politique”.

Le peuple rwandais ne peut pas être otage et privé de ses droits politiques et civils au nom de prétendus miracles économiques“, poursuit-elle dans son communiqué.

La présidente des FDU affirme par ailleurs qu’un membre de son parti, Béatrice Uwimana, est portée disparue depuis le 24 juin.

[Belga]

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August 12, 2010   No Comments

La Ligue des Droits de l’Homme LDGL relève des points forts et des irrégularités durant les élections rwandaises

Kigali – Dans une déclaration émise ce mercredi la LDGL déplore que dans certains endroits les observateurs n’ont pas été bien reçus par les agents électoraux et n’étaient pas à mesure de formuler les observations conformément a l’article 44 de la loi électorale.

« Certains observateurs ont été priés de quitter les bureaux de vote avant le comptage (site Kimisagara et Katabaro) », lit-on dans cette déclaration.

La Ligue des Droits de l’Homme dans les Grands Lacs (LDGL) recommande à la CNE (Commission Nationale Electorale) pour le futur de former davantage les agents électoraux pour qu’ils comprennent le rôle des observateurs, qui est différent de celui des témoins des partis politiques.

Néanmoins, la LDGL a reçu de la Commission Nationale Electorale (CNE) des accréditations sans trop de problèmes et des KITS pour les observateurs. Elle a eu en amont des échanges très fructueux avec les membres de cette même commission.

La campagne électorale s’est déroulée dans un climat apaisé et sans incidents majeurs. Tous les candidats ont accédé aux media publiques.
L’aspect sécuritaire dans les bureaux de vote et l’attention accordée aux femmes enceintes, aux handicapés et aux personnes âgées ont connu la satisfaction de la LDGL.

Selon celle-ci, dans certains bureaux de vote, les observateurs de la LDGL ont constaté que quelques personnes avaient déjà voté avant 6 heures du matin. Certains témoins n’avaient pas de signes distinctifs.

Les rapports relèvent que des chefs de villages dans certains sites de Rwamagana, Nyamata et Huye vérifiaient à l’extérieur les noms des votants et appelaient des retardataires. Certains se sont mêlés dans le comptage des bulletins.

La constitution des bureaux de vote à base d’Umudugugu (la plus petite entité administrative), est susceptible à compromettre le caractère secret du vote, car le chef de village peut facilement repérer ceux qui n’ont pas voté.
D’où l’appel de la LDGL à changer l’article 10 de la loi électorale consacrant cet état de chose.

Une seule constance pour la LDGL pour ce scrutin : « l’aspect économique et social a accaparé cette campagne électorale et les droits de l’homme ont été oubliés ; alors que les deux vont de pair », a fait remarquer Me Joseph Sanane Chiko, le président de la LDGL.

Pour le dernier scrutin présidentiel la LDGL avait déployé 177 agents sur le terrain pour l’observation et ainsi donc participer au bon déroulement des élections.

[ARI-RNA]

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August 12, 2010   No Comments

L’ancien Premier Ministre Faustin Twagiramungu lance “Initiative du Rêve Rwandais”

par Faustin Twagiramungu.

Il y a plus de trois siècles et demi, le dramaturge français Pierre Corneille écrivait dans Le Cid ce qui restera vérité éternelle : « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ». Ce n’est pas le président Kagame qui prouverait le contraire. Lui qui après avoir mis en prison ses opposants politiques, assassiné le vice-président du Democratic Green Party Ismaïl André Rwisereka et le journaliste d’investigation, Jean Leonard Rugambage, alors que Mme Victoire Ingabire Umuhoza était assignée à résidence, Kagame a formellement fait campagne avec ses trois laquais des partis PSD, PL et PPC et s’est présenté, sans inquiétude ni remord, aux électeurs traumatisés par la peur pour se faire réélire pour un mandat de sept ans. En vérité sans concurrence, comme il se doit en démocratie, le dictateur s’est encore une fois autoproclamé Président du Rwanda.

Je condamne avec énergie et dégout cette mascarade électorale. J’interpelle aussi la communauté internationale et par ricochet la Grande Bretagne et les Etats-Unis qui, sans sourciller continuent de soutenir un criminel recherché par deux mandats internationaux afin qu’il comparaisse devant la justice internationale pour y répondre des crimes graves de terrorisme international et de crimes contre l’humanité.

Avec le soutien d’un grand nombre de mes partisans, nous rejetons la propagande « développementaliste » du dictateur Paul Kagame et les éloges fallacieux à son égard de certains Occidentaux dont il défend les intérêts dans la région et cela au détriment des intérêts de tous les peuples de la région.

Confirmer cette élection et célébrer une telle victoire d’un dirigeant criminel est une insulte à la démocratie, une consécration de l’impunité, et une injure à l’intelligence du peuple rwandais dont les sacrifices consentis ne devraient pas être échangés contre un pouvoir d’un « homme fort », mais devraient au contraire servir de commencement d’une révolution des mentalités visant à cimenter à jamais la liberté dans notre pays, seule base fondamentale de la démocratie.

De plus je suis d’avis que la démocratie est impossible et que le développement tant vanté sera fragilisé à défaut de la réalisation préalable du rêve de tout Rwandais de :

1. Mettre fin à la préoccupante question des réfugiés rwandais éparpillés dans le monde depuis 1959 jusqu’aujourd’hui et trouver une solution par tous les moyens de hâter leur retour dans leur pays où ils devraient récupérer leurs biens.

2. Mettre fin aux conflits d’origine identitaire, tout en conservant notre identité historique, et partant, trouver une solution aux violences récurrentes qui en découlent et dont les conséquences déstabilisent la région des Grands lacs, et en particulier la RDC.

3. Mettre fin au pouvoir dictatorial, affirmer la liberté d’expression et de choix des leaders, comme une valeur fondamentale et trouver un modus operandi pour établir un système démocratique basé sur le partage du pouvoir entre toutes les composantes de notre société.

4. Mettre fin à l’impunité.

Voilà « le Rêve rwandais », « the Rwandan dream ». Et ce rêve devrait impérativement être réalisé avant de vanter les mérites d’un développement artificiel qui n’est qu’une façon de masquer les questions fondamentales qui préoccupent le peuple rwandais. Il est de notre devoir et non le devoir des bailleurs de fonds de trouver des solutions à ces questions sans nous inquiéter de l’élection du dictateur Kagame ni de son mandat de sept ans.
C’est pourquoi un nombre de Rwandais dont les noms seront communiqués ultérieurement ont aujourd’hui décidé de prendre l’initiative pour mettre en place un groupe de pression pour la réalisation du rêve rwandais. Ce groupe s’appellera : Rwandan Dream Initiative / Initiative du Rêve Rwandais.
Il sera élargi à tous les pays du monde où se trouvent les Rwandais et fonctionnera au moyen d’une structure qui sera prochainement rendue publique, notamment avec les groupes régionaux sous forme de clubs de débats sur toutes les questions évoquées ci-dessus et toutes autres questions nationales et internationales. Les « Rwandan dream initiative clubs » seront autonomes, mais répondront à l’hiérarchie qui sera communiquée ultérieurement aux adhérents.
Ceci est un nouvel appel aux Rwandaises, aux Rwandais et aux amis du Rwanda consternés par le gangstérisme étatique du général Kagame au lendemain d’une scandaleuse mascarade électorale à la faveur de laquelle le dictateur ne fera que septupler sa cruauté à l’endroit des partisans de la démocratie. L’heure est à la solidarité citoyenne. Nous nous devons de relever ce défi sans baisser les bras et nous assurer que le Rêve rwandais est réalisé non seulement pour notre bien mais surtout pour le bien des générations futures.

Bruxelles, le 10 août 2010

Faustin Twagiramungu
Ancien Premier ministre
Téléphone : 0032 473 210 512

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August 11, 2010   4 Comments

Pour son ancien Premier ministre, Paul Kagame est un dictateur stalinien

Lors de la précédente élection en 2003, Faustin Twagiramungu, un Hutu, avait obtenu moins de 4 % des voix. Rencontre avec ce rescapé des massacres de 1994, devenu ensuite Premier ministre dans l’équipe Kagame, avant de s’exiler en Belgique.
Faustin Twagiramungu

Le Vif/L’Express : L’ambiance électorale a été marquée par des assassinats et une tentative d’assassinat contre un général en exil… Qui est le commanditaire ?

Faustin Twagiramungu : C’est Paul Kagame en personne. Si ce n’est pas lui, cela voudrait dire qu’il a perdu le contrôle de la sécurité, et donc un des arguments principaux pour lesquels les bailleurs de fonds le soutiennent. Mais aujourd’hui, les Rwandais ne veulent plus du régime de M. Kagame, que j’assimile à un dictateur de type stalinien. Aussi, je suis sidéré d’apprendre que l’UE va octroyer 5 millions d’euros pour un scrutin qui ne sera qu’une mascarade.

Kagame n’a-t-il pas aussi d’authentiques supporters, qui saluent ses actions pour le développement du pays ?

C’est vrai que Kagame assure la sécurité du pays depuis un certain temps. Mais à quel prix ? Au prix des crimes de génocide commis au Congo, des assassinats de leaders ? Rappelons-nous Seth Sendashonga, assassiné en 1998 au Kenya. Et puis, quelle est cette sécurité qui ne m’autorise pas à prendre la parole dans mon propre pays ? On dit partout que la croissance est au rendez-vous, mais à quoi bon si les Rwandais n’ont pas la liberté ?
Pourquoi Kagame garde-t-il le soutien des bailleurs de fonds ?

Parce qu’il a trompé l’Occident. C’est un homme très organisé, à l’apparence calme et pondérée, mais spécialiste en dissimulation. Personne ne pose la question de savoir comment il a gagné la guerre en 1994 ni pourquoi il a empêché les Occidentaux d’intervenir pour arrêter le génocide. Comment les Européens peuvent-ils soutenir un individu qui a très certainement abattu l’avion de son prédécesseur ? Un criminel pourrait-il se présenter à des élections en Occident ? La réponse est non.

En 2003, pourquoi êtes-vous rentré d’exil pour défier Kagame ?

C’était pour tester la démocratie dans mon pays. En fait, Kagame, qui venait de mettre en prison son prédécesseur Pasteur Bizimungu, n’était pas prêt pour cet exercice. Il était loin d’avoir gagné le scrutin d’avance et il a donc fallu falsifier les urnes. A Cyangugu, là où je suis né et où on m’apprécie, j’ai obtenu 0,16 % des voix ! Et Kagame, qui n’était pas là depuis dix ans, faisait directement 90 % ! Je pourrais vous détailler tout ce que j’ai vécu alors : intimidations, menaces, perquisitions…

Si Victoire Ingabire était autorisée à participer au prochain scrutin, aurait-elle des chances ?

Je ne crois pas. Elle n’aurait jamais la confiance de l’armée, qui reste contrôlée par les Tutsi venus d’Ouganda.

Le génocide de 1994 ne justifie-t-il pas des anomalies à la démocratie telle qu’on la connaît en Occident ?

Aujourd’hui, certains prétendent que les Tutsi doivent garder le pouvoir pour éviter un nouveau génocide. Cela fait de tous les Hutu, y compris moi qui suis un rescapé, des génocidaires potentiels, ce qui est du pur racisme. En aucune façon, le génocide ne peut être une raison pour écarter les Hutu, encore moins pour commettre d’autres crimes.

ENTRETIEN : F.J.O.
[LeVif]

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August 11, 2010   1 Comment